dimanche, avril 21, 2013

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Xymphora et le Marathon de Boston


Avec Angry Arab, le canadien Xymphora est sans doute le blogueur pour lequel j’éprouve le plus de respect. Si l’animateur du blog Angry Arab est parfaitement connu, puisque c’est l’intellectuel américano-libanais As’ad Abu Khalil, Xymphora est lui anonyme même si on sait qu’il s’agit d’une seule personne et non d’un groupe de blogueurs.

Leur manière de travailler leurs blogs est sensiblement différente. Alors qu’Angry Arab s’appuie aussi sur un réseau de sources qui sont parfois au cœur des évènements dont il parle, Xymphora pratique seulement la veille informationnelle.

Mais avec quel brio !

On peut s’en apercevoir par exemple sur ce post où il s’intéresse à l’attentat perpétré pendant le marathon de Boston.

La lecture est assez édifiante pour amener tout un chacun à se poser au minimum quelques questions, un peu comme pour Mohamed Merah, auteur présumé des assassinats de Toulouse et Montauban (je dis présumé parce que Merah n’a jamais été jugé et ne le sera jamais vu qu’il est mort).

Il suffit de lire la presse ou de regarder les informations à la télévision pour constater que la construction rétrospective de l’image du tueur fanatisé bat son plein, se nourrissant de faits ou de pratiques banales à supposer qu’elles soient même avérées (comme par exemple le fait d’avoir mis un «like» à une vidéo visionnée sur YouTube.
On me dira que je verse dans la théorie du complot.

La belle affaire, comme si les complots n’existaient pas ! N’a-t-on pas vu Bernard-Botul-Henri Lévy et Alain Juppé comploter ouvertement contre Mouammar Kadhafi ? N’a-t-on pas vu Tony Blair et George W. Bush comploter contre Saddam Hussein ? L’Ivoirien Laurent Gbagbo n’a-t-il pas été victime d’un complot ourdi par Alasasne Ouattara et Nicolas Sarkozy ?

J’en passe et des meilleurs… 

Qu’est-ce qui tient debout dans tout ça?

Xymphora  (Canada) 20 avril 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri 
On lit dans USA Today
"Les actes des deux frères continuent à embrouiller l'esprit des autorités, de leur famille et de leurs amis. Les étudiants de l'Université de Dartmouth Massachusetts, où Dzhokar était étudiant, disent l’avoir  vu sur le campus après les attentats de lundi. Au cours de la traque des deux frères pendant la nuit et la matinée, un agent fédéral au courant de cette affaire a indiqué que les autorités avaient récupéré quelques engins explosifs artisanaux (IED), dont un en la possession de Tamerlan Tsarnaev. Tous les engins explosifs semblaient être de nature artisanale bombes artisanales, y compris des bombes tuyaux. La police en a fait exploser plusieurs vendredi après-midi. "
et:
«Les frères ont  carjacké un SUV Mercedes entre 12h15 et 12h30 en tenant le conducteur en respect avec une arme à feu pendant une demi-heure avant de le pousser hors du véhicule sain et sauf. Un agent fédéral, qui n’était pas autorisé à s’exprimer publiquement, a déclaré que les deux hommes auraient dit au conducteur qu’ils étaient les auteurs de l’attentat contre le Marathon.
L’agent a déclaré que les suspects auraient reconnu leur rôle dans l’attentat contre le Marathon à la fois pour intimider le chauffeur et pour se vanter des explosions.»
Donc vous vous promenez sur la future scène de crime sans même essayer de vous déguiser (avec un des deux frères qui apparaît en public après l’attentat). Vous avez constitué un arsenal de bombes artisanales pour vous défendre contre la police par la suite. Mais vous ne vous occupez même pas  de tenir une voiture prête pour vous enfuir – ce qui fait que vous devez voler une voiture après l’attentat avec cette façon bizarre de se vanter – et vous ne prenez même pas la précaution  d’avoir de l’argent à disposition pour être en mesure de fuir, ce qui fait que vous devez prendre le gros risque de braquer une supérette 7-11 [en effet, il est très risqué et surtout peu rentable de braquer ce genre de commerce aux USA]. Est-ce que tout ça tient vraiment debout ?

«Il y a deux ans, le FBI avait interrogé Tamerlan Tsarnaev, 26 ans, un des suspects pour l’attentat du marathon de Boston pour d’éventuels liens avec la mouvance extrémiste, mais n’avait pas trouvé d’éléments à charge.» «Donc, le FBI avait enquêté sur «l’auteur de l’attentat contre le Marathon»… » «Obama remercie Poutine pour son aide à Boston» C’est donc l’époque où le FBI a recruté le plus âgé des eux frères comme possible contact, et Barry [Obama] a dû remercier Poutine de ne pas vendre la mèche avant que le FBI ait eu la possibilité de peaufiner sa version des évènements [de fait, l’incrimination de deux tchétchènes sert aussi les intérêts russes, NdT].

Et peut-être même avait-il été recruté plus tôt : «Certains des associés des suspects vont être examinés à la loupe. D’autres non. Tenez à l’œil ces derniers.»

«Ce n’est pas du tout quelque chose à quoi on aurait pu s’attendre,’ disent des amis des suspects.» Malgré toute la manipulation, il n’y a pas la moindre preuve d’une ‘radicalisation’ de l’un ou de l’autre des deux frères.

«"Des contractants” [salariés de sociétés de sécurité] pour le Marathon de Boston se tenaient près de la bombe.” Par chance ils se sont éloignés des lieux et se sont trouvés hors de portée de la déflagration avant le déclenchement de la bombe !»

L’histoire ne tient pas encore vraiment debout, mais les autorités américaines ont de la chance que les Américains  soient si stupides et si aveuglés par l’islamophobie.

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mardi, janvier 29, 2013

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Assad, un président Syrien lucide et confiant


Le président Syrien Bachar al-Assad a récemment reçu une délégation de personnalités arabes. Ces dernières on pu prendre connaissance en direct du sentiment du chef de l’Etat sur la situation politique et militaire dans son pays et la manière dont il envisage l’évolution de cette situation.
Ces visiteurs renvoient l’image d’un président maître de lui-même et confiant dans la capacité de l’armée de son pays à créer sur le terrain les conditions d’une solution politique.
Une solution qui serait bien sûr très différente de celle que souhaitent les prétendus « amis » de la Syrie.
Sa vision du contexte international n’est pas dénuée de lucidité. Il considère en effet que les Etats Unis ne sont pas (encore) prêts pour une solution de la crise syrienne, ce qui sous-entend que Bachar al-Assad pense qu’ils le seront dans un avenir assez proche. Quant à la Russie, dont le soutien ne lui a jamais vraiment fait défaut, il estime que c’est sa propre sécurité qu’elle défend en Syrie. 
Et ça ne fera peut-être plaisir ni à Laurent Fabius, ni à William Hague, mais il n’y a aucune place pour la France et la Grande Bretagne dans la réflexion de Bachar al-Assad.
 Assad: Nous avons repris le dessus
Al-Akhbar (Liban) 28 janvier 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri 
Damas – Le président Syrien Bachar al-Assad a déclaré à des visiteurs que l’armée syrienne «a largement repris l’initiative sur le terrain et a obtenu d’importants résultats, qui seront bientôt mis en lumière.» 
 "Les groupes armés financés par l’étranger ont reçu des coups sévères récemment," a ajouté Assad.
"Les Etats-Unis ne sont pas prêts pour une solution à l'heure actuelle." Il a estimé que la Russie restera son alliée. "C’est elle-même qu’elle défend, et non pas le régime syrien, a-t-il poursuivi, soulignant que «nous ne nous écarterons pas des articles de l'accord de Genève". 
Ces positions ont été relayées à Al-Akhbar par des Arabes qui ont effectué une visite au palais présidentiel et qui étaient intéressés à avoir un témoignage de première main sur les rouages décisionnels en Syrie, et en particulier sur le président lui-même. 
Un de ces visiteurs est resté assis près d’Assad pendant plus de trois heures. Il a déclaré à Al-Akhbar que même s’il n’est pas trop influencé par la propagande anti-Assad, il a quand même été étonné de ce qu’il a vu et entendu. Le président tient des réunions régulières au palais al-Rawda à Damas. Son équipe gère ses activités comme à l’habitude. Au plan personnel, l’homme semble calme et avoir le contrôle. Il est à l’évidence confiant. Il y a aussi la nouvelle de la grossesse da son épouse Asma, qui n’a pas pu être abordée comme si c’était une simple affaire personnelle dans un couple.
Sur le plan personnel comme politique, Assad surprend ses hôtes «par sa lecture complexe de la situation à ce stade.» Cette observation a été répétée par plusieurs personnes qui l’ont vu récemment. Il parle «des provinces syriennes dans leurs moindres détails. Ses informations portent sur une rue ici et sur les nouvelles d’un petit quartier là. Les rapports qu’il reçoit sont complets, même quand ils ne sont pas à son goût.»
Selon ses visiteurs, “Assad est tout à fait conscient des efforts internationaux pour résoudre la crise en Syrie.” Certains le signalent en disant que «s’il n’en était pas ainsi, l’Etat n’aurait pas pu survivre aussi longtemps, l’armée arabe syrienne n’aurait pas maintenu sa cohésion. “ 
Assad, ainsi que ses visiteurs l’ont dit à Al-Akhbar, affirme que “l’armée a largement repris l’initiative sur le terrain, obtenant d’importants résultats en plus de ceux qu’elle avait obtenus ces 22 derniers mois. Elle a mis fin au contrôle par les combattants [de l’opposition] de gouvernorats entiers, restreignant leur champ d’action à des zones frontalières avec la Turquie principalement, et avec le Liban et la Jordanie dans une certaine mesure. Il y a aussi quelques poches dans la campagne près de la capitale qui sont en cours de traitement par l’armée. La capitale Damas est dans une meilleure situation. Ses points stratégiques – malgré les tentatives des militants – sont restés sûrs, la route de l’aéroport tout particulièrement. “ 
S’arrêtant sur ce qui s’est passé au camp de réfugiés Palestiniens de Yarmouk, près de Damas, Assad explique que le camp a valeur de symbole, ce qui a incité le gouvernement syrien à ne pas prendre la décision d’affronter les militants qui en avaient occupé une partie. Le règlement de la situation à Yarmouk avait été laissé aux factions palestiniennes, à charge pour elles de prendre des initiatives pour une solution acceptable par les autorités syriennes.
Le président Syrien a été interrogé par ses visiteurs sur les propos qu’il avait tenus au meeting tenu à l’Opéra sur son “refus de laisser la Syrie se transformer en hôtel“. Il a répondu en disant qu’il ne voulait pas s’attarder sur ce débat  mais qu’il avait “été blessé par ceux qui auraient dû témoigner que nos relations avec les factions palestiniennes n’ont jamais été basées sur la religion ou l‘appartenance confessionnelle.“
Ils sont au contraire devenus des témoins mensongers, soutenant que l’Etat syrien agit de manière sectaire. La logique veut que nous nous attendions à ce qu’ils disent la vérité. Nous comprenons les contraintes de certains d’entre eux et nous aurions accepté qu’ils gardent le silence s’ils étaient dans l’incapacité d’être des témoins sincères. “
Le président Syrien a déclaré qu’en dépit des positions adoptées par les dirigeants de certaines factions palestiniennes, “La Syrie qui a payé le prix fort avec l’argent et les maigres ressources de son peuple pour soutenir la résistance palestinienne, ne réduira pas ce soutien. “
Assad affirme que “ce que l’armée syrienne a réalisé ces dernières semaines apparaîtra bientôt à la lumière. “Il donne quelques détails qui peuvent être pris comme indicateurs d’un “réel changement de la situation sur le terrain. Par exemple, il y a 15 000 habitants qui sont rentrés volontairement à Homs. Le peuple syrien en a déjà assez de ces déviants qui ont détruit ses rues, ses maisons et ses commerces. “ 
Assad pense que la “fermeture des frontières aux armes et aux trafiquants pourrait résoudre le problème en deux semaines, parce qu’alors, les sources pour les armes et l’argent seraient éliminées.“
Il a dit à ses visiteurs que “les groupes armés financés par l’étranger ont reçu des coups sévères récemment. Ce développent croise une autre évolution à l’étranger, la plus importante étant l’inclusion du Jabhat al-Nusra dans la liste des organisations terroristes, qui sera suivie par d’autres mesures qui conduiront à l’élimination de la totalité de cette branche d’al Qaïda. “
Assad pense que les Etats Unis ne sont pas prêts pour une solution actuellement. Il pense que la Russie va continuer à le soutenir. “C’est elle-même qu’elle protège, pas le régime syrien, “ a-t-il expliqué, soulignant que “nous ne nous écarterons pas de l’accord de Genève. “
Il a souligné que la Syrie continuera à coopérer avec l’envoyé de la Ligue Arabe et de l’ONU, Lakhdar Brahimi quoique “ce dernier a paru, lors de sa dernière visité à Damas, quelque peu influence par la champagne médiatique contre la Syrie.”
Les visiteurs d’Assad ont soutenu que Brahimi avait suggéré que le président démissionne au cours de la phase de transition sur la base du fait qu’aucun président n’aura de pouvoirs importants pendant une telle période. Mais le président a “fait objection et expliqué [à Brahimi] à sa façon que ce qui résoudra la crise en Syrie est la situation sur le terrain qui est chaque jour plus favorable au régime“.
Aujourd’hui, selon ses visiteurs, Assad suit les développements de la guerre qui se déroule dans son pays. Il estime avoir été en mesure de surmonter les étapes les plus difficiles et les choses seront bientôt claires. Il insiste sur le besoin «d’arrangements logistiques pour la phase suivante. Il y a un plan pour le retour des réfugiés dans leurs régions et dans leurs maisons qui sera annoncé en temps voulu et il y a d’autres plans pour la reconstruction.»

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jeudi, décembre 27, 2012

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Une solution négociée en Syrie signerait l'échec stratégique d'Erdogan


L’actuelle mission de Lakhdar Brahimi à Damas, avant un déplacement à Moscou, où il rejoindra peut-être le vice ministre syrien des affaires étrangères syrien serait un signe fort, selon le journaliste turc Semih Idiz, qu’une solution négociée à la crise syrienne serait en vue.
Semih Idiz
Semih Idiz
Selon Semih Idiz, les gouvernements russe et américain seraient tombés d’accord sur une formule de transition sous la direction de l’actuel chef de l’Etat dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale.

Tous les obstacles ne sont cependant pas levés, que ce soient ceux que représentent les irrédentistes qui ne rêvent que de prendre le pouvoir par la force et de pendre haut et court Bachar al Assad ou celui que représente le positionnement de la Turquie.

Semih Idiz exhorte donc son gouvernement à abandonner sa vision idéologique pour adopter une position pragmatique en phase avec les choix des grandes puissances puisque son pays n’est plus au cœur du jeu diplomatique et n’est pas loin de devenir un partenaire encombrant pour les Etats Unis.

Si le scénario envisagé par Semih Idiz se concrétise, ce serait un grave échec pour la diplomatie de la Turquie qui pourrait être le dindon de la farce.

En effet, après avoir incité et aidé à ravager la Syrie, la Turquie se retrouverait avec un voisin devenu hostile (et il n’y a aucune raison de penser qu’une bonne partie de l’opposition actuelle au régime syrien ne restera pas ou ne deviendra pas hostile à une Turquie qui aura montré son impuissance) après s’être brouillée avec ses voisins irakien et iranien.

Au passage, les Américains ont manœuvré subtilement pour que le gouvernement turc implore la mise en place de batteries antimissiles Patriot qui, sil elles auraient été d’un intérêt limité en cas de conflit ouvert avec la Syrie, seront par contre un atout important pour tout conflit armé d’ampleur qui opposerait les Etats Unis et/ou le régime sioniste à l’Iran.

La Turquie d’Erdogan rêvait de jouer dans la cour des grands, le dénouement de la crise syrienne lui rappellera peut-être son statut de simple pion pour Washington.

La Turquie ne doit pas devenir une force obstructive en Syrie

Par Semih Idiz, Hürriyet (Turquie) 27 décembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Quand on examine les dernières tentatives pour une solution à la crise syrienne, il est évident que la mission actuellement effectuée par Lakhdar Brahimi, l’émissaire conjoint de l’ONU et de la Ligue Arabe pour la Syrie, ne peut, de par sa nature même, être du goût d’Ankara. En fait, des sources au ministère des affaires étrangères en on fait savoir assez par des fuites dans la presse pour corroborer cette idée. 
Lakhdar Brahimi et le vice ministre syrien des affaires étrangères Faisal Mekdad le 24 décembre à Damas
Lakhdar Brahimi et le vice ministre syrien des affaires étrangères Faisal Mekdad le 24 décembre à Damas
Comme je l’avais observé précédemment dans cette rubrique, Ankara en est venu progressivement, quoique avec réticence, à accepter que des éléments du régime actuel soient incorporés dans tout gouvernement de transition post-Assad. L’idée que Assad lui-même devrait faire partie de toute formule de règlement reste cependant exclue [par Ankara].

D’un autre côté, les informations dans la presse indiquent que la mission actuelle de Brahimi consiste à convaincre les parties syriennes à accepter un plan négocié par les russes et les américains qui prévoir un maintien au pouvoir d’Assad jusque en 2014, à la tête d’un gouvernement  de transition sur une base élargie, même si son mandat ne sera pas renouvelé après cette date.

Le principal aspect ici, n’est pas que ce plan envisage le maintien au pouvoir d’Assad jusqu’en 2014, ce qui est quelque chose d’évidemment difficile à avaler pour les tenants d’une ligne dure dans l’opposition syrienne, ceux qui ont transformé la crise en Syrie en guerre sectaire.
L’aspect principal est que Washington et Moscou se sont mis suffisamment d’accord entre eux pour être en mesure de proposer un plan de règlement commun.

J’ai soutenu en maintes occasions ici que tout règlement de la crise syrienne nécessitera forcément la coopération de ces deux membres permanents du Conseil de Sécurité. La rencontre de Dublin début décembre entre le ministre des affaires étrangères Lavrov et  la Secrétaire d’Etat Clinton avait semblé à l‘époque n’avoir débouché que sur un minimum d’accord sur la Syrie. La mission actuelle de Brahimi indique toutefois qu’on ne savait pas toute l’histoire.

Même si la Russie et les Etats Unis ont des intérêts stratégiques concurrents au Moyen Orient, un fait qui a été visible même pendant la crise syrienne, il existe des inquiétudes communes qui ont contraint finalement ces deux puissances à coopérer. La Russie avait fait valoir dès le début que la Syrie allait devenir un défouloir pour des djihadistes étrangers de toutes appartenances et avait en parie justifié ainsi son appui au régime Assad.

Washington, pour sa part, avait démarré avec une position voisine de celle de la Turquie, en entretenant un discours proche de celui d’Ankara, et avait donc considéré l’opposition syrienne comme une force unie résistant à un dictateur impitoyable et luttant pour la démocratie et les droits de l’homme.
Même si c’est sans aucun doute vrai pour certains éléments de l’opposition, le profil d’une partie des combattants anti-Assad indique clairement que leur objectif final ne peut pas être la démocratie ou les droits de l’homme mais d’une manière ou d’une autre, un régime théocratique sunnite et dictatorial sous la direction des Frères Musulmans.

C’est à l’évidence la raison pour laquelle Washington est intervenu pour élargi la base de l’opposition syrienne, avec l’idée d’isoler les éléments djihadistes, que ces derniers soient basés en Syrie ou ailleurs. Le soutien qu’apporte la Turquie à l’opposition dirigée majoritairement par des sunnites concerne cependant des éléments qui pourraient être considérés comme douteux aussi bien par Moscou que par Washington.

Plus encore, cependant, la mission de Brahimi montre une dois de plus que la Turquie n’est plus au centre des démarches diplomatiques visant à résoudre la crise en Syrie. Au contraire, elle se situe de telle sorte qu’elle pourrait à un moment être considérée comme une force d’obstruction essayant d’empêcher un accord qui ne correspond pas à la façon dont le gouvernement Erdogan voit l’avenir de la Syrie.

Le premier ministre Erdogan et le ministre des affaires étrangères Davutoğlu doivent cependant comprendre que l’avenir de la Syrie ne sera probablement pas modelé selon la vision idéologique qu’ils partagent, mais qu’il sera plus certainement basé sur des facteurs objectifs qui sont le résultat de la coopération entre les puissances incontournables du Conseil de Sécurité.

Washington et Moscou l’ont apparemment compris. Il serait temps qu’Ankara en fasse de même.

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dimanche, octobre 14, 2012

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Avion de ligne syrien: les Etats Unis laissent Erdogan s'enfoncer dans le ridicule


La tension entre la Syrie et la Turquie, déjà forte, est monté d’un cran suite à l’arraisonnement le 10 octobre par l’armée turque d’un avion civil syrien assurant une liaison entre Moscou et Damas.

Le gouvernement turc a motivé cet arraisonnement par la présence d’armes russes dans les soutes de cet avion, ce que les autorités syriennes ont démenti.

La Russie a également démenti la présence d’armes dans cet avion, dont les soutes renfermaient par contre des pièces de rechange pour du matériel radar et a fait part de sa colère contre un acte qui aurait pu mettre en danger la vie de ses ressortissants qui se trouvaient à bord de l'appareil.

Si cet avion avait transporté des armes, la Russie n’aurait pas opposé de démenti, puisque rien ne lui interdit de vendre ce genre de matériel à l’armée syrienne.
Il va de soi que la Turquie ne se serait pas risqué à une montée de tension avec la Russie, d’où elle importe 60 % de ses besoins en gaz, si elle n’avait pas eu le soutien des Etats Unis qui se sont servis d’Ankara pour adresser un message à Vladimir Poutine sur le dossier syrien.

Effectivement les Etats Unis ont soutenu la démarche turque et on peut même concevoir que ce sont leurs services secrets qui ont soufflé à Recep Tayyip Erdogan que l’avion syrien transportait de l’armement, des «munitions» avait même précisé le premier ministre Turc.

Des munitions, ça se reconnaît pourtant au premier coup d’œil, sans demander d’investigations particulières.

En plus de ces supposées munitions, l’avion syrien transportait comme on l'a dit un certain nombre de ressortissants Russes . Ces derniers, munis de passeports diplomatiques, étaient peut-être des agents du FSB, les services secrets russes, ce qui n’a sans doute pas contribué à calmer les autorités ruses.
Erdogan a bien mérité sa médaille
Si Recep Tayyip Erdogan a bien brouillé son pays avec la Russie et que la tension a encore fortement augmenté entre la Turquie et la Syrie sous le regard impavide des Etats Unis, ces derniers ont maintenant décidé de laisser le premier ministre Turc s’enfoncer tout seul dans le ridicule puisque on peut lire dans le journal The Hindu daté du 14 octobre 2012 : 
Les Etats Unis ont reconnu que la Russie n’avait violé aucune loi avec la cargaison contenue dans l’avion civil syrien reliant Moscou à Damas qui a été forcé par la Turquie à atterrir à Ankara mercredi.
Cette affaire est un bel exemple de névrose expérimentale induite par le maître américain chez son toutou Erdogan.

La prochaine étape de l’expérimentation consistera sans doute à amener le sujet expérimental à mordre son voisin syrien, ce qu’il sera probablement disposé à faire compte tenu de l’état mental et du ridicule dans lequel les manipulations américaines l’ont laissé. 

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samedi, août 04, 2012

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Syrie: nouveau geste de soutien de la part de la Russie

Le soutien de la Russie au gouvernement syrien n'a certes échappé à personne même si on omet souvent de mettre en relief la position de la Chine qui est depuis le début sur une ligne très proche ce celle de Moscou.
Mais comme vous le savez, ni la Russie, ni la Chine ne font partie de la communauté internationale qu'elles ne font que mettre en échec.
Tiens, pour rire, prenez une mappemonde et passez du blanc sur la représentation de la Chine et sur celle de la Russie.
Oui, c'est fastidieux parce que ce sont deux pays qui prennent vraiment de la place!

La Russie a certes démenti être en train d'acheminer trois navires de guerre vers le port syrien de Tartous, où elle entretient une base logistique, une belle opération sur le plan psychologique en tout cas de la part de la direction politique russe.
La Russie vient cependant de faire un geste de soutien fort en direction du gouvernement syrien. Un geste pourtant peu relevé par la presse hexagonale en dépit de son importance concrète:

20 minutes (France) le 03.08.12 à 17h32
La Syrie a convenu d'exporter sa production de pétrole brut à la Russie en échange de livraisons d'essence et de gazole, a annoncé ce vendredi le vice-Premier ministre syrien chargé des affaires économiques lors d'un déplacement à Moscou.
«Nous sommes prêts à livrer tout notre pétrole et à recevoir ce dont nous avons besoin en essence et en gazole», a déclaré Kadri Djamil aux journalistes. Le responsable syrien a précisé que la production de brut, amputée par l'insurrection, atteignait environ 200.000 barils par jour.
Reuters
Rappelons à toute fin utile que la Russie n'a pas besoin du pétrole syrien, étant elle-même un important exportateur de cette matière première.


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samedi, juillet 14, 2012

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Les nouveaux "amis" de la Syrie


Charles Glass est ce qu’on appelle communément un journaliste chevronné, du genre qui a pris des risques dans le cadre de son travail sans jamais perdre de vue les questions d’éthique professionnelle ni sa responsabilité de citoyen. Charles Glass est un homme de paix dont la culture historique et politique lui permet de situer les événements dans le contexte qui est le leur sans se faire déborder par des prétendus bons sentiments qui aboutissent comme on le sait à la guerre et à la destruction.
Il a de plus certainement des idées assez saines sur l’amitié et il nous parle justement de la prétendue affection pour la Syrie dont témoignent en ce moment des pays comme la France ou la Grande Bretagne.
Demandez-vous justement quel bien ont pu faire ces pays à la Syrie dans l’histoire contemporaine.
Pas difficile : aucun bien mais beaucoup de mal dans la foulée des accords Sykes-Picot qui créeront la situation favorable à l’enracinement du sionisme dans la région.

Charles Glass, The national (EAU) 11 juillet 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

La semaine dernière, la France a accueilli la troisième conférence du Groupe des Amis du peuple syrien, un ramassis de 107 pays et organisations sur le modèle des Amis de la Libye qui avaient applaudi à la guerre aérienne menée par l'OTAN dans ce pays.


En France, les représentants des Etats Unis, de la Turquie, de la Grande Bretagne, de la France, du Qatar, de la Corée du Sud et d’ailleurs ont témoigné de leur amitié dans un communiqué aussi vaque que tendancieux.

Le groupe a appelé à ce nouvelles sanctions économiques, à une assistance humanitaire aux victimes de la violence et à « une action plus forte du Conseil de Sécurité des nations Unies.» Il a promis la punition des criminels de guerre du gouvernement [syrien], tout en omettant de suggérer que les rebelles qui violent les Conventions de Genève devraient recevoir ne serait-ce qu’une amende pour stationnement gênant.

Les Syriens sont désormais entourés d’encore plus de nouveaux amis qu’un gagnant du loto. Jamais , depuis l’époque où l’ex Union Soviétique signait tous ces « traités d’amitié » avec tout le monde, de la Finlande à l’Afghaistan, un pays n’a eu autant de nouveaux amis.

Comment la Syrie a-t-elle pu devenir populaire au point que la moitié des membres de l’ONU se ruent à son secours ? Quel autre pays peut prétendre posséder l’amitié de plus de 100 Etats souverains ? Qu’est-ce qui a inspiré cette subite affection pour la Syrie ?

Où se cachaient ces amis pendant ces cinquante dernières années ? Que faisaient-ils en 1967 quand Israël s’est emparé du Golan syrien ? Quelle aide ont-ils envoyée aux plus de 100 000 citoyens Syriens quand Israël a démoli leurs villages et les a expulsés de chez eux ? Quelle avait été leur réaction devant l’annexion illégale du Golan par Israël en 1981 ? Ont-ils pris position contre les 30 colonies implantées par Israël sur des terrains volés à des Syriens ? Appellent-ils à des sanctions contre Israël jusqu’à ce qu’il se retire du territoire syrien, démantèle ses colonies et permettre aux habitants du Golan de rentrer chez eux ?

Vous connaissez la réponse. Les Syriens aussi.

Serait-il malséant d’insinuer que les amis de la Syrie veulent retirer quelque chose de la Syrie pour eux-mêmes ? George Bush avait la Syrie dans le collimateur au moment où il a quitté la maison Blanche et, comme sous bien d’autres aspects, l’administration Obama prolonge cette politique.

Le 5 mars 2007, Seymour Hersh, dont les sources auprès des services de renseignements US sont incomparables, écrivait dans le New Yorker : 
 «Pour affaiblir l’Iran, qui est majoritairement chiite, l’administration Bush a décidé, en effet, de redéfinir ses priorités au Moyen Orient. Au Liban, l’administration Bush a coopéré avec le gouvernement d’Arabie Saoudite, qui est sunnite, dans des opérations clandestines qui visent à affaiblir le Hezbollah, l’organisation chiite qui est soutenue par l’Iran. Les Etats Unis ont aussi pris part à des opérations clandestines contre l’Iran et son allié syrien. Un sous-produit de ces activités a été le renforcement d’organisations extrémistes sunnites qui adhèrent à une vision militante de l’Islam et sont hostiles à l’Amérique et ont de la sympathie pour al Qaïda.»
La Syrie est une maison en feu, et les Etats Unis et la Russie sont arrivés avec des lance-flammes.

Ainsi, les armes ont afflué en quantité pour les deux camps – du moins jusqu’à la semaine dernière quand la Russie a cessé ses livraisons.

Un conflit qui exige un règlement diplomatique se perpétue avec une aide extérieure, pour des intérêts extérieurs.
Si les amis de la Syrie ont entrepris la destruction de la Syrie, ils s’y prennent bien. Le vosin s’est tourné contre son voisin. Des gens qui se considéraient comme Syriens il y a deux ans, sont maintenant devenus des Sunnites, des Druzes, des Chrétiens ou des Alaouites.

La CIA arme et guide les combattants à proximité de la frontière avec la Turquie, comme elle l’avait fait autrefois avec les Contras anti-sandinistes le long de la frontière entre le Honduras et le Nicaragua.

Pour éviter le contrôle parlementaire comme dans le cas du Nicaragua, les Etats Unis se sont tournés à nouveau vers l’Arabie Saoudite. Les Britanniques dirigent des opérations contre le gouvernement syrien depuis le Liban. La France, indiquent mes sources, joue un rôle similaire depuis la Turquie et le Liban. La Russie et la Turquie se disputent l’influence dans un pays dont les citoyens détestent l’une et l’autre.

Il n’y a pas qu’une escalade meurtrière mais, à l’instar d’affrontements fratricides ce l’Espagne de 1936 à la Yougoslavie de 1992, elle devient de plus en plus personnelle et sournoise. Personne ne gagne, à part le croque-mort. Et pourtant, ça continue avec chaque camp certain de la justesse de sa cause.
Il y a beaucoup de versions de ce conflit. Elles sont toutes vraies et elles sont toutes fausses. Personne ne croit aux affirmations insistantes du gouvernement selon lesquelles ses opposants sont tous des mercenaires étrangers. Trop de Syriens à Homs et à Idlib ont péri pour qu’on puisse nier la dimension interne du conflit.

Mais les affirmations de l’opposition selon lesquelles elle a respecté le plan de cessez-le-feu d’Annan ne résistent pas à l’examen. Les forces de l’opposition ont attaqué des locaux des services de sécurité, des barrages routiers , des autobus et des casernes pour faire porter les torts au gouvernement quand il a réagi.

Ils affirment en outre que leur soulèvement est entièrement d’origine nationale, alors qu’ils reçoivent des armes, de la formation, des conseils, des moyens de transport et de l’argent de gouvernements et de services secrets étrangers.

Le rôle des acteurs externes est aussi clair qu’il l’était à l’époque où la Grande Bretagne prétextait le soi-disant « réveil arabe » pour expulser les Ottomans de Syrie en 1918. Tout comme ces rebelles ont découvert deux ans après que la liberté et l’indépendance ne feraient pas forcément l’affaire de leurs puissants soutiens.

Si les sanctions imposées par les amis [de la Syrie], l’armement de l’opposition et l’envoi d’espions et de fournitures ne réussissent pas à obtenir le résultat voulu en Syrie, les amis [de la Syrie] invoqueront les récits des oppositions armées pour exiger une intervention militaire des Etats Unis.

 « Chaque fois que nous nous lançons dans une guerre où que nous allons dans un pays, » écrivait Edmund Wilson dans Patriotic Gore, faisant allusion à la conquête de nombreux territoires par l’Amérique depuis le Mexique jusqu’aux Philippines, «c’est toujours pour libérer quelqu’un.»

Charles Glass est l’auteur de plusieurs livres sur le Moyen Orient, dont Tribes with Flag et The Northern Front : An Iraq War Diary. Il est aussi éditeur avec la maison d’éditionCharles Glass Books à Londres.

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lundi, juillet 02, 2012

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Russes et Américains d'accord: le F-4 Phantom turc était dans l'espace aérien syrien


Le site belge d’informations 7/7 reprend une information de l’agence russe Interfax selon laquelle le F-4 Phantom de l’armée turque abattu par la DCA syrienne avait bel et bien violé l’espace aérien de la Syrie.

Selon Interfax, les autorités ruses disposeraient de données sur l’intégralité du parcours de l’avion.
On peut lire sur le site de The Hindu :
 «La Russie a ses intérêts en Syrie» et elle surveille la situation via différents canaux, a déclaré la source, ajoutant que les forces de défense aérienne et spatiales et la marine ont la capacité d’obtenir et de traiter de telles informations.
Une manière de dire que l’ensemble du dispositif militaire turc au voisinage de la Syrie est sous étroite surveillance russe. Et de mettre en garde le gouvernement turc contre un aventurisme qui voudrait se justifier par un prétexte mensonger.
Curieusement, les Etats Unis, alliés putatifs de la Turquie, sont d’accord avec la Russie puisque, toujours selon The Hindu : 
Un officiel du renseignement US a déclaré au Wall Street Journal que les Syriens avaient abattu l’avion turc avec une batterie d’artillerie anti-aérienne basée sur la côte, pas avec des missiles sol-air, ce qui signifie que l’avion se trouvait dans l’espace aérien syrien.
Mais en Syrie, comme en Libye, ce n'est pas la vérité qui guidera les faiseurs d'opinion ou les décideurs politiques. 
"L'avion turc avait violé l'espace aérien syrien"
7/7 (Belgique) 2 juillet 2012  Source: belga.be
La Russie détient des données positionnelles précises qui prouvent que l'avion turc abattu par la Syrie le 22 juin avait violé l'espace aérien syrien, a déclaré une source militaire russe citée lundi par l'agence de presse Interfax.
Cette source a indiqué sous couvert de l'anonymat que l'avion de combat turc était sans aucun doute entré dans l'espace aérien de la Syrie et que Moscou disposait de données sur la totalité de son trajet.


"Nous avons des données sur la position exacte de l'avion de l'armée de l'air turque, et cela jusqu'au moment où il a été abattu par la défense aérienne syrienne", a déclaré la source à l'agence de presse russe.


"Ces données confirment sans ambiguïté le fait que l'avion a violé l'espace aérien syrien", a-t-elle dit.


L'information n'a pas été confirmée officiellement à Moscou, mais le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait déclaré au cours du week-end que la Russie disposait d'informations sur la position de l'avion turc et qu'elle était disposée à partager ces données.


La source militaire citée par Interfax n'a pas dit précisément d'où provenaient les informations qu'elle a communiquées. Mais "nous contrôlons la situation (dans la région, ndlr) par divers canaux" et les forces armées russes ont la capacité d'analyser de telles données, a-t-elle déclaré.


Depuis la destruction de son appareil, un F-4 Phantom, la Turquie affirme que l'avion se trouvait dans l'espace aérien international, alors que Damas affirme qu'il était entré dans son espace aérien.

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jeudi, avril 26, 2012

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L'Arménie et l'Iran


A l’occasion de la commémoration par l’Arménie du ‘génocide’ que ce pays accuse la Turquie d’avoir commis, le journal espagnol ABC a eu la bonne idée d’interviewer l’ambassadeur d’Arménie en Espagne, Khorén Terterián.
Ce qui nous permet d’avoir un rare aperçu des prises de position de l’Arménie sur la crise qui oppose l’Iran au bloc occidental, entité sioniste incluse.
En fait, on découvre tout simplement que prise entre le marteau turc et l’enclume azerie, la république d’Arménie a tout à perdre d’une agression militaire contre l’Iran. En effet, si l’Arménie n’a que 35 kilomètres de frontières communes avec la république islamique, ce sont 35 kilomètres d’une importance vitale. Et l’Iran est par ailleurs un soutien de poids dans un environnement que le gouvernement arménien définit comme hostile.

A méditer.
  

Les Arméniens commémorent leur «génocide» face à une Turquie influente et s’accrochent à leur volonté de se rapprocher plus de l’Union Européenne sans renoncer à leur amitié avec l’Iran.
Par Luis de Vega, à Madrid, ABC (Espagne) 24 avril 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

 «Nous avons payé le prix pour garder notre langue, notre culture et nitre foi chrétienne,» affirme Khorén Terterián, chargé d’affaires de l’ambassade d’Arménie à Madrid, un pays qui commémore ce 24 avril le début du «génocide» par les Turcs entre 1915 et 1923. Les autorités d’Erevan, capitale de l’Arménie, estiment qu’environ 1,5 millions de ses nationaux furent massacrés. Ce chiffre et le fait que ce fut une extermination planifiée n’ont jamais été reconnus par Ankara qui parle de 300 000 morts.

Le poids de plus important de la Turquie dans les relations internationales représente un frein important pour les aspirations arméniennes à la reconnaissance de ces faits. La volonté de ces deux pays d’être admis dans l’Union Européenne (UE) ne semble pas être un argument suffisant pour que leurs positions de rapprochent même à minima.

A cheval entre l’orient et l’occident et sans façade maritime, cette ancienne république soviétique marquée aujourd’hui par les conflits avec ses voisins, la Turquie et l’Azerbaïdjan avec lesquels les frontières sont fermées. Avec le premier pays, le conflit porte sur la négation du génocide et avec le deuxième, sur l’enclave du Nagorno Karabakh, peuplée majoritairement d’Arméniens mais que l’ONU reconnaît comme azerie en dépit d’une indépendance autoproclamée il y a une dizaine d’années pendant la guerre de 1991 à 1994.




Ce qui oblige l’Arménie à dépendre de la Géorgie au nord, pour avoir accès à la mer Noire et, surtout, de l’Iran au sud qui est devenu, nonobstant les différences religieuses – les uns sont Chrétiens et les autres Musulmans – le principal soutien des Arméniens à l’international, comme le reconnaît Terterián. «En dépit des sanctions, nous n’avons pas d’autre solution que d’avoir de bonnes relations avec Téhéran,» explique le chargé d’affaires pendant un entretien accordé à ABC dans lequel il  observe clairement que la fermeture  des frontières avec ses voisins met son pays à très rude épreuve.

 «Les Etats Unis le comprennent, » répond le diplomate à la question sur les relatiosn de son pays avec les ennemis du régime des ayatollahs. Terterián reste très prudent quand il évoque le climat qui assombrit la région à cause des pressions dur le programme nucléaire iranien qu’il considère comme ayant des fins « pacifiques,» alors que Washington est également un soutien importants pour son pays.

 «Nous ne voulons pas de problèmes dans la région, et encore moins en Iran, » dit-il, sans cacher une certaine préoccupation. «Nous attendons la conclusion d’un accord avec les responsables du programme nucléaire sans un recours à la force qui serait désastreux pour nous,» ajoute-t-il. Vous imaginez qu’on ferme notre frontière avec l’Iran ? » questionne-t-il en parlant de ces 35 kilomètres essentiels pour son pays.

Le jeu compliqué des alliances internationales dont dépend l’Arménie amène également le diplomate à ,e pas se mouiller par rapport au conflit en Syrie. «Question difficile,» admet-il. Moscou, dont la position est qualifiée de «positive» est un autre des piliers dont dépend ce petit Etat de 30 000km2 et de trois milliosn d’habitants, mais qui compte avec une importante diaspora. Mais sa défense de la Russie, fervent allié de Damas, ne l’empêche pas de se positionner sur plusieurs tableaux : « Nous saluons la position de l’Union Européenne et le plan Annan avec ses observateurs pour arrêter les combats. »

L’Arménie a gagné une petite bataille avec la reconnaissance en 2001 du génocide par la France où vivent plusieurs centaines de milliers de personnes d’origine arménienne. Nicolas Sarkozy a impulsé tout récemment un projet de loi pour faire de la négation du génocide un délit, au risque de nuire à ses relations avec la Turquie. Le chargé d’affaires Arménien à Madrid n’exclut pas l’idée que ce pouvait être un moyen pour le président de s’attirer des votes en vue de sa réélection ou encore d’un message pour Ankara : «Si vous voulez faire partie de l’UE, comportez vous comme des Européens.»

 «Personne ne doute de l’holocauste [des Juifs, NdT] et l’Allemagne est vue comme un pays civilisé qui, en outre, entretient de bonnes relations avec Israël, » conclut-il.

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jeudi, avril 12, 2012

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Pourquoi le cessez-le-feu ne tiendra pas en Syrie

Les hostilités semblent s’être arrêtées ce matin en Syrie. Maintenant, la question est de savoir si le cessez-le-feu va tenir, permettant ainsi l’amorce d’une solution politique.
Rien n’est moins sûr et il est probable que le cessez-le-feu ne tiendra pas bien longtemps parce que ni l‘opposition armée, ni les pays de l’OTAN n’y ont un quelconque intérêt.
Leur intérêt est effectivement que la situation continue à se dégrader et que le pays s’enfonce complètement dans la guerre civile et devienne une proie facile pour une intervention qui se ferait selon une variante du modèle libyen puisqu’une des puissances étrangères intervenantes, la Turquie, partage  plusieurs centaines de kilomètres de frontières terrestres avec la Syrie.
L’opposition armée étant globalement neutralisée ou dominée en Syrie même, l’étincelle de départ se produira probablement à la frontière syro-turque car, ainsi que l’explique clairement Pepe Escobar, les rebelles et autres mercenaires ou soldats étrangers lancent leurs attaques à partir du territoire de la Turquie qui leur offre un sanctuaire à quelques mètres seulement du territoire syrien.

NB : l’idéal serait cependant que je doive faire mon mea culpa pour cause de cessez-le-feu durable


par Pepe Escobar, Asia Times (Hong-Kong) 11 avril 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Il y a une vidéo qu’on pourrait intituler assez librement « Terroristes du côte turc de la frontière tirant du côté syrien », ce qui résume assez précisément ce qui se passe dans cet actuel point chaud géopolitique extrêmement volatile.


La voix qui commente dit, “C’est la frontière syro-turque, et c’est une opération de l’Armée Syrienne Libre [ASL]… La porte [celle qui se situe du côté syrien de la frontière où se trouve le point de contrôle va être prise.»

Ce qui veut dire que la Turquie abrite l’ASL à seulement quelques mètres – et non à des kilomètre - du territoire syrien. Après avoir accueilli un centre de contrôle et de commandement de l’OTAN à Iskenderun il y a plusieurs mois maintenant – un fait déjà signalé par Asia Times Online – la Turquie s’avance désormais juste à la frontière, permettant un aller et retour de guerilleros/mercenaires lourdement armés pour attaquer un Etat souverain.

Imaginez un scénario semblable se produire, par exemple, à la frontière des Etats Unis avec le Mexique, en Arizona ou au Texas.

On peut le voir comme une interprétation très particulière par Ankara des « refuges de protection » et des «corridors humanitaires» tels qu’ils sont mis en avant par le principal modèle proposé pour un changement de régime en Syrie : un rapport du Saban Center de la Brookings Institution rédigé par l’habituel de pro-Israël d’abord et avant tout et «d’experts» du Moyen orient affiliés au Qatar.

Alors attendez-vous à voir un film aux conséquences innombrables; l’ASL attaquant un poste frontalier syrien, tuant des soldats avant de se replier sous une pluie de projectiles qui troucheront inévitablement un camp de réfugiés Syriens tout proche.

L’escalade à la frontière illustre crûment le scenario plus large: la guerre civile.

Le ministre Turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu - avec sa fameuse politique de « zéro problème avec nos voisins » - a dû brusquement interrompre son voyage en Chine pour rentrer en Turquie à cause de l’escalade à la frontière. Ce serait très éclairant de savoir comment la direction politique de pékin lui a fait savoir que les trucs d’agents provocateurs de la Turquie revenaient à jouer avec le feu.

L’escalade à la frontière prouve aussi que l’OTAN n’est pas du tout intéressée par la réussite du cessez-le-feu présenté généralement comme le plan de Kofi Annan (c’est en fait uenversion diluée des plans de la Russie et de la Chine). Les problèmes vont continuer à s’aggraver – comme le suggère un reportage de Russian TV.

Il est évident qu’un gouvernement souverain – la Syrie dans le cas présent – doit exiger des garanties écrites que les opposants armés se conformeront au cessez-le-feu d’Annan.

La raison la plus importante pour laquelle ils ne le feront pas – et ils l’ont souligné publiquement – n’est pas seulement que l’ASL et les guérillas dissidentes continuerons à être armés par le Qatar et la monarchie saoudienne, et renforcés par des « rebelles » Libyens envoyés en Syrie ; c’est que deux membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, la Grande Bretagne et la France – ont également leurs forces spéciales sur le terrain, engagées dans la formation, le enseignement et des opérations de combat.

La question à mille milliards de livres turques est de savoir si Ankara ira plus loin et mettra vraiment en place les « zones refuges », ce qui reviendra à une implication directe dans la guerre civile syrienne, c’est-à-dire une déclaration de guerre contre Damas. C’est exactement ce que l’ASL implorait les Turcs de faire.
Mais même cela serait insuffisant pour renverser le régime de Bachar al-Assad.

Quant à l’appareil policier et militaire d’Assad, il serait bien inspiré de ne pas se laisser provoquer à aller vers une orgie de tortures, d’exécutions sommaires et de bombardements d’artillerie – car ce sont les conditions nécessaires pour le maintien du soutien diplomatique des principaux membres du BRICS, la Russie et la Chine. Une fois encore, les Syriens ordinaires, pris entre deux feux, seront les tragiques perdants.

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vendredi, mars 30, 2012

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L'Iran, clef de la stratégie de développement de l'Inde

Les Etats Unis, ainsi que l’Union Européenne, déploient une vaste stratégie d’étranglement économique de l’Iran pour sommer ce pays, non pas de stopper le développement d’un programme nucléaire militaire, mais d’accepter de placer son programme nucléaire sous la tutelle de l’Occident.
Ce qui reviendrait pour l’Iran à accepter une autre autorité que la sienne sur son territoire.
Des républiques bananières peuvent certes accepter ce genre de choses, mais pas l’Iran
Dans cette stratégie d’étranglement, les Etats Unis se distinguent par leur posture agressive puisqu’ils menacent de sanctions les entreprises et même les Etats qui ne respecteraient pas leurs exigences dont celle de l’arrêt des importations de pétrole iranien.
Certains pays ont obtempéré ou obtenu des dérogations à condition de montrer leur obéissance en réduisant ou en s’engageant à réduire leurs importations.
Mais ce genre de choses est beaucoup plus difficile à obtenir de la part de pays comme ceux qui appartiennent au groupe du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

Si on s’arrête sur le cas de l’Inde, non seulement les entreprises de ce pays se montrent particulièrement enthousiastes devant les perspectives offertes par le marché iranien, avec règlement au moins partiel en roupie, la monnaie indienne (un petit coup de canif au dollar), mais le gouvernement indien considère l’Iran comme un partenaire absolument stratégique sur un long terme qui verrait l’économie de l’Inde rayonner sur toute l’Asie Centrale.
Et justement, vu l’obstacle constitué par le frère ennemi pakistanais, l’Iran avec ses ports, ses routes et ses voies ferrées est la porte d’entrée idéale vers l’Asie Centrale et, plus tard, vers la Russie et l’Europe orientale.
D’où une opposition de l’Inde aux manœuvres américaine qui se fonde sur une prise en considération de ses intérêts en tant que nation en plein développement et en recherche de partenaires régionaux.
C’est la vision à long terme de l’Inde conte celle à court terme des Etats Unis (pressés de satisfaire les quatre volontés du gang de Tel Aviv).


La création du Pakistan a coupé l’Inde des vieilles routes commerciales vers l’Asie Centrale et au-delà. L’Inde voit l’Iran comme un moyen de se reconnecter à  ces routes. malgré les sanctions américaines.
par Rebecca Byerly, The Christian Science Monitor (USA) 29 mars 2012           

Alors que les USA isolent l’Iran en poussant les autres pays à réduire leurs achats de pétrole et d’autres marchandises auprès de la République Islamique, l’Inde est en train de construire de nouvelles relations commerciales là-bas, considérant que c’est par l’Iran que passe le chemin pour construire l’influence dont elle a besoin en Afghanistan et en Asie Centrale.

Avant la partition, le sous-continent indien avait des relations politiques et commerciales avec l’Asie Centrale et, par delà, avec la Russie et l’Europe. La création du Pakistan a coupé l’accès de l’Inde à la région et l’Inde voit depuis longtemps l’Iran comme une modalité de contournement.

Le gouvernement indien accueille cette semaine 14 pays pour une conférence visant à bâtir un nouveau réseau de transport, le Corridor International Nord-Sud qui passera par les ports, les routes et les chemins de fer iraniens. Le projet vise à relier l’Inde à certaines parties de l’Europe en moitié moins de temps qu’avec les routes commerciales actuelles qui passent par le canal de Suez en Egypte.

La conférence sur le transport intervient trois semaines après le retour d’Iran d’une délégation commercial soutenue par le gouvernement et l’annonce de nouvelles possibilités d’échanges commerciaux. Et la semaine dernière, des groupements d’exportateurs indiens ont déclaré que l’Iran avait fait de nouveaux achats d’aliments pour bétail et était en demande de blé, de sucre et de thé – le tout au moment même où les Etats Unis incitent l’Inde à réduire ses relations avec l’Iran.

Le rapprochement de l’Inde avec l’Iran crée un dilemme pour les USA. Alors que Washington s’est fait le champion de l’ascension de l’Inde en tant que puissance régionale et a salué son aide en Afghanistan, le programme nucléaire iranien demeure une priorité parmi ses préoccupations ne matière de politique étrangère.
La Secrétaire d’Etat Hillary Clinton a déclaré au Congrès lors d’une audition parlementaire en février que les Etats Unis avaient des discussions «très  intenses et très franches» avec l’Iran et d’autres pays comme la Chine et la Turquie pour qu’ils arrêtent leurs importations de pétrole iranien.

Mais les responsables Indiens sont restés réticents. Compte tenu de la position géopolitique de l’Inde vis-à-vis le l’Iran, de ses intérêts économiques et sécuritaires en Afghanistan, et de ses relations commerciales tumultueuses avec un Pakistan doté de l’arme atomique, l’Inde voit l’Iran comme un partenaire à long terme essentiel.

«Les Etats Unis ne considèrent que les avantages à court terme, explique le général Dipankar Banerjee, chercheur à l’Institute of Peace and Conflict Studies. «Nous comprenons l’intérêt qu’ont les Etats Unis à faire en sorte que l’Iran renonce à l’arme atomique, mais nous devons tenir compte des intérêts stratégiques de l’Inde qui consistent à avoir la sécurité et les échanges commerciaux dans la région après le retrait des forces américaines d’Afghanistan en 2014.»

Aves des réserves minérales inexploitées estimées à 300 milliards de dollars en Afghanistan, une route commerciale stable à travers ce pays apporterait les ressources nécessaires au développement économique de l’Inde. Banerjee pense qu’elle aiderait aussi à stabiliser l’économie afghane et ferait tampon contre la radicalisation.

En dehors du commerce, l’Inde a signé à un accord pour former les forces de sécurité afghanes en Inde et a fourni deux milliards de dollars d’aide au développement depuis la chute des Talibans. L’Inde a récemment utilisé pour la première fois  le port de Chabahar au sud-est de l’Iran qu’elle a contribué à aménager il y a une dizaine d’années – pour le transit de 100 000 tonnes de blé vers l’Afghanistan dans le cadre de l’aide humanitaire apportée à ce pays ravagé par la guerre.

Cependant, le développement économique et la stabilisation de l’Afghanistan dépendent de bien d’autres choses que l’implication de l’Inde et des difficultés créées par les sanctions US contre l’Iran.

«Les sanctions contre l’Iran sont un facteur de complication dans la stratégie économique indienne à l’égard de l’Afghanistan. Mais elles ne son pas, même en faisant preuve de beaucoup d’imagination, le seul facteur de complication,» affirme Ellen Laipson, présidente et directrice du Stimson Center, un centre d’étude des politiques publiques sis à Washington.

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