mardi, janvier 15, 2013

Bookmark and Share

Après Sarkozy en Libye, Hollande victime d'un mirage au Mali


Je ne sais pas quel jeu joue le gouvernement algérien qui a autorisé la France à faire transiter par son espace aérien des avions se rendant au Mali.
Peut-être était-ce le prix à payer pour les déclarations alambiquées de François Hollande lors de son dernier déplacement à Alger, ou encore pour le remercier d’avoir écouté sans broncher la chorale féminine qui chantait ses louanges à Tlemcen.
En tout cas, même si l’engagement algérien ne va pas plus loin, c’est déjà une faute et un reniement des principes qui ont animé la lutte anticoloniale.
Quant à savoir ce qui a amené la France à intervenir sans mandat de l’ONU et prétendument à l’appel d’un gouvernement qui n’a d’autre légitimité que celle que lui a donné un coup d’Etat…
La France va essayer maintenant de régulariser sa situation à l’ONU, ce qui laisse sous-entendre qu’à paris on est quelque peu conscient de la faiblesse de l’habillage légal donné à son intervention.
Paris a aussi argué de la nécessité d’assurer la sécurité de ses ressortissants, ils sont quelques milliers, au Mali.
Un argument étrange qui sera peut-être utilisé par un des multiples pays d’origine des migrants qui résident en France en cas d’accession à l’Elysée d’un candidat extrémiste !
La vérité est que la France est partie en guerre pour défendre ses intérêts miniers et stratégiques et que si elle était disposée à laisser agir, sous son contrôle, une force africaine dominée par des représentants de la Françafrique, elle ne pouvait pas permettre à une autre puissance extra-africaine de prendre l’initiative militaire. Cette vérité est d’ailleurs affirmée clairement par le gouvernement français même si les journalistes la noient dans tout un fatras de considérations, notamment techniques et tactiques.
Image
François Hollande intervient militairement en Afrique au nom des intérêts de la France de de l'Europe
La France ne pouvait pas même laisser la première place aux Etats Unis qui s’échinent patiemment depuis des années à rogner la place de la France dans la région même si sa stratégie a été quelque peu perturbée par l’arrivée de ce nouvel acteur de premier plan qu’est la Chine. 
Et cette intervention française tombe finalement plutôt bien pour les Etats Unis et, si on en croit cet article du New York Times, les Américains ne sont tout de même pas fâchés de voir la France s’y coller parce qu’ils n’avaient pas vraiment envie d’y aller eux-mêmes : trop compliqué pour des résultats aléatoires.
Bien sûr, la France, avec le renfort éventuel de ses ‘’alliés’’ africains, a parfaitement les moyens de contenir, de repousser et d'infliger de lourdes pertes aux miliciens qui tiennent actuellement le nord du Mali (et aux populations civiles aussi soit dit en passant).
Et les choses peuvent même aller très vite.
Le problème étant justement celui de la durée. Sauf à occuper durablement le Sahara et la région sahélienne, en y installant des postes militaires, en y faisant circuler des unités motorisées et en patrouillant régulièrement l’espace aérien, les combattants qui se seront égayés dans la nature et au-delà du «limes» reviendront dès qu’ils auront reconstitué leurs forces.
Image
                                  Le limes romain en Afrique
Et compte tenu de l’instabilité (à laquelle l’Etat algérien a malheureusement contribué), et de la pauvreté, qui règnent dans une région à l’économie de laquelle l’intervention en Libye (avec la France en pointe déjà) a porté un coup très dur, il n’y a aucune raison pour que ces forces ne se reconstituent pas dans des délais assez brefs.
Pour conclure, on dira qu’il est quand même piquant de voir François Hollande aller guerroyer contre des clones ce ceux qu’il soutient mordicus en Syrie.
NB : j’ai hésité dans la traduction du titre. Au lieu de «supplantent (ou remplacent) la prudence», j’ai préféré «contre la prudence.» Il me semble que dans le verbe supplanter il y une notion d’antagonisme ou d’opposition.
Les frappes françaises au Mali contre la prudence des Etats Unis
par ADAM NOSSITER, ERIC SCHMITT and MARK MAZZETTI.
The New York Times (USA) 13 janvier 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
Bamako, Mali – Des avions de combat français ont frappé en profondeur au cœur des bastions rebelles du nord du Mali ce dimanche, mettant fin à des mois d’hésitation internationale au sujet d’une action militaire dans la région et après l’échec de toutes les autres tentatives des Etats Unis et de leurs alliés pour contrer les extrémistes.
Pendant des années, les États-Unis ont essayé d'enrayer la propagation du militantisme islamique dans la région en mettant en œuvre le plus ambitieux de ses programmes de lutte contre le terrorisme à travers ces vastes étendues turbulentes du Sahara.
Mais quand les insurgés se sont répandus dans tout le désert l’an dernier, les commandants des unités d’élite des armées de ce pays, entraînées minutieusement pendant des années par les Etats Unis  ont fait défection au moment où moment où on avait le plus besoin d'eux – pour passer à l’ennemi en pleine bataille, avec leurs hommes, leurs fusils et leurs nouvelles compétences, selon des officiers supérieurs Maliens.
"Ce fut un désastre,” déclare un des officiers Maliens qui confirme les défections.
Puis, un officier formé par les Etats Unis a renversé le gouvernement élu du Mali, préparant le terrain pour que plus de la moitié du pays tombe entre les mains des extrémistes islamistes. Les avions espions et les drones de surveillance américains ont essayé de mettre de l’ordre dans cette pagaille, mais les officiels Américains et leurs alliés en sont encore à se triturer les méninges pour se faire une idée précise de ce qu’ils affrontent.
Maintenant, malgré les avertissements américains de longue date sur le risque qu’une attaque occidentale sur le bastion islamiste fasse affluer des djihadistes de partout dans le monde et encourage des attentats terroristes aussi loin qu’en Europe, les Français sont entrés d’eux-mêmes en guerre.
Ils ont d’abord freiné la progression islamiste, affirmant que le reste du Mali serait tombé entre les mains des militants en quelques jours. Puis, le dimanche, les avions de combat français sont passés à l’offensive, attaquant des camps d’entraînement, des dépôts et d’autres positions des militants loin à l’intérieur du territoire contrôlé par les islamistes, dans le but de déloger les militants qui ont créé là un des plus importants repaires au monde pour les djihadistes.
Certains officiels du Départment de la Défense, en particulier des officiers du Joint Special Operations Command au pentagone ont plaidé en faveur d’une campagne d’assassinats [lethal campaign] pour tuer les hauts responsables de deux des organisations extrémistes qui tiennent le nord du Mali, Ansar Dine et Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). Tuer les chefs, soutenaient-ils, pourrait provoquer un effondrement interne.
Mais son attention et ses ressources étant concentrées sur d’autres conflits comme le Pakistan, le Yémen, la Somalie et la Libye, l’administration Obama a rejeté ces frappes en faveur d’une stratégie plus prudente et une action indirecte : aider les nations africaines à repousser et à contenir la menace par elles-mêmes.
Ces quatre dernières années, les Etats Unis ont dépensé entre 520 et 600 millions de dollars dans un vaste effort pour combattre le militantisme islamiste dans la région sans faire des guerres comme celles qu’ils ont menées au Moyen Orient. Ce programme s’est étendu du Maroc au Nigeria et les officiels Américains présentaient l’armée malienne comme une partenaire exemplaire. Les forces spéciales américaines avaient formé les soldats Maliens au tir de précision, à la patrouille de frontière, à l’embuscade et à d’autres techniques du contreterrorisme. 
Mais toute cette planification délibérée a rapidement volé en éclats quand des combattants islamistes aguerris et lourdement armés sont rentrés des combats en Libye. Ils se sont alliés avec des djihadistes comme Ansar Dine, ont mis en déroute des forces maliennes mal équipées et les ont démoralisées à tel point qu’il s’en est suivi une mutinerie contre le gouvernement dans la capitale, Bamako. 
Une évaluation confidentielle à l’interne effectuée en juillet dernier par l’Africa Command (Africom) au Pentagone avait conclu que le coup d’Etat était allé trop vite pour que le commandement américain où les analystes du renseignement puissent en détecter de véritables signes avant coureurs.
Le coup d’Etat au mali est allé si vite et il y avait si peu de signaux d’alerte,» explique le colonel Tom Davis, un porte parole du commandement. «L’étincelle qui l’a déclenché s’est produite chez les officiers de niveau intermédiaire qui ont fini ar renverser le gouvernement, pas aux échelons supérieurs où on aurait pu plus aisément remarquer des signaux d’alerte » 
Mais un officier des Forces d’Opérations Spéciales n’est pas d’accord, qui affirme, “Les choses fermentaient depuis cinq ans. Les analystes étaient trop complaisants dans leurs hypothèses et ils n’avaient pas vu les gros changements et leur impact, comme l’armement lourd en provenance de Libye et la nature différente, plus ‘’islamique’’ des combattants qui revenaient. 
Les mêmes unités de l’armée entraînées par les Etats Unis et qu’on voyait comme la meilleure chance de repousser cette avance se sont avérées en fin de compte être à la base de la défaite militaire du pays. Les chefs de ces unités d’élite étaient des Touareg – de la même ethnique nomade qui envahissait le nord du Mali. 
Selon un officier supérieur, les commandants Touareg des quatre unités maliennes combattant dans le nord à l’époque avaient fait défection en faveur de l’insurrection ‘’au moment crucial», emportant avec eux les combattants, les armes et un peu d’équipement. Il affirme qu’ils ont été rejoints par environ 1 600 autres transfuges de l’armée malienne, portant un coup sévère aux espoirs du régime de résister à l’offensive. 
“L’aide des Américains s’est révélée sans utilité,” déclare un autre officier supérieur Malien, engagé en ce moment dans les combats. ‘’Ils ont fait les mauvais choix,’’ dit-il en s’appuyant sur des chefs d’un groupe [ethnique] qui est en rébellion contre l’Etat malien depuis cinquante ans.
Le quasi effondrement de l’armée malienne, y compris des unités entraînées par les forces spéciales américaines, suivi par un coup d’Etat avec à sa tête un officier formé par les Etats Unis, le capitaine Amadou Sanogo, a surpris et embarrassé le haut commandement militaire américain.
 ‘’J’ai été très déçu de voir un militaire avec qui nous étions en relation pour le former participer au renversement par l’armée d’un gouvernement élu,’’  a déclaré le général Carter F. Ham, commandant de l’Africom, dans un discours prononcé à la Brown University le mois dernier. ‘’On ne peut pas qualifier ça autrement que complètement inacceptable.’’ 
Les officiels Américains défendent leur entraînement de l’armée malienne, expliquant qu’il n’avait jamais eu pour but d’être aussi complet que ce que les Etats Unis ont fait en Irak et en Afghanistan. ‘’Nous avons entraîné cinq unités pendant cinq ans, mais est-ce que ça suffit à faire une véritable armée solide comme le roc ?’’ demande un officier de l’armée américaine bien au courant du dossier. 
Après le coup d’Etat, les extrémistes ont rapidement écarté les Touareg dans le nord malien et appliqué une version dure de l’Islam à la population, coupant des mains, flagellant les habitants et poussant à la fuite des dizaines de milliers de personnes. Les pays occidentaux ont alors adopté une stratégie d’endiguement, exhortant les pays africains à boucler le nord du pays en attendant d’être en mesure de mobiliser une force armée pour chasser les islamistes à l’automne, au plus tôt. A cette fin, le Pentagone fournit à la Mauritanie des camions neufs et au Niger deux avions de reconnaissance Cessna, en plus de la formation militaire dispensée dans les deux pays. 
Mais même ce plan de sauvetage a échoué car les islamistes ont progressé dans le sud en direction de la capital. Avec des milliers de citoyens Français au Mali, son ancienne colonie, la France a décidé qu’elle ne pouvait pas attendre plus longtemps et a bombardé les militants sur la ligne de front et en profondeur dans leur repaire. 
Certains experts dissent que des troupes étrangères pourraient facilement reprendre les grandes villes du nord du Mali, mais que les combattants islamistes ont obligé des enfants à se battre pour eux, ce qui est dissuasif pour toute force d’invasion, et pourraient recourir à des tactiques insurrectionnelles meurtrières. 
‘’Ils ont préparé ces villes pour en faire un piège mortel,’’ déclare Rudy Atallah, l’ancien directeur de la politique du contreterrorisme pour le Pentagone. ‘’Si une force d’intervention va là-bas, les militants en feront une guerre insurrectionnelle.’’
Adam Nossiter reported from Bamako, Eric Schmitt from Niamey, Niger, and from Washington, and Mark Mazzetti from Washington. Steven Erlanger contributed reporting from Paris.

Libellés : , , , , , , , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 12:58 AM 0 comments

samedi, septembre 29, 2012

Bookmark and Share

La Turquie humiliée par les Etats Unis sur le dossier syrien


Je ne sais pas trop ce qu’on peut dire de plus sur l’état de déconfiture de la diplomatie turque sous Recep Tayyip Erdogan et Ahmet Davutoglu, deux politiciens qui se sont avérés être des personnes sans principes par la faute desquels la Turquie vient malheureusement de manquer un rendez-vous avec l’histoire.

Juste un exemple de l’amateurisme de ces dirigeants : depuis quand la Turquie a-t-elle les moyens de tancer vertement la Russie et la Chine ?

Et pourquoi, alors que ce sont les Etats Unis qui viennent de l’humilier en réalité en nouant des contacts avec Damas à l'insu du gouvernement turc ?

La Russie aide les Etats-Unis et la Syrie à établir un contact, la Turquie sous le choc
Par Atul Aneja, The Hindu (Inde) 29 septembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Avec une petite aide de la Russie, les Américains et les Syriens sont entrés en contact, ce qui a créé une onde de choc en Turquie, qui reproche à Moscou et à Pékin la poursuite du conflit en Syrie.

S'adressant aux médias américains jeudi, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a largué une bombe. Il a dit que Moscou avait aidé les experts américains à entrer en contact avec les Syriens sur la question des armes chimiques. «J'espère que je ne vais pas révéler un secret important, mais nous avons aidé des experts américains à établir un contact avec les Syriens sur cette question, et nous avons reçu des explications et des assurances que le gouvernement syrien protège ces installations de la meilleure façon possible», a déclaré M. Lavrov, selon Russia Today

Il a également ajouté que la Russie n'envisageait pas d'accorder l'asile au président syrien Bachar Al Assad, dans le cas où il déciderait de quitter ses fonctions.
«Non, nous ne lui accorderons pas l'asile", a déclaré M. Lavrov, soulignant le fait que le président syrien "était un ami d’ autres pays au nord-ouest de la Syrie."

Le site internet de la chaîne de télévision libanaise Al Manar a cité ses sources arabes en France qui confirment que la délégation des Etats Unis à la session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU voulait discuter avec la Syrie de la question des armes chimiques. La Partie syrienne a promis «avec la garantie de la Russie » qu’elle n’utiliserait pas ces armes « sur le territoire syrien pendant le conflit entre le gouvernement et l’opposition armée.»

La délégation syrienne a déclaré avec insistance que si la Syrie était visée par une attaque étrangère, dans ce cas les pays qui inciteraient et participeraient à cette attaque seraient des cibles légitimes «pour les missiles syriens… équipés de charges militaires chimiques, y compris les pays voisins de la Syrie.»
Coïncidant avec l’annonce par Lavrov de l’ouverture d’une voie de dialogue entre les USA et la Syrie à propos des armes chimiques, le premier ministre Turc Recep Tayyip Erdogan a été inhabituellement agressif – accusant la Chine comme la Russie de se ranger du côté syrien. Sa diatribe conte Moscou et Pékin a été retransmise en direct sur NTV, une grande chaîne turque de télévision.

"La Russie est la principale source de déception. Au lieu de condamner la Syrie, elle soutient les massacres" a déclaré M. Erdogan cité par Reuters.
"La Chine partage la même position. Bien que [le dirigeant chinois] Hu Jintao m'ait assuré que Pékin n'opposerait pas un troisième veto à la résolution de l'Onu [contre une zone de sécurité], il l'a fait", a poursuivi M.Erdogan. Quant à l'Iran, allié de longue date de Damas, le premier ministre turc a qualifié sa position d'"incompréhensible".

La Turquie s’est montrée très en pointe contre le régime Assad, avec le Qatar, l’Arabie Saoudite et les Etats Unis comme alliés.

L’amère acrimonie qui en a résulté entre deux pays qui ont été un temps alliés – la Turquie et la Syrie – atteint de nouveaux sommets. La Syrie envisage maintenant sérieusement d’armer les rebelles kurdes pour combattre la Turquie, affirme Al Manar.

Citant ses «sources kurdes» proches du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) et le parti Union Démocratique Kurde en Syrie, le site web affirme que le régime Assad «a envoyé une lettre à la Turquie pour l’informer que l’ingérence turque en Syrie amènerait Damas à armer tous les Kurdes en Syrie comme en Tuurquie.»

Le gouvernement syrien étudie  apparemment la fourniture d’armes évoluées aux Kurdes, dont des missiles anti-tanks Kornet, du dans l’hypothèse où il jouerait la «carte kurde.»

Ajoutant la guerre psychologique à son arsenal, l’armée syrienne a envoyé des textos à l’opposition armée dans tout le pays pour lui signifier la « fin de la partie » (game over), selon l’Associated Press.

Libellés : , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 8:58 PM 0 comments

lundi, août 06, 2012

Bookmark and Share

Hillary Clinton et l'abeille africaine


Le Figaro s’étale longuement sur la visite d’Hillary Clinton au Malawi, ce pays enclavé d’Afrique australe.

Pour un peu, on croirait d’ailleurs que l’objet de la visite de Mme Clinton était de s’enquérir de la situation des droits des femmes dans ce pays qui est précisément dirigé par une femme, Mme Joyce Banda.

Peut-être, mais son périple africain montre surtout une volonté de porter un coup diplomatique à l’Iran dans cette région et de réaffirmer, face aux Chinois, la présence de l’Oncle Sam sur ce continent. Ce n’est pas moi qui le dit, mais l’intéressée elle-même :
« Les investissements chinois en Afrique ne visent qu’à profiter des ressources naturelles et les entreprises chinoises négligent la protection de l’environnement et de développement local », a-t-elle déclaré.
Des propos peu diplomatiques qui ont bien sûr fortement irrité le gouvernement chinois.

Il est vrai que les Etats Unis ont particulièrement pris soin de l’environnement en Libye, en Irak ou en Afghanistan. On peut pas leur enlever ça. Comme les Chinois d’ailleurs, Ils n’ont pas signé le protocole de Kyoto. Pourquoi faire ?

Il n’est cependant pas sûr que Mme Clinton va encourager la protection des abeilles si on en croit cet incident rapporté par la presse locale au moment du départ de la Secrétaire d’Etat à l’aéroport de la capitale, Lilongwe où des mesures de sécurité extraordinaires avaient été prises.

Le Nyasa Times rapporte ce qui suit : 
A son départ, il y a eu une mini-panique à l’aéroport international quand une nuée d’abeille s’est abattue sur le secteur.
 
Selon un témoin oculaire, Malawiens comme Américains, dont des membres des services de sécurité, ont détalé dans toutes les directions pour se mettre à l’abri.
 
 «Il y a eu une petite panique quand les abeilles ont traversé l’aéroport. On pouvait voir les gens courir pour aller s’abriter tandis que la Secrétaire d’Etat a vite embarqué dans l’avion pour éviter de risquer d’être piquée,» a déclaré un témoin oculaire au Nyasa Times.

Particulièrement agressive, l'abeille africaine Apis Mellifera Scutellata préfère les cheveux blonds
Comme quoi, la nature dans sa grande sagesse a peut-être failli nous débarrasser de cette grande protectrice de l’environnement.



Libellés : , , , , , ,

posted by Djazaïri at 7:40 PM 0 comments

jeudi, avril 12, 2012

Bookmark and Share

Pourquoi le cessez-le-feu ne tiendra pas en Syrie

Les hostilités semblent s’être arrêtées ce matin en Syrie. Maintenant, la question est de savoir si le cessez-le-feu va tenir, permettant ainsi l’amorce d’une solution politique.
Rien n’est moins sûr et il est probable que le cessez-le-feu ne tiendra pas bien longtemps parce que ni l‘opposition armée, ni les pays de l’OTAN n’y ont un quelconque intérêt.
Leur intérêt est effectivement que la situation continue à se dégrader et que le pays s’enfonce complètement dans la guerre civile et devienne une proie facile pour une intervention qui se ferait selon une variante du modèle libyen puisqu’une des puissances étrangères intervenantes, la Turquie, partage  plusieurs centaines de kilomètres de frontières terrestres avec la Syrie.
L’opposition armée étant globalement neutralisée ou dominée en Syrie même, l’étincelle de départ se produira probablement à la frontière syro-turque car, ainsi que l’explique clairement Pepe Escobar, les rebelles et autres mercenaires ou soldats étrangers lancent leurs attaques à partir du territoire de la Turquie qui leur offre un sanctuaire à quelques mètres seulement du territoire syrien.

NB : l’idéal serait cependant que je doive faire mon mea culpa pour cause de cessez-le-feu durable


par Pepe Escobar, Asia Times (Hong-Kong) 11 avril 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Il y a une vidéo qu’on pourrait intituler assez librement « Terroristes du côte turc de la frontière tirant du côté syrien », ce qui résume assez précisément ce qui se passe dans cet actuel point chaud géopolitique extrêmement volatile.


La voix qui commente dit, “C’est la frontière syro-turque, et c’est une opération de l’Armée Syrienne Libre [ASL]… La porte [celle qui se situe du côté syrien de la frontière où se trouve le point de contrôle va être prise.»

Ce qui veut dire que la Turquie abrite l’ASL à seulement quelques mètres – et non à des kilomètre - du territoire syrien. Après avoir accueilli un centre de contrôle et de commandement de l’OTAN à Iskenderun il y a plusieurs mois maintenant – un fait déjà signalé par Asia Times Online – la Turquie s’avance désormais juste à la frontière, permettant un aller et retour de guerilleros/mercenaires lourdement armés pour attaquer un Etat souverain.

Imaginez un scénario semblable se produire, par exemple, à la frontière des Etats Unis avec le Mexique, en Arizona ou au Texas.

On peut le voir comme une interprétation très particulière par Ankara des « refuges de protection » et des «corridors humanitaires» tels qu’ils sont mis en avant par le principal modèle proposé pour un changement de régime en Syrie : un rapport du Saban Center de la Brookings Institution rédigé par l’habituel de pro-Israël d’abord et avant tout et «d’experts» du Moyen orient affiliés au Qatar.

Alors attendez-vous à voir un film aux conséquences innombrables; l’ASL attaquant un poste frontalier syrien, tuant des soldats avant de se replier sous une pluie de projectiles qui troucheront inévitablement un camp de réfugiés Syriens tout proche.

L’escalade à la frontière illustre crûment le scenario plus large: la guerre civile.

Le ministre Turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu - avec sa fameuse politique de « zéro problème avec nos voisins » - a dû brusquement interrompre son voyage en Chine pour rentrer en Turquie à cause de l’escalade à la frontière. Ce serait très éclairant de savoir comment la direction politique de pékin lui a fait savoir que les trucs d’agents provocateurs de la Turquie revenaient à jouer avec le feu.

L’escalade à la frontière prouve aussi que l’OTAN n’est pas du tout intéressée par la réussite du cessez-le-feu présenté généralement comme le plan de Kofi Annan (c’est en fait uenversion diluée des plans de la Russie et de la Chine). Les problèmes vont continuer à s’aggraver – comme le suggère un reportage de Russian TV.

Il est évident qu’un gouvernement souverain – la Syrie dans le cas présent – doit exiger des garanties écrites que les opposants armés se conformeront au cessez-le-feu d’Annan.

La raison la plus importante pour laquelle ils ne le feront pas – et ils l’ont souligné publiquement – n’est pas seulement que l’ASL et les guérillas dissidentes continuerons à être armés par le Qatar et la monarchie saoudienne, et renforcés par des « rebelles » Libyens envoyés en Syrie ; c’est que deux membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, la Grande Bretagne et la France – ont également leurs forces spéciales sur le terrain, engagées dans la formation, le enseignement et des opérations de combat.

La question à mille milliards de livres turques est de savoir si Ankara ira plus loin et mettra vraiment en place les « zones refuges », ce qui reviendra à une implication directe dans la guerre civile syrienne, c’est-à-dire une déclaration de guerre contre Damas. C’est exactement ce que l’ASL implorait les Turcs de faire.
Mais même cela serait insuffisant pour renverser le régime de Bachar al-Assad.

Quant à l’appareil policier et militaire d’Assad, il serait bien inspiré de ne pas se laisser provoquer à aller vers une orgie de tortures, d’exécutions sommaires et de bombardements d’artillerie – car ce sont les conditions nécessaires pour le maintien du soutien diplomatique des principaux membres du BRICS, la Russie et la Chine. Une fois encore, les Syriens ordinaires, pris entre deux feux, seront les tragiques perdants.

Libellés : , , , , , , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 1:45 PM 0 comments

mercredi, mars 28, 2012

Bookmark and Share

Iran: tout le monde doit-il payer pour complaire à Tel Aviv?


Les Etats Unis jouent gros dans leur bras de fer avec l’Iran. 

Pour complaire au gang de Tel Aviv, eux et leurs alliés habituels (Canada, France, Grande Bretagne…), ont décidé d’infliger à l’Iran des sanctions économiques unilatérales, c’est-à-dire non prévues par des résolutions de l’ONU.

Le but est d’asphyxier l’économie iranienne pour provoquer par exemple des émeutes qui précipiteraient un changement de régime à Téhéran, ou encore affaiblir suffisamment ce pays pour qu’une intervention militaire s’effectue de manière plus aisée.
Cette stratégie a réussi au moins deux fois par le passé: contre l'Irak du président Saddam Hussein et contre le Chili de M. Salvador Allende  qui lui aussi avait subi un embargo commercial et financier de la part des mêmes qui menacent aujourd'hui l'Iran.

Les Etats Unis et les complices déjà cités ont notamment décidé d’interdire aux pays tiers l’achat de pétrole iranien sous peine de sanctions.
En dépit de jérémiades de certains pays comme la Grèce et l’Espagne, l’Occident a décidé de marcher au pas de l’oie et de ne plus importer de pétrole iranien d’ici quelques mois. Certains pays ont obtenu des dérogations sous réserve de diminuer sensiblement leurs importations en provenance  du pays mis sous embargo..

Mais tout le monde n’est pas prêt à obtempérer..

Si la Grèce et l’Italie ne peuvent pas refuser grand-chose à l’Oncle Sam, il en va différemment de pays comme la Chine, le Brésil ou l’Inde.
Ces deux pays viennent, avec les autres membres du BRICS, de faire savoir qu’ils n’étaient pas obligés d’appliquer les sanctions unilatérales décidées par les USA et l’UE.

C’est ce que j’appelle un camouflet pour la diplomatie des Etats Unis.

Cette prise de position ne signifie cependant pas que ces pays importeront toujours autant voire plus de pétrole iranien pour la simple raison qu’une partie de leur commerce se fait par le biais d’entreprises privées qui, elles, peuvent craindre le risque d’être sanctionnées par les Etats Unis.

D’autre part, si les pays du BRICS se disent imperméables aux menaces de sanctions, ils ne seraient sans doute pas complètement fermés à des contreparties politiques et commerciales que pourraient leur offrir les Etats Unis en échange de leur complaisance.
Dans un cas comme dans l’autre, le prix politique à payer par les Etats Unis sera élevé sans que le pour autant entraîner une baisse du prix de l’essence à la pompe à Chicago ou à San Francisco.

Pour conclure, je ne résiste pas à l’envie de parler d’une des conséquences cocasses des sanctions de l’UE et des USA. En effet, l’interdiction de traiter avec le système bancaire iranien et l’expulsion de l’Iran de systèmes d’échanges interbancaires fait que des compagnies européennes qui doivent de l’argent à l’Iran ne savent plus comment payer ce qu’elles doivent dans les délais contractuels (ce qui concerne aussi les contrats en cours de résiliation).
Le pétrolier anglo-néerlandais Shell se trouve précisément dans cette situation en ce moment…
Or, en cas de non paiement, la partie contractante iranienne pourra bien sûr exiger des pénalités, en passant éventuellement par les juridictions internationales compétentes.
Ces dernières ne pourront que donner raison à la partie iranienne puisque les sanctions décidées par l’UE et les USA ne correspondent à aucune résolution de l’ONU et sont postérieures à la signature des contrats…


PTI, The Hindu (Inde) 28 mars 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’Inde, la Chine et les autres pays du BRICS ont déclaré aujourd’hui qu’ils ne rompraient pas leurs relations commerciales avec le pays riche en pétrole qu’est l’Iran qui fait face à des sanctions des Etats Unis contre son programme nucléaire.
Cette question a été soumise à discussion lors d’une rencontre des ministres du commerce du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique su Sud (BRICS), à la veille d’un sommet du BRICS à New Delhi.

“Oui, la question a été discutée. Tous les membres du BRICS sont membres du Conseil de Sécurité de l’ONU. Nous respectons les résolutions de l’ONU… en même temps, les résolutions de l’ONU n’interdisent à aucun pays de se livrer à du commerce portant sur des produits essentiels et sur ce qui est nécessaire pour le bien des hommes, » a déclaré le ministre du commerce et de l’industrie Anand Sharma qui s’exprimait au cours d’une conférence de presse tenue en commun avec les autres ministres du commerce du BRICS.
Le ministre Chinois du commerce, Chen Deming, a déclaré que son pays n’est “pas obligé de respecter les lois et règlements internes de n’importe quel pays.»
M. Shama a expliqué que l’Iran est une source d’énergie importante, ajoutant que la montée en flèche des prix du pétrole a pesé sur les finances indiennes. « Nous regardons donc les choses de manière très pragmatique et nous restons dans le champ d’application de la résolution de l’ONU.»

L’Inde importe 12 % de son pétrole d’Iran tandis que la Chine dépend du brut iranien à hauteur de 20 % de ses besoins.

M. Deming a dit que la hausse des prix du pétrole “affecterait négativement” le BRICS ainsi que l’économie mondiale.

Les Etats Unis et les principaux pays européens ont imposé des sanctions à l’économie iranienne en raison du programme nucléaire de Téhéran.

Libellés : , , , , , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 7:21 PM 0 comments

mercredi, mars 07, 2012

Bookmark and Share

Comment un journal indien comprend le clip raciste de l'Union Européenne


Je vous avais parlé de ce clip raciste produit par la Commission Européenne. François Asselineau nous en livre une lecture politique qui se trouve être sensiblement la même que celle faite par la presse indienne.

Par Dipankar De Sarkar, The Hindustan Times (Inde) traduit de l’anglais par Djazaïri

C’est official: l’Europe en crise a peur de l’Inde , de la Chine et du Brésil (BRIC = Brésil, Russie, Inde , Chine). Sa commission à l’élargissement a été obligée de retirer une vidéo de propagande après des plaintes pour racisme au sujet de la manière dont elle présente les Indiens, les Chinois et les Brésiliens. La vidéo, conçue pour populariser l’UE à 27 nations auprès des jeunes Européens, montre une femme blanche européenne prenant le dessus sur trous guerriers mâles agressifs d’Inde, de Chine et du Brésil dans un hangar sombre et à l’abandon.
Vêtue d’un survêtement jaune à la manière du film Kill Bill de Tarantino, elel fait d’abord face à un combattant chamois qui pratique le kung-fu. Elle affronte ensuite un indien qui pratique le kalaripayattu.

Le dernier homme qu’elle voit est un brésilien noir, spécialiste de la capoeira, un art martial. Alors que les trois hommes sont autour d’elle, elle se multiplie et les encercle. Ils abandonnent leurs armes avant de disparaître.

Les femmes deviennent alors le cercle d’étoiles jaunesqui est le symbole de l’UE, et la vidéo annonce, “Plus nous sommes nombreux, plus nous sommes forts… ». Peter Stano, porte parole à Bruxelles de la commission de l’élargissement a déclaré à l’Hindustan Times que « la vidéo avait été retirée après qu’elle ait attiré des plaintes pour racisme. »


Libellés : , , , , ,

posted by Djazaïri at 9:55 PM 0 comments

jeudi, février 09, 2012

Bookmark and Share

La nouvelle stratégie de l'OTAN et des monarchies arabes contre la Syrie


L’OTAN n’a pas eu sa résolution contre le gouvernement syrien du fait du veto russe et chinois, mais les puissances occidentales n’ont cependant pas renoncé à venir à bout de Bachar al-Asssad.

Et c’est bien du chef de l’Etat syrien qu’il s’agit puisque le schéma proposé par la Ligue Arabe et qui aurait dû être validé à l’ONU posait comme condition le départ de Bachar al-Assad. Une personnalisation outrancière qui a même cherché à mettre en lumière le rôle de l’épouse du chef de l’Etat, Asma al-Assad.
Le but est en effet d’isoler le président de sa population , mais aussi de ses collaborateurs et partisans et, pourquoi pas, de sa propre épouse.
Moyennant quoi, les monarchies marocaine, jordanienne ou qatarie se font fort d’amener la Syrie vers la démocratie.

Si nous n’étions pas dans un scénario cauchemar, on pourrait dire qu’on croit rêver.

Ayant intégré leur échec au Conseil de Sécurité, les pays de l’OTAN et les monarchies démocratiques ont choisi une nouvelle stratégie qui, si elle aboutit, (et même si elle n’aboutit pas d’ailleurs puisque la « communauté internationale » agit au nom de la morale) leur permettra de tenter d’abattre le régime syrien en neutralisant le veto russe et chinois en passant par un vote en Assemblée Générale.

L’idée n’est pas de lancer une intervention militaire massive comme ce fut le cas en Libye, mais d’une part d’étouffer politiquement et économiquement la Syrie et d’encourager et protéger des organisations combattantes comme les Etats Unis avaient l’habitude de le faire en Amérique latine ou en Asie du sud—est.
Dans ce but, et comme en Libye, toute démarche de sortie négociée et pacifique de la crise sera étouffée dans l’œuf par les champions de la démocratie.

Cette stratégie perverse, il n’y a pas d’autres mots, est exposée clairement dans l’article que je vous propose.

Vous noterez en lisant cet article que, selon le journaliste, la Russie ne fait pas partie de la communauté internationale. Et qu’en début d’article, on a l’impression que seule la Russie avait usé de son droit de veto pour s’opposer à la résolution contre la Syrie. Eh oui, en début d’article, le journaliste a complètement escamoté la Chine dont on a l’impression, en continuant la lecture, que c’est un petit pays marginal qui n’a pas de diplomatie propre indépendamment de celle de la Russie.

Je ne sais pas pourquoi, mais ça me fait penser à la deuxième guerre mondiale pour laquelle les commémorations ne font souvent débarquer que les Américains sur les plages de Normandie (Britanniques, Canadiens etc. tendent à disparaître) tandis que l’Armée Rouge se volatilise quelque part entre Stalingrad et Berlin.


La communauté internationale étudie une voie de contournement du veto russe en exhortant l’Assemblée générale de l’ONU à adopter une résolution qui permette d’aider la population.
Par ignacio Cembrero, El Pais (Espagne) 8 février 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

La communauté internationale ne peut s’empêcher de se demander comment faire en sorte que le président Syrien, Bachar al-Assad, arrête de tuer des civils. Elle étudie comment contourner le veto appliqué par la Russie et la Chine à une résolution présentée samedi dernier au Conseil de Sécurité de l’ONU, pour resserrer l’étau sur le régime syrien.

Les pays préoccupés par la crise syrienne bruissent parfois ouvertement et parfois discrètement d’un débat sur ce qu’il faut faire pour mettre un terme à une guerre civile larvée qui a causé déjà plus de 6 000 morts à la Syrie.

Ardemment désirée par la plus grande partie de l’opposition syrienne regroupée dans le Conseil National Syrien, et caressée par l’Occident, l’initiative dont on parle avec le plus d’insistance consiste à essayer de contourner le Conseil de Sécurité en passant par l’Assemblée générale, indiquent diverses sources diplomatiques européennes.

Constitué de 15 membres – dont cinq ont le droit de veto – le Conseil est l’organe suprême de l’ONU. Ses résolutions sont de nature contraignante. A l’Assemblée ce sont par contre tous les pays membres (193) qui peuvent voter. Ses résolutions ne sont pas contraignantes.

La discussion se fait en coulisses mais elle affleure parfois. Kevin Rudd (Kevin Rudd : le soutien à l’Etat sioniste est dans mon ADN), le ministre Australien des affaires étrangères, a exprimé hier son appui, devant le parlement, à une résolution de l’Assemblée « fondamentale pour marquer la condamnation par la communauté internationale des tueries dont elle est témoins en Syrie. »

La résolution irait cependant plus loin qu’une simple condamnation. Elle ouvrirait la voie à l’adoption de mesures qui freineraient la répression et allégeraient les souffrances de la population civile. « Elle apporterait un soutien plus moral que juridique pour agir contre le dictateur, » explique Salam Kawakibi, directeur d’études à l’Initiative de la Réforme Arabe [un think tank dominé par les monarchies arabes, NdT].

Les mesures pourraient consister en l’envoi d’aide humanitaire à la population, où même des attaques ponctuelles contre des unités d’élite de l’armée en passant par la création d’une zone de  sécurité – probablement le long de la frontière turque – où les civils pourraient se mettre à l’abri.

Aux yeux des juristes, il existe un précédent qui permet à l’Assemblée Générale de contourner le Conseil de Sécurité. A la demande des Etats Unis, décidés à surmonter le veto de l’Union Soviétique sur la guerre de Corée, l’Assemblée avait adopté la résolution 377 où elle constatait « le défaut d’unanimité entre les membres permanents » du Conseil qui ne peuvent pas « exercer leur responsabilité première de maintien de la paix et de la sécurité (…). »
L’Assemblée avait alors massivement recommandé l’adoption de mesures collectives, « y compris l’usage de la force » pour faire front à l’agresseur.

L’Assemblée Générale semble prédisposée à aller plus loin que le Conseil. Elle avait déjà approuvé le 19 décembre, par 133 voix pour, 11 contre et 43 abstentions, une résolution par laquelle elle avait condamné «avec force la violation grave et systématique des droits humains» par Damas. La Russie et le Chine s’étaient abstenues.

Les Russes sont conscients de la manœuvre qui se prépare afin de contourner leur droit de veto. L’ambassadeur de Russie à l’ONU, Vitaly Churkin, a averti dans une déclaration au site internet d’informations Inner City Press qu’il sera très difficile d’obtenir une résolution de l’Assemblée parce que l’affaire est déjà entre les mains du Conseil de Sécurité.

Pour se coordonner, pour promouvoir cette initiative à l’ONU, commencer à se concrétiser l’idée, formulée par Berlin, Paris et Londres de créer un « groupe d’amis » de la Syrie. A sa tête se trouveraient les pays arabes, surtout les monarchies du Golfe persique, et la Turquie. Inutile de dire que les Etats Unis seraient un élément de poids.
Sans l’appeler « groupe », comme l’a fait le ministre Français des affaires étrangères, Alain Juppé, son homologie Turc Ahmet Davutoglu a formulé hier la même idée au cours d’un entretien avec la chaîne télévisée NTV.
Davutoglu s’apprête à se rendre à Washington d’où il pourrait annoncer la fondation du « groupe des amis »
Il a souligné la nécessité d’organiser « à très bref délai » une conférence avec tous les pays impliqués dans la crise syrienne et, bien qu’il ne l’ait pas mentionné, l’opposition au régime qui est encore très divisée.
La conférence sur la Somalie, convoquée à Londres le 23 février, pourrait être élargie à la Syrie, selon Nick Robinson, correspondant politique de la BBC.

D’ici la mise en route d’une nouvelle initiative diplomatique, l’Union Européenne ca continuer à essayer d’asphyxier le régime syrien, mais sans expulser ses ambassadeurs. A la fin du mois, l’UE approuvera une douzième batterie de sanctions. Elles affecteront la banque centrale syrienne et interdiront les importations de phosphates, de métaux et de pierres précieuses. La suspension des vols commerciaux fait également l’objet de débats.
Il est probable que, sans rompre l’embargo sur la vente d’armes à Damas, les services secrets de plusieurs pays européens livrent déjà du matériel de communication, des médicaments etc. à l’Armée Syrienne Libre (ASL) constituée par des déserteurs qui essayent de protéger la population.

A en juger par les armes qui entrent clandestinement en Syrie par les frontières avec la Jordanie et le Liban – la douane libanaise a intercepté plusieurs cargaisons – l’ASL dispose d’autres fournisseurs. Les soupçons de portent sur les monarchies du Golfe, le Qatar en tête.

Libellés : , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 1:44 PM 0 comments

samedi, janvier 07, 2012

Bookmark and Share

L'intensification de la guerre économique contre l'Iran


Je ne ferai pas de commentaires sur ce papier de Pepe Escobar sauf pour dire que le chantage qu’exerce un pays de merde sur les élus des Etats Unis a eu et aura encore des conséquences désastreuses pour le monde. Et pour les Etats Unis eux-mêmes.
Et que Pepe Escobar omet quand même de signaler que la position de l’occident sur ce qui se passe en Syrie a un lien direct avec la volonté d’accroître l’isolement de l’Iran dans la région.

par Pepe Escobar, Asia Times (Hong Kong) 6 janvier 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

NEW YORK – Je vous propose un cours accéléré sur la manière de ruiner encore plus l’économie mondiale

Un amendement crucial au National Defense Authorization Act signé par le président des Etats Unis Barack Obama le dernier jour de l’année 2011 – alors que personne n’y prêtait attention – impose des sanctions à tout pays ou entreprise qui achète du pétrole iranien et le paye via la banque centrale de l’Iran. A partir de cet été, quiconque aura interdiction de faire des affaires avec les Etats Unis.

Cet amendement – en pratique, une déclaration de guerre économique – vous a été offerte par l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), sur instructions directes de la machine de propagande israélienne qui a essayé de le rationaliser en le présentant comme le plan B de l’administration Obama dans son opposition au déclenchement unilatéral, par les chiens de guerre israéliens, d’une guerre contre l’Iran et son supposé programme nucléaire militaire.

La stratégie de départ des Israéliens était cependant encore plus hystérique – elle consistait à empêcher n’importe quel pays ou entreprise de payer du pétrole iranien importé avec de possibles exceptions pour l’Inde et la Chine. Par-dessus le marché, les Américains pour Israël avant tout [American Israel-firsters] voulaient persuader tout un chacun que cela n’entraînerait pas de hausse continue des cours du pétrole.

Faisant une fois de plus de l’étalage de leur incomparable capacité à se tirer une balle dans le pied, les gouvernements de l’Union Européenne (UE) discutent de la poursuite ou de l’arrêt des achats de pétrole iranien. La question existentielle qu’ils se posent est devrions-nous boycotter dès maintenant ou attendre quelques mois. Aussi inévitable que la mort ou l’impôt, le résultat a été – what else – une augmentation des prix du pétrole. Le baril de Brent oscille autour de 114$ et il ne peut aller qu’à la hausse.

Donnez-moi du brut en temps voulu

L’Iran est le deuxième plus grand producteur de l’Organisation des Pays Exportateurs de pétrole (OPEP) et exporte jusqu’à 2;5 millions de barils par jour. Environ 450 000 de ces barils sont destinés à l’Union Européenne – deuxième plus important marché pour l’Iran après la Chine.

Le bureaucrate sans visage aux ordres, le commissaire européen à l’énergie Gunther Ottinger, raconte que l’UE peut compter sur l’Arabie Saoudite pour compenser l’arrêt de l’approvisionnement en Iran.

Tout expert pétrolier qui se respecte sait que l’Arabie Saoudite n’a pas nécessairement la capacité supplémentaire nécessaire. De plus, et c’est très important, l’Arabie Saoudite a besoin de gagner beaucoup d’argent grâce à un pétrole cher. Parce que, après tout, la dynastie contre révolutionnaire des Saoud a salement besoin de cet argent pour acheter la paix sociale auprès de ses sujets pour qu’ils rejettent toute idée d’un printemps arabe local.

Ajoutez à ça la menace de Téhéran de bloquer le détroit d’Ormuz, empêchant ainsi 1/6ème du pétrole mondial et 70 % des exportations de l’OPEP de rejoindre le marché ne nous étonnons pas si les courtiers en pétrole dans le monde s’affairent à acquérir autant de pétrole que possible.

Oubliez le pétrole au prix abordable de 50 ou même 70$ le barils. Le prix du pétrole pourrait bientôt atteindre 120$ et même 150$ le baril cet été, exactement comme au moment de la crise de 2008. Rappelons en passant que l’OPEP n’a jamais extrait autant de pétrole que maintenant depuis fin 2008.

Alors ce qui a commence comme un engin explosive improvise place sur le bord de la route par les israéliens a maintenant évolué en multi-attentat suicide économique qui vise des pans entiers de l’économie mondiale.

Ne nous étonnons pas si le président de la commission parlementaire iranienne pour lé sécurité nationale et la politique étrangère Al’eddin Broujerdi a averti que l’Occident avait sans doute commis une « erreur stratégique » avec ces sanctions pétrolières.

Traduction: au train où vont les choses, le résultat de la manœuvre sera une profonde récession mondiale en 2012.

Obama lance les dés

En premier lieu, Wahington avait fait savoir que les sanctions contre la banque centrale iranienne «n’étaient pas sur la table». Après tout, l’administration Obama elle-même savait bien qu’elles auraient eu pour effet de faire monter les prix du pétrole en flèche et auraient garanti un aller simple ver plus de récession mondiale. Le régime iranien, qui plus est, aurait tiré encore plus de revenus de ses exportations pétrolières.

Pourtant, le combo Bibi – AIPAC n’a pas eu de mal à imposer l’amendement via ces Mecques des Israël avant tout que sont le Sénat et le Congrès des Etats Unis – alors même que le Secrétaire d’Etat au Trésor Tim Geithner s’y opposait expressément.

L’amendement qui vient d’être adopté pourrait ne pas représenter les «sanctions paralysantes» exigées bruyamment par le gouvernement israélien. Téhéran va ressentir la pression – mais pas à un niveau insupportable. Seuls pourtant ces irresponsables qui siègent au Congrès des Etats Unis – méprisés par une écrasante majorité des Américains selon nombre de sondages – pouvaient vraiment croire qu’ils pouvaient retirer 2,5 millions de barils/jour d’exportations pétrolières iraniennes du marché mondial sans conséquences dramatiques pour l’économie du monde.

L’Asie a de plus en plus besoin de pétrole – et elle continuera à en acheter à l’Iran. Et les cours du pétrole continueront de flirter avec la stratosphère.

Alors pourquoi Obama l’a-t-il signé? Pour l’administration Obama, tout maintenant n’est plus que calcul électoral. Ces cinglés complets du cirque présidentiel républicain – à l’exception honorable de Ron Paul – promettent une guerre contre l’Iran s’ils sont élus – et des pans importants de l’électorat sont assez paumés pour gober ça.

Personne, cependant, ne se livre aux calculs élémentaires qui amènent à conclure que les économies européenne et américaine n’ont certainement pas besoin d’un pétrole flirtant avec le niveau des 120$ si on veut un minimum de reprise de l’économie.

Montrez-moi que vous en avez

A part la bande autodestructrice de l’OTAN/UE en phase terminale de crise, tout le monde va contourner cette déclaration israélo-américaine de guerre économique :

- La Russie a déjà annoncé qu’elle la contournerait
- L’Inde paye déjà son pétrole iranien via la Halkbank en Turquie
- L’Iran discute activement avec la Chine pour lui vendre plus de pétrole. L’Iran est le deuxième fournisseur pétrolier de la Chine, derrière l’Arabie Saoudite. La Chine paye en euros et pourrait bientôt faire ses règlements en yuan. Vers mars, ils auront signé un accord sur le nouveau prix.
- Le Venezuela et l’Iran sont associés depuis 2009 dans une banque par laquelle transitent les paiements à l’Iran pour son commerce en Amérique latine.
- Même des allies traditionnels des Etats Unis veulent déroger. La Turquie qui importe près de 30 % de son pétrole d’Iran va demander une exemption des sanctions US pour Tupras, l’importateur turc.
- Et la Corée du Sud cherchera aussi une exemption pour l’achat d’environ 200 000 barils par jour – 10 % de ses besoins – en Iran en 2012.

La Chine, l’Inde et la Corée du Sud ont toutes de complexes liens commerciaux bilatéraux avec l’Iran (le commerce Chine-Iran par exemple s’élève à 30 milliards de dollars par an et se développe). Ces échanges ne vont pas disparaître parce que l’axe Tel Aviv/Washington l’a décrété. Il faut donc s’attendre à l’éclosion de nouvelles banques privées à travers le monde en développement dans le but d’acheter du pétrole iranien.

Washington n’aura pas le cran d’essayer d’imposer des sanctions à des banques chinoises parce qu’elles traiteront avec l’Iran.

D’un autre côté, on peut saluer le courage de Téhéran. Après une campagne secrète incessante d’assassinats, d’enlèvements de savants Iraniens, d’attaques transfrontalières dans la province du Sistan-Baloutchistan, de sabotages par Israël de ses infrastructures, avec des virus informatiques ou par d’autres moyens, la violation de son territoire par des drones espions US, les menaces non stop des Israéliens et des Républicains d’une opération « choc et effroi », et la vente par les Etats Unis de 60 milliards de dollars d’armement à l’Arabie Saoudite, l’Iran refuse toujours de plier.

Téhéran vient tout juste de tester – avec succès – ses propres missiles de croisière dans le détroit d’Ormuz, entre autres lieux. Mais quand Téhéran réagit aux mesures agressives non stop de l’Occident, on l’accuse «d’actes de provocation.»

Vendredi dernier, la rédaction du New York Times était complètement séduite par les menaces du Pentagone contre l’Iran ainsi que par les appels à une «pression économique maximale.»

Pour l’essentiel, ce sont les Iraniens moyens qui souffriront – tout comme les Européens moyens endettés et frappes par la crise. L’économie des Etats Unis souffrira aussi. Et à chaque fois que l’Occident se mettra à devenir par trop hystérique, Téhéran se réservera le droit de faire grimper en flèche les prix du pétrole.

Le régime de Téhéran continuera à vendre du pétrole, il continuera à enrichir de l’uranium et, surtout, ils ne tombera pas. Comme un missile Hellfire frappant une noce pachtoune, ces sanctions occidentales échoueront lamentablement. Mais pas sans faire au passage un gros dommage collatéral – en occident même.

Libellés : , , , , , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 6:39 PM 0 comments

Palestine Blogs - The Gazette