vendredi, avril 12, 2013

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Franklin Delano Roosevelt, un des vainqueurs du nazisme, était un fieffé antisémite!


Si on en croit Rafael Medoff (à ne pas confondre avec un escroc d’un autre genre, Bernard Madoff), Franklin Delano Roosevelt (FDR), l’artisan du New Deal et celui qui fit entrer les USA dans la guerre contre l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, était un antisémite.
Rafael Medoff donne des preuves de son affirmation en citant des propos de l’ancien président tenus le plus souvent en privé et qui reflètent une franche hostilité à l’égard des juifs.
L’antisémitisme de Roosevelt est aussi l’occasion pour Medoff de mettre en garde contre l’antisémitisme possible de Barack Obama puisque ce dernier
a parlé de sa profonde admiration pour Franklin Delano Roosevelt et de son désir de s’inspirer du style de leadership de FDR.
Medoff ne manque d’ailleurs pas de nous signaler que FDR na pas été le seul président des Etats Unis antisémite puisqu’il partageait cette qualité (au sens attributif de ce terme) avec son successeur Harry S. Truman.
Ce que ne dit pas l’article de Medoff, c’est que l’antisémite Truman est celui-là même qui fit le nécessaire pour que la résolution de l’Assemblée Générale de l’ONU recommandant [et non ordonnant] le partage de la Palestine soit adoptée en exerçant pressions et chantages sur certains pays.
Il avait fallu certes le convaincre avec des arguments sonnants et trébuchants, mais c’est une autre histoire.
Le fait est que c’est souvent chez les antisémites les plus virulents que les sionistes ont pu trouver une oreille attentive puisque leur souhait commun est de débarrasser le monde de la présence juive, celle-ci devant se situer dans l’Etat juif.
Ceux qui n’ont pas d’hostilité particulière envers les Juifs se contentent de dire qu’ils sont leurs concitoyens comme les autres et l’idée que leur patrie se trouverait quelque part au Moyen Orient leur échappe complètement.
Ce que les sionistes n’apprécient guère…
Pas plus qu’ils n’apprécient Roosevelt qui s’est contenté, avec ses alliés, de vaincre l’Allemagne nazie et le Japon mais n’a pas fait de «l’holocauste » sa priorité.
Et comment aurait-il pu faire sa priorité d’un phénomène qui doit son appellation à un feuilleton télévisé diffusé bien après sa mort ?
Je n'ai pas trouvé d'image, mais il n'empêche que le très sioniste Chaim Weizmann a bel et bien rencontré le très antisémite Franklin Delano Roosevelt à Washington en juillet 1942 selon une des énièmes variations de Medoff sur le sujet grâce auquel il a dû toucher le pactole.
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Maison Blanche 1943: rencontre tendue entre l'antisémite Roosevelt (assis) et le National Jewish Welfare Board. De gauche à droite: Walter Rothschild, l'aumônier militaire Aryeh Lev, Barnett Brickner et Louis Kraft

Ce que FDR disait sur les juifs en privé

Ses sentiments personnels à l’égard des juifs pourraient expliquer en partie la réaction circonspecte des Etats Unis à l’holocauste
par Rafael Medoff, Los Angeles Times (USA) 7 avril 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
En mai 1943, le président Franklin Roosevelt avait rencontré le premier ministre britannique Winston Churchill à la maison Blanche. C’était 17 mous après Pearl Harbour et un peu plus d’un an avant le Jour-J. Les deux leaders alliés avaient évalué l’effort de guerre en cours et échangé des idées sur leurs plans pour l’après-guerre. A un moment de la discussion, FDR avait présenté ce qu’il appelait «la meilleure manière de régler la question juive.»
Le vice président Henry Wallace, qui avait consigné la conversation dans son journal, observe que Roosevelt avait évoqué sur un ton approbateur un plan (recommandé par Isaiah Bowman, géographe et président de l’université John Hopkins) consistant à éparpiller les juifs dans le monde entier.» L’entré du journal ajoute : «Le président disait avoir essayé [ce plan] dans le Comté de Meriwether en Géorgie [où Roosevelt résidait dans les années 1920] et à Hyde Park sur la base de l’adjonction de cinq familles juives dans chaque endroit. Il soutenait que la population locale ne ferait pas d’objection s’il n’y en avait pas plus que ça.»
Ce passage sue la “meilleure manière” selon Roosevelt est condescendante et déplaisante et, si elle était venue de quelqu’un d’autre, aurait sans doute été considérée comme antisémite. Mais plus encore, le soutien de FDR à l’idée «d’éparpiller les juifs » est peut-être la clef qui permet de comprendre quelque chose qui a été au centre d’une controverse pendant des décennies : la réaction circonspecte du gouvernement américain à l’holocauste.
Voila le paradoxe. Le système d’immigration des Etats Unis avait sévèrement limité le nombre de juifs allemands pendant les années du nazisme à environ 26 000 par an – mais même ce quota n’était atteint qu’à hauteur de 25 % pendant la plus grande partie de l’époque hitlérienne parce que l’administration Roosevelt avait ajouté de nombreux critères supplémentaires exigés de candidats à l’immigration. Par exemple, à partir de 1941, le simple fait d’avoir laissé un proche parent en Europe pouvait être suffisant pour disqualifier un candidat à l’immigration – à partir de l’idée absurde que les nazis pourraient menacer le parent resté en arrière et par ce biais forcer l’immigrant à espionner pour Hitler.
Pourquoi le gouvernement des Etats Unis s’employait-il activement à décourager et à disqualifier les Juifs candidats à l’immigration aux Etats Unis ? Pourquoi le président n’avait-il pas instruit directement son Département d’Etat (qui administrait le système d’immigration) de remplir les quotas pour l’Allemagne t les pays occupés par les puissances de l’Axe jusqu’à la limite légale ?
A elle seule, cette disposition aurait sauvé 190 000 vies. Elle n’aurait pas nécessité d’affronter le Congrès ou des forces hostiles à l’immigration ; elle n’aurait entraîné qu’un risque politique minime pour le président.
Les décisions politiques de tout président sont modelées par un certain nombre de facteurs, certains politiques, d’autres personnels. Dans le cas de Roosevelt, tout un ensemble de propos tenus en privé sur les juifs dont certains que j’ai découverts récemment dans les Archives Centrales Sionistes à Jérusalem et auprès d’autres sources sont sans doute significatifs.
En 1923, en qualité de membre du conseil d’administration de Harvard ; Roosevelt avait conclu qu’il y avait trop d’étudiants juifs dans la faculté et avait participé à la mise en place d’un quota pour limiter le nombre d’inscrits.  En 1936, il avait suggéré en privé que les Juifs dominaient l’économie en Pologne et que c’est à eux qu’on devait faire le reproche de provoquer de l’antisémitisme dans ce pays. En 1941, il avait observé lors d’une réunion du cabinet qu’il y avait aussi trop de juifs parmi les employés de l’administration fédérale en Oregon. En 1943, il avait dit à des officiels du gouvernement dans l’Afrique du Nord libérée par les alliés que le nombre de juifs indigènes «devait certainement être limité» dans plusieurs professions afin «d’éviter les récriminations particulières et compréhensibles des allemands à l’égard des juifs en Allemagne.»
On a la preuve d’autres propos tenus également en privé par FDR, dont le rejet de requêtes en faveur de réfugiés juifs qu’il qualifiait de «lamentations juives» et «d’histoires à faire pleurer dans les chaumières [sob stuff] ;»  l’expression de sa fierté [en s’adressant à un sénateur] de «ne pas avoir de sang juif dans nos veines ;» et en caractérisant une manœuvre fiscale d’un éditeur juif de journaux de «sale tour de juif.» Mais le thème le plus commun dans les propos en privé de Roosevelt sur les juifs ont un rapport avec sa perception qu’ils étaient surreprésentés [overcrowding] dans beaucoup de professions et avaient une influence excessive. 
Cette attitude concorde avec ce qu’on sait des opinions de FDR au sujet des immigrants en general et des immigrants asiatiques en particulier. Dans un entretien datant de 1920, il se plaignait des immigrants qui se «massent» dans les villes et il avait déclaré que «le remède à cela devrait être la répartition des étrangers un peu partout dans le pays.» Dans une série d’articles pour le Daily Telegraph de Macon (Géorgie) et pour le magazine Asia dans les années 20, il avait mis en garde contre l’octroi de la citoyenneté à des «immigrants non assimilables» et s’opposait à l’immigration japonaise pour la raison que «le mélange de sang asiatique avec le sang américain ou européen produit, neuf fois sur dix, des résultats des plus malencontreux.» Il recommandait qu’à l’avenir l’immigration soit restreinte à ceux qui ont «le sang de la bonne catégorie.» 
La décision de FDR d’emprisonner des milliers d’américano-japonais dans des camps d’internement pendant la seconde guerre mondiale était cohérente avec sa perception des Asiatiques comme ayant des caractéristiques raciales innées qui les rendaient indignes de confiance. De la même manière, il voyait apparemment avec mépris ce qu’il semblait considérer comme les caractéristiques innées des juifs. Accueillir un nombre significatif d’immigrants juifs ou asiatiques ne semblaient pas s’accorder aisément avec la vision que FDR avait de l’Amérique. 
D’autres présidents des USA ont eu leur lot de remarques peu amènes sur les juifs. Un journal tenu par Harry Truman recelait des propos tels que «Les juifs, à mon point de vue, sont très, très égoïstes.» Les dénonciations des juifs par Nixon comme étant «très agressifs et odieux» ont été révélées par la suite dans des enregistrements de conversations dans le Bureau Ovale.
Mais les révélations sur les sentiments de Franklin Roosevelt vont probablement choquer beaucoup de gens. Après tout, il a fait entrer l’Amérique dans la guerre contre Hitler. En outre, le personnage public de Roosevelt est indissociable de son image de libéral et d’humaniste, sa prétention à être attentif à «l’homme abandonné,» l’opprimé, le maltraité. Mais personne ne peut changer l’histoire de sa réponse à l’holocauste.  
L’Holocaust Memorial Day va être observé à partir de dimanche soir. C’est l’occasion annuelle de réfléchir au génocide nazi et à la réaction du monde à ce dernier. Dans le cas des Etats Unis, il est consternant de penser qu’en partie à cause des préjugés personnels de Rossevelt, des gens innocents qui auraient pu être sauvés ont au contraire été abandonnés.
Rafael Medoff est le directeur et fondateur du David S. Wyman Institute for Holocaust Studies à Washington. Son dernier livre est "FDR and the Holocaust: A Breach of Faith." Medoff s’exprimera dimanche lors de la cérémonie de l’ Holocaust Memorial Day au centre communautaire juif Alpert de Long Beach.

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mercredi, mars 13, 2013

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Afghanistan, Irak, Libye, Syrie: responsabilité de protéger ou droit de semer la mort et la désolation

Vijay Prashad nous parle des prétendues guerres humanitaires que livre ou entend livrer l'Occident.

Son article traite essentiellement de la Libye, exemple type d'une guerre meurtrière au prétexte de protéger une population qui avait déjà, affirmait la propagande, subi de lourdes pertes au moment où la décision d'intervenir avait été prise.

Mais il est clair que ce qu'écrit Vishay Prashad est parfaitement valable pour la situation actuelle en Syrie.

Le mythe des grands nombres
Par Vijay Prashad, The Hindu (Inde) 12 mars 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri 

Les Etats-Unis utilisent souvent des chiffres de victimes civiles exagérés pour plaider en faveur d'une intervention militaire dans les régions déchirées par des conflits

Depuis les années 1990, l'Occident a justifié ses interventions militaires par des motivations généreuses - pour destituer des dirigeants néfastes qui oppriment leur peuple ou qui ont commencé à pratiquer des politiques qui semblent génocidaire. Porté par l'intervention en Yougoslavie et mortifié par les massacres au Rwanda, l'Occident a incité en 2005 les Nations Unies à adopter une politique connue sous le nom de Responsabilité de Protéger (R2P). Si l'ONU établit qu’un génocide est imminent, elle a l’obligation de demander à ses Etats membres d’agir pour protéger les civils contre un tel danger. Les actions prévues comportent notamment "des démarches diplomatiques, humanitaires appropriées et d’autres moyens pacifiques" qui sont conformes avec  les chapitres VI et VIII de la Charte des Nations Unies. Si ces mesures ne suffisent pas, l'ONU est enjointe d'agir sur la base du Chapitre VII, à savoir d'utiliser la force militaire. La R2P  a consacré la doctrine de l'intervention militaire altruiste [liberal] dans les principes de l'ONU. 

Il ya un an, l'ambassadeur Indien à l'ONU, Hardeep Singh Puri, a fait une critique vigoureuse de la doctrine de la  R2P. L’ambassadeur Puri a souligné que l'ONU utilise la doctrine R2P de manière «sélective», et que quand l'ONU choisit d’intervenir dans un conflit, la phase armée est immédiate plutôt que «calibrée et progressive». La sélectivité est en fonction de ceux qui continuent à exercer leur pouvoir à travers les organes de l'ONU - c'est-à-dire que c’est l'Occident qui établit l'ordre du jour pour l'utilisation de la doctrine R2P.

L’ambassadeur Puri avait la Libye en tête à l’époque où il avait formulé ces observations. Le conflit en Libye a commencé en Février 2011. En une semaine, Ibrahim Dabbashi, le représentant adjoint de la Libye à l'ONU, avait fait défection pour rallier la rébellion et il était devant les caméras de télévision e 21 Février 2011.

“Nous nous attendons à un véritable génocide à Tripoli.” Deux jours plus tard, la télévision satellitaire Al-Arabiya, propriété de membres de la famille royale saoudienne, commençais à diffuser des informations selon lesquelles 50 000 personnes avaient été blessées et 10 000 tuées – toutes en l’espace d’une semaine, le régime Kadhafi assumant la part du lion dans la responsabilité des massacres.

La source de ces informations était Sayed al-Shanuka, le représentant de la Libye à la Cour Pénale Internationale, qui avait fait défection en faveur de la rébellion. Le britannique David Cameron et le Français Nicolas Sarkozy avaient commencé à appeler à une «zone d’exclusion aérienne» et à une certaine forme d'intervention militaire. La question de la R2P avait déjà été soulevée. Le président américain Barack Obama avait suivi, la Ligue arabe (sous la pression saoudienne) s’était alignée, l'ONU avait voté pour uneintervention et les bombardiers français et les missiles de croisière américains avaient frappé. Quelques mois plus tard, le cadavre de Kadhafi était exposé dans les rues de Syrte.

Le problème est que, même en Février 2011, Human Rights Watch n'était pas été en mesure de confirmer plus que quelques centaines de morts. Néanmoins, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, avait commencé à parler d’«informations de la presse" sur l’utilisation d’hélicoptères par les autorités libyennes pour tuer un grand nombre de civils.

Le Secrétaire Américain à la Défense Robert Gates, et le président du commandement interarmes Mike Mullen avaient également parlé d’"informations de la presse", mais quand il s avaient été mis en demeure de corroborer les informations des chaînes  satellitaires en s’appuyant sur tout l'arsenal des services de renseignement américains, ils avaient déclaré: «. Nous n'avons aucune confirmation" Une telle hésitation n’avait pas dissuadé les représentants qui siègent autour de la table en fer à cheval à New York de lever la main pour  voter oui à la résolution 1973, qui a permis à l'OTAN d'intervenir militairement en Libye.

 Tout le poids de la justification de la Résolution 1973 de l’ONU reposait sur ​​l'allégation de "lourdes pertes civiles". On a aujourd’hui des informations provenant du ministère libyen des affaires des martyrs et des personnes disparues affaires selon lesquelles le nombre total des rebelles et des civils tués au cours du conflit de 2011 s’élève à 4,700 auxquels s’ajoutent 2.100 personnes disparues. Ce nombre ne comprend pas les morts parmi les troupes de Kadhafi (et probablement pas les victimes dans les bastions de Kadhafi, comme Syrte). Miftah Duwadi, N°2 de ce ministère, a déclaré au Libyan Herald du 7 Janvier que ce n'est pas encore un "chiffre exact", mais que c'est ce qu'ils ont pour le moment. Il est probable que les chiffres définitifs ne seront pas bien loin des chiffres provisoires. 

Ces données de l'actuel gouvernement libyen contredisent en tout point les reportages d'Al-Arabiya et, bien sûr, les informations du Conseil National de Transition, qui avait affirmé constamment que des dizaines de milliers de civils avaient été tués par le régime de Kadhafi dès le premier mois de l'insurrection. Il semble maintenant que tel n’était pas le cas, et en effet, les chiffres n’ont rein à voir avec ceux d’un génocide. C’est un avertissement pour ceux qui acceptent sans mot dire ce qui leur vient de médias, qui ont des intérêts particuliers quant à l'issue des conflits. Il soulève également la question de savoir comment l'ONU arrive à certains de ses chiffres. 

Le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU avait aussi fait des affirmations sur des crimes contre l’humanité en février et en mars 2011. Il s’avère maintenant que la société privée qu’il avait engagée pour collecter, mais pas pour évaluer, les chiffres des victimes, est Benetech qui est financée en partie par le Département US de la Défense. Non seulement Benetech ne procède pas à une évaluation critique des chiffres qu’elle claironne, mais ses propres intérêts ne sont peut-être pas aussi scientifiques qu’elle le prétend.

 L'ONU a refusé d'ordonner une évaluation de l'intervention de l'OTAN sur la base d’informations sur les  victimes civiles de ses bombardements (comme je l'avais indiqué dans "Quand le Protecteur se mue en Tueur», The Hindu , 11 Juin, 2012). Rien n’indique que l’ONU envisage une évaluation de la manière dont sa doctrine R2P a été subornée pour créer une résolution de l'ONU afin de justifier l'intervention de l'OTAN, particulièrement à la lumière des récentes données chiffrées libyennes. 

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Vijay Prashad
Vijay Prashad est professeur d'université à Hartford dans le Connecticut (USA). En 2013-2014, il occupera la chaire Edward Saïd à l'Université Américaine de Beyrouth. Il est l’auteur entre autres d’Arab Spring, Libyan Winter (New Delhi: LeftWord, 2012)

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jeudi, mars 07, 2013

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Une réédition de Suez sur le plateau du Golan?


Manille et Pékin exigent la libération des casques bleus qui ont été capturés par l’opposition armée au régime syrien sur le plateau du Golan.
Je n’ai peut-être pas bien écouté, mais si le Conseil de Sécurité a aussi exigé la libération de ces casques bleus enlevés pour faire pression sur le régime syrien, je n’ai entendu ni Laurent Fabius, ni William Hague pas plus que John Kerry dire la même chose au nom de leurs gouvernements respectifs.
Il est vrai que ces casques bleus sont tous Philippins : pas un seul Occidental !
Et que le coup avait sans doute été mijoté conjointement entre les «amis» de la Syrie et les groupes armés d’opposition, à tel point que les membres Croates de la force de l’ONU avaient préféré anticiper et prendre la poudre d’escampette.
Il se trouve que des cercles autorisés européens n’ont cessé de diffuser une rumeur selon laquelle les autorités croates auraient fourni un important lot d’arment  l’Arabie Saoudite en vue d’équiper les combattants de la «démocratie».
Une rumeur démentie par le gouvernement croate, mais qui a permis d’obtenir l’effet escompté : rendre intenable la position des casques bleus croates.
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Des membres de l’ONUST et de la FNUOD discutent au Camp Faouar, sur le plateau du Golan (à droite un soldat Philippin)
On  sait que le gouvernement philippin entretient par contre des relations normales avec Damas, ce qui explique sans doute que ses militaires aient été pris pour cibles.
D’autant qu’il vaut mieux faire prisonniers des Philippins que des canadiens ou des Australiens. En effet, si l’Australie et le Canada tolèrent que leurs ressortissants soient détenus ou tués par l’entité sioniste, elles ne sont pas prêtes à être aussi accommodantes avec des Arabes, fussent-ils des combattants de la «démocratie et même s'il semble clair qu'aucun mal ne sera fait aux prisonniers.
Si on tient compte des propos alarmistes du régime sioniste sur la situation des forces de l’ONU au Golan, on peut presque se demander si certains en occident n’envisageraient pas une réédition du scénario de l’expédition de Suez en 1956 : encourager une intervention militaire sioniste d’ampleur contre la Syrie, ce qui acculerait cette fois l’armée syrienne à riposter.
Et c’est à ce moment que les occidentaux interviendraient pour mettre fin à «l’agression» syrienne.
Ce scénario vous parait abracadabrantesque ?
C’est pourtant ainsi que les choses se sont passées en 1956.


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mardi, janvier 15, 2013

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Après Sarkozy en Libye, Hollande victime d'un mirage au Mali


Je ne sais pas quel jeu joue le gouvernement algérien qui a autorisé la France à faire transiter par son espace aérien des avions se rendant au Mali.
Peut-être était-ce le prix à payer pour les déclarations alambiquées de François Hollande lors de son dernier déplacement à Alger, ou encore pour le remercier d’avoir écouté sans broncher la chorale féminine qui chantait ses louanges à Tlemcen.
En tout cas, même si l’engagement algérien ne va pas plus loin, c’est déjà une faute et un reniement des principes qui ont animé la lutte anticoloniale.
Quant à savoir ce qui a amené la France à intervenir sans mandat de l’ONU et prétendument à l’appel d’un gouvernement qui n’a d’autre légitimité que celle que lui a donné un coup d’Etat…
La France va essayer maintenant de régulariser sa situation à l’ONU, ce qui laisse sous-entendre qu’à paris on est quelque peu conscient de la faiblesse de l’habillage légal donné à son intervention.
Paris a aussi argué de la nécessité d’assurer la sécurité de ses ressortissants, ils sont quelques milliers, au Mali.
Un argument étrange qui sera peut-être utilisé par un des multiples pays d’origine des migrants qui résident en France en cas d’accession à l’Elysée d’un candidat extrémiste !
La vérité est que la France est partie en guerre pour défendre ses intérêts miniers et stratégiques et que si elle était disposée à laisser agir, sous son contrôle, une force africaine dominée par des représentants de la Françafrique, elle ne pouvait pas permettre à une autre puissance extra-africaine de prendre l’initiative militaire. Cette vérité est d’ailleurs affirmée clairement par le gouvernement français même si les journalistes la noient dans tout un fatras de considérations, notamment techniques et tactiques.
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François Hollande intervient militairement en Afrique au nom des intérêts de la France de de l'Europe
La France ne pouvait pas même laisser la première place aux Etats Unis qui s’échinent patiemment depuis des années à rogner la place de la France dans la région même si sa stratégie a été quelque peu perturbée par l’arrivée de ce nouvel acteur de premier plan qu’est la Chine. 
Et cette intervention française tombe finalement plutôt bien pour les Etats Unis et, si on en croit cet article du New York Times, les Américains ne sont tout de même pas fâchés de voir la France s’y coller parce qu’ils n’avaient pas vraiment envie d’y aller eux-mêmes : trop compliqué pour des résultats aléatoires.
Bien sûr, la France, avec le renfort éventuel de ses ‘’alliés’’ africains, a parfaitement les moyens de contenir, de repousser et d'infliger de lourdes pertes aux miliciens qui tiennent actuellement le nord du Mali (et aux populations civiles aussi soit dit en passant).
Et les choses peuvent même aller très vite.
Le problème étant justement celui de la durée. Sauf à occuper durablement le Sahara et la région sahélienne, en y installant des postes militaires, en y faisant circuler des unités motorisées et en patrouillant régulièrement l’espace aérien, les combattants qui se seront égayés dans la nature et au-delà du «limes» reviendront dès qu’ils auront reconstitué leurs forces.
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                                  Le limes romain en Afrique
Et compte tenu de l’instabilité (à laquelle l’Etat algérien a malheureusement contribué), et de la pauvreté, qui règnent dans une région à l’économie de laquelle l’intervention en Libye (avec la France en pointe déjà) a porté un coup très dur, il n’y a aucune raison pour que ces forces ne se reconstituent pas dans des délais assez brefs.
Pour conclure, on dira qu’il est quand même piquant de voir François Hollande aller guerroyer contre des clones ce ceux qu’il soutient mordicus en Syrie.
NB : j’ai hésité dans la traduction du titre. Au lieu de «supplantent (ou remplacent) la prudence», j’ai préféré «contre la prudence.» Il me semble que dans le verbe supplanter il y une notion d’antagonisme ou d’opposition.
Les frappes françaises au Mali contre la prudence des Etats Unis
par ADAM NOSSITER, ERIC SCHMITT and MARK MAZZETTI.
The New York Times (USA) 13 janvier 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
Bamako, Mali – Des avions de combat français ont frappé en profondeur au cœur des bastions rebelles du nord du Mali ce dimanche, mettant fin à des mois d’hésitation internationale au sujet d’une action militaire dans la région et après l’échec de toutes les autres tentatives des Etats Unis et de leurs alliés pour contrer les extrémistes.
Pendant des années, les États-Unis ont essayé d'enrayer la propagation du militantisme islamique dans la région en mettant en œuvre le plus ambitieux de ses programmes de lutte contre le terrorisme à travers ces vastes étendues turbulentes du Sahara.
Mais quand les insurgés se sont répandus dans tout le désert l’an dernier, les commandants des unités d’élite des armées de ce pays, entraînées minutieusement pendant des années par les Etats Unis  ont fait défection au moment où moment où on avait le plus besoin d'eux – pour passer à l’ennemi en pleine bataille, avec leurs hommes, leurs fusils et leurs nouvelles compétences, selon des officiers supérieurs Maliens.
"Ce fut un désastre,” déclare un des officiers Maliens qui confirme les défections.
Puis, un officier formé par les Etats Unis a renversé le gouvernement élu du Mali, préparant le terrain pour que plus de la moitié du pays tombe entre les mains des extrémistes islamistes. Les avions espions et les drones de surveillance américains ont essayé de mettre de l’ordre dans cette pagaille, mais les officiels Américains et leurs alliés en sont encore à se triturer les méninges pour se faire une idée précise de ce qu’ils affrontent.
Maintenant, malgré les avertissements américains de longue date sur le risque qu’une attaque occidentale sur le bastion islamiste fasse affluer des djihadistes de partout dans le monde et encourage des attentats terroristes aussi loin qu’en Europe, les Français sont entrés d’eux-mêmes en guerre.
Ils ont d’abord freiné la progression islamiste, affirmant que le reste du Mali serait tombé entre les mains des militants en quelques jours. Puis, le dimanche, les avions de combat français sont passés à l’offensive, attaquant des camps d’entraînement, des dépôts et d’autres positions des militants loin à l’intérieur du territoire contrôlé par les islamistes, dans le but de déloger les militants qui ont créé là un des plus importants repaires au monde pour les djihadistes.
Certains officiels du Départment de la Défense, en particulier des officiers du Joint Special Operations Command au pentagone ont plaidé en faveur d’une campagne d’assassinats [lethal campaign] pour tuer les hauts responsables de deux des organisations extrémistes qui tiennent le nord du Mali, Ansar Dine et Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). Tuer les chefs, soutenaient-ils, pourrait provoquer un effondrement interne.
Mais son attention et ses ressources étant concentrées sur d’autres conflits comme le Pakistan, le Yémen, la Somalie et la Libye, l’administration Obama a rejeté ces frappes en faveur d’une stratégie plus prudente et une action indirecte : aider les nations africaines à repousser et à contenir la menace par elles-mêmes.
Ces quatre dernières années, les Etats Unis ont dépensé entre 520 et 600 millions de dollars dans un vaste effort pour combattre le militantisme islamiste dans la région sans faire des guerres comme celles qu’ils ont menées au Moyen Orient. Ce programme s’est étendu du Maroc au Nigeria et les officiels Américains présentaient l’armée malienne comme une partenaire exemplaire. Les forces spéciales américaines avaient formé les soldats Maliens au tir de précision, à la patrouille de frontière, à l’embuscade et à d’autres techniques du contreterrorisme. 
Mais toute cette planification délibérée a rapidement volé en éclats quand des combattants islamistes aguerris et lourdement armés sont rentrés des combats en Libye. Ils se sont alliés avec des djihadistes comme Ansar Dine, ont mis en déroute des forces maliennes mal équipées et les ont démoralisées à tel point qu’il s’en est suivi une mutinerie contre le gouvernement dans la capitale, Bamako. 
Une évaluation confidentielle à l’interne effectuée en juillet dernier par l’Africa Command (Africom) au Pentagone avait conclu que le coup d’Etat était allé trop vite pour que le commandement américain où les analystes du renseignement puissent en détecter de véritables signes avant coureurs.
Le coup d’Etat au mali est allé si vite et il y avait si peu de signaux d’alerte,» explique le colonel Tom Davis, un porte parole du commandement. «L’étincelle qui l’a déclenché s’est produite chez les officiers de niveau intermédiaire qui ont fini ar renverser le gouvernement, pas aux échelons supérieurs où on aurait pu plus aisément remarquer des signaux d’alerte » 
Mais un officier des Forces d’Opérations Spéciales n’est pas d’accord, qui affirme, “Les choses fermentaient depuis cinq ans. Les analystes étaient trop complaisants dans leurs hypothèses et ils n’avaient pas vu les gros changements et leur impact, comme l’armement lourd en provenance de Libye et la nature différente, plus ‘’islamique’’ des combattants qui revenaient. 
Les mêmes unités de l’armée entraînées par les Etats Unis et qu’on voyait comme la meilleure chance de repousser cette avance se sont avérées en fin de compte être à la base de la défaite militaire du pays. Les chefs de ces unités d’élite étaient des Touareg – de la même ethnique nomade qui envahissait le nord du Mali. 
Selon un officier supérieur, les commandants Touareg des quatre unités maliennes combattant dans le nord à l’époque avaient fait défection en faveur de l’insurrection ‘’au moment crucial», emportant avec eux les combattants, les armes et un peu d’équipement. Il affirme qu’ils ont été rejoints par environ 1 600 autres transfuges de l’armée malienne, portant un coup sévère aux espoirs du régime de résister à l’offensive. 
“L’aide des Américains s’est révélée sans utilité,” déclare un autre officier supérieur Malien, engagé en ce moment dans les combats. ‘’Ils ont fait les mauvais choix,’’ dit-il en s’appuyant sur des chefs d’un groupe [ethnique] qui est en rébellion contre l’Etat malien depuis cinquante ans.
Le quasi effondrement de l’armée malienne, y compris des unités entraînées par les forces spéciales américaines, suivi par un coup d’Etat avec à sa tête un officier formé par les Etats Unis, le capitaine Amadou Sanogo, a surpris et embarrassé le haut commandement militaire américain.
 ‘’J’ai été très déçu de voir un militaire avec qui nous étions en relation pour le former participer au renversement par l’armée d’un gouvernement élu,’’  a déclaré le général Carter F. Ham, commandant de l’Africom, dans un discours prononcé à la Brown University le mois dernier. ‘’On ne peut pas qualifier ça autrement que complètement inacceptable.’’ 
Les officiels Américains défendent leur entraînement de l’armée malienne, expliquant qu’il n’avait jamais eu pour but d’être aussi complet que ce que les Etats Unis ont fait en Irak et en Afghanistan. ‘’Nous avons entraîné cinq unités pendant cinq ans, mais est-ce que ça suffit à faire une véritable armée solide comme le roc ?’’ demande un officier de l’armée américaine bien au courant du dossier. 
Après le coup d’Etat, les extrémistes ont rapidement écarté les Touareg dans le nord malien et appliqué une version dure de l’Islam à la population, coupant des mains, flagellant les habitants et poussant à la fuite des dizaines de milliers de personnes. Les pays occidentaux ont alors adopté une stratégie d’endiguement, exhortant les pays africains à boucler le nord du pays en attendant d’être en mesure de mobiliser une force armée pour chasser les islamistes à l’automne, au plus tôt. A cette fin, le Pentagone fournit à la Mauritanie des camions neufs et au Niger deux avions de reconnaissance Cessna, en plus de la formation militaire dispensée dans les deux pays. 
Mais même ce plan de sauvetage a échoué car les islamistes ont progressé dans le sud en direction de la capital. Avec des milliers de citoyens Français au Mali, son ancienne colonie, la France a décidé qu’elle ne pouvait pas attendre plus longtemps et a bombardé les militants sur la ligne de front et en profondeur dans leur repaire. 
Certains experts dissent que des troupes étrangères pourraient facilement reprendre les grandes villes du nord du Mali, mais que les combattants islamistes ont obligé des enfants à se battre pour eux, ce qui est dissuasif pour toute force d’invasion, et pourraient recourir à des tactiques insurrectionnelles meurtrières. 
‘’Ils ont préparé ces villes pour en faire un piège mortel,’’ déclare Rudy Atallah, l’ancien directeur de la politique du contreterrorisme pour le Pentagone. ‘’Si une force d’intervention va là-bas, les militants en feront une guerre insurrectionnelle.’’
Adam Nossiter reported from Bamako, Eric Schmitt from Niamey, Niger, and from Washington, and Mark Mazzetti from Washington. Steven Erlanger contributed reporting from Paris.

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jeudi, décembre 27, 2012

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Une solution négociée en Syrie signerait l'échec stratégique d'Erdogan


L’actuelle mission de Lakhdar Brahimi à Damas, avant un déplacement à Moscou, où il rejoindra peut-être le vice ministre syrien des affaires étrangères syrien serait un signe fort, selon le journaliste turc Semih Idiz, qu’une solution négociée à la crise syrienne serait en vue.
Semih Idiz
Semih Idiz
Selon Semih Idiz, les gouvernements russe et américain seraient tombés d’accord sur une formule de transition sous la direction de l’actuel chef de l’Etat dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale.

Tous les obstacles ne sont cependant pas levés, que ce soient ceux que représentent les irrédentistes qui ne rêvent que de prendre le pouvoir par la force et de pendre haut et court Bachar al Assad ou celui que représente le positionnement de la Turquie.

Semih Idiz exhorte donc son gouvernement à abandonner sa vision idéologique pour adopter une position pragmatique en phase avec les choix des grandes puissances puisque son pays n’est plus au cœur du jeu diplomatique et n’est pas loin de devenir un partenaire encombrant pour les Etats Unis.

Si le scénario envisagé par Semih Idiz se concrétise, ce serait un grave échec pour la diplomatie de la Turquie qui pourrait être le dindon de la farce.

En effet, après avoir incité et aidé à ravager la Syrie, la Turquie se retrouverait avec un voisin devenu hostile (et il n’y a aucune raison de penser qu’une bonne partie de l’opposition actuelle au régime syrien ne restera pas ou ne deviendra pas hostile à une Turquie qui aura montré son impuissance) après s’être brouillée avec ses voisins irakien et iranien.

Au passage, les Américains ont manœuvré subtilement pour que le gouvernement turc implore la mise en place de batteries antimissiles Patriot qui, sil elles auraient été d’un intérêt limité en cas de conflit ouvert avec la Syrie, seront par contre un atout important pour tout conflit armé d’ampleur qui opposerait les Etats Unis et/ou le régime sioniste à l’Iran.

La Turquie d’Erdogan rêvait de jouer dans la cour des grands, le dénouement de la crise syrienne lui rappellera peut-être son statut de simple pion pour Washington.

La Turquie ne doit pas devenir une force obstructive en Syrie

Par Semih Idiz, Hürriyet (Turquie) 27 décembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Quand on examine les dernières tentatives pour une solution à la crise syrienne, il est évident que la mission actuellement effectuée par Lakhdar Brahimi, l’émissaire conjoint de l’ONU et de la Ligue Arabe pour la Syrie, ne peut, de par sa nature même, être du goût d’Ankara. En fait, des sources au ministère des affaires étrangères en on fait savoir assez par des fuites dans la presse pour corroborer cette idée. 
Lakhdar Brahimi et le vice ministre syrien des affaires étrangères Faisal Mekdad le 24 décembre à Damas
Lakhdar Brahimi et le vice ministre syrien des affaires étrangères Faisal Mekdad le 24 décembre à Damas
Comme je l’avais observé précédemment dans cette rubrique, Ankara en est venu progressivement, quoique avec réticence, à accepter que des éléments du régime actuel soient incorporés dans tout gouvernement de transition post-Assad. L’idée que Assad lui-même devrait faire partie de toute formule de règlement reste cependant exclue [par Ankara].

D’un autre côté, les informations dans la presse indiquent que la mission actuelle de Brahimi consiste à convaincre les parties syriennes à accepter un plan négocié par les russes et les américains qui prévoir un maintien au pouvoir d’Assad jusque en 2014, à la tête d’un gouvernement  de transition sur une base élargie, même si son mandat ne sera pas renouvelé après cette date.

Le principal aspect ici, n’est pas que ce plan envisage le maintien au pouvoir d’Assad jusqu’en 2014, ce qui est quelque chose d’évidemment difficile à avaler pour les tenants d’une ligne dure dans l’opposition syrienne, ceux qui ont transformé la crise en Syrie en guerre sectaire.
L’aspect principal est que Washington et Moscou se sont mis suffisamment d’accord entre eux pour être en mesure de proposer un plan de règlement commun.

J’ai soutenu en maintes occasions ici que tout règlement de la crise syrienne nécessitera forcément la coopération de ces deux membres permanents du Conseil de Sécurité. La rencontre de Dublin début décembre entre le ministre des affaires étrangères Lavrov et  la Secrétaire d’Etat Clinton avait semblé à l‘époque n’avoir débouché que sur un minimum d’accord sur la Syrie. La mission actuelle de Brahimi indique toutefois qu’on ne savait pas toute l’histoire.

Même si la Russie et les Etats Unis ont des intérêts stratégiques concurrents au Moyen Orient, un fait qui a été visible même pendant la crise syrienne, il existe des inquiétudes communes qui ont contraint finalement ces deux puissances à coopérer. La Russie avait fait valoir dès le début que la Syrie allait devenir un défouloir pour des djihadistes étrangers de toutes appartenances et avait en parie justifié ainsi son appui au régime Assad.

Washington, pour sa part, avait démarré avec une position voisine de celle de la Turquie, en entretenant un discours proche de celui d’Ankara, et avait donc considéré l’opposition syrienne comme une force unie résistant à un dictateur impitoyable et luttant pour la démocratie et les droits de l’homme.
Même si c’est sans aucun doute vrai pour certains éléments de l’opposition, le profil d’une partie des combattants anti-Assad indique clairement que leur objectif final ne peut pas être la démocratie ou les droits de l’homme mais d’une manière ou d’une autre, un régime théocratique sunnite et dictatorial sous la direction des Frères Musulmans.

C’est à l’évidence la raison pour laquelle Washington est intervenu pour élargi la base de l’opposition syrienne, avec l’idée d’isoler les éléments djihadistes, que ces derniers soient basés en Syrie ou ailleurs. Le soutien qu’apporte la Turquie à l’opposition dirigée majoritairement par des sunnites concerne cependant des éléments qui pourraient être considérés comme douteux aussi bien par Moscou que par Washington.

Plus encore, cependant, la mission de Brahimi montre une dois de plus que la Turquie n’est plus au centre des démarches diplomatiques visant à résoudre la crise en Syrie. Au contraire, elle se situe de telle sorte qu’elle pourrait à un moment être considérée comme une force d’obstruction essayant d’empêcher un accord qui ne correspond pas à la façon dont le gouvernement Erdogan voit l’avenir de la Syrie.

Le premier ministre Erdogan et le ministre des affaires étrangères Davutoğlu doivent cependant comprendre que l’avenir de la Syrie ne sera probablement pas modelé selon la vision idéologique qu’ils partagent, mais qu’il sera plus certainement basé sur des facteurs objectifs qui sont le résultat de la coopération entre les puissances incontournables du Conseil de Sécurité.

Washington et Moscou l’ont apparemment compris. Il serait temps qu’Ankara en fasse de même.

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mercredi, décembre 26, 2012

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Le crime sioniste que le gouvernement canadien entend faire oublier


Lors de sa dernière agression massive contre le Liban en 2006, l’armée terroriste sioniste avait attaqué un poste avancé de l’ONU, provoquant la mort de quatre observateurs de la mission internationale de maintien de la paix.

Parmi ces victimes, se trouvait un officier canadien, le major Paeta Hess-von Kruedener.
Le major Paeta Hess-von Kruedener
Le major Paeta Hess-von Kruedener
Comme il se doit dans ces cas là, l’ONU avait fait un rapport tandis que l’armée canadienne avait aussi de son côté produit un rapport d’enquête.

On vient cependant de s’apercevoir que le rapport canadien, qui avait été rendu public en 2008 sur le site internet du ministère de la défense en a été retiré discrètement moins d’un an après au grand dam de la veuve du soldat canadien et de la rédaction du Legion Magazine, une revue publiée à l’intention des membres de la Royal Canadian Legion.

Parce que si le gouvernement canadien considère l’affaire close, il n’en va pas de même de certains secteurs de l’opinion ainsi que le suggère même la parution de l’article que je vous propose.

C’est que le soldat canadien avait trouvé la mort dans une attaque délibérée effectuée par l’artillerie et l’aviation sionistes en dépit des protestations des plus hautes instances de l’ONU et de l’officier supérieur chargé du commandement des forces de l’ONU au Liban.
Comme on peut le lire dans l’article, les attaques ont non seulement été délibérées mais méthodiques afin de s’assurer que les militaires de l’ONU qui s’étaient réfugiés dans un bunker n’en réchapperaient pas.

On peut se demander pourquoi les terroristes sionistes ont agi ainsi. On peut se dire, comme Stephen Harper, le premier ministre canadien, que l’officier canadien n’aurait pas dû être là, parce qu’être là signifie d’une manière où d’une autre protéger le Liban en étant en mesure de témoigner de l’action destructrice et meurtrière du terrorisme sioniste.

Il y a bien entendu beaucoup de ça : le besoin d’éliminer des témoins potentiellement gênants car représentant l’ONU.

Il y a aussi le message habituel des gangsters sionistes qui font comprendre à chacun que rien ne saurait les arrêter.

Et, plus subtilement, il y  a là une manière se s’attacher de manière encore plus solide le soutien de certains dirigeants occidentaux et en même temps d’en vérifier le caractère indéfectible

Quelle meilleure preuve en effet de cet attachement que de voir un premier ministre chercher à imputer la responsabilité de sa propre mort à son propre officier tué par les bombes de son allié le plus cher ?

Et quel meilleur moyen de solidifier une amitié que par le sang d’un concitoyen versé volontairement par un ami très cher? Psychologiquement en effet, dès lors qu’on a passé l’éponge sur ce genre de chose on devient l’esclave de l’assassin qu’on s’évertue à présenter comme un «ami.»

Les Etats Unis sont passés par le même cheminement avec l’épisode de l’USS Liberty, ce navire militaire américain bombardé par l’aviation sioniste en 1967.

 Lors de la même agression contre le Liban en 2006, plusieurs autres citoyens canadiens, dont quatre enfants en bas âge, avaient trouvé la mort sous les bombardements sionistes sans susciter non plus d’émotion particulière de la part des autorités d’Ottawa, le premier ministre déclarant même à l’époque que les raids des terroristes sionistes «lui semblaient justifiés et mesurés» . 

Le ministère de la défense supprime un rapport sur la mort d’un soldat canadien tué par l’armée israélienne

 Par David Pugliese, Ottawa Citizen (Canada) 25 décembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

 Le ministère de la défense a discrètement retiré d’internet un rapport sur la mort d’un officier de l’armée canadienne tué par les forces israéliennes, une démarche qui est liée, selon la veuve du soldat, à la réticence du gouvernement conservateur du Canada à critiquer n’importe quelle mauvaise action d’Israël.

Le major Paeta Hess-von Kruedener et trois autres observateurs des Nations Unies avaient été tués en 2006 quand l’armée israélienne avait visé leur petit avant poste par des tirs répétés d’artillerie ainsi qu’en l’attaquant avec un avion de combat

Début 2008, le ministère de la défense avait posté sur son site web un rapport de 67 pages de la commission des forces armées canadiennes chargée d’enquêter sur cette mort. La commission avait conclu que la mort de Hess-von Kruedner aurait pu être évitée et était imputable à l’armée israélienne.

Mais moins d’un an plus tard, le rapport avait été discrètement retire du site web du ministère de la défense et n’est depuis plus accessible au public via les canaux officiels.

Cynthia, la veuve de Hess-von Kruedener a déclaré au Citizen que la décision de retirer ce document du domaine public a été prise par le ministère de la défense et par le gouvernement dans l’intention de protéger la réputation d’Israël.

Ils ne veulent pas que les gens lisent des choses sur ce sujet, » dit-elle. «C’est gênant pour les israéliens et, comme nous le savons, le premier ministre (Stephen) Harper a donné son soutien inconditionnel aux israéliens.»

 Les circonstances qui entourent la mort de Hess-von Kruedener et les démarches du ministère de la défense et de l’armée canadienne pour restreindre l’accès au rapport de la commission d’enquête sont relevées dans un article dans la dernière livraison du Legion Magazine, une publication éditée à Ottawa et adressée aux membres de la Royal Canadian Legion.

Le ministère avait d’abord refusé de transmettre au magazine le rapport d’enquête qui était auparavant public, en affirmant que l’obtention d’une copie du rapport nécessitait de faire une démarche avec la loi sur l’accès à l’information.
 Le Legion Magazine a obtenu un exemplaire du rapport par d’autres moyens. Il a désormais posté le rapport sur son propre site web.

 Dans un courriel envoyé au Citizen, le ministère de la défense a confirmé avoir retiré de son site web le rapport de la commission d’enquête début 2009 pour des raisons de sécurité «après avoir découvert qu’une partie de son contenu était considéré comme de l’information classifiée.»

 Cette explication ne résiste cependant pas à l’analyse puisque quand le Legion Magazine a comparé une version de 2008 et une version de 2012 obtenue en passant par la loi sur l’accès à l’information, il a constaté que la version actuelle renferme plus d’informations que la version du début.

L’article du Legion Magazine soulève aussi des questions sur la disparition su site du ministère de la défense d’un rapport de l’ONU sur la mort [des observateurs]. Ce document avait été utilisé par l’armée canadienne pour sa commission d’enquête et le rapport de l’ONU est cité dans le rapport canadien. Mais le service chargé de l’accès à l’information au ministère de la défense soutient avoir fait une recherche approfondie dans ses archives et n’avoir trouvé aucun rapport de ce genre.

 Le ministère de la défense n’a pas été en mesure de répondre à des affirmations en provenance de sources militaires selon lesquelles des exemplaires papier du rapport d’enquête de la commission ont aussi été retirés des bibliothèques de l’armée.

 La mort de Hess-von Kruedener, un observateur de l’ONU assigné à la frontière israélo-libanaise a été en grande partie oubliée.

 L’attaque israélienne sur le poste avancé de l’ONU avait commence en tout début d’après-midi le 25 juillet 2006, incitant le secrétaire général adjoint de l’ONU à convoquer presque immédiatement l’ambassadeur israélien à l’ONU pour se plaindre [de cet acte].

 Quelques heures plus tard, un autre tir de barrage d’artillerie avait touché le poste avancé. Il fut suivi de 16 autres tirs d’artillerie qui touchèrent la base, détruisant l’essentiel des bâtiments en surface et soufflant la porte du bunker souterrain où Hess-von Kruedener et ses collègues de la force de paix avaient trouvé refuge.

 A un moment, un général chargé des opérations de l’ONU au Liban avait appelé l’officier israélien de liaison et lui avait dit: «Vous êtes en train de tuer mes hommes.» Auparavant, les israéliens arrêtaient ce genre d’attaques quand on leur adressait des protestations.

 Plus tard ce jour là, le pilote d’un avion de combat israélien largua une bombe guidée de précision à travers la porte du bunker de l’ONU. L’explosion de cette bombe de forte puissance tua les quatre hommes.

 Le général Reck Hillier, alors chef d’état major, qualifiera ultérieurement la mort du major de «tragique accident.»

Cynthia Hess-von Kruedener a déclaré au Citizen que l’armée canadienne ne l’avait pas informée de la mort de son mari. Elle avait appris qu’il avait été tué aux actualités à la télévision.
 L’article du Legion Magazine observe que les israéliens avaient visé la base délibérément. La base avait été ajoutée à la l liste d’objectifs» de l’armée israélienne, qui a reconnu avoir commis une erreur.

 Cynthia Hess-von Kruedener conteste également certains des propos tenus par Harper au sujet de son mari. A l’époque de sa mort, Harper avait demandé ce que Hess-von Kruedener faisait au poste avancé de l’ONU.

 Elle avait dit que la réponse est simple: il faisait le travail que lui avaient ordonné l’armée et le gouvernement du Canada. «Au lieu de demander pourquoi cela était arrivé, il (Harper) a cherché la responsabilité d’un innocent soldat de la paix de l’ONU,» dit-elle.

 Le 19 septembre 2006, Ehud Olmert, alors premier ministre israélien, avait écrit à harper pour lui exprimer ses profonds regrets. Harper avait répondu le 20 novembre 2006, remerciant Olmert pour son « expression de condoléances, pour la rapide enquête du gouvernement israélien sur l’incident et pour les informations transmises aux officiels canadiens.»

Le Legion Magazine note toutefois que les israéliens avaient refuse de répondre à des questions du Canada sur l’attaque.

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