dimanche, avril 21, 2013

Bookmark and Share

Xymphora et le Marathon de Boston


Avec Angry Arab, le canadien Xymphora est sans doute le blogueur pour lequel j’éprouve le plus de respect. Si l’animateur du blog Angry Arab est parfaitement connu, puisque c’est l’intellectuel américano-libanais As’ad Abu Khalil, Xymphora est lui anonyme même si on sait qu’il s’agit d’une seule personne et non d’un groupe de blogueurs.

Leur manière de travailler leurs blogs est sensiblement différente. Alors qu’Angry Arab s’appuie aussi sur un réseau de sources qui sont parfois au cœur des évènements dont il parle, Xymphora pratique seulement la veille informationnelle.

Mais avec quel brio !

On peut s’en apercevoir par exemple sur ce post où il s’intéresse à l’attentat perpétré pendant le marathon de Boston.

La lecture est assez édifiante pour amener tout un chacun à se poser au minimum quelques questions, un peu comme pour Mohamed Merah, auteur présumé des assassinats de Toulouse et Montauban (je dis présumé parce que Merah n’a jamais été jugé et ne le sera jamais vu qu’il est mort).

Il suffit de lire la presse ou de regarder les informations à la télévision pour constater que la construction rétrospective de l’image du tueur fanatisé bat son plein, se nourrissant de faits ou de pratiques banales à supposer qu’elles soient même avérées (comme par exemple le fait d’avoir mis un «like» à une vidéo visionnée sur YouTube.
On me dira que je verse dans la théorie du complot.

La belle affaire, comme si les complots n’existaient pas ! N’a-t-on pas vu Bernard-Botul-Henri Lévy et Alain Juppé comploter ouvertement contre Mouammar Kadhafi ? N’a-t-on pas vu Tony Blair et George W. Bush comploter contre Saddam Hussein ? L’Ivoirien Laurent Gbagbo n’a-t-il pas été victime d’un complot ourdi par Alasasne Ouattara et Nicolas Sarkozy ?

J’en passe et des meilleurs… 

Qu’est-ce qui tient debout dans tout ça?

Xymphora  (Canada) 20 avril 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri 
On lit dans USA Today
"Les actes des deux frères continuent à embrouiller l'esprit des autorités, de leur famille et de leurs amis. Les étudiants de l'Université de Dartmouth Massachusetts, où Dzhokar était étudiant, disent l’avoir  vu sur le campus après les attentats de lundi. Au cours de la traque des deux frères pendant la nuit et la matinée, un agent fédéral au courant de cette affaire a indiqué que les autorités avaient récupéré quelques engins explosifs artisanaux (IED), dont un en la possession de Tamerlan Tsarnaev. Tous les engins explosifs semblaient être de nature artisanale bombes artisanales, y compris des bombes tuyaux. La police en a fait exploser plusieurs vendredi après-midi. "
et:
«Les frères ont  carjacké un SUV Mercedes entre 12h15 et 12h30 en tenant le conducteur en respect avec une arme à feu pendant une demi-heure avant de le pousser hors du véhicule sain et sauf. Un agent fédéral, qui n’était pas autorisé à s’exprimer publiquement, a déclaré que les deux hommes auraient dit au conducteur qu’ils étaient les auteurs de l’attentat contre le Marathon.
L’agent a déclaré que les suspects auraient reconnu leur rôle dans l’attentat contre le Marathon à la fois pour intimider le chauffeur et pour se vanter des explosions.»
Donc vous vous promenez sur la future scène de crime sans même essayer de vous déguiser (avec un des deux frères qui apparaît en public après l’attentat). Vous avez constitué un arsenal de bombes artisanales pour vous défendre contre la police par la suite. Mais vous ne vous occupez même pas  de tenir une voiture prête pour vous enfuir – ce qui fait que vous devez voler une voiture après l’attentat avec cette façon bizarre de se vanter – et vous ne prenez même pas la précaution  d’avoir de l’argent à disposition pour être en mesure de fuir, ce qui fait que vous devez prendre le gros risque de braquer une supérette 7-11 [en effet, il est très risqué et surtout peu rentable de braquer ce genre de commerce aux USA]. Est-ce que tout ça tient vraiment debout ?

«Il y a deux ans, le FBI avait interrogé Tamerlan Tsarnaev, 26 ans, un des suspects pour l’attentat du marathon de Boston pour d’éventuels liens avec la mouvance extrémiste, mais n’avait pas trouvé d’éléments à charge.» «Donc, le FBI avait enquêté sur «l’auteur de l’attentat contre le Marathon»… » «Obama remercie Poutine pour son aide à Boston» C’est donc l’époque où le FBI a recruté le plus âgé des eux frères comme possible contact, et Barry [Obama] a dû remercier Poutine de ne pas vendre la mèche avant que le FBI ait eu la possibilité de peaufiner sa version des évènements [de fait, l’incrimination de deux tchétchènes sert aussi les intérêts russes, NdT].

Et peut-être même avait-il été recruté plus tôt : «Certains des associés des suspects vont être examinés à la loupe. D’autres non. Tenez à l’œil ces derniers.»

«Ce n’est pas du tout quelque chose à quoi on aurait pu s’attendre,’ disent des amis des suspects.» Malgré toute la manipulation, il n’y a pas la moindre preuve d’une ‘radicalisation’ de l’un ou de l’autre des deux frères.

«"Des contractants” [salariés de sociétés de sécurité] pour le Marathon de Boston se tenaient près de la bombe.” Par chance ils se sont éloignés des lieux et se sont trouvés hors de portée de la déflagration avant le déclenchement de la bombe !»

L’histoire ne tient pas encore vraiment debout, mais les autorités américaines ont de la chance que les Américains  soient si stupides et si aveuglés par l’islamophobie.

Libellés : , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 12:22 PM 0 comments

mardi, avril 16, 2013

Bookmark and Share

Lincoln: ce que Steven Spielberg a omis dans son film


Je vous propose une critique du film Lincoln réalisé par Steven Spielberg d’un genre que vous aurez rarement l’occasion de lire ou d’entendre dans les médias grand public même si André Kaspi va assez loin sur le volet historique.
Image
Regardez donc avec vos deux yeux M. Spielberg!
Le texte en est tiré du site internet de The Nation of Islam (NOI) de Louis Farrakhan, une organisation souvent présentée comme antisémite.
Pourtant, l’article rédigé par un «groupe de recherche » de The Nation of Islam ne se réfère qu’à des faits aisément vérifiables, notamment si on a accès à des sources universitaires.
Image
Siège national de la Nation Of Islam à Chicago
Sans aller jusqu’à aller dans une BIU où il me faudrait de toute façon faire fonctionner les systèmes de consultation et de prêt interuniversitaires, on peut quand même corroborer les assertions de l’équipe de la NOI.
On trouve par exemple dans le Washington Post un article d’un certain A. James Rudin qui traite de l’ordre d’expulsion des Juifs donné par le général Ulysses Simpson Grant.
Image
Ulysses S. Grant
Le fait est que les Juifs des Etats confédérés étaient farouchement attachés à l’esclavage d’autant que leur prospérité dépendait largement de l’économie de plantation. Et, comme l’écrit Robert N. Rosen, « le vieux Sud était remarquablement libre de préjugés contre les Juifs.»
On peut dire que la chose était normale dans la mesure où la qualité de sous-humains des esclaves faisait l’unanimité.
Un phénomène qui n’avait pas échappé au journaliste Israel Joseph Benjamin (cité par Robert N. Rosen) qui écrivait en 1859 :
Les Etats du Sud, cependant, pour des raisons naturelles, surpassaient par bien des aspects les Etats du nord en matière d’hospitalité. Les habitants blancs se ressentaient comme unis et plus proches des autres blancs – par opposition aux noirs. Dans la mesure où l’Israélite là-bas ne faisait pas le genre de travaux ingrats qu’effectuait le Noirs, il était rapidement admis dans la haute société et accédait facilement à des fonctions politiques élevées. Pour cette raison, jusqu’à présent, c’était seulement le Sud qui envoyait des Juifs au Sénat. 
C’était, on l’a compris, une affaire avant tout de classe puisque les Irlandais étaient dans le même temps généralement mal vus.
Jacques Attali parle du rôle important de Mayer Lehman dans le financement de l’armée confédérée, mais comme l’indique l’article Mayer Lehman n’était pas seulement un courtier en coton, c’était aussi un politique qui eut pour mission pendant la guerre de sécession de s’occuper de ce qui concernait les prisonniers sudistes aux mains de l’Union.
 Judah P. Benjamin, cité dans l’article, avait effectivement assumé de très hautes fonctions dans le gouvernement confédéré: ministre de la justice, ministre de la guerre et Secrétaire d’Etat.
Image
                 Judah P. Benjamin
Le nom de Judah P. Benjamin est évoqué par l’écrivain Stephen Vincent Benét dans son poème John Brown’s Body (au sujet de John Brown, voir ici) qui lui valut le prix Pulitzer en 1929 :
Judah P. Benjamin, le Juif élégant,
Barbe fine, les yeux noirs, avocat et épicurien,
Capable, le bien haï, le visage plein de vie,
Balaya d’un regard négligent la salle du Conseil avec le petit
Sourire perpétuel qu'il arborait toujours
Sans cesse comme une façade de soie côtelée.
Derrière la façade, son esprit vif, fluide et subtil
Soupesait les Gentils dans une antique balance.

Quant à Emile Erlanger (ou d’Erlanger), non content d’avoir participé au financement des Confédérés, il a aussi été à l’origine de l’arnaque qui a ruiné le beylicat de Tunis, précipitant la mise sous tutelle de la Tunisie par la France ! (l’Algérie avait auparavant été victime  des agissements d’autres banquiers…).
On peut certes reprocher à la NOI d’omettre le fait que les Juifs qui étaient beaucoup plus nombreux dans les Etats de l’Union que dans la Confédération, professaient des opinions divergentes sur l’esclavage et que certains d’entre eux (cf ce qu’en dit notamment Jacques Attali) s’étaient activement employés à soutenir l’effort de guerre contre les Etats du Sud.

Le Lincoln de Spielberg: beaucoup de noirs, mais pourquoi aucun juif?

Par NOI Research Group, NOI (USA) 29 novembre 2012 traduit de l'anglais par Djazaïri
Dans son film Lincoln, le cinéaste Spielberg présente une période décisive de l’holocauste des noirs (Black Holocaust] de la manière dont il pense que les noirs devraient la comprendre. Spielberg, qui est juif, a soigneusement filmé archivé les récits des survivants de l’holocauste juif pour sa Shoah Foundation afin de préserver le souvenir exact de leurs expériences. Mais alors pourquoi Spielberg est-il si complètement sénile dans sa représentation d’une époque si importante pour les noirs américains ? Pourquoi par exemple se sent-il le droit de promouvoir un conte de fée en guise d’histoire de la Guerre Civile et de l’esclavage des noirs, mais ignore étrangement le rôle essentiel joué par ses propres coreligionnaires dans la guerre de sécession, une guerre au cours de laquelle les juifs ont joué un rôle extrêmement important et fondamental ? 
Ce n’est pas un simple oubli. Spielberg fait appel à des chercheurs et à des historiens de haut niveau pour garantir la conformité [aux faits] de ses productions et s’assurer que sa race est représentée avec dignité et respect. Lincoln, le film, parle de la promulgation du 13ème amendement, un décret constitutionnel qui devait marquer la «fin de l’esclavage.» Mais exactement comme la partie de la Déclaration d’Indépendance précisant que «Tous les hommes sont créés égaux,» le malheureux 13ème amendement fut tout simplement ignoré. – et l’esclavage continua sans relâche sous d’autres formes. Quand les hostilités cessèrent, les deux camps se réconcilièrent et s’entendirent bientôt pour organiser un système économique beaucoup plus efficace que l’esclavage – à savoir le métayage, la servitude pour dettes et les travaux forcés. Quelqu’un devait bien planter, cultiver et cueillir le coton, le maïs, le blé et la canne à sucre, construire les voies ferrées et les ponts, et charger et décharger les bateaux qui alimentent le commerce international.
Spielberg veut conforter la fiction selon laquelle un document seul a suffi à exonérer l’Amérique [de son crime] et a mis fin pour toujours à un système grâce auquel son peuple a pu devenir si riche. Prenons comme exemple le Hollywood de Spielberg. Il est qualifié de juif par l’universitaire juif Neal Gabler, «un empire qui leur appartient» en référence aux magnats juifs qui dirigeaient tous les grands studios [NdT : L’Express titrait «Hollywood, c’est un idéal d’Européens !»  en omettant de préciser de «juifs européens» comme l’explique pourtant son article en long et en large]. Hollywood est le produit des investissements effectués par la tristement célèbre compagnie bancaire Lehman Brothers. Dans les années 1850, l’immigrant Mayer Lehman fut désigné par le gouverneur pour gérer TOUT le coton en Alabama – ce qui voulait dire qu’il avait la charge de tous les esclaves noirs africains. Sa famille avait fait tellement d’argent avec le travail servile qu’elle s’était opposée farouchement aux tentatives de Lincoln pour mettre un terme à l’esclavage des noirs. Avec leurs profits tirés du négoce du coton, ils partirent s’installer à New York et se lancèrent dans la banque pour finalement financer les «empires» du cinéma de Spielberg et des ancêtres.
Retour au film: Le Lincoln de Spielberg s’ouvre sur une scène brutale de combat au corps à corps dans les dernières phases de la Guerre Civile. Mais sans l’apport financier d’un banquier juif nommé Emile Erlanger cette ultime partie de la Guerre Civile n’aurait jamais eu lieu. En mars 1863 (3 mois après la proclamation d’Emancipation), Erlanger avait prêté 7 millions de dollars à la Confédération (environ 125 millions de dollars en monnaie actuelle) sans lesquels le Sud n’aurait pas pu payer, nourrir ou habiller ses soldats, ni acheter ses navires de guerre, ses armes et ses munitions. Elle aurait dû capituler. Erlanger espérait obtenir du Sud du coton à bas prix si les rebelles réussissaient à maintenir l’esclavage. On peut affirmer sans risque de se tromper qu’une bonne moitié des 700 000 soldats tués auraient pu être épargnés si la Confédération n’avait pas eu des fonds pour continuer la guerre. Peu importe si de nombreux africains n’auraient plus été importés comme esclaves si cette période sanglante avait été abrégée. Spielgerg a ignoré ces malheureux détails. 
Mais il y a plus : Erlanger avait réalisé la transaction par l’intermédiaire d’un avocat juif propriétaire d’esclaves en Louisiane nommé Judah P. Benjamin qui cumulait les postes de vice président et de ministre de la guerre de la Confédération ! Il avait la réputation d’être le «cerveau de la Confédération.» Sa notoriété auprès des propriétaires d’esclaves était telle que son portrait figurait sur leur monnaie ! Benjamin n’a apparemment pas passé le cap de l’audition chez Spielberg puisqu’il n’est pas dans le film. Benjamin a fui l’Amérique en emportant de nombreuses balles de coton avec lui pour financer sa vie à l’étranger. Après la guerre, il s’est servi des profits engrangés gra^ce au coton cueilli par les esclaves pour investir dans une nouvelle start-up – une organisation terroriste connue sous le nom de Ku Klux Klan !
Et il y a plus: le sénateur de Floride David Yuleee n’a pas passé le stade de l’audition non plus. Il était le premier sénateur juif de l’histoire des Etats Unis – et un fervent partisan de l’esclavage ainsi qu’un promoteur agressif de «l’éradication» des Indiens. En 1861, Yulee prononça le premiers discours au Sénat pour annoncer la sécession d’un Etat du sud.
D’autres notables manquent dans le film comme August Belmont, un banquier juif de New York qui était le président du parti Démocrate [esclavagiste à l’époque, NdT]. Il fut le directeur de campagne de Stephen A. Douglas, l’opposant pro esclavagiste de Lincoln pendant sa dernière campagne présidentielle. Belmont décriait l’abolitionnisme, dénonçant ce qu’il appelait la «politique fatale [de Lincoln] de confiscation et d’émancipation forcée.» Une autre personnalité juive américaine importante était le religieux le mieux payé d’Amérique, le rabbin newyorkais Morris Raphall qui aidait et tranquillisait les propriétaires d’esclaves en déclarant publiquement que Dieu lui-même soutenait l’esclavage. Lorsque le rabbin David Einhorn avait dit que les noirs devraient être mieux traités, il avait été expulsé en pleine nuit de sa synagogue de Baltimore – par sa propre congrégation juive ! 
Et puis il y avait ces marchands juifs qui importaient clandestinement le précieux coton du sud alors même que Lincoln avait ordonné le blocus. Ce commerce illégal donnait au Sud l’argent dont il avait besoin pour combattre les troupes de l’Union. Ils étaient si nombreux à causer tant de dommages à la cause de l’Union que le général Ulysses S. Grant avait essayé d’expulser tous les Juifs de la région ! Ces contrebandiers Juifs qui soutenaient l’esclavage  n’ont pas trouvé non plus leur place dans le film de Spielberg.
Spielberg veut nous faire croire que les noirs étaient le principal problème du président Lincoln, mais Lincoln avait beaucoup de soucis avec les Juifs de son époque. Un officiel appartenant à l’administration Lincoln considérait effectivement la principale organisation juive, le B’nai Brith comme une «organisation déloyale» qui «aidait les traitres.»
Quand Salomon de Rothschild, un membre de la plus grande famille de banquiers dans le monde, vint en Amérique, il déclara que s’il était Américain, il serait «un partisan résolu de l’esclavage [Staunch Slavery Man],» et il exhorta sa famille à aider la Confédération. Et si Spielberg présente Lincoln en bon grand-père qui raconte des histoires dans style d’Esope, Rothschild n’était pas d’accord et le dénonçait comme ayant «l’apparence d’un rustre juste capable de raconter des histoires pour les salons mondains.»
Les femmes juives manifestaient le même mépris à l’égard du président, ainsi que l’a observé le professeur Albert Mordell : elles «étaient plus virulentes dans leur haine de Lincoln et plus fanatiques dans leur parti pris pour la Confédération que les hommes.» En fait, les Juifs étaient si fanatiques qu’un autre universitaire juif demandait ému, «Quel phénomène sociologique a pu amener les Juifs du Sud à lutter avec tant d’ardeur pour le principe de l’esclavage ? Pourquoi était-il prêt à sacrifier sans difficulté sa vie pour une cause qu’il savait contraire aux principes de la religion ?... Ici, dans le Sud, les Juifs ont combattu volontairement et avec joie.»
 On ne trouvera pas la réponse à cette question dans le film de Spielberg mais dans l’Encyclopédie Juive : «Les plantations de coton en beaucoup d’endroits du Sud étaient entièrement entre les mains de Juifs et, en conséquence, l’esclavage avait des partisans parmi eux.» Dans son livre «Fate of the Jews [le destin des Juifs], Roberta Feurlicht conclut avec franchise : «Non seulement il y avait un nombre disproportion de Juifs propriétaires d’esclaves, négociants en esclaves et préposés à la vente aux enchères d’esclaves, mais quand on traçait une ligne de séparation entre les races, ils étaient du côté blanc.»
On peut donc comprendre pourquoi le film de Steven Spielberg sur la fin supposée de l’esclavage des noirs devait être tourné dans personnages juifs. L’image soigneusement conçue mais totalement fausse des Juifs venus à l’aide des noirs aurait été remise en cause pour toujours. Leur non participation  aux efforts de Lincoln pour aboutir à l’émancipation des noirs est probablement le seul fait historique exact de ce film.
Et comme le film de Spielberg de 2012 doit encore décrire les noirs seulement en tant que domestiques, bonnes, majordomes, cochers et concubines, peut-être que les noirs devraient y réfléchir et s’intéresser à la plus profonde déclaration de Lincoln. Il a dit : «L’aspiration des hommes est de jouir de l’égalité avec les meilleurs quand ils sont libres, mais sur ce vaste continent pas un seul homme de votre race n’est à l’égal d’un seul homme de la nôtre… Il vaut donc mieux pour nous tous d’être séparés.»
Voilà qui ferait un grand film.

Libellés : , , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 12:37 AM 1 comments

vendredi, avril 12, 2013

Bookmark and Share

Franklin Delano Roosevelt, un des vainqueurs du nazisme, était un fieffé antisémite!


Si on en croit Rafael Medoff (à ne pas confondre avec un escroc d’un autre genre, Bernard Madoff), Franklin Delano Roosevelt (FDR), l’artisan du New Deal et celui qui fit entrer les USA dans la guerre contre l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, était un antisémite.
Rafael Medoff donne des preuves de son affirmation en citant des propos de l’ancien président tenus le plus souvent en privé et qui reflètent une franche hostilité à l’égard des juifs.
L’antisémitisme de Roosevelt est aussi l’occasion pour Medoff de mettre en garde contre l’antisémitisme possible de Barack Obama puisque ce dernier
a parlé de sa profonde admiration pour Franklin Delano Roosevelt et de son désir de s’inspirer du style de leadership de FDR.
Medoff ne manque d’ailleurs pas de nous signaler que FDR na pas été le seul président des Etats Unis antisémite puisqu’il partageait cette qualité (au sens attributif de ce terme) avec son successeur Harry S. Truman.
Ce que ne dit pas l’article de Medoff, c’est que l’antisémite Truman est celui-là même qui fit le nécessaire pour que la résolution de l’Assemblée Générale de l’ONU recommandant [et non ordonnant] le partage de la Palestine soit adoptée en exerçant pressions et chantages sur certains pays.
Il avait fallu certes le convaincre avec des arguments sonnants et trébuchants, mais c’est une autre histoire.
Le fait est que c’est souvent chez les antisémites les plus virulents que les sionistes ont pu trouver une oreille attentive puisque leur souhait commun est de débarrasser le monde de la présence juive, celle-ci devant se situer dans l’Etat juif.
Ceux qui n’ont pas d’hostilité particulière envers les Juifs se contentent de dire qu’ils sont leurs concitoyens comme les autres et l’idée que leur patrie se trouverait quelque part au Moyen Orient leur échappe complètement.
Ce que les sionistes n’apprécient guère…
Pas plus qu’ils n’apprécient Roosevelt qui s’est contenté, avec ses alliés, de vaincre l’Allemagne nazie et le Japon mais n’a pas fait de «l’holocauste » sa priorité.
Et comment aurait-il pu faire sa priorité d’un phénomène qui doit son appellation à un feuilleton télévisé diffusé bien après sa mort ?
Je n'ai pas trouvé d'image, mais il n'empêche que le très sioniste Chaim Weizmann a bel et bien rencontré le très antisémite Franklin Delano Roosevelt à Washington en juillet 1942 selon une des énièmes variations de Medoff sur le sujet grâce auquel il a dû toucher le pactole.
Image
Maison Blanche 1943: rencontre tendue entre l'antisémite Roosevelt (assis) et le National Jewish Welfare Board. De gauche à droite: Walter Rothschild, l'aumônier militaire Aryeh Lev, Barnett Brickner et Louis Kraft

Ce que FDR disait sur les juifs en privé

Ses sentiments personnels à l’égard des juifs pourraient expliquer en partie la réaction circonspecte des Etats Unis à l’holocauste
par Rafael Medoff, Los Angeles Times (USA) 7 avril 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
En mai 1943, le président Franklin Roosevelt avait rencontré le premier ministre britannique Winston Churchill à la maison Blanche. C’était 17 mous après Pearl Harbour et un peu plus d’un an avant le Jour-J. Les deux leaders alliés avaient évalué l’effort de guerre en cours et échangé des idées sur leurs plans pour l’après-guerre. A un moment de la discussion, FDR avait présenté ce qu’il appelait «la meilleure manière de régler la question juive.»
Le vice président Henry Wallace, qui avait consigné la conversation dans son journal, observe que Roosevelt avait évoqué sur un ton approbateur un plan (recommandé par Isaiah Bowman, géographe et président de l’université John Hopkins) consistant à éparpiller les juifs dans le monde entier.» L’entré du journal ajoute : «Le président disait avoir essayé [ce plan] dans le Comté de Meriwether en Géorgie [où Roosevelt résidait dans les années 1920] et à Hyde Park sur la base de l’adjonction de cinq familles juives dans chaque endroit. Il soutenait que la population locale ne ferait pas d’objection s’il n’y en avait pas plus que ça.»
Ce passage sue la “meilleure manière” selon Roosevelt est condescendante et déplaisante et, si elle était venue de quelqu’un d’autre, aurait sans doute été considérée comme antisémite. Mais plus encore, le soutien de FDR à l’idée «d’éparpiller les juifs » est peut-être la clef qui permet de comprendre quelque chose qui a été au centre d’une controverse pendant des décennies : la réaction circonspecte du gouvernement américain à l’holocauste.
Voila le paradoxe. Le système d’immigration des Etats Unis avait sévèrement limité le nombre de juifs allemands pendant les années du nazisme à environ 26 000 par an – mais même ce quota n’était atteint qu’à hauteur de 25 % pendant la plus grande partie de l’époque hitlérienne parce que l’administration Roosevelt avait ajouté de nombreux critères supplémentaires exigés de candidats à l’immigration. Par exemple, à partir de 1941, le simple fait d’avoir laissé un proche parent en Europe pouvait être suffisant pour disqualifier un candidat à l’immigration – à partir de l’idée absurde que les nazis pourraient menacer le parent resté en arrière et par ce biais forcer l’immigrant à espionner pour Hitler.
Pourquoi le gouvernement des Etats Unis s’employait-il activement à décourager et à disqualifier les Juifs candidats à l’immigration aux Etats Unis ? Pourquoi le président n’avait-il pas instruit directement son Département d’Etat (qui administrait le système d’immigration) de remplir les quotas pour l’Allemagne t les pays occupés par les puissances de l’Axe jusqu’à la limite légale ?
A elle seule, cette disposition aurait sauvé 190 000 vies. Elle n’aurait pas nécessité d’affronter le Congrès ou des forces hostiles à l’immigration ; elle n’aurait entraîné qu’un risque politique minime pour le président.
Les décisions politiques de tout président sont modelées par un certain nombre de facteurs, certains politiques, d’autres personnels. Dans le cas de Roosevelt, tout un ensemble de propos tenus en privé sur les juifs dont certains que j’ai découverts récemment dans les Archives Centrales Sionistes à Jérusalem et auprès d’autres sources sont sans doute significatifs.
En 1923, en qualité de membre du conseil d’administration de Harvard ; Roosevelt avait conclu qu’il y avait trop d’étudiants juifs dans la faculté et avait participé à la mise en place d’un quota pour limiter le nombre d’inscrits.  En 1936, il avait suggéré en privé que les Juifs dominaient l’économie en Pologne et que c’est à eux qu’on devait faire le reproche de provoquer de l’antisémitisme dans ce pays. En 1941, il avait observé lors d’une réunion du cabinet qu’il y avait aussi trop de juifs parmi les employés de l’administration fédérale en Oregon. En 1943, il avait dit à des officiels du gouvernement dans l’Afrique du Nord libérée par les alliés que le nombre de juifs indigènes «devait certainement être limité» dans plusieurs professions afin «d’éviter les récriminations particulières et compréhensibles des allemands à l’égard des juifs en Allemagne.»
On a la preuve d’autres propos tenus également en privé par FDR, dont le rejet de requêtes en faveur de réfugiés juifs qu’il qualifiait de «lamentations juives» et «d’histoires à faire pleurer dans les chaumières [sob stuff] ;»  l’expression de sa fierté [en s’adressant à un sénateur] de «ne pas avoir de sang juif dans nos veines ;» et en caractérisant une manœuvre fiscale d’un éditeur juif de journaux de «sale tour de juif.» Mais le thème le plus commun dans les propos en privé de Roosevelt sur les juifs ont un rapport avec sa perception qu’ils étaient surreprésentés [overcrowding] dans beaucoup de professions et avaient une influence excessive. 
Cette attitude concorde avec ce qu’on sait des opinions de FDR au sujet des immigrants en general et des immigrants asiatiques en particulier. Dans un entretien datant de 1920, il se plaignait des immigrants qui se «massent» dans les villes et il avait déclaré que «le remède à cela devrait être la répartition des étrangers un peu partout dans le pays.» Dans une série d’articles pour le Daily Telegraph de Macon (Géorgie) et pour le magazine Asia dans les années 20, il avait mis en garde contre l’octroi de la citoyenneté à des «immigrants non assimilables» et s’opposait à l’immigration japonaise pour la raison que «le mélange de sang asiatique avec le sang américain ou européen produit, neuf fois sur dix, des résultats des plus malencontreux.» Il recommandait qu’à l’avenir l’immigration soit restreinte à ceux qui ont «le sang de la bonne catégorie.» 
La décision de FDR d’emprisonner des milliers d’américano-japonais dans des camps d’internement pendant la seconde guerre mondiale était cohérente avec sa perception des Asiatiques comme ayant des caractéristiques raciales innées qui les rendaient indignes de confiance. De la même manière, il voyait apparemment avec mépris ce qu’il semblait considérer comme les caractéristiques innées des juifs. Accueillir un nombre significatif d’immigrants juifs ou asiatiques ne semblaient pas s’accorder aisément avec la vision que FDR avait de l’Amérique. 
D’autres présidents des USA ont eu leur lot de remarques peu amènes sur les juifs. Un journal tenu par Harry Truman recelait des propos tels que «Les juifs, à mon point de vue, sont très, très égoïstes.» Les dénonciations des juifs par Nixon comme étant «très agressifs et odieux» ont été révélées par la suite dans des enregistrements de conversations dans le Bureau Ovale.
Mais les révélations sur les sentiments de Franklin Roosevelt vont probablement choquer beaucoup de gens. Après tout, il a fait entrer l’Amérique dans la guerre contre Hitler. En outre, le personnage public de Roosevelt est indissociable de son image de libéral et d’humaniste, sa prétention à être attentif à «l’homme abandonné,» l’opprimé, le maltraité. Mais personne ne peut changer l’histoire de sa réponse à l’holocauste.  
L’Holocaust Memorial Day va être observé à partir de dimanche soir. C’est l’occasion annuelle de réfléchir au génocide nazi et à la réaction du monde à ce dernier. Dans le cas des Etats Unis, il est consternant de penser qu’en partie à cause des préjugés personnels de Rossevelt, des gens innocents qui auraient pu être sauvés ont au contraire été abandonnés.
Rafael Medoff est le directeur et fondateur du David S. Wyman Institute for Holocaust Studies à Washington. Son dernier livre est "FDR and the Holocaust: A Breach of Faith." Medoff s’exprimera dimanche lors de la cérémonie de l’ Holocaust Memorial Day au centre communautaire juif Alpert de Long Beach.

Libellés : , , , , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 10:52 PM 0 comments

dimanche, mars 31, 2013

Bookmark and Share

L'axe anti-syrien Riyad - Ankara - Tel Aviv


Un bruit circule sur Facebook selon lequel Bachar al-Assad aurait été tué. Ce n’est pas la première fois, mais on verra si c’est vrai et, dans cette dernière hypothèse, on verra si la mort du président Syrien suffira à ramener la paix en Syrie et dans quelles conditions.

En attendant, on peut dire que la crise syrienne agit comme un révélateur du positionnement des uns et des autres vis-à-vis de l’entité sioniste.

La Syrie est en effet, on a trop souvent tendance à l’oublier, le dernier pays du «champ de bataille» contre le régime sioniste avec le Liban.

Parce que ceux qui fustigent (j’ai dû moi-même le faire, mea culpa) ce pays pour son inaction ou sa faiblesse devant les agissements sionistes omettent de rappeler que la Syrie est bien seule et que d’autres pays de la région ont par contre des relations diplomatiques avec l’Etat voyou.

Et que la Syrie a été, et reste, un soutien important du Hezbollah et que, récemment encore, Damas accueillait la direction du Hamas palestinien, une organisation qui lui a tourné le dos, cédant aux dollars agités par le Qatar.

Il y a d’autres aspects à évoquer sur la question de la place de la Syrie dans la résistance au régime sioniste, mais ce n’est pas l’objet de ce post.
Je voudrais plutôt aborder la nouvelle alliance qui s’est formée sur le dos de la Syrie entre l’Arabie Saoudite, la Turquie et l’entité sioniste.

Cette alliance est clairement présentée, au moins dans ses perspectives, par Ceylan Ozbudak, une commentatrice politique turque qui écrit dans un journal saoudien, The Saudi Gazette, propriété de la famille royale un peu comme tout ce qui respire en Arabie. Ceylan Ozbudak collabore également avec un journal de l’entité sioniste.

Image
Ceylon Ozbudak: Mon débardeur a fait fureur à Riyad
Le scénario proposé par cette journaliste semble un peu fantastique pour ne pas dire fantasque, mais ce qui importe en réalité c’est que de telles thèses puissent être publiées dans un organe de presse chargé de présenter pour l’étranger la vision saoudienne des évènement politiques dans la région.
J'ai plein d'idées pour démocratiser l'Arabie Saoudite
J'ai plein d'idées pour démocratiser l'Arabie Saoudite
Et que ce journal n’hésite pas à publier un article qui appelle ouvertement à une action militaire du régime sioniste en Syrie.

Israël peut-il aider au renversement d’Assad?

Par Ceylan Ozbudak, The Saoudi Gazette, 31 mars 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Depuis deux ans, le monde regarde la Syrie saigner et espère que la communauté international puisse s’entendre pour agir et restaurer l’ordre dans ce pays. En mars 2012, Kofi Annan avait proposé un plan en six points qui était tombé à plat. Depuis, une action militaire unifiée est restée un espoir déçu et l’effusion de sang a continué.

Ce mardi 27 mars 2013, les 22 nations de  la Ligue Arabe ont adopté une résolution autorisant la livraison d’armes aux forces rebelles mais il n’existe cependant pas de plan d’action concertée et les divisions internes paralysent la Ligue.

Le même jour, l’OTAN rejetait une requête du dirigeant rebelle Syrien Moaz Al-Khatib pour que les missiles Patriot abattent des avions syriens. Les Etats Unis surcompensent leurs erreurs en Irak et en Afghanistan et,  sans leur consentement, il y a peu de chances que les «lions» de l’Europe arment l’opposition. Si les rebelles n’ont pas assez d’armes, le forces d’Assad continueront à avoir la supériorité militaire, à tuer encore des Syriens et à prolonger la guerre civile.

Et donc les combats continuent: alors qu’un million de Syriens dans leurs abris de fortune cherchent de la nourriture dans tout le Moyen Orient, le Comité International de Secours signale que les camps frontaliers au Liban, en Jordanie, en Turquie et en Irak sont bondés avec plus de 650 000 réfugiés, en majorité des femmes et des enfants. L’ONU estime par ailleurs à 70 000 le nombre de tués depuis le début des hostilités en avril 2011.

Le guerre brutale menée par Assad a destabilize un gouvernement au Liban; provoqué la venue de forces spéciales iraniennes en Syrie, isolé le gouvernement irakien de ses concitoyens Sunnites, oblige Israël à pénétrer en territoire syrien sur les hauteurs du Golan, et envoyé des réfugiés en Turquie, en Jordanie, en Irak et au Liban. L’ensemble de la région est affectée par la guerre menée par Assad, et nous avons tous le devoir moral et politique d’agir pour extirper de parmi nous ce seigneur de la guerre [warlord]. Le message est clair : c’est un problème pour tout le Moyen Orient.

Les excuses présentées récemment au peuple turc par le premier ministre Israélien Benjamin Netanyahou pour l’incident du Mavi Marmara en 2010 sont le signe d’une amélioration des relations entre nos deux pays. Jérusalem va certainement respecter la promesse de Netabyahou d’une indemnisation des familles des victimes turques et il est sûr que si tel est le cas, les relations israélo-turques vont connaître une renaissance. Etant les deux principales puissances économiques et militaires de la région, ces pays devraient œuvrer ensemble pour faire cesser le soutien russe à Assad. Erdogan avait déjà proposé aux Russes une base navale sur la côte turque et cette proposition, associée à des garanties qu’une Syrie post-Assad ne signifierait pas la fin de l’accès et de l’influence russe en Syrie, pourrait bien éloigner la Russie d’Assad. Maintenir les Etats Unis à l’écart de cette opération contribue aussi à garantir à Poutine que la Syrie ne deviendra pas la Libye : un Etat client des USA.

Un engagement conjoint de la Turquie, de la Russie et d’Israël à cette étape du conflit a des avantages politiques évidents : premièrement, étant donné que l’opposition syrienne est basée en Turquie, il est commode pour Ankara de négocier un accord entre les rebelles et la Russie pour faire en sorte que les inquiétudes de Moscou pour les minorités chrétienne et alaouite soient entièrement dissipées. Si cela signifie que les forces armées russes souhaitent mettre en place des « zones sécurisées» pendant une période de transition, cela doit être sérieusement considéré. En bref, les conséquences du renversement d’Assad ne doivent pas être négligées. Mais les craintes pour le lendemain [de la chute d’Assad] ne doivent pas nous empêcher de trouver des réponses créatives pour stopper les massacres d’aujourd’hui.

Deuxièmement, sauf si la Turquie et Israël travaillent ensemble pour arrêter la tuerie en Syrie et s’impliquent plus à ce stade, les djihadistes continueront à se renforcer. Tandis que le monde regarde les Syriens se faire massacrer par les forces d’Assad, les djihadistes viennent en Syrie pour prendre le rôle dominant dans une Syrie nouvelle. La Turquie, Israël et d’autres nations ne peuvent pas le permettre. La Syrie ne doit pas devenir un nouvel Afghanistan.

Les éléments qui s’opposent à Assad affrontent des troupes disciplines disposant de matériel militaire sophistiqué. Deux ans de guérilla ne lui ont pas fait perdre son emprise sur la population syrienne. Si les rebelles Syriens veulent un espoir raisonnable de victoire, il leur faudra des armes sophistiquées et un appui aérien. Si personne ne fournit ces deux éléments, il en résultera une ou deux conséquences : soit les rebelles échoueront et Assad maintiendra son régime assassin, ou les rebelles recevront une aide venue d’ailleurs. Dans cette dernière éventualité, ni la Turquie, ni Israël n’auront le droit de se plaindre si les extrémistes sont présents dans le scénario et tirent avantage des désordres dans le pays.

Les Etats Unis et l’Union Europenne n’agiront pas. Ils ne sont pas menacés aussi directement que nous le sommes dans la région. Malgré ses défauts, Israël dispose de la supériorité aérienne pour neutraliser les forces aériennes d’Assad. A lui seul, ce facteur ferait beaucoup pour faire pencher la balance en faveur des civils Syriens qui sont bombardés par leur propre gouvernement.
Assad et sa  famille doivent avoir une porte de sortie vers l’exil. Après toute la violence dont il a fait preuve, il serait beaucoup plus avantageux de lui offrir un asile sûr plutôt que de l’obliger à choisir entre continuer da campagne de destruction ou risquer de finir comme Kadhafi et Moubarak. Mais une Syrie nouvelle ne pourra pas résoudre ses problèmes toute seule. La Syrie et les Syriens auront besoin de leurs voisins pour aider à mettre fin au conflit et à créer une Syrie pluraliste et démocratique. Combien de vies supplémentaires doivent être perdues avant que nous mettions de côté nos divisions et agissions de manière concertée pour le peuple syrien ?

 — Ceylan Ozbudak est une journaliste politique et présentatrice de télévision turque et elle est directrice de Building Bridges, une ONG sise à Istanbul

Libellés : , , , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 8:01 PM 0 comments

mercredi, mars 27, 2013

Bookmark and Share

Irak 2003 - Iran 2013?


Nous sommes peut-être encore nombreux à penser que le pétrole était une des principales motivations de la guerre entreprise par les Etats Unis contre l’Irak en 2003.
J'écris «nous» parce que je le pensais encore avant de lire un article de Muhammad Idrees Ahmad dont je vous propose une traduction.
Image
Muhammad Idrees Ahmad
L’exposé de Muhammad Idrees Ahmad est limpide et on est obligé, après lecture, d’admettre que le pétrole n’était en aucun cas un motif décisif de cette agression. On peut par ailleurs apprendre que  l’exploitation du pétrole irakien est plus aujourd’hui l’affaire des sociétés chinoises que des firmes américaines qui n’ont plus sur place qu’une activité assez marginale (en dehors des société de services pétroliers comme Halliburton).
Si la guerre contre l’Irak s’est soldée par la défaite du régime irakien de l’époque, elle a eu aussi pour conséquence un affaiblissement [relatif] des Etats Unis dont l’économie a été mise à mal par les dépenses de toutes sortes induites par ce conflit qui était venu s’ajouter à l’intervention en Afghanistan. De la même manière, la domination politique des Etats Unis dans le monde commence à être remise en cause par l’émergence de nouveaux acteurs qui cherchent à ajuster leur rang diplomatique à leur force économique.
Une situation qui n’a rien d’inédite, si on veut bien se souvenir que l’Angleterre était sortie affaiblie des deux guerres mondiales qui l’avaient pourtant vue victorieuse.
 Si j’ai bien compris la thèse de l’auteur de l’article, l’entrée en guerre contre l’Irak s’explique en premier lieu par la rencontre d’un homme, George W. Bush, animé d’un esprit messianique qui mêle doctrine religieuse et mysticisme démocratique et d’une bande de penseurs néoconservateurs cherchant avant tout à agir dans ce qu’ils considéraient être l’intérêt de l’entité sioniste.
Pour résumer, l’invasion de l’Irak était une intervention visant à servir des objectifs définis par une tendance particulière du sionisme, le sionisme révisionniste dont le pouvoir en place à Tel Aviv incarne l’évolution contemporaine.
Ces gens là, comme tout fasciste qui se respecte, pensent que seule la force leur permettra d’exister, d’exister au Moyen Orient pour ce qui concerne les fascistes Juifs.
Cette même logique qui a conduit les Etats Unis et leurs alliés à envahir puis à occuper et détruire l’Irak reste à l’œuvre aujourd’hui, s’étant simplement fixée un autre ennemi à abattre d’urgence, à savoir le régime iranien.
Comme en 2003, signale l’auteur, personne n’imagine vraiment que Washington va entrer en guerre contre l’Iran.
Et pourtant… 

Toute une série de personnages et de causes ont conduit les USA à la guerre contre l’Irak

Par Muhammad Idrees Ahmad, The National (EAU) 23 mars 2013 traduit de l'anglais par Djazaïri
           
Dix ans après «choc et effroi», les raisons derrière l'invasion de l'Irak n'ont toujours pas été expliquées de façon satisfaisante. 
Des journalistes, des intellectuels, des soldats et des idéologues se sont tous trituré les méninges pour donner des réponses. Le pétrole, l’impérialisme, le militarisme, la démocratie, Israël et l’économie de marché ont été proposés en guise d’explications.
Certaines d’entre elles s’excluent mutuellement, et elles semblent toutes mettre en lumière plus qu’elles ne satisfont le besoin qu’ont les humains de la simplification. D’un autre côté, entre les mains des universitaires les explications tendent inévitablement vers le «complexe» (le marqueur obligatoire pour séparer l’homme ordinaire du mandarin).
Dire que les causes de la guerre contre l’Irak sont assez simples à expliquer ne veut pas dire qu’elles sont simples. Mais le manque de simplicité ne signifie pas non plus indétermination [du fait d’une trop grande quantité de causes]. La réalité peut être complexe mais est tout à fait dans le domaine de l’explicable.
On n’a pas besoin de souscrire à la notion tolstoïenne de l’histoire – une force insondable, sans agents, prédestinée et avec des causes infinies – pour accepter qu’un phénomène aussi compliqué qu’une guerre puisse avoir des causes multiples. Celle contre l’Irak en avait beaucoup. Chacune de celles mentionnées plus haut ont joué un certain rôle dans les calculs des décideurs politiques ; mais elles n’ont pas toutes la même importance. Les acteurs décisifs n’étaient pas animés par les mêmes motifs, pas plus qu’ils n’avaient forgé leurs décisions simultanément.
George W Bush, Dick Cheney et Donald Rumsfeld voulaient la guerre, mais elle fut conçue par les néoconservateurs. Le 11 septembre 2001 en fut le catalyseur, mais ce sont les néoconservateurs qui s’employèrent à l’instrumentaliser.
Le désir des néoconservateurs de renverser le régime irakien préexistait à celui de M. Bush, M. Cheney ou M. Rumsfeld. Le changement de régime était une doctrine officielle aux Etats Unis depuis 1998 et une doctrine officieuse depuis plus longtemps encore. Mais les moyens imaginés étaient la pression diplomatique, l’étranglement économique et l’action secrète – pas l’invasion et l’occupation.
M. Bush commença à recevoir des briefings sur ce sujet seulement dans le cours de sa campagne présidentielle. Les Vulcans – le groupe chargé de réfléchir à la politique étrangère – étaient animés par Condoleeza Rice qui, dans un document de situation pour les affaires étrangères avait soutenu que la puissance militaire irakienne était «considérablement affaiblie» et que les Etats Unis pouvaient vivre même avec un Irak nucléaire.
M. Cheney avait passé les années 1990 à se plaindre de la politique de sanctions [‘’sanctions-happy’’] de l’administration Clinton. Il dirigeait aussi USA*Engage, un consortium d’industriels qui faisait pression pour l’abrogation de l’Iraq Libya Sanctions Act de 1996, un cadeau du lobby israélien.
M. Rumsfeld avait manifesté peu d’intérêt pour l’Irak dans la quinzaine d’années entre sa tristement célèbre poignée de mains avec Saddam Hussein et sa signature d’une lettre rédigée par le Project for the New American Century, un think tank néoconservateur. A l’hiver 2001, M. Bush, M. Cheney et M. Rumsfeld étaient cependant tous convaincus de la nécessité de la guerre.
Le 11 septembre explique partiellement ce changement d’état d’esprit. Mais il n’avait pas pour autant rendu la guerre inévitable. Il fallait encore manipuler l’opinion publique, surmonter les obstacles bureaucratiques. Il fallait mettre l’Irak sur l’agenda en le présentant comme une menace imminente. C’est seulement ainsi qu’une guerre préventive pouvait être justifiée.  A cette fin, la conjonction de liens présumés de l’Irak avec al Qaïda et sa possession d’armes de destruction massive (ADM) était nécessaire. Ensemble, cela constituait une menace qui renvoyait au rang d’exercice d’irresponsabilité pointilleuse toute recherche de preuves supplémentaires. Comme le soulignait l’argumentaire de la Maison Blanche, la preuve décisive risquait fort d’être le champignon d’une explosion atomique.
Un inventaire des articles parus dans le sillage immédiat du 11 septembre et liant l’Irak aux attentats révèle qu’ils provenaient Presque exclusivement des cercles néoconservateurs.
La plupart des articles que j’ai pu lire citent les assertions non étayées d’une seule personne, l’idéologue néoconservatrice Laurie Mylroie. Ses théories étaient promues avec ardeur au sein du gouvernement par Paul Wolfowitz qui avait aussi chargé son protégé, Douglas Feith, de trouver du matériel pour appuyer les assertions de Mlle Myrloie.
Image
Paul Wolfowitz: "je peux aussi chanter La Marseillaise "
M. Feith avait créé deux groupes à cet effet – le Policy Counterterrorism Evaluation Group et l’Office of Special Plans – pour fabriquer la connexion Irak – al Qaïda et des preuves sur les ADM irakiennes présumées. Il était assisté par des exilés et des escrocs  de l’ Iraqi National Congress et, plus important selon moi, par la correspondante du New York Times Judith Miller, co-auteure avec Mlle Myrloie d’un livre sur l’Irak publié en 1991. 
Pendant ce temps, la cheville ouvrière néoconservatrice Richard Perle s’était arrangée pour que M. Cheney soit briefé personnellement en plusieurs occasions par Bernard Lewis, un doyen de l’orientalisme, qui assurait au vice président revanchard que le seul langage que les Arabes comprenaient était la force. « Choc et effroi » était donc le corollaire obligé.
Quid du pétrole ? Malgré sa plausibilité au premier abord, la thèse de la «guerre pour le pétrole » ne semble résister ni à l’épreuve des faits ni à l’analyse. En 2003, l’Irak ne refusait pas de vendre son pétrole mais était sous embargo. Les sociétés pétrolières avaient passé une dizaine d’années à faire pression non pour la guerre, mais pour une levée des sanctions. Leur état d’esprit a pu changer en 2003, mais il existait beaucoup de moyens moins coûteux et moins aléatoires que la guerre.
A au moins trois reprises dans les six mois qui avaient précédé l’entrée en guerre, Saddam Hussein avait fait des efforts désespérés pour maintenir son pouvoir en offrant aux Etats Unis un accès privilégié au pétrole irakien. Les compagnies pétrolières n’avaient pris le train en marche qu’une fois la guerre devenue inévitable, et encore pas sans appréhension. Elles craignaient toutes la déstabilisation qui pouvait s’ensuivre.
Pour M. Cheney et M. Rumsfeld, la première motivation n’était pas le pétrole, mais l’effet d’exemplarité de la guerre – une affirmation sanglante de la puissance militaire des Etats Unis pour intimider quiconque envisagerait de nuire aux USA en livrant des ADM à des terroristes. Pour Bush, selon des gens très proches de lui, la motivation principale était des plus simplistes, une croyance messianique dans le combat contre un régime «diabolique» - un régime qui avait précédemment tourmenté son père. Il était aussi flatté par des conseillers et des exilés Irakiens qui l’encourageaient à endosser son nouveau rôle de guide de l’humanité, de libérateur des peuples, de diffuseur de la démocratie.
M.Bush, M. Cheney et M. Rumsfeld auraient peut-être pu décider d’entrer en guerre contre l’Irak sans l’encouragement des néoconservateurs. Mais sans leur aide, il est peu probable que le parti de la guerre eut pu surmonter la résistance d’establishments militaires, diplomatiques et du renseignement hésitants. Par leur cohésion sociale, leur cohérence idéologique et leur domination sur l’appareil de la sécurité nationale, et avec les ressources et le soutien institutionnel du lobby israélien, les néoconservateurs avaient des atouts dont ne disposait aucune autre faction.
Dans la longue série de textes produits par les néoconservateurs pendant la décennie qui avait précédé – en particulier les deux documents politiques rédigés par M. Perle, M. Feith et David Wurmser pour le premier gouvernement benjamin Netanyahou – des idées que M. Wurmser avait par la suite développées dans son livre Tyranny’s Ally – ces motivations [pour la guerre] sont affirmées sans équivoque.
Le néoconservatisme s’enracine idéologiquement dans le sionisme révisionniste et c’est pourquoi Israël est sa grande priorité. Pour les néocons, la guerre est désirable parce qu’elle fragmenterait un Etat arabe potentiellement puissant et laisserait l’Iran,  le véritable ennemi juré d’Israël dans une situation plus vulnérable. Elle renforcerait aussi l’isolement des Palestiniens, les rendant plus enclins au compromis. Pour eux, la route de Jérusalem passait par Bagdad.
Près d’un million de morts Irakiens plus tard, avec plus de 3 000 milliard de dollars perdus et 5 000 soldats tués, on ne sait pas toujours vraiment si les Etats Unis en ont tiré une quelconque leçon. La guerre du Vietnam avait été suivie de beaucoup d’introspection ; ce ne fut guère le cas avec l’Irak. La rhétorique reste belliqueuse et l’enthousiasme pour la guerre a à peine faibli.
La guerre contre l’Irak semblait improbable jusqu’à ce qu’elle se produise. Dans ses mémoires, M. Feith regrette que ses démarches pour mettre l’Irak dans le collimateur de l’administration n’aient suscité que dérision aussi tardivement qu’à l’été 2001. Le 11 septembre avait tout changé.
De la même manière, une guerre contre l’Iran semble improbable aujourd’hui ; et c’est ce qui a encouragé les politiciens US à se lancer dans une stratégie de la corde raide avec l’Iran sans avoir peur des conséquences. Tout cela pourrait changer rapidement si un «évènement catalyseur - un nouveau Pearl Harbour» venait à rompre l’équilibre.

Si on doit tirer une leçon de la guerre contre l’Irak, c’est que l’histoire est contingente et que les idées ont des conséquences. Seul ce qui est inerte répond à la volonté humaine. Avec la prépondérance de leur puissance de destruction, les Etats Unis ont le devoir de ne pas être esclaves des circonstances.

Muhammad Idrees Ahmad est un spécialiste de sociologie politique d’origine pakistanaise qui vit en Angleterre. A côté d’activités académiques il collabore avec divers médias tels Le Monde Diplomatique, Asia Times, IPS News, et Political Insight

Libellés : , , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 11:39 PM 0 comments

Palestine Blogs - The Gazette