jeudi, avril 12, 2012

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Pourquoi le cessez-le-feu ne tiendra pas en Syrie

Les hostilités semblent s’être arrêtées ce matin en Syrie. Maintenant, la question est de savoir si le cessez-le-feu va tenir, permettant ainsi l’amorce d’une solution politique.
Rien n’est moins sûr et il est probable que le cessez-le-feu ne tiendra pas bien longtemps parce que ni l‘opposition armée, ni les pays de l’OTAN n’y ont un quelconque intérêt.
Leur intérêt est effectivement que la situation continue à se dégrader et que le pays s’enfonce complètement dans la guerre civile et devienne une proie facile pour une intervention qui se ferait selon une variante du modèle libyen puisqu’une des puissances étrangères intervenantes, la Turquie, partage  plusieurs centaines de kilomètres de frontières terrestres avec la Syrie.
L’opposition armée étant globalement neutralisée ou dominée en Syrie même, l’étincelle de départ se produira probablement à la frontière syro-turque car, ainsi que l’explique clairement Pepe Escobar, les rebelles et autres mercenaires ou soldats étrangers lancent leurs attaques à partir du territoire de la Turquie qui leur offre un sanctuaire à quelques mètres seulement du territoire syrien.

NB : l’idéal serait cependant que je doive faire mon mea culpa pour cause de cessez-le-feu durable


par Pepe Escobar, Asia Times (Hong-Kong) 11 avril 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Il y a une vidéo qu’on pourrait intituler assez librement « Terroristes du côte turc de la frontière tirant du côté syrien », ce qui résume assez précisément ce qui se passe dans cet actuel point chaud géopolitique extrêmement volatile.


La voix qui commente dit, “C’est la frontière syro-turque, et c’est une opération de l’Armée Syrienne Libre [ASL]… La porte [celle qui se situe du côté syrien de la frontière où se trouve le point de contrôle va être prise.»

Ce qui veut dire que la Turquie abrite l’ASL à seulement quelques mètres – et non à des kilomètre - du territoire syrien. Après avoir accueilli un centre de contrôle et de commandement de l’OTAN à Iskenderun il y a plusieurs mois maintenant – un fait déjà signalé par Asia Times Online – la Turquie s’avance désormais juste à la frontière, permettant un aller et retour de guerilleros/mercenaires lourdement armés pour attaquer un Etat souverain.

Imaginez un scénario semblable se produire, par exemple, à la frontière des Etats Unis avec le Mexique, en Arizona ou au Texas.

On peut le voir comme une interprétation très particulière par Ankara des « refuges de protection » et des «corridors humanitaires» tels qu’ils sont mis en avant par le principal modèle proposé pour un changement de régime en Syrie : un rapport du Saban Center de la Brookings Institution rédigé par l’habituel de pro-Israël d’abord et avant tout et «d’experts» du Moyen orient affiliés au Qatar.

Alors attendez-vous à voir un film aux conséquences innombrables; l’ASL attaquant un poste frontalier syrien, tuant des soldats avant de se replier sous une pluie de projectiles qui troucheront inévitablement un camp de réfugiés Syriens tout proche.

L’escalade à la frontière illustre crûment le scenario plus large: la guerre civile.

Le ministre Turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu - avec sa fameuse politique de « zéro problème avec nos voisins » - a dû brusquement interrompre son voyage en Chine pour rentrer en Turquie à cause de l’escalade à la frontière. Ce serait très éclairant de savoir comment la direction politique de pékin lui a fait savoir que les trucs d’agents provocateurs de la Turquie revenaient à jouer avec le feu.

L’escalade à la frontière prouve aussi que l’OTAN n’est pas du tout intéressée par la réussite du cessez-le-feu présenté généralement comme le plan de Kofi Annan (c’est en fait uenversion diluée des plans de la Russie et de la Chine). Les problèmes vont continuer à s’aggraver – comme le suggère un reportage de Russian TV.

Il est évident qu’un gouvernement souverain – la Syrie dans le cas présent – doit exiger des garanties écrites que les opposants armés se conformeront au cessez-le-feu d’Annan.

La raison la plus importante pour laquelle ils ne le feront pas – et ils l’ont souligné publiquement – n’est pas seulement que l’ASL et les guérillas dissidentes continuerons à être armés par le Qatar et la monarchie saoudienne, et renforcés par des « rebelles » Libyens envoyés en Syrie ; c’est que deux membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, la Grande Bretagne et la France – ont également leurs forces spéciales sur le terrain, engagées dans la formation, le enseignement et des opérations de combat.

La question à mille milliards de livres turques est de savoir si Ankara ira plus loin et mettra vraiment en place les « zones refuges », ce qui reviendra à une implication directe dans la guerre civile syrienne, c’est-à-dire une déclaration de guerre contre Damas. C’est exactement ce que l’ASL implorait les Turcs de faire.
Mais même cela serait insuffisant pour renverser le régime de Bachar al-Assad.

Quant à l’appareil policier et militaire d’Assad, il serait bien inspiré de ne pas se laisser provoquer à aller vers une orgie de tortures, d’exécutions sommaires et de bombardements d’artillerie – car ce sont les conditions nécessaires pour le maintien du soutien diplomatique des principaux membres du BRICS, la Russie et la Chine. Une fois encore, les Syriens ordinaires, pris entre deux feux, seront les tragiques perdants.

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jeudi, février 09, 2012

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La nouvelle stratégie de l'OTAN et des monarchies arabes contre la Syrie


L’OTAN n’a pas eu sa résolution contre le gouvernement syrien du fait du veto russe et chinois, mais les puissances occidentales n’ont cependant pas renoncé à venir à bout de Bachar al-Asssad.

Et c’est bien du chef de l’Etat syrien qu’il s’agit puisque le schéma proposé par la Ligue Arabe et qui aurait dû être validé à l’ONU posait comme condition le départ de Bachar al-Assad. Une personnalisation outrancière qui a même cherché à mettre en lumière le rôle de l’épouse du chef de l’Etat, Asma al-Assad.
Le but est en effet d’isoler le président de sa population , mais aussi de ses collaborateurs et partisans et, pourquoi pas, de sa propre épouse.
Moyennant quoi, les monarchies marocaine, jordanienne ou qatarie se font fort d’amener la Syrie vers la démocratie.

Si nous n’étions pas dans un scénario cauchemar, on pourrait dire qu’on croit rêver.

Ayant intégré leur échec au Conseil de Sécurité, les pays de l’OTAN et les monarchies démocratiques ont choisi une nouvelle stratégie qui, si elle aboutit, (et même si elle n’aboutit pas d’ailleurs puisque la « communauté internationale » agit au nom de la morale) leur permettra de tenter d’abattre le régime syrien en neutralisant le veto russe et chinois en passant par un vote en Assemblée Générale.

L’idée n’est pas de lancer une intervention militaire massive comme ce fut le cas en Libye, mais d’une part d’étouffer politiquement et économiquement la Syrie et d’encourager et protéger des organisations combattantes comme les Etats Unis avaient l’habitude de le faire en Amérique latine ou en Asie du sud—est.
Dans ce but, et comme en Libye, toute démarche de sortie négociée et pacifique de la crise sera étouffée dans l’œuf par les champions de la démocratie.

Cette stratégie perverse, il n’y a pas d’autres mots, est exposée clairement dans l’article que je vous propose.

Vous noterez en lisant cet article que, selon le journaliste, la Russie ne fait pas partie de la communauté internationale. Et qu’en début d’article, on a l’impression que seule la Russie avait usé de son droit de veto pour s’opposer à la résolution contre la Syrie. Eh oui, en début d’article, le journaliste a complètement escamoté la Chine dont on a l’impression, en continuant la lecture, que c’est un petit pays marginal qui n’a pas de diplomatie propre indépendamment de celle de la Russie.

Je ne sais pas pourquoi, mais ça me fait penser à la deuxième guerre mondiale pour laquelle les commémorations ne font souvent débarquer que les Américains sur les plages de Normandie (Britanniques, Canadiens etc. tendent à disparaître) tandis que l’Armée Rouge se volatilise quelque part entre Stalingrad et Berlin.


La communauté internationale étudie une voie de contournement du veto russe en exhortant l’Assemblée générale de l’ONU à adopter une résolution qui permette d’aider la population.
Par ignacio Cembrero, El Pais (Espagne) 8 février 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

La communauté internationale ne peut s’empêcher de se demander comment faire en sorte que le président Syrien, Bachar al-Assad, arrête de tuer des civils. Elle étudie comment contourner le veto appliqué par la Russie et la Chine à une résolution présentée samedi dernier au Conseil de Sécurité de l’ONU, pour resserrer l’étau sur le régime syrien.

Les pays préoccupés par la crise syrienne bruissent parfois ouvertement et parfois discrètement d’un débat sur ce qu’il faut faire pour mettre un terme à une guerre civile larvée qui a causé déjà plus de 6 000 morts à la Syrie.

Ardemment désirée par la plus grande partie de l’opposition syrienne regroupée dans le Conseil National Syrien, et caressée par l’Occident, l’initiative dont on parle avec le plus d’insistance consiste à essayer de contourner le Conseil de Sécurité en passant par l’Assemblée générale, indiquent diverses sources diplomatiques européennes.

Constitué de 15 membres – dont cinq ont le droit de veto – le Conseil est l’organe suprême de l’ONU. Ses résolutions sont de nature contraignante. A l’Assemblée ce sont par contre tous les pays membres (193) qui peuvent voter. Ses résolutions ne sont pas contraignantes.

La discussion se fait en coulisses mais elle affleure parfois. Kevin Rudd (Kevin Rudd : le soutien à l’Etat sioniste est dans mon ADN), le ministre Australien des affaires étrangères, a exprimé hier son appui, devant le parlement, à une résolution de l’Assemblée « fondamentale pour marquer la condamnation par la communauté internationale des tueries dont elle est témoins en Syrie. »

La résolution irait cependant plus loin qu’une simple condamnation. Elle ouvrirait la voie à l’adoption de mesures qui freineraient la répression et allégeraient les souffrances de la population civile. « Elle apporterait un soutien plus moral que juridique pour agir contre le dictateur, » explique Salam Kawakibi, directeur d’études à l’Initiative de la Réforme Arabe [un think tank dominé par les monarchies arabes, NdT].

Les mesures pourraient consister en l’envoi d’aide humanitaire à la population, où même des attaques ponctuelles contre des unités d’élite de l’armée en passant par la création d’une zone de  sécurité – probablement le long de la frontière turque – où les civils pourraient se mettre à l’abri.

Aux yeux des juristes, il existe un précédent qui permet à l’Assemblée Générale de contourner le Conseil de Sécurité. A la demande des Etats Unis, décidés à surmonter le veto de l’Union Soviétique sur la guerre de Corée, l’Assemblée avait adopté la résolution 377 où elle constatait « le défaut d’unanimité entre les membres permanents » du Conseil qui ne peuvent pas « exercer leur responsabilité première de maintien de la paix et de la sécurité (…). »
L’Assemblée avait alors massivement recommandé l’adoption de mesures collectives, « y compris l’usage de la force » pour faire front à l’agresseur.

L’Assemblée Générale semble prédisposée à aller plus loin que le Conseil. Elle avait déjà approuvé le 19 décembre, par 133 voix pour, 11 contre et 43 abstentions, une résolution par laquelle elle avait condamné «avec force la violation grave et systématique des droits humains» par Damas. La Russie et le Chine s’étaient abstenues.

Les Russes sont conscients de la manœuvre qui se prépare afin de contourner leur droit de veto. L’ambassadeur de Russie à l’ONU, Vitaly Churkin, a averti dans une déclaration au site internet d’informations Inner City Press qu’il sera très difficile d’obtenir une résolution de l’Assemblée parce que l’affaire est déjà entre les mains du Conseil de Sécurité.

Pour se coordonner, pour promouvoir cette initiative à l’ONU, commencer à se concrétiser l’idée, formulée par Berlin, Paris et Londres de créer un « groupe d’amis » de la Syrie. A sa tête se trouveraient les pays arabes, surtout les monarchies du Golfe persique, et la Turquie. Inutile de dire que les Etats Unis seraient un élément de poids.
Sans l’appeler « groupe », comme l’a fait le ministre Français des affaires étrangères, Alain Juppé, son homologie Turc Ahmet Davutoglu a formulé hier la même idée au cours d’un entretien avec la chaîne télévisée NTV.
Davutoglu s’apprête à se rendre à Washington d’où il pourrait annoncer la fondation du « groupe des amis »
Il a souligné la nécessité d’organiser « à très bref délai » une conférence avec tous les pays impliqués dans la crise syrienne et, bien qu’il ne l’ait pas mentionné, l’opposition au régime qui est encore très divisée.
La conférence sur la Somalie, convoquée à Londres le 23 février, pourrait être élargie à la Syrie, selon Nick Robinson, correspondant politique de la BBC.

D’ici la mise en route d’une nouvelle initiative diplomatique, l’Union Européenne ca continuer à essayer d’asphyxier le régime syrien, mais sans expulser ses ambassadeurs. A la fin du mois, l’UE approuvera une douzième batterie de sanctions. Elles affecteront la banque centrale syrienne et interdiront les importations de phosphates, de métaux et de pierres précieuses. La suspension des vols commerciaux fait également l’objet de débats.
Il est probable que, sans rompre l’embargo sur la vente d’armes à Damas, les services secrets de plusieurs pays européens livrent déjà du matériel de communication, des médicaments etc. à l’Armée Syrienne Libre (ASL) constituée par des déserteurs qui essayent de protéger la population.

A en juger par les armes qui entrent clandestinement en Syrie par les frontières avec la Jordanie et le Liban – la douane libanaise a intercepté plusieurs cargaisons – l’ASL dispose d’autres fournisseurs. Les soupçons de portent sur les monarchies du Golfe, le Qatar en tête.

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mercredi, décembre 21, 2011

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L'échec de la guerre secrète de la Turquie contre Damas


No comment.

El Mundo (Espagne) 21 décembre 2011 traduit de l’espagnol par Djazaïri
Efe | Ankara

Un député Turc du parti de l’Action nationale (MHP), d'opposition, a affirmé au parlement que la Syrie a arrêté 49 agents des services secrets turcs ces dernières semaines.
Lutfi Türkkan a déposé à la Chambre une question pour le ministre des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, sur l’envoi suppose d’une délégation turque en Syrie pour libérer les agents qui auraient été arrêtés pour avoir entraîné des rebelles Syriens, rapporte l’édition numérique du journal ‘Vatan.’
«Les arrestations n’ont pas eu lieu en une seule fois. Les 49 membres des services secrets turcs ont été capturés dans des incidents différents. Je dispose d’une information précise : je ne suis pas en train de parler de 40 ou de 50 personnes mais de 49 exactement, » a affirmé le député.

Türkkan a ajouté qu’une délégation turque constituée de membres du ministère des affaires étrangères et des services secrets «s’est rendue à Damas il y a deux semaines pour récupérer les agents détenus et a rencontré des représentants du gouvernement syrien, mais est revenue les mains vides.»
Il y a trois jours, le journal turc ‘Aydinlik’ avait également affirmé l’existence de cette tentative de libération, une affaire sur laquelle le gouvernement d’Ankara ne s’est pas exprimé officiellment.

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mardi, décembre 20, 2011

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La Turquie devant le mur du génocide arménien


Les dirigeants turcs vont finalement de déconvenue en déconvenue du fait de leurs illusions selon lesquelles ils auraient été admis comme puissance alliée à part entière par les Etas européens.
Pourtant aussi bien les manœuvres dilatoires que les propos rejetant clairement une admission de la Turquie dans l’Union Européenne auraient dû leur mettre la puce à l’oreille.

Mais il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre et le « printemps arabe » a redonné vigueur à ceux qui, derrière le ministre Turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu pensent qu’Ankara peut-être le gendarme de l’Occident sur ses marches asiatiques.
Un raisonnement digne de l’homme malade de l’Europe qu’est restée finalement la Turquie maintenant affrontée à une proposition de loi française sur la pénalisation de la négation du génocide arménien.

Là encore, le gouvernement turc a froncé les sourcils et levé la voix contre ceux avec qui il fait pourtant de grands projets concernant la Syrie voisine : menaces de rappel de l’ambassadeur de Turquie à Paris ou de mesures de rétorsion économiques.

Deux délégations turques viennent d’arriver en France, l’une composée de députés, l’autre de représentants du grand patronat dans le but d’essayer de contrecarrer l’examen et l’adoption de cette proposition de loi.
Les choses semblent ne pas bien se présenter pour elles car, nous apprend la presse turque, la délégation d’hommes d’affaires dépêchée par la Turquie vient de se voir refuser la location d’une banale salle de conférence par un grand hôtel parisien.
La salle réservée par la délégation au Grand Hôtel Intercontinental, a été annulée à la dernière minute par la direction de l’hôtel pour cause d’indisponibilité, mais des informations sous-entendent que des pressions politiques sur la direction en seraient la véritable raison.
Du coup la délégation a changé précipitamment d’hôtel et décidé de tenir sa conférence de presse dans les locaux du consulat général de Turquie à paris.

Un dur rappel à certaines réalités pour les dirigeants Turcs.

Je vais me permettre d’adresser un conseil personnel à M. Erdogan, le premier ministre Turc en cas d’adoption de cette loi par le corps législatif Français. Je suis d’accord qu’on ne doit pas légiférer sur l’histoire mais, si le parlement français le fait…

Alors M. Erdogan plutôt que de se contenter d’agiter devant les autorités françaises le souvenir de leurs agissements en Algérie devrait se rappeler qu’en 1830, année de la prise d’Alger, par l’armée française, la régence d'Alger était sous suzeraineté ottomane et que l’empire Ottoman était donc lui-même victime d’une agression.
A ce titre, le parlement turc serait tout à fait fondé à légiférer pour adopter une loi reconnaissant le génocide commis par la France en Algérie et pénalisant sa contestation.

Voilà une réponse qui aurait une plus grande portée que les rodomontades et les jérémiades qu’on entend à Ankara.

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jeudi, décembre 15, 2011

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La Turquie est-elle restée l'homme malade de l'Europe?

J'ai personnellement beaucoup de mal à comprendre ce que cherche la Turquie dans la crise syrienne. Tout semble indiquer que, quel que soit le sort du régime baathiste, elle sortira perdante de cette affaire.

Ahmet Davutoglu, le ministre Turc des affaires étrangères a certes obtenu de la France, et donc de l'Union Européenne, le feu vert pour accroître la répression contre ses propres rebelles Kurdes, ce qui nous vaut cette photo de deux ministres satisfaits:
Alain Juppé et Ahmet Davutoglu

Mais ce feu vert n'est en fait en rien une nouveauté car l'attitude des Européens vis-à-vis de la Turquie et des kurdes a varié au gré de ce qu'ils considéraient être comme leur intérêt. Ici, cet intérêt est perçu comme consistant à inciter la Turquie à mettre la pression sur la Syrie, politiquement, économiquement et militairement. Une fois l'affaire syrienne réglée, les Européens réutiliseront la question kurde à leur guise et les Turcs auront perdu une occasion de plus de régler politiquement un problème qu'ils croient pouvoir gérer par la force.

Rien n'indique non plus que les prises de position d'Ankara faciliteront l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne
D'autre part, comme je l'avais signalé, l'affaiblissement de la Syrie servira in fine à rendre le rapport de forces régional encore plus favorable à l'entité sioniste, ce qui va contre l'apaisement durable des tensions dont a besoin la Turquie.

Et comme si la France avait voulu ramener la Turquie à ce qu'elle est restée pour elle, une nation foncièrement allogène dans le pré européen, c'est le parlement français qui s'apprête à votre une loi qui pénalisera la négation du génocide arménien.
Imaginez-vous que n'importe quel responsable politique turc en visite en France pourrait être poursuivi et même arrêté si cette loi était adoptée!

On comprend donc la colère exprimée par le porte parole de l'ambassade de Turquie à Paris qui considère cette proposition de loi
comme un acte hostile de l'exécutif français, a-t-il poursuivi, ajoutant qu'en cas d'adoption de la proposition de loi présentée par une députée de la majorité présidentielle, toute coopération avec le gouvernement français, tous les projets communs seront gelés.
Ahmet Davutoglu (le copain d'Alain Juppé sur la photo) a tenu des propos très fermes:

Il n'est pas question de laisser sans réponse les tentatives menées par les dirigeants, le gouvernement ou le Parlement de quelque pays que ce soit, pour déshonorer notre pays et notre nation, a déclaré mercredi soir devant le Parlement turc Ahmet Davutoglu, le ministre des Affaires étrangères, à propos du débat parlementaire en France

Les autorités turques pourraient même rappeler leur ambassadeur à Paris en cas d'adoption de la loi.

Décidément, la Turquie est restée dans la tête des Européens l'homme malade de l'Europe et elle est la seule à ne pas le savoir.

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