mardi, mars 05, 2013

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Hommage au Croissant Rouge Syrien


Il n’y a pas besoin d'être expert en politique, et encore moins d’être pro-Assad pour comprendre que la Syrie est victime d’un complot qui s’inscrit dans le cadre du prétendu «printemps arabe.»  De fait, les comploteurs sont tellement sûrs d'eux qu'ils se réunissent ouvertement dans des rencontres qui sont supposées être celles des "amis" de la Syrie.
Comme en Egypte, l’idée est de mettre au pouvoir des gens avec qui les monarchies du Qatar et d’Arabie Saoudite mais aussi  l’entité sioniste pourront composer.
Ces gens sont certes virulents verbalement mais accommodants sur le fond. Exactement comme le premier ministre Turc Recep Tayyip Erdogan qui vient de se fendre d’une sortie radicalement antisioniste verbalement au moment où son armée vient de réceptionner du matériel militaire importé de l’Etat contre lequel il vitupère.
Où comme le régime mis en place en Egypte, qui contre espèces sonnantes et trébuchantes a opté pour la non remise en cause des accords signés avec l’entité sioniste et vient d’ordonner l’inondation de tous les tunnels qui relient Gaza au Sinaï.
Le Croissant Rouge syrien n’est pas une organisation politique et elle accomplit un travail conforme à sa vocation.
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C'était il n'a pas si longtemps: une volontaire du Croissant Rouge syrien portait sur ses épaules une petite réfugiée soudanaise
C’est pour cette raison qu’elle peut travailler, pas sans risques d’ailleurs, dans l’ensemble du territoire national, aussi bien dans les zones contrôlées par le gouvernement que dans celles aux mains de l’opposition.
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Deir Ez Zohr: pour Mohamed, volontaire du Croissant Rouge syrien, tous les moyens sont bons pour acheminer l'aide à ceux qui en ont besoin
Il n’empêche que les cadres de cette organisation peuvent avoir leur point de vue sur ce qui se passe dans leur pays.
C’est le cas par exemple de Khaled Erksoussi, le chef des opérations du Croissant-Rouge syrien qui ne peut s’empêcher de faire quelques constats amers. Comme par exemple que l’aide humanitaire pour le peuple syrien était loin d’avoir atteint les montants promis par les participants à une conférence tenue au Koweit à cet effet. Ou encore que très peu d’aide humanitaire transite par la frontière syro-turque qui semble plutôt une voie réservée à l’acheminement d’armes et de combattants (de fait, on sait que quantité de biens, y compris alimentaires, ont au contraire pris tranquillement le chemin de la Turquie).
  
Sale guerre dans l’aide humanitaire
Les organisations des pays du Golfe, principaux alliés de  l’opposition, boycottent le transfert de fonds dans le pays. La vacance du pouvoir a ouvert la porte à des bandes de délinquants et d’agresseurs qui menacent la distribution
Par Mikel Ayestaran, ABC (Espagne) 5 mars 2013 traduit de l’espagnol par Djazaïri
Khaled Erksoussi est peiné. Le chef des urgences du Croissant-Rouge syrien a perdu hier un chauffeur d'ambulance à Khobar. Un mortier est tombé quand il était dans le poste médical avancé de cette zone de combat et mis fin à sa vie. «Nous avons perdu quinze bénévoles depuis le début de la crise. Dans les zones où il y a des combats, nous avons réussi à faire entrer des convois ces dernières semaines, mais autour de Damas, l’accès est impossible en ce moment" regrette Erksoussi qui, tout en repassant mentalement la carte syrien, réfléchit à voix haute et en dit qu'ils devront évacuer certains avant-postes si la situation ne s'améliore pas, "Avant, les combats duraient trois jours, contre des mois maintenant." Le Croissant-Rouge dispose de plus de 80 délégations à travers le pays, et il a des informations de première main sur la situation dans les zones contrôlées ou non par le régime et ses employés sur ​​le terrain sont très respectés quand ils distribuent de l'aide et donnent des soins aux victimes.
Mais la politique s’immisce aussi dans l’aide humanitaire en Syrie. Erksoussi dénonce le fait que les pays du Golfe, qui sont les principaux alliés de l’opposition, boycottent le transfert de fonds dans le pays et il rappelle, comme l’a souligné l’ONU, qu’à peine 13 % des sommes promises à la Conférence de Koweït ont été reçues. Ce qui fait qu’on peut aider seulement 1,5 millions de personnes par mois alors que la situation actuelle exigerait de pouvoir couvrir les besoins d’au moins quatre millions de citoyens. 
Chaos 
Le responsable de la sécurité de l'organisation a conduit la plupart des convois qui sont allés dans le nord. "De la frontière turque à Hama la coordination ne se fait plus avec  le gouvernement parce que le gouvernement n'existe pas ; dans ces zones, nous traitons avec les chefs de l'Armée Syrienne Libre (ASL) qui nous donnent une protection. Mais le chaos est général et il y a des secteurs pour le contrôle desquels l’ASL se bat contre le Front [Jabhat] Nosra  (proche d’al-Qaïda) " dit-il. 
Le vide de pouvoir a ouvert la porte à des bandes de délinquants et de criminels, des criminels sans motivation politique qui menacent l'arrivée des secours. Mais l’autre gros problème que dénonce le Croissant Rouge syrien est la présence officieuse de membres du Croissant-Rouge du Qatar qui sont en train d’essayer de monopoliser l'aide et d’écarter l'organisation nationale [le Croissant Rouge syrien] de cette tâche. «Ils nous accusent d'être pro-régime et hier, ils ont arrêté quatre bénévoles dans le nord d'Alep et ils les ont presque tués" déplore Erksoussi. «Ils veulent monopoliser l'aide, que ce soit eux qui assurent les livraisons. Mais ce que je ne comprends pas c'est pourquoi, alors qu’ils ont toute la frontière avec la Turquie grande ouverte, ils préfèrent qu’arrivent par là des djihadistes et des armes au lieu d'aide humanitaire dans les zones sous leur contrôle où elle est bien sûr est très nécessaire.» 
Des fins politiques 
Les convois qui vont dans le nord se concentrent particulièrement sur ​​les camps de déplacés créés à Azzaz (un camp de 16.000 personnes) et à Atmeh , où il y en a trois pour un total de quelque 50.000 déplacés. «Il ya aussi des besoins à Deraa et à Deir Ezzor , mais on ne nous écoute pas. A l'ONU on semblent aussi avoir un ordre du jour clair et elle démontre une fois de plus que c’est une organisation politique et non humanitaire. Elle n’aide que le nord et l’est et les choses ressemblent de plus en plus à ce qui s'est passé au Kosovo où elle a aidé surtout ​​un camp. Ici, ce sont tous les Syriens qui ont besoin d'aide », rappelle Erksoussi. 
Après près de deux années, le régime commence à donner des autorisations à des ONG, mais avec parcimonie. Le blocus initial est levé très lentement et c’est pourquoi le Croissant-Rouge est l’acteur le plus présent dans l'aide humanitaire, en particulier dans la phase de distribution.

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mardi, janvier 29, 2013

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Assad, un président Syrien lucide et confiant


Le président Syrien Bachar al-Assad a récemment reçu une délégation de personnalités arabes. Ces dernières on pu prendre connaissance en direct du sentiment du chef de l’Etat sur la situation politique et militaire dans son pays et la manière dont il envisage l’évolution de cette situation.
Ces visiteurs renvoient l’image d’un président maître de lui-même et confiant dans la capacité de l’armée de son pays à créer sur le terrain les conditions d’une solution politique.
Une solution qui serait bien sûr très différente de celle que souhaitent les prétendus « amis » de la Syrie.
Sa vision du contexte international n’est pas dénuée de lucidité. Il considère en effet que les Etats Unis ne sont pas (encore) prêts pour une solution de la crise syrienne, ce qui sous-entend que Bachar al-Assad pense qu’ils le seront dans un avenir assez proche. Quant à la Russie, dont le soutien ne lui a jamais vraiment fait défaut, il estime que c’est sa propre sécurité qu’elle défend en Syrie. 
Et ça ne fera peut-être plaisir ni à Laurent Fabius, ni à William Hague, mais il n’y a aucune place pour la France et la Grande Bretagne dans la réflexion de Bachar al-Assad.
 Assad: Nous avons repris le dessus
Al-Akhbar (Liban) 28 janvier 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri 
Damas – Le président Syrien Bachar al-Assad a déclaré à des visiteurs que l’armée syrienne «a largement repris l’initiative sur le terrain et a obtenu d’importants résultats, qui seront bientôt mis en lumière.» 
 "Les groupes armés financés par l’étranger ont reçu des coups sévères récemment," a ajouté Assad.
"Les Etats-Unis ne sont pas prêts pour une solution à l'heure actuelle." Il a estimé que la Russie restera son alliée. "C’est elle-même qu’elle défend, et non pas le régime syrien, a-t-il poursuivi, soulignant que «nous ne nous écarterons pas des articles de l'accord de Genève". 
Ces positions ont été relayées à Al-Akhbar par des Arabes qui ont effectué une visite au palais présidentiel et qui étaient intéressés à avoir un témoignage de première main sur les rouages décisionnels en Syrie, et en particulier sur le président lui-même. 
Un de ces visiteurs est resté assis près d’Assad pendant plus de trois heures. Il a déclaré à Al-Akhbar que même s’il n’est pas trop influencé par la propagande anti-Assad, il a quand même été étonné de ce qu’il a vu et entendu. Le président tient des réunions régulières au palais al-Rawda à Damas. Son équipe gère ses activités comme à l’habitude. Au plan personnel, l’homme semble calme et avoir le contrôle. Il est à l’évidence confiant. Il y a aussi la nouvelle de la grossesse da son épouse Asma, qui n’a pas pu être abordée comme si c’était une simple affaire personnelle dans un couple.
Sur le plan personnel comme politique, Assad surprend ses hôtes «par sa lecture complexe de la situation à ce stade.» Cette observation a été répétée par plusieurs personnes qui l’ont vu récemment. Il parle «des provinces syriennes dans leurs moindres détails. Ses informations portent sur une rue ici et sur les nouvelles d’un petit quartier là. Les rapports qu’il reçoit sont complets, même quand ils ne sont pas à son goût.»
Selon ses visiteurs, “Assad est tout à fait conscient des efforts internationaux pour résoudre la crise en Syrie.” Certains le signalent en disant que «s’il n’en était pas ainsi, l’Etat n’aurait pas pu survivre aussi longtemps, l’armée arabe syrienne n’aurait pas maintenu sa cohésion. “ 
Assad, ainsi que ses visiteurs l’ont dit à Al-Akhbar, affirme que “l’armée a largement repris l’initiative sur le terrain, obtenant d’importants résultats en plus de ceux qu’elle avait obtenus ces 22 derniers mois. Elle a mis fin au contrôle par les combattants [de l’opposition] de gouvernorats entiers, restreignant leur champ d’action à des zones frontalières avec la Turquie principalement, et avec le Liban et la Jordanie dans une certaine mesure. Il y a aussi quelques poches dans la campagne près de la capitale qui sont en cours de traitement par l’armée. La capitale Damas est dans une meilleure situation. Ses points stratégiques – malgré les tentatives des militants – sont restés sûrs, la route de l’aéroport tout particulièrement. “ 
S’arrêtant sur ce qui s’est passé au camp de réfugiés Palestiniens de Yarmouk, près de Damas, Assad explique que le camp a valeur de symbole, ce qui a incité le gouvernement syrien à ne pas prendre la décision d’affronter les militants qui en avaient occupé une partie. Le règlement de la situation à Yarmouk avait été laissé aux factions palestiniennes, à charge pour elles de prendre des initiatives pour une solution acceptable par les autorités syriennes.
Le président Syrien a été interrogé par ses visiteurs sur les propos qu’il avait tenus au meeting tenu à l’Opéra sur son “refus de laisser la Syrie se transformer en hôtel“. Il a répondu en disant qu’il ne voulait pas s’attarder sur ce débat  mais qu’il avait “été blessé par ceux qui auraient dû témoigner que nos relations avec les factions palestiniennes n’ont jamais été basées sur la religion ou l‘appartenance confessionnelle.“
Ils sont au contraire devenus des témoins mensongers, soutenant que l’Etat syrien agit de manière sectaire. La logique veut que nous nous attendions à ce qu’ils disent la vérité. Nous comprenons les contraintes de certains d’entre eux et nous aurions accepté qu’ils gardent le silence s’ils étaient dans l’incapacité d’être des témoins sincères. “
Le président Syrien a déclaré qu’en dépit des positions adoptées par les dirigeants de certaines factions palestiniennes, “La Syrie qui a payé le prix fort avec l’argent et les maigres ressources de son peuple pour soutenir la résistance palestinienne, ne réduira pas ce soutien. “
Assad affirme que “ce que l’armée syrienne a réalisé ces dernières semaines apparaîtra bientôt à la lumière. “Il donne quelques détails qui peuvent être pris comme indicateurs d’un “réel changement de la situation sur le terrain. Par exemple, il y a 15 000 habitants qui sont rentrés volontairement à Homs. Le peuple syrien en a déjà assez de ces déviants qui ont détruit ses rues, ses maisons et ses commerces. “ 
Assad pense que la “fermeture des frontières aux armes et aux trafiquants pourrait résoudre le problème en deux semaines, parce qu’alors, les sources pour les armes et l’argent seraient éliminées.“
Il a dit à ses visiteurs que “les groupes armés financés par l’étranger ont reçu des coups sévères récemment. Ce développent croise une autre évolution à l’étranger, la plus importante étant l’inclusion du Jabhat al-Nusra dans la liste des organisations terroristes, qui sera suivie par d’autres mesures qui conduiront à l’élimination de la totalité de cette branche d’al Qaïda. “
Assad pense que les Etats Unis ne sont pas prêts pour une solution actuellement. Il pense que la Russie va continuer à le soutenir. “C’est elle-même qu’elle protège, pas le régime syrien, “ a-t-il expliqué, soulignant que “nous ne nous écarterons pas de l’accord de Genève. “
Il a souligné que la Syrie continuera à coopérer avec l’envoyé de la Ligue Arabe et de l’ONU, Lakhdar Brahimi quoique “ce dernier a paru, lors de sa dernière visité à Damas, quelque peu influence par la champagne médiatique contre la Syrie.”
Les visiteurs d’Assad ont soutenu que Brahimi avait suggéré que le président démissionne au cours de la phase de transition sur la base du fait qu’aucun président n’aura de pouvoirs importants pendant une telle période. Mais le président a “fait objection et expliqué [à Brahimi] à sa façon que ce qui résoudra la crise en Syrie est la situation sur le terrain qui est chaque jour plus favorable au régime“.
Aujourd’hui, selon ses visiteurs, Assad suit les développements de la guerre qui se déroule dans son pays. Il estime avoir été en mesure de surmonter les étapes les plus difficiles et les choses seront bientôt claires. Il insiste sur le besoin «d’arrangements logistiques pour la phase suivante. Il y a un plan pour le retour des réfugiés dans leurs régions et dans leurs maisons qui sera annoncé en temps voulu et il y a d’autres plans pour la reconstruction.»

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dimanche, octobre 14, 2012

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Avion de ligne syrien: les Etats Unis laissent Erdogan s'enfoncer dans le ridicule


La tension entre la Syrie et la Turquie, déjà forte, est monté d’un cran suite à l’arraisonnement le 10 octobre par l’armée turque d’un avion civil syrien assurant une liaison entre Moscou et Damas.

Le gouvernement turc a motivé cet arraisonnement par la présence d’armes russes dans les soutes de cet avion, ce que les autorités syriennes ont démenti.

La Russie a également démenti la présence d’armes dans cet avion, dont les soutes renfermaient par contre des pièces de rechange pour du matériel radar et a fait part de sa colère contre un acte qui aurait pu mettre en danger la vie de ses ressortissants qui se trouvaient à bord de l'appareil.

Si cet avion avait transporté des armes, la Russie n’aurait pas opposé de démenti, puisque rien ne lui interdit de vendre ce genre de matériel à l’armée syrienne.
Il va de soi que la Turquie ne se serait pas risqué à une montée de tension avec la Russie, d’où elle importe 60 % de ses besoins en gaz, si elle n’avait pas eu le soutien des Etats Unis qui se sont servis d’Ankara pour adresser un message à Vladimir Poutine sur le dossier syrien.

Effectivement les Etats Unis ont soutenu la démarche turque et on peut même concevoir que ce sont leurs services secrets qui ont soufflé à Recep Tayyip Erdogan que l’avion syrien transportait de l’armement, des «munitions» avait même précisé le premier ministre Turc.

Des munitions, ça se reconnaît pourtant au premier coup d’œil, sans demander d’investigations particulières.

En plus de ces supposées munitions, l’avion syrien transportait comme on l'a dit un certain nombre de ressortissants Russes . Ces derniers, munis de passeports diplomatiques, étaient peut-être des agents du FSB, les services secrets russes, ce qui n’a sans doute pas contribué à calmer les autorités ruses.
Erdogan a bien mérité sa médaille
Si Recep Tayyip Erdogan a bien brouillé son pays avec la Russie et que la tension a encore fortement augmenté entre la Turquie et la Syrie sous le regard impavide des Etats Unis, ces derniers ont maintenant décidé de laisser le premier ministre Turc s’enfoncer tout seul dans le ridicule puisque on peut lire dans le journal The Hindu daté du 14 octobre 2012 : 
Les Etats Unis ont reconnu que la Russie n’avait violé aucune loi avec la cargaison contenue dans l’avion civil syrien reliant Moscou à Damas qui a été forcé par la Turquie à atterrir à Ankara mercredi.
Cette affaire est un bel exemple de névrose expérimentale induite par le maître américain chez son toutou Erdogan.

La prochaine étape de l’expérimentation consistera sans doute à amener le sujet expérimental à mordre son voisin syrien, ce qu’il sera probablement disposé à faire compte tenu de l’état mental et du ridicule dans lequel les manipulations américaines l’ont laissé. 

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mercredi, octobre 10, 2012

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La Syrie décidée à gagner la bataille de la crème glacée


Non, c'est pas la guerre chimique.

Je vous disais que les affaires reprennent entre la Jordanie et la Syrie. Et ces affaires ne concernent pas que le contrat passé par le ministère jordanien de l’agriculture mais une spécialité damascène bien connue : la crème glacée.

Bikdash, le fameux glacier de la capitale syrienne vient en effet de s’implanter à Irbid en Jordanie. Non pas que la célèbre maison ait fui la Syrie, mais un investisseur Jordanien intuitif s’est dit que la présence de réfugiés Syriens représentait un atout favorable à l’implantation d’une succursale du glacier de Damas.

Bien vu, puisque la clientèle d’expatriés Syriens a vite été rejointe par une clientèle locale séduite par la qualité du produit.

La crème glacée est confectionnée en Jordanie avec des ingrédients venus de Damas et d’Alep tandis que la main d’œuvre a été envoyée par la maison mère avec l’autorisation d’une administration syrienne des frontières plus tatillonne que jamais.

La vidéo ci-dessous donne un aperçu du mode de préparation en rythme de la fameuse crème glacée.



Alors que le conflit s'éternise, Jordaniens et Syriens se tournent vers un ‘’côté plus doux’’ de Damas
par Taylor Luck, Jordan Times (Jordanie) 9 octobre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Irbid - Hamzeh Hashish plonge le pilon en bois massif dans la cuve de crème, et le rythme régulier du martèlement est le même que celui dont l’écho retentit dans les rues de Damas depuis un siècle.
Avec le mixage de six lots en autant d’heures, cette journée était comme n’importe quelle autre journée de ses dix années de carrière passées à servir de la crème glacée artisanale dans la capitale syrienne.
A une chose près: Hashish est maintenant en Jordanie.

«J’oublie parfois que je ne suis plus en Syrie tant que je n'ai pas passé la porte,» admet Hashish

Bikdash, l’icône de la culture syrienne, a transporté le mois dernier sa fameuse crème glacée et son nappage de l’entrée du souk Hamadiya à la ville d’Irbid dans le nord de la Jordanie.
L’arrivée de Bikdash sur le marché jordanien est le fruit des cogitations d’ Abdul Wahab Ababneh, qui dit avoir constaté un accroissement de la demande pour cette douceur glacée au moment où le conflit syrien entrait dans sa deuxième année.

En Jordanie, nous avons deux marchés en croissance: les expatriés Syriens et les Jordaniens qui avaient coutume de voyager en Syrie et qui recherchent un goût de Damas” explique l’investisseur Jordanien.

D’un point de vue commercial, il aurait été stupide de ne pas ouvrir une branche en Jordanie”
Au début de cette année, Ababneh avait noué des contacts avec Bikdash qui, selon ses employés, connaît un ralentissement de son activité à cause du conflit en cours.

 “On avait des files d’attente jour et nuit devant la porte” explique Mohammad Ahmad, qui a travaillé pour la branche damascène de Bikdash pendant cinq ans.
 “Depuis que le conflit est présent à Damas, nous avons de la chance quand nous avons plus de deux clients à la fois.”

Soucieux de donner un coup de fouet à ses affaires, Bikdash a rapidement accepté d’ouvrir une boutique de l’autre côté de la frontière.

Afin de saisir l'essence et la saveur qui ont  séduit des générations de Damascènes et de touristes, Ababneh a fait en sorte que la production reste «100 % syrienne».
Ababneh importe la crème depuis l’atelier de la compagnie à Damas, les pistaches d’Alep et a même fait venir des employés de la maison mère Bikdash dans la capitale syrienne pour assurer la production des spécialités du glacier.

La crème glacée syrienne n’est pas seulement un dessert; c’est un art – qui n’est pas à la portée de n’importe qui.”
Ababneh affirme.  “Si nous faisons le moindre changement, ce ne sera plus Bikdash”

Selon les clients, Bikdash et Ababneh ont trouvé ensemble une recette gagnante.

Abu Muath fait partie des dizaines de réfugiés Syriens qui ont traversé le pays pour un gout nostalgique de leur patrie.
Cet homme de 44 ans originaire de Dar'a explique que sa famille et lui ont fait une heure d’autobus depuis leur appartement en colocation à Mafraq rien que pour goûter la crème glacée qui était autrefois le moment fort de toute excursion à Damas.
Chaque fois que nous parlons du pays, nous parlons de missiles et de tanks, de qui a survécu et qui n’a pas survécu” déclare Abu Muath tout en tendant une coupe de glace au chocolat tout juste brassée à son fils âgé de cinq ans.

C’est bon de s’arrêter un moment et de se rappeler des choses qui font que la Syrie est un beau pays”

La crème glacée syrienne centenaire vient même de se gagner de nouveaux fans en Jordanie puisque des centaines d’habitants d’Irbid sont devenus des clients réguliers en seulement quelques semaines.

Tous ceux qui sont allés à Damas parlent toujours de deux choses: le shopping et la crème glacée” affirme Fatima, 22 ans, étudiante à l’université de Yarmouk, présente dans la file d’attente.
Maintenant, je peux voir ce dont tout le monde parlait.”

Malgré son succès initial, ‘’Bikdash Jordanie’’ doit relever plusieurs défis, déclare son propriétaire.
En raison de restrictions au transport de marchandises, les livraisons arrivent avec retard de Syrie, voire pas du tout et la société a eu des difficultés pour faire venir ses employés du fait du strict contrôle de Damas à la frontière.

 “C’est parfois comme si nous avions affaire à des secrets d’Etat, et pas à de la crème glacée” concède Ababneh.

Malgré les difficultés, Bikdash envisage déjà d’accroître sa présence en Jordanie, avec Ababneh en quête d’un distributeur à Amman et qui étudie une troisième implantation à Akaba.

Alors que le conflit s'éternise et que le nombre de réfugiés augmente, les Syriens affirment que la demande est appelée à croître pour cette friandise glacée qui est devenue avec le temps un symbole de fierté syrienne.

"En temps de guerre ou de paix, en Jordanie ou en Syrie, on a parfois tous besoin de  quelque chose de simple," déclare Abu Muath que faisait tournoyer sa cuillère dans la crème fraîchement pilée.

"Un petite dose de quelque chose de sucré."

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jeudi, août 30, 2012

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Sur la tuerie de Deraya en Syrie, traduction express de Robert Fisk


La presse française, c'est globalement de la merde.aux mains des banquiers et des marchands d'armes

Traduction à la va comme je te pousse d’un article de Robert Fisk sur la tuerie de Deraya en Syrie  imputée généralement à l’armée syrienne.
Sans trancher vraiment, Fisk nous montre que les choses sont plus compliquées qu’à première vue et qu’un certain nombre d’indices plaident pour l’hypothèse d’une tuerie perpétrée par les F.F.I. l’Armée Syrienne Libre.
J’ai pris l’article dans The Independent Irlande mais Robert Fisk collabore en ce moment avec The Independent du Royaume Uni (les liens entre les deux journaux sont étroits).
Un fait assez emblématique de la couverture de la crise syrienne est que, en dépit du contenu de l’article, la photo proposée par The Independant (Irlande) pour illustrer l’article comporte une légende qui impute le massacre aux fameuses shabiha, les milices progouvernementales…

Par Robert Fisk, The Independent (Irlande)

La ville syrienne de Deraya où un massacre a été commis est un lieu ou planent fantômes et questions. Ils font écho au grondement des explosions de mortiers et aux tirs d’armes à feu d’hier avec ses quelques habitants rentrant chez eux et parlant de mort, d’agressions, de «terroristes» étrangers, et son charnier hanté par des tireurs embusqués.

Les hommes et les femmes avec qui j’ai pu discuter, deux d’entre eux ayant perdu des proches parents pendant cette journée d’infamie il y a quatre jours, m’ont raconté une histoire différente de celle qui a été reprise dans le monde entier : leur récit était celui d’une prise d’otages par l’Armée Syrienne Libre et de négociations désespérées pour un échange de prisonniers entre les opposants armés au régime et l’armée syrienne, avant que la prise d’assaut de la ville par les forces gouvernementales pour en reprendre le contrôle aux rebelles.

Officiellement, aucune mention n’a été faite de ces discussions entre les deux ennemis. Mais des officiers supérieurs de l’armée syrienne ont expliqué à The Independent comment ils avaient «épuisé toutes les possibilités de réconciliation» avec ceux qui avaient pris la ville, tandis que des habitants de Deraya disent qu’il y a un une tentative des deux côtés pour arranger un échange de civils et des soldats en permission – apparemment enlevés par les rebelles en raison des liens de leurs familles avec l’armée gouvernementale -  contre des prisonniers [de l’ASL] aux mains de l’armée. Quand ces discussions ont été rompues, l’armée est entrée dans Deraya, à 8 kilomètres du centre de Damas.
Etre le premier témoin oculaire occidental dans cette ville hier était aussi frustrant que dangereux. Les cadavres d’hommes, de femmes et d’enfants avaient été déplacés du charnier où beaucoup d’entre eux avaient été découverts ; et quand nous sommes arrivés en compagnie de troupes syriennes au cimetière musulman sunnite – coupé en deux par la rue principale qui traverse Deraya – des tireurs embusqués ont ouvert le feu sur les soldats, touchant l’arrière du vieux véhicule blindé avec lequel nous nous sommes enfuis. Nous avons cependant pu parler avec des civils hors de la portée des officiels Syriens – dans deux cas, c’était dans la sécurité de leurs domiciles – et leur récit de tuerie qui a causé la mort de plus de 245 hommes, femmes et enfants suggère que les atrocités ont été bien plus étendues qu’on ne le supposait.

Une femme, qui s’est présentée sous le nom de Lina, a déclaré qu’elle circulait en ville en voiture quand elle a vu 10 cadavres d’hommes qui gisaient sur la chaussée prés de chez elle. «Nous avons continué à rouler, nous n’osions pas nous arrêter, nous avons seulement vu les cadavres dans la rue,» dit-elle, ajoutant que les troupes syriennes n’étaient pas encore entrées dans Deraya.

Un autre homme a déclaré que, quoiqu’il n’ait pas vu les morts dans la fosse commune, il pensait que la plupart avait un lien avec l’armée gouvernementale avec plusieurs appelés en permission. «Un des morts était un postier – ils l’ont mis dans le lot parce que c’était un fonctionnaire,» déclare cet homme. I ces récits sont vrais, alors les hommes armés – qui portaient des cagoules selon une autre femme qui a raconté comment ils avaient fait irruption chez elel et comment elle les avait embrassés dans la tentative de quelqu’un qui a peur pour les empêcher de tirer sur sa propre famille – étaient des insurgés armés plutôt que des soldats Syriens.

Amer Sheikh Rajab, un cariste, dit que son domicile a été utilisé par des hommes armés comme base pour les forces de « l’Armée Libre,» l’expression par laquelle les civils désignent les rebelles. Ils ont cassé la vaisselle de la famille et brûlé les lits et les tapis – la famille nous a montré les dégâts – mais ils ont aussi retiré des pièces électroniques à l’intérieur des ordinateurs et des téléviseurs qui se trouvaient dans la maison. Pour s’en servir comme composants pour des bombes, peut-être ?

Su une route, à la limite de Deraya, Khaled Yahya Zukari, un chauffeur routier, était en train de quitter la ville dans un minibus avec sa femme, Musreen, 34 ans, et leur fille âgée de sept mois.

«Nous étions en route pour [le faubourg voisin de] Senaya quand soudain il y a eu de nombreux tirs dans notre direction,» dit-il. «J’ai dit à ma femme de se tapir contre le sol mais une balle a pénétré dans le véhicule et a traversé le corps notre bébé et a touché ma femme. C’était la même balle. Elles sont mortes toutes les deux. Les tirs venaient des arbres, d’un espace vert. C’étaient peut-être des militants cachés dans le terrain et derrière les arbres qui pensaient que nous étions un bus militaire qui transportait des soldats.»

Et une enquête approfondie sur une tragédie de cette ampleut et dans ces circonstances était virtuellement impossible hier. A certains moments, accompagnés de soldats Syriens, nous devions foncer dans des rues vides avec des tireurs antigouvernementaux embusqués aux intersections ; de nombreuses familles s’étaient barricadées chez elles.

Même avant notre départ pour Deraya à partir de la grande base militaire de Damas – où se trouvent des chars T-72 et des hélicoptères de combat Hind fabriqués en Russie – un obus de mortier, peut-être tiré depuis Deraya même, s’était abattu sur la piste à à peine 300 mètres de nous, provoquant une colonne de fumée qui s’élevait vers le ciel. Même si les soldats Syriens continuaient à se doucher nonchalamment en plein air, j’ai commencé à éprouver un peu de compréhension pour les inspecteurs de l’ONU chargés de contrôler le cessez-le-feu qui ont quitté la Syrie la semaine dernière.

Le récit peut-être le plus triste de tous est celui que j’ai entendu hier de la part de Hamdi Khreitem, 27 ans, qui a raconté, assis dans la demeure familiale avec son frère et sa sœur, comment ses parents, Selim et Aïcha étaient partis acheter du pain samedi. «Nous avions déjà vu les images du massacre à la télévision – les chaînes occidentales disaient que c’était l’armée syrienne, la télévision d’Etat disait que c’était l’ «Armée Libre» - mais nous n’avions plus à manger et papa et maman sont partis en ville en voiture. Puis nous avons eu un appel de leur téléphone mobile et c’était ma mère qui disait seulement : ‘Nous sommes morts.’ Elle n’était pas morte.

 «Elle était blessée à la poitrine et au bras. Mon père était mort mais je ne sais pas où il a été touché et qui l’a tué. Nous l’avons sorti de l’hôpital, recouvert [d’un linceul] et nous l’avons enterré hier.»

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lundi, août 27, 2012

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Réalités de la guerre en Syrie


Le journaliste Anglais Robert Fisk va sans doute à son tour être classé dans la catégorie des nazillons salafisto-révisionnistes par les Red Skins (qui se disent militants prolétariens) qui ont déjà taillé ce costar à Michel Collon, un auteur bien connu qui nous vient d’Outre Quiévrain.
C’est sûr, les gens comme Michel Collon gênent ceux qui pensent qu’il est temps d’avoir un gouvernement mondial qui ne peut être assumé, soyons réalistes, que par l’OTAN, cette organisation constituée de pays exemplaires à tous points de vue. C’est vrai, dans les pays OTAN, tu peux tout dire (quoique), te mettre une plume dans le derrière un jour de gay pride. Que des gentils quoi.

Dommage, il y a tous ces méchants : le dictateur Syrien (qui est carrément Hitler pour ce pitoyable François  Hollande qui pense cependant que les FFI ont libéré Paris d’un autocrate Français), le Guide Libyen (quoique ce denier a succombé devant la gentillesse de l’OTAN), Mugabe au Zimbabwe qui veut garder pour lui tout son or, Hugo Chavez au Venezuela et, comble de l’horreur le Hezbollah libanais et le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad dont on dit depuis 20 ans que son pays va avoir la bombe dans six mois.
Et comme c’est l’OTAN qui dit qui est méchant et qui ne l’est pas, on a eu Benali qui était gentil (demandez à Bertrand Delanoe) avant de devenir méchant, et Moubarak qui était très très gentil avant lui aussi de devenir méchant.
Et si on repense à kadhafi, c’était le meilleur lui : il était très très méchant, avant de devenir gentil puis de redevenir horriblement méchant.
Et les barbus djihadistes qui étaient gentils au moment où les Soviétiques étaient en Afghanistan (on en avait trouvé un de présentable, Ahmed Shah Massoud), étaient ensuite devenus maléfiques avec Ben Laden mais redeviennent gentils aujourd’hui (quelqu’un a même trouvé un article sur ce djihadiste tunisien qui fume pendant le jeune de Ramadan, et est branché musique. Parce que le djihad selon l’OTAN, c’est cool maintenant.

J’en reviens à Fisk qui s’attache à rétablir ou à établir quelques vérités non dites ; oui, il y a un complot contre la Syrie qui a commencé à être exécuté dès le début des revendications légitimes de la population. Et oui, il faut une solution politique pour arrêter morts et destructions mais chacun peut voir qui, comme en Libye précédemment, fait obstruction à toute discussion.
Mais dans le monde des bisounours, il suffit que Mme Clinton, David Cameron et Laurent Fabius disent «Bachar dégage » pour que tout soit réglé.

Misère de la pensée.

Mais il est vrai que dans le monde de bisounours de certains il n’y a jamais de complot, parce qu’il y a seulement des gentils et des méchants, et le méchant on le reconnaît au premier coup d’œil puisque c’est pratiquement toujours un Arabe ou un Africain ou les deux comme Kadhafi, en tout cas quelqu’un que les Américains n’aiment pas.

PS: je ne suis que très partiellement voire pas d'accord sur le parallèle qu'il fait entre la situation syrienne et la guerre civile en Algérie, non plus que sur le parallèle historique mais ce n'est pas vraiment l'objet du post. De même, ni le régime syrien, ni le régime algérien ne peuvent être qualifiés de laïques, ce sont des régimes sécularisés (en anglais on dit secular).



Ceux qui essayent de renverser Assad ont surpris l’armée par leur puissance de feu et leurs tactiques brutales
Par Robert Fisk, The Independent (UK) 26 août 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Quelques heurs après le commencement des attaques féroces conduites le mois dernier à Damas par l’Armée Syrienne Libre (ASL), le nouveau ministre Syrien de l’information, Omran Zouhbi, s’adressait aux journalistes présents dans la capitale. «Que faites-vous ici à Damas ? » avait-il rugi. Vous devriez être à l’extérieur avec nos soldats !»
Et en l’espace d’une journée, les images usées d’un président Bachar al-Assad au sourire pincé et de soldats Syriens embrassant joyeusement des enfants avaient été remplacées par des séquences d’actualités brutes – et authentiques – montrant des commandos forçant le passage dans la rue de Bagdad sous le le feu des opposants au régime au visage sale, courant d’un coin de rue à un autre, tirant en se couvrant derrière des murs ou des terrasses. « Nous avons nettoyé par ici, » déclare un militaire fatigué mais très en colère. «Alors maintenant, nous allons avoir le reste de ces salauds.» Jamais auparavant – pas même pendant la guerre de 1973 quand l’armée syrienne avait pris d’assaut la crête de l’Observatoire sur le plateau du Golan – le public syrien n’avait pu assister à quelque chose d’aussi réel sur ses écrans de télévision [bon, il a ça dans ses rues ou chez lui, note de Djazaïri].

Et – malgré des histoires  fantaisistes sur sa présence dans chaque village ravagé – la bataille pour Damas a réellement été conduite par l’impitoyable 4ème division de Maher al-Assad. Les soldats fidèles au plus jeune frère de Bachar n’ont pas fait de quartier. «Ce fut un massacre, un massacre,» m’a dit un Syrien qui a une excellente connaissance de l’armée. Beaucoup de cadavres avaient déjà gonflé au bout de quelques heures, mais on pouvait dire que certains d’entre eux n’étaient pas Syriens ; il y avait des Jordaniens, des Palestiniens, des Egyptiens, un Turc, des Soudanais… » Il a compté 70 cadavres à un endroit, dont 42 non arabes. L’ASL a signalé avoir perdu seulement 20 hommes et a affirmé que le gouvernement syrien avait insisté sur le nombre de «combattants étrangers» découvert au milieu des tués. «les soldats Syriens n’aiment pas l’idée qu’ils tirent sur leurs compatriotes – ils se sentent plus à l’aise s’ils croient qu’ils son en train de tirer sur des étrangers,» explique le jeune homme.

Les statistiques de la guerre en Syrie seront toujours l’objet de disputes – chaque camp minimisera ses pertes tant que dureront les combats et  exagèrera le nombre de ses «martyrs» une fois le conflit terminé ; nous ne saurons pas non plus le véritable nombre de civils tués, pas plus que l’identité de ceux qui les auront tués. Malgré l’accès inédit que nous avons eu la semaine dernière à des généraux et à des majors que l’Occident accuse de crimes de guerre, je n’ai trouvé qu’un officier qui a reconnu partiellement l’existence des shabiha, cette milice meurtrière à laquelle on impute des atrocités dans des villes et villages en majorité sunnites. «Les shabiha n’existent pas,» m’a-t-il dit. «C’est un produit de l’imagination. Ce sont des ‘défenseurs’ villageois qui gardent certains secteurs… »
  
Et c’est bien sûr exactement ce que le shabiha prétendent être, des civils Syriens qui protègent leurs maisons contre les ennemis du gouvernement. Il en a existé en Algérie pendant le conflit barbare entre la dictature d’Alger et les rebelles islamistes dans les années 1990, protégeant leurs familles tout en commettant des atrocités dans les villes et villages considérés comme étant utilisés par – ou sympathisants avec – leurs ennemis « terroristes» musulmans. En Algérie aussi, les opposants au régime étaient appelés des combattants étrangers, des hommes qui avaient combattu contre les Russes en Afghanistan et qui étaient rentrés pour continuer leur guerre sainte contre le régime «laïque» de l’ancienne colonie française. Maintenant, c’est une autre ancienne colonie française «laïque» - quoique dominée par les Alaouites -  dont le pouvoir dit qu’il combat des hommes venus d’Afghanistan, ne faisant aucune distinction entre les brigades de l’Unité des Frères Musulmans, les salafistes ou tout simplement l’ASL. Personne ne sera surpris d’apprendre qu’il y a toujours eu des relations très étroites entre les renseignements militaires syriens et algériens.

Mais la bataille de l’armée gouvernementale contre ses antagonistes Syriens et étrangers n’a pas toujours été sans anicroches comme le régime voudrait le faire croire au monde. En dépit du récit des évènements en vigueur aujourd’hui en Occident, des hommes armés étaient présents dans les rues des villes et des villages dès les tout premiers jours de la mobilisation en Syrie il y a 18 mois. Certes, le printemps arabe a d’abord pris la forme de défilés pacifiques de dizaines de milliers de manifestants non armés dans les grandes villes de Syrie, mais une équipe de tournage d’al Jazeera avait pu filmer des hommes armés attaquant des soldats Syriens près du village de Wadi Khallak en mai 2011. Le même mois, lé télévision syrienne avait obtenu une séquence filmée avec des hommes armés de Kalashnikovs près d’une foule de manifestants Syriens non armés à Deraa, où la révolte avait commencé après que des agents de la police secrète eurent torturé à mort un garçon âgé de 13 ans.

Pourtant, il semble que quand les officiers Syriens et leurs soldats ont pénétré pour la première fois à Deraa, ils ne pensaient pas se retrouver face à des opposants armés. «Nous avions sécurisé 60 % de la ville en un seul jour,» affirme un Syrien bien au courant de cette opération. «Nous n’avions envoyé sur place que 1100 soldats – ça n’arriverait pas maintenant – parce qu’on ne pensait pas qu’il y avait des groupes armés là-bas. Mais après les cinq jours qu’il nous avait fallu pour reprendre le reste de la ville, nous avions perdu 17 de nos hommes victimes de tireurs embusqués». Ce ne fut pas la seule surprise : avec le début des batailles rangées plus tard dans l’année, l’armé syriennesera étonnée par la puissance de feu de ses opposants.

«A Homs, l’armée se trouvait dans un immeuble qui a reçu des centaines – littéralement des centaines – de roquettes RPG, » déclare un Syrien bien au courant des opérations [à Homs]. «Il y au des milliers d’explosions et finalement nous avions dû évacuer l’ensemble du bâtiment parce qu’il allait s’écrouler. Quand les soldats en sont sortis, ils on dû faire sauter toute la structure avant qu’lle s’effondre.»  Et, pour une armée stigmatisée pour sa propre cruauté au combat, les soldats Syriens ont été surpris par la brutalité de ceux qu’ils affrontaient.

A Andan, un checkpoint de l’armée lourdement défendu avait été balayé à la fin de l’an dernier quand la Liwa Tawhid, la Brigade de l’Unité, avait attaqué la position et tué jusqu’au dernier les 75 soldats et les 4 officiers. Dans une embuscade ultérieure à Shughour, 120 soldats avaient été tués. Les registre de l’armée notent l’assassinat de neuf agents de police au poste de polide d’al-Hadr dans la province de Hama, de huit policiers dans un autre poste de la même province. A Salkin, une autre ville de la province de hama, un ancien employé civil de l’armée qui conduisait des camions pour le service de transport de l’armée avait été agressé par une foule de civils. Cet homme, Abdul Fatah Omar Abdul Fatah était accusé d’être un membre des shabiha, dénudé et pendu, puis son cadavre avait été bombardé de chaussures et décapité. A Duma, un responsable de mosquée [imam ?] avait dit aux fidèles : « Parmi nous, il y a un Awaini,» un traître. L’homme avait été battu à mort. Il est enregistré sous le nom d’Abu Ahmed Akera.

Quand l’ASL a f ait suivre son attaque contre Damas d’une offensive sur Alep, les autorités ont constaté  que le premier objectif de leurs ennemis était l’école d’artillerie. Plus de 70 cadets ont réussi à résister jusqu’à l’arrivée de renforts. Il se dit que toutes les équipes chargées  des batteries de missiles sol-air avaient été évacuées à la hâte d’Alep pour éviter le risque de capture et préserver les capacités de défense tactique en cas de possible attaque par Israël ou l’OTAN.

Le soldats Syriens qui ont forcé leur passage à travers les ruelles sinueuses de la vieille ville d’Alep cette semaine choisiront peut-être de se souvenir d’un jeune étudiant Egyptien qui avait passé des mois à Alep dans les années 1990 pour travailler sur une thèse en urbanisme qui portait précisément sur le champ de bataille où combat l’armée en ce moment : c’était Mohamed Atta, le chef des pirates de l’air du 11 septembre aux Etats Unis. Certains attaques sur des officiels Syriens ont été planifiées tès soigneusement ; des scientifiques du Centre de Recherche Scientifique près de Damas ont été assassinés. Bien avant le premier recours à l’aviation  dans les combats – l’armé affirme que c’était en juin – sept pilotes avait été tués l’an dernier par des rebelles. L’armée affirme n’avoir commencé  à utiliser l’artillerie – face aux mortiers – qu’en février.

Pour le gouvernement, les temps à venir s’annoncent difficiles. L’armée pense qu’Idlib – signalée comme étant un bastion d’al Qaïda – sera une des batailles les plus décisives pour la guerre. On a les témoignages de conscrits effrayés capturé ans un autobus civile en Syrie centrale et à qui on a donné le choix suivant : soit leurs parents donnent 450 000 livres syriennes (8 000 €) à l’ASL, soit les jeunes hommes doivent rejoindre les rebelles. Dans le village de Rableh, près d’al Qusayr, une population en majorité chrétienne de 12 000 âmes serait retenue comme boucliers humais par les rebelles, quoique l’armée semble avoir décidé qu’il serait trop coûteux de pendre le village.

Le régime de Bachar al-Assad est devant un ennemi brutal et plein de ressources dont les soutiens islamistes reçoivent de l’aide de l’Occident – exactement comme les moudjahidine étaient financés et armés par l’Occident quand ils combattaient les Russes dans les années 1980. Avec environ 50 000 hommes en armes  [l'armée syrienne compte en fait 300 000 hommes] et peut-être 4 000 chars de combat, l’armée syrienne en tant que telle ne peut pas perdre. 

Mais peut-elle gagner ?

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jeudi, août 09, 2012

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La responsabilité de l'occident en Syrie avec la France qui passe à l'offensive


Quand on évoque les victimes, notamment civiles, d’un conflit comme celui qui est en cours en Syrie, certains disent qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.
Passons sur le fait que ces gens là pleurent quand même les victimes quand elles sont causées par le camp auquel ils sont hostiles, et indifférents aux victimes du camp qui a leurs faveurs.

On peut donner l’exemple de Bassam Mohieddine ce cinéaste Syrien âgé de 57 ans qui vient d’être assassiné près de chez lui à Damas..
Figurez-vous que dans l’annonce de sa mort, Le Nouvel Observateur a déjà pris acte du fait que la Syrie n’existait plus :
Un cinéaste alaouite assassiné près de Damas
Eh oui, c’était un cinéaste alaouite, pas Syrien. Demain, le nouvel Observateur nous parlera de tel cinéaste en nous disant qu’il est catholique, de tel autre qu’il est musulman , bouddhiste ou encore juif.

Il y a quelque chose de décidément pourri dans la presse française.

Notre ministre de la culture (kicédéja) n’a pas eu un mot sur l'assassinat de ce confrère (elle prétend être cinéaste) .

Pour en revenir aux omelettes, il y a omelette et omelette et celle que concoctent les prétendus rebelles en Syrie est déjà avariée tant elle regorge d’ingrédients apportés par les monarchies du Golfe et les puissances occidentales emmenées par les Etats Unis.

Je vous propose un article de Seumas Milne qui explique bien tout ça et notamment les manœuvres occidentales pour faire en sorte que les Syriens s’entretuent.

Tous ces gens là,ces monarques et même le premier ministre Turc, dépourvus finalement de vision historique, ne semblent pas comprendre que la destruction de la Syrie ne pourra pas être sans graves conséquences pour leurs pays respectifs.

Les Etats Unis s’en contrefichent, tant que l’exploitation et la commercialisation du pétrole et du gaz restent assurées. Ils sauront très bien gérer des micro-Etats qui passeront leur temps à s’entre déchirer entre deux trêves obtenues par la médiation de l’Oncle Sam.

Pour comprendre ce qui se passe en Syrie je ne peux que recommander la lecture d’un papier de Seymour Hersh paru dans le New Yorker en 2007 et disponible en français ici.  Il y a là de quoi rendre la vue à bien des aveugles.

Sur le terrain, la situation semble évoluer en faveur des troupes gouvernementale sans qu’on puisse dire qu’il s’agit là d’un pas décisif vers un retour au calme en Syrie. Car comme le dit Seumas Milne, la paix dépend pour beaucoup de l’attitude des gouvernements occidentaux et des monarchies arabes.

Il n’est pas du tout acquis que ces derniers vont jeter l’éponge, au contraire. J’espère me tromper, mais je pense qu’il faut s’attendre à plus d’ingérence de la part de l’Occident. Avec des prétextes humanitaires, comme d’habitude.

Tenez, la France va dépêcher des équipes médicales en Jordanie auprès des réfugiés Syriens. Louable attention, il est vrai.

Mais pourquoi envoyer des médecins militaires et ne pas s’appuyer d'abord sur des organisations bien connues, comme la Croix Rouge, Médecins du Monde ou Médecins Sans frontières ?
Mon petit doigt me dit que c’est le subterfuge choisi par Laurent Fabius et le gouvernement français pour se livrer à des activités d’espionnage et d’encadrement des combattants antigouvernementaux sur le  flanc sud de la Syrie. 

Finalement, ce n’est peut-être pas anodin si Le Point titre ainsi son papier sur cette mission médicale :
Syrie : la France passe à l'offensive
  
Le soutien des régimes occidentaux et du Golfe aux combattants rebelles n’apporte pas la libération aux Syriens mais une escalade des conflits sectaires et de la guerre.
par Seumas Milne, The Guardian (UK) 7 août 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

La destruction de la Syrie bat maintenant son plein. Ce qui avait commencé comme un soulèvement populaire il y a 17 mois est maintenant une guerre civile totale alimentée par des puissances régionales et mondiales et qui menace d’engloutir l’ensemble du Moyen Orient. Alors que la bataille pour l’antique cité d’Alep continue à détruire et que les atrocités se multiplient des deux côtés, le danger que le conflit déborde par delà les frontières de la Syrie s’accroît.

La défection du premier ministre Syrien est le coup le plus spectaculaire marqué pour l’instant dpar un programme bien financé même s’il est peu probable qu’il signale un effondrement imminent du régime. Mais la capture de 48 pèlerins Iraniens – ou Gardiens de la révolution sous cette couverture selon qui vous croyez – ainsi que le risque de plus en plus élevé d’une attaque turque dans les régions kurdes de Syrie et un afflux de combattants djihadistes donnent une idée de ce qui est en jeu aujourd’hui.

L’interventionnisme régional et occidental est à la base de l’escalade du conflit. Ce n’est pas l’Irak, bien sûr, avec des centaines de milliers de soldats au sol, ou la Libye avec des bombardements aériens dévastateurs. Mais la forte augmentation des livraisons d’armes, des financements et du soutien technique fournis pas les Etats Unis, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Turquie et d’autres ces derniers mois a donné un coup de fouet considérable aux moyens d’action des rebelles, ainsi qu’au bilan des victimes.

Barack Obama a jusqu'ici résisté aux demandes des faucons néo-conservateurs  et libéraux pour une intervention militaire directe. Au lieu de cela, il a autorisé des formes plus traditionnelles de soutien militaire clandestin, dans le style du Nicaragua, apporté par la CIA aux rebelles syriens.

Les Etats-Unis, qui avaient soutenu le premier coup d'Etat en Syrie en 1949 , financent depuis longtemps des organisations d'opposition. Mais il y a quelques mois,  Obama a donné un ordre secret autorisant (ainsi qu’un soutien ouvert, financier et diplomatique) un soutien clandestin à l'opposition armée. Ce qui comprend les paramilitaires de la CIA sur le terrain, le «commandement et le contrôle»ainsi que l'assistance en matière de  télécommunications, et l'acheminement des livraisons d'armes du Golfe via la Turquie pour des groupes de combattants syriens partenaires. Après le blocage le mois dernier par la Russie et la Chine de sa dernière tentative pour obtenir l'appui des Nations Unies pour un changement de régime par la force, l'administration américaine a fait savoir qu'elle allait maintenant intensifier le soutien aux rebelles et coordonner avec Israël et la Turquie des plans de «transition» pour la Syrie.

"Vous remarquerez que ces deux derniers mois, l'opposition a été renforcée," a déclaré un haut fonctionnaire américain au New York Times vendredi dernier. "Maintenant nous sommes prêts à accélérer." Ne voulant pas être en reste, William Hague, se vantait que la Grande-Bretagne était aussi en train d’accroître sont soutien "non-létal" spour les rebelles. Les Etats autocratiques d’Arabie Saoudite et du Qatar apportent l'argent et des armes , comme l'a reconnu cette semaine le Conseil National Syrien (CNS) soutenu par l’Occident, tandis que la Turquie, membre de l'OTAN, a mis en place la logistique et la formation de base pour l'Armée Syrienne Libre (ASL) dans ou près de la base aérienne américaine d'Incirlik.
  
Pour les Syriens qui veulent la dignité et la démocratie dans un pays libre, la dépendance rapide et multiforme de leur soulèvement vis-à-vis de l'aide étrangère est un désastre - plus encore que ce ne fut le cas en Libye. Après tout ce sont désormais des officiels du régime dictatorial et sectaire d’Arabie Saoudite qui choisit quels groupes armés obtiendront de l’argent, et non pas des Syriens. Et ce sont des agents secrets des États-Unis, le pays qui parraine l'occupation israélienne du territoire syrien et des dictatures dans la région, qui décident quelles unités rebelles auront des armes.

Les militants de l'opposition insistent pour affirmer qu'ils vont préserver leur autonomie, fondée sur un soutien populaire profondément enraciné. Mais il est clair que la dynamique du soutien externe risque de transformer les organisations qui en dépendent en instruments de leurs commanditaires, plutôt que les personnes qu'ils cherchent à représenter. Les financements du Golfe ont déjà aiguisé le sectarisme religieux dans le camp des rebelles, tandis que les informations de cette semaine sur la désaffection de l’opinion vis-à-vis des combattants rebelles à Alep illustrent les dangers de groupes armés étrangers qui s’appuient sur des gens d’ailleurs plutôt qie sur leurs propres communautés.

Le régime syrien est bien entendu soutenu par l’Iran et la Russie, comme il l’est depuis des dizaines d’années. Mais une meilleure analogie pour comprendre l’implication des pays occidentaux et du Golfe dans l’insurrection syrienne serait si l’Iran et la Russie  sponsorisaient une révolte armée, disons, en Arabie Saoudite. Pour les médias occidentaux, qui ont largement traité du soulèvement syrien comme d’une lutte unidimensionnelle pour la liberté, les preuves aujourd’hui inévitables de tortures et d’exécutions de prisonniers ar les rebelles – ainsi que de kidnappings par des organisations du genre al Qaïda, qui une fois de plus se retrouvent dans une alliance avec les Etats Unis – semblent avoir été comme un choc.
En réalité, la crise syrienne a toujours eu plusieurs dimensions correspondant aux lignes de faille les plus sensibles de la région. C’était au début un authentique soulèvement contre un régime autoritaire. Mais il a écolué de plus en plus vers un conflit sectaire dans lequel le régime Assad dominé par les Alaouites a pu se présenter lui-même comme le protecteur des minorités – alaouite, chrétienne et kurde – contre une marée d’opposition dominée par les sunnites.

L'intervention de l'Arabie saoudite et d'autres autocraties du Golfe, qui ont essayé de se protéger d’un bouleversement arabe plus large en jouant la carte anti-chiite, a pour objectif transparent une société sectaire, pas une société démocratique. Mais c'est la troisième dimension - alliance de la Syrie avec Téhéran et le mouvement résistance chiite libanais, le Hezbollah - qui a transformé la lutte en Syrie en guerre par procuration contre l'Iran et en un conflit global.

Beaucoup d’opposants Syriens opposeront qu’ils n’avaient d’autre choix que d’accepter le soutien de l’étranger s’ils devaient se défendre eux-mêmes contre la brutalité du régime. Mais comme le soutient le leader de l’opposition indépendante Haytham Manna, la militarisation du soulèvement a réduit sa base populaire et démocratique – tout en aggravant considérablement le bilan des victimes.

Il y a toutes les chances que la guerre puisse se répandre hors de Syrie. La Turquie, qui a une importante population alaouite chez elle ainsi qu’une minorité kurde réprimée depuis longtemps, a revendiqué le droit d’intervenir contre les rebelles Kurdes en Syrie après le retrait par Damas de ses troupes dans les villes kurdes. Des affrontements provoqués par la guerr en Syrie se sont intensifiés au Liban. Si la Syrie devait de fragmenter, tout le système post-ottoman des frontières et des Etats du Moyen Orient pourrait être remis en question avec elle.

Cela pourrait se produire aujourd'hui indépendamment de la durée de survie d’ Assad et de son régime. Mais l'intervention en Syrie revient à prolonger le conflit, plutôt que de donner un coup fatal au pouvoir. Seule la pression pour un règlement négocié, que l'Occident et ses amis ont si vigoureusement bloqué, peut maintenant donner aux  Syriens la possibilité de déterminer leur propre destin - et de stopper la descente du pays aux enfers.

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