mercredi, mars 13, 2013

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Afghanistan, Irak, Libye, Syrie: responsabilité de protéger ou droit de semer la mort et la désolation

Vijay Prashad nous parle des prétendues guerres humanitaires que livre ou entend livrer l'Occident.

Son article traite essentiellement de la Libye, exemple type d'une guerre meurtrière au prétexte de protéger une population qui avait déjà, affirmait la propagande, subi de lourdes pertes au moment où la décision d'intervenir avait été prise.

Mais il est clair que ce qu'écrit Vishay Prashad est parfaitement valable pour la situation actuelle en Syrie.

Le mythe des grands nombres
Par Vijay Prashad, The Hindu (Inde) 12 mars 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri 

Les Etats-Unis utilisent souvent des chiffres de victimes civiles exagérés pour plaider en faveur d'une intervention militaire dans les régions déchirées par des conflits

Depuis les années 1990, l'Occident a justifié ses interventions militaires par des motivations généreuses - pour destituer des dirigeants néfastes qui oppriment leur peuple ou qui ont commencé à pratiquer des politiques qui semblent génocidaire. Porté par l'intervention en Yougoslavie et mortifié par les massacres au Rwanda, l'Occident a incité en 2005 les Nations Unies à adopter une politique connue sous le nom de Responsabilité de Protéger (R2P). Si l'ONU établit qu’un génocide est imminent, elle a l’obligation de demander à ses Etats membres d’agir pour protéger les civils contre un tel danger. Les actions prévues comportent notamment "des démarches diplomatiques, humanitaires appropriées et d’autres moyens pacifiques" qui sont conformes avec  les chapitres VI et VIII de la Charte des Nations Unies. Si ces mesures ne suffisent pas, l'ONU est enjointe d'agir sur la base du Chapitre VII, à savoir d'utiliser la force militaire. La R2P  a consacré la doctrine de l'intervention militaire altruiste [liberal] dans les principes de l'ONU. 

Il ya un an, l'ambassadeur Indien à l'ONU, Hardeep Singh Puri, a fait une critique vigoureuse de la doctrine de la  R2P. L’ambassadeur Puri a souligné que l'ONU utilise la doctrine R2P de manière «sélective», et que quand l'ONU choisit d’intervenir dans un conflit, la phase armée est immédiate plutôt que «calibrée et progressive». La sélectivité est en fonction de ceux qui continuent à exercer leur pouvoir à travers les organes de l'ONU - c'est-à-dire que c’est l'Occident qui établit l'ordre du jour pour l'utilisation de la doctrine R2P.

L’ambassadeur Puri avait la Libye en tête à l’époque où il avait formulé ces observations. Le conflit en Libye a commencé en Février 2011. En une semaine, Ibrahim Dabbashi, le représentant adjoint de la Libye à l'ONU, avait fait défection pour rallier la rébellion et il était devant les caméras de télévision e 21 Février 2011.

“Nous nous attendons à un véritable génocide à Tripoli.” Deux jours plus tard, la télévision satellitaire Al-Arabiya, propriété de membres de la famille royale saoudienne, commençais à diffuser des informations selon lesquelles 50 000 personnes avaient été blessées et 10 000 tuées – toutes en l’espace d’une semaine, le régime Kadhafi assumant la part du lion dans la responsabilité des massacres.

La source de ces informations était Sayed al-Shanuka, le représentant de la Libye à la Cour Pénale Internationale, qui avait fait défection en faveur de la rébellion. Le britannique David Cameron et le Français Nicolas Sarkozy avaient commencé à appeler à une «zone d’exclusion aérienne» et à une certaine forme d'intervention militaire. La question de la R2P avait déjà été soulevée. Le président américain Barack Obama avait suivi, la Ligue arabe (sous la pression saoudienne) s’était alignée, l'ONU avait voté pour uneintervention et les bombardiers français et les missiles de croisière américains avaient frappé. Quelques mois plus tard, le cadavre de Kadhafi était exposé dans les rues de Syrte.

Le problème est que, même en Février 2011, Human Rights Watch n'était pas été en mesure de confirmer plus que quelques centaines de morts. Néanmoins, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, avait commencé à parler d’«informations de la presse" sur l’utilisation d’hélicoptères par les autorités libyennes pour tuer un grand nombre de civils.

Le Secrétaire Américain à la Défense Robert Gates, et le président du commandement interarmes Mike Mullen avaient également parlé d’"informations de la presse", mais quand il s avaient été mis en demeure de corroborer les informations des chaînes  satellitaires en s’appuyant sur tout l'arsenal des services de renseignement américains, ils avaient déclaré: «. Nous n'avons aucune confirmation" Une telle hésitation n’avait pas dissuadé les représentants qui siègent autour de la table en fer à cheval à New York de lever la main pour  voter oui à la résolution 1973, qui a permis à l'OTAN d'intervenir militairement en Libye.

 Tout le poids de la justification de la Résolution 1973 de l’ONU reposait sur ​​l'allégation de "lourdes pertes civiles". On a aujourd’hui des informations provenant du ministère libyen des affaires des martyrs et des personnes disparues affaires selon lesquelles le nombre total des rebelles et des civils tués au cours du conflit de 2011 s’élève à 4,700 auxquels s’ajoutent 2.100 personnes disparues. Ce nombre ne comprend pas les morts parmi les troupes de Kadhafi (et probablement pas les victimes dans les bastions de Kadhafi, comme Syrte). Miftah Duwadi, N°2 de ce ministère, a déclaré au Libyan Herald du 7 Janvier que ce n'est pas encore un "chiffre exact", mais que c'est ce qu'ils ont pour le moment. Il est probable que les chiffres définitifs ne seront pas bien loin des chiffres provisoires. 

Ces données de l'actuel gouvernement libyen contredisent en tout point les reportages d'Al-Arabiya et, bien sûr, les informations du Conseil National de Transition, qui avait affirmé constamment que des dizaines de milliers de civils avaient été tués par le régime de Kadhafi dès le premier mois de l'insurrection. Il semble maintenant que tel n’était pas le cas, et en effet, les chiffres n’ont rein à voir avec ceux d’un génocide. C’est un avertissement pour ceux qui acceptent sans mot dire ce qui leur vient de médias, qui ont des intérêts particuliers quant à l'issue des conflits. Il soulève également la question de savoir comment l'ONU arrive à certains de ses chiffres. 

Le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU avait aussi fait des affirmations sur des crimes contre l’humanité en février et en mars 2011. Il s’avère maintenant que la société privée qu’il avait engagée pour collecter, mais pas pour évaluer, les chiffres des victimes, est Benetech qui est financée en partie par le Département US de la Défense. Non seulement Benetech ne procède pas à une évaluation critique des chiffres qu’elle claironne, mais ses propres intérêts ne sont peut-être pas aussi scientifiques qu’elle le prétend.

 L'ONU a refusé d'ordonner une évaluation de l'intervention de l'OTAN sur la base d’informations sur les  victimes civiles de ses bombardements (comme je l'avais indiqué dans "Quand le Protecteur se mue en Tueur», The Hindu , 11 Juin, 2012). Rien n’indique que l’ONU envisage une évaluation de la manière dont sa doctrine R2P a été subornée pour créer une résolution de l'ONU afin de justifier l'intervention de l'OTAN, particulièrement à la lumière des récentes données chiffrées libyennes. 

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Vijay Prashad
Vijay Prashad est professeur d'université à Hartford dans le Connecticut (USA). En 2013-2014, il occupera la chaire Edward Saïd à l'Université Américaine de Beyrouth. Il est l’auteur entre autres d’Arab Spring, Libyan Winter (New Delhi: LeftWord, 2012)

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lundi, octobre 22, 2012

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En difficulté sur son propre territoire, l'armée turque peut remercier Recep Tayyip Erdogan


Le gouvernement turc a joué avec le feu en Syrie, en offrant refuge et armes aux bandes armées qui sèment le chaos dans ce pays.  Il en subit dores et déjà les conséquences avec une recrudescence de l'activité de l'opposition armée kurde déterminée à faire aboutir son projet national.

Un projet  que rejettent bien entendu vigoureusement les autorités d'Ankara qui exercent une répression sans merci qui s'étend jusque dans l'Irak voisin.

Un Irak où le gouvernement turc pactise ouvertement avec la province kurde autonome qui va bientôt commencer des livraisons d'hydrocarbures à la Turquie au grand dam du pouvoir central de Bagdad réduit au rang de simple spectateur.

On remarquera au passage qu'une des compagnies pétrolières engagées dans le négoce du pétrole du Kurdistan irakien n'est autre que Vitol, une société liée au gouvernement conservateur britannique et qui était chargée de fournir du carburant aux prétendus rebelles qui combattaient le régime de Mouammar Kadhafi en Libye.

En agissant ainsi,  le gouvernement turc ne semble même pas se rendre compte qu'il encourage les Kurdes dans leur projet national, un projet qui passe par la disparition de la Turquie dans la configuration territoriale que nous lui connaissons.


On peut êtres certes favorable à la concrétisation d'un projet national kurde, mais comme on le sait,  Recep Tayyip Erdogan n'a jamais laissé entendre qu'il voulait aller dans cette direction.

Or sa politique a donné des ailes (pas des avions, pas encore) à l'action armée du PKK qui dispose aujourd'hui d'une marge de manoeuvre inconnue depuis longtemps, avec deux régions kurdes autonomes, l'une en Irak et l'autre en Syrie, qui sont autant de soutiens moraux que matériels et peuvent jouer le rôle de bases de repli. Ce n'est pas encore le cas pour la région syrienne, mais si la crise perdure en Syrie, les choses n'en resteront pas là.

La situation militaire est à ce point dégradée en Turquie même que le gouvernement d'Ankara qui roule des mécaniques contre le pouvoir de Damas, n'est même plus capable d'assurer la sécurité de la logistique de son armée sur son propre territoire ainsi que les Turcs peuvent l'apprendre dans leur presse:
Istanbul, Hürriyet (Turquie) 22 octobre 2012 traduit de l'anglais par Djazaïri
L'état-major de l'armée turque a ordonné que toutes les livraisons pour l'armée soient effectuées par la voie aérienne afin d'éviter que les convois de véhicules militaires qui circulent sur les routes tombent dans des embuscades tendues par de présumés membres du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) illégal, a rapporté aujourd'hui le journal Hürriyet.
Tous les soldats qui se rendent à leurs bases où les permissionnaires qui quittent leurs postes en zone rurale seront transportés par hélicoptère reliant les villes à leurs postes d'affectation, selon une déclaration publiée par l'état-major la semaine dernière.
L'état-major aurait décidé de procéder ainsi dans le cadre d'un certain nombre de mesures de sécurité dans les régions où le risque terroriste est élevé.

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dimanche, septembre 30, 2012

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Mouammar Kadhafi assassiné par un tueur à gages français?


Mahmoud Jibril, ancien premier ministre du Conseil National de Transition libyen vient de déclarer lors d’un entretien télévisé que le colonel Mouammar Kadhafi n’a pas été assassiné par un milicien libyen mais par un agent, un tueur à gages, français.
Et que ce tueur agissait sur ordre et dans l’intérêt personnel du président français de l’époque Nicolas Sarkozy.
Cette théorie, nous dit-on, serait très en vogue dans les milieux diplomatiques en Libye.
Alors vrai ou faux ?
Difficile à dire, mais Mahmoud Jibril n’est sans doute pas le moins bien informé des politiciens libyens actuels !
On peut juste noter que cette théorie ou information sort au moment où on sent que Nicolas Sarkozy commence à repointer le bout de son nez. Ne l’a-t-on pas vu en effet tout sourire lors d’un récent match du Paris Saint-Germain, le club de football qui appartient désormais à ses amis du Qatar ?
On rigole,mais la prochaine fois que tu marques pas, je te bute

Un agent Français derrière la mort de Kadhafi

L’ancien premier ministre Libyen Mahmoud Jibril déclare au Caire que l’auteur du tir [mortel] était un agent qui ne faisait pas partie des milices [rebelles]
ABC (Espagne) 29 septembre 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri 

Une fois de plus, la version officielle de la mort de Kadhafi est mise en doute. Mais cette fois ci, les spéculations sont formulées par l’ancien premier ministre du gouvernement de transition qui se trouve être aujourd’hui un des prétendants à la direction politique du pays. 
Selon sa théorie, reprise ce samedi par le «Corriere della Sera», ce serait un «agent étranger» et non un membre des brigades révolutionnaires libyennes qui aurait été l’auteur du tir qui aurait finalement causé la mort de Kadhafi.

Jibril a fait ces déclarations dans une interview au Caire avec la chaîne de télévision égyptienne «Dream TV», et il a affirmé textuellement que l’auteur du tir mortel «était un agent étranger qui s’était mêlé aux brigades révolutionnaires.» 
Cette théorie est étayée, selon le journal italien, par les commentaires «non officiels» qui circulent le plus souvent chez les diplomates occidentaux présents en Libye, selon lesquels «s'il y avait vraiment un tueur à gages, il était sûrement français.»

Ce raisonnement s’appuie sur le fait que dès que l’OTAN a montré qu’elle appuyait ouvertement l’opération viant à destituer le leder libyen, ce dernier a menacé de révéler les détails de sa relation avec l’ancien président de la France, Nicolas Sarkozy, qui «avait donc raisons plus que suffisantes pour essayer de lui ôter la vie,» soutient le Corriere Della Sera qui fait référence à des révélations recueillies par le journal il y a trois jours à Benghazi.

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jeudi, août 02, 2012

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Assad, c'est fini (?) ou le crime d'un prix Nobel de la paix

 Si vous le souhaitez, vous pouvez lire mon commentaire après cet article du Guardian.


Les puissances extérieures, Russie et Etats Unis en particulier doivent envisager de relancer des discussions si on veut éviter la ruine du pays.
Editorial, The Guardian (UK) 27 juillet 2012 traduit de l'anglais par Djazaïri

La décision du président Obama d’appeler l’an dernier à la chute du régime d’Assad, appel qui sera repris par la Grande Bretagne et d’autres alliés, a été, on peut l’affirmer, une erreur. Les raisons d’Obama étaient compréhensibles. Premièrement, le régime se comportait de manière effroyable. Deuxièmement, les Etats Unis ne voulaient pas rester à la traîne dans une autre phase du Printemps arabe, étant donné en particulier que le régime de Damas était, à la différence de celui de Moubarak en Egypte, un de ceux qu’il a toujours détesté et qui est lié aux ennemis des Etats Unis dans la région que sont le Hezbollah et l’Iran. Troisièmement, Israël était favorable à tout ce qui pouvait affaiblir la Syrie et nuire à l’Iran, un sentiment partagé par l’Arabi saoudite et d’autres pays du Golfe. Quatrièmement, Obama et ses conseillers avaient sans doute la conviction que Assad s'en serait allé bien avant le moment où il aurait pu faire partie d’une quelconque solution. C’était pourtant une chose de croire que Assad, sa famille et ses associés seraient à un moment donné contraints de s’en aller, et autre chose de le dire publiquement sur un ton irrévocable.

Le résultat malheureux  a été de couper court à toute possibilité de négociations entre les protagonistes et de claquer la porte à une coopération étroite entre les Etats Unis et la Russie, les deux pays qui pourraient en théorie, s’ils agissaient ensemble, faire la différence pour un résultat en Syrie. On peut bien entendu soutenir que le régime syrien a rejeté toute suggestion laissant entendre qu’il devrait discuter avec ceux qu’il qualifie de terroristes, et que c’est ce qui a bloqué le plan Annan dès le début. Mais le temps, et le désespoir, ont peut-être changé les choses. Le régime d’Assad est maintenant dans une situation différente et pire  qu’il y a quelques mois. Oui, mais pourquoi le régime devrait accepter des discussions su sa propre liquidation est le premier thème de l’agenda ? De la même manière, pourquoi des organisations d’insurgés envisageraient-elles un quelconque compromis alors qu’elles se rendent compte que les puissances occidentales ainsi que de nombreux gouvernements de la région sont derrière elles ? Et enfin, pourquoi la Russie devrait-elle se satisfaire d’une politique de changement de régime en Syrie, prêtant ainsi le flanc à l’accusation de laisser tomber un allié tout en se rendant elle-même complice d’un plan, c’est certainement ainsi que Vladimir Poutine voit les choses, qui vise à réduire l’influence et le prestige de la Russie au Moyen Orient ?

Comme plus personne ne peut avancer sur le terrain diplomatique, la flamme guerrière a été attisée au point qu’elle risque de ruiner un pays de 24 millions d’habitants. Aujourd’hui, Alep, une charmante ville historique qui avait largement été épargnée jusqu’à présent, est peut-être sur le point d’être écrasée. Le conflit, soyez-en assuré, déchire aussi le tissu social de la Syrie. Non seulement les relations entre les sectes et les confessions, mais aussi celles entre les classes sociales, avec une paysannerie souvent militarisée qui rejoint, et souvent dirige, le combat. La possibilité que des extrémistes, al Qaïda et d’autres, tenteront de s’immiscer est évidente. Les tristes nouvelles qui nous arrivent d’Irak, où une nouvelle série d’attentats a tué de nombreuses personnes, suggèrent que les extrémistes sunnites pourraient être en train d’élaborer un front commun dans le but de restaurer une domination sunnite dans les deux pays. Tout cela augure très mal de l’avenir, y compris un éventuel avenir sans Assad.

Il y a encore ceux qui, comme la petite mais courageuse opposition syrienne non violente, qui pensent qu’il existe une autre voie, ainsi que nous le rappelle une déclaration après une réunion récente de Sant’Egidio à Rome. Les puissances extérieures ont deux options désormais. L’une est de rester spectateur pendant que la Syrie brûle, avec certains gouvernements qui soutiennent les rebelles en leur livrant des armes et attendent des défections, des assassinats ou des mutineries dans les forces armées pour abattre le régime. Si nous pouvions être assurés que cela va se produire rapidement, ce serait une chose. Mais que se passera-t-il si Assad continue à tenir ? Pendant des semaines, des mois voire même plus longtemps ? C’est pourquoi la deuxième option, un retour à la diplomatie et en particulier, une relance du traitement de ce terrible problème par l’Amérique et la Russie, doit absolument être prise en considération. Sont-ils sur des positions inflexibles, ou trop impuissants devant les conséquences de leurs propres décisions pour dseulement essayer ? Si c’est le cas, ils porteront une lourde responsabilité.


Commentaire:
Le journal anglais The Guardian est peut-être en train de tourner casaque sur la Syrie. Alors que depuis le début des troubles dans ce pays, il a été vigoureusement anti-gouvernement syrien, voilà qu’il demande en quelque sorte comment on en est arrivé là en Syrie, avec un pays au bord de la ruine totale, des milliers de morts et de nombreux réfugiés, entre les déplacés de l’intérieur et ceux qui sont à l’étranger..

The Guardian parle clairement de la responsabilité de Barack Obama et de ses suiveurs habituels (en France Nicolas Sarkozy, puis François Hollande).
Effectivement, ainsi que le reconnaît l’éditorial, en fixant comme préalable le départ du chef de l’Etats syrien, les Etats Unis et leurs amis ont bloqué toute possibilité d’avancer de manière négociée vers une solution de la crise.

Tout bonnement parce que ce préalable est évidement inacceptable, et même Laurent Fabius le sait bien. Tout comme les prétendus rebelles qui ont bien compris que l’occident et les monarchies (démocratiques) du Golfe en posant ce préalable les encourageaient à adopter une posture maximaliste.

L’article pose bien le problème même s’il renvoie indûment dos à dos la Russie et les Etats Unis. Or, chacun a pu constater que le gouvernement russe avait pris langue avec tout le monde, régime syrien comme opposition quand les Occidentaux n’ont adressé la parole au président Bachar al-Assad que pour lui intimer l’ordre de vider les lieux.
En Libye aussi, l’Occident avait soigneusement veillé à écarter toute démarche politique qui ne comportait pas comme préalable le départ du colonel Mouammar Kadhafi.
Comme en Libye, les Occidentaux arment de plus en plus ouvertement les prétendus rebelles qui viennent par exemple de recevoir des missiles sol-air qui ont transité par la Turquie. Les Etats Unis s'abstiennent pour l'heure de livrer directement des armes aux "rebelles," ils procèdent indirectement comme ils l'ont souvent fait dans les opérations de subversion.

D’e toute façon, Assad c'est déjà fini et vive l'après Assad puisque en ce moment on voit fleurir des articles dans la presse où on parle déjà du chef de l'Etat syrien au passé 

On nous dit par exemple que:
Obama et Erdogan pour accélérer la transition en Syrie, sans Assad
ou que 
le général [Manaf] Tlass appelle à "l'unité" post-Assad
on nous dit aussi
comment les Etats Unis préparent l'après-Assad

Joschka Fischer se risque à évoquer
Le Moyen Orient après Assad
Joschka Fischer est l'ancien chef du parti écologiste en Allemagne et il a été ministre des affaires étrangères et vice-chancelier. Il s'est reconverti dans les gazoducs, avec des émoluments qui récompensent son passage du pacifisme au bellicisme atlantiste bon teint.
Ce qu'il pronostique n'est d'ailleurs pas très engageant et ce qu'il y voit de plus positif, ce serait un affaiblissement de l'Iran et, par contrecoup suppose-t-il, du Hezbollah.

En fait, c'est peu de temps après le début des troubles que l'objectif d'écarter par tous les moyens Bachar al-Assad a été formulé, dans des termes voisins de ceux qui avaient été employés pour le colonel Mouammar Kadhafi.

On le sait, tout était fin prêt en occident pour traiter le cas syrien.

Il y a juste eu quelques ratés.

Le premier raté, c'est que la population syrienne ne s'est pas soulevée contre son gouvernement et que l'armée régulière reste globalement unie.
Certes, il y a eu des défections d'officiers supérieurs, mais ce n'est pas la première fois que des gens haut, voire même très haut, placés se détournent du régime en Syrie.

Il y ensuite l'entêtement chinois et russe qui n'a pas permis d'obtenir l'adoption d'une résolution comme en Libye. Une résolution que les crapules coalisées contre Kadhafi avaient interprétée d'une manière pour le moins élastique et tendancieuse. A défaut d’avoir la loi avec elles, ces puissances font valoir la loi du plus fort.

Déjà, l'Occident avait fait en sorte que toute issue politique, autre que sa reddition, soit refusée au pouvoir libyen.

Et puis, l'armée syrienne, si elle n'est pas la quatrième armée du monde, possède une organisation et une puissance de feu sans commune mesure avec ce dont disposait le gouvernement libyen. Même si son équipement est en partie obsolète (souvenez-vous de ce pilote qui a fait défection à bord d'un Mig 21, un avion complètement dépassé), elle est très loin d'avoir déchaîné toute sa puissance contre les prétendus rebelles et il n'est guère douteux qu'elle ferait payer un prix élevé aux puissances qui agresseraient la Syrie.

Je ne dis cependant pas qu'elle en sortirait victorieuse, ça me paraît quand même difficile.

Donc Bachar al-Assad n'est pas encore tombé et on voit que, à Alep par exemple, de larges pans de la population lui sont soit fidèles, soit sont tout simplement hostiles à cette prétendue Armée Syrienne Libre.

Tiendra-t-il ou pas? Et au-delà de sa personne, le régime tiendra-t-i?

Franchement, qui peut le savoir?

On voit certes bien à quel défi la Syrie est confrontée, face à des adversaires impitoyables et tenaces qu'ils s'appellent Hillary Clinton, Alain Juppé,  Laurent Fabius ou David Cameron.
Il ne leur manque qu'un alibi juridique pour s'engager plus à fond. Faute de cet alibi, ils en ont été réduits à étrangler le pays économiquement et à une tentative d'assassinat, qu'ils ont laissé à d'autres le soin de revendiquer. Cette tentative a manqué sa cible même si elle a emporté plusieurs ministres.
Ignorant cependant si le chef de l'Etat avait été touché ou s'il était en fuite comme la presse aux ordres l'a abondamment seriné, ils avaient néanmoins déclenché la suite du plan en actionnant les bandes terroristes à Damas, ce qui se soldera par un échec.

Suite à cet échec dans la capitale, ils espèrent à nouveau aujourd'hui une résolution onusienne qui leur permettrait de sanctuariser une partie du territoire syrien et, pourquoi pas, d'y installer un gouvernement provisoire. Tel est l'objectif poursuivi à Alep comme il l'avait été à Homs...

C'est en réalité un retour à leur plan initial, un plan qui avait été mis en pratique avec succès en Libye mais que le gouvernement syrien avait immédiatement compris.et s'était donné les moyens d’empêcher.







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mardi, juillet 31, 2012

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La Syrie, prochain pays démocratisé par l'OTAN?


Apparemment Laurent Fabius est tellement satisfait de ce que la France et ses alliés britanniques, américains, qataris etc. ont fait en Libye qu’il propose de récidiver en Syrie pour stopper le massacre, ça va de soi.
Sauf qu’en Libye, ce sont les prétendus rebelles et les bombes de l’OTAN qui ont provoqué massacre et destruction.

Aujourd’hui, le pays est livré au chaos. Il parait qu’il y a eu des élections libres pour une constituante et que ce sont même les «libéraux » qui les ont gagnées !
On nous refait l’Afghanistan, pays dans lequel il y a aussi, dit-on, des élections libres.

Tout va bien en Afghanistan, chacun le sait bien.
C’est un peu pareil en Libye mais on n’en parle pas trop et pour cause.

J’ai pas trouvé cette info en français, sûrement qu’elle plait pas à MM. Fabius et Sarkozy (en passant, l’intervention de l’OTAN a complètement disparu du processus qui a vu la fin du régime de Mouammar Kadhafi ! Il suffisait pourtant de rajouter « avec l’appui d’intenses bombardements aériens de l’OTAN.»

Ah, la liberté de la presse…

Associated Press, The Times (UK) 29 juillet 2012

Le commandant d’une milice libyenne a annoncé qu’un convoi qui transportait un haut reponsable de l’armée libyenne a été visé par des tirs d’armes à feu dans la ville de benghazi, à l’est du pays.

Abdel-Basit Haroun, un chef de milice à Benghazi, a déclaré que le général Khalifa Hifter  [Hifter est un agent de la CIA, note de Djazaïri] avait été attaqué dimanche par des assaillants inconnus. Il n’a pas été blessé. Le conseil intérimaire au pouvoir l’a chargé de former la nouvelle armée nationale.
Benghazi et la région orientale de la Libye ont connu une forte augmentation des tentatives d’assassinats contre d’anciens responsables de l’armée et des services de sécurité. Haroun précise que 13 d’entre eux ont été tués ce mois-ci.

Samedi soir, l’ancien chef du renseignement militaire, le colonel Suleiman Bouzz-Redah a été assassiné alors qu’il se rendait à la mosquée à Benghazi. Il avait abandonné le régime de Mouammar Kadhafi pour rejoindre les rebelles qui ont renversé au terme d’une guerre civile celui qui a longtemps dirigé le pays 

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jeudi, juin 28, 2012

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Un pêcheur Tunisien tué par des garde-côtes Libyens


les misérables pêcheurs, qu'ils soient de Gaza ou de Djerba intéressent mois que l'équipage d'un F4-Phantom qu'il soit turc ou sioniste.
Ainsi Le Figaro est pour l'heure le seul organe de la grande presse française à évoquer un incident maritime qui a coûté la vie à un pêcheur Tunisien.
Le crime de ce pêcheur était d'être entré dans les eaux territoriales libyennes. A la différence du F4-Phantom turc entré dans l'espace aérien syrien, ce pêcheur était dans une embarcation civile armée de seuls filets de pêche.
Cette mort qui aurait peut-être fait la une si elle avait été causée par la marine de Mouammar Kadhafi n'a droit, démocratie libyenne et serment de Tobrouk oblige, qu'à un entrefilet.

Remarquez que le titre de la dépêche ne précise pas la nature civile du bateau tunisien, ni le fait que les tirs ont tué.
AFP Publié le 27/06/2012 à 21:58 Réactions (30)
 Un navire des garde-côtes libyens a ouvert le feu aujourd'hui sur un bateau de pêche tunisien au large de la Libye, faisant un mort parmi l'équipage, a-t-on appris de sources concordantes. Un bateau de pêche tunisien, avec à son bord 19 marins, s'est introduit dans les eaux territoriales libyennes et a refusé d'obtempérer aux ordres d'un navire des garde-côtes libyens, a indiqué une source anonyme au ministère de la Défense. La vedette libyenne a alors ouvert le feu, faisant deux blessés dont l'un d'entre eux a ensuite succombé à ses blessures, selon l'agence officielle TAP.

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samedi, juin 23, 2012

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L'Algérie menacée


J'avais dit assez tôt sur ce blog que l'intervention militaire étrangère en Libye risquait d'avoir de graves conséquences pour l'Algérie. Les évènements qui ont suivi l'assassinat de Mouammar Kadhafi et l'arrivée au pouvoir de prétendus "rebelles" intronisés au son du canon anglo-français m'ont semble-t-il donné raison.
Et si on en croit l'article ci-dessous paru dans Tout Sur l'Algérie, les autorités d'Alger tirent de semblables conclusions puisqu'elles auraient décidé la création de sous-régions militaires dotés d'un commandement autonome au contact des zones sensibles, c'est-à-dire les confins algéro-libyens et le grand sud, aux frontières avec le Mali et le Niger.

Cette prise en compte du danger est certes louable mais elle est un peu tardive et n'est qu'une préparation à la conflagration qui va peut-être se produire.

Ces risques majeurs pour l'intégrité et l'unité territoriale du pays, le gouvernement algérien aurait dû faire plus d'efforts pour les éviter en s'opposant de manière déterminée à l'agression contre la Libye en agissant auprès des instances multilatérales, que ce soit l'ONU, l'Union Africaine ou la Ligue Arabe. Dans le cas de cette dernière, l'Algérie aurait dû mettre en balance son retrait de cette institution qui a montré qu'elle pouvait être utilisée pour faire le jeu des intérêts occidentaux contre un de ses membres.
Et puis, vu que l'Algérie se targue d'être une puissance militaire à l'échelle régionale, elle avait peut-être une occasion unique d'en faire la démonstration en adoptant une posture dissuasive.
Une telle posture comportait certes des risques, mais sans doute moins grands que ceux qu'encourt désormais le pays.


Pour faire face aux nouvelles menaces aux frontières
L’armée nationale va se doter de deux nouvelles sous‑régions militaires
Tout Sur l'Algérie, 23 juin 2012


La situation aux frontières de l’Algérie pousse l’armée nationale à adapter son organisation. Selon nos informations, deux nouvelles sous‑régions militaires seront prochainement créées. Elles seront respectivement rattachées à la quatrième région (Ouargla) et à la sixième (Tamanrasset), avec comme principale mission la protection et la surveillance des frontières. Les deux nouvelles sous‑régions seront dirigées par un commandement autonome, avec des prérogatives semblables à celles des régions. Leur création devrait être officialisée à l’occasion de la fête du 5 Juillet et des traditionnelles promotions au sein de l’institution militaire.

Depuis quelques mois, l’Algérie fait face à de nouvelles menaces à ses frontières, avec notamment les tensions en Libye, au Mali et au Niger. À la frontière avec le Mali, la situation s’est brutalement dégradée après l’annonce de l’indépendance d’une partie du nord du pays. Les groupes islamistes radicaux, y compris Aqmi, un mouvement terroriste en guerre contre l’État algérien depuis plusieurs années, se sont implantés dans cette zone.

Résultat, les bruits de bottes se font entendre et la perspective d’une intervention étrangère n’est pas exclue. L’Algérie est elle‑même soumise à de fortes pressions pour l’obliger à s’engager militairement contre les groupes armés au nord du Mali. Or, la sixième région militaire, qui couvre un territoire très vaste, ne possédait pas les effectifs nécessaires ni l’organisation requise pour faire face à cette nouvelle situation.

Du côté de la quatrième région militaire, c’est la menace en provenance de Libye et la nécessité de renforcer la protection des champs pétroliers qui justifient la nouvelle organisation. Depuis la chute de Mouamar Kadhafi, la Libye est en proie à une situation chaotique, avec des conflits entre les différentes tribus du pays. Une situation qui favorise la circulation des armes et de possibles infiltrations de groupes terroristes sur le sol algérien. 

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jeudi, juin 21, 2012

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La poudrière libyenne


A défaut de succès au cinéma pour son « film » intitulé ‘Le serment de Tobrouk’, Bernard-Botul-Henri Lévy reste très fier de son œuvre destructrice en Libye.
C’est pourquoi il se garde généralement de commenter l’actualité libyenne et que vos journaux font preuve d’une retenue qui honore la démocratie.

En effet, ils ne sont que quelques uns à rapporter ce qui suit : 
Mis à jour le 21.06.12 à 07h16
Des affrontements dans l'ouest de la Libye entre combattants de la ville de Zentane et membres de la tribu Machachia ont fait 105 morts et un demi-millier de blessés en une semaine, a annoncé mercredi le gouvernement intérimaire libyen.
 
Ce dernier, qui peine à asseoir son autorité sur le pays depuis le renversement de Mouammar Kadhafi, a déployé l'armée dans cette région du djebel Nefoussa et le calme a été rétabli depuis lundi, a dit Nasser el Mani, porte-parole du gouvernement.
 
Les combats, qui ont débuté le 11 juin, ont opposé des hommes de Zentane, particulièrement actifs dans le renversement de Mouammar Kadhafi, et des membres de la tribu Machachia, qui avait choisi de ne pas se joindre à la rébellion en 2011.
 Reuters

On décompte en fait 105 morts.

Et l’info qui suit n’est pas très reprise non plus :

Monde
Mis à jour le 21.06.12 à 15h53
L'aviation tunisienne a détruit trois camions transportant des armes venant apparemment de Libye voisine et destinées à l'Algérie, rapporte ce jeudi l'agence de presse officielle Tap.
 
Un avion militaire a détruit les véhicules après avoir été la cible de tirs provenant de ces camions dans le désert de Tataouine, dans le sud de la Tunisie, indique-t-elle. «Ces camions, qui tentaient d'accéder au territoire tunisien, seraient en route vers l'Algérie en provenance de la Libye», écrit le correspondant sur place de l'agence. La Tap ne donne aucune précision sur ces trafiquants d'armes.
 
Préoccupation croissante autour de la sécurité frontalière
 
Cet incident reflète les préoccupations croissantes concernant la sécurité aux frontières de la Libye, qui émerge d'une longue guerre civile ayant abouti à la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi. La contrebande transfrontalière d'armes et d'autres produits est florissante dans la région depuis la «révolution du jasmin» en Tunisie, qui a renversé en janvier 2011 le président Zine ben Ali, et la chute du Guide libyen.
 
Responsables libyens et tunisiens se sont rencontrés à plusieurs occasions à la frontière pour débattre de ces questions de sécurité.
 
Avec Reuters
 
Aermacchi MB-326 de l'armée tunisienne
Demandez-vous à quand remonte la dernière intervention de l’aviation militaire tunisienne.

Oui, c’était il y a très longtemps et peut-être même qu’elle n’a jamais eu à mener de réelle opération de combat !
C’est maintenant chose faite grâce à Bernard-Botul-Henri Lévy et ses amis

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mercredi, juin 06, 2012

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Bernard-Botul-Henri Lévy, la sauterelle et Mouammar Kadhafi


 Non, la sauterelle, ce n'est pas Arielle, la sauterelle extra-terrestre, mais plutôt le criquet pèlerin.

L’agression contre la Libye sera peut-être l’occasion pour un certain philosophe, Bernard-Botul-Henri Lévy pour ne pas le nommer, de méditer sur la notion de causalité.
En effet, l’intervention occidentale, outre ses conséquences directes sur la Libye en termes de pertes humaines et matérielles a eu un impact désastreux sur la situation économique et donc politique de la région saharo-sahélienne. Le Mali en est l’exemple le plus visible avec la proclamation d’un Etat indépendant de l’Azawad. Certes, les fragilités et les lignes de fracture préexistaient aux évènements de Libye, mais elles n’auraient sans doute pas eu les mêmes conséquences hors l’intervention de l’OTAN et des pétromonarchies en Libye.
Maintenant, ce sont les criquets qui viennent nous rappeler que Mouammar Kadhafi ne se résumait pas à la caricature qu’en ont donné les media mais que c’était aussi un véritable homme d’Etat capable de jouer la carte de la solidarité avec ses voisins plus démunis.
Sa disparition en apporte la preuve.

par Xan Rice à Lagos, Financial Times (UK) 5 juin 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les conséquences de la mort de Mouammar Kadhafi continuent à se faire sentir en Afrique – cette fois sous la forme d’essaims de criquets pèlerins.

L’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) a averti mardi que les terres arables du Mali et du Niger étaient sous la menace imminente de la migration vers le sud d’essaims de criquets en provenance d’Algérie et de Libye. La révolution en Libye a joué un rôle important dans la possibilité de reproduction de ce nuisible, a-t-elle annoncé.

 «Pour être honnête, la chute de Kadhafi a joué un rôle énorme, » déclare Keith Cressman, un dirigeant de la prévision acridienne à la FAO. « Elle a fortement réduit la capacité des Libyens à surveiller et à réagir comme ils l’auraient fait en temps normal. »
L’insécurité le long de la frontière algéro-libyenne – une conséquence du soulèvement – fait que les équipes sont encore incapables de traiter correctement par insecticide les zones affectées.
Les criquets pèlerins sont capables de ravager de vastes étendues de terres cultivées. En phase d’invasion, un essaim peut s’étirer sur plusieurs centaines de kilomètres carrés et comporter des milliards d’insectes, chacun d’entre eux pouvant absorber son propre poids de nourriture par jour.
En 2003 – 2005, une invasion de criquets avait touché les terres agricoles d’une vingtaine de pays, principalement en Afrique, et il en avait coûté 500 millions de dollars pour  réussir à la contrôler. L’infestation actuelle est loin d’être aussi importante, mais la FAO craint que l’insécurité au Mali entrave la lutte anti-acridienne dans ce pays.
Les essaims de criquets pèlerins se sont formés en Algérie et en Libye à la mi-mai, après des pluies abondantes et la croissance de la végétation qui en a résulté et dont ils se nourrissent.  Les premiers essaims ont déjà été aperçus dans le nord du Niger où sévit en ce moment une crise alimentaire.
Les petits paysans sont particulièrement vulnérables car l’intégralité de leurs récolte peut être ravagée. La FAO a indiqué que le nombre de criquets et leur propagation dépendront des actions de contrôle en Libye et en Algérie ainsi que des chutes de pluie dans la région sahélienne de l’Afrique de l’Ouest.

Pendant le règne de Kadhafi, la Libye avait un programme de contrôle acridien efficace et bien doté, explique M. Cressman. Si les structures administratives existent toujours, les véhicules, les pulvérisateurs et d’autres équipements ne sont plus disponibles.
« Avant la révolution, la Libye envoyait même d’importants convois avec des équipes de contrôle et de surveillance dans d’autres pays du nord et de l’ouest de l’Afrique, » dit-il. « Mais maintenant, ce sont eux qui ont besoin d’aide.»
  
L’insécurité persistante dans le sud de la Libye a fait que les spécialistes de la FAO présents dans le pays n’ont pas pu se rendre là-bas. Les équipes locales ont pu pulvériser des pesticides sur 40 000 hectares de zones infestées en Algérie et 21 000 hectares en Libye. Les pulvérisations sur les essaims avant leur migration les empêche l’accouplement et la ponte. Il faut l’éclosion de plusieurs générations de criquets pour qu’une invasion se développe, explique M. Cresman.

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mardi, mai 01, 2012

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Libye, l'heure de vérité a sonné


La guerre menée conte la Libye de Kadhafi aura débouché sur une victoire militaire incontestable pour les pays alliés dans l’OTAN.
Un résultat inéluctable, compte tenu de l’inégalité des forces, quelques unes des plus importantes puissances militaires du monde contre une armée somme toute modeste et équipée de matériels largement obsolètes. La maîtrise totale de l’espace aérien par les forces occidentales a été l’illustration parfaite de ce fait.

On l’a vu, l’élimination de Kadhafi et de son régime n’est pas sans conséquences très négatives pour l’Afrique et elle signe peut-être le début de la désintégration d’un certain nombre d’Etats de la région saharo-sahélienne, c’est-à-dire un territoire immense qui s’étend du Soudan à l’est au Nigéria à l’ouest en passant par le mali et l’Algérie.
Les gouvernants en Europe et en Amérique qui ont commandité l’assassinat du colonel Kadhafi sont de ceux qui se prévalent d’un prétendu héritage humaniste et se croient obligés de prétendre qu’ils ont vocation à répandre la démocratie dans le monde.
Or, chacun de ces gouvernants européens ou américains a plus de sang sur les mains que n’en a jamais eu Mouammar Kadhafi. On peut seulement espérer qu’ils répondront un jour de leurs crimes devant une Cour Pénale Internationale qui ne doit pas être réservée aux responsables politiques du Tiers-mode.

En attendant, l’histoire les jugera et elle commence à le faire à travers certains articles de presse qui posent ouvertement des questions auxquelles tout le monde connaît pourtant les réponses. Parce que le paradoxe de la démocratie libérale avancée est qu’elle interdit plus ou moins longuement de dire dans l’espace public (c’est-à-dire dans les grands media) ces vérités que tous connaissent.

Mais quand vient l’heure des comptes, questions et réponses tentent de surgir comme dans cet article du journal canadien The Gazette qui explique ce que tout le monde sait : que le gouvernement canadien (comme les autres gouvernement occidentaux) n’a non seulement pas protégé les civils Libyens des violences perpétrées par les prétendus rebelles Libyens mais que tout a été fait pour interdire une issue négociée et pacifique à la crise, en contravention avec la résolution censée justifier l’action occidentale.

C’est pourtant ce schéma que le canada comme la France ou le Royaume Uni voudraient bien reproduire en Syrie. Sauf que, comme le donne à comprendre l’article, le précédent libyen en a échaudé plus d’un à Pékin ou à Moscou.

Si Pékin et Moscou ont semble-t-il tiré la leçon de l’affaire libyenne, certains Etats seraient avisés d’en faire de même.

La leçon doit partir du constat que les Occidentaux, dès lors qu’ils peuvent faire croire même momentanément que le droit est avec eux, ne connaissent aucune limite dans la brutalité et sont prêts à bombarder toutes les infrastructures qui permettent à un Etat de fonctionner. 

Avant la Libye, des pays comme l’Irak ou la Serbie en ont fait la douloureuse expérience.



Les encouragements de Baird ont peut-être violé la résolution de l’ONU sur l’action en Libye.

Par Lee Berthiaume, The Gazette (Canada) 28 avril2012 traduit de l’anglais par Djazaïri


Lors d’un séjour en Libye en juin dernier, à un moment où les forces rebelles étaient tenues en échec par les troupes loyales au dictateur Mouammar Kadhafi et où de nombreux pays appelaient à un cessez-le-feu, le ministre des affaires étrangères John Baird avait activement encouragé les rebelles à continuer le combat.

Ces révélations montrent sous un jour nouveau le rôle joué par le Canada dans la guerre civile – tout en soulevant la question de savoir si notre pays à violé l’esprit de la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU qui avait autorisé une action  internationale dans le conflit.

Baird s’était rendu à Benghazi, la capital du mouvement anti-Kadhafi le 27 juin, et il y avait rencontré des hauts responsables du Conseil national de Transition (CNT) pour leur livrer des kits de premiers secours.

Malgré l’appui maritime et aérien de l’OTAN, les rebelles avaient été incapables d’obtenir des victoires significatives contre les forces de Kadhafi et des informations circulaient sur des tractations de cessez-le-feu.
Après sa rencontre avec Abdeljalil, le président du CNT, et le chargé des relations extérieures, Ali Isawi. Baird avait déclaré aux journalistes : « Il est évident que cette affaire – les tués et les perturbations de la vie quotidienne -ne peut pas s’arrêter très bientôt. Je pense qu’ils sont vraiment enthousiastes et décidés à laisser tout ça derrière eux et commencer à établir la liberté et la démocratie en Libye. »

Ce que Baird n’avait pas révélé – et qu’on apprend seulement maintenant dans des notes de préparation pour une discussion avec son homologue Norvégien qui aura lieu quelques semaines plus tard et que nous avons obtenues grâce à la loi sur l’accès à l’information – c’est qu’il avait exhorté les rebelles à poursuivre leurs attaques.

“Quand j’étais à Benghazi, j’ai bien fait comprendre au Conseil National de Transition l’importance de persévérer dans l’action militaire, » avait-il été conseillé ) Baird de dire ai ministre Norvégien des affaires étrangères Jonas Store.

La Canada a été une des nations les plus bellicistes parmi celles qui ont été impliquées dans le conflit libyen, en accomplissant un nombre disproportionné de missions de frappes aériennes et en apportant un soutien diplomatique et humanitaire important à des rebelles aux abois.

Mais, alors que la mission a depuis été déclaré comme une victoire par le gouvernement conservateur et d’autres allies, beaucoup se demandent su l’OTAN et ses membres n’ont pas outrepassé les termes de la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU autorisant une intervention internationale pour protéger les civils.
De telles préoccupations ont précisément été citées comme une des raisons pour laquelle le Conseil de Sécurité a eu du mal à approuver une quelconque action internationale en Syrie.

Beaucoup ont soutenu que seule l’élimination de Kadhafi pourrait mettre les civils Libyens à l’abri des menaces. Le porte parole de Baird, Joseph Lavoie, avait déclaré dans un courriel que le CNT était un partenaire essentiel dans les efforts de protection des civils, et que «les évènements témoignent du bien fondé de notre position. »

Walter Dorn, directeur des affaires internationales et de sécurité au Canadian Forces College, considère qu’avec le recul, encourager les rebelles ) continuer à combattre apparaît comme ayant été la bonne décision. 

Mais il observe que les rebelles ont été également responsables d’attaques contre des cibles civiles. Les organisations humanitaires ont publié un certain nombre de rapports qui dénoncent les forces rebelles pour leurs actions contre des civils Libyens pendant la guerre et après.

Le problème est de savoir si l’OTAN a exécuté son mandat onusien avec impartialité, explique Dorn. «L’OTAN a-t-elle entrepris une quelconque action contre eux, alors même que le Conseil de Sécurité donnait mandat de protéger les civils indépendamment de la source de la violence ?»

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mercredi, mars 28, 2012

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L'Algérie, l'Afrique et la facture de l'expédition de l'OTAN contre la Libye


La sécession du sud Soudan en a été en réalité le coup d’envoi, et la guerre en Libye la transformera peut-être en phénomène inéluctable ou contre lequel il faudra résister avec force : la fragmentation de l’Afrique et/ou la recomposition de ses frontières avec les risques subséquents de guerres interétatiques ou civiles..

Or l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation est un principe très important auquel l’Algérie notamment est très attachée.

Or, dans ses démêlés avec les puissances et les stars occidentales de la chanson et du cinéma, le Soudan s’est finalement retrouvé bien seul et a fini par connaître un début de démembrement. C’est maintenant au tour du Mali et de la Libye.

Dans ce dernier pays où le régime en place a été éliminé par les bombardements de l’OTAN  (au nom de la démocratie, de la protection des civils etc.) les idées séparatistes s’expriment de plus en plus fort. Après la province de Cyrénaïque qui a proclamé son autonomie, ce sont maintenant les Toubous du sud du pays qui, face à ce qu’ils qualifient  de plan de nettoyage ethnique, menacent de « demander une intervention internationale et oeuvrer pour un Etat comme le Sud-Soudan ».

Comme quoi, je ne fais pas qu’élucubrer !

Tous ces événements au Mali ou en Libye concernent directement la sécurité nationale de l’Algérie qui risque bientôt d’avoir à payer le prix fort de son inaction devant les agissements de l’Occident dans la région. Parce que, à la différence de la Tunisie ou même de l’Egypte, l’Algérie est un pays où, un peu comme en Libye, des forces centrifuges peuvent à tout moment s’exprimer, que ce soit au nord ou au sud du pays.

La boîte de Pandore est désormais grande ouverte alors que, les autorités algériennes auraient sans doute pu, avec d’autres pays africains, faire en sorte qu’elle se referme en Libye. Il  aurait certes fallu un courage dont le gouvernement algérien semble dépourvu, mais il en faudra peut-être encore plus pour faire face aux tourments qui risquent de s’emparer de la zone saharo-sahélienne dont l’Algérie est partie prenante.


L’Expression (Algérie) Mercredi 28 Mars 2012

Le chef des Toubous en Libye, Issa Abdelmajid Mansour, a dénoncé hier à l'AFP un plan de «nettoyage ethnique» visant sa tribu, brandissant pour la première fois la menace séparatiste, au lendemain de violences tribales impliquant des Toubous, au sud du pays. «Nous annonçons la réactivation du Front Toubou pour le Salut de la Libye (FTSL, mouvement d'opposition sous l'ancien régime) pour protéger les Toubous d'un nettoyage ethnique, et s'il le faut, nous allons demander une intervention internationale et oeuvrer pour un Etat comme le Sud-Soudan», a-t-il déclaré. Issa Abdelmajid Mansour, un ex-opposant au régime de Mouamar El Gueddafi, avait annoncé la dissolution de son mouvement après la chute de l'ancien régime en août. «Il s'est avéré que le Conseil national de transition (CNT, au pouvoir) et le régime d'El Gueddafi ne sont pas différents. Le CNT a un programme pour nous exterminer», a accusé M.Mansour, dont la tribu avait joué un rôle clé dans la rébellion contre Mouamar El Gueddafi depuis le sud du pays.

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