dimanche, septembre 30, 2012

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Mouammar Kadhafi assassiné par un tueur à gages français?


Mahmoud Jibril, ancien premier ministre du Conseil National de Transition libyen vient de déclarer lors d’un entretien télévisé que le colonel Mouammar Kadhafi n’a pas été assassiné par un milicien libyen mais par un agent, un tueur à gages, français.
Et que ce tueur agissait sur ordre et dans l’intérêt personnel du président français de l’époque Nicolas Sarkozy.
Cette théorie, nous dit-on, serait très en vogue dans les milieux diplomatiques en Libye.
Alors vrai ou faux ?
Difficile à dire, mais Mahmoud Jibril n’est sans doute pas le moins bien informé des politiciens libyens actuels !
On peut juste noter que cette théorie ou information sort au moment où on sent que Nicolas Sarkozy commence à repointer le bout de son nez. Ne l’a-t-on pas vu en effet tout sourire lors d’un récent match du Paris Saint-Germain, le club de football qui appartient désormais à ses amis du Qatar ?
On rigole,mais la prochaine fois que tu marques pas, je te bute

Un agent Français derrière la mort de Kadhafi

L’ancien premier ministre Libyen Mahmoud Jibril déclare au Caire que l’auteur du tir [mortel] était un agent qui ne faisait pas partie des milices [rebelles]
ABC (Espagne) 29 septembre 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri 

Une fois de plus, la version officielle de la mort de Kadhafi est mise en doute. Mais cette fois ci, les spéculations sont formulées par l’ancien premier ministre du gouvernement de transition qui se trouve être aujourd’hui un des prétendants à la direction politique du pays. 
Selon sa théorie, reprise ce samedi par le «Corriere della Sera», ce serait un «agent étranger» et non un membre des brigades révolutionnaires libyennes qui aurait été l’auteur du tir qui aurait finalement causé la mort de Kadhafi.

Jibril a fait ces déclarations dans une interview au Caire avec la chaîne de télévision égyptienne «Dream TV», et il a affirmé textuellement que l’auteur du tir mortel «était un agent étranger qui s’était mêlé aux brigades révolutionnaires.» 
Cette théorie est étayée, selon le journal italien, par les commentaires «non officiels» qui circulent le plus souvent chez les diplomates occidentaux présents en Libye, selon lesquels «s'il y avait vraiment un tueur à gages, il était sûrement français.»

Ce raisonnement s’appuie sur le fait que dès que l’OTAN a montré qu’elle appuyait ouvertement l’opération viant à destituer le leder libyen, ce dernier a menacé de révéler les détails de sa relation avec l’ancien président de la France, Nicolas Sarkozy, qui «avait donc raisons plus que suffisantes pour essayer de lui ôter la vie,» soutient le Corriere Della Sera qui fait référence à des révélations recueillies par le journal il y a trois jours à Benghazi.

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samedi, septembre 15, 2012

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Nikoula Basseley Nikoula, le cinéaste porno Alan Roberts, reste à savoir qui manque à l'appel de ceux qui ont insulté la religion musulmane?

A propos des évènements qui secouent un certain nombre de pays musulmans en relation avec la bande-annonce du film "L'innocence des musulmans", je ne vais pas discuter de la part qui revient à une colère spontanée et celle qui revient à son exploitation par des forces organisées dont le rôle a été évident à Benghazi. 

J'aimerais cependant à nouveau attirer l'attention sur ce que Benghazi nous dit de la situation en Libye à partir de ces constats simples que 1) l'ambassadeur des Etats Unis siégeait toujours dans cette ville et non à Tripoli qui est pourtant la capitale libyenne et 2) que les hommes qui ont attaqué l'ambassade étaient bien armés, au point même de déclencher hier des tirs intenses d'artillerie anti-aérienne contre les drones dont Obama a ordonné le déploiement au-dessus de la deuxième ville libyenne.Si on s'intéresse au film lui-même, on commence à en savoir plus sur les conditions de sa réalisation. On apprend en effet que
Le film aurait été réalisé par Alan Roberts, 65 ans, spécialisé dans les films pornographiques et d'action à petit budget comme "La jeune Lady Chatterley II" ou "Karaté Cop", selon le site web Gawker. D'après Gawker qui a interrogé des membres de l'équipe de tournage du film "Innocence of Muslims", les acteurs affirment avoir été trompés, croyant jouer dans un film de fiction épique, et découvrant ensuite qu'un doublage avait transformé leurs répliques en propagande anti-musulmane. Initialement, les rôles principaux attribués par Alan Roberts à ses acteurs s'appelaient George, Condalisa et Hillary, mais la version finale du script les faisaient interpréter le prophète Mahommet et d'autres personnages du Coran. Le film a été ensuite promotionné par des coptes par des chrétiens évangéliques antimusulmans de droite, tel Morris Sadek, Egypto-américain, et le pasteur de Floride Terry Jones, connu pour avoir brûlé publiquement des exemplaires du Coran.
Alan Roberts est donc plutôt spécialisé dans le cinéma pornographique, ce qui en soi ne le disqualifie pas pour tourner un film insultant une religion, que ce soit l'Islam ou une autre confession.
Apparemment, ni Alan Roberts, ni les comédiens engagés sur le tournage n'avaient conscience de la destination du film dont l'objet initial diffère complètement de ce qui est présenté sur la bande-annonce grossièrement doublée.

Comme Alan Roberts, certains comédiens venaient du milieu du cinéma pornographique comme Tim Dax et Amina Noir, ce qui a dû rendre plus simple le tournage des scènes de sexe qui figurent dans le film.
Amina Noir & Tim Dax

J'allais dire, puisqu'il s'agissait de dénigrer une religion, pourquoi pas?

Mais, au delà de l'insulte faite à la religion musulmane et à ses adeptes, voire même à tous ceux qui ont du respect pour les croyances religieuses des uns et des autres, ce qui ne va pas c'est que la société chargée de produire le film s'appelle Media For Christ
Le président de cette association, dédiée à "faire briller la lumière de Jésus" sur le monde, est l'Egyptien de religion copte Joseph Nassrallah Abdelmasih
En effet, même en admettant qu'une organisation religieuse ait eu l'intention de produire un film portant atteinte à la religion musulmane, ce qui semble par contre inconcevable, c'est qu'elle fasse appel à un réalisateur et à des comédiens venus de l'univers de la pornographie. Parce que j'ai de la peine à comprendre comment Joseph Nasrallah, un proche de l'extrême droite chrétienne, a pu recruter un réalisateur de pornographie pour "faire briller la lumière de jésus".

Le milieu du cinéma aux Etats Unis est un vaste monde et il y fort peu peu de chances qu'on tombe par hasard sur un réalisateur de films pornographiques sauf si on l'a choisi délibérément, ce que n'aurait bien entendu jamais fait un véritable croyant, chrétien ou autre, surtout s'il vit sa foi de manière militante. D'autant que nous avons en fait deux films: un film épique contenant des scènes explicites de sexe et une bande-annonce réalisée en doublant certaines scènes du film.

On a vu que ces prétendus militants du christianisme sont en fait bien encadrés par des gens qui tout en étant des fanatiques extrémistes gardent la tête froide. Si vous voulez comprendre un peu mieux ce qui se passe et qui manque à l'appel, posez-vous cette question toute simple:
Qui contrôle l'industrie du porno aux Etats Unis?



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mercredi, septembre 12, 2012

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Du nouveau sur Sam Bacile et son film "L'innocence des Musulmans"?

Je reviens de suite sur les évènements de Benghazi où une manifestation de colère contre les Etats Unis à cause d'un film intitulé "L'innocence des Musulmans" a débouché sur la mort de l'ambassadeur des Etats Unis en Libye ainsi que de trois de ses collaborateurs.

Dans un fameux test psychotechnique, une des épreuves consiste à déceler ce qui manque dans une image. Les sujets les moins "capables" ont en effet souvent du mal à voir ce qui est absent alors même que ce qui manque se voit en quelque sorte comme le nez au milieu de la figure.

Dans l'affaire Sam Bacile, le réalisateur du film "l'innocence des Musulmans," ce qui manque précisément, c'est la photo de cet individu. En faisant une recherche d'images sur les principaux moteurs de recherche, on tombe sur le portrait de divers individus (dont le pasteur Terry Jones mais aussi Harlem Désir!) mais pas sur celui de Sam Bacile, à ne pas confondre avec Sam Basile, un individu sans rapport avec l'auteur du film qui a provoqué la colère à Benghazi et au Caire.

On ne trouve également aucun élément biographique autre que ceux qui sont signalés dans les articles de presse qui puisent tous aux mêmes sources qui s'avèrent assez maigrelettes.
On peut donc raisonnablement supposer que Sam Bacile est un pseudonyme.

Par ailleurs, le Hollywood Reporter qui, comme son nom l'indique, est spécialisé sur les questions de cinéma et sur Hollywood en particulier attire notre attention sur deux points importants:
Même si Bacile affirme avoir dépensé 5 millions de dollars pour le film - un chiffre qui situerait le budget de son film au même niveau que 'What Maisie Knew', le film présenté au festival international du film de Toronto avec Julianne Moore en vedette - la séquence de 13 minutes disponible en ligne semble manquer de professionnalisme. De plus, il n'y a virtuellement aucune trace de Bacile dans la communauté du cinéma à Hollywood. Le réalisateur-scénariste-producteur n'a pas d'agent enregistré sur IMDBPro et n'est crédité sur aucun film ou production télévisuelle.
Si on comprend bien, il est pratiquement impossible qu'un dénommé Sam Bacile ait pu réaliser un vrai film en Californie car cela aurait laissé des traces dans le milieu du cinéma, une grosse industrie ou néanmoins presque tout le monde se connaît et ou certains corps de métiers sont très réglementés ou encadrés pas des syndicats.

Il y a donc peu de chance qu'un long métrage ayant coûté 5 millions de dollars ait pu être produit et réalisé sur le sol des Etats Unis.

Il n'existe donc sans doute qu'une ou quelques séquences diffusées sur internet, celle doublée en arabe ayant suscité la colère que l'on connaît.

Peut-être la presse et/ou la police, nous en diront-elles plus dans les prochains jours?

A suivre donc.


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Sam Bacile, l'islamophobe sioniste et la mort de l'ambassadeur des Etats Unis en Libye


Les émeutes de Benghazi en Libye ont coûté la vie à l’ambassadeur des Etats Unis dans ce pays ainsi qu’à trois autres fonctionnaires américains.

Un évènement hautement symbolique qui nous permet d’abord de constater que dans la Libye «libérée,» l’ambassadeur des Etats Unis restait stationné à Benghazi et non dans la capitale où le nouveau régime a du mal à s’imposer.
Et ensuite que quatre diplomates américains sont mort au cours d’émeutes motivées par un film anti-musulman réalisé par un ressortissant de l’entité sioniste qui jouirait aussi de la citoyenneté américaine et réside en Californie où il exerce la profession de promoteur immobilier.

Quel rapport entre l’immobilier et le cinéma ?
Aucun.

Il y a par contre un rapport entre le fait d’être un sioniste fanatique (ce qui est le cas de la majorité des sionistes) et celui d’inciter à la haine et à la guerre des civilisations.

Et ça n’a rien à voir avec la liberté d’expression, mais avec une stratégie consciente au service de l’entité sioniste. Et de fait, ces attaques répétées contre l’Islam sont presque toujours le fait des suppôts du sionisme ou soutenues par les intellectuels emblématiques du sionisme.

Ce promoteur immobilier, qui a des connexions avec des «chrétiens» extrémistes comme le pasteur Terry Jones a quand même pu réunir les cinq millions de dollars qu’a coûté son film auprès d’une centaine de bailleurs de fonds juifs.


De fait, Bacile 
se définit lui-même comme comme un Juif Israélien [et pas comme un Juif Américain, note de Djazaïri], déclare avoir la conviction que le film va aider son pays d'origine en montrant au monde les tares de l'Islam.
"L'islam est un cancer, point final," répète-t-il d'une voix solennelle avec un fort accent.


Effectivement, pour un certain nombre d'organes de presse, Sam Bacile n'est pas un américano-sioniste, mais un citoyen sioniste qui réside aux Etats Unis, nuance

Si «l’islam est un cancer, » comme le prétend ce promoteur/réalisateur de cinéma, on a bien compris quelle maladie infectieuse véhicule ce triste individu nommé «Bacile,» ça ne s’invente pas.

Je ne sais pas si le journal Le Monde va garder le titre de son article.Ne risque-t-il pas, en effet, d'’être attaqué pour antisémitisme?

En attendant, quatre fonctionnaires américains viennent de faire les frais de l'amour vache que portent les sionistes aux Etats Unis.

NB: .


Le Monde.fr avec AFP | 12.09.2012

Le film Innocence of Muslims (L'Innocence des musulmans) à l'origine des violentes manifestations anti-américaines, mardi 11 septembre en Egypte et en Libye et qui ont fait au moins un mort, a été réalisé et produit par Sam Bacile, un promoteur immobilier israélo-américain de 54 ans originaire du sud de la Californie, rapporte le Wall Street Journal .
"L'islam est un cancer", a déclaré Sam Bacile au WSJ après que des manifestants protestant contre son film se sont introduits dans l'ambassade américaine au Caire, où ils ont notamment arraché un drapeau américain. A Benghazi, en Libye, de violentes manifestations, elles aussi suscitées par ce film, près du consulat américain ont fait au moins un mort, un fonctionnaire américain.

Sam Bacile a expliqué au WSJ qu'il était bien à l'origine du film en question, soulignant avoir  levé cinq millions de dollars auprès d'une centaine de donateurs juifs, qu'il n'a pas identifiés, pour le financer . Il assure avoir  travaillé avec 60 acteurs et une équipe de 45 personnes pour tourner  le film en trois mois l'an dernier en Californie. "C'est un film politique, ce n'est pas un film religieux", déclare-t-il au quotidien.

Dimanche, le grand mufti égyptien Ali Gomaa avait dénoncé "les actions entreprises par des extrémistes coptes qui ont fait un film offensant le Prophète".

Le long métrage a été défendu par le pasteur  Terry Jones, qui s'est attiré de nombreuses critiques par le passé, notamment pour avoir  brûlé un exemplaire du Coran et s'être résolument opposé à la construction d'une mosquée près de Ground Zero à New York.

Le pasteur a précisé qu'il comptait montrer  un extrait de 13 minutes du film, mardi soir, dans son église de Gainesville, en Floride. "C'est une production américaine, qui n'a pas pour objectif d'attaquer  les musulmans mais de montrer  l'idéologie destructrice de l'islam", explique-t-il dans un communiqué publié par le WSJ.

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jeudi, août 02, 2012

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Assad, c'est fini (?) ou le crime d'un prix Nobel de la paix

 Si vous le souhaitez, vous pouvez lire mon commentaire après cet article du Guardian.


Les puissances extérieures, Russie et Etats Unis en particulier doivent envisager de relancer des discussions si on veut éviter la ruine du pays.
Editorial, The Guardian (UK) 27 juillet 2012 traduit de l'anglais par Djazaïri

La décision du président Obama d’appeler l’an dernier à la chute du régime d’Assad, appel qui sera repris par la Grande Bretagne et d’autres alliés, a été, on peut l’affirmer, une erreur. Les raisons d’Obama étaient compréhensibles. Premièrement, le régime se comportait de manière effroyable. Deuxièmement, les Etats Unis ne voulaient pas rester à la traîne dans une autre phase du Printemps arabe, étant donné en particulier que le régime de Damas était, à la différence de celui de Moubarak en Egypte, un de ceux qu’il a toujours détesté et qui est lié aux ennemis des Etats Unis dans la région que sont le Hezbollah et l’Iran. Troisièmement, Israël était favorable à tout ce qui pouvait affaiblir la Syrie et nuire à l’Iran, un sentiment partagé par l’Arabi saoudite et d’autres pays du Golfe. Quatrièmement, Obama et ses conseillers avaient sans doute la conviction que Assad s'en serait allé bien avant le moment où il aurait pu faire partie d’une quelconque solution. C’était pourtant une chose de croire que Assad, sa famille et ses associés seraient à un moment donné contraints de s’en aller, et autre chose de le dire publiquement sur un ton irrévocable.

Le résultat malheureux  a été de couper court à toute possibilité de négociations entre les protagonistes et de claquer la porte à une coopération étroite entre les Etats Unis et la Russie, les deux pays qui pourraient en théorie, s’ils agissaient ensemble, faire la différence pour un résultat en Syrie. On peut bien entendu soutenir que le régime syrien a rejeté toute suggestion laissant entendre qu’il devrait discuter avec ceux qu’il qualifie de terroristes, et que c’est ce qui a bloqué le plan Annan dès le début. Mais le temps, et le désespoir, ont peut-être changé les choses. Le régime d’Assad est maintenant dans une situation différente et pire  qu’il y a quelques mois. Oui, mais pourquoi le régime devrait accepter des discussions su sa propre liquidation est le premier thème de l’agenda ? De la même manière, pourquoi des organisations d’insurgés envisageraient-elles un quelconque compromis alors qu’elles se rendent compte que les puissances occidentales ainsi que de nombreux gouvernements de la région sont derrière elles ? Et enfin, pourquoi la Russie devrait-elle se satisfaire d’une politique de changement de régime en Syrie, prêtant ainsi le flanc à l’accusation de laisser tomber un allié tout en se rendant elle-même complice d’un plan, c’est certainement ainsi que Vladimir Poutine voit les choses, qui vise à réduire l’influence et le prestige de la Russie au Moyen Orient ?

Comme plus personne ne peut avancer sur le terrain diplomatique, la flamme guerrière a été attisée au point qu’elle risque de ruiner un pays de 24 millions d’habitants. Aujourd’hui, Alep, une charmante ville historique qui avait largement été épargnée jusqu’à présent, est peut-être sur le point d’être écrasée. Le conflit, soyez-en assuré, déchire aussi le tissu social de la Syrie. Non seulement les relations entre les sectes et les confessions, mais aussi celles entre les classes sociales, avec une paysannerie souvent militarisée qui rejoint, et souvent dirige, le combat. La possibilité que des extrémistes, al Qaïda et d’autres, tenteront de s’immiscer est évidente. Les tristes nouvelles qui nous arrivent d’Irak, où une nouvelle série d’attentats a tué de nombreuses personnes, suggèrent que les extrémistes sunnites pourraient être en train d’élaborer un front commun dans le but de restaurer une domination sunnite dans les deux pays. Tout cela augure très mal de l’avenir, y compris un éventuel avenir sans Assad.

Il y a encore ceux qui, comme la petite mais courageuse opposition syrienne non violente, qui pensent qu’il existe une autre voie, ainsi que nous le rappelle une déclaration après une réunion récente de Sant’Egidio à Rome. Les puissances extérieures ont deux options désormais. L’une est de rester spectateur pendant que la Syrie brûle, avec certains gouvernements qui soutiennent les rebelles en leur livrant des armes et attendent des défections, des assassinats ou des mutineries dans les forces armées pour abattre le régime. Si nous pouvions être assurés que cela va se produire rapidement, ce serait une chose. Mais que se passera-t-il si Assad continue à tenir ? Pendant des semaines, des mois voire même plus longtemps ? C’est pourquoi la deuxième option, un retour à la diplomatie et en particulier, une relance du traitement de ce terrible problème par l’Amérique et la Russie, doit absolument être prise en considération. Sont-ils sur des positions inflexibles, ou trop impuissants devant les conséquences de leurs propres décisions pour dseulement essayer ? Si c’est le cas, ils porteront une lourde responsabilité.


Commentaire:
Le journal anglais The Guardian est peut-être en train de tourner casaque sur la Syrie. Alors que depuis le début des troubles dans ce pays, il a été vigoureusement anti-gouvernement syrien, voilà qu’il demande en quelque sorte comment on en est arrivé là en Syrie, avec un pays au bord de la ruine totale, des milliers de morts et de nombreux réfugiés, entre les déplacés de l’intérieur et ceux qui sont à l’étranger..

The Guardian parle clairement de la responsabilité de Barack Obama et de ses suiveurs habituels (en France Nicolas Sarkozy, puis François Hollande).
Effectivement, ainsi que le reconnaît l’éditorial, en fixant comme préalable le départ du chef de l’Etats syrien, les Etats Unis et leurs amis ont bloqué toute possibilité d’avancer de manière négociée vers une solution de la crise.

Tout bonnement parce que ce préalable est évidement inacceptable, et même Laurent Fabius le sait bien. Tout comme les prétendus rebelles qui ont bien compris que l’occident et les monarchies (démocratiques) du Golfe en posant ce préalable les encourageaient à adopter une posture maximaliste.

L’article pose bien le problème même s’il renvoie indûment dos à dos la Russie et les Etats Unis. Or, chacun a pu constater que le gouvernement russe avait pris langue avec tout le monde, régime syrien comme opposition quand les Occidentaux n’ont adressé la parole au président Bachar al-Assad que pour lui intimer l’ordre de vider les lieux.
En Libye aussi, l’Occident avait soigneusement veillé à écarter toute démarche politique qui ne comportait pas comme préalable le départ du colonel Mouammar Kadhafi.
Comme en Libye, les Occidentaux arment de plus en plus ouvertement les prétendus rebelles qui viennent par exemple de recevoir des missiles sol-air qui ont transité par la Turquie. Les Etats Unis s'abstiennent pour l'heure de livrer directement des armes aux "rebelles," ils procèdent indirectement comme ils l'ont souvent fait dans les opérations de subversion.

D’e toute façon, Assad c'est déjà fini et vive l'après Assad puisque en ce moment on voit fleurir des articles dans la presse où on parle déjà du chef de l'Etat syrien au passé 

On nous dit par exemple que:
Obama et Erdogan pour accélérer la transition en Syrie, sans Assad
ou que 
le général [Manaf] Tlass appelle à "l'unité" post-Assad
on nous dit aussi
comment les Etats Unis préparent l'après-Assad

Joschka Fischer se risque à évoquer
Le Moyen Orient après Assad
Joschka Fischer est l'ancien chef du parti écologiste en Allemagne et il a été ministre des affaires étrangères et vice-chancelier. Il s'est reconverti dans les gazoducs, avec des émoluments qui récompensent son passage du pacifisme au bellicisme atlantiste bon teint.
Ce qu'il pronostique n'est d'ailleurs pas très engageant et ce qu'il y voit de plus positif, ce serait un affaiblissement de l'Iran et, par contrecoup suppose-t-il, du Hezbollah.

En fait, c'est peu de temps après le début des troubles que l'objectif d'écarter par tous les moyens Bachar al-Assad a été formulé, dans des termes voisins de ceux qui avaient été employés pour le colonel Mouammar Kadhafi.

On le sait, tout était fin prêt en occident pour traiter le cas syrien.

Il y a juste eu quelques ratés.

Le premier raté, c'est que la population syrienne ne s'est pas soulevée contre son gouvernement et que l'armée régulière reste globalement unie.
Certes, il y a eu des défections d'officiers supérieurs, mais ce n'est pas la première fois que des gens haut, voire même très haut, placés se détournent du régime en Syrie.

Il y ensuite l'entêtement chinois et russe qui n'a pas permis d'obtenir l'adoption d'une résolution comme en Libye. Une résolution que les crapules coalisées contre Kadhafi avaient interprétée d'une manière pour le moins élastique et tendancieuse. A défaut d’avoir la loi avec elles, ces puissances font valoir la loi du plus fort.

Déjà, l'Occident avait fait en sorte que toute issue politique, autre que sa reddition, soit refusée au pouvoir libyen.

Et puis, l'armée syrienne, si elle n'est pas la quatrième armée du monde, possède une organisation et une puissance de feu sans commune mesure avec ce dont disposait le gouvernement libyen. Même si son équipement est en partie obsolète (souvenez-vous de ce pilote qui a fait défection à bord d'un Mig 21, un avion complètement dépassé), elle est très loin d'avoir déchaîné toute sa puissance contre les prétendus rebelles et il n'est guère douteux qu'elle ferait payer un prix élevé aux puissances qui agresseraient la Syrie.

Je ne dis cependant pas qu'elle en sortirait victorieuse, ça me paraît quand même difficile.

Donc Bachar al-Assad n'est pas encore tombé et on voit que, à Alep par exemple, de larges pans de la population lui sont soit fidèles, soit sont tout simplement hostiles à cette prétendue Armée Syrienne Libre.

Tiendra-t-il ou pas? Et au-delà de sa personne, le régime tiendra-t-i?

Franchement, qui peut le savoir?

On voit certes bien à quel défi la Syrie est confrontée, face à des adversaires impitoyables et tenaces qu'ils s'appellent Hillary Clinton, Alain Juppé,  Laurent Fabius ou David Cameron.
Il ne leur manque qu'un alibi juridique pour s'engager plus à fond. Faute de cet alibi, ils en ont été réduits à étrangler le pays économiquement et à une tentative d'assassinat, qu'ils ont laissé à d'autres le soin de revendiquer. Cette tentative a manqué sa cible même si elle a emporté plusieurs ministres.
Ignorant cependant si le chef de l'Etat avait été touché ou s'il était en fuite comme la presse aux ordres l'a abondamment seriné, ils avaient néanmoins déclenché la suite du plan en actionnant les bandes terroristes à Damas, ce qui se soldera par un échec.

Suite à cet échec dans la capitale, ils espèrent à nouveau aujourd'hui une résolution onusienne qui leur permettrait de sanctuariser une partie du territoire syrien et, pourquoi pas, d'y installer un gouvernement provisoire. Tel est l'objectif poursuivi à Alep comme il l'avait été à Homs...

C'est en réalité un retour à leur plan initial, un plan qui avait été mis en pratique avec succès en Libye mais que le gouvernement syrien avait immédiatement compris.et s'était donné les moyens d’empêcher.







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mardi, juillet 31, 2012

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La Syrie, prochain pays démocratisé par l'OTAN?


Apparemment Laurent Fabius est tellement satisfait de ce que la France et ses alliés britanniques, américains, qataris etc. ont fait en Libye qu’il propose de récidiver en Syrie pour stopper le massacre, ça va de soi.
Sauf qu’en Libye, ce sont les prétendus rebelles et les bombes de l’OTAN qui ont provoqué massacre et destruction.

Aujourd’hui, le pays est livré au chaos. Il parait qu’il y a eu des élections libres pour une constituante et que ce sont même les «libéraux » qui les ont gagnées !
On nous refait l’Afghanistan, pays dans lequel il y a aussi, dit-on, des élections libres.

Tout va bien en Afghanistan, chacun le sait bien.
C’est un peu pareil en Libye mais on n’en parle pas trop et pour cause.

J’ai pas trouvé cette info en français, sûrement qu’elle plait pas à MM. Fabius et Sarkozy (en passant, l’intervention de l’OTAN a complètement disparu du processus qui a vu la fin du régime de Mouammar Kadhafi ! Il suffisait pourtant de rajouter « avec l’appui d’intenses bombardements aériens de l’OTAN.»

Ah, la liberté de la presse…

Associated Press, The Times (UK) 29 juillet 2012

Le commandant d’une milice libyenne a annoncé qu’un convoi qui transportait un haut reponsable de l’armée libyenne a été visé par des tirs d’armes à feu dans la ville de benghazi, à l’est du pays.

Abdel-Basit Haroun, un chef de milice à Benghazi, a déclaré que le général Khalifa Hifter  [Hifter est un agent de la CIA, note de Djazaïri] avait été attaqué dimanche par des assaillants inconnus. Il n’a pas été blessé. Le conseil intérimaire au pouvoir l’a chargé de former la nouvelle armée nationale.
Benghazi et la région orientale de la Libye ont connu une forte augmentation des tentatives d’assassinats contre d’anciens responsables de l’armée et des services de sécurité. Haroun précise que 13 d’entre eux ont été tués ce mois-ci.

Samedi soir, l’ancien chef du renseignement militaire, le colonel Suleiman Bouzz-Redah a été assassiné alors qu’il se rendait à la mosquée à Benghazi. Il avait abandonné le régime de Mouammar Kadhafi pour rejoindre les rebelles qui ont renversé au terme d’une guerre civile celui qui a longtemps dirigé le pays 

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dimanche, mars 04, 2012

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Les "révolutionnaires" Libyens remercient David Cameron en profanant le cimetière militaire britannique de Benghazi


Vous ne trouverez rien, du moins sur internet, dans la grande presse française à ce sujet. Le site come4news en parlait dès le 25 février pour contextualiser de manière ironique la récente visite en Libye de Gérard Longuet venu chercher le fameux « retour sur investissement » promis par Alain Juppé :
des tombes de militaires alliés de la Seconde Guerre ont été profanées et brisées à Benghazi.
 Parmi les tombes profanées au cimetière militaire de Benghazi, celles de fameux « Rats du désert » tant vantés par le maréchal Monty Montgomery lors de la campagne d'Afrique en 1942. Une vision édifiante pour le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, qui se trouve en Libye pour tenter d'établir des protocoles de collaboration entre une armée et une police quasiment inexistantes et diverses sociétés françaises. Gérard Longuet doit en effet visiter Benghazi, Misrata et Tripoli au cours de cette fin de semaine.

Reuters ne rapporte pas si des tombes de soldats français de la division Leclerc ayant combattu à Tobrouk et ailleurs ont été la cible des vandales des milices islamistes. Il semble que ces actes fassent suite aux accusations visant les troupes américaines en Afghanistan qui auraient brulé des exemplaires du coran.
Le cimetière militaire de Benghazi regroupe 1 214 tombes et stèles, dont celles de soldats alliés (Canadiens, Britanniques, Français…).
En Angleterre, c’est par contre une autre paire de manches et, avec un peu de retard il est vrai, la presse s’est emparée de cette affaire qui provoque un choc émotionnel réel.
Ainsi le Daily Mirror (proche du parti travailliste) titre :
Insulte à nos soldats tués à la guerre: une vidéo choquante montre des rebelles Libyens en train de profaner un cimetière militaire britannique (du Commonwealth plus exactement, NdT)).
Le Daily Mail fait deux titres sur cette information (le 1er est celui de la rubrique commentaire de la rédaction, le deuxième celui de l’article proprement journalistique):


La presse britannique propose des photos des profanations comme celle-ci:

Peut-être la tombe d'au arrière grand oncle de David Cameron?

Ou celle là,


Pour remercier Bernard-Botul-Henri Lévy?
Ainsi qu’une séquence vidéo:


Il faut quand même savoir que ces tombes sont restées intactes depuis l’indépendance de la Libye et pendant toute la période pendant laquelle Mouammar Kadhafi, un ardent anticolonialiste pourtant, a été au pouvoir.

Ce sont donc ceux pour lesquels la France et le Royaume Uni ont déchaîné leurs bombardements destructeurs qui se livrent à ces déprédations.

Eh bien, voilà qui va peut-être contribuer à ouvrir les yeux de ceux qui ont cru benoîtement que David Cameron et Nicolas Sarkozy avaient pris le parti de la liberté, de la démocratie et donc des valeurs qui vont avec.

Il faut dire que ces profanations sont supposées être une réaction à celle du Coran par des militaires US à Kaboul.

Mais d’une part, comment peut-on prétendre demander l’aide de l’OTAN dans son propre pays et réagir de la sorte à ce que fait l’OTAN dans un autre pays ?
Et surtout, on ne profane pas les tombes de qui que ce soit, même de celui qui a été un ennemi de son vivant. C’est là un principe des plus élémentaires qui participent à nous situer en tant qu’humains.

Mus peut-être ces incidents déplorables donneront-ils lieu à une réflexion en Occident sur le sens de l’action de l’OTAN en Libye ?

Pas en France en tout cas, si on en croit l’absence de couverture médiatique de ces profanations.

 Quand on pense que ce sont à peu près les mêmes gens que Sarkozy veut porter au pouvoir en Syrie!



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samedi, février 18, 2012

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L'histoire non dite de la "rébellion " libyenne


Un intéressant article qui revient sur la prétendue «révolution» libyenne ». On apprend d’ailleurs qu’un des objectifs des prétendus révolutionnaires était justement d’éliminer ceux qu’ils désignaient comme révolutionnaires. Non, non ils n’avaient pas d’idées suicidaires mais selon leurs propres termes, les révolutionnaires étaient les membres des structures politiques du régime de Mouammar Kadhafi.
Volià pour le qualificatif de révolutionnaire.

L’auteur arrive en fin de compte à des conclusions voisines de celles que formule Thierry Meyssan, c’est-à-dire que les gouvernements occidentaux se sont alliés de facto et en toute connaissance de cause avec des «djihadistes» du genre Oussama ben Laden qu’ils prétendaient combattre. La différence étant que la National Review et John Rosenthal sont des conservateurs Américains, c’est-à-dire qu’ils se situent dans la ligne classique du parti Républicain. Le plus grand des paradoxes étant que des "djihadistes" ont été portés au pouvoir avec l’aide en matière de relations publiques d’un de ces mêmes «intellectuels» qui dénonce le fascisme vert.

Je dirai que cet article nous en dit surtout un peu plus sur le moment où a commencé à se nouer cette alliance, soit la période où bon nombre de chefs de cette nébuleuse sont tombées entre les mais des services secrets occidentaux qui ont compris qu’il était possible de travailler avec eux dans l’intérêt commun.

Par John Rosenthal, National Review (USA) 17 février 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

C’est aujourd’hui l’anniversaire official de la “révolution du 17 février,” la rébellion libyenne contre le pouvoir de Mouammar Kadhafi qui – avec une aide massive d el’OTAN- a fini par aboutir à la chute du régime et à la mort de Kadhafi. Même si la rébellion a été d’emblée présentée par les media occidentaux comme un « mouvement de contestation », il ressort clairement des preuves filmées comme des témoignages de première main que les « manifestations » ont été extrêmement violentes dès le début. Il n’a pas fallu attendre longtemps pour voir des colonnes de « manifestants » armés – comme certains media les ont qualifiés de manière incongrue – se mettre en marche en direction de Tripoli.

Dans pratiquement chaque ville où des troubles ont éclaté, des postes de police et d’autres édifices et installations publics ont été attaqués et incendiés. De telles attaques avaient été signalées à Benghazi, Derna, Tobrouk, el Beïda et Zawiyah entre autres. A Derna, selon le témoignage d’Amer Saad, un « militant » pro-rébellion, les forces fidèles à Kadhafi avaient été enfermées dans des cellules d’un poste de police local et le bâtiment avait été incendié. 

La violence des “manifestations” n’est guère surprenante compte tenu de ce que nous savons maintenant du rôle du Groupe Islamique Libyen de Combat (GILC) lié à al Qaïda dans la rébellion. Au moins trois militants liés à al Qaïda qui avaient à un moment ou à un autre été détenus par les Etats Unis ont joué un rôle de premier plan dans le soulèvement contre Kadhafi. Après la chute de Tripoli, l’un d’entre eux, le chef historique du GILC, Abdelhakim Belhadj deviendra gouverneur militaire de la capitale libyenne (dans la presse occidentale, Belhadj est souvent confondu avec Abdelhakim al-Hasadi qui est un autre militant lié à al Qaïda qui a joué un rôle très important dans les premières phases de la rébellion en Libye orientale).

En outre, des faits peu connus mentionnés dans un dossier judiciaire britannique indiquent qu’il n’y a rien eu de spontané dans la violence. Vers le milieu de la dernière décennie, le GILC avait en fait élaboré un plan pour déstabiliser le régime de Kadhafi au moyen des mêmes nombreuses tactiques qui seront employées dès le début de la rébellion en février 2011. Le plan avait été découvert dans un CD saisi par la police britannique au cours d’une perquisition effectuée en février 2005 au domicile d’un réfugié politique Libyen à Birmingham.  Dans une décision de justice de 2009, l’individu est simplement identifié par les initiales « AV ». (voir Secretary of State for the Home Department contre AV,  30 avril 2009.)

Les attendus de la décision observant que AV était un membre du conseil de la chouhra [consultation] du GILC et que son nom avait été ajouté le 7 février 2006 à la liste de l’ONU des personnes et entités liées à al Qaïda.
Ces indications ainsi que d’autres précisions biographiques désignent clairement « AV » comme étant en réalité Abderrahmane al-Faqih. Selon la décision judiciaire britannique et d’après les informations recueillies par le Conseil de Sécurité de l’ONU, al-Faqih/ "AV" avait été condamné par contumace par un tribunal marocain pour complicité dans l’attentat suicide de Casablanca en mai 2003 qui avait coûté la vie à plus de 30 civils et blessé beaucoup d’autres.

Qui plus est, le résumé des motifs de l’ONU pour l’inclusion d’al-Faqih dans la liste des sanctions contre al Qaïda note qu’il est «considéré comme étant relié au réseau terroriste en Irak qui était dirigé par Abou Moussab al-Zarkawi. » Les documents judiciaires britanniques montrent qu’al-Faqih avait implicitement admis ses liens avex al-Zarkawi et al Qaïda en Irak en affirmant avoir envoyé un message aux ravisseurs de Kenneth Bigley afin de les convaincre d’épargner la vie de Bigley (voir le § 17 de la décisien mise en lien ci-dessus). Bigley, un ingénieur Britannique, avait été décapité par l’organisation d’Abou Moussab al-Zarkawi en octobre 2004.

L’auteur du plan découvert dans le CD d’al-Faqih était le chef idéologique du GILC Abou al-Munthir, alias Sami al-Saadi. Comme le cher du CILC Belhadj, al-Munthir/al-Saadi avait été transféré dans une prison libyenne en 2004 après avoir été détenu par les services secrets américains en Asie du Sud-Est. Un certain Abou Munthir est incidemment cité dans les documents judiciaires britanniques comme étant un agent d’al Qaïda qui encourageait les jeunes Musulmans de Grande Bretagne à commettre des actes terroristes dans ce pays après l’invasion de l’Afghanistan. Des communications entre le gouvernement libyen et les services secrets occidentaux découvertes après la chute de Tripoli donnent à comprendre que l’Abou Mounthir en question n’était autre qu’al-Saadi (ces documents sont reproduits ici).

Entre autres documents trouvés sur le CD d’al-Faqih, se trouvait un manuel pour fabriquer des bombes et ce que le juge britannique Colin Mackay a décrit comme un «sinistre matériel anti-occidental.»

Selon la décision de justice de 2009, le plan du GILC:

Inclut un appel aux moudjahidin à s’entraîner au maniement des armes et à la préparation d’explosifs et à infliger des destructions et des dégâts aux « sièges des comités révolutionnaires, les locaux des services de renseignements et les lieux où se trouvent les révolutionnaires et les corrupteurs.»

Les références aux “révolutionnaires” et aux “comités révolutionnaires” concernent ce que Mouammar Kadhafi appelait la révolution Fateh. Les « comités révolutionnaires » étaient une composante permanente de la société libyenne du temps de Kadhafi : une forme d’institutionnalisation de la révolution Fateh.

Le plan du GILC appelait en outré à une “opération martyr” contre une cible importante comme le tyran Kadhafi, d’autres membres importants de la tyrannie ou des locaux des services de renseignements.” Il se trouve qu’un attentat suicide contre une caserne de l’armée à Benghazi le 20 février avait été signalée comme ayant joué un rôle essentiel dans le succès de la rébellion – l’auteur de l’attentat aurait rempli une voiture d’explosifs et fait exploser l’entré de la caserne.

Le simple fait que les rebelles se servent de la méthode caractéristique d’al Qaïda est en lui-même une preuve de la nature djihadiste de la rébellion. Des « opérations martyr » très semblables evec des véhicules bourrés d’explosifs ont été exécutées contre des installations militaires américaines en Afghanistan. Le fait que l’auteur présumé de l’attentat de Benghazi ait été salué comme un héros par la presse occidentale (voir ici ou ici par exemple) représente seulement un des aspects par lequel le conflit libyen a abouti à ce qu’on peut décrire comme une «banalisation» du djihad.

Il convient d’observer que sur la base de la possession par lui du plan du GILC, al-Faqih/ »AV » avait été déclaré coupable par un tribunal britannique pour recel d’un document visant à favoriser l’exécution ou la préparation d’actes terroristes en violation du Terrorism Act britannique de 2000. Une décision de 2007 confirmant la condamnation observe sans détour :

La législation ne donne pas d’exemption, ne fait pas d’exception, n’offre pas de défense, ni ne disculpe ce qu’on voudrait présenter comme du terrorisme pour une cause juste. Une telle notion est étrangère à la loi. Le terrorisme est le terrorisme quels que soient les motivations des auteurs.
Les forces britanniques se sont pourtant conjuguées aux forces françaises, américaines et d’autres puissances de l’OTAN pour intervenir en Libye en soutien d’une rébellion dont les méthodes avaient été reconnues comme étant de nature terroriste par le justice britannique.

En ce moment, il est courant chez les observateurs occidentaux de déplorer le fait que le « printemps arabe » a été suivi d’un « hiver islamiste ». Mais quand on le replace dans un ensemble, avec toutes les autres preuves des racines islamistes de la rébellion libyenne, le plan du GILC laisse peu de place au doute : indépendamment ce qui s’est passé dans le reste du monde arabe, le soulèvement en Libye était la réalisation non d’aspirations démocratiques, mais des vieilles ambitions d’extrémistes islamistes. C’est un « printemps islamiste » qui a ouvert la voie de l’actuel « hiver islamiste. »

— John Rosenthal traite de politique européenne et de questions de sécurité transatlantiques. Vous pouvez suivre son travail sur http://www.trans-int.com/ou sur Facebook.

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mercredi, juillet 06, 2011

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Libye: Misrata, la rebelle, la raciste

Je ne ferai guère de commentaires sur cet article de Sam Dagher qui nous informe sur une des facettes de ces rebelles Libyens qui incarneraient la démocratie par opposition au régime dictatorial du «chien fou» qu’est Kadhafi.
Oui, une lecture édifiante qui me fait penser que Mouammar kadhafi n’est peut-être pas si fou que ça et que les chiens fous se trouvent en Europe (Nicolas Sarkozy, David Cameron), aux Etats Unis (Barack Obama) et sur la planète des philosophes chevelus au discours creux (Bernard-Botul-Henri Lévy).
Au moins les occidentaux ne pourront pas dire qu’ils ignoraient au service de quoi leurs avions et leurs missiles détruisent les infrastructures libyennes. Ce n'est pourtant certainement pas par hasard que ces opérations de démocratisation à coups de bombes sont soutenues politiquement et matériellement par ces démocraties que sont le Qatar ou l'Arabie Saoudite.

La haine ethnique qui a pris racine dans la bataille pour Misrata souligne les défis de l’après-Kadhafi pour la nation.
Par Sam Dagher , Wall Street Journal (USA) 21 juin 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
Misrata, Libye – “Les traîtres dehors,” lit-on sur des graffiti à l’entrée d’un quartier d’habitations dans un quartier pauvre de Misrata, la ville aux mains des rebelles qui subissent les conséquences physiques et émotionnelles du siège imposé par le colonel Mouammar Kadhafi depuis mars.
Un groupe d’hommes sirotant du thé un après-midi récemment, dit que les « traitres » sont ceux qui viennent de Tawergha, une petite ville à une trentaine de kilomètres au sud, peuplée de Libyens noirs, un rappel de ses origines au 19ème siècle comme cité de transit pour le commerce des esclaves.
Beaucoup d’habitants de Misrata sont persuades que les gens de Tawergha sont responsables de certaines des pires atrocités commises durant le siège de leur ville, dont les viols allégués commis sur des femmes devant leurs proches et l’aide apportée aux forces de Kadhafi pour identifier et enlever des sympathisants des rebelles et leurs familles.
La querelle entre Misrata et Tawergha est un exemple saisissant des défis que la Libye devra affronter quand Kadhafi abandonnera le pouvoir, pour réconcilier des communautés qui se sont retrouvées dans des camps opposés pendant le conflit.
Misrata, la troisième plus grande ville de Libye et son plus important centre commercial, était considérée avec méfiance par le colonel Kadhafi qui avait essayé de promouvoir des groupes minoritaires comme les habitants de Tawargha et quelques tribus bédouines de la région pour contrebalancer la puissance et la cohésion des familles marchandes blanches.
Avant le siège, près de 4/5èmes des habitants du quartier Goushi de Misrata étaient originaires de Tawargha. Maintenant, ils sont partis ou se cachent, craignant des attaques vengeresses d’habitants de Misrata, et on parle de récompenses pour leur capture.
Les chefs rebelles, dans la ville orientale de Benghazi, dissent travailler sur un plan de réconciliation post-Kadhafi. Mais ses détails sont flous et les dirigeants rebelles énoncent surtout des platitudes pour écarter les suggestions de discorde, et ils affirment simplement que « la Libye est une seule tribu. »
Ce point de vue pourrait s’avérer dangereusement naïf. Les affrontements ont déjà attisé des querelles historiques et créé de nouvelles lignes de fractures à travers le pays. Dans les monts Nefusa, au sud-ouest de Tripoli, des rebelles de la tribu Zintan sont maintenant opposés à leurs vieux rivaux  Mashashya, qui sont en majorité pour le gouvernement.
Pour tenter d’apaiser certaines de ces tensions, l’Italie, ancienne puissance colonial en Libye, qui a pris parti pour les rebelles, a annoncé la semaine dernière qu’elle accueillerait près de 300 chefs tribaux Libyens pour une grande conférence de réconciliation, une offre immédiatement tournée en ridicule par le régime de Kadhafi.
Plus cet affrontement durera, plus il renforcera la méfiance dans tous les segments de la société,” affirme Lisa Anderson, président de l’Université Américaine du Caire qui est une spécialiste de la Libye.
Les rebelles de Misrata int réussi le mois dernier à contraindre les forces du colonel kadhafi à quitter la ville, mais ils continuent à combattre sur trois fronts, dont la zone limitrophe avec Tawergha. Un adolescent a été tué lundi et six membres de sa famille ont été blessés, dont ses parents et frères et sœurs, affirment des témoins, quand des forces loyales au régime présentes près de Misrata ont tiré des roquettes sur la ville. Depuis vendredi, des attaques du même genre ont tué deux femmes et au moins 26 rebelles, dont 10 le lundi, selon des médecins.
Même si les dirigeants politiques rebelles dissent qu’ils prendront des measures pour éviter des représailles s’ils s’emparent de la ville, d’autres appellent à l’expulsion de la région des habitants de Tawergha..
Ibrahim al-Halbous, un commandant rebelle qui dirige les combats près de Tawergha déclare que tous les habitants restés encore sur place devront partir une fois que la ville sera prise par les rebelles. « Ils devraient plier bagages, » dit M. Halbous. “Tawergha n’existe plus, il n’y a que Misrata. »
On ne sait pas vraiment combine de familles sont restées à Tawergha qui s’es transformée en poste avancé pour les troupes gouvernementales. On suppose que beaucoup d’entre eux sont dans un camp [de réfugiés] administré par le gouvernement beaucoup plus au sud à al-Haisha.
D’autres chefs rebelles appellent également à des mesures drastiques comme interdire à vie  aux natifs de Tawergha  le droit de travailler, de résider ou de scolariser leurs enfants à Misrata.
La haine contre Tawergha découle de témoignages qui affirment que les soldats loyalists étaient accompagnés de centaines de combattants volontaires de Tawergha quand ils ont pillé et incendié des dizaines de maisons au cours de l’attaque contre Misrata et ses environs les 16 et 18 mars.
Il y a aussi des récits de viols dont un des commandants rebelles évalue le nombre à 150, mais ils sont difficiles à prouver vu le stigmate attaché à ce crime dans cette nation musulmane conservatrice et l’absence de témoignages.
Cette haine contre Tawergha a une composante raciste qui était latent avant le conflit en cours.  Sur la route entre Misrata et Tawergha, des slogans rebelles comme « la brigade de nettoyage des esclaves, des peaux noires » ont supplanté les gribouillis pro-Kadhafi.
Les tensions raciales ont été alimentées par les allégations sur le recours du régime à des mercenaires Africains pour réprimer violemment les manifestations au début du soulèvement libyen en février, et( par le sentiment que le sud du pays, qui est majoritairement noir, soutient généralement le colonel Kadhafi.
Bashir Amer dit avoir été une des victimes des attaques de Misrata par des soldats loyalistes et des habitants de Tawergha. Il affirme que rien n’a été épargné dans son ranch qui se trouve dans le secteur agricole de Tuminah sur la route entre Misrata et Tawergha.
La carcasse d’un des chevaux pur sang de M. Amer grillait encore au soleil lors d’une visite récente. Sa ferme a été complètement incendiée après le pillage de tout son contenu de valeur, affirme M. Amer tout en montrant le coffret à bijoux vide de son épouse. Il se trouve dans la principale chambre dont il ne reste que des murs carbonisés et un tapis de cendres.
M. Amer dit qu’il était en train de déjeuner avec sa famille quand des soldats ont enjambé la clôture de la ferme et commencé à tirer de manière indiscriminée, blessant à la jambe sa fille Fatima, 16 ans.
M. Amer dit qu’ils ont été ensuite autorisés à aller dans le ferme de ses parents plus loin sur la route dans la localité voisine de Karzaz, ouvrant ainsi la voie aux volontaires pro-Kadhafi de Tawergha qui atteignirent finalement la ferme de ses parents.
Là-bas, selon lui, ils ont tous été sortis de la maison avant qu’elle soit, comme la sienne, pillée et incendiée. « C’était terrifiant quand les hommes de Tawergha sont venus dans la maison de mes parents, » déclare M. Amer.
Son père et six de ses cousins ont été arrêtés pendant le même raid sur Tuminah et Karzaz. On ignore leur sort ainsi que celui de 1 000 autres habitants de Misrata.
Les Amer, tout comme leurs riches voisins les Issa, ont été accuses par le régime de financer les rebelles, ce qu’ils ont reconnu.
Debout sur le toit de la ferme familial incendiée; Tareq Issa se remémore sa fuite après que son oncle ait été tué et son frère grièvement blessé après un échange de tirs avec les fidèles de Kadhafi qui avaient attaqué la ferme. Les Issa sont rentrés à Tuminah le mois dernier pour trouver leur propriété en ruines.
La carcasse carbonisée d’une Lexus sedan repose dans le garage d’une maison tandis qu’une  urne de marbre est tout ce qui reste du contenu d’une autre villa de style toscan située au milieu des vergers.
M. Issa, un avocat qui commande maintenant une poignée de combattants charges de la sécurité de Tuminah accuse les gens de Tawergha pour l’attaque et dit que tout son clan a un tas de comptes à régler avec cette ville.

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