mercredi, janvier 16, 2013

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Réfugiés Syriens au Liban, l'exemplarité du Hezbollah


Je ne ferai pas de commentaires

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Nord Liban: un réfugié Syrien construit une maison avec des palettes de manutention
Les actions du Hezbollah libanais pour aider les Syriens qui fuient la violence dans leur pays
par David Enders, McClatchy Newspapers (USA) 14 janvier 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri
Malgré son soutien sans faille au régime syrien ces deux dernières années, l’organisation militante chiite Hezbollah aide dans la discrétion les Syriens qui sont au Liban – même ceux qui ne soutiennent pas sa ligne politique.
“Nous aidons les réfugiés depuis le début des évènements en Syrie,’’ déclare Imad al Wahda, un représentant du Hezbollah dans cette ville du sud Liban qu’on considère comme étant un bastion du parti. 
“Nous avons donné l’accès à plus de 2 000 maisons et appartements à Nabatiyeh et les villages alentours,’’ explique al Wahda. ‘’Certaines maisons accueillent deux ou trois familles.’’
L’organisation apporte une aide semblable à des réfugiés dans d’autres régions du pays, alors même que, selon des informations, ses combattants se battraient du côté du gouvernement syrien [une accusation de l’opposition syrienne et des pro Hariri jamais étayée par aucune preuve, NdT].
Fondé au début des années 1980, le Hezbollah est aujourd’hui la première force politique libanaise, un statut qu’il doit en partie à son action sociale en faveur de la communauté chiite longtemps déshéritée, qui forme la principale communauté religieuse du pays. En Syrie et dans le monde arabe, la popularité du Hezbollah a atteint des sommets en 2006 quand la milice de l’organisation avait tenu en échec une invasion du pays par les troupes israéliennes. 
Six ans plus tard, certaines des personnes qui adulaient l’organisation auparavant la dénoncent maintenant à cause de son soutien au président Syrien Bachar al-Assad qui appartient à la secte alaouite, une branche du chiisme. Les rebelles hostiles à Assad sont presque tous issus de la majorité musulmane sunnite du pays, dont beaucoup accusent les Alaouites de pratiquer une discrimination contre les Sunnites tout au long des quarante années d’exercice du pouvoir par la famille Assad.
Le Hezbollah a certainement tiré avantage du pouvoir de Assad en Syrie, et la chute de ce dernier rendrait probablement plus difficile sa domination au Liban. Une bonne partie de l’armement lourd du Hezbollah est venu d’Iran via la Syrie, et la défaite d’Assad par les militants sunnites pourrait encourager les Sunnites du Liban à relever la tête.
Mais alors que les quelques déclarations publiques du mouvement ainsi que sa presse et sa propagande ont largement collé aux positions du gouvernement syrien pendant les 22 mois du soulèvement, l’action d’assistance humanitaire de l’organisation ne semble pas s’inscrire dans cette ligne devant les centaines de milliers de Syriens qui arrivent ici avec les quelques effets qu’ils ont pu emporter.
Le Hezbollah affirme même avoir aidé des immigrés Syriens qui travaillent au Liban dans la construction et dans d’autres secteurs des services à faire venir leurs familles. 
“Nous payons parfois la course de leur taxi pour qu’ils rentrent en Syrie pour ramenet leurs familles ici,’’ affirme al Wahda. 
Le mois dernier, dans une de ses rares déclarations sur la situation en Syrie, le chef du Hezbollah,Hassan Nasrallah a demandé au gouvernement libanais d’avoir une approche politique cohérente de la crise.
“Nous devrions nous intéresser aux réfugiés Syriens sur la base d’une responsabilité purement humanitaire, sans politiser cette question,” avait déclaré Nasrallah. ‘’Nous devrions accorder notre attention aux familles déplacées, quelles que soient leurs opinions politiques.’’
Tandis que la majorité des Syriens au Liban se sont réfugiés dans des régions dominées par la même secte que celle à laquelle ils appartiennent, le Hezbollah assiste en fait les déplacés qu’ils soient sunnites ou chiites.
“Mon mari cherche du travail,’’ explique Umm Ibrahim, une Sunnite de 22 ans, mère de trois enfants, qui se fait appeler de ce surnom qui signifie ‘’Mère d’Ibrahim’’ lorsqu’elle parle avec la presse parce qu’elle craint pour la sécurité de ses proches restés en Syrie. ‘’Il n’y a plus de travail en Syrie.’’
Umm Ibrahim partage les quatre pièces d’un appartement avec 20 personnes. Elle a récemment emmené son fils se faire vacciner dans un hôpital géré par le Hezbollah.Elle dit que quand sa famille est venue à Nabatiyeh il y a quatre mois de ça, le Hezbolah leur a aussi donné des draps et des poêles de chauffage.
‘’Nous pensions que nous n’étions ici que pour un mois,’’ dit-elle.
C’était avant que son quartile d’Alep, la plus grande ville de Syrie, se transforme en ligne de front.
 ‘’Je ne sais pas ce qui est arrivé à notre maison,’’ dit-elle. ‘’La maison de mes parents a été pillée et détruite. La maison de ma sœur a été détruite par un bombardement.’’
Umm Ibrahim n’a exprimé de soutien pour aucun des camps qui s’opposent en Syrie, mais elle a utilisé la désignation ‘’Armée Syrienne Libre’’ pour parler des rebelles. Elle n’a pas hésité non plus à le faire en présence d’un officiel du Hezbollah, alors même que les partisans du régime syrien tendent à utiliser l’expression ‘’groupes armés’’ ou ‘’terroristes’’ quand ils parlent des rebelles, reprenant ainsi la terminologie du gouvernement syrien.

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lundi, décembre 31, 2012

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Quatre pilotes de l'armée turque capturés à Alep?


A ma connaissance, c'est la première fois que la presse syrienne officielle communique sur l'arrestation de soldats étrangers en territoire syrien. Ici, c'est le journal syrien El-Watan qui annonce la capture de quatre aviateurs de l'armée turque qui s'apprêtaient à pénétrer dans un aérodrome militaire près d'Alep.

L'information est reprise par le site russe Novosti et par Breaking News Network qui la cite en passant même si elle fait le titre d'une de ses dépêches. Breaking news est, si j'ai bien compris, une boîte d'information privée ou communautaire proche du gouvernement syrien, en, tout cas pas interdite par ce dernier.

Le gouvernement turc dément catégoriquement la réalité de ces arrestations qui seraient de la désinformation orchestrée par un régime sur le point de s'effondrer.

Syrie: quatre pilotes turcs interpellés près d'Alep

MOSCOU, 31 décembre - RIA Novosti
Les forces gouvernementales syriennes ont arrêté quatre pilotes de chasse turcs dans la province d'Alep (nord), rapporte lundi le journal officiel syrien El-Watan.
Les interpellés, accompagnés d'un "groupe de personnes armées", auraient tenté de pénétrer dans l'aéroport militaire de Koerc, rapporte le journal.
D'autres détails sur l'incident ne sont pas disponibles pour le moment.
La Syrie est secouée depuis près de 21 mois par un conflit entre gouvernement et opposition, qui a déjà fait 20.000 à 30.000 morts. Les autorités du pays affirment faire face à des bandits armés et soutenus par des forces extérieures.

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jeudi, décembre 20, 2012

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L'Armée Syrienne "Libre" affame le peuple syrien


On connaît bien As’ad AbuKhalil, alias Angry Arab sur ce blog. Ce professeur d’université qui intervient souvent dans les médias occidentaux ou arabes est résolument hostile au pouvoir en place en Syrie. Et il est également hostile aux prétendus opposants démocrates qui ont pris les armes en Syrie avec l’appui de l’OTAN et des monarchies pétrolières.

Ce qui lui vaut d’être vilipendé des deux côtés.

Mais aussi d’avoir accès à des sources d’information de première main, tel ce journaliste turc qui évoque un aspect inédit du comportement des miliciens de l’Armée Syrienne Libre, à savoir des vols de machines, de voitures mais surtout de quantités de grain, ce qui a provoqué une grave crise de l’approvisionnement en nourriture dans Alep, cette ville qu’ils prétendent libérer.

Des activités de l’Armée Syrienne Libre qui ne sont pas rapportées par la presse occidentale

Par As'ad AbuKhalil, The Angry Arab, 20 décembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un journaliste turc qui travaille dans la région proche de la frontière avec la Syrie m’a envoyé des informations sur certaines activités de  l'Armée syrienne Libre (ASL) non rapportées dans la presse. Il écrit:

 «A peine deux jours avant la «crise de la nourriture» à Alep, j'ai entendu beaucoup de mes amis du Hatay dire qu'ils commençaient à voir certains Syriens vendre du  pain en  ville. Les pains turcs ne sont pas les mêmes que ceux de Syrie, même au Hatay.

 Et je dois vous donner un nom. Abdulqader As Salah, un commandant des brigades Tawhid [Unicité] qui a des liens très étroits avec les services secrets turc. Il vend en ce moment du "blé" à Gaziantep, une province de la Turquie. Je suis un journaliste turc qui suit cette crise depuis le début, j'ai entendu la même chose de la part de Kurdes à Ceylanpinar (une ville frontalière près de Ras Al Ayn) . Les Kurdes qui ont fui les affrontements entre l’ASL et les milices kurdes m'ont dit avoir vu certains membres de l’ASL piller les silos à blé.

Mais je n’y avais pas accordé d’attention jusqu’à ce que je voie ces informations. C’est peut-être pourquoi les gens à Alep protestent en ce moment contre l’ASL en la qualifiant «d’armée de Harami (voleurs).» J’essaye maintenant de comprendre ce qui se passe et pourquoi les habitants du Hatay ont commencé à voir des pains syriens dans la province. Quand j’aurai fait mon reportage, je vous l’enverrai aussi. Au Hatay les gens ont une apparence très proche de celle des syriens et sont accoutumés à la culture syrienne…
Pillage du blé à Alep
Pillage du blé par l'ASL à Alep
J’ai vu quelques photos de Reuters qui montrent des membres de l’ASL sur les silos à grain à Alep.  Mais comme d’habitude, elles sont légendées « Des forces fidèles à Assad bombardent les silos et les membres de l’ASL », quelque chose comme ça. Je vais essayer de vous envoyer la photo. J’ai entendu pour la première fois des rumeurs à ce sujet à Ceylanpinar/Sanliurfa. Des kurdes m’avaient dit que… Mais je n’y avais malheureusement pas fait attention. Puis j’ai vu cette photo. Puis j’ai vu les informations sur la famine en Syrie. Maintenant je me renseigne. Et un de mes amis journalistes m’a informé sur ce "Abdulqader As Salah". Je n’ai pas rassemblé toutes les infos sur lui mais on dit qu’il est le chef de la brigade Tawheed, qu’il habite à Gaziantep et qu’il vend actuellement du blé et des voitures d’occasion.

Tawheed est une des organisations les plus étroitement liées aux services secrets turcs. Tout le monde le sait. Je travaille là-dessus en ce moment, quand j’aurai fini, je vous enverrai un exemplaire de mon travail…

Ils volent même des engins de forage pétrolier en Syrie et ils les amènent en Turquie… C’est vrai… Les militants de l’ASL volent du blé en Syrie et ils l’amènent en Turquie pour le vendre.
J’ai contrôlé mes sources et j’ai parlé avec beaucoup de gens dans les provinces du Hatay et de Sanliurfa. Ils m’ont dit que certains membres de l’ASL (qui parlent l’arabe syrien) vendent maintenant des pièces détachées automobiles et qu’à Gaziantep ils ont un dépôt de grain.

Un de mes amis dignes de foi m’a dit que les choses ont commencé en septembre… Un journaliste pro Assad à Hatay m’a dit que tout se faisait en accord avec les autorités turques. Les rebelles ramènent du blé, des voitures et même du mobilier de Syrie par le poste frontière de Bab al Haya qui se trouve de l’autre côté de la porte du Hatay-Cilvegozu…  Les militants de l’ASL ont pris le contrôle de ce poste frontière en juin.

Ils pillent aussi les villages kurdes quand ils les attaquent à partir du côté turc ainsi qu’ils l’ont fait à Ras Al Ayn… C’est pourquoi les kurdes ne veulent pas qu’ils viennent dans leurs régions.»

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mardi, octobre 30, 2012

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Sectarisme et prise d'otages en Syrie


150 combattants membres de l’opposition syrienne armée sont détenus par les autorités de Damas. Alors que faire pour obtenir leur libération ? se sont demandés leurs camarades.

La réponse est simple : on intercepte un autobus de voyageurs, des civils bien sûr, on sélectionne parmi eux les hommes de confession chrétienne et on les retient pour les échanger contre ses compagnons d’armes.

Et on donne un délai de trois jours, faute de quoi les civils seront exécutés.

Personnellement, je ne suis pas chrétien mais vraiment, je n’arrive pas à comprendre de tels agissements qui sont indignes de tout combattant qui se respecte vraiment et en disent long sur la cause qu’il prétend défendre.

Ils ont quand même épargné les femmes...
Panorama (Arménie) 30 octobre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri
Des rebelles Syriens armés ont arrêté un bus de voyageurs qui circulait de Beyrouth vers Alep et a forcé les passagers à descendre.
Yerkir Media TV, qui cite des témoins, rapporte qu’ils ont relâché les femmes mais que dix hommes, dont 7 Arméniens et 3 Arabes Chrétiens ont été retenus en captivité.
Les hommes armés, vêtus de noir, ont obligé les passagers [les dix hommes] à s’agenouiller, les ont frappés et les ont emmenés, disent les témoins.
Les ravisseurs exigeraient qu’on leur livre leurs compagnons d’armes – 150 personnes en tout – qui sont détenus [par les autorités syriennes] et ils menacent de tuer les dix captifs si les rebelles ne leur sont pas remis dans les trois jours.
On ignore encore les identités des captifs.

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mercredi, octobre 10, 2012

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La Syrie décidée à gagner la bataille de la crème glacée


Non, c'est pas la guerre chimique.

Je vous disais que les affaires reprennent entre la Jordanie et la Syrie. Et ces affaires ne concernent pas que le contrat passé par le ministère jordanien de l’agriculture mais une spécialité damascène bien connue : la crème glacée.

Bikdash, le fameux glacier de la capitale syrienne vient en effet de s’implanter à Irbid en Jordanie. Non pas que la célèbre maison ait fui la Syrie, mais un investisseur Jordanien intuitif s’est dit que la présence de réfugiés Syriens représentait un atout favorable à l’implantation d’une succursale du glacier de Damas.

Bien vu, puisque la clientèle d’expatriés Syriens a vite été rejointe par une clientèle locale séduite par la qualité du produit.

La crème glacée est confectionnée en Jordanie avec des ingrédients venus de Damas et d’Alep tandis que la main d’œuvre a été envoyée par la maison mère avec l’autorisation d’une administration syrienne des frontières plus tatillonne que jamais.

La vidéo ci-dessous donne un aperçu du mode de préparation en rythme de la fameuse crème glacée.



Alors que le conflit s'éternise, Jordaniens et Syriens se tournent vers un ‘’côté plus doux’’ de Damas
par Taylor Luck, Jordan Times (Jordanie) 9 octobre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Irbid - Hamzeh Hashish plonge le pilon en bois massif dans la cuve de crème, et le rythme régulier du martèlement est le même que celui dont l’écho retentit dans les rues de Damas depuis un siècle.
Avec le mixage de six lots en autant d’heures, cette journée était comme n’importe quelle autre journée de ses dix années de carrière passées à servir de la crème glacée artisanale dans la capitale syrienne.
A une chose près: Hashish est maintenant en Jordanie.

«J’oublie parfois que je ne suis plus en Syrie tant que je n'ai pas passé la porte,» admet Hashish

Bikdash, l’icône de la culture syrienne, a transporté le mois dernier sa fameuse crème glacée et son nappage de l’entrée du souk Hamadiya à la ville d’Irbid dans le nord de la Jordanie.
L’arrivée de Bikdash sur le marché jordanien est le fruit des cogitations d’ Abdul Wahab Ababneh, qui dit avoir constaté un accroissement de la demande pour cette douceur glacée au moment où le conflit syrien entrait dans sa deuxième année.

En Jordanie, nous avons deux marchés en croissance: les expatriés Syriens et les Jordaniens qui avaient coutume de voyager en Syrie et qui recherchent un goût de Damas” explique l’investisseur Jordanien.

D’un point de vue commercial, il aurait été stupide de ne pas ouvrir une branche en Jordanie”
Au début de cette année, Ababneh avait noué des contacts avec Bikdash qui, selon ses employés, connaît un ralentissement de son activité à cause du conflit en cours.

 “On avait des files d’attente jour et nuit devant la porte” explique Mohammad Ahmad, qui a travaillé pour la branche damascène de Bikdash pendant cinq ans.
 “Depuis que le conflit est présent à Damas, nous avons de la chance quand nous avons plus de deux clients à la fois.”

Soucieux de donner un coup de fouet à ses affaires, Bikdash a rapidement accepté d’ouvrir une boutique de l’autre côté de la frontière.

Afin de saisir l'essence et la saveur qui ont  séduit des générations de Damascènes et de touristes, Ababneh a fait en sorte que la production reste «100 % syrienne».
Ababneh importe la crème depuis l’atelier de la compagnie à Damas, les pistaches d’Alep et a même fait venir des employés de la maison mère Bikdash dans la capitale syrienne pour assurer la production des spécialités du glacier.

La crème glacée syrienne n’est pas seulement un dessert; c’est un art – qui n’est pas à la portée de n’importe qui.”
Ababneh affirme.  “Si nous faisons le moindre changement, ce ne sera plus Bikdash”

Selon les clients, Bikdash et Ababneh ont trouvé ensemble une recette gagnante.

Abu Muath fait partie des dizaines de réfugiés Syriens qui ont traversé le pays pour un gout nostalgique de leur patrie.
Cet homme de 44 ans originaire de Dar'a explique que sa famille et lui ont fait une heure d’autobus depuis leur appartement en colocation à Mafraq rien que pour goûter la crème glacée qui était autrefois le moment fort de toute excursion à Damas.
Chaque fois que nous parlons du pays, nous parlons de missiles et de tanks, de qui a survécu et qui n’a pas survécu” déclare Abu Muath tout en tendant une coupe de glace au chocolat tout juste brassée à son fils âgé de cinq ans.

C’est bon de s’arrêter un moment et de se rappeler des choses qui font que la Syrie est un beau pays”

La crème glacée syrienne centenaire vient même de se gagner de nouveaux fans en Jordanie puisque des centaines d’habitants d’Irbid sont devenus des clients réguliers en seulement quelques semaines.

Tous ceux qui sont allés à Damas parlent toujours de deux choses: le shopping et la crème glacée” affirme Fatima, 22 ans, étudiante à l’université de Yarmouk, présente dans la file d’attente.
Maintenant, je peux voir ce dont tout le monde parlait.”

Malgré son succès initial, ‘’Bikdash Jordanie’’ doit relever plusieurs défis, déclare son propriétaire.
En raison de restrictions au transport de marchandises, les livraisons arrivent avec retard de Syrie, voire pas du tout et la société a eu des difficultés pour faire venir ses employés du fait du strict contrôle de Damas à la frontière.

 “C’est parfois comme si nous avions affaire à des secrets d’Etat, et pas à de la crème glacée” concède Ababneh.

Malgré les difficultés, Bikdash envisage déjà d’accroître sa présence en Jordanie, avec Ababneh en quête d’un distributeur à Amman et qui étudie une troisième implantation à Akaba.

Alors que le conflit s'éternise et que le nombre de réfugiés augmente, les Syriens affirment que la demande est appelée à croître pour cette friandise glacée qui est devenue avec le temps un symbole de fierté syrienne.

"En temps de guerre ou de paix, en Jordanie ou en Syrie, on a parfois tous besoin de  quelque chose de simple," déclare Abu Muath que faisait tournoyer sa cuillère dans la crème fraîchement pilée.

"Un petite dose de quelque chose de sucré."

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vendredi, septembre 28, 2012

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Les habitants d'Alep et l'opposition syrienne armée: de l'amour forcé à l'hostilité à peine voilée


Le journaliste free lance Antonio Pampliega travaille pour l’AFP et il semble que ses papiers soient souvent publiés par la presse libanaise.

Antonio Pampliega

Par exemple L’Orient le Jour qui publie un papier de ce journaliste qui se trouve à Alep, au contact de ceux qui luttent contre le régime syrien les armes à la main. Un papier qui, au passage, en dit long sur la réalité de la situation militaire pour les rebelles.

La situation militaire est une chose mais le problème en Syrie est d'abord d’ordre politique. Au delà des péripéties sur le terrain, ce qui importe vraiment est de savoir si l’opposition armée à Bachar al-Assad rencontre l’adhésion de la population d’Alep.

Rien n’est moins sûr si on en croit cet autre papier d’Antonio Pampliega comme il est tout sauf certain que les Alépins aient jamais eu confiance dans les rebelles.


par Antonio Pampliega, Daily Star (Liban) traduit de l'anglais par Djazaïri

Alep, Syrie: Plus de deux mois après le début de la bataille pour Alep, les habitants se plaignent du prix élevé à payer pour lé révolution syrienne et accuse les rebelles de commettre des excès. L’image romantique d’un peuple qui se soulève contre la tyrannie de son chef commence à s’effilocher chez certains habitants de la métropole du nord, dont les quartiers sont le théâtre de bombardements quotidiens et de combats de rue sanglants.

Pris entre deux feux dans une guerre dont ils se sentent mis à l’écart, les plus mécontents accusent même les rebelles de se servir d’eux comme boucliers humains”

Fayez Shuayb, 65 ans, qui réside dans le quartier Saif al-Dawla ne cache pas sa déception. “J’étais allé rendre visite à ma mère et quand je suis rentré à la maison, il y avait une dizaine d’hommes armés chez moi.”

“Certains portaient mes vêtements, ils se servaient de ma cuisine et regardaient ma télévision.”
Ce topographe à la retraite, qui souffre du diabète et de problèmes cardiaques, explique avoir vécu à New York pendant 10 ans, à travailler à la construction d’un pont.”

 “T’inquiète pas mon vieux. On ne volera rien,” lui ont dit les homes armés.

 “Je suis assez âgé pour être leur grand-père, mais ils ne respectent rien ni personne. J’ai essayé de les faire partir mais ils ont refusé de s’en aller. Ils pensent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent parce qu’ils ont des fusils et qu’ils combattent (le président) Assad,” ajoute-t-il.

Les jeunes rebelles lui ont propose de défoncer la porte” d’une maison voisine pour que Shuayb puissent s’y installer.

“Imaginez ce qui se passerait si les voisins me trouvaient dans leur lit à leur retour – ils me tueraient,” fulmine-t-il en expliquant qu’il s’est finalement résigné à dormir dans la rue

Il a trouvé refuge dans un petit bâtiment contigu à sa maison où il s’éclaire avec deux bougies. “Nous payons un prix trop élevé pour notre liberté. Je ne veux pas de cette révolution si elle est à ce prix.

 “Il y a beaucoup de bâtiments vides à Alep. Ils sont tout neufs car les gens n’ont pas eu le temps de venir s’y installer. Je propose que les combattants s’installent de préférence dans ces bâtiments  plutôt qu’au domicile d’une famille,” dit-il.
Mais il affirme qu’ils ont refusé: Ils ont la trouille de devenir des cibles pour l’armée s’ils vont dans des immeubles vides. C’est pourquoi ils préfèrent vivre parmi la population. Ils se servent de nous comme de boucliers humains.”

Abu Hussein, un commerçant  énumère les pillages commis par les rebelles.

Ils viennent dans les magasins et prennent ce qu’ils veulent, et ils le justifient en disant qu’ils luttent pour notre liberté. Si c’est à ça que ressemble la liberté, je n’en veux pas.”

Il se ressaisit pour exposer sa pensée en langage plus diplomatique: “Je les remercie du fond du coeur pour leur combat, mais ils ne font pas les choses correctement.  Nous commettons beaucoup d’erreurs et nous les payerons plus tard,” prévient-il.

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mardi, septembre 25, 2012

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La bataille d'Alep vue par un journaliste irakien


J’espère que personne n’a traduit cet article parce qu’il est long et qu’en ce moment j’ai beaucoup de boulot.

Ghaith Abdul-Ahad est un journaliste Irakien qui a couvert diverses zones de conflit et qui couvre actuellement les affrontements en Syrie.
Il a pu circuler de la frontière turque à Alep, au contact de ceux qui combattent les forces gouvernementales, dont des étrangers de toutes origines.
Certains de ces combattants étrangers sont des idéalistes sans expérience de la guerre, tandis que d’autres se sont aguerris sur d’autres théâtres d’opérations.
On peut bien sûr supposer que des mercenaires ou des membres de forces étrangères se trouvent parmi eux.
Ce qu’on retient aussi de ce long article, c’est qu’à Alep tout du moins, la bataille est perdue pour les milices qui s’opposent à l’armée gouvernementale.
Et que seuls les Syriens doivent être tenus dans l’ignorance de ce fait.
Bien entendu, l’issue de la bataille d’Alep ne signifie pas que la crise en Syrie est en passe d’être résolue car la solution sera forcément politique sur la base de principes acceptés par toutes les parties au conflit.
Et c’est là que l’issue de cette bataille pourrait jouer un rôle important, en influant par exemple sur l’attitude des forces d’opposition et pourquoi pas en induisant une recomposition de ces dernières. La condition étant que l’opposition irréductible au régime cesse d’agir en fonction de ce qu’elle croit être les attentes de ses tuteurs étrangers et que l’hypothèse d’une intervention militaire étrangère soit définitivement écartée.
On verra bien.
Sinon l’article recèle un ou deux morceaux d’anthologie, comme les propos de cet ancien militaire Jordanien d’origine palestinienne qui explique tranquillement que 50 % des problèmes de la Palestine viennent de l’entité sioniste et les 50 % restants du gouvernement syrien qui a « détruit le monde arabe. »
Et ça, c’est quand même fort de café de la part de quelqu’un qui a servi une monarchie qui a longtemps prétendu s’approprier la Cisjordanie, qui est responsable du fameux «Septembre noir» et que, par méfiance, les armées syrienne et égyptienne avaient évité de mettre dans la confidence de leurs projets d’offensive contre l’entité sioniste en octobre 1973.
Des propos qui nous donnent une idée du genre de cinglés auxquels et confronté le gouvernement syrien.


Des vétérans du djihad en Irak, au Yémen et en Afghanistan rejoignent des idéalistes étrangers inexpérimentés sur la ligne de front à Alep
Par Ghaith Abdul-Ahad The Guardian (UK), 23 septembre 2012

‘’Soldats! Soldats! ‘’L'homme avait craché son avertissement tout en courant, deux balles d’un tireur d'élite de l’armée gouvernementale soulevaient la poussière du chemin de terre derrière lui.

C'était suffisant pour Abou Omar al-Tchétchène. Son groupe hétéroclite de combattants étrangers, connu sous le nom de «frères Muhadjiroun", était tapi à l’entrée d'un immeuble incendié dans le quartier de l'université d'Alep. L'un des frères - un Turc – gisait sans vie au coin de la rue et un deuxième frère se trouvait à côté de lui, grièvement blessé et incapable de bouger. Le tireur d’élite les empêchait de se porter à son secours.

Abu Omar donna un ordre en arabe, aussitôt traduit dans un murmure de langues différentes – tchétchène, tadjik, turc, français, dialecte saoudien, ourdou – et les hommes se retirèrent en bon ordre en file indienne, se frayant un chemin entre des tas de détritus fumants et de bouteilles plastique tordues en direction d’une maison derrière la ligne de front où d’autres combattants s’étaient rassemblés.

Leur superviseur Syrien restait debout seul dans la rue, tenant deux radios, une qui hurlait en tchétchène et l’autre en arabe. Deux hommes s’étaient portés volontaires pour rester et essayer de ramener le jeune blessé.

Les combattants se sont assis à l'extérieur de la maison à l'ombre des arbres, serrant leurs fusils et discutant de la guerre. Parmi eux se trouvait un Saoudien mince, vêtu d'un T-shirt noir et sale et d’un bonnet de prière, qui conversait dans un anglais parfait avec un Turc assis à côté de lui. Il était arrivé la semaine précédente et était curieux de savoir comment on parlait du djihad à l'étranger.

 «Que disent sur nous les agences de presse étrangères et le monde extérieur ? » avait-il demandé. «Sont-ils au courant des combats à Alep ? Savent-ils que nous sommes ici ?»

Des centaines de combattants étrangers ont afflué en Syrie pour participer à la guerre contre le régime de Bachar al-Assad. Certains sont des idéalistes naïfs animés d’une vision romantique de la révolution ou d’une haine contre les Assads. D’autres sont des djihadistes vétérans d’Irak, du Yémen et d’Afghanistan.

Pour aller faire la guerre dans ces ays, les combattants étrangers devaient franchir des frontières avec de faux passeports et échapper aux services secrets. La ligne de front syrienne est plus facile à atteindre par un vol confortable vers le sud-est de la Turquie puis un passage de la frontière à pied.

Selon le Saoudien, le passage de la Turquie à la petite ville syrienne d’Atmeh a été facile. Là, dans un paysage vallonné parsemé d'oliviers, les recrues ont été réceptionnées par un Syrien qui dirige un camp djihadiste puis organisés en unités de combat. Chaque équipe s’est vue assigner un arabophone et a subi une formation de base de 10 jours, dont l’objectif n'était pas de leur apprendre à tirer, mais d'apprendre à communiquer et à travailler ensemble.
Les combattants ont ensuite été répartis entre les différentes organisations djihadistes, y compris Ahrar al-Sham («les hommes libres de la Syrie») et Jabhat al-Nusra («le Front de l'aide du peuple du Levant»). Certains, comme les Tchétchènes Abou Omar, ont été autorisés à former leurs propres unités et simplement désignés comme les Muhajiroun, ou «immigrés». Les Syriens se référer aux étrangers sous l’appellation collective de "frères turcs".

L’hétérogénéité  de la capacité au combat chez ces hommes était une évidence immédiate. Les Tchétchènes étaient plus âgés, plus grands, plus costauds et portait des bottes de randonnée et des pantalons de combat. Ils portaient leurs armes avec confiance et se tenaient à l’écart des autres, fonctionnant comme un unité soudée à l’intérieur d’une unité plus large. Un des Turcs était un ancien soldat qui portait sangle et équipement de style occidental, tandis que les trois Tadjiks et le Pakistanais étaient à l’évidence des pauvres. Leurs pantalons étaient trop courts, leurs chaussures vieilles et déchirées.

Les hommes étaient aussi secrets, notamment dans leurs relations avec l’Armée Syrienne Libre. Quand les Syriens leur ont demandé d’où ils venaient, un francophone blond a répondu qu’ils étaient Marocains, les Tchétchènes ont dit qu’ils étaient Turcs et les Tadjiks ont dit qu’ils étaient Afghans. Sur les marches d’une école réquisitionnée, derrière fragile barricade de tôle ondulée et un tonneau, un groupe de Libyens était assis et se plaignait du manque de munitions. Ils étaient arrivés la veille et avait déjà perdu l’un des leurs tombé sous le feu d’une mitrailleuse de l’armée syrienne. « C’est une révolution faible, très faible. Nous sommes dans sa deuxième année et ils n’ont toujours pas assez d’armes et de munitions, » se plaignait un des Libyens.
A l’intérieur de l’école, il y avait un Jordanien qui allait souvent sur la ligne de front avec son fusil belge pour lequel il n’avait que onze cartouches. C’était un ancien officier, laïque et bien rasé de l’armés jordanienne [le journaliste déduit du fait qu’il était bien rasé que cet homme était ‘secular’, non pratiquant, non croyant ou laïque selon le contexte,  NdT] qui vivait en Europe de l’Est où in gérait une affaire d’import-export. Il était venu à Alep sans dire à sa femme et à ses enfants où il se rendait.

 «C’est mon devoir, » disait-il. «A l’origine, je suis de Palestine. Je sais ce que ce régime [syrien] a fait aux Palestiniens, bombarder des camps au Liban, assassiner des commandants. La moitié des souffrances de notre nation sont à cause d’Israël et l’autre moitié à cause du régime syrien.

 «Beaucoup d’hommes Arabes que je connais veulent venir et combattre. Certains manquent de moyens, d’autres d’énergie, mais tant de gens détestent ce régime. Pendant 20 ans, ce régime a détruit le monde arabe.»

Si certains des combattants à Alep étaient inexpérimentés, d’autres comme Abu Salam al Faluji se vantaient d’une expérience extraordinaire. Abu Salam, un robuste Irakien avec un keffieh noir enroulé autour de la tête, a déclaré avoir combattu les Américains à Falloujah, quand il était un jeune homme. Plus tard, il a rejoint al-Qaïda en Irak et passé des années à combattre dans différentes villes avant de passer en Syrie pour échapper à une arrestation. En ce moment, il commande une des unités de Muhajiroun.

Je l’avais trouvé alors qu’il observait une discussion animée entre deux comandants Syriens sur la manière de défendre une ligne de front au bord de l’effondrement.

L’attaque gouvernementale avait commencé comme prévu, et des obus de mortier explosaient dans les rues voisines, le bruit du tir des mitrailleuses se répercutant entre les immeubles. Les mortiers martelaient durement les murs, provoquant une petite pluie d’éclats et de chute de verre, mais Abu Salam restait là, impassible. Un Syrien, haletant, expliquait avoir tiré trois fois sur le tank, mais que la roquette du RPG n’était pas partie.


«Ne dis pas qu’elle n’est pas partie, » l’a admonesté Abu Salam. « Dis que tu ne sais pas comment tirer avec. Nous nous servions des mêmes RPGs contre les Américains et nous détruisions des tanks Abrams. Qu’est-ce qu’un T72 par rapport à un Abrams ?
«Notre boulot est de nous concentrer sur les engins explosifs improvisés (IED) et les tireurs embusqués, » a-t-il dit à l’assemblée. Il faut des tireurs au sommet de tous ces toits et des IEDs au sol. On les traque dans les ruelles et puis on utilise les mitrailleuses et les RPGs aux angles de rues. 

 «Le problème, ce n’st pas les munitions, c’est l’expérience,» m’a-t-il expliqué hors de portée de voix des rebelles. «Si nous étions en train de combattre les Américains, nous serions tous morts en ce moment. Ils nous auraient tués avec leurs drones sans même avoir besoin d’envoyer un tank.

«Les rebelles sont courageux, mais ils ne savent même pas la différence entre une balle de Kalashnikov et une balle de fusil de précision. Ce qui affaiblit le moral des hommes.

 «Ils n’ont aucun leadership et pas d’expérience, » dit-il. «Des types courageux vont à l’attaque, mais ceux qui sont sur les lignes arrière se retirent les laissant à découvert. C’est le chaos. Ce matin, les frères Turcs qui avaient combattu toute la nuit se sont endormis à l’aube avec une ligne de Syriens derrière eux pour les protéger. A leur réveil, les Syriens étaient partis et les tireurs d’élite de l’armée avaient avancé. Maintenant, c’est trop tard. L’armée a pénétré dans les rues et va nous déborder.»

Il semblait aborder la perspective d’une défaite avec nonchalance.

«Il est évident que l’armée syrienne est en train de gagner cette bataille, mais nous ne le leur dirons pas [aux rebelles]. Nous ne voulons pas leur casser le moral. Nous leur disons que nous devons tenir ici aussi longtemps que Dieu nous en donnera la force et peut-être fera-t-il en sorte qu’une de ces puissances étrangères vienne en aide aux Syriens.»

L’ironie d’une situation qui voit djihadistes et Américains – ennemis jurés de ces dix dernières années – se retrouver combattant à nouveau du même côté n’a pas échappé à Abu Salam.

Avancer

Abou Omar, le commandant tchétchène, a donné ordre à ses hommes d'avancer pour essayer de reprendre leurs positions perdues autour de l'Université des sciences.

Les soldats syriens avaient arrêté leur avance et retiré leur blindé, ne laissant que les tireurs d'élite. Une voiture criblée de balles était toujours en feu, une carcasse de bus qui se trouvait à quelques mètres était encore fumante, et des flammes orange et de la fumée noire sortaient du premier étage d'un immeuble.

Mais trois des hommes d'Abou Omar ont été cloués au sol par des tireurs d'élite, tandis qu’un autre qui s’était mis debout pour tirer sur le tank avec un RPG s’est retrouvé criblé de balles.

Deux Tchétchènes étaient déjà dans le milieu de la place. Ils se sont cachés derrière un muret de pierre tandis que des balles criblaient le bord du muret. Abou Omar a discuté en arabe classique fortement accentué avec un officier syrien sur la façon de sauver ses hommes. Une colonne de Syriens a gravi un immeuble et a essayé de tirer sur le sniper.

  
Au bout d’une heure, la fusillade a diminué et les deux hommes ont couru à travers la ruelle. Ils zigzaguaient et sont tombés à terre. L'un d'eux était trapu, son T-shirt gris déchirés et couvert d’une tache de sang. Un petit éclat d'obus était fiché dans le côté gauche de sa poitrine. Il l’a extrait avec ses doigts et l’a passé à ses amis pour qu’ils l’examinent. Puis il a souri.

Dans un arabe approximatif, le Tchétchène a expliqué comment c’est arrivé.

 «Pendant une ou deux heurs, nous étions là-bas, mais le sniper nous tirait trop dessus,» dit-il. «Nous nous sommes déplacés sur la gauche et le frère est allé dans la rue. C’est là que le sniper l’a tué. Il n’y a pas de tristesse, ni de peur, le frère est un martyr,» dit-il avant de citer un verset du Coran.

Mais Abu Omar était en colère. Il y avait 40 muhadjiroun quelques jours avant, mais à la fin des combats de ce jour, ils n’étaient plus que 30. Ils avaient perdu 10 hommes en deux jours.

Cette nuit, il a lancé un ultimatum aux chefs rebelles Syriens. S'ils n'avaient pas rassemblé un grand nombre d'hommes pour couvrir leurs arrières, les Muhajiroun feraient leur paquetage et s’en iraient.

Les renforts ne se sont pas matérialisés, alors les Tchétchènes sont partis dans la nuit.

«Qu’ils partent, » fulminait un commandant Syrien le lendemain. «je ne leur avais pas dit ‘topez là’ et venez combattre pour le djihad et prendre la responsabilité de cette ligne de front.»

Bab al Hawa

Quelques jours après, au poste frontière de Bab al Hawa, un affrontement couvait entre les rebelles Syriens  et les djihadistes.

Des combattants de la brigade Farouk - l'une des unités les mieux équipées et les plus disciplinées de l’ASL - dormaient sur l'herbe, à l'ombre d'une grand arche de béton. Les combattants portaient des uniformes militaires verts et des T-shirts arborant des insignes de la brigade - un exploit dans la confusion de la révolution. Ils avaient beaucoup de chars et de véhicules blindés capturés à l'armée syrienne, stationnés à l’abri près du poste frontière.

Non loin, un groupe de 20 combattants du djihad s'étaient rassemblés en cercle autour d'un égyptien costaud avec une barbe argentée tombant sur sa poitrine.
"Vous êtes en confrontés à deux armées d’apostats», disait l'Egyptien à ces hommes, parlant ainsi de l'armée syrienne et l'Armée Syrienne Libre. "Lorsque vous aurez terminé avec une armée, vous commencerez avec l’autre."
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La confrontation a commencé il ya quelques semaines, lorsque les djihadistes étrangers, qui ont joué un rôle majeur dans la défaite des forces gouvernementales au poste frontière, ont hissé le drapeau noir d'al-Qaida, orné du sceau du prophète, sur le poste frontière.

La brigade Farouk avait exigé que le drapeau soit ramené de peur qu'il contrarie les Turcs et mette en péril une voie d’approvisionnement vitale pour les rebelles. Un combattant barbu de la brigade Farouk, lui-même salafiste, a expliqué avoir plaidé auprès des djihadistes, en leur disant que leur présence amènerait l'OTAN à cesser ses envois de matériel. «Ils m'ont dit qu'ils étaient là pour arrêter l'Otan", a-t-il dit.

Les rebelles leur ont donné un ultimatum pour évacuer, et les djihadistes s’étaient mis en position d'attaque sur les collines pierreuses qui surplombent le poste frontière, cernant les combattants de la brigade Farouq. qui à leur tour ont menacé d'utiliser leurs véhicules blindés.

J'ai parlé avec le commandant régional de la brigade Farouk, un jeune lieutenant musclé de la province méridionale de Deraa nommé Abdullah Abu Zaid. "Je ne laisserai pas propager l’idéologie takfirie [l'acte d'accuser les autres musulmans d'apostasie] m’a-t-il dit dans son camp militaire à quelques kilomètres du poste frontière. «Ni maintenant, ni après. L'Islam que nous avons eu pendant ce régime a été défiguré l'Islam et ce qu'ils nous apportent est aussi défiguré. L'Islam dont nous avons besoin est un islam civil et pas l'Islam takfiri».

Les djihadistes, a-t-il dit, ont pillé et volé les populations locales et exigé de l'argent auprès d'entreprises locales contre protection, afin de ne pas voler leur marchandise. «J'ai réussi à les arrêter", a-t-il dit, "et je ne laisserai pas prendre de l’ampleur ici."

Plus tard dans la journée, il a lancé un ultimatum à leur commandant, un Syrien dit Abou Mohamad al Abssi, pour qu’il quitte la région avec ses djihadistes étrangers sous peine d’être tué.

J'ai rencontré Abou Mohamad, un médecin qui s’exprime par monosyllabes, le lendemain. Il a souligné qu'il luttait contre le régime depuis 1992, alors que la l’Armée Syrienne Libre est constituée d’officiers qui ont fait défection et qui servaient le régime encore récemment. Le printemps arabe a été, dit-il, un résultat de la ferveur islamique.

 «Nous n’abandonnerons jamais nos positions ici,» dit-il d’une voix calme. «Si Du=ieu le veut, nous vaincrons.»

Quelques jours plus tard, le corps d'Abou Mohamad était retrouvé dans un fossé. Il avait été enlevé et tué.


Bosnie, 1992-95

Plusieurs centaines de moudjahidine de pays aussi divers que la Turquie, l’Algérie, l’Arabie Saoudite,  la Syrie et le Russie étaient arrivés en Bosnie centrale pour aider les Musulmans de Bosnie à prendre le dessus sur les Serbes.

Tchétchénie, 1994-96

Des Saoudiens et des Jordaniens figurent parmi les centaines d’hommes qui affluent pour rejoindre les séparatistes tchétchènes dans leur lutte contre l’armée russe.

Afghanistan, 1999-

L’est de l’Afghanistan,  terrain de chasse originel des moudjahidine pendant la guerre contre les Soviétiques, est devenu le foyer d’al Qaïda à la fin des années 1990 – un centre logistique et d’entraînement pour des djihadistes venus d’au moins une dizaine de pays du Moyen Orient , d’Asie centrale et d’Europe.

Irak 2003-
Des milliers de combattants étrangers ont afflué en Irak pour s’attaquer aux Américains. La majorité veanit d'Arabie, d'autres venaient de Syrie, de Jordanie et du Yémen, entre autres

Syrie, 2012 -

Tchétchènes,  Pakistanais, Libyens, Saoudiens - la composition des unités combattantes étrangères en Syrie est exotique

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posted by Djazaïri at 1:23 PM 0 comments

lundi, août 27, 2012

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Réalités de la guerre en Syrie


Le journaliste Anglais Robert Fisk va sans doute à son tour être classé dans la catégorie des nazillons salafisto-révisionnistes par les Red Skins (qui se disent militants prolétariens) qui ont déjà taillé ce costar à Michel Collon, un auteur bien connu qui nous vient d’Outre Quiévrain.
C’est sûr, les gens comme Michel Collon gênent ceux qui pensent qu’il est temps d’avoir un gouvernement mondial qui ne peut être assumé, soyons réalistes, que par l’OTAN, cette organisation constituée de pays exemplaires à tous points de vue. C’est vrai, dans les pays OTAN, tu peux tout dire (quoique), te mettre une plume dans le derrière un jour de gay pride. Que des gentils quoi.

Dommage, il y a tous ces méchants : le dictateur Syrien (qui est carrément Hitler pour ce pitoyable François  Hollande qui pense cependant que les FFI ont libéré Paris d’un autocrate Français), le Guide Libyen (quoique ce denier a succombé devant la gentillesse de l’OTAN), Mugabe au Zimbabwe qui veut garder pour lui tout son or, Hugo Chavez au Venezuela et, comble de l’horreur le Hezbollah libanais et le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad dont on dit depuis 20 ans que son pays va avoir la bombe dans six mois.
Et comme c’est l’OTAN qui dit qui est méchant et qui ne l’est pas, on a eu Benali qui était gentil (demandez à Bertrand Delanoe) avant de devenir méchant, et Moubarak qui était très très gentil avant lui aussi de devenir méchant.
Et si on repense à kadhafi, c’était le meilleur lui : il était très très méchant, avant de devenir gentil puis de redevenir horriblement méchant.
Et les barbus djihadistes qui étaient gentils au moment où les Soviétiques étaient en Afghanistan (on en avait trouvé un de présentable, Ahmed Shah Massoud), étaient ensuite devenus maléfiques avec Ben Laden mais redeviennent gentils aujourd’hui (quelqu’un a même trouvé un article sur ce djihadiste tunisien qui fume pendant le jeune de Ramadan, et est branché musique. Parce que le djihad selon l’OTAN, c’est cool maintenant.

J’en reviens à Fisk qui s’attache à rétablir ou à établir quelques vérités non dites ; oui, il y a un complot contre la Syrie qui a commencé à être exécuté dès le début des revendications légitimes de la population. Et oui, il faut une solution politique pour arrêter morts et destructions mais chacun peut voir qui, comme en Libye précédemment, fait obstruction à toute discussion.
Mais dans le monde des bisounours, il suffit que Mme Clinton, David Cameron et Laurent Fabius disent «Bachar dégage » pour que tout soit réglé.

Misère de la pensée.

Mais il est vrai que dans le monde de bisounours de certains il n’y a jamais de complot, parce qu’il y a seulement des gentils et des méchants, et le méchant on le reconnaît au premier coup d’œil puisque c’est pratiquement toujours un Arabe ou un Africain ou les deux comme Kadhafi, en tout cas quelqu’un que les Américains n’aiment pas.

PS: je ne suis que très partiellement voire pas d'accord sur le parallèle qu'il fait entre la situation syrienne et la guerre civile en Algérie, non plus que sur le parallèle historique mais ce n'est pas vraiment l'objet du post. De même, ni le régime syrien, ni le régime algérien ne peuvent être qualifiés de laïques, ce sont des régimes sécularisés (en anglais on dit secular).



Ceux qui essayent de renverser Assad ont surpris l’armée par leur puissance de feu et leurs tactiques brutales
Par Robert Fisk, The Independent (UK) 26 août 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Quelques heurs après le commencement des attaques féroces conduites le mois dernier à Damas par l’Armée Syrienne Libre (ASL), le nouveau ministre Syrien de l’information, Omran Zouhbi, s’adressait aux journalistes présents dans la capitale. «Que faites-vous ici à Damas ? » avait-il rugi. Vous devriez être à l’extérieur avec nos soldats !»
Et en l’espace d’une journée, les images usées d’un président Bachar al-Assad au sourire pincé et de soldats Syriens embrassant joyeusement des enfants avaient été remplacées par des séquences d’actualités brutes – et authentiques – montrant des commandos forçant le passage dans la rue de Bagdad sous le le feu des opposants au régime au visage sale, courant d’un coin de rue à un autre, tirant en se couvrant derrière des murs ou des terrasses. « Nous avons nettoyé par ici, » déclare un militaire fatigué mais très en colère. «Alors maintenant, nous allons avoir le reste de ces salauds.» Jamais auparavant – pas même pendant la guerre de 1973 quand l’armée syrienne avait pris d’assaut la crête de l’Observatoire sur le plateau du Golan – le public syrien n’avait pu assister à quelque chose d’aussi réel sur ses écrans de télévision [bon, il a ça dans ses rues ou chez lui, note de Djazaïri].

Et – malgré des histoires  fantaisistes sur sa présence dans chaque village ravagé – la bataille pour Damas a réellement été conduite par l’impitoyable 4ème division de Maher al-Assad. Les soldats fidèles au plus jeune frère de Bachar n’ont pas fait de quartier. «Ce fut un massacre, un massacre,» m’a dit un Syrien qui a une excellente connaissance de l’armée. Beaucoup de cadavres avaient déjà gonflé au bout de quelques heures, mais on pouvait dire que certains d’entre eux n’étaient pas Syriens ; il y avait des Jordaniens, des Palestiniens, des Egyptiens, un Turc, des Soudanais… » Il a compté 70 cadavres à un endroit, dont 42 non arabes. L’ASL a signalé avoir perdu seulement 20 hommes et a affirmé que le gouvernement syrien avait insisté sur le nombre de «combattants étrangers» découvert au milieu des tués. «les soldats Syriens n’aiment pas l’idée qu’ils tirent sur leurs compatriotes – ils se sentent plus à l’aise s’ils croient qu’ils son en train de tirer sur des étrangers,» explique le jeune homme.

Les statistiques de la guerre en Syrie seront toujours l’objet de disputes – chaque camp minimisera ses pertes tant que dureront les combats et  exagèrera le nombre de ses «martyrs» une fois le conflit terminé ; nous ne saurons pas non plus le véritable nombre de civils tués, pas plus que l’identité de ceux qui les auront tués. Malgré l’accès inédit que nous avons eu la semaine dernière à des généraux et à des majors que l’Occident accuse de crimes de guerre, je n’ai trouvé qu’un officier qui a reconnu partiellement l’existence des shabiha, cette milice meurtrière à laquelle on impute des atrocités dans des villes et villages en majorité sunnites. «Les shabiha n’existent pas,» m’a-t-il dit. «C’est un produit de l’imagination. Ce sont des ‘défenseurs’ villageois qui gardent certains secteurs… »
  
Et c’est bien sûr exactement ce que le shabiha prétendent être, des civils Syriens qui protègent leurs maisons contre les ennemis du gouvernement. Il en a existé en Algérie pendant le conflit barbare entre la dictature d’Alger et les rebelles islamistes dans les années 1990, protégeant leurs familles tout en commettant des atrocités dans les villes et villages considérés comme étant utilisés par – ou sympathisants avec – leurs ennemis « terroristes» musulmans. En Algérie aussi, les opposants au régime étaient appelés des combattants étrangers, des hommes qui avaient combattu contre les Russes en Afghanistan et qui étaient rentrés pour continuer leur guerre sainte contre le régime «laïque» de l’ancienne colonie française. Maintenant, c’est une autre ancienne colonie française «laïque» - quoique dominée par les Alaouites -  dont le pouvoir dit qu’il combat des hommes venus d’Afghanistan, ne faisant aucune distinction entre les brigades de l’Unité des Frères Musulmans, les salafistes ou tout simplement l’ASL. Personne ne sera surpris d’apprendre qu’il y a toujours eu des relations très étroites entre les renseignements militaires syriens et algériens.

Mais la bataille de l’armée gouvernementale contre ses antagonistes Syriens et étrangers n’a pas toujours été sans anicroches comme le régime voudrait le faire croire au monde. En dépit du récit des évènements en vigueur aujourd’hui en Occident, des hommes armés étaient présents dans les rues des villes et des villages dès les tout premiers jours de la mobilisation en Syrie il y a 18 mois. Certes, le printemps arabe a d’abord pris la forme de défilés pacifiques de dizaines de milliers de manifestants non armés dans les grandes villes de Syrie, mais une équipe de tournage d’al Jazeera avait pu filmer des hommes armés attaquant des soldats Syriens près du village de Wadi Khallak en mai 2011. Le même mois, lé télévision syrienne avait obtenu une séquence filmée avec des hommes armés de Kalashnikovs près d’une foule de manifestants Syriens non armés à Deraa, où la révolte avait commencé après que des agents de la police secrète eurent torturé à mort un garçon âgé de 13 ans.

Pourtant, il semble que quand les officiers Syriens et leurs soldats ont pénétré pour la première fois à Deraa, ils ne pensaient pas se retrouver face à des opposants armés. «Nous avions sécurisé 60 % de la ville en un seul jour,» affirme un Syrien bien au courant de cette opération. «Nous n’avions envoyé sur place que 1100 soldats – ça n’arriverait pas maintenant – parce qu’on ne pensait pas qu’il y avait des groupes armés là-bas. Mais après les cinq jours qu’il nous avait fallu pour reprendre le reste de la ville, nous avions perdu 17 de nos hommes victimes de tireurs embusqués». Ce ne fut pas la seule surprise : avec le début des batailles rangées plus tard dans l’année, l’armé syriennesera étonnée par la puissance de feu de ses opposants.

«A Homs, l’armée se trouvait dans un immeuble qui a reçu des centaines – littéralement des centaines – de roquettes RPG, » déclare un Syrien bien au courant des opérations [à Homs]. «Il y au des milliers d’explosions et finalement nous avions dû évacuer l’ensemble du bâtiment parce qu’il allait s’écrouler. Quand les soldats en sont sortis, ils on dû faire sauter toute la structure avant qu’lle s’effondre.»  Et, pour une armée stigmatisée pour sa propre cruauté au combat, les soldats Syriens ont été surpris par la brutalité de ceux qu’ils affrontaient.

A Andan, un checkpoint de l’armée lourdement défendu avait été balayé à la fin de l’an dernier quand la Liwa Tawhid, la Brigade de l’Unité, avait attaqué la position et tué jusqu’au dernier les 75 soldats et les 4 officiers. Dans une embuscade ultérieure à Shughour, 120 soldats avaient été tués. Les registre de l’armée notent l’assassinat de neuf agents de police au poste de polide d’al-Hadr dans la province de Hama, de huit policiers dans un autre poste de la même province. A Salkin, une autre ville de la province de hama, un ancien employé civil de l’armée qui conduisait des camions pour le service de transport de l’armée avait été agressé par une foule de civils. Cet homme, Abdul Fatah Omar Abdul Fatah était accusé d’être un membre des shabiha, dénudé et pendu, puis son cadavre avait été bombardé de chaussures et décapité. A Duma, un responsable de mosquée [imam ?] avait dit aux fidèles : « Parmi nous, il y a un Awaini,» un traître. L’homme avait été battu à mort. Il est enregistré sous le nom d’Abu Ahmed Akera.

Quand l’ASL a f ait suivre son attaque contre Damas d’une offensive sur Alep, les autorités ont constaté  que le premier objectif de leurs ennemis était l’école d’artillerie. Plus de 70 cadets ont réussi à résister jusqu’à l’arrivée de renforts. Il se dit que toutes les équipes chargées  des batteries de missiles sol-air avaient été évacuées à la hâte d’Alep pour éviter le risque de capture et préserver les capacités de défense tactique en cas de possible attaque par Israël ou l’OTAN.

Le soldats Syriens qui ont forcé leur passage à travers les ruelles sinueuses de la vieille ville d’Alep cette semaine choisiront peut-être de se souvenir d’un jeune étudiant Egyptien qui avait passé des mois à Alep dans les années 1990 pour travailler sur une thèse en urbanisme qui portait précisément sur le champ de bataille où combat l’armée en ce moment : c’était Mohamed Atta, le chef des pirates de l’air du 11 septembre aux Etats Unis. Certains attaques sur des officiels Syriens ont été planifiées tès soigneusement ; des scientifiques du Centre de Recherche Scientifique près de Damas ont été assassinés. Bien avant le premier recours à l’aviation  dans les combats – l’armé affirme que c’était en juin – sept pilotes avait été tués l’an dernier par des rebelles. L’armée affirme n’avoir commencé  à utiliser l’artillerie – face aux mortiers – qu’en février.

Pour le gouvernement, les temps à venir s’annoncent difficiles. L’armée pense qu’Idlib – signalée comme étant un bastion d’al Qaïda – sera une des batailles les plus décisives pour la guerre. On a les témoignages de conscrits effrayés capturé ans un autobus civile en Syrie centrale et à qui on a donné le choix suivant : soit leurs parents donnent 450 000 livres syriennes (8 000 €) à l’ASL, soit les jeunes hommes doivent rejoindre les rebelles. Dans le village de Rableh, près d’al Qusayr, une population en majorité chrétienne de 12 000 âmes serait retenue comme boucliers humais par les rebelles, quoique l’armée semble avoir décidé qu’il serait trop coûteux de pendre le village.

Le régime de Bachar al-Assad est devant un ennemi brutal et plein de ressources dont les soutiens islamistes reçoivent de l’aide de l’Occident – exactement comme les moudjahidine étaient financés et armés par l’Occident quand ils combattaient les Russes dans les années 1980. Avec environ 50 000 hommes en armes  [l'armée syrienne compte en fait 300 000 hommes] et peut-être 4 000 chars de combat, l’armée syrienne en tant que telle ne peut pas perdre. 

Mais peut-elle gagner ?

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