mardi, juillet 31, 2012

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La Syrie, prochain pays démocratisé par l'OTAN?


Apparemment Laurent Fabius est tellement satisfait de ce que la France et ses alliés britanniques, américains, qataris etc. ont fait en Libye qu’il propose de récidiver en Syrie pour stopper le massacre, ça va de soi.
Sauf qu’en Libye, ce sont les prétendus rebelles et les bombes de l’OTAN qui ont provoqué massacre et destruction.

Aujourd’hui, le pays est livré au chaos. Il parait qu’il y a eu des élections libres pour une constituante et que ce sont même les «libéraux » qui les ont gagnées !
On nous refait l’Afghanistan, pays dans lequel il y a aussi, dit-on, des élections libres.

Tout va bien en Afghanistan, chacun le sait bien.
C’est un peu pareil en Libye mais on n’en parle pas trop et pour cause.

J’ai pas trouvé cette info en français, sûrement qu’elle plait pas à MM. Fabius et Sarkozy (en passant, l’intervention de l’OTAN a complètement disparu du processus qui a vu la fin du régime de Mouammar Kadhafi ! Il suffisait pourtant de rajouter « avec l’appui d’intenses bombardements aériens de l’OTAN.»

Ah, la liberté de la presse…

Associated Press, The Times (UK) 29 juillet 2012

Le commandant d’une milice libyenne a annoncé qu’un convoi qui transportait un haut reponsable de l’armée libyenne a été visé par des tirs d’armes à feu dans la ville de benghazi, à l’est du pays.

Abdel-Basit Haroun, un chef de milice à Benghazi, a déclaré que le général Khalifa Hifter  [Hifter est un agent de la CIA, note de Djazaïri] avait été attaqué dimanche par des assaillants inconnus. Il n’a pas été blessé. Le conseil intérimaire au pouvoir l’a chargé de former la nouvelle armée nationale.
Benghazi et la région orientale de la Libye ont connu une forte augmentation des tentatives d’assassinats contre d’anciens responsables de l’armée et des services de sécurité. Haroun précise que 13 d’entre eux ont été tués ce mois-ci.

Samedi soir, l’ancien chef du renseignement militaire, le colonel Suleiman Bouzz-Redah a été assassiné alors qu’il se rendait à la mosquée à Benghazi. Il avait abandonné le régime de Mouammar Kadhafi pour rejoindre les rebelles qui ont renversé au terme d’une guerre civile celui qui a longtemps dirigé le pays 

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posted by Djazaïri at 12:29 AM 0 comments

jeudi, mai 26, 2011

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La guerre contre la Libye, ou l'impérialisme au petit pied


Romandie News rapporte, en s’appuyant sur une source officielle, que le gouvernement des Etats-Unis apporte une aide matérielle aux « alliés » qui offrent la démocratie à la Libye. Comme il s’agit d’une version remise au goût du jour de la politique de la canonnière, cette aide comprend des armes et de s munitions.
Nous avons donc des pays qui participent à une politique impérialiste sans plus vraiment en avoir les moyens. Pourtant la Libye est ce qu’on peut appeler un petit pays dont l'armement  est en grande partie désuet et manipulé par du personnel militaire aux compétences inégales voire incertaines, dont une partie d’ailleurs a rejoint le camp rebelle qui lutte contre le régime de Mouammar Kadhafi.

Cette contribution des Etats-Unis s’élèverait pour l’instant à un peu plus d’une vingtaine de millions de dollars. Une somme qui est trop modique pour être signalée et est donc probablement inférieurs à la réalité.

Prenons un exemple d’un de ces pays à prétention impériale qui joue cette petite partie libyenne qui est pourtant au dessus de ses moyens : la Grande Bretagne qui, peu de temps avant le début de l’agression contre la Libye, avait renoncé l’an dernier pour des raisons financières à ses avions de patrouille maritime Nimrod, des aéronefs bourrés d’électronique. Ces engins sont indispensables à la protection d’une flotte de combat et la Royal Navy a dû s’en procurer en empruntant un avion de la même catégorie à l’US Navy.
P3 - Orion
Une humiliation qui n’a pas échappé au Daily Mail qui évoque avec mépris « l’aéroplane » (l’Orion est un avion à hélices) qui remplit la mission qui revenait normalement au Nimrod qui est un avion à réaction.

BAE Nimrod
 Résultat, au moins en partie, des articles de la presse britannique, le ministère de la défense de ce pays vient de décider le maintien en service d’un de ces fameux avions de patrouille maritime pour un coût jugé cependant exorbitant.

Jacques Borde (un pedigree pas banal soit dit en passant) parle de cet aspect de la guerre dans un entretien qu’on peut lire sur le site Géostratégie.
Il évoque également cette autre puissance impérialiste au pied maintenant trop petit, la France en l’espèce, qui a utilisé massivement le bombardement d’artillerie de marine dans le but de faire beaucoup de bruit (pour pas grand-chose) tout en limitant les coûts. Et qui a dû renoncer à embarquer des appareils de type SEM 7 (Super Etendard modernisé) sur le porte-avions Charles de Gaulle en raison de « la faible disponibilité de ce parc. »

Une guerre au rabais par des puissances au rabais comme l’écrit Jacques Borde.

On ne sera donc pas surpris si la France et le Royaume Uni insistent tellement pour que les « alliés « renforcent leur participation à la guerre. Ces deux pays comptent bien partager les frais mais je doute qu'ils acceptent de partager les dépouilles de la Libye en cas de chute ou d’élimination du colonel Kadhafi.
J’imagine qu’ils espèrent aussi pouvoir se servir directement dans les caisses de l’Etat libyen en cas de reconnaissance internationale très large du Conseil National de Transition qui gouverne à Benghazi au nom de la CIA. 

Le premier jour de guerre contre la Libye a coûté 100 millions de dollars aux contribuables US ; ce coût serait de 3 millions de £ par jour pour la Grande Bretagne (près de 3,5 millions d’Euros). Sans compter le renchérissement du prix de l’essence pour les consommateurs en raison de l’indisponibilité du pétrole libyen sur le marché international.
La France est la seule des trois principales puissances engagées à ne pas avoir de problème avec les dépenses engagées ou à venir, entre 150 et 250 millions d’euros sur un an pour le maintien d’une zone d’exclusion aérienne (or nous n’en sommes pas/plus là).

Il est clair que ce sont les Etats Unis qui assument la majeure partie des dépenses et que, s’ils ne le faisaient pas, les économies française et britannique auraient été incapables d’assumer les coûts de cette énième aventure impérialiste.

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posted by Djazaïri at 9:03 PM 0 comments

jeudi, mai 12, 2011

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La Libye et le fardeau de l'homme blanc


Certains parlent d’impasse en Libye, d’autres, comme Pepe Escobar de bourbier pour l’OTAN. Difficile de dire si ce jugement est fondé car si on voit mal les forces du colonel Kadhafi retourner la situation militaire en leur faveur, faute notamment de maîtrise de l’espace aérien,  on voit mal aussi comment son régime pourrait tenir dans la durée face à l’action combinée des rebelles désormais conseillés sur le terrain pas des soldats Occidentaux et surtout de l’aviation et des missiles de l’OTAN.

Or le temps semble bien être la dimension majeure de ce conflit car plus il durera, plus il rencontrera d’opposition dans le monde et plus il sera susceptible de provoquer des dissensions dans le camp des agresseurs. L’annonce par le gouvernement norvégien de la non prolongation de la participation de son aviation aux opérations militaires en Libye après le 24 juin est peut-être un signe avant-coureur des craquements qui pourraient se produire.

Mais revenons à Pepe Escobar qui nous livre sa vision des affaires internationales à la lumière de l’assassinat d’Oussama ben Laden et surtout des événements en Libye. Lancée sous des prétextes humanitaires, et annoncée comme l’application d’un nouveau principe, la responsabilité de protéger (R2P) qui incomberait aux puissances de l’axe du bien, il s’avère que ce principe mis en vogue d’abord par un célèbre French doctor n’est en fait qu’une resucée du bon vieux « fardeau de l’homme blanc » cher aux colonialistes.
Un bon article qui nous présente l’intervention en Libye pour ce qu’elle est, une manœuvre cynique au service des intérêts propres à certaines puissances.

par Pepe Escobar, Asia Times (Hong Kong) 12 mai 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Commençons par invoquer une icone de la culture européenne, Dante; « Abandonne tout espoir, toi qui entre ici » -  parce que le droit international tel que nous le connaissons vient de recevoir un cou de couteau en plein cœur. Le « nouveau » darwinisme sociopolitique a pour corollaire le néocolonialisme humanitaire, les assassinats ciblés – des exécutions extrajudiciaires – et les guerres avec des drones; le tout au nom d’un fardeau de l’homme blanc remis au goût du jour.

Dans le tourbillon de mensonges et d’hypocrisie qui submerge la mission pour tuer ben Laden, le principal fait qui concerne la justice est comment un homme, nom de code « Geronimo », sans armes a pu être capturé vivant et exécuté sommairement devant une de ses filles – après une incursion éclair ans un pays « théoriquement » souverain.
Dans le cas du bourbier militaire dans lequel s’est engagée l’OTAN contre la Libye, le fait est qu’on a fait avaler à l’opinion publique européenne une agression militaire contre un pays souverain qui n’a commis aucune violation de la charte des Nations Unies. C’est l’histoire du loup – le néocolonialisme – déguisé en agneau – la »guerre humanitaire. »
Au centre du problème, se trouve la notion même de droit international – adoptée par toutes les nations « civilisées » ainsi que ce qui peut définir une guerre juste. Ce n’est pourtant rien qu’un détail pour les classes dirigeantes occidentales ; il n’y a eu aucun débat à haut niveau sur les implications d’une guerre de l’OTAN justifiée par les nations Unies dont l’objectif ultime – et jamais avoué – est le changement du régime.

Le darwinisme au Tomahawk

Cette intervention tordue Afrique du nord s’avère d’autant plus malhonnête qu’il a été prouvé que la guerre en Libye a été initialement conçue par des intérêts français douteux ; que l’Arabie saoudite a délivré un cote bidon de la Ligue Arabe pour les Etats Unis parce qu’elle voulait se débarrasser de Mouammar Kadhafi tout en ayant dans le même temps les mains libres pour écraser les manifestations pour la démocratie à Bahreïn ; que la Libye représente une possibilité idéale pour le Pentagone et son AFRICOM de disposer d’une base en Afrique ; qu’un groupe suspect de rebelles a détourné une contestation légitime maintenant dominée par des transfuges du régime de Kadhafi, des djihadistes liés à al Qaïda et des exilés comme le général Khalifa Hifter, un pion de la CIA qui a vécu pendant près de 20 ans en Virginie.

Les choses ont été encore pires quand on a appris que le 19 mars, les élites de la finance de Washington, Londres et Paris avaient autorisé la Banque Centrale de Benghazi  à avoir sa propre politique monétaire – dictée par l’Occident – à la différence de la banque nationale d’Etat complètement indépendante de Tripoli ; Kadhafi voulait en finit avec le dollar comme avec l’euro pour passer au dinar or comme devise africaine commune – et beaucoup de gouvernements étaient déjà partie prenante.

La guerre en Libye a été vendue au monde avec le slogan R2P – responsabilité de protéger – un « nouveau » concept humanitaire impérialiste qui a été brandi à Washington par trois Amazones, la Secrétaire d’Etat US Hillary Clinton, l’ambassadrice des Etats Unis à l’ONU Susan Rice et la conseillère du président Samantha Power. 

Une grande partie du monde en développement – la véritable « communauté internationale », pas la fiction sur les pages des media grand public occidentaux – ne l’a vue pour ce qu’elle était : la fin de la notion de souveraineté nationale, comme dans ce « recadrage » astucieux qui jette un flou sur l’article 2, section 1 de la Charte et son principe d’égalité souveraine des Etats.
Ils ont vu que les “décideurs” de la R2P étaient exclusivement Washington et un groupuscule de capitales européennes. Ils ont vu que la Libye était frappée de bombardements  par l’OTAN – mais pas Bahreïn, le Yémen ou la Syrie. Ils ont vu que les « décideurs » ne font aucun effort d’aucune sorte pour négocier un cessez-le-feu à l’intérieur de la Libye – ignorant les plans de la Turquie et de l’Union Africaine (UA).
Et des grandes puissances comme Moscou ou Pékin n’ont bien sûr pas manqué de voir que la R2P pouvait être invoquée en cas d’agitation au Tibet et au Xinjiang – et que la prochaine étape pourrait être des troupes de l’OTAN en territoire chinois. Même chose en ce qui concerne la Tchétchénie – avec en plus le côté hypocrite des Occidentaux avec des Tchétchènes armés depuis des années par l’OTAN via des réseaux liés à al Qaïda sans le Caucase et l’Asie Centrale.
Même les pays d’Amérique du Sud n’ont pas manqué de remarquer  la possibilité de voir à long terme la R2P invoquée pour une intervention de l’OTAN au Venezuela ou en Bolivie.

C’est donc la nouvelle signification du “droit international”: Washington – via Africom ou l’OTAN – intervient de toute façon, avec ou sans résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU, au nom de la R2P, et tout le monde garde le silence sur les dommages collatéraux, sur  le bombardement d’objectifs gouvernementaux tout en niant que l’objectif soit un changement de régime,  sur la non assistance de bateaux chargés de réfugiés perdus en Méditerranée.
C’est la même chose quand on voit que Kadhafi a droit à l’intervention militaire tandis que les al-Khalifa à Bahreïn, Saleh au Yémen et Bachar al-Assad y échappent – c’est simple ; vous n’êtes pas un dictateur malfaisant si vous êtes un de « nos » salauds – c’est-à-dire quelqu’un qui joue selon « nos » règles.  Le sort des « indépendants » comme Kadhafi, c’est d’être mis au rebut. Ca peut aider si vous avez déjà une base militaire US très importante dans votre pays – comme c’est le cas des al-Khalifas avec la Vème Flotte des Etats Unis

Si les al-Khalifas n’étaient pas des laquais des Etats Unis et s’il n’y avait pas de base militaire US, Washington n’aurait eu aucun problème pour vendre une intervention en faveur des manifestants pacifiques pour la démocratie en majorité chiites contre une ignoble tyrannie sunnite qui a besoin de la monarchie saoudienne pour mater son propre peuple.
Puis, il y a les aspects judiciaires. On imagine de juger Kadhafi. Cour martiale ou juridiction civile ? Un tribunal d’opérette – à la Saddam Hussein -  ou un lieu lui donnant tous les moyens « civilisés » pour se défendre ? Et comment poursuivre des crimes contre l’humanité, au-delà d’un doute raisonnable ? Comment utiliser des témoignages obtenus sous la torture, pardon, « interrogatoire amélioré » ? Et pendant combien de temps? des années? Combien de témoins? Des milliers?

Il est bien plus facile de régler tout ça à coup de Tomahawk – ou avec une balle dans la tête – et d’appeler ça « justice. »

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posted by Djazaïri at 1:14 PM 0 comments

mercredi, avril 13, 2011

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L'homme de l'Amérique à Benghazi


Le titre de l’article du Washington Post que je vous propose est on ne peut plus clair. Il l’aurait été cependant encore davantage s’il avait été plus affirmatif : car ce chef militaire, Khalifa Hifter dont je vous ai déjà parlé, est depuis un bon moment un homme des Etats Unis. Et on a comme l’impression qu’il est un de ces multiples greffons qui sont venus s’agréger à ce qui était au départ un mouvement populaire de mécontentement pour le transformer en mélange de scission à l’intérieur du pouvoir libyen et d’ingérence étrangère. Des acteurs différents qui cohabitent et semblent unis contre le régime de Tripoli mais qui poursuivent des objectifs distincts.

Un peu comme cette coalition qui agit sous la bannière de l’OTAN…

Le but de l’article est cependant clairement de nettoyer l’image d’Hifter et d’en faire un authentique opposant patriote qui a passé 20 ans aux Etats Unis sans que les services secrets de ce pays n’exigent et n’obtiennent jamais rien de lui. L’Oncle Sam est décidément trop sympa et je vais commencer à croire au Père Noël.

Pas tant que ça au fond, puisque Khalifa Hifter dit lui avoir adressé la liste des armes dont il a besoin mais que tonton Sam a fait la sourde oreille.

Encore des faux-semblants car bien sûr que les Etats Unis ont livré des armes aux rebelles, mais certainement pas à n’importe lesquels, ceux en qui ils ont parfaitement confiance. Si Kadhafi tombe, il y aura une lutte pour le pouvoir chez les rebelles et le mieux équipé et  le plus soutenu par l’étranger aura les meilleures chances de l’emporter.

Hifter est sans doute de ceux là. Ce qui n’est apparemment pas le cas d’Abdul Fattah Younes qui est aussi à la tête des forces rebelles mais qui n’aurait aucune influence sur les combattants !

A part ça, j’ai bien aimé sa phrase : « J’attendais plus de la part du pays [les USA] où j’ai vécu et qui m’a aidé personnellement »

Une phrase typique de quelqu’un de complètement soumis car si on comprend bien, c’est lui qui a une dette envers les Etats Unis, et non l’inverse.

Le chef militaire rebelle veut être l’homme de l’Amérique sur le terrain en Libye

par Leila Fadel,  The Washington Post (USA) 12 avril 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri


Benghazi, Libye - Khalifa Hifter a passé ces 24 dernières années aux Etats-Unis mais est rentré soudainement en Libye le mois dernier pour rejoindre les rebelles qui combattent pour renverser Mouammar Kadhafi. Maintenant, en qualité de nouveau commandant sur le terrain de la force militaire naissante, cet homme de 67 ans essaye de vite améliorer la situation pour les combattants qui ont besoin de plus d’entraînement, de plus d’armes et, dit-il, de plus de soutien de la part des Etats-Unis.
 « Beaucoup de choses vont changer, » affirme Hifter, assis derrière un grand bureau en bois au centre de commandement militaire de ce bastion rebelle, à environ cent kilomètres de la ligne de front fluctuante où les forces loyales à Kadhafi et les rebelles avancent puis reculent. « Je vais les former pour qu’ils suivent les ordres et restent sous contrôle. La vraie bataille commencera quand nos forces seront regroupées. »

C’est le genre de pari difficile. C’est également le cas pour la place de Hifter parmi les rebelles. Certains disent qu’il tente de jouer le premier rôle alors qu’il est entré tardivement dans la partie, après avoir passé des années loin du pays. Il est aussi en compétition avec Abdul Fattah Younes ; commandant des forces armées ici, pour la direction de l’armée rebelle. Younes était ministre de l’intérieur de Kadhafi et commandant des forces spéciales libyennes, mais il a fait défection en février pour rejoindre les rebelles.
Hifter avait aussi été du côté de Kadhafi. Il avait pris part en 1969 au coup d’Etat qui avait amené le dirigeant Libyen au pouvoir et, dans les années 1980, il était devenu un héros de la guerre de la Libye avec le Tchad voisin. Mais, entré en désaccord avec Kadhafi en 1987, Hifter s’était installé dans une banlieue de Virginie où, dit-il, il a fait ce qu’il pouvait pour aider l’opposition libyenne.
 « Je conduisais la plus importante force en Libye orientale ; les gens me connaissent et les Etats-Unis me connaissent, » déclare Hifter dans sa première interview depuis sa nomination comme responsable du commandement opérationnel vendredi. « J’ai attendu pendant toutes ces années de pouvoir saisir une telle occasion. »

Avant de quitter son domicile de Falls Church à la mi-mars, Hifter dit avoir été contacté par la CIA et l’ambassadeur US en Libye parce que des officiels à Washington, désireux d’en savoir le plus possible sur l’opposition, avaient appris ses projets de rentrer en Libye. La CIA a refusé de s’exprimer à ce sujet.

Hifter explique avoir demandé aux Américains la livraison de missiles, de roquettes, de transports de troupes blindé et de véhicules de reconnaissance. Il a été accueilli en héros à son arrivée en Libye orientale, mais il regrette de ne pas avoir reçu de réponse des Etats Unis au sujet de sa demande et est déçu par ce silence.
“J’attendais plus de la part du pays où j’ai vécu et qui m’a aidé personnellement,” dit-il dans cette interview faite lundi. « J’ai un rôle décisif dans la révolution. »
Chris Stevens, un émissaire US qui est arrivé à Benghazi la semaine dernière pour faire le point sur le Conseil National de Transition » des rebelles et le soutien dont il dispose, n’a pas encore rencontré Hifter. Hifter n’a pas eu de contacts directs avec l’OTAN mais a indiqué que son fils faisait partie de ceux qui discutaient avec des officiels de l’OTAN.

Hifter avait fréquenté l’école militaire avec Kadhafi, mais il affirme qu’après avoir pris le pouvoir, Kadhafi  avait rapidement « dévié » vers un pouvoir narcissique.
Hifter dit que Kadhafi l’avait abandonné après lé guerre désastreuse au Tchad. Il avait trouvé refuge aux Etats Unis, dit-il, travaillant avec d’autres transfuges de l’armée pour fonder une organisation d’opposition.
A son retour en Libye, Hifter a trouvé une armée rebelle formée de volontaires non entraînés et de soldats déserteurs qui s’est avérée désorganisée, mal équipée et incapable de garder ses positions.

Hifter s’est plaint qu’une diminution des frappes aériennes de l’OTAN a permis aux forces de Kadhafi de se regrouper. Et il dit que ces frappes devraient à nouveau être contrôlées par les Etats Unis, ajoutant qu’elles étaient plus efficaces sous le commandement américain. En dépit de l’insistance de Washington pour affirmer qu’elle n’armerait pas les rebelles, il a aussi appelé les Etats Unis à fournir des armes « de pointe » à ses troupes.
Malgré les difficultés, Hifter semble être confiant pour sa nouvelle mission et il se promet de transformer l’armée rebelle d’un assemblage hétéroclite de combattants indisciplinés en force capable de battre les forces loyales à Kadhafi. 

Hifter n’a guère cherché à minimiser sa rivalité avec Younes. Il souligne qu’ils ont été aussi tous deux dans la même école militaire mais que leurs chemins ont divergé. « Il est resté avec Kadhafi pendant 42 ans et j’ai fait défection il y a 24 ans, » explique Hifter qui ajoute que Younes n’a aucune « prise » sur ses décisions ou sur ses troupes.
“Il n’y avait aucun contrôle quand nos nouvelles opérations ont commencé,” déclare Hifter. «On va avoir maintenant un commandant pour contrôler les choses. »

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lundi, mars 28, 2011

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La CIA aux commandes de la Libye "démocratique"

Les événements de Libye, avec la guerre qui est imposée à ce pays par la coalition des « bienfaiteurs » occidentaux à laquelle se sont ajoutées des démocraties bien connues du proche Orient, sont le lieu d’une grande déception.
Pas du fait des agissements de Nicolas Sarkozy ou de David Cameron. Ils sont après tout dans leur rôle quand ils tentent de maintenir des prérogatives impériales sur le continent africain et dans le bassin méditerranéen. Et M. Sarkozy a peut-être quelque raison de penser qu’un succès militaire et politique obtenu aux dépends du colonel Kadhafi pourrait contribuer à remobiliser en sa faveur un électorat qui semble le bouder.
Non, comme Patrick Martin dont je vous propose un article, je suis déçu par ces gens qui se disent de gauche et qui approuvent l’intervention de ce qu’il faut bien appeler les forces impérialistes. Ils montrent ainsi qu’ils sont au fond dépourvus de principes. et que leur prise de position revient à approuver rétroactivement les interventions militaires en Irak et en Afghanistan. Il n’y a rien d’autre à ajouter, tout le reste n'est que du bla-bla.

Mais je suis encore plus déçu par ces Arabes prétendus eux aussi de gauche ou démocrates qui ne trouvent pas non plus grand-chose à redire à cette intervention, au contraire.
Malek Bennabi parlait de « colonisabilité » pour désigner les dispositions mentales qui font qu’un peuple peut être subjugué par une entreprise de colonisation. Je m’étais gaussé un jour de cette notion qui, selon moi, était trop psychologique. Il s’avère cependant que c’est Bennabi qui avait raison et de nombreux Arabes, prétendument de gauche ou démocrates, se montrent maintenant sous leur jour véritable d’admirateurs inconditionnels de l’Occident dont ils attendaient en fait leur salut.
Or, si l’Occident a développé des valeurs et des savoirs que les pays arabes auraient tort d’ignorer, ces valeurs ne se confondent pas avec les puissances occidentales dont les actions dans le tiers-monde et le monde arabe en particulier, ne visent qu’à la satisfaction de leurs intérêts économiques et stratégiques.
Ces Arabes dont il est question, qui sont bien souvent des « intellectuels, n’utilisent même pas ce qu’ils ont appris dans leurs écoles ou leurs universités pour analyser les situations politiques. Ils fonctionnent bien souvent sur le même principe que les dictateurs qu’ils disent réprouver. Ils ne sont simplement pas du bon côté du manche. Et ils sont prêts à tout accepter pour assouvir leur haine.
J’en rajoute sans doute un peu beaucoup, mais la réalité est quand même navrante
En attendant, je vous laisse prendre connaissance du pedigree d'un futur dirigeant de la Libye "libre" 

Un collaborateur de la CIA pour commander les rebelles Libyens

Par  Patrick Martin World Socialist Web Site 28 mars 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le Conseil National Libyen, l’organisation basée à Benghazi qui parle au nom des forces rebelles qui luttent contre le régime de Kadhafi, a désigné un collaborateur de longue date de la CIA pour diriger ses opérations militaires. Le choix de Khalifa Hifter, un ancien colonel de l’armée libyenne a été signalé jeudi par McClatchy Newspapers, et le nouveau chef militaire a été interviewé par un correspondant d’ABC News dimanche soir.

Hifter, dont l’arrivée à Benghazi avait été rapportée pour la première fois le 14 mars par Al Jazeera, a fait l’objet le 19 mars d’un portrait flatteur d ans le Daily Mail, un tabloïd britannique farouchement belliciste. Le Daily Mail présentait Hifter comme une des « deux étoiles militaires de la révolution » qui « est rentré récemment d’exil en Amérique pour apporter une certaine cohérence tactique aux troupes rebelles au sol. » Le journal n’évoquait pas ses liens avec la CIA.
McClatchy Newspapers a publié un profil d’Hifter ce dimanche. Intitulé ‘Le nouveau chef rebelle a passé une bonne partie des 20 dernières années dans une banlieue en Virginie, » l’article note qu’il avait été auparavant un officier supérieur du régime de Kadhafi jusqu’à « une aventure militaire désastreuse au Tchad à la fis des années 1980. »
Hifter avait ensuite rejoint l’opposition à Kadhafi puis finalement émigré aux Etats-Unis où il a vécu jusqu’à ces dernières semaines qui ont vu son retour en Libye pour prendre le commandement de Benghazi.
Le profil par McClatchy concluait, « Depuis son arrivée aux Etats-Unis au début des années 1990, Hifter a résidé dans une banlieue de Virginie aux environs de Washington DC. ».  Il citait un ami qui « disait ne pas trop savoir comment Hifter subvenait à ses besoins, et qu’Hifter s’occupait d’abord d’aider sa grande famille. »

Pour ceux qui savent lire entre les lignes, c'est une indication à peine voilée du rôle d’Hifter en  tant qu’agent de la CIA. Comment en effet, un ancien officier supérieur de l’armée libyenne a-t-il pu entrer aux Etats-Unis au début des années1990, seulement quelques années après l’attentat de Lockerbie, puis s’installer près de la capitale fédérale, sans l’accord et l’aide active des services de renseignements US ? Hifter a vécu en fait pendant une vingtaine d’années à Vienna en Virginie, à seulement une dizaine de kilomètres du siège de la CIA à Langley.

La CIA était bien au courant des activités militaires et politiques d’Hifter. Un article du Washington Post du 26 mars 1996 parle d’une rébellion armée contre Kadhafi en 1996 et écrit son nom dans une transcription différente. L’article cité des témoins selon qui la rébellion a pour « chef le colonel Khalifa Iftar  [et est] une organisation du type « contra » basée aux Etats-Unis et appelée Armée Nationale Libyenne. »
La comparaison est faite avec les forces terroristes “contra” financées et armées par le gouvernement des Etats Unis dans les années 1980 contre les autorités sandinistes au Nicaragua. Le scandale Iran-Contra, qui avait secoué l’administration Reagan en 1986-87, concernait la mise au jour de ventes illégales d’armes US à l’Iran, dont le produit servait à financer les contras au mépris d’une interdiction par le Congrès. Les parlementaires Démocrates avaient couvert le scandale et rejeté les appels à une procédure d’impeachment contre Reagan pour avoir financé les activités d’une illégalité flagrante ourdies par une brochette d’anciens agents des services secrets et de conseillers à la maison Blanche.
Un livre publié par Le Monde Diplomatique en 2001; Manipulations Africaines, fait remonter la relation avec la CIA encore plus loin, en 1987, signalant qu’Hifter, alors colonel de l’armée de Kadhafi, avait été capture au Tchad où il combattait avec une rébellion soutenue par la Libye contre le gouvernement d’Hissène Habré, soutenu par les Etats-Unis. Il fit défection pour le Front National de Salut Libyen (FNSL), la principale force d’opposition à Kadhafi, qui avait le soutien de la CIA. Il organisa sa propre milice qui opéra au Tchad jusqu’à la déposition d’Hissène Habré en 1990 par Idriss Déby, son rival appuyé par la France.
Selon ce livre, “la force de Haftar, créée et financée par la CIA au Tchad, disparut dans la nature avec l’aide de la CIA peu de temps après le renversement du gouvernement par Idriss Déby. » Le livre cite aussi un rapport du service de recherche du Congrès daté du 19 décembre 1996, selon lequel le gouvernement des Etats-Unis apportait une aide militaire et financière aux membres du FNSL qui avaient été repositionnés aux Etats-Unis.

Ces informations sont accessibles à tous ceux qui se livrent à une recherché même superficielle sur internet, mais elles n’ont pas été relayées par les médiats ontrôlés par les grands groupes, hormis une dépêche de McClatchy qui évite toute référence à la CIA. Les chaînes de télévision,  trop occupées à faire l’éloge des « combattants de la liberté » de l’est libyen, ne se  sont pas fatiguées à signaler que ces forces étaient désormais commandées par un collaborateur de longue date des services de renseignements des Etats-Unis.
Pas plus que n’en ont tenu compte ceux qui parmi les libéraux ou la “gauche” s’enthousiasment pour l’intervention des Etats Unis et de l’Europe en Libye. Ils sont trop occupés à saluer l’administration Obama pour son approche multilatérale et « consultative » de la guerre, présumée être différente de l’approche unilatérale à la « cowboy » de l’administration Bush en Irak. Que le résultat soit le même – mort et destruction qui s’abattent sur la population, la souveraineté et l’indépendance d’un pays anciennement colonisé foulées aux pieds – ne signifie rien pour ces thuriféraires de l’impérialisme. 
Le rôle de Hifter, présenté à juste titre il y a 15 ans comme le chef d’une “organisation du genre contra”, montre quelles sont les véritables classes sociales à l’oeuvre dans la tragédie libyenne. Quelle que soit l’authenticité de l’opposition populaire qui s’est exprimée dans la révolte initiale contre la dictature corrompue de Kadhafi, la rébellion a été détournée par l’impérialisme.
L’intervention de l’Europe et des Etats Unis en Libye n’a pas pour but d’apporter la “démocratie” et la “liberté” mais d’installer au pouvoir des pantins de la CIA qui dirigeront le pays aussi brutalement que Kadhafi, tout en permettant aux puissances impérialistes de piller les ressources pétrolières du pays et de se servir de la Libye comme base d’opérations contre les révoltes populaires qui soufflent sur le Moyen Orient et l’Afrique du Nord.

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