vendredi, avril 20, 2012

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Une savoureuse satire africaine sur les Européens


Hayibo est un magazine satirique d’Afrique du Sud. Il s’est emparé de deux affaires qui ont quelque peu défrayé la chronique ces derniers jours, celle du monarque espagnol victime d’un accident lors d’une chasse à l’éléphant (un loisir dispendieux aux dépends d’une espèce fragile au moment où ses sujets sont appelés à se serrer la ceinture) et celle de cette ministre Suédoise qui coupe un gâteau à l’effigie de ce qui ressemble à une caricature de femme africaine. L’idée n’était certes pas bonne mais peut-être a-t-on fait hâtivement le procès de la ministre

Mais peu importe car autant j’ignore si le gâteau était savoureux, autant je suis en mesure de vous dire que l’article l’est incontestablement.


Hayibo (Afrique du Sud) avril 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les Africains disent avoir peu d’espoir de voir l’Europe jamais devenir civilisée, après une semaine qui a vu le roi d’Espagne Juan Carlos lancé dans une chasse frénétique pour tuer des éléphants et la ministre Suédoise de la culture s’amuser d’un gâteau aux relents racistes. « Vous pouvez retirer le blanc de la jungle, mais vous ne pouvez par retirer la jungle qui est dans les Européens, » soupire un habitant de Kinshasa.

August Mwanasa, de Libreville au gabon, dit ne pas avoir été surpris par ces récentes atrocités parce que les Européens restent des «sauvages.»

“Je ne veux pas avoir l’air raciste, et certains de mes meilleurs amis sont blancs, mais soyons honnêtes : la violence est au plus profond de leur ADN, » affirme Mwansa. « Je m’explique, les Européens ont tué 20 millions d’autres Européens dans les années 1930 et 1940.  C’est une barbarie à une échelle sans précédent dans l’histoire.»

Jenkins Odumbe, un styliste de Nairobi, déplore un sentiment d’assistanat bien ancré en Europe.

“S’ils ne vont pas pointer au chômage, ils demandent à être renfloués, » dit-il. « Pourquoi est-ce qu’ils ne peuvent pas simplement se lever plus tôt et travailler plus dur, c’est ce que je voudrais savoir ?»

Liberte Aidoo, une voyagiste Ghanéenne, dit avoir été “choquée et dégoûtée » par ce qu’elle a découvert lors de son premier voyage en Espagne.

“Les brochures promettaient la mer et le soleil, mais ils sont encore incroyablement arriérés en Espagne,” se souvient-elle. «A la base, ils vivent tous dans des huttes en boue qu’ils appellent haciendas, et ils dorment pendant deux heures au milieu de la journée. En Europe, ils appellent ça la ‘siesta’. Au Ghana, on appelle ça « être un putain de paresseux.»

Mais, ajoute-t-elle, il fallait s’attendre à ce genre « d’inertie de déprime » dans un pays plus endetté que toute l’Afrique réunie.

Entre temps, la plupart des Africains ont rejeté les appels à une d&mission de la ministre Suédoise de la culture Lena Adelsohn Liljeroth suite à la débâcle après qu’elle ait été photographiée en train de manger un gâteau conçu pour ressembler à la caricature raciste d’une femme africaine.

«Les seules personnes qui appellent à sa démission sont des libéraux Européens qui se cachent derrière un mince vernis de civilisation, » explique le sociologue Burundais Descarte Tugiramahoro. « Nous Africains, ne sommes pas choqués le moins du monde.

“Elle ne fait que se livrer à de vieux rituels européens : se moquer des gens qui ont une apparence différente, et le cannibalisme symbolique tel qu’il a été introduit par l’église catholique. Tout est absolument normal.»

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mardi, novembre 01, 2011

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Pour John Dugard, le régime d'apartheid était plus honnête que l'occupation sioniste


John Dugard est un spécialiste de l’apartheid. Cet éminent juriste s’est longtemps servi des armes à sa disposition pour contester le régime d’apartheid dans son pays, l’Afrique du Sud et il a été un des rédacteurs de la charte des droits de l’Afrique du Sud nouvelle.
On ne s’étonnera donc pas découvrir, du moins pour certains comme moi, le parallèle qu’il fait entre le système d’apartheid et ce que les sionistes font subir aux palestiniens.
John Dugard trouve même que le système imposé par les sionistes est pire par certains aspect, plus hypocrite, car moins transparent, et moins «altruiste» que celui qui était en vigueur avec les Bantoustans en Afrique du Sud.
C’est peut-être là que Dugard pèche un peu mais après tout, il n’est ni économiste ni politique, c’est un juriste jusqu’au bout des ongles .La composante « altruiste » existait certes dans le système d’apartheid d’Afrique su Sud car le pouvoir en place avait accepté l’idée que les blancs ne seraient jamais majoritaires dans ce morceau d’Afrique et qu’i ; n’était pas possible, ne serait-ce que pour des raisons économiques, d’expulser tous les noirs. Essayer d’assurer un minimum de développement dans les bantoustans dans le cadre d’une politique de développement séparé était donc un impératif pour la survie du régime.
En Palestine occupée, il en va autrement car les sionistes font tout pour que les palestiniens s’en aillent où deviennent une minorité gérable dans un Etat juif qui aura annexé de facto puis de jure la Palestine.
Le sionisme peut donc parfaitement se dispenser de tout altruisme, même intéressé, et poursuivre ses efforts pour s’emparer de toute la Cisjordanie.
Ce n’est pas pour rien que les sionistes et le gouvernement US aux ordres des de fanatique partisans de l’Etat juif s’opposent fermement à toute reconnaissance internationale d’un Etat palestinien.
Les Etats Unis qui viennent de se ridiculiser à l’UNESCO en votant contre une admission de la Palestine dans cette organisation. Une admission qui obtenu l’assentiment de 107 nations malgré les pressions énormes exercées par le lobby sioniste et par les Etats Unis qui viennent d’ailleurs de suspendre leur contribution financière à cette institution.
Ce qui nous donne une idée de ce que les Etats Unis ont à faire du droit quand il ne les arrange pas.
John Dugard
Par John Dugard, badil.org (Palestine) octobre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
J’ai passé l’essentiel de ma vie d’adulte en Afrique du Sud, à m’opposer à l’apartheid, en tant que avocat, professeur de droit et, de 1978 à 1990, directeur du Centre for Applied Legal Studies (un centre de recherche engagé pour la cause des droits de l’homme et l’action juridique). Dans mon travail, j’ai comparé et différencié l’apartheid par rapport aux normes internationales relatives aux droits de l’homme et plaidé pour une constitution avec une charte des droits dans une Afrique du Sud démocratique. Je n’ai jamais été emprisonné mais j’ai été poursuivi en justice, arrêté, et menacé par la police. Mon livre le plus important, Human Rights and the South African Legal Order (les droits de l’homme et l’ordre juridique de l’Afrique du Sud, 1978) est la présentation la plus complète de la législation et de la pratique de l’apartheid avait été initialement interdit.
J’ai une vaste expérience et connaissance des trois piliers de l’Etat d’apartheid – la discrimination raciale, la répression et la fragmentation territoriale. J’ai animé des campagnes d’avocats contre l’expulsion, en vertu du Group Areas Act, de noirs de quartiers situés à côté de secteurs exclusivement blancs et contre les fameuses « loi sur le passage » qui transformaient en infraction le fait pour des noirs de se trouver dans les soi-disant «quartiers blancs » sans avoir des papiers les y autorisant. Ces campagnes avaient pris la forme de l’assistance juridique pour tous ceux qui étaient arrêtés, ce qui avait rendu le système ingérable. A travers le Centre for Applied legal Studies, je m’étais lancé dans des recours juridiques contre l’application des lois sécuritaires et les lois d’urgence qui permettaient la détention sans jugement et l’assignation à domicile – et, dans la pratique – la torture. J’avais aussi contesté en justice la création des Bantoustans.
Quand l’Afrique du Sud est devenue démocratique, j’ai été nommé dans une petite commission d’experts chargés de rédiger un projet de charte des droits pour la constitution sud-africaine de 1996.
J’ai visité Israël et les territoires palestiniens occupés en 1982, 1984, 1988 et 1998 pour participer à des conférences sur des problèmes affectant la région. En 2001, j’ai été nommé président de la commission d’enquête institué par la Commission des Droits de l’Homme pour s’informer sur les violations des droits de l’homme pendant la deuxième intifada. J’ai été nommé en 2001 rapporteur spécial de la Commission des Droits de l’Homme (par la suite Conseil des Droits de l’Homme) sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés. A ce titre, je me suis rendu deux fois par an dans les territoires occupés et ai rendu compte à la Commission et au troisième comité de l’Assemblée Générale de l’ONU. Mon mandat a expiré en 2008. En février 2009, j’ai conduit une mission instituée par la Ligue Arabe pour enquêter et faire un rapport sur  les violations des droits de l’homme et du droit humanitaire pendant l’opération «plomb durci.»
Dès ma première visite dans les territoires palestiniens occupés/Israêl, j’ai été frappé par les similitudes entre l’apartheid d’Afrique du Sud et les politiques et les pratiques d’Israël dans les territoires occupés. Ces similitudes sont devenues plus évidentes quand j’ai été mieux informé de la situation. En tant que rapporteur spécial, je m’étais délibérément abstenu de faire de telles comparaisons qui auraient empêché de nombreux gouvernements occidentaux de prendre mes rapports au sérieux. Après 2005 cependant, j’ai décidé que je ne pouvais en toute conscience m’abstenir de faire ces comparaisons.
Les deux régimes sont évidemment très différents. L’Afrique du Sud de l’apartheid était un Etat qui pratiquait la discrimination et la répression contre son propre peuple. Israël est une puissance occupante qui contrôle un territoire étranger et sa population dans un cadre reconnu par le droit international humanitaire. Mai en pratique, il n’y a guère de différence. Les deux systèmes sont caractérisés par la discrimination, la répression et la fragmentation territoriale. La principale différence est que le système d’apartheid était plus honnête. La législation d’apartheid était ouvertement discutée et adoptée au parlement et elle était clairement visible par tous, tandis que les règles qui régissent les Palestiniens des territoires occupés se trouvent largement dans d’obscurs décrets militaires et de règlementations d’urgence accumulées qui sont pratiquement inaccessibles.
Dans le cadre de mon travail en tant que commissaire et rapporteur spécial, j’ai vu tous les aspects de l’occupation des territoires palestiniens. J’ai vu le fonctionnement humiliant des checkpoints, qui me rappelaient l’application des lois sud-africaines sur le passage (en pire), des routes séparées (inconnues dans l’Afrique du Sud de l’apartheid) et la démolition de maisons sur décision administrative, ce qui me rappelait la destruction de maisons dans les «zones noires» situées à proximité des secteurs réservés aux blancs. J’ai visité Jenine en 2003, peu de temps après sa dévastation par l’armée israélienne. J’ai parlé avec des familles dont les maisons avaient été investies et saccagées par l’armée israélienne, j’ai parlé avec des jeunes et des vieux qui avaient été torturés par l’armée israélienne et j’ai visité des hôpitaux pour rencontrer ceux qui avaient été blessés par l’armée israélienne. J’ai vu, et parfois visité, des implantations coloniales ; j’ai vu une bonne partie du mur [de séparation] et, en me déplaçant dans la vallée du Jourdain, j’ai vu des campements de bédouins détruits et des checkpoints ms en place dans l’intérêt des colons.
Un dernier mot basé sur mon expérience personnelle. Il y avait une composante altruiste dans le système d’apartheid, quoique motivée par l’idéologie du développement séparé, qui voulait faire des bantoustans des Etats viables. La loi ne l’y obligeait pas, mais il a construit des écoles, des hôpitaux et des routes pour les noirs d’Afrique du Sud. Il avait créé des industries dans les bantoustans pour donner du travail aux noirs. Israël n’est même pas capable de faire ça pour les Palestiniens. Alors que le droit international l’oblige à subvenir aux besoins matériels des populations sous occupation, Tout repose sur des organismes internationaux et des donateurs étrangers. Israël pratique la pire forme de colonialisme dans les territoires palestiniens occupés. L’eau et la terre sont exploités par des colons agressifs qui n’ont aucun intérêt au bien-être de la population palestinienne – et ont la bénédiction de l’Etat d’Israël.

John Dugard siège au Tribunal Russell pour la Palestine qui compte  aussi parmi ses membres des personnalités comme Me Gisèle Halimi, Cynthia McKinney ou Mairead Corrigan Maguire

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vendredi, septembre 09, 2011

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Saga Libya, attention les secousses!


Leadership est une lettre d’information sud africaine destinée à ce qu’on appelle communément des « leaders », c’est-à-dire des gens qui comptent et exercent une influence plus ou moins grande sur l’opinion et les décideurs. Quand ils ne font pas partie eux-mêmes des décideurs.
Dans un article d’opinion traitant de l’intervention de l’OTAN en Libye, le journaliste Stef Terblanche ne fait guère preuve d’originalité, il fait bien mieux que ça puisqu’il nous donne un aperçu de l’état d’esprit de nombreuses élites africaines sur l’opération coloniale conduite par les puissances coalisées dans l’OTAN, principalement les deux ex grandes puissances coloniales, le Royaume Uni et la France.
Deux pays qui ont en effet dupé des Etats qui, comme l’Afrique du Sud, entendaient utiliser le levier onusien pour éviter un bain de sang en Libye et favoriser une issue négociée à la crise politique traversée par ce pays.
Non seulement la France et la Grande Bretagne ont outrepassé allègrement les objectifs assignés par la résolution 1973 de l’ONU mais ces deux pays se sont ingéniés à faire capoter toutes les initiatives de paix de l’Union Africaine.
La France et la Grande Bretagne sont peut-ête fières de leurs agissements qui ont débouché sur l’éviction du colonel Kadhafi mais peut-être devront-elles un jour rendre des comptes pour les immenses destructions qu’elles ont causé mais surtout pour le bain de sang qu’elles ont provoqué.
Alors que la résolution 1973 visait précisément à l’éviter. Mais rassurez-vous, vos journaux vous apprendront sans doute que la très grande majorité des dizaines de milliers de personnes tuées l'ont été du fait des forces du colonel Kadhafi. La presse est effectivement chargée de passer le shampoing moquette sur le tapis de bombes rouge de sang déversé par la France, la Grande Bretagne et les Etats Unis.
Disons cependant à MM. Sarkozy, Cameron et Obama que certaines victoires sont lourdes de désillusions à venir car il est clair que l’Afrique du Sud n’est pas prête de digérer le camouflet qu’elle a subi et une entreprise coloniale qui est antithétique avec toute l’histoire de cette nation.
Or, l’Afrique du Sud est déjà un pays qui compte et comptera encore plus demain, c’est un pôle de puissance qui émerge en Afrique et entraînera bientôt dans son sillage toute l’Afrique australe. D’autre pôles de puissance émergeront sans doute, je pense ici au Nigeria dont le gouvernement a reconnu l’autorité du CNT mais où de nombreuses voix s’élèvent pour demander au chef de l’Etat de rapporter cette décision.
Comment elle disait déjà la chanson de Yannick Noah ?
Ah oui : « Saga Africa, attention les secousses ! »

Par Stef Terblanche, Leadership (Afrique du Sud) 5 septembre 2011traduit de l’anglais par Djazaïri
La semaine dernière, le monde a été gratifié du spectacle de la conférence de Paris où des dirigeants occidentaux, l’un après l’autre – en compagnie de quelques dictateurs arabes de service – se sont tapés sur l’épaule pour se féliciter d’avoir «libéré» la Libye du pouvoir de Mouammar Kadhafi. Ce qui rappelait irrésistiblement l’infâme conférence de Berlin en1884 où l’Afrique avait été découpée entre colonisateurs européens.
A juste titre, le président Sudafricain Jacob Zuma a fait savoir – comme tout Africain qui se respecte aurait dû le faire – qu’il n’aurait rien à voir avec le cynisme de ce cirque organisé ostensiblement  par le président Français Nicolas Sarkozy et le premier ministre Britannique David Cameron, pour décider de l’avenir de la Libye… comme si ce n’était pas aux Libyens et aux Africains eux-mêmes.de le faire.
En fin de compte, il y avait une absence flagrante de dirigeants Africains influents, un certain nombre de pays africains et l’Union Africaine (UA) ayant refusé de reconnaître le Conseil National de Transition (CNT) installé par l’OTAN en tant que nouveau gouvernement de la Libye. L’Algérie, voisine de la Libye, était présente mais seulement comme observateur et peut-être seulement parce que sa frontière commune avec la Libye lui a donné des motifs impérieux..
La Russie et la Chine – qui se sont toutes deux opposées à la campagne militaire conduite par l’OTAN pour chasser Kadhafi – étaient aussi présentes comme pays observateurs, la Russie ayant reconnu le CNT à peine quelques jours auparavant. Cependant, ces deux pays ont d’importants intérêts présents en Libye tandis que la Chine a aussi d’énormes intérêts ailleurs en Afrique, par exemple en Angola qui est maintenant son plus gros fournisseur de pétrole.
Pour beaucoup de gens, la conférence de Sarkozy et  Cameron, version 2011 de la “ruée vers l’Afrique”, ramène aussi à l’esprit le discours d’acceptation du leader de l’ANC Albert Luthuli quand il reçut le prix Nobel de l paix et dit : « Notre continent a été découpé par les grandes puissances. Des gouvernements étrangers ont été imposés au peuple africain par la conquête militaire et la domination économique. »
Comme Vusi Gumede de l’université de Johannesburg nous l’a rappelé si éloquemment dans un article d’opinion du Sunday Independent ce weekend : « Un cas d’espèce 50 ans plus tard est la douloureuse question de la Jamahiriya Arabe Libyenne. Il y a d’autres cas comme la Côte d’ivoire qui est une bombe à retardement. »

A ces deux cas, Gumede aurait pu ajouter la “domination économique”  par la Chine qui s’accentue dans de nombreux pays africains, ou le désordre anarchique que les Etats Unis ont laissé derrière leur tentative de « conquête militaire » en Somalie.
Ce dernier pays avait d’abord été un pion géopolitique pendant la guerre froide entre les USA et l’Union Soviétique dans leur volonté de contrôler la Corne de l’Afrique. Les USA avaient maintenu de bonnes relations avec le régime meurtrier de Siad Barre jusqu’à son éviction. Le pays se désintègrera dans une anarchie complète et les Etats Unis prendront la fuite la queue entre les jambes après la tragédie de l’hélicoptère tombé entre les mains des seigneurs de la guerre.
Aujourd’hui, les Etats Unis sont revenus indirectement en Somalie et soutiennent une des parties au conflit là-bas contre le mouvement islamiste al-Shabab à qui on reproche l’aggravation de la situation. Mais cette fois, l’armée des Etats Unis n’est pas directement impliquée. Washington a envoyé à Mogadiscio Richard Rouget, un mercenaire Français à la tête d’une équipe de 40 hommes, des « mentors » qui forment une «force de maintien de la paix»en Somalie.. Rouget travaille pour une compagnie de sécurité privée établie à Washington qui est connue pour ses activités criminelles et ses liens présumés avec plusieurs coups de force en Afrique et un assassinat. Il avait aussi été le bras droit d’un autre fameux ancien mercenaire, Bob Denard.
D’anciens soldats Français, Britanniques et, malheureusement oui, Sudafricains sont au nombre de ceux qui travaillent avec lui. Le Département d’Etat US finance la compagnie de Rouget, pourtant tout le monde sait le niveau de destruction qui résulte de ce genre d’opérations clandestines US.
Les pays africains ont refusé de permettre aux Etats Unis d'installer leur commandement  militaire pour l’Afrique (AFRICOM) – un des dix commandements régionaux des forces armées US dans le monde - sur le sol africain. Les Etats Unis ont donc dû baser leur commandement en Allemagne « jusqu’en 2012 », année de réévaluation de la situation.

Le général William E. Ward, commandant de l’AFRICOM a récemment effectué plusieurs visites au Botswana dans le cadre d’un net accroissement de la coopération militaire entre les deux pays. C’est ce fait et la rumeur selon laquelle les USA allaient installer une base au Botswana qui avaient amené le leader du mouvement de jeunesse de l’ANC, Julius Malema, à faire une déclaration retentissante concernant le soutien de son organisation à un changement de régime au Botswana, une déclaration qui lui a valu des problèmes avec le parti au pouvoir en Afrique du Sud.
Africains Concernés [ou Inquiets], dont Vusi Gumede est membre, a écrit une lettre ouverte à tous les peuples d’Afrique et du monde, faisant le constat de l’échec des nations Unies dans le monde, et particulièrement en Afrique par son adoption de décisions inappropriées.
“En tant qu’Africains inquiets, nous n’avons pas d’aute choix que de nous mobiliser et de réaffirmer notre droit et notre devoir de décider de notre destin en Libye et partout ailleurs sur notre continent,” écrit Gumede. Il souligne la manière candide avec laquelle l’OTAN a interprété et appliqué la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU pour imposer une « zone d’exclusion aérienne » en Libye, l’Afrique du Sud ayant été bernée pour qu’elle lui apporte son soutien (voir Out of Africa de la semaine dernière).
Comme l’Afrique du Sud, de nombreux pays africains et d’autres pays du BRICS [Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud] ont condamné le comportement arrogant du Royaume Uni et de la France qui ont recouru à la seule force militaire au lieu du recours proclamé à « tous les moyens » pour protéger les civils Libyens.,puis ont  fait évoluer l’objet de l’action de la protection des civils à l’obtention d’un changement de régime à tout prix en Libye. En fin de compte, beaucoup, beaucoup de civils ont été tués – pas protégés – par la campagne incessante de bombardements de l’OTAN, les immenses ressources pétrolières de la Libye étant la récompense ultime.
Ironiquement, tout a commencé aux Nations Unies en lesquelles le grand dirigeant encore vivant de l’Afrique du Sud, Nelson Mandela, avait tellement foi quant des délibérations étaient en cours pour savoir si les Etats Unis et la Grande Bretagne devaient attaquer l’Irak pour éliminer son arsenal présumé d’armes de destruction massive… des armes qu’il n’avait jamais eues.
A l’époque, Mandela avait dit: “Il n’y a qu’une solution et une seule et elle passe par les nations Unies. Si la Grande Bretagne et les Etats Unis vont aux Nations Unies et que les Nations Unies disent avoir des preuves concrètes de l’existence de ces armes de destruction massive en Irak et que nous sentions que nous devons faire quelque chose à ce sujet, nous y serions tous favorables. »
La Grande Bretagne et les Etats Unis firent ce qu'ils voulurent de toute façon – ils envahirent l’Irak sur la base de leurs mensonges et sous le prétexte qu’ils sauveraient des millions de vies en agissant ainsi.
Avec le prétexte humanitaire semblable de sauver des vies, la Grande Bretagne et la France ont outrepassé la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU pour attaquer la Libye et obtenir un changement de régime.  Plusieurs initiatives louables de l’Union Africaine dans lesquelles l’Afrique du Sud a joué un rôle moteur et qui cherchaient à aboutir à un règlement négocié en Libye pour éviter un bain de sang ont tout simplement été ignorées par la Grande Bretagne, la France et leurs alliés de l’OTAN. L’Afrique n’a pas été autorisée à avoir une marge de manoauvre pour apporter une solution africaine à un problème africain.

«L’Afrique et le monde en développement sont donc en droit d’être atterrés, car les Libyens sont des Africains et font partie du monde en développement qui a beaucoup souffert de l’impérialisme et du colonialisme. Les Libyens ont payé et continuent à payer, de leurs vies, pour l’objectif occidental de changement de régime,» écrit Gumede. En effet..

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vendredi, août 26, 2011

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Les responsables de l'OTAN devant la Cour Pénale Internationale? Rêvons avec Kgalema Motlanthe!

Les puissances occidentales sont des modèles de vertu et à ce titre, ce sont elles qui disent qui doit comparaître devant la Cour Pénale Internationale. Mouammar Kadhafi est le plus récent cité à comparaître devant cette juriction pour crimes contre l'humanité je crois.
Oui, Mouammar Kadhafi et certainement pas les massacreurs "rebelles" ni les chefs militaires de l'OTAN et encore moins ces responsables politiques qui ont du sang sur les mais et en sont fiers. L'un d'entre eux n'a-t-il pas déclaré sur le pont d'un porte-avions, et sans honte comme à son habitude:
"Grâce à vous, les rivières de sang n'ont pas coulé"

Pourtant ces rivières de sang ont coulé mais pas du fait du "chien fou" ainsi qu'est souvent surnommé Mouammar Kadhafi. Compte tenu de l'ampleur des destructions et des pertes humaines accompagnées d'actes de barbarie infligées par les troupes de l'OTAN et leurs amis, rebelles, il serait donc anormal que la Cour Pénale ne s'intéresse pas au dossier de ces criminels si satisfaits d'eux-mêmes. Et c'est exactement ce que pense le vice-président Sudafricain Kgalema Motlanthe:

PANA
Le vice-président sud-africain, Kgalema Motlanthe, a demandé à la Cour pénale internationale (CPI) d'ouvrir une enquête sur les responsables de l'OTAN pour possibles crimes contre l'humanité durant les opérations aériennes en Libye.
Il répondait ainsi à une série de questions au Parlement sur la crise politique dans ce pays d'Afrique du Nord.
Selon M. Mothlante, la CPI doit étendre son champ d'investigation pour y inclure le rôle joué par les forces de l'OTAN en portant assistance aux rebelles dans leurs efforts pour renverser le régime du colonel Kadhafi.
"Ils tentent de créer l'impression que les rebelles agissent seuls dans les attaques à Tripoli, mais il existe des liens et une coordination clairs à ce niveau.
"La question est de savoir si elle aura les moyens de mettre à jour cette information et de traduire en justice les responsables, y compris les chefs de l'OTAN sur le terrain", a-t-il souligné.
Les déclarations de M. Mothlante font suite à des critiques virulentes de l'OTAN par le président Jacob Zuma et l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, qui ont affirmé que de nombreuses vies humaines auraient pu être sauvées si l'Union africaine (UA) avait été autorisée à mener à bien son mandat en Libye.
Pour M. Zuma, les puissances occidentales ont sapé les efforts et initiatives de l'UA pour gérer la situation.
M. Zuma avait tenté de trouver une solution à la crise qui dure depuis six mois en effectuant deux visites personnelles à Tripoli qui n'ont rien donné.
M. Mbeki est d'accord que le conflit aurait pu s'arrêter beaucoup plus tôt si le monde occidental avait écouté les dirigeants africains

Combien de vos journaux parlent de cette prise de position?
A l'heure où j'écris ces lignes, c'est le fait de quatre titres francophones: deux sites africains (African manager et Afrique en Ligne), un site suisse (Romandie news) et un site libanais (L'Orient le Jour).

Bien sûr, il n'y aura pas d'enquête de la Cour Pénale Internationale. Mais ce qu'il faut bien noter par contre, c'est le degré d'exaspération d'une Afrique du Sud qui a été dupée alors qu'elle avait soutenue l'adoption de la résolution 1973 dans un esprit de paix là où l'OTAN ne cherchait qu'un paravent juridique pour se livrer à une guerre dévastatrice.
Et l'Afrique du Sud, ce n'est pas exactement le premier pays venu mais une de ces puissances émergentes qui comptent déjà et seront incontournables demain.


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posted by Djazaïri at 10:24 PM 2 comments

mercredi, août 24, 2011

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Lettre ouverte de 200 personnalités africaines contre l'intervention de l'OTAN en Libye


200 intellectuels et personnalités du continent africain viennent de signer une lettre dans laquelle ils dénoncent le caractère illégal des agissements de l’OTAN en Libye.

Mais, vous l’aurez compris, aucun de ces intellectuels n’arrive à la cheville de Bernard-Botul-Henri Lévy. Ce n’e sont jamais qu’un ramassis d’écrivains et d’universitaires dont aucun ne sera jamais invité ni sur France 2, ni sur TF1. Aucun de vos journaux ne parle d’ailleurs de ces 200 sous-fifres.

Ce Chris Landsberg par exemple, quels titres peut-il bien faire valoir devant l’agrégation de Bernard-Botul-Henri Lévy ? Pfff ! Ce n’est qu’un petit docteur de l’université d’Oxford (c’est ou ça ?). Et puis il n’a écrit que quelques bouquins dont aucun n’atteindra le succès public de ceux qu’a écrits M. Bernard-Botul-Henri Lévy !

Et ce Wally Serote ? Quelqu’un qui a vécu une enfance privilégiée dans un township, à comparer avec l’enfance douloureuse (mais source d’inspiration féconde) qu’a vécue par Bernard-Botul-Henri Lévy ? D’ailleurs rien de ce que ce Serote a écrit ne peut sans doute se comparer au bloc note de M. Bernard-Botul-Henri Lévy. Effectivement quel talent poétique !
Parce que pour parler de liberté et de droits des gens, il faut quand même avoir certaines qualifications et certaines références qu’on ne trouve pour l’instant qu’en certains endroits très précis du monde.

Plus sérieusement, encore un signe que les Occidentaux n'auront bientôt plus que la force pour maintenir une présence consistante en Afrique.

Plus de 200 intellectuels Africains affirment que le bombardement de la Libye par l’OTAN est illégal et entre dans le cadre d’une recolonisation du continent.
Par LIVHUWANI MAMMBURU, Business Day (Afrique du Sud) 24 août 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un groupe de personnalités africaines a publié une déclaration pour avertir que l’Afrique était sur le point d’être recolonisée au moment où l’OTAN poursuit son soutien aux rebelles Libyens.
S’exprimant aujourd’hui devant les media à Johannesburg, ces personnalités ont rendu publique une lettre déplorant « le détournement du Conseil de Sécurité de l’ONU pour s’engager dans une diplomatie militarisée afin d’obtenir un changement de régime en Libye » et la « marginalisation de l’Union Africaine. »

Le chef du département de science politique de l’université de Johannesburg, le professeur Chris Landsberg a parlé au nom du groupe et dit que l’OTAN a violé le droit international.
“L’OTAN s’est ouvertement donné le droit de chercher à atteindre l’objectif d’un changement de régime et donc de recourir à la force et à d’autres moyens pour renverser le gouvernement de Libye, des objectifs qui sont en contradiction avec les décisions du Conseil de Sécurité de l’ONU, » a déclaré Landsberg.

La lettre a été signée par plus de 200 importantes personnalités africaines dont l’ancien président de l’African National Congress Thabo Mbeki, le professeur Shadrack Gutto de l’université d’Afrique du Sud, l’ancien ministre des services de renseignements Ronnie Kasrils, le professeur Chris Landsberg, chef du département de science politique de l’université de Johannesburg, le professeur Mahmood Mamdani de l’université de Columbia, l’ancien vice-ministre des affaires étrangères Aziz Pahad, l’écrivain et poète Wally Serote et de nombreux autres Africains influents.

Serote a déclaré que la feuille de route de l’Union Africaine reste la seule voie vers la paix pour le people libyen.
“L’Union Africaine est pour la paix, la démocratie et la liberté pour tous les peoples. C’est ce rôle que l’Union Africaine veut toujours jouer que ce soit en Côte d’Ivoire, au Soudan, en Libye ou dans n’importe quel autre pays du continent, c’est le but de l’Union Africaine. Elle a un plan à mettre en place, » a affirmé Serote.

On ne sait pas avec certitude si les dirigeants de l’Union Africaine ont approché les rebelles Libyens ou le gouvernement pour connaître leurs points de vue avant de faire la déclaration.

Le dirigeant Libyen Mouammar Kadhafi, à la tête du pays depuis 42 ans, voit son pouvoir sur le point de s’effondrer après des mois de bombardements aériens de l’OTAN qui ont provoqué la fuite de la majeure partie de ses troupes alors que les forces rebelles prenaient le contrôle de la capitale avec l’assaut spectaculaire sur le QG de Bab al-Azizia hier.

Kadhafi lui-même est resté insaisissable. Il a été vu la dernière fois il y a deux mois.

Les combattants rebelles ont fêté l’événement sur la place Verte rebaptisée place des martyrs par les rebelles à Tripoli hier, a signalé Reuters.

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mercredi, mars 30, 2011

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La résolution 1973 et le fiasco de la diplomatie sud-africaine

La crise libyenne a au moins ce mérite d'agir comme un révélateur puisqu'elle a permis de voir le vrai visage de gens prétendument de gauche, hostiles parait-il au néocolonialisme, ainsi que celui d'Arabes supposés démocrates qui attendent en réalité que la démocratie et la liberté leur soient fournies dans un paquet cadeau livré non par un avion de l'aéropostale mais par un Tornado ou un F16. Il paraîtrait même que les avions chargés de bomber le mot "liberté" sur le sol libyen rivalisent d'efficacité pour plaire à d'éventuels consommateurs du produit.

Si de nombreux gauchistes Européens ont montré leur inconséquence, de nombreux pseudo démocrates du monde arabe ont donné dans l'abject. Des gens colonisables hier comme aujourd'hui car le diagnostic établi par Malek Bennabi reste d'une cruelle actualité.

Cette crise a eu aussi le don d'agir comme révélateur des graves lacunes de la diplomatie sud africaine. Comme on le sait, l'Afrique du Sud joue déjà un rôle très important sur le continent africain et aspire, avec quelque raison, à jouer un rôle plus significatif sur la scène mondiale. Et l'adoption de la résolution 1973, qu'elle a votée avant de s'en mordre les doigts quelques jours plus tard, a montré la naïveté de la mission diplomatique de ce pays au Conseil de Sécurité de l'ONU où il siège en tant que membre non permanent.

L'article du Mail & Guardian que je vous propose tente d'analyser les raisons de ce loupé diplomatique. On retiendra que, comme le rappelle une diplomate Européenne, les délégations avaient tout loisir de consulter leurs spécialistes de la défense pour prendre la mesure des implications militaires du projet de résolution. D'où nous comprenons que les diplomates Sud-Africains ne l'ont pas fait. La même diplomate explique d'ailleurs aux Sud-Africains que s'ils avaient su lire le texte de la résolution, la mort de civils du fait des bombardements des forces occidentales était inscrite en toutes lettres.

On apprend (moi tout du moins) par ailleurs que des efforts de paix engagés par un comité 'désigné par l'Union Africaine ont été court-circuités  par la résolution 1973. L'Afrique du Sud figurait dans ce comité...

Par Mandy Rossouw, The mail & Guardian (Afrique du Sud) 25 mars 2011 traduit de l'anglais par Djazaïri

La position confuse de l'Afrique du Sud sur l'opération "Aube de l'Odyssée" contre la Libye a été un effet de choc en retour de la mauvaise réputation qu'elle s'était faite lors de sa première participation en qualité de membre du Conseil de Sécurité de l'ONU, ont affirmé ce weekend des sources diplomatiques sud africaines.

La délégation d'Afrique du Sud au Conseil a voté cette semaine en faveur d'une zone d'exclusion aérienne en sachant parfaitement que l'application de la résolution entraînerait des frappes aériennes. Au cours de son dernier passage en tant que membre non permanent sous Thabo Mbeki, l'Afrique du Sud s'était attire les foudres en raison de son indifférence apparente pour la cause des droits de l'homme dans des pays comme le Zimbabwe ou la Birmanie.

Des diplomates Sud-Africains à New York insistent cependant pour dire que l'Afrique du Sud a vote la résolution la semaine dernière dans le but de protéger les civils des forces de Mouammar Kadhafi en Libye et que le vote n'était pas destiné à approuver implicitement une intervention militaire.

"Nous voulions faire cesser les frappes aériennes. L'idée était de mettre un terme aux tueries indiscriminées et de menacer Kadhafi en exigeant un cessez-le-feu, » explique Nomfanelo Kota, porte parole de la mission diplomatique sud africaine à New York. « Nous ne pouvons pas endosser la responsabilité de ce qui se passe maintenant. Nous savions que les gens n'avaient pas tous les mêmes idées ni les mêmes motivations derrière la tête, mais nous devions voter pour, sinon nous aurions été accuses une fois encore [de négliger les considérations relatives aux droits de l'homme] et on aurait dit que nous étions du côté de Kadhafi. »

Après le déroulement du vote mardi dernier, le gouvernement sud-africain a été fortement critiqué à l'interne par la Ligue des Jeunes de l'ANC qui a considéré que le pouvoir avait été donné à des forces non africaines alors que le conflit en Libye aurait dû être dénoué par l'Union Africaine. Un comité de nations africaines, dont l'Afrique du Sud, avait été constitué par l'Union Africaine pour s'occuper du problème libyen, mais ses démarches ont été sabordées par l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne, ce qui signifiait que le comité ne pouvait plus se rendre en Libye pour effectuer une mission d'enquête.

Zuma prend ses distances
Le président Zuma a pris ses distances avec l'intervention militaire US-européenne dans le pays d'Afrique du Nord, en affirmant qu'elle avait excédé le mandat de l'ONU en mettant en danger la vie de civils. Une diplomate Européenne dont le pays a voté en faveur de la résolution a affirmé que cette explication ne tenait pas.

"Tout le monde sait que quand on parle de zones d'exclusion aérienne on parle d'usage de la force et d'intervention militaire," a déclaré la diplomate. « L'idée n'est pas seulement d'empêcher quiconque de survoler la zone concernée, mais aussi de détruire tous les matériels qui peuvent servir à tirer sur des avions."

Elle a expliqué que les pays avaient la possibilité, durant les deux semaines de discussion du dossier de consulter leurs spécialistes des affaires militaires sur ce à quoi il fallait s'attendre. La question des pertes civiles ne demandait pas beaucoup de jugeote dans la mesure où il n'existait aucune garantie qu'elles puissant être évitées pendant une opération militaire.

Un vieux routier de la diplomatie sud africaine établi à New York considère que le vote de la délégation sud africaine a aussi pu mettre la pression sur le groupe constitué par la Chine, le Brésil, la Russie et l'Inde qui se sont abstenus. Cependant, en tant que membres permanents, la Russie et la Chine auraient pu mettre un veto contre la décision. « Il sera intéressant de voir comment vont évoluer nos relations maintenant, » affirme le diplomate.

Kota a démenti une info du New York Times selon laquelle Susan Rice, ambassadrice des USA à l'ONU avait escorté l'ambassadeur d'Afrique du Sud Baso Sangu dans la salle où a été votée la résolution 1973. Les diplomates Sud Africains insistent pour dire que Sangu est arrivé à l'heure et n'a pas parlé avec Rice pendant la procédure d'adoption de la résolution.

Ils ont laissé entendre que les Etats Unis cherchaient à conforter l'image de Rice comme possible candidate au poste de Secrétaire d'Etat, actuellement tenu par Hillary Clinton, si le président Barack Obama obtient un deuxième mandat présidentiel.

La porte parole de l'ambassade US à Pretoria, Elizabeth Trudeau, a refusé de s'exprimer sur cette affaire. « Le plus important, c'est que l'Afrique du Sud s'est levée et a voté pour la résolution visant à protéger les civils sur le terrain," a-t-elle dit au Mail & Guardian.

David Zounmenou, chercheur à l' Institute for Security Studies de Pretoria affirme que l'Afrique du Sud aurait dû voir qu'une clause appelant à la protection des vies des civils par tous les moyens possibles, » comme il est prévu par la résolution laissait la porte ouverte à une intervention militaire.
Il affirme que l'Afrique du Sud a peut-être voulu "se racheter " après sa gestion de la crise ivoirienne. Jusqu'à récemment, l'Afrique du Sud refusait de reconnaître le vainqueur de l'élection Alassane Ouattara comme le président ivoirien légitime, contrairement au point de vue de nombreux pays africains et occidentaux.

"La politique étrangère sud africaine souffre d'incertitude et de faiblesses dans ses orientations, » explique Zounmenou. « Le problème réside dans le processus d'élaboration des décisions. Vous ne pouvez pas prendre une décision et ensuite vous rétracter. « Nous ne savons pas comment trouver l'équilibre entre nos intérêts nationaux et notre ambition de devenir un acteur clef dans les forums multilatéraux tels que l'ONU.

 

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jeudi, juillet 15, 2010

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Trafic d'équipements nucléaires entre les USA et un Etat du Proche Orient

On ne se bouscule pas pour parler de cette affaire dans la presse française. A la décharge de cette dernière, il faut dire que la liberté de la presse semble empêcher beaucoup de journaux, même aus Etats Unis, d'en parler.
Pourtant ça se passe aux Etats Unis où une entreprise propriété de ressortissants de l'entité sioniste (à moins qu'elle ne dépende d'une banque ou d'un ministère) fait l'objet d'une enquête pour exportations illicites de technologies américaines sensibles dans l'entité sioniste mais aussi en Afrique du Sud, en Inde et en Chine. L'argent il est vrai n'a pas d'odeur, mais si en plus de l'argent on peut se faire de nouveaux amis aux frais de l'allié avec  lequel on a un lien "unbreakable" (incassable), pourquoi se priver.
Tout le monde a compris que le jour viendra où les Etats Unis ne seront plus l'immense puissance qu'ils représentent encore aujourd'hui. Les sionistes l'ont compris aussi, et ils investissent dans la technologie (américaine) pour se faire de nouveaux amis.

Le programme nucléaire israélienimpliqué dans une enquête aux Etats Unis
Selon l'Institute for Science and International Security researchers, la compagnie israélienne Pelogy, basée aux Etats Unis, a enfreint la règlementation à l'exportation,.
par Yossi Melman, Haaretz (Sionistan) 15 juillet 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri

Le programme nucléaire israélien a été impliqué dans une enquête conduite aux Etats Unis par le Bureau of Industry and Security (BIS), d'après un rapport publié mercredi par les chercheurs de l'Institute for Science and International Security (ISIS).

L'enquête a commencé au printemps 2010 quand le BIS a accusé Pelogy, une compagnie basée aux Etats Unis et sa filiale belge, d'avoir violé la règlementation US à l'export en essayant d'exporter des produits soumis à restrictions vers Israël, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud.
Selon l'enquête, dans le cas d'Israël et de l'Inde, les produits auraient pu servir à fabriquer des armes nucléaires et des missiles.
Les accusations viennent à la suite d'informations données sur une base volontaire par les entreprises.
Dans le cas d'Israël, le BIS n'a pas précisé l'équipement ou les composants achetés aux Etats Unis ni les présumés acheteurs de ces produits.

Aucun autre détail n'a été donné sur cette affaire.
Il convient de mentionner que dans les années 1990, en dehors des activités d'espionnage de Jonathan Pollard pour Israël, des individus et des entreprises israéliens ont été mêlés à de nombreuses affaires d'espionnage technologique, dérobant des secrets US, de la technologie et des équipements.
L'affaire la plus connue impliquait Milco, une compagnie sise aux Etats Unis, propriété du magnat Israélien Amon Milchan, qui avait acheté et transporté des équipements  qui auraient aussi pu servir comme détonateurs pour des armes nucléaires.
 

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mercredi, mai 12, 2010

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Le dernier truc de la hasbara contre le juge Richard Goldstone

La hasbara sioniste n'est pas encore disposée à lâcher les baskets à Richard Goldstone, ce magistrat Sud Africain qui a donné son nom au rapport onusien sur les crimes de guerre commis pendant la dernière grande agression contre Gaza fin 2008, début 2009.
Le dernier truc de la hasbara consiste à tenter de discréditer Richard Goldstone en rappelant son passé de juge au service du régime d'apartheid, notamment les condamnations à la peine capitale qu'il a prononcées à l'époque contre 28 Sud Africains noirs.
Sasha Polakow-Suransky de Foreign Policy revient sur cet argument de la hasbara (pédagogie sioniste du mensonge) pour rappeler l'importance des relations entretenues par l'entité sioniste avec le régime de Pretoria, notamment dans le domaine militaire. Son article complète donc utilement celui que je vous avais proposé il y a quelque temps, publié par le journal El pais.
M. Polakow-Suransky, s'il relève effectivement la tâche que constitue les condamnations à mort prononcées par Richard Goldstone, note aussi le rôle crucial qui fut le sien dans la délicate transition qui marqua la fin du régime d'apartheid. Rôle dont Nelson Mandela lui sera d'ailleurs fort gré.
Il importe cependant d'apporter ici une précision: l'auteur indique en effet que M. Netanyahou aurait eu raison d'affirmer que le pétrole iranien et arabe arrivait en Afrique du Sud, par des intermédiaires observe-t-il. Le pétrole iranien arrivait certes en Afrique du Sud mais il faut rappeler que ce ne fut le cas qu'avant la destitution su Shah, ce dernier étant à la fois un allié des Etats Unis et un ami de l'entité sioniste. Quant au pétrole "arabe", il était simplement revendu par des compagnies comme Shell, BP ou Amoco. Des détails ici et là.

Pierres d'or, maisons de verre (Gold stones, glass houses)
par Sasha Polakow-Suransky 10 mai 2010, Foreign Policy (USA) traduit de l'anglais par Djazaïri

Le gouvernement israélien en a après Richard Goldstone. Depuis que Goldstone, un juge Juif Sud Africain, a publié un rapport en septembre qui accuse Israël (et le Hamas) d'avoir commis des crimes de guerre pendant l'invasion de Gaza en 2009, le premier ministre Benjamin Netanyahou s'en est pris à lui - et à son rapport - en tant que grave menace pour la légitimité d'Israël.

Ce mardi, de hauts responsables du gouvernement israélien ont accentué leur campagne contre Goldstone, l'accusant d'avoir envoyé 28 Sudafricains noirs à la mort lorsqu'il servait comme juge à l'époque de l'apartheid.

"Le juge qui a condamné à mort des noirs... est un homme de deux poids deux mesures," a proclamé Reuven Rivlin, porte parole de la Knesset. "Une telle personne ne devrait pas être autorisée à faire la leçon à un Etat démocratique qui se défend contre des terroristes." Le vice ministre des affaires étrangères Danny Ayalon a insisté, "Ce soit disant juge respecté se sert de ce rapport afin d'expier ses propres péchés," comparant la déclaration de Goldstone selon laquelle il avait été forcé d'appliquer les lois d'un régime injuste aux "explications que nous aavons entendues en Allemagne nazie après la seconde guerre mondiale."

Et le journal Yediot Aharonoth d'enchaîner - avec des hochements de tête approbateurs de Jeffrey Goldberg et Jonathan Chait - que "l'homme qui est l'auteur du rapport Goldstone qui critique les actions de l'armée israélienne durant l'opération Plomb Durci a pris une part active dans les politiques racistes d'un des régimes les plus cruels du 20ème siècle."

Ce qu'a fait aussi le gouvernement israélien

Les verdicts rendus par le juge Goldstone au temps de l'apartheid sont indubitablement une tache dans son dossier, mais ceux qui le critiquent ne mentionnent jamais le rôle essentiel qu'il a joué dans l'accompagnement de l'Afrique du Sud dans sa transition démocratique, la conjuration des menaces de violences et la passation pacifique du pouvoir - un rôle qui lui a valu l'amitié de Nelson Mandela qui le nommera à la plus haute cour de justice du pays.

Plus important, le moralisme d'Ayalon et de Rivlin ignorent commodément l'histoire de l'armement par Israël du régime d'apartheid du milieu des années 1970 au début des années 1990. En servant de premier et plus sûr fournisseur d'armes pendant une période de violente répression à l'intérieur et d'agression à l'extérieur, le gouvernement israélien a fait beaucoup plus pour aider le régime d'apartheid que ne l'a jamais fait Goldstone.

L'alliance israélo-sud africaine a commencé pour de bon en avril 1975 quand Shimon Peres, ministre de la défense à l'époque, avait signé un pacte de sécurité secret avec son homologue Sud Africain, P.W. Botha. En quelques mois, le commerce entre les deux pays devint actif avec la conclusion de contrats d'armement de près de 200 millions de dollars. Peres avait même proposé de vendre à Pretoria des missiles Jericho capables d'emporter des charges atomiques. En 1979, l'Afrique du Sud était devenu le plus gros client de l'industrie de défense israélienne, représentant 25 % des exportations militaires et éclipsant d'autres clients tels l'Argentine, le Chili, Singapour et le Zaïre.

Des échanges de personnel militaires de haut niveau suivirent bientôt. Des Sudafricains se joignirent en mars 1979 au chef d'état major Israélien pour des essais top secret d'un nouveau système de missiles. Pendant l'invasion du Liban par Israël en 1982, l'armée israélienne avait conduit Constand Viljoen, le chef de la South African defense Force, et ses collègues sur les lignes de front; et Viljoen emmenait fréquemment les attachés d'ambassade et les conseillers militaires Israéliens sur le champ de bataille en Angola où ses troupes affrontaient les forces angolaises et cubaines.

Il y avait aussi une coopération nucléaire: l'Afrique du Sud fournissait à Israël du concentré d'uranium tandis que des dizaines d'Israéliens vinrent en Afrique du Sud en 1984 sous de fausses identités et des prétextes factices, pour travailler sur le programme de missiles nucléaires de Pretoria sur le pas de tir de la base secrète d'Overberg en Afrique du Sud. A ce moment là, les sources alternatives d'approvisionnement en armes de l'Afrique du Sud s'étaient largement taries parce que les Etats Unis et les pays européens avaient commencé à se conformer à l'embargo de l'ONU sur les armes; Israël continua à l'enfreindre sans vergogne.

La flagrante hypocrisie de la dernière attaque contre Goldstone n'a rien d'une nouveauté. En novembre 1986, Benjamin Netanyahou, alors ambassadeur d'Israël à l'ONU, avait prononcé un discours vibrant devant l'Assemblée Générale pour dénoncer l'apartheid tout en insistant sur le fait que "les pays arabes pétroliers forment le cordon ombilical qui nourrit le régime d'apartheid." (peu importe si Israël, par déférence envers ses amis de Pretoria, n'avait pas participé au vote de 1980 à l'ONU pour imposer un embargo pétrolier à l'Afrique du Sud)

Netanyahou avait raison de dire que le pétrole iranien et arabe allait, via des intermédiaires, au régime d'apartheid, mais il avait nié catégoriquement l'importante coopération militaire et les échanges commerciaux avec l'Afrique du Sud, qualifiant les accusations de lucratives ventes d'armes de "tout simplement absurdes" et avait accusé ses détracteurs d'essayer de "diffamer Israël."

En réalité, Israël a largement profité de ses ventes d'armes à Pretoria à l'époque. Ecrivant dans le New York Times, Thomas Friedman estimait que les deux pays avaient réalisé entre 400 et 800 millions de dollars de transactions dans le secteur de l'armement en 1986. Selon des documents sud africains rendus publics, les chiffres étaient probablement encore plus élevés. A lui seul, un contrat de modernisation des avions de combat sud africains au milieu des années 1980 s'élevait à "approximativement deux milliards de dollars," et les ventes d'armement en 1988 - un an après l'imposition par Israël de sanctions au régime d'apartheid - dépassaient 1,5 milliard de dollars. Comme me l'avait dit sans ambages Jan van Loggenberg, l'ancien commandant en chef de l'armée de l'air d'Afrique du Sud: "Israël était probablement notre seule possibilité dans les années 1980."

Des chiffres déclassifiés sur l'approvisionnement en armes de l'Afrique du Sud (qui excluent des sociétés mixtes lucratives et des arrangements financiers conjoints) révèlent dans toute sa dimension l'ampleur du mensonge de Netanyahou. Les "chiffres indépendants du FMI" qu'il avait cité (qui excluaient diamants et armes) suggéraient que les échanges s'élevaient au montant ridicule de 100 millions de dollars annuels. Ils s'élevaient en réalité à cinq ou dix fois ce montant - en fonction des années - faisant du régime d'apartheid le deuxième ou troisième partenaire commercial d'Israël après les Etats Unis. Toutes les armes vendues par Israël n'ont pas servi dans des guerres à l'étranger, et il est incontestable que des armes israéliennes ont contribué à prolonger la domination d'un régime immoral et raciste.

Avant de jeter des pierres depuis leur maison de verre, Ayalon, Rivlin et les journalistes Israéliens feraient bien d'examiner - et d'admettre - l'histoire honteuse de la collaboration de leur propre gouvernement avec le régime d'apartheid.

Sasha Polakow-Suransky est chef de rédaction à Foreign Affairs et l'auteur de The Unspoken Alliance: Israel's Secret Relationship with Apartheid South Africa.

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jeudi, avril 29, 2010

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Zapiro, le juge Goldstone et la bar-mitzvah

La presse francophone ne se bouscule apparemment pas pour rapporter les petites difficultés du juge Richard Goldstone dans son projet d'assister à la bar-mitzvah de son petit fils.
Ce peu d'empressement tient peut-être au fait que selon une officine sioniste spécialisée dans la lutte contre la "désinformation", les informations selon lesquelles le juge Goldstone serait empêché d'assister à cette cérémonie relevaient précisément de la... désinformation.
Pourtant, l'organisation sioniste d'Afrique du Sud a vraiment tenté d'empêcher le juge Goldstone d'assister à cette cérémonie à la fois religieuse et familiale, nous montrant ainsi les expédients auxquels a recours le sionisme: bannir celui par qui le scandale arrive de la vie communautaire, jusque dans des aspects qui relèvent purement et simplement de l'ordinaire de la vie familiale. Une forme d'excommunication ou de mise à mort symbolique, rien de moins.
Cependant, le juge Goldstone pourra assister à la bar-mitzvah de son petit fils après avoir néanmoins satisfait aux exigences de l'organisation sioniste. Tout cela est exposé dans ce petit article de Jews Sans Frontière et illustré par une planche de Zapiro, un dessinateur du Mail & Guardian, un journal d'Afrique du Sud. J'ai traduit la légende, mais l'effet du jeu de mot "barred mitzvah" ne peut pas être rendu par une traduction (barred signifie en effet interdite).

Quelle voie emprunter?

Quelle que soit la décision du garçon, son grand père sera semble-t-il présent à la bar-mitzvah. Il s'avère que la fédération sioniste sud africaine a décidé de ne pas tenir un piquet pendant cet événement spécial pour un garçon âgé de 13 ans. J'ai eu l'information par un courriel de Deborah Maccoby à la liste de diffusion Just Peace UK.

Mais jetons un coup d'oeil au courriel envoyé par le juge Goldstone au rabbin Michael Lerner:

    Michael,
   
Je suis heureux de t'informer qu'après avoir été contacté ce matin par des organisations communautaires juives, la déclaration suivante a été publiée par Wendy Kahn, la directrice du groupe des députés Juifs Sud Africains:
   
"Le SA Jewish Board of Deputies (SAJBD) a le plaisir d'annoncer que, après consultation avec toutes les parties concernées, un accord s'est fait pour confirmer la présence du juge Richard Goldstone a la prochaine cérémonie de bar-mitzvah de son petit fils.


  Il a été convenu qu'une rencontre dans les locaux de la fédération sioniste d'Afrique du Sud réunira le juge Goldstone et les dirigeants de la fédération sioniste d'Afrique du Sud et d'autres représentants communautaires juifs pour discuter la réponse de la communauté juive au rapport de la commission présidée par le juge Goldstone l'an dernier et pour que le juge Goldstone donne ses perspectives sur la question.


Il a été en outre confirmé que le juge Goldstone assistera à la bar-mitzvah de son petit fils que qu'il n'y aura pas de manifestations liées à la bar-mitzvah.


Le SAJBD demande respectueusement, à la lumière de l'accord obtenu, que toutes les parties cessent immédiatement toute activité publique sur ce sujet de sorte que la cérémonie de bar -mitzvah du jeune homme puisse retrouver le caractère privé et digne qu'elle mérite.

Incroyable! Le prix de la présence du juge Goldstone à la bar-mitzvah de son petit fils consiste en une rencontre avec la fédération sioniste sud africaine "pour donner ses perspectives sur la question" de son rapport. Moi qui pensais que ces gens ne pouvaient pas tomber plus bas que lors de leur soutien à l'agression contre Gaza elle-même. Combien j'avais tort.

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vendredi, mars 26, 2010

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Sionisme et apartheid: la presse espagnole enfonce le clou

L'Espagne, comme d'autres pays à vrai dire, a été accusée de connaître un regain d'antisémitisme. Et il faut dire que cette accusation n'est pas exactement passée comme une lettre à la poste et qu'elle a suscité une réaction de la presse espagnole.
Je l'avais déjà noté dans un précédent post où je vous proposais un article du journal El Pais. Cette fois, c'est La Vanguardia, le grand quotidien hispanophone de Barcelone qui s'y met en publiant un long article qui porte sur l'apartheid dans l'entité sioniste. Cet article est le fait d'un spécialiste puisque rédigé par un guide touristique qui exerce en Afrique du Sud et a donc quelque compétence pour comparer la situation de l'Afrique du Sud du temps de l'apartheid et ce que subissent actuellement les Palestiniens. La vanguardia n'est pourtant pas un journal particulièrement pro palestinien!
L'article donne des indications précises sur les relations entre l'entité sioniste et le régime d'apartheid sud africain. Il met notamment en relief le rôle de l'institution communautaire juive, partie prenante du régime d'apartheid et fer de lance de la mise en relation de l'Afrique du Sud avec l'entité sioniste. Il souligne aussi le rôle de personnalités juives, dont le chanteur Johnny Clegg est une des figures les plus connues, dans la lutte contre l'apartheid. Ces Juifs, nombreux au demeurant, n'étaient par contre pas intégrés dans le système communautariste juif d'Afrique du Sud. Ils n'agissaient pas en tant en qualité de Juifs que de militants de gauche ou tout simplement antiracistes.
On peut lire que John Vorster, futur premier ministre Sud Africain, interné par les Britanniques pendant la seconde guerre mondiale pour cause de sympathies pour le nazisme, n'en sera pas moins couvert d'éloges par des dignitaires du régime sioniste comme Moshe Dayan ou Yitzhak Rabin.
Et que Shimon Peres (prix Nobel de la paix!), chargé en tant que ministre de la défense de la coopération militaire avec Pretoria, ne regrette rien puisque, dit-il, "Il faut oublier le passé," "Le passé ne m'intéresse pas."
Shimon Peres est un de ceux qui somment pourtant le monde entier d'entretenir la mémoire de l'holocauste...



Apartheid en Israël
Quiconque a vécu dans l'Afrique du Sud de l'apartheid et voyage aujourd'hui en Israël observera des choses désagréablement familières.
par Jaume Saladrigas au Cap, La vanguardia (Esp) 23 mars 2010 traduit de l'espagnol par Djazaïri

Il est courant de lire des articles sur le malaise que ressentent les politiques Israéliens devant l'actuel climat d'antisémitisme qui, selon eux, s'est installé en Espagne. Par antisémitisme, certains entendent les opinions opposées ou qui interrogent les actions de l'actuelle administration israélienne. L'Etat hébreu est celui de l'apartheid, entend-on souvent. Pourquoi les autorités israéliennes s'indignent-elles chaque fois que quelqu'un en vient à faire des comparaisons avec l'ancien système d'apartheid en Afrique su Sud? Et dites-moi en quoi est-il antisémite de dire quelque chose de ce genre?

Dans les années 1950, DF Malan, premier ministre d'Afrique du Sud, créa un système de lois qui rappelaient celles de Nuremberg, à l'époque d'Hitler: la loi sur l'état civil qui classait la population en fonction de la race. Des lois qui interdisaient les relations sexuelles ou matrimoniales entre personnes de races différentes. Des lois qui excluaient les noirs du monde du travail blanc.

Les origines de l'antisémitisme des Afrikaners remonte à une décennie avant 1948,année qui vit le Parti Nationaliste remporter pour la première fois des élections législatives. DF Malan avait déclaré son opposition à l'acceptation par l'Afrique du Sud de réfugiés Juifs supplémentaires venant d'Allemagne. A cette fin, il proposa des lois anti-immigration. Dans un discours au parlement, il défendit ainsi sa position: "On m'accuse souvent de discrimination envers les Juifs pour le simple fait d'être Juifs. Je vous dis en toute sincérité que c'est le cas; je les discrimine parce qu'ils sont Juifs."

La présence de communautés juives en Afrique du Sud est antérieure aux événements de la seconde guerre mondiale. Au 19ème siècle, arrivèrent des familles entières ou ce qui restait de familles décimées qui fuyaient les pogroms en Lituanie et en Lettonie. Avec Staline, les persécutions contre les Juifs s'accentuèrent, ce qui provoqua une deuxième vague de réfugiés vers l'Afrique du Sud. Avec la découverte en 1860 des riches gisements de diamants de Kimberly et l'enrichissement notable de certains membres de la communauté juive, l'antisémitisme s'accrut. Les préjugés, les clichés: "le Juif est avare" étaient déjà à l'époque très répandus. La guerre anglo-boer à la fin du 19ème siècle servit aussi d'argument à des politiciens mal intentionnés. Ces derniers ne tardèrent pas à accuser les Juifs de s'enrichir aux dépens des perdants [les Boers]. Hendrik Verwoerd, rédacteur en chef de l'influent journal Die Transvaler et fondateur du mouvement Apartheid, soutenait que les Juifs en Afrique du Sud et dans le monde poursuivaient le même objectif: contrôler l'ensemble de l'économie. Les outils de communication (presse et radio) entre les mains de l'appareil du parti Nationaliste ne rataient aucune occasion de lancer une campagne antisémite. Il faut se souvenir que les Afrikaners s'étaient montrés favorables à la cause d'Hitler randis que les Sudafricains d'origine anglaise - dont étaient isus presque tous les membres du gouvernement - soutenaient le camp allié.
Don Krausz, survivant de l'holocauste (sa famille a eu moins de chance) et président de l'association des survivants de l'holocauste en Afrique du Sud, le rappelle bien: "Les Afrikaners, et en particulier les adhérents ou sympathisants du Parti Nationaliste, nous haïssaient. La presse afrikaans était un calque du journal hitlérien "Der Stürmer". Les Juifs vivaient dans une anxiété constante sous la menace des Afrikaners. A Potschefstroom, d'où est ma femme, les milices des Chemises Grises jetaient des pierres sur les magasins juifs. Ou pire encore, ils y mettaient le feu ou les faisaient exploser. Ces gens là seront au pouvoir en 1948. Peu de ministres n'avaient pas la nostalgie du IIIème Reich et du nazisme."

Après la guerre, le Parti nationaliste remporta les élections de 1948 et lança un vaste processus de transformation politique. Peu importaient les différends avec les anglophones (représentés par le Parti de l'Unité et le Parti Progressiste; l'opposition). Ensemble, il s'agit maintenant de construire une société nouvelle. L'apartheid est l'affaire de tous. La même année, le parlement, avec l'appui de tous les partis, opposition comprise, approuvait un nouveau système de lois pour l'Afrique du Sud. Un Ordre Nouveau: l'apartheid. La communauté juive d'Afrique du Sud n'avait rien à craindre. Le train de nouvelles lois ségrégationnistes ne touchait pas aux Juifs. Il s'agissait de créer un Etat dans lequel il serait possible de construire deux sociétés distinctes et différentes entre elles: les blancs d'un côté, les noirs et le reste des communautés non blanches de l'autre (à l'époque l'Afrique du Sud avait un déficit important en matière de population d'origine européenne). Et eux, les Juifs, étaient blancs.

Que s'était-il passé? Qu'est-ce qui avait changé entre les Afrikaners et la communauté juive? En 1961, le Parti nationaliste obtint l'approbation majoritaire au parlement d'un nouveau statut et de la décision de proclamer la république. Ce changement avait contrarié le Royaume Uni qui n'y pouvait cependant pas grand chose. Sauf exercer une pression maximum pour expulser l'Afrique du Sud du Commonwealth britannique, ce qui se produisit effectivement. Les blancs d'Afrique du Sud - qu'ils soient Boers ou d'origine anglo-saxonne - et Israël s'étaient toujours vues comme deux nations authentiquement démocratiques et soucieuses de défendre les valeurs occidentales dans un environnement le plus souvent hostile. En conséquence elles exigeaient le respect mutuel.

L'Afrique du Sud percevait sa destinée somme quelque chose de très proche de celle d'Israël. "Les Israéliens sont une minorité qui vit entourée de 200 millions de fanatiques musulmans qui, en outre, reçoivent l'appui de pays communistes. Un îlot de gens civilisés entourés de 200 millions d'Arabes barbares et sauvages. Quant aux Afrikaners, 5 millions de personnes au milieu de centaines de millions de noirs aidés par les communistes," avait déclaré en une occasion John Vorster dont les propos seront répétés des années plus tard par le premier ministre PW Botha.

Pendant la deuxième guerre mondiale, le futur premier ministre d'Afrique du Sud, John Vorster, fut interné dans un camp de concentration allié. Vorster était un admirateur fervent des nazis, chose qui ne cadrait pas bien avec un pays comme l'Union Sud Africaine qui était en guerre aux côtés des alliés. Trois décennies plus tard, en 1976, il se rendait à Jérusalem. en qualité de premier ministre cette fois. Le gouvernement de  Yitzhak Rabin, Menahem Begin et le légendaire général Moshe Dayan ne tarissaient pas d'éloges à l'égard de leur hôte.

Israël et l'Afrique du Sud oublièrent leurs divergences idéologiques du passé et inaugurèrent une relation cordiale et très fructueuse. A l'époque Israël et l'Afrique du Sud ont travaillé à des projets en vue de développer des tecnologies militaires de très haut niveau. Israël apportait à l'Afrique du Sud une aide militaire dans le conflit contre l'Angola. L'ennemi à combattre était le communisme.

Dans les années 1970 et 1980, quand la communauté internationale, sous la pression d'organismes comme l'ONU, décida d'imposer des sanctions économiques à Pretoria, PW Botha, le premier ministre du pays, durcit encore plus l'apartheid et en conséquence, l'Afrique du Sud s'enfonça dans une spirale de l'horreur. Les manifestations, les révoltes, les arrestations, les exécutions et les assassinats politiques firent parti du quotidien. Les grandes multinationales étrangères choisirent de quitter l'Afrique du Sud. L'occident tourna le dos à l'Afrique du Sud. Rien de tout cela n'ébranla le gouvernement. Dans le même temps, les passeports sud africains ne permettaient plus de voyager à l'étranger, sauf en Israël, l'ami fidèle.

Alon Liel, ax ambassadeur israélien à Prétoria, a délaré dans une interview que ce fut précisément l'Etat d'Israël qui assuma la responsabilité d'aider l'Afrique du Sud à se doter du potentiel militaire nécessaire (le plus important du continent). L'Afrique du Sud avec ses énormes réserves de trésorerie issues de sa puissante industrie minière, put financer divers programmes de développement technologique en Israël et, en contrepartie, des scientifiques Israéliens apportèrent leur savoir faire à l'Afrique du Sud. C'est ainsi, par exemple, que ces deux pays obtinrent la technologie essentielle pour développer leur arsenal nucléaire. Peu de gens en étaient informés.  Du côté israélien, Shimon Peres et Rabin le savaient (mais ils essayaient de le cacher). Ces deux hommes, avant d'être des politiciens, faisaient partie de l'équipe de techniciens militaires qui travaillait avec le gouvernement de Prétoria.

Antérieurement à la mise en place d'obstacles aux frontières, de checkpoints et autres dispositifs pour contrôler la population palestinienne qui entrait et sortait quotidiennement d'Israël, des spécialistes de la sécurité anti terroriste Sudafricains apportèrent une aide logistique à leurs coreligionnaires Israéliens. La même chose s'est produite avec la construction de ce qui est peut-être le plus important symbole de la répression et de la ségrégation raciale en Israël: le Mur. La gigantesque clôture de béton et d'acier qui serpente autour d'un périmètre qui ne cesse de s'agrandir.

Vers 1986, sous la pression de la situation internationale, des sanctions économiques, des résolutions successives de l'ONU condamnant à chaque fois l'apartheid, Israël décida de prendre ses distances avec le régime de Prétoria. Cette évolution des relations avec l'Afrique du Sud préoccupa les responsables de l'appareil sécuritaire en Israël. "Qui aurait pu penser? Est-ce que nous sommes tous soudain devenus fous? Comment allons-nous faire sans l'assistance militaire de l'Afrique du Sud? Que va devenir notre industrie aéronautique? Nous ne pourrons pas survivre sans son soutien. N'oubliez pas que les Sudafricains, depuis les années 1970 n'ont cessé de nous aider et sont nos meilleurs clients."

Aujourd'hui, quand on évoque des personnalités juives Sudafricaines, les noms qui nous viennent à l'esprit sont ceux d'Helen Suzman, une éminente militante anti apartheid ou celui de Nadine Gordimer, prix Nobel de littérature. Et peut-être aussi celui de Johnny Clegg, musicien de rock célèbre dans les années 1980. Tous trois s'opposèrent à l'apartheid. Rares sont cependant ceux qui connaissent le nom de Percy Yutar.

Yutar appartenait à l'autre bord. C'était le procureur qui en 1963 a réussi à mettre Nelson mandela derrière les barreaux. Il avait fait valoir des preuves qui incriminaient apparemment Mandela dans un prétendu sabotage et de vouloir conspirer contre l'Etat. Mandela purgea une peine de 27 ans et Percy Yutar fut récompensé par le gouvernement avec le poste de procureur général de l'Etat Libre d'Orange et, peu après, du Transvaal. Pendant des dizaines d'années, la Fédération Sioniste et le Groupe des Députés Juifs d'Afrique du Sud honorèrent des hommes comme Percy Yutar, Juif anti communiste et bon Sudafricain.

Pour Alon Liel, l'image que le monde devait avoir (et continuer à avoir) des Juifs d'Afrique du Sud est le modèle classique des militants contre l'apartheid. Les Juifs déploraient dans leur majorité le racisme mais insuffisamment. C'est que ce système leur apportait deux garanties fondamentales: un bon niveau de vie et une vie sans crainte du communisme. Devant les atrocités endurées au quotidien par les noirs et les autres communautés non blanches, les Juifs liés à l'establishment ont détourné le regard. Les choses iront mieux pour nous, disaient-ils, si nous les laissons telles quelles.

"Il faut oublier le passé," recommandait Shimon Peres lors d'un entretien avec un correspondant Sudafricain. Shimon Peres parlait en connaissance de cause. Ce n'est pas pour rien qu'il a été ministre de la défense à l'époque de la visite de Vorster à Jérusalem et deux fois premier ministre dans les années 1980, à l'époque précisément où les relations entre l'Etat hébreu et l'Afrique du Sud blanche étaient au mieux .Peres goûte peu le charabia moraliste. "Je ne regarde jamais en arrière. Le passé ne m'intéresse pas. Je ne peux pas le modifier, à quoi bon m'en préoccuper maintenant?" Quand on lui demande comment il est possible que deux nations aux idéologies aussi différentes, antagonistes, aient pu s'apporter un soutien mutuel et s'il a douté à l'occasion, il répond: "Toutes les situations ne correspondent pas forcément à un idéal. Toute décision tient compte de deux alternatives imparfaites. Le mouvement noir en Afrique du Sud encensait Arafat depuis des années, et Arafat était notre ennemi chez nous. A la vérité, nous n'avions pas le choix. Nous n'avons cependant jamais cessé de dénoncer l'apartheid. Nous ne l'avons jamais soutenu."

Personne en Israël n'a honte du passé. Le sous directeur général du ministère des affaires étrangères, Gideon Meyer, le justifie ainsi: "Notre handicap majeur a toujours été la sécurité. Aucune nation au monde n'est plus menacée que la nôtre. Il en est ainsi depuis ses tout premiers jours, depuis la naissance de l'Etat d'Israël. La géopolitique d'Israël en est le résultat."

Quiconque a vécu dans l'Afrique du Sud de l'apartheid et se rend aujourd'hui en Israël observera des choses étrangement familières. Il n'existe certes pas en Israël de pancartes où on annonce aux noirs l'interdiction de ceci ou de cela, "blancs seulement", "non européens seulement". Le fait est que ça revient au même; en Israël comme en Afrique du Sud par le passé, prévaut un climat de ségrégation raciale. Les Israéliens préfèrent cependant ne pas s'en rendre compte.

Les soldats de l'Etat hébreu humilient très souvent les Palestiniens qui se présentent aux checkpoints, les postes frontaliers. Les colons s'amusent à tracer des peintures xénophobes sur les humbles demeures des Palestiniens à Hébron. La police de jérusalem Ouest exerce son autorité de manière routinière, interpelle systématiquement toutes les personnes d'apparence arabe et contrôlent leurs identités. Certaines colonies et communautés juives refusent complètement l'entrée de "leur" zone aux palestiniens. L'argument qui justifie ce refus est l'appartenance à deux mondes culturellement distincts.Le maire d'un de ces hameaux de colons juifs en est venu à proposer que les palestiniens portent un quelconque signe distictif qui les identifie comme tels. Renversement de la notion de ghetto? Possible. Dans les années 1990, des groupes d'extrême droite juifs avaient exigé que les commerçants qui employaient des Palestiniens licencient ces derniers. Ceux qui s'étaient pliés à cette exigence  avaient reçu un autocollant où on lisait "nous n'employons pas d'Arabes." Dans les matchs de football qui opposent des équipes israéliennes et palestiniennes, les supposrters juifs crient "mort aux Arabes."

Celui qui a le rare honneur (ou selon le cas, tout le contraire) d'être invité à dîner chez une famille juive de la classe moyenne, il se peut qu'avec le dessert  - peut-être que c'est l'été et que nous soyons sur la terrasse à profiter du parfun que répandent les citronniers du jardin du voisin - la conversation animée porte sur la cause palestinienne. Nos amphitryons disutent, tentent de nous convaincre qu'en réalité les Palestiniens ne "méritent" pas d'avoir leur propre Etat. L'intifada et les attentats suicide justifient mille fois les 37 années d'occupation de leurs terres. Des crimes contre les Palestiniens? Certainement pas. Les criminels sont les Palestiniens.
Ca rappelle beaucoup les discussions sur les noirs qu'il y a vingt ou trente ans, j'avais avec des gens que je connaissais en Afrique du Sud. Les mêmes clichés, les mêmes préjugés, la même étroitesse d'esprit. On fait régulièrement des enquêtes d'opinion en Israël. Les Israéliens sont une majorité pour penser que les Arabes sont des gens "sales", "primitifs",faisant peu de cas de la vie humaine et d'un naturel violent.

Rehavam Ze'evi, ancien ministre du tourisme sous Sharon, avait proposé l'expulsion de tous les Arabes du territoire juif. Dans le plus pur style de l'apartheid. Même la presse juive l'avait traité de raciste. Ze'evi est mort en 2001, victime d'un attentat terroriste.

La liste d'exemples est longue qui démontre de manière claire qu'Israël, actuellement, continue à se prévaloir de pratiques propres à l'apartheid sud africain. "Il y a toujours eu des fanatiques pour exiger un Grand Israël," explique Krausz, survivant de l'holocauste qui réside à Johannesbourg. "Il y a des types, des tarés, il n'y a pas d'autre mot, qui insistent pour prouver que c'est dans la Bible; cette terre est à nous, par la volonté divine. C'est du fascisme."

Hirsch Goodman avait décidé d'émigrer en Israël. C'était il y a trente ans, peu après avoir terminé son service militaire (obligatoire en Afrique du Sud). Son fils, après avoir achevé son service dans l'armée israélienne a émigré en Afrique du Sud. "L'armée l'avait envoyé dans les territoires occupés et il dit qu'il n'oubliera jamais ce qu'on l'a obligé à faire," déclare Goodman qui travaillait comme analyste des systèmes de sécurité à l'université de Tel Aviv. Selon lui, le terme "apartheid" est peut être un peu exagéré. "Si Israël persiste à vouloir se maintenir dans les territoires occupés, sans doute devrons nous accepter ce terme. Nous ne pourrons alors plus parler d'Etat démocratique. Ce qui arrivera alors seront des formes distinctes de développement et la discrimination systématique dans tous les domaines: éducation, santé, légal. Mais on ne peut pas dire aujourd'hui que nous pratiquons l'apartheid alors que 76 % de la population d'Israël désire sincèrement un accord avec le peuple palestinien. Il est vrai que nous discriminons les Arabes, ceux qui sont venus d'Ethiopie et d'autres, mais ce n'est pas pour autant qu'on peut nous coller l'étiquette de racistes. Je déteste qu'on banalise le mot apartheid. C'est quelque chose de trop affreux."

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posted by Djazaïri at 9:56 PM 3 comments

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