dimanche, avril 07, 2013

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Coptes et Musulmans doivent s'unir pour chasser Satan d'Egypte


Les nouvelles sur les relations entre la minorité copte et la majorité musulmane en Egypte ne sont pas bonnes.
Les tensions religieuses ont en effet été exacerbées sous les présidences Anouar es Sadate et surtout Hosni Moubarak dans le souci de détourner l’attention de l’opinion des problèmes économiques et politiques. Il n’est cependant pas du tout sûr que le gouvernement des Frères Musulmans soit en mesure d’enrayer de phénomène qui a aussi maintenant sa vie propre.
J’y vois deux raisons. La première est que les ennemis de la confrérie ont tout intérêt à attiser les passions sectaires. La deuxième est que certains éléments de la confrérie sont également animés par une volonté d’en découdre avec les coptes et que ce n’est pas l’exil dans les pétromonarchies fondamentalistes qui a pu contribuer à les calmer sur ce plan.
Pourtant les coptes sont la plus importante minorité religieuse en Egypte et, comme le nom même de leur église l’indique, ce sont des égyptiens dont la foi est antérieure à l’arabisation et à l’islamisation de l’Egypte.
Je ne connais pas assez l’Egypte pour identifier les interrelations du quotidien, dans la culture et l’éthos populaires entre église copte et Islam, sans parler de ce qui survit de l’ancienne religion du temps des pharaons.
Mon propos n’est pas ici de me placer du point de vue de telle ou telle doctrine religieuse, mais simplement d’inviter à s’intéresser à la réalité de la vie quotidienne d’un peuple qui appartient à une civilisation plurimillénaire avec toutes ses composantes, arabe et musulmane, mais aussi copte et tout simplement égyptienne.
L’article du journal El Mundo que je vous propose en est une illustration.

 Le ‘djihad’ contre Satan se mène dans les églises

Par Francisco Carrión, El Mundo (Espagne) 6 avril 2013 traduit de l’espagnol par Djazaïri
Le Caire – On dit que la foi déplace les montagnes. Les chrétiens égyptiens prétendent que c’est leur ferveur qui a fait se soulever Moqattam, une colline de terre sèche et craquelée, vers l’extrémité sud-est du Caire. Mille ans après un miracle si extraordinaire, une procession de ‘possédés par le démon’ avance vers les contreforts de la colline pour se libérer de Lucifer. 
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                   Colline de Moqattam
Creusée dans la roche, l’église de Saint Siméon rassemble chaque jeudi plusieurs milliers de fidèles chrétiens et musulmans avides de rédemption. La route qui conduit au purgatoire passe par le quartier où les chiffonniers mènent une existence infernale. Dans ses rues poussiéreuses et sombres, les rats se cachent  au milieu de tonnes de déchets entassés devant les portes des maisons. 
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Quartier des chiffonniers
Le père Samaan a construit ce lieu de culte dans les années 1990 et cepuis lors, il livre entre ses murs sa guerre particulière contre les ravages de Satan. La cérémonie hebdomadaire est sue succession de cantiques et de prières fréquemment interrompues par les cris effrayants des possédés qui peuplent les bancs au premier rang. «Le curé a dans son corps l’esprit de Jésus Christ. Je suis venue une fois parce que j’avais mal aux yeux et il m’a soignée avec de l’huile,» explique à El Mundo Oum Ashraf, une chrétienne qui traîne son corps usé à 57 ans. 
Avec sa soutane noire et sa longue barbe, «baba» Samaan – comme l’appelle son bataillon d’adeptes – est un des exorcistes les plus réputés de ce pays arabe. Attirés par une promesse de guérison, les pèlerins parcourent des centaines de kilomètres. Il est même arrivé qu’une fois un musulman fasse le voyage depuis la Syrie en quête de salut pour sa fille handicapée. Selon ses fidèles, le prêtre résout chaque année des centaines de cas de possession par le démon. 
Les symptômes» de la possession 
On assure que la présence du malin se manifeste au travers de douleurs prolongées à la poitrine ou dans le dos et par certaines maladies graves. Le manque d’appétit sexuel chez les femmes mariées est également perçu comme un symptôme du fait que, sans le savoir, ces femmes entretiennent des relations extraconjugales avec Lucifer.
«Je guérirai tous ceux qui sont possédés par Satan,» assure au microphone le septuagénaire Samaan lorsque, à la fin d’une messe de deux heures en prélude aux exorcismes. «Quiconque touchera une goutte de cette eau peut être certain que Jésus le guérira.» 
La voix rauque du vieillard, ses nombreuses plaisanteries qui provoquent des sourires dans le public, installent une attente tendue dans l’église. L’odeur de l’encens reste suspendue dans l’atmosphère quand le prêtre abandonne l’autel pour s’approcher, escorté par une armée de jeunes volontaires, des travées où se tordent ceux qui sont sous l’emprise de Belzébuth. 
Une jeune femme musulmane, avec les cheveux recouverts du «hidjab» (voile), est une des premières personnes souffrantes que Samaan asperge d’eau bénite. «Au nom de Jésus Christ, je t’ordonne de sortir,» lance-t-il tandis que des spasmes secouent le corps de la jeune fille et que des cris de frayeur se propagent chez ceux qui attendent leur tour. «Sors de ce corps,» insiste-t-il armé d’une petite croix en bois. 
 Quelques secondes plus tard, la lutte s’arrête. La terreur disparaît soudainement du visage. La tête cesse son agitation fébrile. Les extrémités arrêtent de marteler le sol. Et le corps fébrile de la jeune femme, qui n’oppose plus aucune résistance, s’abandonne dans les bras du curé. Les acclamations de joie résonnent sur la pierre quand le jeune femme, trempée et éperdue, sort de la transe et se lève avec l’aide de ses amies. 
Samaan trace avec un stylo des croix sur le front et la paume des mains et fend la foule pour se lancer dans le espiritu suivant. L’efficacité du traitement n’est pas toujours aussi rapide. Si Satan s’accroche, l’exorciste frappe et crache sur le malade jusqu’à ce que l’ennemi s’enfuie et que la personne – sous l’effet des coups et de la salive – s’évanouisse ou vomisse. 
Quand elles ont pu reprendre leur souffle, les personnes purifiées se rappellent rarement leurs quelques secondes d’agonie. Celles qui disent s’en souvenir parlent de langues de feu qui les dévoraient. «Je suis malade. Je suis allée voir de nombreux médecins sans ressentir le moindre soulagement. Mes amis m’ont conseillée de venir parce qu’on m’a fait de la magie noire,» raconte Manal Adl Falil, une musulmane âgée de 35 ans qui vient de la province de Menufiya dans la région fertile du delta du Nil. 
La sorcellerie «habite» aussi le corps de la musulmane Azza, une mère de familel âgée de 28 ans qui habite la cité méditerranéenne d’Alexandrie. «Elle est possédée par le démon depuis six années. Elle crie tout le temps et quand elel écoute réciter le Coran, elle se plaint de douleurs au niveau du cœur et elle s’effondre,» assure sa fille Zeinab. «C’est la première fois que nous entrons dans une église parce qu’à la mosqu »e, ils n’ont pas pu la guérir.» 
Des siècles de péché 
Le «djihad» (guerre sainte des musulmans) contre le Léviathan se livre à coups de messes et de versets de la Bible. La puissance fulgurante du rituel de la minorité chrétienne – qui représente 10 % de la population égyptienne – séduit depuis des siècles ceux qui croient en Allah. C’est ainsi que la tradition raconte qu’au 19ème siècle, le gouverneur Mohamed Ali, père de l’Egypte moderne , avait eu recours à un exorciste chrétien pour chasser le démon de l’âme de sa fille Zohra.
«Les exorcismes sont nécessaires parce qu’à chaque fois on commet de nouveaux péchés, ce qui a pour conséquence de déclencher la maladie,» explique à notre journal un autre exorciste, Makari Yunan. Licencié en théologie et en pédagogie, Yunan déclare chaque vendredi la guerre à Lucifer depuis la vieille cathédrale copte du Caire.
La rue égyptienne, sujette à l’insomnie, ne se repose jamais et le prêtre croule sous les demandes d’expulsion du diable qui habite des gens peu dévots, qui professent les «péchés de l’argent ou de la chair comme l’adultère» et vénèrent «la passion de l’amour propre, l’ambition pour le pouvoir et l’égoïsme.» Pour «s’infiltrer,» ils disent que l’antéchrist profite des moments de vulnérabilité : l’obscurité, la visite de certaine maisons, les chutes au sol ou quand on va dans la salle de bain. 
Des dizaines de vidéos attestent du «don divin» dont Unan a commencé à se servir en 1976 et grâce auquel il a parcouru la planète. «Ce n’est pas moi qui guérit mais Jésus Christ. Personne ne peut prendre le dessus sur le diable à part Jésus Christ,» précise-t-il avant de gloser sur un ses derniers ‘miracles’. Vendredi dernier deux femmes atteintes d’un cancer et une autre de paralysie ont dit avoir été guéries,» ajoute le prêtre.
La Bible comme le Coran mentionnent les «génies ifrit» (esprits du diable) et les cheikhs pratiquent aussi l’exorcisme. Mais certains de leurs fidèles finissent par échouer dans les églises, fascinés par la lumineuse cérémonie copte et tourmentés par leurs pèlerinages infructueux auprès de prédicateurs ou de guérisseurs.
«Toute personne, quelle que soit son appartenance sociale ou religieuse et quelle que soit sa maladie est bien accueillie. Nos jours sont comme la vapeur d’eau. Ils se vivent fugacement et disparaissent. Il faut accepter Jésus Christ avant l’arrivée de la fin des temps,» conclut le prêtre.

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samedi, novembre 24, 2012

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Les "démocrates" Syriens veulent étendre leur guerre au Liban


On peut trouver cette information sur le web:
Liban : cinq Syriens arrêtés avec des explosifs
L’Armée libanaise affirme aujourd’hui avoir arrêté cinq Syriens en possession de 450 grammes d’explosifs, d’un détonateur et de trois munitions pour mortier dans le marché de Nabatiyeh, au Liban-Sud. Selon des sources sécuritaires, les suspects comptaient utiliser les explosifs demain lors de la célébration de l’Achoura. Cet incident avive les craintes que le conflit syrien ne déborde au Liban voisin. (Source : AP)
Cet extrait d'une dépêche Associated Press datée du 24 novembre 2012 n'est publiée en français que par une seule source:  le Réseau de recherche sur les Opérations de Paix.

L'Achoura est, on le sait, une célébration musulmane  qui revêt une signification et une importance très particulières dans l'Islam chiite et on comprend bien que les explosifs et les obus de mortier n'étaient pas des pétards destinés à agrémenter la fête.

On trouve des informations plus détaillées en anglais . Dans la Gazette de Montréal, on peut ainsi lire que ces munitions étaient destinées à être utilisées contre une procession de commémoration de l'Achoura prévue ce dimanche.

Histoire d'attiser les ferments de la guerre civile au Liban, histoire d'affaiblir le Hezbollah qui est non seulement un allié du régime syrien mais aussi un ennemi déclaré de l'entité sioniste. L'idée est peut-être aussi de provoquer une intervention étrangère au Liban car, ainsi que nous le savons, ce pays a beaucoup d'amis, sauf quand il est menacé et attaqué par l'entité sioniste!

On peut d'ailleurs lire dans le même journal:
Les militaires [de l'armée libanaise] ont saisi 450 grammes d'explosifs, un détonateur et des munitions pour un mortier de 160 mm portant des inscriptions en hébreu
Le Daily Star de Beyrouth nous donne même les noms des Syriens arrêtés par l'armée libanaise:
Khodr Mohammad al-Fanoush, Sheikh Mohammad Saleh al-Fattah, Ahmad Mohammad al-Fanoush, Hussein Farhan al-Fattah and Wael Hussein al-Hasan,

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jeudi, octobre 25, 2012

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Après le sondage du Figaro sur l'Islam et les musulmans, on attend un sondage sur le judaïsme et les juifs


Le journal Le Figaro vient de publier les résultats d'un sondage selon lesquels:

L'image de l'islam se dégrade fortement en France

avec
un durcissement supplémentaire des Français vis-à-vis de cette religion et d'une perception négative renforcée de l'islam. Même si une proportion non négligeable de Français, 40 %, continue à se dire indifférente à la question de la présence de l'islam en France.»
Selon Jérôme Fourquet de l'IFOP, l'institut qui a réalisé le sondage:
Ce qui explique, à ses yeux, un tel durcissement - 43 % des sondés considèrent l'islam comme une «menace» - est lié à une «visibilité» fortement accrue de l'islam sur la scène publique et médiatique. «Ces dernières années, il n'est pas une semaine sans que l'islam, pour des questions sociétales, voile, nourriture halal, ou pour une actualité dramatique, attentats, ou géopolitique, n'ait été au cœur de l'actualité.» D'où cette autre impression: 60 % pensent que cette religion a désormais «trop d'importance». Ils étaient 55 % il y a seulement deux ans. Ceux qui se disaient indifférents à cette question passent de 41 à 35 %.
Je me disais qu'il serait intéressant (ou de très mauvais goût) que le journal Le Figaro convoque un sondage du même type sur le judaïsme, en adaptant au besoin le questionnement proposé aux sondés. par exemple, en leur demandant si cette religion et ses adeptes ne sont pas trop présents dans tel ou tel domaine de la vie publique et économique, reproches qui étaient communément adressé aux Juifs par une fraction de l'opinion publique entre les deux guerres.

Olivier Roy faisait déjà ce genre de réflexion dans un entretien accordé au Nouvel Observateur suite à un sondage du même type pratiqué par l'institut CSA en 2009.
Quand on dit qu'on ne tire pas assez de leçons de l'histoire, c'est un euphémisme. Encore faudrait-il qu'on enseigne l'histoire et pas des mythes.

"Les mêmes questions se posaient avec la pratique du judaïsme"

Le Nouvel Observateur,  le 10-12-2009

Un sondage CSA publié jeudi 10 décembre semble montrer une spécificité de la perception de l'islam par les Français. Alors que les religions catholique et juive sont jugées compatibles avec la vie en société pour 82% et 72% des Français, seuls 54% d'entre eux estiment que la pratique de la religion musulmane s'accorde avec le mode de vie français.
Nouvelobs.com donne la parole à Olivier Roy, professeur à l'Institut universitaire européen de Florence.

Selon vous, la pratique de l'islam est-elle compatible avec la vie en société en France ?
- Evidemment. Les plus de 5 millions de musulmans en France le prouvent. Le problème est qu'en ce moment certaines personnes essaient de définir une sorte d'islam libéral (qui validerait l'homosexualité, par exemple), alors que cela n'existe pas. De même que le catholicisme libéral n'existe pas. La religion est ce qu'elle est. Ce sont les pratiques de la religion qui diffèrent. Il y a trente six manières de pratiquer l'islam.
Le sondage pose une question à laquelle il faut répondre par oui ou par non, elle ne peut donc pas rendre compte de la compatibilité des pratiques, mais plutôt du rapport des gens à l'image qu'ils ont de l'islam.
Comment expliquer cette perception négative de l'islam en France et en Europe ?
- Par sa nouveauté. L'islam est intégré en Europe seulement depuis trente ans. Si on regarde la presse française, dans les années 30, les mêmes questions se posaient avec la pratique du judaïsme. La pratique israélite était intégrée, mais pas celles des nouveaux arrivants. Ils étaient qualifiés de métèques quotidiennement. Il n'y avait pas besoin de lire les pamphlets antisémites de Céline pour trouver ce genre d'expression. Aujourd'hui, à travers ces sondages, c'est un discours tout à fait théorique qui est relayé selon lequel le musulman est un immigré, alors que l'intégration est faite, et depuis des années.
Pensez-vous que le débat sur l'identité nationale présenté par le gouvernement influence cette perception ?
- C'est un discours purement idéologique et politique (car il n'aura aucune traduction dans la législation) qui crispe un débat qui a lieu depuis des années d'un point de vue pratique. Quand Eric Besson dit qu'il y a un fort intérêt pour son débat, qu'il y a une forte participation, ce n'est pas vrai. Les gens ne sont pas dupes. Ils connaissent bien la réalité : en France la mixité est très forte. Le discours qui consiste à considérer les musulmans comme des étrangers est totalement abstrait. Le président de la République fait comme s'il fallait séduire un électorat, mais en fait il n'a pas compris cette réalité. Il a 20 ans de retard. Comme lui, le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, considère que l'Europe est une terre chrétienne. Les promoteurs de la vision culturaliste qui consiste à associer la religion à la culture se trouvent donc des deux côtés. Alors que cette vision est dépassée.
Les élus locaux connaissent-ils mieux cette question ?
- Oui. Ils ont une pratique beaucoup plus subtile. Ils constatent que la mixité a lieu. La question des minarets, par exemple, a lieu au sein des mairies depuis les années 80. Les maires, connaissent bien la question et se la pose en termes de compatibilité architecturale. Dans cette réalité, les musulmans sont perçus comme des citoyens français et non comme des immigrés.
La religion doit-elle rester dans la sphère privée ?
- Pas du tout. A aucun moment la loi de 1905 sur la laïcité ne le laisse entendre. Ce serait une vision idéologique de la laïcité. Par ailleurs, les minarets ont été créés par symétrie aux clochers. Mais ces derniers ne sont pas évoqués dans la Bible, ils apparaissent plus tard, et sont culturels. C'est pour cela que l'interdiction des minarets est discriminatoire. En revanche, il n'a jamais été question d'autoriser l'appel à la prière par le muezzin, de même que la sonnerie des cloches est très réglementée, et n'est permise que lorsque la tradition le justifie. Si une nouvelle église s'implante et fait sonner ses cloches, vous pouvez faire appel à la jurisprudence pour porter plainte.
Propos d'Olivier Roy recueillis par Donald Hebert
le jeudi 10 décembre (Nouvelobs.com)

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lundi, octobre 08, 2012

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Sarcelles, Strasbourg et la construction du discours islamophobe "légitime"


Les évènements s’enchaînent avec une régularité métronomique.

Qu’on en juge, la prétendue bande annonce d’un film islamophobe puis des caricatures publiées par Charlie Hebdo provoquent, ou servent de prétexte à des manifestations et des troubles dans un certain nombre de pays musulmans, et voilà qu’un micro rassemblement de Musulmans à Paris est cerné par des forces de gendarmerie qui créent facilement le surnombre. 

On a là l’amorce du premier débat sur l’Islam en France depuis l’élection présidentielle avec en parallèle l’éclosion d’un œuf couvé depuis un certain temps, la loi antiterroriste co-écrite apparemment par Manuel Valls et Claude Guéant suite aux crimes perpétrés par (ou attribués à) Mohamed Merah à Toulouse et Montauban.

Suit un discours musclé du ministre de l’intérieur lors de l’inauguration d’une mosquée à Strasbourg. Le simple fait que ce type, tout ministre qu’il soit, ait pu tenir les propos qu’il a tenus en ce lieu en dit long sur l’état de déconsidération dans lequel se trouvent les Musulmans en France.

Et en bruit de fond, bien entendu, résonne presque en continu le verbe vénéneux de Marine Le Pen et de Jean-François Copé avec la mise en avant de thématiques chères à toute une frange de nos élites, de droite et parfois de gauche, sur le racisme anti-blanc, qui sont autant d’appels en réalité à la guerre ethnique.  Sous réserve bien sûr que cette guerre soit menée par la police et la gendarmerie au nom des petits blancs privés de pains au chocolat par la faute du Ramadan.

Et maintenant, nous avons le coup de filet sur une prétendue cellule terroriste/djihadiste qui serait l’auteur d’un attentat contre une épicerie casher à Sarcelles en région parisienne en septembre 2012.

Cet attentat avait consisté en la projection d’une grenade (dont rien n’est dit sur la provenance alors que c’est elle qui a permis de remonter aux auteurs) à l’intérieur de ce magasin, n’occasionnant fort heureusement qu’un blessé léger.

Ce qui est absolument frappant, si on en reste à l’individu qui est présenté comme le principal animateur de la présumée cellule terroriste, c’est que les magistrats semblent le connaître par cœur.
En effet :
L'homme "s'était rasé la barbe en arrivant à Strasbourg" - où il séjournait ces derniers jours -, signe d'un prochain "passage à l'acte", [ ??; note de Djazaïri] a indiqué le procureur de Strasbourg Patrick Poirret. Selon ce dernier, Jérémie Louis-Sidney voulait "finir en martyr".
Et :
Corroborant cette hypothèse, le testament du délinquant a été trouvé après sa mort. Au cours des perquisitions, samedi, "une liste d'associations israélites de la région parisienne" a également été découverte, selon le procureur de Paris.
On ne nous dit rien sur les ressources de ce Jérémie Louis-Sidney qui pourtant avait au moins deux domiciles, un à Cannes et l’autre à Strasbourg et qui faisait donc pas mal de déplacements, sans oublier ceux qui le ramenaient en région parisienne d’où il était originaire.

Tout cela a pourtant un coût.

On n’a, en tout cas pour l’instant, pas parlé d’arsenal digne de ce nom, l’arme la plus redoutable étant le "Smith & Wesson" de calibre 357 que possédait Jérémie Louis-Sidney et dont il a vidé le barillet en tirant sur les agents venus l’arrêter dont l’un n’a dû son salut qu’à son équipement de protection.

Mais il voulait mourir en martyr nous dit-on. Et il ne nous dira certes pas le contraire.

Comme si tous les délinquants qui avaient résisté imprudemment à la police avaient derrière la tête l’idée de mourir en martyr. Peut-être était-ce là l’idée de Jacques Mesrine au fond ?

Ici, on nous refait le coup des jeunes auto-radicalisés comme Mohamed Merah. Mais outre que Merah ne s’était pas auto-radicalisé, ce n’est certainement pas le cas non plus de ces prétendus djihadistes qui étaient d’une certaine manière déjà radicalisés avant leur entrée dans la religion musulmane. Je les suppose plus auto-islamisés qu’auto-radicalisés.

Nous sommes en fait en présence d’une bande de pieds nickelés, en moins drôles il est vrai, capables de commettre des actes dangereux sans doute mais qu’il faudra bien des efforts d’agit-prop pour en faire une «menace de radicaux» comme veut le faire croire le ministère de l’intérieur. Remarquez que le chef de l’Etat n’est pas en reste dans la surenchère à l’alerte terroriste. A croire qu’il y a comme qui dirait une sorte de compétition sur ce sujet.

La menace pour la sécurité des biens et des personnes existe, c’est certain, mais exactement comme avec toutes les bandes de délinquants un peu organisées que la police a pour charge de surveiller et de neutraliser. La cible choisie, toute symbolique qu'on puisse la considérer, a surtout pour caractéristique de se situer dans l'environnement quasi-immédiat des délinquants, signe à la fois d'amateurisme et de bêtise insigne.

Menace sur la sécurité nationale ou les institutions du pays, faut donc quand même pas pousser, fort heureusement.

Ce qui est vraiment significatif dans cette opération, ce ne sont pas les interpellations elles-mêmes, ni la mort d’un des auteurs présumés de l’attentat contre le commerce juif, mais le discours qu'alimente cette action policière.

Et dans l’ensemble du discours sur l’Islam, qui est souvent, mais pas toujours, un discours sur l’islam  «radical» Manuel Valls intervient aujourd’hui avec sa propre partition plus propre à rassembler à gauche que les misérables pains au chocolat de Jean-François Copé :
Opération antiterroriste: Manuel Valls dénonce l'antisémitisme
Pains au chocolat, antisémitisme, terrorisme, à droite, comme à gauche, les Musulmans sont cernés et se retrouvent au centre du débat politique et médiatique, exactement comme le souhaitent la droite et l'extrême droite, il faut bien le dire.

Et la prochaine sommation, qui viendra de la gauche consistera à nous demander de battre collectivement notre coulpe en matière d’antisémitisme et d’admettre que l’antisionisme de nombre d’entre nous n’est qu’un faux nez pour notre profond et ancien antisémitisme que le Dr Valls va entreprendre d’extirper de nos cerveaux.

On aimerait quand même entendre sur ce dossier la voix de Mme Christiane Taubira, la Garde des Sceaux qui est franchement inaudible sur un dossier qui la concerne aussi.

J’ai trouvé par hasard facebookien le photomontage ci-dessous sur un site que je n’arrive pas à situer sur l’échiquier politique et/ou religieux, par incompétence de ma part sûrement (j’espère seulement que ce n’est pas un site djihado-talmudiste). Mais peu importe car ce photomontage est vraiment bienvenu (la légende n'est pas de moi)
 

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dimanche, septembre 30, 2012

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Le temps long, l'histoire, le temps de la presse et celui des urgences "humanitaires"


Un article vraiment intéressant vers lequel j’ai été orienté par le blog de The Angry Arab et qui donne des éléments de contexte historique pour des phénomènes géopolitiques actuels.

Parce que l’histoire, le temps long, est la grande oubliée dans bien des commentaires sur les troubles que subit tel ou tel pays. Et quand Pankaj Mishra interroge l’histoire, il constate la continuité impérialiste occidentale qui était d’abord le fait de la France et de la Grande Bretagne avant de devenir celui des Etats Unis.

Cet impérialisme a toujours utilisé les mêmes méthodes pour parvenir à ses fins et elles se résument à la corruption,au recours à la force brutale, à l'ingérence. Pour ceux qui ne veulent pas comprendre, aucun pays n'est aujourd'hui à l'abri de l'ingérence des Etats Unis, pas même leur allié britannique qui a été obligé d'adopter une réglementation qui l'autorise à extrader ses propres ressortissants vers les Etats Unis, un manquement grave au devoir de protection dû à un citoyen (les USA n'extradent bien entendu jamais un de leurs ressortissants sauf après l'avoir déchu de la nationalité comme ce fut le cas d'Ivan Demjanjuk, un présumé criminel nazi).

Voilà résumée, sans caricature excessive, la façon de fonctionner de ceux qui croient incarner la civilisation et prétendent avoir la responsabilité ou le devoir de protéger les peuples qu’ils estiment martyrisés par leurs gouvernants.

Nous savons pourtant qu’ils n’ont jamais protégé que quand ils jugeaient que c’était intéressant pour eux et que sinon, ils n’ont pas hésité à massacrer, à affamer ou à laisser massacrer. Et ils jugent aussi qui bon leur semble, même ceux dont ils étaient les complices comme on l’a vu au Rwanda.

On ne les entend guère parler d’urgences non plus quant à la situation au Congo où les forces de l’ONU participent parfois elles-mêmes aux exactions. Un Congo où l’ONU stigmatise par ailleurs la constitution d’une administration parallèle par des rebelles, chose que le président d’un pays membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU appelle pourtant de ses vœux en Syrie.

Bon, mais tout va s’arranger au Congo parce que figurez-vous que c’est Mme Yamina Benguigui qui s’occupe de ce dossier au gouvernement français.

Raymond Tshibanda, chef de la diplomatie de la RDC  pense peut-être qu'on s'est moqué de lui

L’inévitable retrait des Etats Unis du Moyen Orient
Par Pankaj Mishra, New York Times (USA) 23 septembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le meurtre de quatre Américains en Libye et les foules qui ont attaqué ce mois-ci des ambassades des Etats Unis dans le monde musulman ont rappelé à beaucoup de gens l’année 1979, quand des islamistes radicaux s’étaient emparés de la mission américaine à Téhéran. Là bas aussi, des extrémistes s’étaient donné libre cours après la chute d’un tyran pro-américain avaient trouvé un moyen commode de se donner de l’importance.

Mais l’obsession pour l’Islam radical passe à côté d’une analogie plus significative pour l’actuel état de siège au Moyen orient e t en Afghanistan : les hélicoptères en vol stationnaire au-desus du toit de l’ambassade américaine à Saïgon en 1975 au moment où les tanks nord vietnamiens entraient dans la ville.

Ce départ précipité avait mis fin à un long et coûteux engagement de l’Amérique en Indochine que les Etats Unis, comme pour leur engagement au Moyen Orient, avaient hérité des empires européens disparus. Bien sûr, l’Asue du Sud-Est n’avait pas de ressources naturelles qui intéressaient les Etats Unis et il ne s’y trouvait pas d’allié à défendre comme Israël. Mais elle se trouvait sur la ligne de front de la bataille mondiale contre le communisme, et les décideurs politiques Américains avaient essayé sans succès à la fois la manière forte et les despotes à sa solde pour que les autochtones participent à la défense de leurs intérêts stratégiques.
Les manifestations violentes provoquées par le film «L’innocence des Musulmans» vont rapidement s’apaiser, et les ambassades américaines retourneront à leurs activités habituelles. Mais la portée symbolique de la violence, avec aussi une attaque des Talibans contre une des bases américaines les mieux protégées d’Afghanistan, est indubitable.
Le drame du déclin de la puissance américaine est en phase de se répéter au Moyen Orient et en Asie du Sud après deux guerres futiles et l’affaiblissement ou l’effondrement de régimes pro-américains.

En Afghanistan, des soldats et des policiers autochtones ont tué leurs formateurs Occidentaux, et des manifestations ont éclaté là-bas et au Pakistan contre les frappes d’avions sans pilote américains et des informations sur des profanations du Coran. Fait étonnant, ce regain d’hostilité et de méfiance envers les puissants envahisseurs occidentaux ont une fois de plus provoqué un choc chez beaucoup de décideurs et de commentateurs politiques aux Etats Unis qui se sont promptement retranchés derrière un discours paresseux du genre «ils détestent nos libertés.»

C’est comme si les Etats Unis, bercés par les échecs idéologiques comme ceux du nazisme et du communisme dans une idée exaltée de leur force morale et de leur mission, avaient raté l’évènement central du 20ème siècle : l’éveil politique inexorable, et souvent violent, de peuples qui ont été soumis pendant des dizaines d’années à la brutalité des puissances occidentales. Cette étrange omission explique pourquoi les décideurs politiques Américains ratent les occasions qui se présentent à eux pour des règlements post-impériaux pacifiques en Asie.

Dès 1919, Ho Chi Minh tiré à quatre épingles et armé de citations de la Déclaration d’Indépendance, avait essayé d’intéresser le président Wilson à  la fin de la domination française en Indochine. Il n’arriva à aucun résultat avec Wilson. Les nationalistes d’Iran, d’Inde, d’Egypte et de Turquie qui espéraient de ce président libéral et internationaliste qu’il promulgue une nouvelle «moralité» dans les affaires du monde connurent la même déception. 
Aucun de ces anti-impérialistes ne se serait enquiquiné à  faire ces démarches s’ils avaient su que Wilson, un homme du sud des Etats Unis, aimait beaucoup les blagues sur les «nègres» et qu’il croyait dans me maintien d’une «civilisation blanche et de sa domination sur le monde.» Franklin D. Roosevelt était à peine plus conciliant quand, en 1940, il avait proposé d’amadouer les Arabes Palestiniens dépossédés de leur patrie avec un «petit bakchich.»

Roosevelt avait changé d’avis après avoir rencontre le dirigeant Saoudien Ibn Saoud et avoir compris l’importance du pétrole pour l’économie américaine de l’après guerre. Mais la guerre froide et l’obsession de l’Amérique avec la chimère d’un communisme monolithique avaient obscurci à nouveau la réalité de l’élan irrésistible de la décolonisation qui se nourrissait d’une aspiration intense des peuples humiliés à l’égalité et à la dignité dans un monde contrôlé par une petite minorité d’hommes blancs.

Les appels à l’aide lancés après la seconde guerre mondiale par Ho Chi Minh à un autre président Américain - Harry S. Truman -  étaient à nouveau restés sans réponse ; et Ho qui avait travaillé avec des agents secrets Américains pendant la guerre avait été ostracisé comme un dangereux communiste. Mais beaucoup de gens en Asie avaient compris que ce n’était qu’une question de temps pour que les Vietnamiens mettent un terme à la domination étrangère sur leur pays.

Parce que, ainsi que l’écrivait en 1954 l’essayiste Américain Irving Howe, le monde était entré dans une nouvelle ère révolutionnaire,»  dans laquelle la puissante aspiration au changement chez des millions d’individus politisés en Asie était la force dominante. « Quiconque s’en assure le contrôle [des masses politisées], » avait averti Howe, «que ce soit sous des formes légitimes ou déviées, triomphera.» cette masse humaine en attente d’une transformation politique avait été contenue du fait de la guerre froide et du despotisme dans le monde arabe; elle a aujourd’hui explosé, nuisant ainsi en profondeur à la capacité de l’Amérique à dicter les évènements là-bas.

Compte tenu d’une longue histoire de complicité avec les dictateurs de la région, du shah d'Iran à Saddam Hussein et Hosni Moubarak, les Etats-Unis font face à un énorme déficit de confiance. La conviction que cette méfiance profonde peut être surmontée par quelques discours présidentiels lénifiants ne fait que trahir une ignorance condescendante de la soi-disant mentalité arabe, qui jusqu'à récemment était censé n’être réceptive qu’à la force brutale.
Les extrémistes salafistes ne sont pas les seuls à penser que les Américains ont toujours des intentions malveillantes : les manifestants Egyptiens anti-islamistes qui avaient bombardé d’œufs pourris le convoi d’Hillary Rodham Clinton à Alexandrie en juillet étaient convaincus que les Etats Unis passaient des accords en douce avec les Frères Musulmans. Et peu de gens dans le monde musulman ont ignoré la manipulation flagrante de la politique américaine par le premier ministre Israélien dans le sens d’une attaque préventive contre l’Iran.

Il est à peu près certain que des années de turbulences s’annoncent au Moyen Orient avec diverses factions cherchant à contrôler le pouvoir. L’assassinat de l’ambassadeur J. Christopher Stevens en Libye, la grande success story américaine du printemps arabe, est un premier signe du chaos à venir ; il renvoie aussi aux conséquences imprévisibles qui suivront probablement toute intervention occidentale en Syrie – ou en Iran.

Comme en Asie du Sud-Est en 1975, les limites à la fois de la puissance de feu et de la diplomatie ont été mises en évidence. Le levier de l’appât du gain, le bakchich, ne peut marcher que jusqu'à un certain point avec des gouvernants qui s'efforcent de contrôler les énergies étonnamment diverses et féroces déchaînées par le printemps arabe.

Bien qu’elle soit politiquement impossible à évoquer pendant une campagne électorale, la perspective d’un retrait stratégique de l’Amérique du Moyen Orient et d’Afghanistan a rarement été aussi impérieuse. Elle est d’autant plus forte qu’une indépendance énergétique de plus en plus grande allège le fardeau qu’est le rôle de gendarme qu’assume l’Amérique dans la région et que son supposé allié, Israël, donne des signes alarmants de transformation en danger public.

Tout ne sera pas perdu si l’Amérique réduit sa présence dans un monde musulman volatile. Elle pourrait y retourner un jour, comme elle l’a fait avec son ancien ennemi vietnamien dans le cadre de relations sur la base du respect mutuel (quoique le récent renforcement militaire dans le Pacifique – un élément de la politique de l’administration Obama du «pivot vers l’Asie» - donne à penser à une nouvelle surestimation de la puissance des Etats Unis dans cette région).

Les républicains qui appellent Obama à «brandir» un « gros bâton »  semblent croire qu’ils vivent dans le monde de Teddy Roosevelt. Les internationalistes libéraux qui plaident pour un engagement encore plus grand des Etats Unis au Moyen Orient sont aussi dans l’anachronisme ; et tous ont une idée irréaliste de la puissance financière de l’Amérique après la plus grave crise économique depuis les années 1930.

C’est le monde des nations nouvellement en ascension et les peuples réveillés modèleront de plus en plus les évènements dans l’ère post-occidentale. Le repli de l’Amérique est inévitable. La seule question est de savoir s’il sera aussi long et violent que le retrait d’Asie et d’Afrique par les Européens au milieu du 20ème siècle.

Pankaj Mishra est l'auteur de “From the Ruins of Empire: The Intellectuals Who Remade Asia.”

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mercredi, septembre 12, 2012

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Du nouveau sur Sam Bacile et son film "L'innocence des Musulmans"?

Je reviens de suite sur les évènements de Benghazi où une manifestation de colère contre les Etats Unis à cause d'un film intitulé "L'innocence des Musulmans" a débouché sur la mort de l'ambassadeur des Etats Unis en Libye ainsi que de trois de ses collaborateurs.

Dans un fameux test psychotechnique, une des épreuves consiste à déceler ce qui manque dans une image. Les sujets les moins "capables" ont en effet souvent du mal à voir ce qui est absent alors même que ce qui manque se voit en quelque sorte comme le nez au milieu de la figure.

Dans l'affaire Sam Bacile, le réalisateur du film "l'innocence des Musulmans," ce qui manque précisément, c'est la photo de cet individu. En faisant une recherche d'images sur les principaux moteurs de recherche, on tombe sur le portrait de divers individus (dont le pasteur Terry Jones mais aussi Harlem Désir!) mais pas sur celui de Sam Bacile, à ne pas confondre avec Sam Basile, un individu sans rapport avec l'auteur du film qui a provoqué la colère à Benghazi et au Caire.

On ne trouve également aucun élément biographique autre que ceux qui sont signalés dans les articles de presse qui puisent tous aux mêmes sources qui s'avèrent assez maigrelettes.
On peut donc raisonnablement supposer que Sam Bacile est un pseudonyme.

Par ailleurs, le Hollywood Reporter qui, comme son nom l'indique, est spécialisé sur les questions de cinéma et sur Hollywood en particulier attire notre attention sur deux points importants:
Même si Bacile affirme avoir dépensé 5 millions de dollars pour le film - un chiffre qui situerait le budget de son film au même niveau que 'What Maisie Knew', le film présenté au festival international du film de Toronto avec Julianne Moore en vedette - la séquence de 13 minutes disponible en ligne semble manquer de professionnalisme. De plus, il n'y a virtuellement aucune trace de Bacile dans la communauté du cinéma à Hollywood. Le réalisateur-scénariste-producteur n'a pas d'agent enregistré sur IMDBPro et n'est crédité sur aucun film ou production télévisuelle.
Si on comprend bien, il est pratiquement impossible qu'un dénommé Sam Bacile ait pu réaliser un vrai film en Californie car cela aurait laissé des traces dans le milieu du cinéma, une grosse industrie ou néanmoins presque tout le monde se connaît et ou certains corps de métiers sont très réglementés ou encadrés pas des syndicats.

Il y a donc peu de chance qu'un long métrage ayant coûté 5 millions de dollars ait pu être produit et réalisé sur le sol des Etats Unis.

Il n'existe donc sans doute qu'une ou quelques séquences diffusées sur internet, celle doublée en arabe ayant suscité la colère que l'on connaît.

Peut-être la presse et/ou la police, nous en diront-elles plus dans les prochains jours?

A suivre donc.


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Sam Bacile, l'islamophobe sioniste et la mort de l'ambassadeur des Etats Unis en Libye


Les émeutes de Benghazi en Libye ont coûté la vie à l’ambassadeur des Etats Unis dans ce pays ainsi qu’à trois autres fonctionnaires américains.

Un évènement hautement symbolique qui nous permet d’abord de constater que dans la Libye «libérée,» l’ambassadeur des Etats Unis restait stationné à Benghazi et non dans la capitale où le nouveau régime a du mal à s’imposer.
Et ensuite que quatre diplomates américains sont mort au cours d’émeutes motivées par un film anti-musulman réalisé par un ressortissant de l’entité sioniste qui jouirait aussi de la citoyenneté américaine et réside en Californie où il exerce la profession de promoteur immobilier.

Quel rapport entre l’immobilier et le cinéma ?
Aucun.

Il y a par contre un rapport entre le fait d’être un sioniste fanatique (ce qui est le cas de la majorité des sionistes) et celui d’inciter à la haine et à la guerre des civilisations.

Et ça n’a rien à voir avec la liberté d’expression, mais avec une stratégie consciente au service de l’entité sioniste. Et de fait, ces attaques répétées contre l’Islam sont presque toujours le fait des suppôts du sionisme ou soutenues par les intellectuels emblématiques du sionisme.

Ce promoteur immobilier, qui a des connexions avec des «chrétiens» extrémistes comme le pasteur Terry Jones a quand même pu réunir les cinq millions de dollars qu’a coûté son film auprès d’une centaine de bailleurs de fonds juifs.


De fait, Bacile 
se définit lui-même comme comme un Juif Israélien [et pas comme un Juif Américain, note de Djazaïri], déclare avoir la conviction que le film va aider son pays d'origine en montrant au monde les tares de l'Islam.
"L'islam est un cancer, point final," répète-t-il d'une voix solennelle avec un fort accent.


Effectivement, pour un certain nombre d'organes de presse, Sam Bacile n'est pas un américano-sioniste, mais un citoyen sioniste qui réside aux Etats Unis, nuance

Si «l’islam est un cancer, » comme le prétend ce promoteur/réalisateur de cinéma, on a bien compris quelle maladie infectieuse véhicule ce triste individu nommé «Bacile,» ça ne s’invente pas.

Je ne sais pas si le journal Le Monde va garder le titre de son article.Ne risque-t-il pas, en effet, d'’être attaqué pour antisémitisme?

En attendant, quatre fonctionnaires américains viennent de faire les frais de l'amour vache que portent les sionistes aux Etats Unis.

NB: .


Le Monde.fr avec AFP | 12.09.2012

Le film Innocence of Muslims (L'Innocence des musulmans) à l'origine des violentes manifestations anti-américaines, mardi 11 septembre en Egypte et en Libye et qui ont fait au moins un mort, a été réalisé et produit par Sam Bacile, un promoteur immobilier israélo-américain de 54 ans originaire du sud de la Californie, rapporte le Wall Street Journal .
"L'islam est un cancer", a déclaré Sam Bacile au WSJ après que des manifestants protestant contre son film se sont introduits dans l'ambassade américaine au Caire, où ils ont notamment arraché un drapeau américain. A Benghazi, en Libye, de violentes manifestations, elles aussi suscitées par ce film, près du consulat américain ont fait au moins un mort, un fonctionnaire américain.

Sam Bacile a expliqué au WSJ qu'il était bien à l'origine du film en question, soulignant avoir  levé cinq millions de dollars auprès d'une centaine de donateurs juifs, qu'il n'a pas identifiés, pour le financer . Il assure avoir  travaillé avec 60 acteurs et une équipe de 45 personnes pour tourner  le film en trois mois l'an dernier en Californie. "C'est un film politique, ce n'est pas un film religieux", déclare-t-il au quotidien.

Dimanche, le grand mufti égyptien Ali Gomaa avait dénoncé "les actions entreprises par des extrémistes coptes qui ont fait un film offensant le Prophète".

Le long métrage a été défendu par le pasteur  Terry Jones, qui s'est attiré de nombreuses critiques par le passé, notamment pour avoir  brûlé un exemplaire du Coran et s'être résolument opposé à la construction d'une mosquée près de Ground Zero à New York.

Le pasteur a précisé qu'il comptait montrer  un extrait de 13 minutes du film, mardi soir, dans son église de Gainesville, en Floride. "C'est une production américaine, qui n'a pas pour objectif d'attaquer  les musulmans mais de montrer  l'idéologie destructrice de l'islam", explique-t-il dans un communiqué publié par le WSJ.

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dimanche, août 26, 2012

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Détruire les mausolées des saints de l'Islam pour remercier les armées étrangères?


On sait qu’au Mali, de prétendus djihadistes ont procédé à la destruction de mausolées contenant les sépultures de saints hommes de l’Islam, 

On peut pas dire que l’indignation ait été à son comble tant s’en faut, service minimum en fait.

Raison de plus pour que leurs homologues Libyens fassent la même chose en Tripolitaine.

Je sais, vous allez me dire stop ! ce n’est pas la même chose.

1 – la Libye vient de tenir avec succès ses premières élections libres.
2 – le journal Aujourd’hui – Le Parisien nous dit que les autorités de Tripoli ont condamné la destruction de mausolées et ont promis la fermeté. 
Le président  du Congrès général national (CGN), la plus haute autorité du pays depuis les élections  du 7 juillet", a dénoncé "la destruction et le pillage de plusieurs bâtiments et manuscrits qui représentent une époque de l'histoire de notre pays et qui ont un caractère scientifique, civilisationnel et historique".
"Ces actes sont rejetés et interdits par la loi et la charia, ce qui rend les responsables poursuivis par la loi", a déclaré Mohamed al-Megaryef dans un discours à la télévision nationale.
Samedi matin, des islamistes radicaux ont démoli à coup de pelleteuse le Mausolée d'Al-Chaab al-Dahmani, près du centre de Tripoli, et ont profané le tombeau de ce sage, lieu de pèlerinage pour certains musulmans, notamment les soufis, selon un journaliste de l'AFP.
Pour ce qui est des élections libres, je sais bien que beaucoup se satisfont de scrutins bidon du moment qu’ils se font ont l'aval des bienfaiteurs de l’humanité, c’est-à-dire de l’homme blanc incarné par Barack Obama et David Cameron.

Je les laisse à leur niaiserie.

Pour ce qui est de la condamnation par les autorités locales, alors là ça ne passe franchement pas. On peut en effet lire dans le même article du Parisien :
M. Megaryef a accusé des membres des services de sécurité et des ex-rebelles de participer à ces attaques, affirmant que le CGN a incité en vain le gouvernement a traiter avec ces évènements.
Le Parisien aurait dû en réalité commencer son article par "Une autorité libyenne" au lieu de "Les autorités libyennes" car c’est la cacophonie semble-t-il dans le nouveau régime et la lutte pour le pouvoir n’a certainement pas été close par le simulacre électoral qui a fait se pâmer les Occidentaux. 

On peut en effet lire, toujours dans Le Parisien :
Des membres du CGN ont demandé samedi le limogeage des ministres de la Défense et de l'Intérieur, accusés de laxisme.
"Il y a eu des demandes pour limoger les ministres de la Défense et de l'Intérieur mais le congrès a décidé de les convoquer d'abord pour les entendre", a déclaré un membre du CGN.
Dans une dépêche Reuters reprise par The Independant  on peut lire ce qui suit :
Un homme qui supervisait apparemment la démolition a déclaré à Reuters que le ministère de l’intérieur avait autorisé l’opération après avoir découvert que des gens adoraient les tombes et pratiquaient la «magie noire».Le ministère n’était pas disponible pour apporter des éclaircissements.
et
La mosquée Sha'ab abritait en son sein près de 50 tombes soufies et, à l’extérieur, le tombeau d’un savant soufi,  Abdullah al-Sha'ab et celui d’un martyr qui avait combattu les colonialistes Espagnols.
tripoli: Destruction de la mosquée Al-Chaab al-Dahmani, un symbole de résistance
C’est tout à fait symbolique, je trouve, que ces gens qui ont été portés au pouvoir par des forces étrangères, dont des avions espagnols, entreprennent de détruire la tombe d’un homme qui avait été tué en luttant contre une agression étrangère.

à partir d'une observation de The Angry Arab

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posted by Djazaïri at 8:58 PM 0 comments

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