samedi, novembre 26, 2011

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La Syrie selon Ziya Meral


Décidément la presse turque st une lecture fort intéressante. Le journal Zaman (encore lui), proche de l’AKP, le parti qui est au pouvoir en ce moment en Turquie, nous offre un texte d’un universitaire Turc, Ziya Meral, sur la situation en Syrie, qui nous en propose une analyse essentiellement régionale.

Sans partager complètement ses vues, je dois dire que je suis d'accord avec l’essentiel de son analyse.
Ce qui veut dire que seule une intervention militaire étrangère pourrait déboulonner le régime en place à Damas. Et comme je le disais dans un autre post, cette action militaire devrait être massive parce que le potentiel militaire syrien, sans être en mesure de faire échouer une agression conduite par des armées modernes, a néanmoins une capacité de riposte hors de proportion avec celle de la la Libye de Mouammar Kadhafi ou même de l’Irak de Saddam Hussein.


par Ziya Meral*, Zaman (Turquie) 24 novembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Ces dernières semaines, j’ai pu entendre un certain nombre de personnes qui ont visité récemment la Syrie et rencontré et parlé avec Bachar el-Assad en personne.
Avec des aperçus récents de ce genre sur sa façon de voir et avec ce que nous avons pu constater dans ses dernières déclarations publiques, nous sommes en mesure de reconstruire la façon dont il se représente ce qui se passe autour de lui.

Il est évident que Assad reste confiant et ne voit pas son régime disparaître. 
Premièrement, il considère que la Maison Blanche se moque des citoyens Américains en faisant des déclarations publiques sur le gel de ses avoirs et ceux de sa famille aux Etats Unis, mais sans exercer de réelles pressions sur la Syrie. Assad relève qu’il ne possède absolument rien aux Etats Unis et que le président Barack Obama le sait aussi. Il pense que les Etats Unis ne sont pas désireux de déstabiliser son régime et sont dépendants d’autres pays comme la Turquie. 
Deuxièmement, il pense qu’Israël veut qu’il reste aux affaires et ne soutiendra jamais une action puissante contre lui, et encore moins une action qui pourrait conduire à une Syrie morcelée dirigée par des islamistes.

Troisièmement, Assad pense que la pression exercée sur lui par la Turquie est limitée et que la fermeté des réactions du gouvernement du Parti de la Justice et du développement (AKP) est destinée à l’opinion. Il ne pense pas que la Turquie soit en capacité de faire autre chose pour l’instant. Il est persuadé que les forces armées turques tiennent encore l’essentiel du pouvoir dans le pays et qu’elles ne permettront jamais à des «islamistes» de conduire la Turquie vers une guerre. Etant donné que le rapprochement syro-turc avait commencé par les relations militaires, Assad conserve une image positive de l’armée turque. Il croit qu’elle a suffisamment de travail avec les Kurdes pour se dispenser de créer une pression indirecte sur la Turquie.

Quatrièmement, Assad entretient une méfiance profonde à l’égard des puissant pays arabes de la région. Il considère que l’Egypte n’est pas un véritable Etat du Moyen Orient, mais un pays d’Afrique du Nord. Selon lui, l’Egypte ne fait que s’agiter mais n’a aucun pouvoir ou influence réels dans la région. Il voit les pays du Golfe comme des bandits. Il est convaincu que tous ces pays en plein essor, comme les Emirats Arabes Unis, le Qatar et même l’Arabie Saoudite sont voués à l’effondrement et à l’échec quand l’argent du pétrole fera défaut parce que ce ne sont pas de «vraies» nations. Il voit l’Arabie Saoudite comme étant une grave menace par son financement ininterrompu d’organisations extrémistes. Il pense que le Qatar est trop ambitieux mais est dépourvu d’une quelconque substance. Conséquemment, le petit royaume de Jordanie est une marionnette des Etats Unis.


Les Etats Unis, l’Union Européenne et les pays arabes ne sont pas dignes de confiance

La brouille entre la majorité des pays arabes et la Syrie pendant la guerre Irak-Iran, et le resserrement des relations irano-syriennes qui s’en est suivi continuent à modeler la réflexion d’Assad. Il sait que les pays arabes et les Etats unis veulent qu’il se rapproche de leur bloc et s’éloigne de l’Iran, mais il trouve que ces propositions de partenariat ne sont pas dignes de confiance. Ses garanties de survie, l’Iran et l’influence sur le Liban semblent être fortes et bien ancrées. C’est pourquoi les menaces de la Ligue Arabe ne l’impressionnent pas.

Au-delà de ce que nous voyons dans les media internationaux et de nos anticipations émotionnelles d’une autre révolution du printemps arabe, Assad a encore un niveau de soutien important dans son pays. La crainte ce voir des organisations sunnites extrémistes non seulement dominer le pays, mais imposer l’islam aux masses est commune, même parmi les Musulmans sunnites conservateurs. sans parler des Alaouites ou des libéraux. La communauté chrétienne substantielle du pays est obsédée nuit et jour par une possible Syrie post-Assad. Ce dernier admet désormais publiquement que des erreurs ont été commises à l’égard des Kurdes. Ils semblent prêt à garantir aux kurdes une citoyenneté qui leur était jusque là refusée afin qu’ils en viennent à se considérer comme Syriens.

Son discours politique sous-jacent continue à parler d’un idéal panarabe, pas d’un nationalisme syrien. Il parle de puissance et d’unité arabes, et pourtant ce qu’il entend par là reste indéfinissable. Exactement comme son père, il essaye d’évoquer le nationalisme arabe  à travers tout le monde arabe mais ne parvient pas à le concrétiser. Il est parfaitement conscient que la portée de ce discours sur l’unité arabe se limite au Liban et à la Syrie et qu’il parle en réalité de puissance et d’influence de la Syrie, sous la conduite de sa famille. Cependant, son inquiétude première et les signaux d’alerte sur une prise de contrôle de la Syrie pas des islamistes font écho à une partie significative de ses concitoyens et des Arabes d’autres pays ainsi qu’à des regards inquiets en Amérique et en Europe. Il a donc encore un argument gagnant sur la base de ces craintes pour légitimer sa brutale répression contre les «rebelles.»

Assad n’a pas tort sur certains aspects de sa lecture de son environnement. Il a une connaissance magistrale des peurs de la majorité des Syriens , qui en majorité veulent la fin des troubles pour pouvoir reprendre une vie normale et se sentir à nouveau en sécurité. Le « soulèvement » en Syrie ne semble pas avoir atteint la masse critique nécessaire pour renverser le régime Assad et ses forces armées et ses services secrets restent loyaux et sont intacts.
Les dynamiques régionales maintiennent encore un soutien à la Syrie, tout comme les animosités avec lesquelles la Syrie a appris à vivre et à naviguer ces vingt dernières années. L’opposition syrienne est désordonnée et n’est pas en position de défier le pouvoir et de le supplanter dans un futur proche. En fait, certaines de manifestations et des attaques menées par l’opposition ne rencontrent pas un large soutien
En d’autres termes, il n’y a pas de changement majeur à l’horizon, du moins pas encore.

*Ziya Meral est un chercheur et universitaire (Turc) établi à Londres.

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mercredi, avril 06, 2011

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Une démocratie de plus au secours des rebelles en Libye

L'entité sioniste ne pourra plus se targuer d'être la seule démocratie, de délinquants certes, au Proche orient. 
En effet, après les démocraties bien connues que sont le Qatar et les Emirats Arabes Unis, c'est maintenant la vieille démocratie jordanienne qui vient apporter son concours à l'imposition de la zone d'exclusion aérienne supposée empêcher l'armée de l'air du colonel Kadhafi de bombarder des rebelles dûment estampillés démocrates par l'Occident.

De fait, on peut lire dans l'Express que le ministre des affaires étrangères du royaume de Jordanie a annoncé que son gouvernement a dépêché plusieurs avions de combat, six en tout, sur une base aérienne européenne dont le nom n'a pas été divulgué.

L'armée jordanienne, il est vrai, n'a jamais failli à son devoir de porter secours aux populations victimes d'agressions militaires. On se souvient comment elle a brillé (par son absence) pendant les épreuves subies par le peuple palestinien durant les deux intifadas ou encore pendant l'opération sioniste "plomb durci" contre Gaza fin 2008, début 2009.

Ne parlons-même pas de ses missions furtives très réussies dans le ciel libanais face aux raids destructeurs menés par l'aviation et la marine sionistes contre ce pays en 2006.

Si après ça, on ne crie pas vive la démocratie jordanienne!

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mercredi, février 23, 2011

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L'Iran et l'impact stratégique du mouvement démocratique dans les pays arabes

Le grand chambardement continue dans les pays arabes et il touche pour l'essentiel des pays alliés des Etats Unis et de l'Occident. Cette affirmation est valable aussi pour le régime de M. Kadhafi qui est rentré dans les bonnes grâces des puissances occidentales après les attentats du 11 septembre 2001 et a vu affluer en masse des capitaux notamment britanniques et italiens. Outre les ressources en hydrocarbures su sous sol libyen, M. Kadhafi apporte une contribution inestimable au mur invisible supposé décourager les candidats à l'émigration vers l'Europe, c'est-à-dire avant tout vers l'Italie.
Tiens, le Royaume Uni vient tout juste d'annuler des exportations de matériel répressif vers la Libye et Bahrein
La Grande Bretagne fait partie des pays qui vouent actuellement aux gémonies le régime de M. Kadhafi.. Cherchez l'erreur.
On a beaucoup parlé du tweet et du facebook dans ces mobilisations qui impliquent la jeunesse au premier chef. Or, plus que ces instruments qui ont bien sûr joué un rôle, comme tous les autres moyens de communication (téléphone, téléphone portable, SMS) ce sont les réseaux de télévision par satellite, al Jazeera en premier lieu, et internet en tant qu'outil d'information, pensons à WikiLeaks) qui ont contribué aux soulèvements populaires.
Ces soulèvements épousent d'ailleurs parfaitement les réalités locales, ce qui explique qu'il n'y a pas de contagion à proprement parler puisque, en dépit de tensions réelles, il n'y a pas eu de mobilisation en Algérie ou au Liban et que la mobilisation au Maroc a pris une forme assez timide, concernant quelques grandes villes et ignorant (ou étant ignorée par) les campagnes.
J'ai dû l'écrire quelque part, mais il est difficile de ne pas constater l'impatience de voir éclater des mouvements de type insurrectionnels en Algérie et surtout en Iran. Car si le régime algérien est par certains aspects la bête noire des autorités françaises, le régime iranien est la bête noire de tout l'Occident, Etats Unis en tête.
Or, comme l'explique Kaveh L. Afrasiabi dans l'article que je vous propose, les récents événements en Afrique du Nord et au proche Orient jouent à l'avantage de l'Iran (qui est presque une démocratie avancée à côté des régimes déchus de MM. Ben Ali et Moubarak) et, comme je l'ai noté, au désavantage des USA. James Petras a bien montré, concernant la situation en Egypte, le suivisme de la Maison Blanche par rapport à l'évolution des prises de position du lobby sioniste aux Etats Unis. Afrasiabi bous explique lui que, en  dépit des apparences, il existe une forte convergence d'intérêts stratégiques entre Téhéran et Washington.
Et que seul le soutien aveugle des Etats Unis à l'entité sioniste les met en difficulté dans la région et les empêche de tirer parti de ces convergences. L'histoire n'est bien sûr pas écrite, comme le reconnaît l'auteur de l'article, mais les Etats Unis se trouvent contraints à des contorsions et à des prises de risque qu'ils pourraient s'épargner s'ils voulaient bien se délester de leur boulet stratégique sioniste.
   
L'Iran dans un nouveau voyage de découverte

par Kaveh L Afrasiabi, Asia Times (Hong Kong) 25 février 2011 traduit de l'anglais par Djazaïri

"Les Américains s'efforcent de ne pas être pris pour cibles par ces grands soulèvements populaires, mais ils échoueront parce que les gens ont réalisé que les politiques des Etats Unis et de leurs acolytes sont la cause de leur humiliation et de la division dans leurs nations. Par conséquent, la clef pour résoudre les problèmes des peuples se trouve dans la fin de l'irdre américain dans la région." - Ali Khamenei, guide suprême Iranien.

Ce lundi, alors que deux navires de guerre iraniens se préparant à traverser le canal de Suez - au grand dam d'Israël qui a perçu ce mouvement naval "avec la plus extrême gravité" - le guide suprême Iranien Ali Khamenei s'est adressé à un groupe de diplomates du monde musulman et leur a parlé avec confiance d'une nouvelle àre au Moyen Orient, reflet d'un "renouveau musulman."

Avec la chute de deux dictateurs pro occidentaux en Egypte et en Tunisie et l'évolution rapide de la contestation dans Bahrein qui est majoritairement chiite et est le port d'attache de la Vème Flotte US, les dirigeants Iraniens ont d'amples motifs pour justifier leur affirmation confiante d'un "nouveau Moyen Orient" qui sera de moins en moins soumis devant les intérêts occidentaux en s'affirmant et en étant plus indépendant..

Une frégate et un navire logistique iraniens ont franchi le canal de Suez, en route vers la Syrie après avoir obtenu l'accord des autorités égyptiennes - c'est la première fois que de tels bateaux empruntent cette voie d'eau depuis la déposition du chah d'Iran en 1979. Le premier ministre Israélien Benyamin Netanyahou a déclaré ce dimanche que l'Iran essayait d'exploiter l'instabilité dans la région.

Selon le droit international, seuls les bateaux des pays en guerre avec l'Egypte sont interdits de franchissement du canal de Suez. Mais les navires militaires doivent obtenir l'autorisation préalable des ministères égyptiens de la défense et des affaires étrangères.

"Je pense qu'aujourd'hui, nous pouvons voir dans quelle région instable nous vivons, une région dans laquelle l'Iran tente d'exploiter la situation nouvellement créée afin d'élargir son influence en faisant passer des navires de guerre par le canal de Suez," a déclaré Netanyahou selon la presse. Le ministre israélien des affaires étrangères a qualifié les bateaux de "provocation" qui devrait être "traitée par la communauté internationale."

Il y a consensus chez les spécialistes de la politique étrangère iranienne pour dire que la décision de l'armée égyptienne de permettre le passage de l'Alvand et du Kharg est une ouverture significative qui crée un climat favorable pour une amélioration bien nécessaire des relations entre l'Iran et l'Egypte.

Accusés par la presse israélienne de "connivence" avec l'Iran au sujet du passage des bateaux, les commandants de l'armée égyptienne - qui dirigent le pays depuis le renversement du président Hosni Moubarak en janvier - pourraient maintenant accélérer le processus de normalisation des relations avec l'Iran avant les élections prévues pour septembre. En quoi ils dérogent à leur affirmation selon laquelle le gouvernement s'en tiendrait à ses obligations en matière internationale, dont l'accord de paix de Camp David signé avec Israël.

D'après le journal israélien Haaretz, Israêl ne peut plus avoir la certitude que l'Egypte restera son alliée contre l'Iran. Une lecture plus précise pourrait être qu'Israël craint la formation d'une alliance entre l'Egypte et l'Iran, entraînant une modification du rapport de forces au détriment du bloc conservateur soutenu par Israël et les Etats Unis pour isoler l'Iran.

En ces temps tumultueux au Moyen Orient et en Afrique du Nord, ce sont maintenant des régimes pro USA qui sont soit renversés soit sérieusement contestés par leurs propres populations, donant au bloc emmené par l'Iran, qui comprend la Syrie, le Hamas à Gaza et le Hezbollah au Liban, une opportunité unique de récolter d'importants gains (géo) politiques. Ce serait tout particulièrement le cas si l'actuel "effet domino" donnait lieu à une transformation significative du système politique archaïque en vigueur à Bahrein.

Même si l'amiral Mike Mullen, patron de l'état-major interarmes de l'armée des Etats Unis, a accusé implicitement dans sa dernière interview, l'Iran d'attiser les troubles au Bahrein, le fait est que de nombreux chiites Bahreinis se tournent plutôt vers la ville sainte irakienne de Najaf et la direction spitituelle de l'ayatollah Ali Sistani, tandis que seule une minorité se réfère aux orientations de Khamenei.

Quoi qu'il en soit, l'inévitable autonomisation politique des chiites Bahreinis - qui dépassent en nombre les dirigeants sunnites - sous une forme ou sous une autre (comme par une révolution ou par le "dialogue national" proposé par le gouvernement), sera largement interprétée comme un succès important pour l'Iran. Elle amènera Bahrein ainsi que d'autres membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) à montrer plus de référence à la rapide montée en puissance de l'Iran dans la région. Créé en 1981, le CCG réunit les Etats du Golfe Persique: Bahrein, Qatar, l'Arabie Séoudite, Oman et les Emirats Arabes Unis.

Cette reconnaissance de l'évolution de la tendance politique en faveur de l'Iran, la bête noire des Etats Unis dans la région, peut déjà être perçue dans la décision sans précédent de l'Arabie séoudite d'autoriser une escale dans un de ses ports de navires de guerre iraniens (ceux qui ont traversé la mer Rouge et le canal de Suez, en route pour le port syrien de Lattaquié). Cependant, ce geste de paix de l'Arabie envers l'Iran a pu être motivé par la crainte d'un soulèvement de ses propres sujets chiites mécontents (environ 2 millions sur un total de 26 millions d'habitants).

Ce qui soulève de nouvelles questions sur l'avenir des relations entre les Etats Unis et l'Iran à la lumière d'une coexistence difficile et conflictuelle tout autant que d'intérêts communs entre ces deux pays dans le chaudron moyen oriental et ailleurs.

Les Etats Unis pourraient devoir revoir leur approche coercitive envers l'Iran par rapport à son programme nucléaire et s'abstenir de nouvelles sanctions ainsi que de la politique vaine jusqu'à présent consistant à isoler l'Iran, afin que Téhéran prenne confiance dans la faisabilité d'une coopération basée sur des intérêts communs, comme l'endiguement de la triple menace des Talibans, de l'extrémisme wahabbite et du trafic de drogue, sans parler de la stabilité régionale.

En ce qui concerne la crise du nucléaire, une avancée prudente des Etats Unis serait un consentement à un échange de combustible nucléaire pour le réacteur médical de Téhéran, et qu'ils pèsent politiquement dans le sens des efforts actuels de l'ONU pour un Moyen Orient dénucléarisé.

Les Etats Unis pourraient aussi accepter de ne plus objecter à la participation de l'Inde à un pipeline reliant l'Iran, l'Inde et le Pakistan, la modération politique favorisée par la logique de l'interdépendance économique ne peut pas, et ne devrait pas, être ignorée.

Il est cependant peu probable que Washington reconnaisse jamais la place éminente de Téhéran dans l'ensemble des affaires du Moyen Orient. Au lieu de quoi, ainsi qu'on l'a vu avec Mullen, les Etats Unis continuent à orienter leur politique à travers un regard iranophobe, en conséquence de quoi la zone grise des "intérêts communs" restera largement inexplorée et inexploitée.

La 'lancinante' question des droits des Palestiniens

Comme on s'y attendait, la presse iranienne a fustigé le veto de l'administration de Barack Obama la semaine dernière contre la résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU qui critiquait les colonies israéliennes illégales. Un veto qui renforce l'idée très répandue en Iran et dans d'autres parties du monde arabe et musulman que le gouvernement US est entre les mains du lobby pro israélien et fondamentalement incapable de se démarquer, et encore moins de s'opposer aux plans israéliens pour la région.

Sauf démonstration du contraire par la Maison Blanche, en ajustant on approche du "processus de paix" en exerçant de véritables pressions sur Israël; le soupçon subsistera que la politique des Etats Unis pour le Moyen Orient est façonnée à un degré significatif par Tel Aviv.
L'intérêt de l'Iran pour le "problème" palestinien est à la fois idéologique et issu de la volonté de développer la zone d'influence de l'Iran, ce qui veut d'abord dire que la politique des Etats Unis consistant à exclure l'Iran du dialogue multilatéral sur le processus de paix est à la fois contreproductive et dysfonctionnelle.

"Les politiques expansionnistes d'Israël ont nui aux intérêts des Etats Unis et contribué sans aucun doute à l'impopularité du chah de l'Amérique, Hosni Moubarak," affirme un politologue de l'université de Téhéran spécialisé dans la politique étrangère iranienne; il ajoute que "les politiciens Israéliens sont naturellement aveugles sur ce point, mais devrait-il en être de même pour les Américains?"

Considérant l'ordre récent de l'armée égyptienne d'ouvrir le point de passage vers Gaza pour plusieurs jours comme l'indication d'une nouvelle approche égyptienne qui n'adhère plus au siège de Gaza, aussi bien ce professeur de Téhéran qu'un certain nombre d'experts Iraniens sont optimistes sur le brillant avenir des relations entre l'Iran et l'Egypte. Cet avenir sera basé, disent-ils, sur une "commune solidarité avec les Palestinens." A tout le moins, Le Caire peut maintenant en meilleure posture pour obtenir des concessions de la part des USA et d'Israël, en agitant le spectre d'un compagnonnage avec l'Iran, ce qui serait un développement inquiétant vu sous le prisme des intérêts d'Israël et des Etats Unis.

Conscient de la nécessité de creuser un fossé ente les Etats Unis et Israël, la stratégie iranienne consiste à combiner son bâton anti-américain d'un "Moyen Orient sans les USA", pour paraphraser le discours du président Mahmoud Ahmadinejad à l'occasion du 32ème anniversaire de la révolution de 1979 et la carotte de la coopération sur des "préoccupations communes," comme la menace des Talibans.

Le fait que l'Iran puisse constituer un corridor d'accès direct dans le contexte des attaques constantes contre les routes d'approvisionnement de l'OTAN en Afghanistan via le Pakistan, ou encore avoir une influence modératrice que les coreligionnaires chiites dans le Golfe Persique a été souligné par certains experts à Téhéran. Ils conditionnent un tel rôle de Téhéran à la volonté des Etats Unis de revenir sur leur politique de sanctions, de menaces et de tentatives de changement du régime.

L'ironie du sort veut que le résultat de la politique US a été à l'exact opposé de ce qu'elle cherchait: ses alliés tombent tandis que l'Iran ne subit qu'un minimum de conséquences de la "fièvre démocratique" qui touche la région, en conséquence de quoi, Téhéran se considère comme étant en capacité de dicter les termes de tout dialogue Iran - Etats Unis. C'est parce que les Etats Unis sont perçus comme affaiblis, sur la défensive et en "mode panique devant la chute des dominos," pour citer l'éditorial d'un journal conservateur de Téhéran.

L'empire peut réussir à riposter et à restaurer son ordre en ruines, mais l'avantage est pour le moment à l'Iran et à ses alliés.

Kaveh L Afrasiabi, PhD, is the author of After Khomeini: New Directions in Iran's Foreign Policy (Westview Press) . For his Wikipedia entry, click here. He is author of Reading In Iran Foreign Policy After September 11 (BookSurge Publishing , October 23, 2008) and his latest book, Looking for rights at Harvard, is now available.

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