lundi, avril 01, 2013

Bookmark and Share

Retour sur l'assassinat de Patrice Lumumba (ou de l'actualité de l'impérialisme)


Avec le temps, il arrive que certaines vérités se fassent jour et que des énigmes soient progressivement résolues. Hasan Suroor de The Hindu évoque pour nous une récente révélation sur l’assassinat de Patrice Lumumba, ce personnage charismatique dont le nom évoque aujourd’hui encore des espoirs d’indépendance et de démocratie en Afrique et au -delà.
On comprend que le destin de Lumumba a une signification particulière pour l’Inde puisque c’est auprès d’un diplomate de ce pays en poste à Léopoldville (désormais Kinshasa) qu’il avait dans un premier temps trouvé refuge.
L’histoire de Lumumba nous rappelle que, comme la Syrie aujourd’hui, le Congo ex belge avait aussi des amis.
Tiens, ce sont à peu près les mêmes que ceux de la Syrie aujourd’hui !

Un pair du royaume révèle le rôle du MI6 dans l’assassinat de Lumumba

Par Hasan Suroor, The Hindu (Inde) 1er avril 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
Un des secrets les mieux gardés des services de renseignements britanniques vient peut-être d’être éventé : leur rôle dans l’enlèvement et l’assassinat de Patrice Lumumba, le premier chef de gouvernement démocratiquement élu du Congo dont le panafricanisme et l’inclination vers Moscou avaient alarmé l’Occident.
Pendant plus de cinquante ans, des rumeurs ont circulé par rapport à des allégations sur le rôle de la Grande Bretagne dans le meurtre brutal de Lumumba en 1961, mais rien n’avait été prouvé – laissant la CIA et son homologue belge porter seules le chapeau pour ce qu’un écrivain Belge avait qualifié de «plus important assassinat du 20ème siècle.» Aujourd’hui, dans des révélations spectaculaires, un vétéran de la politique britannique affirme avoir entendu de la bouche même des concernés que c’est le MI6 qui l’avait «fait.»
Dans une lettre à la rédaction passée Presque inaperçue dans le dernier numéro de la London Review of Books (LRB), David Edward Lea réagissait à «Empire of Secrets, British intelligence, the Cold War and the Twilight of Empire,» un nouveau livre sur les services secrets britanniques dans lequel Calder Walton affirme qu’on ne sait toujours presque rien sur le rôle de la Grande Bretagne dans la mort de Lumumba. «La question reste de savoir si les projets britanniques d’assassinat de Lumumba… avaient une quelconque réalité. Pour l’heure, nous n’en savons rien,»  écrit Walton.
Lord Lea a répliqué: «En fait, dans ce cas particulier, je peux dire que nous avons joué un rôle. Il se trouve que je prenais une tasse de thé avec Daphne Park… Elle avait été consul et première secrétaire [d’ambassade] à Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa, de 1959 à 1961, ce qui en pratique (et qui a été par la suite reconnu) signifiait chef du MI6 sur place. J’avais évoqué avec elle l’indignation suscitée par l’enlèvement et l’assassinat de Lumumba, et je lui avais rappelé la théorie selon laquelle le MI6 avait quelque chose à voir avec ça. ‘Nous l’avons fait’, avait-elle répondu, ‘je l’ai organisé.’»
Selon Lord Lea, elle avait soutenu que si l’Occident n’était pas intervenu, Lumumba aurait livré aux Russes les richesses minières du Congo – appelé aujourd’hui République Démocratique du Congo. Contacté par The Hindu, Lord Lea a confirmé la teneur de sa lettre à la LRB et que la conversation autour d’un thé avait eu lieu quelques mois avant le décès de Mlle Park en 2010. «C’est la discussion que j’ai eue avec elle et c’est ce qu’elle m’a dit. Je n’ai rien de plus à ajouter,» a-t-il dit quand nous lui avons demandé s’il disposait éventuellement d’une autre confirmation indépendante de la déclaration de Mlle Park.
Mlle Park qui a fait sa carrière dans  les services de renseignements a servi à Kinshasa (ex Léopoldville) entre 1959 et 1961. A sa retraite, elle a été faite pairesse à vie avec le titre de baronne Park of Monmouth. Ses collègues de la Chambre des Lords parlaient d’elles comme de la porte parole des services secrets. Elle a aussi brièvement doyenne du Somerville College à l’université d’Oxford.
Le MI6 n’a fait aucun commentaire sur les révélations de Lord Lea. «Nous ne nous exprimons pas sur les questions relatives aux renseignements,» a déclaré un officiel.
Lumumba, salué comme étant “le héros de l’indépendance du Congo” de la Belgique en 1960, avait été tué par balles le 17 janvier 1961 après avoir été renversé par un coup d’Etat soutenu par la Belgique et les USA à peine quelques mois après avoir pris ses fonctions. 
Image
Lumumba prisonnier peu de temps avant son assassinat
Lumumba avait trouvé refuge auprès de Rajeshwar Dayal – le diplomate Indien qui représentait le Secrétaire Général de l’ONU au Congo – pendant plusieurs jours mais avait été capturé et tué peu de temps après qu’il avait fait le choix de quitter les locaux de l’ONU. «Ce crime odieux avait été le point culminant de deux complots d’assassinat liés entre eux par les gouvernements belge et américain qui avaient utilisé des complices Congolais et une peloton d’exécution belge pour faire le coup,» écrit Georges Nzongola-Ntalaja, un spécialiste d’études africaines et afro-américaines qui a écrit The Congo from Leopold to Kabila: A People's History [le Congo de Léopold à Kabila : histoire d’un peuple].
Des documents américains de l’époque déclassifiés ont établi le rôle de Washington dans des tentatives secrètes d’assassinat – la plus connue étant le plan de la CIA pour empoisonner la brosse à dents de Lumumba en introduisant de la pâte dentifrice empoisonné dans sa salle de bains. 
 «La pâte dentifrice n’est jamais arrive dans la sale de bains de Lumumba. Je l’ai jetée dans le fleuve Congo, » dira plus tard Larry Devlin, chef de la station de la CIA à Léopoldville. 
Le public sait peu de choses sur le rôle de la Grande Bretagne. Mais en 2000, la BBC avait rapporté qu’à l’automne 1960 – trois mois avant l’assassinat de Lumumba – un agent du MI5 à l’ambassade britannique à Léopoldville avait proposé «l’élimination de Lumumba de la scène en le tuant.»

Libellés : , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 12:37 AM 0 comments

mardi, mars 12, 2013

Bookmark and Share

Dick Cheney, tortionnaire et fier de l'être!


Ces dernières années, les dirigeants politiques qui s’estiment porteurs d’un projet démocratique pour le monde entier, et qui ont mis leurs idées en pratique en Irak, en Afghanistan, au Yémen, en Libye et maintenant en Syrie n’ont qu’un autre mot à la bouche à côté de ceux de démocratie, d’élections, il s’agit du mot tribunal.
Tribunal ou Cour Pénale Internationale (CPI) réclamé parfois à grands cris pour juger Seif al-islam Kadhafi, le chef de l’Etat soudanais Omar al-Bachir ou encore le président Syrien Bachar al-Assad.
J’avais lu quelque part, à propos du procès à Dakar de l’ancien dirigeant Tchadien Hissein Habré que c’était là une grande première, un ancien autocrate Africain jugé en Afrique.
Alors que la véritable grande première aurait été le jugement par exemple de Tony Blair à Bagdad ou à Kaboul,  où de Nicolas Sarkozy à Tripoli ou à Abidjan.
On n’entend cependant aucun grand militant démocrate demander la traduction en justice de ces dirigeants qui ont pourtant des milliers, voire des centaines de milliers, de morts sur la conscience.
On n’entend non plus personne pour demander la comparution en justice du président George W. Bush qui a été tué des centaines de milliers, peut-être des millions, de personnes en Irak.
Ou la comparution de son complice, l’ancien vice-président Dick Cheney qui aujourd’hui même n’hésite pas à justifier la pratique de la torture que son armée et ses services secrets pratiquaient sous la présidence George W. Bush.
Il paraît que le président Obama a interdit la pratique de la torture. Il se contente lui de développer les assassinats extrajudiciaires au moyen de drones qui tuent et mutilent de nombreux civils !

Dick Cheney justifie la pratique de la torture pendant les années Bush
Par Jon Swaine, The Daily Telegraph (UK) 11 mars 2013 traduit de l’(anglais par Djazaïri
L’ancien vice-président des Etats Unis Dick Cheney a justifié avec véhémence la torture de présumés terroristes par des interrogateurs Américains au temps de l’administration George W. Bush.
Image
La justice non plus!
Dans un documentaire sur sa vie et sa carrière qui doit être diffusé cette semaine, M. Cheney a rejeté l'idée que les responsables américains doivent mettre en danger la vie des Américains dans le souci de préserver leur propre «honneur». 
'' Dites-moi quel attentat terroriste vous auriez laissé faire parce que vous n'avez pas envie d'être un type cruel et méchant,'' a-t-il dit, lorsqu'on lui a demandé si le waterboarding [simulation de noyade] des suspects d'Al-Qaïda était justifié.
« Devant le choix consistant à faire ce que nous avons fait ou reculer en disant ‘nous savons que vous êtes au courant du prochain attentat contre les Etats Unis, mais nous n’allons pas vous forcer à  nous dire ce que vous savez, parce que ça pourrait donner une mauvaise image de nous,’ je n’hésite pas une seconde.» 
La gestion des présumés terroristes par les Etats Unis fait encore l’objet d’un vif débat plus de onze années après les attentats du 11 septembre 2001 qui avaient amené M. Bush à approuver les «techniques d’interrogatoire améliorées» de la CIA. Des suspects avaient été soumis au waterboarding – qui leur donne la sensation d’être en train de se noyer – ainsi qu’à l’obligation de rester nus, ou de rester confinés dans des espaces réduits et d’être projetés violemment contre les  murs.
La controverse sur ces techniques, qui ont été bannies par le president Barack Obama, a ressurgi cette année quand le film Zero Dark City a donné à comprendre que la torture avait mis la CIA sur la piste d’Oussama ben Laden.
Un rapport définitif de  6 000 pages du Sénat US sur la torture et le «transfert» [rendition] de présumés terroristes dans des prisons secrètes à travers le monde, dont on dit qu’il contient des conclusions cinglantes, reste classifié.
John Brennan, nommé récememnt directeur de la CIA, a déclaré qu’il prendrait en «sérieuse considération» les appels à sa publication par des personnalités comme le sénateur et ancien combattant John McCain qui avait été torturé au Vietnam.
Le nouveau documentaire, qui doit être diffusé presque 10 ans exactement après l’invasion de l’Irak sous le commandement américain dont Dick Cheney s’était fait l’ardent champion lorsqu’il était vice-président a été réalisé par R.J. Cutler, un réalisateur réputé.
Mis à part des propres mémoires parues en 2011, ce documentaire représente l’intervention politique la plus importante de l’homme politique de 72 ans depuis que lui et M. Bush ont quitté la Maison Blanche en janvier 2009.
M. Cheney, qui est un vieux routier de la politique à Washington, qui a aussi été député au Congrès, Secrétaire à la Défense et chef de cabinet à la maison Blanche a survécu à cinq crises cardiaques a déclaré que les nombreuses critiques contre lui le laissaient de marbre.
“Si vous voulez être aimé, soyez une vedette de cinéma,” dit-il.

Libellés : , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 8:17 PM 0 comments

lundi, février 25, 2013

Bookmark and Share

Michelle Obama et le cinéma de propagande en économie de marché


 Vous avez sans doute vu comme moi Michelle Obama, l’épouse du président des Etats Unis, apparaître en duplex à la cérémonie des Oscars pour annoncer le prix du meilleur film décerné à Argo de Ben Affleck.

Si certains ont pu voir là la simple magie du charme de la première dame des Etats Unis, qu’on a vue aussi dans d’autre s circonstances comme dans une séquence vidéo s’inscrivant dans le cadre de la lutte contre la surcharge pondérale, on était bien obligé de faire une lecture politique de cette intrusion de la Maison Blanche dans cette fête du cinéma.
D’autant que le film récompensé porte toutes les marques d’une propagande que les critiques de cinéma n’auraient pas manqué de relever ou de dénoncer si un film de ce genre avait été produit en Iran ou même en Russie.

C’est précisément le constat que fait Max Read dans les colonnes de Gawker, ce magazine  décidément pas comme les autres.
Michelle Obama et ses conseillers culturels en treillis chic
Michelle Obama et ses conseillers culturels en treillis chic

Par Max Read, Gawker (USA) 25 février 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Michelle Obama, la première Dame des Etats Unis, est apparue en direct par satellite à l’Academy Awards ce dimanche soir pour annoncer qu’Argo, le film de Ben Affleck sur les escapades de la CIA en Iran, avait remporté l’oscar du Meilleur Film. Oui, Michelle Obama, l’épouse du commandant en chef, entourée de militaires en grand uniforme, badinant avec jack Nicholson et célébrant un film qui en lui-même célèbre une collaboration réussie ente l’industrie cinématographique américaine et son industrie du renseignement.

Il faut dire que son apparition à la fil de ce spectacle bizarre et interminable de remise de récompenses était la plus grosse faute de goût de cette soirée (imaginez Lyudmila Poutine proclamant «meilleur film» la restitution fictionnelle d’une opération du SVR en Géorgie), mais ici le maître de cérémonies était Seth MacFarlane, le créateur de Gamily Guy, ce qui signifiait trois heures de plaisanteries sirupeuses et égocentriques, aussi niaises et pas drôles qu’elles étaient sexistes et homophobes, ponctuées par un inexplicable «hommage» à trois comédies musicales de ces dix dernières années. 

Ce qui était vraiment le plus gênant dans la présence de Michelle Obama est qu’elle a été la reconnaissance solennelle que l’industrie cinématographique est un instrument de la puissance impériale des Etats Unis, et pas quelque chose qui aurait pu, disons, nous offrir une cérémonie de remise de prix divertissante.

Libellés : , , , , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 4:58 PM 0 comments

lundi, juillet 30, 2012

Bookmark and Share

Soumission à Tel Aviv: l'avertissement des services secrets américains à Barack Obama et Mitt Romney


Au moment où Barack Obama et Mitt Romney multiplient les signes de soumission au régime sioniste, la presse anglophone, aux Etats Unis et ailleurs, diffuse largement un papier de l’Associated Press sur les activités d’espionnage qu’exercent les services secrets sionistes aux dépends des Etats Unis.

Il va sans dire que ces activités d’espionnage sont menées par des citoyens Américains qui travaillent pour le gouvernement ou pour l’armée des Etats Unis mais qui font avant tout allégeance à l’Etat sioniste. Ce qui facilite quand même les choses pour ces services secrets sionistes paraît-il si performants.

Jonathan Pollard en est le meilleur exemple. Les autorités et les groupes de pression sionistes font de gros efforts depuis des années pour obtenir l’élargissement de cet espion, c’est quasiment une cause nationale, mais aucun président des Etats Unis ne s’y est risqué, de peur d’enrager ce qu’on appelle la «communauté du renseignement » faite de fonctionnaires non élus qui pensent s’être enrôlés dans l’intérêt exclusif de leur pays.

Cet article est à n'en pas douter un avertissement pour les deux candidats afin de leur faire comprendre que, quel que soir le soutien qu’ils attendent et obtiendront du lobby sioniste, il est hors de question de libérer Jonathan Pollard.

Une curiosité de cet article est qu’il observe que l’entité sioniste n’a jamais été visée directement par al Qaïda.

Par Adam Goldman et Matt Apuzzo, Associated Press,
San Francisco Chronicle (USA) 28 juillet 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

WASHINGTON (AP) —  Le chef de la station de la CIA à Tel Aviv avait déverrouillé la boîte qui contenait le matériel sensible dont il se servait à son domicile de Tel Aviv, en Israël, pour communiquer avec le siège de la CIA en Virginie, et n’avait pu que constater que quelqu’un l’avait trafiqué. Ce dont il référa à ses supérieurs.

Cet incident, décrit par trois anciens cadres des services secrets US aurait pu être rangé simplement parmi les péripéties qui émaillent le monde de l’espionnage international, sauf que le même chose était arrivée au précédent chef de station en Israël.

C’était un rappel pas très subtil que, même dans un pays ami des Etats Unis, la CIA elle-même était sous surveillance.

Dans un incident distinct, selon deux autres anciens officiels US, un agent de la CIA en Israël était rentré chez lui pour découvrir que la place des aliments dans le réfrigérateur avait été modifiée. Dans tous les cas, les autorités US pensent que les services de sécurité israéliens étaient les responsables.
Une telle ingérence souligne ce qui est largement connu mais rarement discuté en dehors du milieu des services de renseignements: malgré les liens incontestables entre les Etats Unis et leur allié le plus proche au Moyen Orient et malgré les déclarations des politiciens US qui claironnent cette amitié, les officiels de la sécurité nationale des Etats Unis considèrent qu’Israël est, par moment, un allié frustrant et une véritable menace pour le contre-espionnage.

Outre ce que les anciens officiels US ont décrit comme des violations de domicile au cours de ces dix dernières années, Israël a été impliqué dans des affaires criminelles d’espionnage contre les Etats Unis, dans des procédures disciplinaires contre les agents de la CIA et mis en cause dans la mort d’un espion important qui travaillait pour le compte de la CIA en Syrie pendant l’administration George W. Bush.

La CIA considère Israël comme étant sa menace N°1 en matière de contre-espionnage pour sa division Proche Orient, le groupe qui chapeaute les activités d’espionnage au Moyen Orient, selon d’anciens et d’actuels officiels.
Le contre-espionnage est l’art de protéger les secrets du pays contre les espions étrangers. Ce qui veut dire que la CIA pense que les secrets d’Etat des Etats Unis sont plus à l’abri des autres services secrets de la région que d’Israël.

Israël a des services d’espionnage hautement sophistiqués et professionnels qui rivalisent avec les services américains en technicité et capacité à recruter de la ressource humaine. A la différence de la Syrie et de l’Iran, par exemple, Israël, en qualité d’allié indéfectible, bénéficie d’un accès aux niveaux les plus élevés des cercles militaires et du renseignement au sein du gouvernement des Etats Unis.

Les officiels nous ont parlé sous condition d’anonymat parce qu’ils ne sont pas autorisés à parler publiquement de ces questions sensibles pour les relations diplomatiques entre les deux pays.

Les inquiétudes du contre-espionnage persistent alors même que la relation entre les USA et Israël comprennent une étroite coopération sur des programmes de renseignement qui incluraient le virus Stuxnet qui a attaqué les ordinateurs des principaux sites iraniens d’enrichissement d’uranium. Alors que l’alliance [avec le régime sioniste] est centrale dans l’approche des Etats Unis au Moyen Orient, il y a quand même place pour un désaccord important, tout particulièrement dans la tourmente diplomatique au sujet des ambitions nucléaires de l’Iran.

«C’est une relation compliquée,» déclare Joseph Wippl, un ancien officier supérieur des actions clandestines la CIA, et ancien chef du bureau de la CIA pour les affaires parlementaires (Congrès). «Ils ont leurs intérêts. Nous avons nos intérêts. Pour les Etats Unis, il y a un équilibre à trouver.»

La façon dont Washington caractérise sa relation avec Israël est importante aussi dans la manière dont les Etats Unis sont perçus dans le reste du monde, particulièrement dans les pays musulmans.

Les éloges à l’égard des Etats Unis sont allés crescendo [dans l’entité sioniste] avant la rencontre prévue dimanche entre le candidat à la présidentielle Mitt Romney et le premier ministre Israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem. Leur relation remonte à plusieurs dizaines d’années, quand ils s’étaient brièvement croisés dans les années 1970 au the Boston Consulting Group. Tous deux travaillaient comme conseillers de cette firme au début de leur carrière, avant que Romney fonde en partenariat sa propre société de gestion de placements. Romney a déclaré dans un discours la semaine dernière qu’Israël était «un de nos amis les plus chers, » et a critiqué Obama pour ce qu’il a qualifié de «traitement médiocre» de l’Etat juif par l’administration Obama.

«Le peuple d’Israël mérite mieux que ce qu’il a reçu de la part du leader du monde libre,» a déclaré Romney dans un appel clair à l’électorat juif américain et aux électeurs évangélistes pro-Israël.

Les Américains peuvent bien aller dans le mur

Obama, dont on avait appris qu’il semblait avoir approuvé des critiques contre Netanyahou formulées par le président Français d’alors, benjamin Netanyahou, a défendu son travail avec Israël. «Nous avons fait beaucoup de choses avec Israël ces trois dernières années,» a déclaré Obama dans le courant de l’année. «Je pense que le premier ministre – et certainement le ministre de la défense – reconnaîtra que la coopération sans le domaine militaire et du renseignement n’a jamais été aussi étroite.»

Un porte-parole Israélien à Washington, Lior Weintraub, a déclaré que son pays avait des liens étroits avec les Etats Unis.

Les services de renseignements et de sécurité israéliens entretiennent une coopération étroite, étendue et continue avec leurs homologues des Etats Unis,» a déclaré Weintraub. «Ils sont nos partenaires dans la confrontation avec de nombreux défis communs. Toute suggestion qu’il en serait autrement est sans fondement et contraire à l’esprit et à la pratique de la coopération de nos deux pays en matière de sécurité.»

La CIA a refusé de commenter.

La tension existe des deux côtés

La National Security Agency (NSA) a toujours exercé une surveillance d’Israël. Les Etats Unis ne veulent par exemple pas être pris au dépourvu si Israël lançait une attaque surprise qui pourrait précipiter la région dans la guerre, mettre en péril les livraisons de pétrole et mettre en danger les soldats Américains.

Matthew Aid, auteur de «The Secret Sentry,» qui traite de la NSA explique que les Etats Unis ont commencé à espionner Israël avant même la création de l’Etat en 1948. Aid précise que les Etats Unis avaient une station à Chypre chargée d’espionner Israël jusqu’en 1974. Aujourd’hui, des hébréophones sont stationnés dans les locaux de la NSA à  Fort Meade dans le Maryland où ils écoutent les interceptions de communications israéliennes, dit-il.

La politique de la CIA interdit généralement à ses agents à Tel Aviv de recruter des sources dans l’administration israélienne. Ce qui ne peut se faire qu’avec l’approbation de hauts responsables de la CIA, expliquent deux anciens cadres de cette agence. A l’époque de l’administration Bush, l’accord devait être donné par la Maison Blanche.

Israël n’est pas le plus proche allié de l’Amérique, du moins quand il s’agit de savoir à qui Washington fait confiance pour les informations les plus sensibles pour la sécurité nationale. Cette confiance est l’apanage d’un groupe de nations désignées officieusement les «Five Eyes » (cinq yeux). Sous ce couvert, les Etats Unis, le Canada, la Grande Bretagne, La Nouvelle Zélande et l’Australie acceptent d’échanger des informations et de ne pas s’espionner mutuellement. Souvent, les agents des services secrets US travaillent en direct avec leurs homologues de ces pays pour traiter des informations top secrètes qui ne sont partagées avec personne d’autre.

Israël se situe dans le cadre d’une relation de second rang désignée par un autre nom officieux, «Friends of Friends.» Ce nom dérive de la phrase « les amis n’espionnent pas les amis, » et cet arrangement date de dizaines d’années. Mais les services de renseignements extérieurs d’Israël, le Mossad, et l’équivalent du FBI, le Shin Bet, tous deux considérés comme étant parmi les meilleurs du monde, ont été soupçonnés de recruter des officiels US et d’essayer de voler des secrets américains.

Vers 2004-2005, la CIA a révoqué deux agents de sexe féminin pour avoir eu des contacts non signalés [à la hiérarchie] avec des israéliens. Une des deux femmes a reconnu, sous détecteur de mensonges, avoir eu une relation avec un Israélien qui travaillait pour le ministère [sioniste] des affaires étrangères, explique un ancien officiel de la CIA. La CIA avait appris que l’Israélien avait présenté la femme à son «oncle.» Ce dernier travaillait pour le Shin Bet.

Jonathan Pollard, fonctionnaire civil de la marine chargé d’analyse de renseignements, a été convaincu d’espionnage pour Israël en 1987 alors que l’accord Friends on Friends était en vigueur. Il a été condamné à la prison à vie. Les israéliens essayent depuis des années d’obtenir sa libération. En janvier 2011, Netanyahou avait demandé à Obama de libérer Pollard tout en reconnaissant que les agissements d’Israël dans cette affaire avaient été « une faute et complètement inacceptables.»

Ronald Olive, un ancien superintendant du Naval Criminal Investigative Service (le fameux NCIS) qui avait enquêté sur Pollard, déclare qu’après l’arrestation, les Etats Unis avaient formé un groupe de travail pour déterminer quels dossiers gouvernementaux Pollard avait volés. Olive explique que ce  qu’Israël a rendu ne représente qu’une goutte d’eau dans la mer ».

Après l’affaire Pollard, les Israéliens avaient promis de ne plus avoir d’agents secrets en opération sur le sol des Etats Unis.
Ancien ingénieur mécanicien de l’armée, Ben-Ami Kadish a plaidé coupable en 2008 d’avoir remis des documents classés secrets aux Israéliens pendant les années 1980. Son officier traitant était le même que celui qui gérait Pollard.
Kadish avait permis  aux Israéliens de prendre des clichés de documents sur des armes nucléaires, une version modifiée de l’avion de chasse F-15 et du système de missiles anti-aérien Patriot. Kadish, qui avait 85 ans au moment de son arrestation, avait évité la prison et reçu une amende de 50 000 dollars. Il avait déclaré au juge «Je pensais que j’aidais Israël dans faire de tort aux Etats Unis.»

En 2006, un ancien analyste du Département de la Défense a été condamné à plus de douze ans de prison pour avoir donné des informations classifiées à un diplomate Israélien et à des lobbyistes pro-Israël.

Malgré l’affaire Pollard et les autres, Olive dit avoir la conviction que les deux pays doivent maintenir d’étroites relations «mais devons-nous rester vigilants ? Absolument. Les Israéliens sont bons dans ce qu’ils font.»

A l’époque de l’administration Bush, la CIA avait classé certains services de renseignements étrangers en fonction de leur disposition à aider à la lutte contre le terrorisme menée par les Etats Unis. Un ancien officiel de la CIA qui avait vu la liste achevée indique qu’Israël, qui n’a jamais été visé directement par des attentats d’al Qaïda, arrivait derrière la Libye qui avait récemment accepté de renoncer à son programme d’armement atomique.
Les incidents   en matière d’espionnage n’ont pas vraiment ralenti transfert de milliards de dollars en argent et en armement des Etats Unis vers Israël. Depuis l’arrestation de Polard, Israël a reçu plus de 60 milliards de dollards d’aide américaine, essentiellement sous forme d’assistance militaire, selon le Congressional Research Service. Les Etats Unis ont fourni à Israël des missiles Patriot , ont participé au financement d’un programme de défense anti-missile et fourni du matériel radar très sensible pour détecter les menaces de missiles iraniens.

Pas plus tard que vendredi dernier, Obama a annoncé qu’il allait ouvrir une ligne d’aide militaire supplémentaire de 70 millions de dollars, une décision anticipée de façon apparemment à éclipser le voyage de Romney (dans l’entité sioniste), et il a parlé de «l’engagement inébranlable [de l’Amérique] envers Israël.» L’argent aidera israël à développer la production d’un système de missiles à courte portée.

Certains officiels de la CIA sont encore remontés au sujet de la disparition d’un scientifique Syrien qui, à l’époque de l’administration Bush, était le seul espion de la CIA dans le programme militaire syrien de développement d’armes biologiques et chimiques. Ce scientifique fournissait à l’agence des informations extraordinaires sur les agents pathogènes utilisés pour ce programme, expliquent d’anciens officiels US à propos de cette opération d’espionnage précédemment inconnue.

A l’époque, il y avait une pression pour un échange d’informations sur les armes de destruction massive, et la CIA avait fourni les siennes à Israël. Un ancien offiiel de la CIA, qui a une connaissance directe de ce dossier, explique que des détails dur le programme syrien avaient été publiés dans la presse. Même si la CIA n’a jamais conclu formellement à la responsabilité d’Israël, les officiels de l’agence avaient protesté auprès d’Israël parce qu’ils croyaient que les Israéliens laissaient fuir des informations pour faire pression pour que la Syrie abandonne son programme. Les Syriens avaient cherché qui avait accès à ces informations sensibles et avaient fini par identifier le scientifique comme un traître.

Avant de disparaître et d’être probablement tué, le scientifique avait dit à son agent traitant que les renseignements militaires syriens se concentraient sur lui.

Libellés : , , , , , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 8:40 PM 0 comments

samedi, février 18, 2012

Bookmark and Share

Le plan contre la Syrie date de 1957


Le plan contre la Syrie qui est mis à exécution en ce moment a été défini dans son principe en 1957. Son application tient bien entendu compte des circonstances, notamment du fameux "printemps arabe" ou du fait que les puissances occidentales se sentent aujourd’hui obligées d’invoquer des considérations humanitaires, ce qui n’était pas le cas à une époque pas si lointaine. Et que M. Sarkozy se sent l'âme d'un révolutionnaire (on aura tout vu).

Que ceux qui joignent leurs voix aux régimes occidentaux qui réclament da tête de Bachar al-Assad se demandent une seconde depuis quand les Etats occidentaux veulent du bien aux Arabes ?
Ah oui, peut-être depuis Lawrence d’Arabie et la révolte arabe qui aboutira d’un côté à l’émancipation de certains pays arabes de la domination ottomane et de l’autre aux accords Sykes-Picot qui se traduiront par le mandat français sur la Syrie (Syrie + Liban) et le mandat britannique sur la Palestine avec le résultat que nous connaissons.

S’il y a des gens qui ne tirent aucune leçon de l’histoire, c’st bien nous malheureusement.

L’article que je vous propose a été publié en … 2003 !

Des documents montrent que la Maison Blanche et le 10 Downing Street avaient comploté un projet d’invasion motive par le pétrole
Par Ben Fenton, The Guardian (UK) 27 septembre 2003 traduit de l’anglais par Djazaïri

Près de 50 ans avant l’invasion de l’Irak, la Grande Bretagne et les Etats Unis avaient secrètement envisagé un « changement de régime » dans un autre pays arabe qu’ils accusaient de répandre la terreur et de menacer l’approvisionnement pétrolier de l’Occident, en élaborant un plan d’invasion de la Syrie et d’assassinat de ses hauts dirigeants.

Des documents découverts récemment montrent comment en 1957, Harold Mcmillan et le président Dwight Eisenhower avaient approuvé un plan du MI6 et de la CIA consistant à mettre en scène de pseudo incidents frontaliers comme prétexte pour une invasion de la Syrie par ses voisins pro-occidentaux, puis pour « éliminer » le triumvirat le triumvirat le plus influent à Damas.

Les plans, discutés avec une franchise effroyable ont été découverts dans les archives privées de Duncan Sandys, le ministre de la défense sous Mcmillan, par Matthew Jones, un maître de conférences en histoire à Royal Holloway, université de Londres.

Même si les historiens savent que les services secrets avaient cherché à renverser le régime syrien à l’automne 1957, c’est la première fois qu’un document est découvert qui montre que l’assassinat des trois plus hauts dirigeants était au Cœur du projet. Le document mis au point par un groupe de travail de haut niveau et top secret qui s’était réuni à Washington en 1957 ne laissait aucun doute à Mcmillan et le président Eisenhower quant à la nécessité d’assassiner les principaux dirigeants à Damas.

On lit dans une partie du “plan préféré" : « Afin de faciliter l’action des forces de libération, de réduire les possibilités pour l’armée syrienne d’organiser et de diriger ses actions militaires, de limiter au minimum pertes et destructions, et pour obtenir le résultat souhaité dans le laps de temps le plus court possible, un effort particulier doit être fait pour éliminer certaines personnes qui sont aux postes clefs. Leur élimination devrait être réalisée dès le début de l’insurrection et de l’intervention et à la lumière des circonstances du moment.»

Le document approuvé par Londres et Washington désignait trois hommes : Abd al-Hamid Sarraj, chef du renseignement militaire syrien; Afif al-Bizri, chef d’état major, et Khalid Bakdash, dirigeant du Parti Communiste Syrien.

Pour un premier ministre dont l’accession au pouvoir s’était largement faite sur le dos de la désastreuse et grotesque expédition de Suez juste une année avant, M. Mcmillan était remarquablement belliqueux. Il décrivait [ce plan] dans son journal comme «un rapport des plus formidables.»  Le secret avait été très grand, Mcmillan avait ordonné même les chefs de l’état major britannique n’en soient pas informés à cause de leur tendance à «bavarder.»

L’inquiétude au sujet des positions de plus en plus antioccidentales et pro soviétiques de la Syrie était devenue forte à Downing Street et à la Maison Blanche depuis la déposition en 1954 du régime militaire conservateur du colonel Adib Chichakli par une alliance du parti Baath avec des politiciens du parti communiste et leurs alliés dans l’armée syrienne.

A la pointe de l’appel au passage à l’action, se trouvait le chef de la CIA pour le Moyen Orient, Kermit Roosevelt, petit fils de l’ancien président Theodore Roosevelt. Il avait identifié le colonel Sarraj, le général al-Bizri et M. Bakdash comme l’incarnation du pouvoir réel derrière un président de façade. Le triumvirat s’était encore plus rapproché de l’orbite de Nikita Khroutchev après la désastreuse tentative franco-britannique, en collusion avec Israël, d’annuler la nationalisation du canal de Suez.

En 1957, malgré l’opposition américaine à l’opération de Suez, le président Eisenhower avait considéré ne pas pouvoir ignorer plus longtemps le risqué de voir la Syrie devenir pour Moscou un foyer d’expansion du communisme dans tout le Moyen Orient. Lui et Mcmillan craignaient que la Syrie déstabilise ses voisins pro-occidentaux en exportant le terrorisme et en encourageant les dissidences internes.  Plus important encore, la Syrie avait aussi le contrôle d’une des principales routes du pétrole au Moyen orient, l’oléoduc qui reliait les champs pétroliers de l’Irak pro-occidental à la Turquie.

Le “plan préféré” ajoute: “Dès qu’une décision politique sera prise de déclencher des troubles intérieurs en Syrie, la CIA est prête et le SIS [MI6] tentera de monter des incidents comme de petites opérations de sabotage et des coups de main en Syrie dans le cadre d’une collaboration avec certains individus.

“Les deux services [CIA et MI6] devront se consulter, le cas échéant, pour éviter tout doublon ou interférence avec les activités de l’autre… Les incidents ne devraient pas être concentrés à Damas, l’opération ne devrait pas avoir une ampleur exagérée ; et dans la mesure du possible, il faudrait veiller à éviter que les dirigeants les plus importants du régime syrien prennent des mesures supplémentaires pour leur protection personnelle.»

Sabotages

Le rapport indique que dès que le niveau nécessaire de peur aura été créé, des incidents et des heurts frontaliers seraient mis en scène pour donner un prétexte pour une intervention militaire irakienne et jordanienne. Il faut « faire apparaître la Syrie comme à l’origine de complots, de sabotages et d’actes de violence dirigés contre des gouvernements voisins, » explique le rapport. « La CIA et le SIS devraient se servir de leurs moyens dans les domaines psychologique et action pour faire monter la tension.» Ce qui voulait dire des opérations en Jordanie, en Irak et au Liban sous la forme de « sabotages, conspirations internes et diverses activités musclées » qu’on reprocherait à Damas.

Le plan appelait à financer un “Comité de la Syrie Libre,” et à armer les « factions politiques avec des moyens paramilitaires ou d’autres moyens de faire émerger des forces» à l’intérieur de la Syrie. La CIA et le MI6 susciteraient des soulèvements internes, par exemple chez les Druzes au sud, aideraient à la libération des prisonniers politiques détenus dans la prison de Mezze et mettraient en mouvement les Frères Musulmans à Damas.

Les auteurs du plan envisageaient de remplacer le régime du parti Baath/Communiste par un autre qui serait fermement antisoviétique, mais ils concédaient qu’il ne serait pas populaire et « aurait besoin de s’appuyer d’abord sur des mesures répressives et l’exercice arbitraire du pouvoir.»

Le plan n’a jamais servi, principalement parce que les voisins arabes de la Syrie n’ont pas pu être persuadés de passer à l’action et qu’une attaque qui serait venue de la seule Turquie était considérée comme inacceptable. L’année suivante, les Baathistes se tournèrent contre leurs anciens alliés communistes et firent adhérer la Syrie à une fédération avec l’Egypte du colonel Nasser qui durera jusqu’n 1963.

Libellés : , , , , , , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 11:29 PM 0 comments

mercredi, novembre 09, 2011

Bookmark and Share

Le rapport de l'AIEA sur l'Iran auquel même Washington ne croit pas



Je vous avais déjà proposé un article de ce genre sur l’imminence toujours plus proche d’un danger nucléaire iranien qui, si on en croit les cassandre, aurait dû se concrétiser il y a plus de vingt ans.
Le récent rapport de l’AIEA vient redonner du grain à moudre ç ceux qui veulent l’apocalypse pour le Moyen orient et peut-être pour le monde entier. Au nom de la protection du peuple juif contre la pire menace d’annihilation depuis Hitler.
Oui, c’est toujours la même rengaine ; tuer les Irakiens pour neutraliser le nouvel Hitler Saddam, tuer des Libanais pour neutraliser la nouvelle Waffen SS qu’est le Hezbollah, vider la Palestine de ses habitants parce que ces derniers veulent une Palestine Judenrein, bombarder l’Iran qui se prépare à « rayer » l’entité sioniste de la carte.
Le paradoxe étant qu’on parle de menace iranienne alors que ce sont les sionistes et leurs amis, dont celui qui ne peut plus supporter benjamin Netanyahou (élu par le suffrage populaire) qui menacent régulièrement et depuis des années de bombarder l’Iran.
Rappelez-moi la dernière fois que l’Iran a lancé une guerre d’agression ? Ah oui, vous avez du mal à trouver et c’est normal parce que l’Iran moderne n’a jamais été un pays agressif. Au contraire de cette saloperie d’entité sioniste et de ses amis civilisés qui sèment la mort au moindre prétexte.
Bon, le rapport de l’AIEA est truqué et les Etats Unis le savent. Il sert avant tout à entretenir une stratégie de tension et à détourner l’attention des problèmes économiques qui sont beaucoup plus susceptibles de précipiter le monde dans la guerre que l’obsession holocaustique de l’Etat prétendu juif.
A moins que ces cinglés ne commettent l’irréparable tant ils sont sûrs que les pays occidentaux les suivront dans la guerre et qu’ils pourraient ainsi échapper à la riposte de l’Iran.
En tout cas, les Etats Unis ne croient pas à la véracité du rapport de l’AIEA et ne veulent pas risquer la guerre sur des mensonges aussi éhontés que ceux qui avaient justifié la guerre contre l’Irak
Vos media n’en parlent pas, bien entendu car ils sont trop occupés à participer à la propagande sioniste (comme Nadine Epstein sur France Culture ce matin. Ca ressemble à du journalisme, ça sonne comme quelque chose d'objectif, mais ce n'est que de la propagande, subtile il est vrai car nous sommes en démocratie).

Voilà pourtant ce qu’on peut lire en titre du National Journal, un organe de presse spécialisé dans les activités politiques de la beltway, c’est-à-dire là où se trouvent les centres de pouvoir US :


La Maison Blanche a déclaré que le dernier rapport sur le programme nucléaire iranien par les inspecteurs en armement de l’ONU n’indique pas que l’Iran a avancé dans ses efforts pour fabriquer ou obtenir de l’explosif nucléaire.
« L’AIEA n’affirme pas que l’Iran a repris un programme d’armes nucléaires d’envergure, ni qu’elle a un tel programme ou sur son réel état d’avancement, » a déclaré aux journalistes un haut responsable de l’administration lors d’une téléconférence.   
Voilà, il n’y a donc rien de nouveau, en dehors d’une nouvelle escalade propagandiste pour exciter les ardeurs belliqueuses à Washington qui résiste encore, mais pour combien de temps ?


Les prédictions alarmistes selon lesquelles la république islamique sera bientôt en capacité nucléaire ou –pire – de réaliser une vraie bombe atomique, ne sont pas une nouveauté.
Pendant plus d’un quart de siècle, des officiels occidentaux ont affirmé de manière répétée que l’Iran était tout près de rejoindre le club nucléaire. Une telle situation est toujours déclarée « inacceptable » et susceptible de motiver une action militaire avec « toutes les options sur la table » pour empêcher  une remise en cause de l’équilibre stratégique du Moyen Orient dominé par les Etats Unis et Israël.
Et pourtant, toutes ces prédictions n’ont fait qu’aller et venir au fil des années. Cette chronique des prédictions passées situe dans une perspective historique la rhétorique actuelle sur l’Iran.

par Scott Peterson, The Christian Science Monitor (USA) 8 novembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

1. Premiers avertissements: 1979-1984

La crainte d’une arme nucléaire iranienne est antérieure à la révolution islamique de 1979, quand le Shah pro-occidental Mohammad Reza Pahlavi était en négociations approfondies avec la France, les Etats Unis et l’Allemagne pour un énorme investissement dans l’énergie nucléaire avec un programme de construction de 20 réacteurs.

Fin 1970, les Etats Unis reçoivent des informations selon lesquelles le Shah “avait mis en place un programme clandestin de développement d’armes nucléaires.”

1979: le Shah est renversé par la révolution iranienne qui institue la république islamique. Après l’éviction du Shah, les Etats Unis ont cessé de fournir de l’uranium hautement enrichi à l’Iran. Le gouvernement révolutionnaire guidé par l’ayatollah Ruhollah Khomeiny condamnait les armes et l’énergie nucléaires et, pendant un temps, stoppait tout les projets.

1984: Peu de temps après la visite par des ingénieurs d’Allemagne de l’Ouest du chantier inachevé du réacteur nucléaire de Bushehr. Jane's Defence cite des sources des services secrets d’Allemagne de l’Ouest qui affirment que  la production par l’Iran d’une bombe « entre dans sa phase finale. » Le sénateur US Alan Cranston prétend que l’Iran est à sept années d’être en mesure de fabriquer une arme.

2. Israël fait le portrait de l’Iran comme l’Ennemi No. 1: 1992

Quoiqu’Israël ait commercé secrètement avec la république islamique après la révolution de 1979, cherchant ainsi à entretenir un coin perse contre ses ennemis arabes dans la région, le début des années 1990 a vu un effort cohérent de Tel Aviv pour décrire l’Iran comme étant une nouvelle menace existentielle.

1992: Le député Israélien Benjamin Netanyahou dit à ses collègues que l’Iran est à 3 ou 5 ans d’être en capacité de produire une arme nucléaire – et que cette menace devait être « extirpée par un front international dirigé par les Etats Unis.»
Le premier ministre Israélien Shimon Peres déclaré à la télévision française que l’Iran va avoir des têtes nucléaires en 1999. «L’Iran est la plus grande menace et plus grand problème au Moyen Orient » avait averti Peres, parce qu’elle vise l’option nucléaire tout en conservant une dangereuse  position de militantisme religieux extrémiste.»

1992: Joseph Alper, in ancien cadre du Mossad, les services secrets israéliens, dit:  “L’Iran doit être identifiée comme Ennemi N°1. » L’embryon de programme nucléaire iranien disait-il au New York Times, « donne vraiment la frousse à Israël. »

3. Les Etats Unis s’associent aux avertissements: 1992-97

La même sonnette d’alarmé avait déjà été tirée à Washington où, début 1992, un groupe de travail du Republican Research Committee de la Chambre des Représentants avait soutenu avoir la « certitude à 98 % que l’Iran disposait déjà de tous (ou presque) les composants nécessaires pour deux ou trois bombes nucléaires opérationnelles. »
Des prédictions du même genre avaient eu droit aux antennes, dont une faite par le chef de la CIA à l’époque, Robert Gates, selon qui le programme nucléaire iranien pourrait être un « problème grave » dans cinq ans voire moins.  La bureaucratie avait cependant mis un certain temps à s’adapter au discours sur la menace iranienne.

1992: La divulgation d’un document confidentiel du Pentagone sur la « Stratégie de défense pour les années 1990 » ne fait guère référence à l’Iran alors qu’il brosse plusieurs scénario de conflits futurs potentiels qui vont de l’Irak à la Corée du Nord.

1995: Le New York Times répercute les craintes de hauts responsables US et Israéliens pour qui “l’Iran est beaucoup plus près de produire des armes atomiques qu’on ne le pensait auparavant.’ -  environ cinq ans – et que la bombe nucléaire iranienne est « en haut de la liste » des dangers de la décennie à venir. L’article parle d’une « accélération du programme nucléaire iranien » et soutient que l’Iran « a commencé un programme intensif pour développer et acquérir des armes nucléaires » en 1987 et explique qu’in « croit » que l’Iran a recruté des conseillers scientifiques de l’ex Union Soviétique et du Pakistan.
Le Christian Science Monitor rapporte que les pressions des Etats Unis sur les fournisseurs de l’Iran dans le domaine nucléaire ont «forcé l’Iran à adapter ce qu’on soupçonne être son calendrier pour une bombe. Les spécialistes disent maintenant que l’Iran ne sera sans doute pas en mesure d’acquérir des armes nucléaires avant huit ou dix ans.»

4. Escalade rhétorique contre ‘l’axe du mal’: 1998-2002

Mais l’Iran rassemblait les pièces de son puzzle stratégique. Un satellite espion US détectait le lancement d’un missile iranien de moyenne portée, alimentant les spéculations sur le danger posé à Israël.

1998: Le New York Times expliquait qu’Israël était moins en sécurité suite à ce lancement même si Israël restait le seul Etat à posséder aussi bien des armes nucléaires que des missiles à longue portée pour les larguer n’importe où. « La principale réaction à ce fait viendra d’Israël, et nous devons nous inquiéter de l’action que les Israéliens entreprendront, » déclarait un ancien officiel du renseignement cité par le New York Times. Un expert non identifié déclarait : « Ce test [de missile] montre que l’Iran est déterminé à acquérir des armes nucléaires, parce que personne ne construit un missile de 1000 kilomètres de portée pour envoyer des charges militaires conventionnelles.»

1998: La même semaine, l’ancien Secrétaire d’Etat à la défense Donald Rumsfeld déclare au Congrès que l’Iran pourrait construire un missile balistique intercontinental – qui pourrait atteindre les Etats Unis – dans les cinq ans. La CIA donnait une échéance à douze ans.

2002: La CIA avertit que le danger de missiles à ogive nucléaire, notamment d’Iran et de Corée du Nord, est plus élevé que celui encouru pendant la guerre froide. Robert Walpole, le plus haut responsable de la CIA pour le dossier des programmes nucléaires et stratégiques, déclare à une commission sénatoriale que les capacités de l’Iran en matière de missiles se sont accrues plus vite que prévu les deux années précédentes – et se trouvent à parité avec celles de la Corée du Nord. La menace « continuera à s’accroître avec la maturation des capacités des adversaires potentiels, » dit-il.

2002: George W. Bush qualifie l’Iran de membre de “l’axe du mal,” avec l’Irak et la Corée du Nord.

5. Révélations venues de l’intérieur de l’Iran: 2002-2005

En août 2002, le mouvement d’opposition iranien Moudjahidine Khalk (MEK ou MKO) annonce que l’Iran est en train de construire une installation souterraine d’enrichissement de l’uranium à Natanz et un réacteur à eau lourde à Arak. On considère généralement que les informations ont été transmises au MEK par les services secrets israéliens.
Les réacteurs nucléaires et l’enrichissement de l’uranium ne sont pas interdits à l’Iran qui est signataire du Traité de Non prolifération nucléaire (TNP), mais le fait de ne pas révéler les travaux provoque alors l’envoi d’une mission d’enquête de l’AIEA et une surveillance plus rapprochée.  L’Iran insiste sur le caractère pacifique de ses activités mais se trouve mise en défaut par rapport à ses engagements envers l’AIEA qui l’accuse de « procédures de dissimulation.»

2004: Colin Powell, alors Secrétaire d’Etat, dit à des journalistes que l’Iran a travaillé sur la technologie pour placer une ogive nucléaire sur un missile. « Nous parlons d’une information qui non seulement dit qu’ils ont des missiles mais qui suggère qu’ils travaillent d’arrache-pied pour associer les deux, {le missile et la charge atomique] » affirmait-il.

2005: Les Etats Unis présentent un millier de pages de schémas et d’autres documents dont ils prétendent qu’ils ont été extraits d’un ordinateur portable en Iran l’année précédente et dont on dit qu’ils traitent en détail de tests d’explosifs super puissants et de têtes de missiles aptes à recevoir une charge nucléaire. Ces « supposées études », comme on les a appelées depuis, sont rejetées par l’Iran comme fabriquées par des services secrets hostiles.

6. On calme le jeu avec l’évaluation [estimate]: 2006-2009

2006: Les tambours de la guerre accélèrent leur rythme après la citation par Seymour Hersh du New Yorker de sources US qui disent qu’une frappe contre l’Iran est tout sauf inévitable et qu’il existe des plans pour utiliser des armes nucléaires tactiques contre les sites iraniens souterrains.

2007: Le président Bush avertit qu’un Iran dote de l’arme nucléaire pourrait déboucher sur une “troisième guerre mondiale.” Le vice président Dick Cheney avait prévenu auparavant de «conséquences graves»  sir l’Iran ne renonce pas à son programme nucléaire.

2007: Un mois plus tard, une évaluation non classifiée des services de renseignements nationaux (National Intelligence Estimate, NIE) prête à controverse parce qu’elle juge avec un « niveau de confiance élevé » que l’Iran a abandonné son programme d’armement nucléaire à l’automne 2003.
Le rapport, qui visait à synthétiser les informations provenant des 16 services d’espionnage des Etats Unis met sens dessus dessous des dizaines d’années de postulats posés par Washington. Le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad qualifie le rapport de « victoire pour la nation iranienne.» Le rédacteur en chef d’un journal iranien dit au Christian Science Monitor, « Les conservateurs … sentent que le risque de guerre contre eux a disparu. »

Juin 2008: John Bolton, alors ambassadeur US aux Nations Unies, prédit qu’Israël attaquera l’Iran avant janvier 2009, pour profiter de l’espace laissé avant la prise de fonctions du prochain président des Etats Unis.

Mai 2009: Le rapport de la commission sénatoriale des affaires étrangères déclare : « Il n’y a aucun indice que les dirigeants Iraniens ont ordonné la conception d’une bombe. »

7. L’échéance à un an établie par Israël démentie par les faits: 2010-2011

Malgré les rapports et les évaluations qui disent le contraire, Israël et de nombreux responsables US continuent à poser que l’Iran est décidé à avoir des armes nucléaires le plus vite possible.

Août 2010. Un article de Jefffey Goldberg dans le numéro de septembre de The Atlantic est publié sur le web et présente le scenario qu’Israël choisirait pour lancer une attaque unilatérale contre l’Iran avec une centaine d’avions, « parce qu’un Iran nucléaire pose la plus grande menace depuis Hitler pour la survie physique du peuple juif.»
S’appuyant sur des entretiens avec “environ quarante décideurs Israéliens passés et présents, à propos d’une frappe militaire’ ainsi qu’avec des responsables Américains et Arabes, M. Goldberg prédit le lancement d’une frappe vers juillet 2011. L’article rappelle des frappes précédentes sur des sites nucléaires en Irak et en Syrie et cite le premier ministre Israélien qui déclare : « On ne veut pas d’un culte messianique et apocalyptique doté de bombes atomiques. Quand un croyant inconditionnel a la main sur  les rênes du pouvoir et des armes de destruction massive, alors le monde devrait commencer à se faire du souci et c’est ce qui se passe en Iran. »

2010: Des officiels US constatent que le programme nucléaire de l’Iran a été ralenti par quatre jeux de sanctions du Conseil de Sécurité de l’ONU et par une série de mesures adoptées par les Etats unis et l’Union Européenne. Le virus informatique Stuxnet a aussi fait des dégâts en 

2011 sur les milliers de centrifugeuses qui enrichissent l’uranium.
Janvier 2011:  Quand Meir Dagan démissionne du poste de directeur du Mossad, les services secrets israéliens, il dit que les Iraniens ne seront pas capables de produire une arme nucléaire avant 2015. « Israël ne devrait pas se précipiter pour attaquer l’Iran, et ne le faire que quant elle aura le couteau sous la gorge, » avertissait M. Dagan. Il a dit ensuite qu’une attaque contre l’Iran serait une « idée stupide.  Israël se trouverait devant une situation régionale impossible.»

Janvier 2011: Un rapport de la Federation of American Scientists sur l’enrichissement de l’uranium en Iran affirme qu’il est « hors de question » que Téhéran dispose déjà de la capacité technique à fabriquer un engin nucléaire « rudimentaire.’

Février 2011: Le directeur national du renseignement James Clapper affirme en témoignant devant le Congrès que « l’Iran maintient l’option du développement d’armes nucléaires en partie par le développement de diverses capacités nucléaires et en se mettant en meilleure position de produire de telles armes si elle en décidait ainsi. » M. Clapper déclare, « Nous ne savons cependant pas su l’Iran décidera finalement de produire des armes nucléaires. »

Novembre 2011: L’AIEA affirme pour la première fois que l’Iran travaille depuis des années  sur des activités en relation avec le militaire, publiant des informations détaillées basées sur plus de 1000 pages de documentation technique dont elle dit qu’elle est corroborée par les données de dix Etats membres et ses propres entretiens et investigations.

Libellés : , , , , , , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 11:11 PM 0 comments

Palestine Blogs - The Gazette