mardi, mars 12, 2013

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Dick Cheney, tortionnaire et fier de l'être!


Ces dernières années, les dirigeants politiques qui s’estiment porteurs d’un projet démocratique pour le monde entier, et qui ont mis leurs idées en pratique en Irak, en Afghanistan, au Yémen, en Libye et maintenant en Syrie n’ont qu’un autre mot à la bouche à côté de ceux de démocratie, d’élections, il s’agit du mot tribunal.
Tribunal ou Cour Pénale Internationale (CPI) réclamé parfois à grands cris pour juger Seif al-islam Kadhafi, le chef de l’Etat soudanais Omar al-Bachir ou encore le président Syrien Bachar al-Assad.
J’avais lu quelque part, à propos du procès à Dakar de l’ancien dirigeant Tchadien Hissein Habré que c’était là une grande première, un ancien autocrate Africain jugé en Afrique.
Alors que la véritable grande première aurait été le jugement par exemple de Tony Blair à Bagdad ou à Kaboul,  où de Nicolas Sarkozy à Tripoli ou à Abidjan.
On n’entend cependant aucun grand militant démocrate demander la traduction en justice de ces dirigeants qui ont pourtant des milliers, voire des centaines de milliers, de morts sur la conscience.
On n’entend non plus personne pour demander la comparution en justice du président George W. Bush qui a été tué des centaines de milliers, peut-être des millions, de personnes en Irak.
Ou la comparution de son complice, l’ancien vice-président Dick Cheney qui aujourd’hui même n’hésite pas à justifier la pratique de la torture que son armée et ses services secrets pratiquaient sous la présidence George W. Bush.
Il paraît que le président Obama a interdit la pratique de la torture. Il se contente lui de développer les assassinats extrajudiciaires au moyen de drones qui tuent et mutilent de nombreux civils !

Dick Cheney justifie la pratique de la torture pendant les années Bush
Par Jon Swaine, The Daily Telegraph (UK) 11 mars 2013 traduit de l’(anglais par Djazaïri
L’ancien vice-président des Etats Unis Dick Cheney a justifié avec véhémence la torture de présumés terroristes par des interrogateurs Américains au temps de l’administration George W. Bush.
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La justice non plus!
Dans un documentaire sur sa vie et sa carrière qui doit être diffusé cette semaine, M. Cheney a rejeté l'idée que les responsables américains doivent mettre en danger la vie des Américains dans le souci de préserver leur propre «honneur». 
'' Dites-moi quel attentat terroriste vous auriez laissé faire parce que vous n'avez pas envie d'être un type cruel et méchant,'' a-t-il dit, lorsqu'on lui a demandé si le waterboarding [simulation de noyade] des suspects d'Al-Qaïda était justifié.
« Devant le choix consistant à faire ce que nous avons fait ou reculer en disant ‘nous savons que vous êtes au courant du prochain attentat contre les Etats Unis, mais nous n’allons pas vous forcer à  nous dire ce que vous savez, parce que ça pourrait donner une mauvaise image de nous,’ je n’hésite pas une seconde.» 
La gestion des présumés terroristes par les Etats Unis fait encore l’objet d’un vif débat plus de onze années après les attentats du 11 septembre 2001 qui avaient amené M. Bush à approuver les «techniques d’interrogatoire améliorées» de la CIA. Des suspects avaient été soumis au waterboarding – qui leur donne la sensation d’être en train de se noyer – ainsi qu’à l’obligation de rester nus, ou de rester confinés dans des espaces réduits et d’être projetés violemment contre les  murs.
La controverse sur ces techniques, qui ont été bannies par le president Barack Obama, a ressurgi cette année quand le film Zero Dark City a donné à comprendre que la torture avait mis la CIA sur la piste d’Oussama ben Laden.
Un rapport définitif de  6 000 pages du Sénat US sur la torture et le «transfert» [rendition] de présumés terroristes dans des prisons secrètes à travers le monde, dont on dit qu’il contient des conclusions cinglantes, reste classifié.
John Brennan, nommé récememnt directeur de la CIA, a déclaré qu’il prendrait en «sérieuse considération» les appels à sa publication par des personnalités comme le sénateur et ancien combattant John McCain qui avait été torturé au Vietnam.
Le nouveau documentaire, qui doit être diffusé presque 10 ans exactement après l’invasion de l’Irak sous le commandement américain dont Dick Cheney s’était fait l’ardent champion lorsqu’il était vice-président a été réalisé par R.J. Cutler, un réalisateur réputé.
Mis à part des propres mémoires parues en 2011, ce documentaire représente l’intervention politique la plus importante de l’homme politique de 72 ans depuis que lui et M. Bush ont quitté la Maison Blanche en janvier 2009.
M. Cheney, qui est un vieux routier de la politique à Washington, qui a aussi été député au Congrès, Secrétaire à la Défense et chef de cabinet à la maison Blanche a survécu à cinq crises cardiaques a déclaré que les nombreuses critiques contre lui le laissaient de marbre.
“Si vous voulez être aimé, soyez une vedette de cinéma,” dit-il.

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vendredi, juillet 20, 2012

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L'attentat de Burgas et la belle de Baton Rouge


Le jour même où trois dirigeants de l’armée syrienne étaient assassinés dans un attentat à l’explosif, un autobus était soufflé par une explosion à l’aéroport de Burgas, station balnéaire bulgare bien connue.
L’explosion a tué sept personnes et en a blessé plusieurs dizaines d’autres.
Cinq des victimes de cet attentat sont des touristes originaires de l’entité sioniste et leur autobus aurait donc été ciblé pour cette raison.
Le régime sioniste pointe ostensiblement du doigt l’Iran ou le Hezbollah ou encore les deux, relevant que l’attaque s’est produite 18 ans exactement après l’attentat dévastateur qui avait visé les locaux de l’AMIA (Association Mutuelle Israélite Argentine)à Buenos Aires.
Or l’attentat contre l’AMIA a été imputé au Hezbollah et à l’Iran par le régime sioniste…

L’attaque contre l’autobus aurait été perpétrée par un «kamikaze» et une photo ainsi qu’un nom ont circulé, ceux d’un certain Mehdi Ghezali, un Algérien (ou plus exactement un finno-algérien).

J'attends une meuf.
Cet individu (Ghezali ou quelqu'un d'autre?) photographié alors qu'il déambulait dans l'aérogare de Burgas circulait avec un faux permis de conduire américain indiquant une domiciliation au 103 France St. A Baton Rouge en Louisine, ce qui correspond à l’adresse de l’hôtel casino Belle of Baton Rouge.

mmm... Le belle de Baton Rouge!
Etrange choix d’adresse pour un terroriste islamiste stipendié à la fois par le Hezbollah, l’Iran et les mânes d’Oussama ben Laden.

Il y a encore deux problèmes.

Le premier est que Mehdi Ghezali a un profil assez voisin de celui de Mohamed Merah, le jeune accusé de la tuerie de l’école juive de Toulouse et du meurtre de plusieurs soldats de l’armée française. C’est-à-dire que comme Merah, il s’est rendu en Afghanistan/Pakistan et, comme Merah, il a été arrêté là-bas.
A la différence de Merah cependant, Ghezali s’est retrouvé à Guantanamo de 2002 à 2004.

A priori, les activistes de ce genre, qui relèvent de la mouvance dite salafiste n’ont guère d’accointances avec les mollahs qui sont pour eux, comme pour leurs mentors saoudiens, des hérétiques à ramener dans l’orthodoxie ou à éliminer dès que possible.

Le deuxième problème est qu’aussi bien les autorités bulgares que suédoises (Ghezali a/avait la nationalité suédoise) démentent, en l’état actuel des informations, que Ghezali soit l’auteur de l’attentat suicide.

A vrai dire, la thèse de l’attentat suicide ne tient qu’au fait qu’un des corps portait plus de blessures causées par l’explosion. C’est donc une déduction qui sera confirmée ou contredite ultérieurement.

Et si la vérité était ailleurs ?
On peut en effet lire sur le site d’informations News.bg (merci la traduction Google) 
Un témoin de la scène a raconté à news.bg qu’aucun Bulgare n’avait été tué et que l'explosion s'est produite pendant le chargement des bagages dans le bus. Il est possible que l’engin explosif ait été auparavant dans les bagages.

Selon les experts, il est possible que la bombe ait explosé accidentellement pendant le chargement des bagages, mais qu’elle ait été programmée pour exploser au milieu du trafic, ce qui aurait causé plus de victimes.
Alors voilà mon scénario : un terroriste sioniste (ce qu’on appelle souvent un agent du Mossad) se trouvait dans le groupe de touristes et transportait une bombe dans ses bagages, prévoyant de la faire sauter à un endroit qui épargnerait la vie de ses compatriotes. Le but étant bien sûr d’accuser l’Iran et le Hezbollah.

Pas de pot, la bombe a explosé accidentellement comme nous le suggère la presse bulgare, emportant avec elle l’agent du Mossad qui était tout sauf un «kamikaze».

Si mon scénario vous parait loufoque, que dire de celui concocté par Benjamin Netanyahou et le reste de la clique terroriste deTel Aviv ?


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vendredi, octobre 21, 2011

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La marine de guerre américaine à la pointe du combat contre le narco-trafic


Il parait que le gouvernement des Etats unis lutte contre le trafic de drogue et que son armée est à la pointe de ce combat.

Elle a en fait le nez en plein dedans si on en croit une dépêche AP reprise par le Centre Daily Times et qui nous apprend que :
64 marins de la marine de guerre vont être révoqués pour usage de drogues
Ces 64 marins de la 3ème Flotte des Etats Unis basée à San Diego consommaient une substance synthétique nommée «spice» qui imite les propriétés de la marijuana.
49 de ces marins ne faisaient pas qu’en consommer puisqu’ils en vendaient. Les marins qui consomment cette substance sont donc forcément plus nombreux, et encore, on ignore si tous les dealers ont été interpellés. Six de ces marins ont reconnu consommer en outre de la cocaïne et un a été détecté comme consommant des métamphétamines.

Le piquant de cette affaire est qu’elle concerne surtout des marins qui sont affectés sur un dock flottant mais aussi, pour 45 d’entre eux, sur le porte-avions USS Carl Vinson.

Personnellement, ce bateau ne me disait rien mais la dépêche nous rappelle que c’est ce porte-avions qui a fait office d’entreprise de pompes funèbres pour Oussama ben Laden, précipitant son corps dans l’océan en respectant cependant, une fadaise de plus ou de moins, le rite musulman.

D’après le vice-amiral Gerald R. Beaman, la politique de la marine à l’égard de la drogue est celle de la « tolérance zéro » parce que :
« L’abus de drogue met en danger les vies et les missions et affaiblit le moral et la disponibilité de l’unité. »
Si on comprend bien ce monsieur, il semble y avoir néanmoins une certains tolérance puisqu’il évoque les effets nocifs de « l’abus » de drogue et non le caractère illicite de ce genre de substances. L’alcool aussi est un facteur de danger, mais je n’ai jamais entendu dire que l’armée américaine l’avait prohibé.

En tout cas, il était temps de faire le ménage car Barack Obama doit se rendre le 11 novembre sur l’USS Carl Vinson où il a été convié à assister à un match de basket-ball entre l’équipe de l’Etat du Michigan et celle de Caroline du Nord
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Parce que le 11 novembre, c’est la fin de la première guerre mondiale et la journée des anciens combattants aux Etats unis. 



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dimanche, octobre 09, 2011

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Oussama ben Laden is "alive and rockin' well' in Lebanon


Non, je sais, Oussama ben Laden est mort depuis quelques années et, surtout, je crois qu'il n'appréciait pas trop le rock and roll. Pourtant, ben Laden reste un personnage d'actualité pour certains qui ne sont pas ceux auxquels on pense habituellement.
Angry Arab attire en effet notre attention sur une manifestation des partisans de Saad Hariri, le poulain des occidentaux au Liban. La manifestation a eu lieu le 7 octobre à Tripoli, la deuxième plus grande ville du Liban, réputée pour être un fief du sunnisme libanais.
Ces gens qu’on encourage à Paris ou à Londres à essayer de prendre la pas sur le Hezbollah manifestent en arborant les portraits de personnages qu’ils admirent, dont celui… d’Oussama ben Laden, réputé ex ennemi public N° 1 des Etats Unis.

Je me suis toujours moqué de la référence dans les media occidentaux au mouvement du 14 mars au Liban comme étant « pro-occidental. » Eh bien, hier à Tripoli, les partisans de Hariri ont participé à une manifestation de protestation contre les régimes syrien et yéménite. Ci-dessous une vue de la manifestation tirée d’al Qods al Arabi (le portrait de ben Laden sera ensuite retiré et la presse libanaise, pour une raison ou une autre, n’a pas publié les photos). Le portrait de l’autre cinglé est celui de Cheikh Adnan Al-Ar’ur, un sectaire religieux d’origine syrienne établi en Arabie Saoudite qui est très influent chez les éléments sectaires extrémistes de l’opposition syrienne (pas dans toute l’opposition, bien sûr).

Effigie d'Oussama ben Laden dans une manifestation des pro Hariri

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vendredi, septembre 02, 2011

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Libye: portrait d'un agent d'al Qaïda avant réhabilitation par la presse "libre"


La machine de propagande de l’OTAN continue à tourner à plein régime au sujet de ce qui s’est passé et continue à se passer en Libye. Quand je dis machine de propagande, je ne parle pas que de bureaux où des agents gouvernementaux fabriquent discrètement des « histoires» qu’ils fourguent à la presse. Vous pouvez en effet inclure aussi dans cette machinerie de propagande ces journalistes qui se présentent comme des portes drapeaux de la démocratie. A moins qu’ils soient extrêmement naïfs, ce dont on peut douter vu l’expérience de certains.
J’écoutais tout à l’heure d’une oreille distraite Alain Duhamel sur Canal +. Un modèle de probité journalistique en effet… J’espère qu’il donne des cours à ceux qui veulent apprendre le métier.  Le « Téléphone sonne » mercredi dernier sur France Inter était encore plus à gerber, d’autant que les journalistes de cette station ont entrepris de participer à l’entreprise de réhabilitation des militants de ce qu’on appelle Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), puisque ces derniers sont désormais des partenaires des démocraties éclairées au même titre que les démocraties avancées du Qatar, de Bahreïn ou d’Arabie Saoudite.

L’histoire semble bégayer avec cette réédition de pratiques coloniales qu’on croyait révolues. Elle bégaie d’autant plus que cette alliance entre les fondamentalistes wahhabites et les puissances occidentales fait furieusement penser au rapport qu’entretenait la secte dite des Assassins avec les Croisés :
Il prêchera désormais la haine contre les représentants de l’islam officiel et verra, ainsi que ses successeurs, d’un bon œil l’arrivée des hordes de Croisés en Orient. Sa prochaine cible fut la Syrie, où il put recruter beaucoup de chiites intégristes et fonder toute une série de villages fortifiés. Massyaf devint l’Alamut de la Syrie et abrita Rachîdaddîn Sinân, un des plus célèbres Vieux de la secte.
L’incompatibilité entre ces extrémistes wahhabites et l’Occident « éclairé » n’est donc que purement théorique et rhétorique et n’empêche nullement qu’une alliance se noue en pratique.

Pepe Escobar nous brosse le portrait d’Abdelhakim Belhadj, un des chefs militaires de la « rébellion » libyenne. A garder en mémoire à chaque fois que vous lirez ou entendrez ici ou là des journalistes « très propres sur eux » vous le présenter comme quelqu’un de fréquentable voire modéré. Il est vrai que pour nos journalistes, l’Arabie Saoudite est un pays «modéré.»

Par Pepe Escobar, Asia Times (Hong Kong) 30 août 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Son nom est Abdelhakim Belhadj. Certains au Moyen Orient, mais très peu en Occident et dans le reste du monde, ont dû en entendre parler

Il est temps de se rattraper. Parce que l’histoire de la manière dont un agent d’al Qaïda est devenu un haut responsable militaire dans une Libye encore déchirée par la guerre est du genre à faire voler en éclats – une fois de plus – ce kaléidoscope qu’est la » guerre contre le terrorisme », ainsi qu’à gravement fragiliser la propagande soigneusement élaborée pour l’intervention « humanitaire » de l’OTAN en Libye.

Mardi dernier, déjà, Belhadj jubilait devant la manière dont la bataille avait été gagnée, avec les forces de Kadhafi fuyant “comme des rats” (notez que la même métaphore est utilisée par Kadhafi lui-même pour désigner les rebelles).
La forteresse de Mouammar Kadhafi à Bab el Azizia a été investie et prise la semaine dernière par les hommes de Belhadj – qui étaient à la tête d’une milice de berbères des montagnes au sud-ouest de Tripoli. La milice est la soi disant brigade de Tripoli, entraînée en secret depuis deux mois par les forces spéciales US. Elle s’est avérée la milice rebelle la plus efficace de ces six mois de guerre civile/tribale.

Abdelhakim Belhadj, alias Abou Abdallah al-Sadek; est un djihadiste Libyen. Né en mai 1966, il a fait ses armes avec les moudjahidine dans le djihad contre les Soviétiques en Afghanistan dans les années 1980. Il est le fondateur Groupe Islamique de Combat Libyen (GICL) et son émir de facto – avec Khaled Cherif et Sami Saadi comme adjoints. Après la prise de pouvoir à Kaboul par les talibans en 1996, le GICL a conservé deux camps d’entraînement en Afghanistan ; un d’entre eux, à 30 kilomètres de Kaboul – dirigé par Abou Yahia – était strictement réservé à des djihadistes liés à al Qaïda.
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Après le 11 septembre, Belhadj est allé au Pakistan et aussi en Irak où il s’est lié d’amitié avec nul autre que l’ultra-méchant Abou Moussab al-Zarkaoui – tout ça avant qu’al Qaïda en Irak fasse allégeance à Oussama ben Laden et Aymen al-Zawahiri et adopte avec enthousiasme ses méthodes macabres.

En Irak, les Libyens se sont trouvés être le plus important contingent de djihadistes étrangers, ne le cédant qu’aux Saoudiens. En outre, les djihadistes Libyens ont toujours été des vedettes du sommet de la hiérarchie de l’al Qaïda historique – d’Abou Faraj al-Libi (chef militaire jusqu’à son arrestation en 2005, et qui reste un des détenus de premier plan dans le centre de détention US de Guantanamo) à Abou al-Laith al-Libi (un autre chef militaire tué au Pakistan début 2008).

L’époque du transfert extraordinaire

Le GICL était dans le collimateur de la CIA depuis le 11 septembre. En 2003, Belhadj  sera finalement arrêté en Malaisie – et puis transféré, dans le style des transferts extraordinaires, vers une prison secrète à Bangkok, et torturé en bonne et due forme.
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En 2004, les Américains décidèrent d’en faire cadeau aux services secrets libyens – jusqu’à sa libération par le régime de Kadhafi en mars 2010 en compagnie de 21 autres “terroristes”, dans une opération de relations publiques claironnée avec grande fanfare.
Le chef d’orchestre n’était pas moins que Saif el-Islam Kadhafi – le visage moderniste du régime formé à la London School of Economics. Les chefs du GICL – Belhadj et ses adjoints Cherif et Saadi – publièrent 447 pages de confessions baptisées « études correctives » dans lesquelles ils déclaraient que le djihad contre Kadhafi était terminé (et illégal) avant d’être finalement mis en liberté.
Un compte rendu fascinant de l’ensemble du processus peut être lu dans un rapport intitulé « Combattre le terrorisme en Libye par le dialogue et la réinsertion. » Notons que les auteurs, des «spécialistes » du terrorisme établis à Singapour qui avaient été des hôtes de choix du régime, expriment leur plus «profonde gratitude » pour Seif el-Islam et la fondation Kadhafi internationale pour le développement qui ont rendu le visite possible.
Un fait très important, toujours en 2007,  le numéro 2 d’al Qaïda à l’époque, Zawahiri, avait annoncé officiellement la fusion du GICL et d’al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Donc, à partir de là, pour tous les aspects opérationnels, le GICL et AQMI n’ont été qu’une seule et même entité – et Belhadj en était l’émir.
En 2007, le GICL appelait au djihad contre Kadhafi mais aussi contre les Etats Unis et tous les « infidèles » occidentaux.
Bien après, en février dernier et en tant qu’homme libre, Belhadj a décidé de retourner au djihad et de joindre ses forces avec la rébellion orchestrée en Cyrénaïque.
Tous les services de renseignements des Etats Unis, d’Europe et du monde arabe savent d’où il vient. ll a déjà fait savoir en Libye que sa milice et lui-même n’auraient de cesse que la sharia soit appliquée.

Il n’y a rien de “pro-démocratie” là dedans – même avec un gros effort d’imagination. Et pourtant, un tel atout ne pouvait pas être tenu à l’écart de la guerre de l’OTAN simplement parce qu’il n’est pas très friand des «infidèles.»
L’assassinat en juillet dernier du chef militaire rebelle, le général Abdel Fatah Younes – par les rebelles eux-mêmes – semble être le fait de Belhadj ou du moins, de personnes très proches de lui. Il est très important de savoir que Younes, avant de faire défection du régime – avait été responsable des forces spéciales qui combattaient avec acharnement le GICL en Cyrénaïque entre 1990 et 1995.
Le Conseil National de Transition (CNT), selon un de ses membres, Ali Tarhouni, a laissé entendre que Younes avait été tué par une mystérieuse brigade connue sous le nom d’Obaida ibn Jarrah (un des compagnons du prophète Mohamed). Pourtant, cette brigade semble maintenant avoir disparu dans la nature.


Ce ne peut être que difficilement un hasard si tous les hauts responsables militaires rebelles sont du GICL, depuis Belhadj à Tripoli à un certain Ismaël Ali Salabi et un Abdelhakim al-Assadi à Derna, sans même parler d’un personnage important, Ali Salabi qui est au cœur du CNT. C’est Salabi qui avait négocié avec Seif al-Islam Kadhafi la « fin » du djihad du GICL, assurant ainsi un brillant avenir à ces « combattants de la liberté » born-again.

Pas besoin d’une boule de cristal pour décrire les conséquences de la prise du pouvoir militaire par le GICL/AQMI -  et de sa présence parmi les « vainqueurs » - qui ne sont pas disposés du tout à céder la place simplement pour satisfaire aux caprices de l’OTAN.

Pendant ce temps, au milieu des brumes de la guerre, on ne sait pas bien si Kadhafi envisage de piéger la brigade de Tripoli dans des combats urbains, ou de forcer la plus grande partie des milices rebelles à pénétrer dans l’immense territoire des tribus Warfallah.
L’épouse de Kadhafi appartient aux Warfallah, la plus grande tribu libyenne, avec plus d’un million de personnes et 54 fractions. Ce qui se dit à mot couvert à Bruxelles est que l’OTAN s’attend à voir Kadhafi combattre pendant des mois sinon des années ; avec la mise à prix de sa tête dans le plus pur style du Texan George W. Bush et le retour désespéré au plan A de l’OTAN qui avait toujours été de l’éliminer, la Libye risque de se trouver devant l’hydre d’une guérilla bicéphale en Libye : les forces de Kadhafi contre un gouvernement central du CNT faible et des soldats de l’OTAN sur le terrain ; et la nébuleuse GICL/AQMI dans un djihad contre l’OTAN (si elle est écartée du pouvoir).

Kadhafi peut bien être une relique dictatoriale du passé, mais ce n’est pas pour rien que vous monopolisez le pouvoir pendant quatre décennies sans, et sans que vos services secrets apprennent une ou deux choses intéressantes. Kadhafi a dit que c’était une opération soutenue par l’étranger et al Qaïda ; il avait raison (même s’il a oublié de dire que c’était pas dessus tout une guerre néo-napoléonienne du président Français Nicolas Sarkozy, mais c’est une autre histoire).
Il avait dit aussi que c’était le prélude à une occupation étrangère dont l’objectif est de privatiser et prendre le contrôle des ressources naturelles libyennes. Il se pourrait bien – encore – qu’il s’avère être dans le vrai.

Les “experts” de Singapour  qui avaient loué la décision du régime de Kadhafi de libérer les djihadistes du GICL l’avaient qualifiée de “stratégie nécessaire pour réduire la menace pour la Libye. »
Aujourd’hui, le GICL/AQMI est finalement en passé concrétiser son rôle en tant que « force politique indigène. »

Dix ans après le 11 septembre, il est difficile de ne pas se figurer le crâne d’une certaine personne tout au fond de la mer d’Arabie se fendre d’un rire qui résonnera longtemps.

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dimanche, mai 15, 2011

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Ils n'ont pas vengé Oussama ben Laden!


Nous venons d’assister aux premières actions meurtrières visant à venger la mort d’Oussama ben Laden au cours d’un raid mené par les forces spéciales US à Abbottābād au Pakistan
En l’espèce, il s’agit de deux attentats commis au Pakistan contre une école de police et un centre de formation paramilitaire et tuant près de 80 personnes.
Après tout, le chef d’al Qaïda ne méritait-il pas d’être vengé de manière spectaculaire ?

Pourtant, si on en croit l’article que je vous propose, ce double attentat n’avait rien à voir avec des représailles pour la mort d’Oussama ben Laden dans un pays où, nous explique l’article, on éprouvait assez peu de sympathie pour le chef d’al Qaïda.
Le double attentat s’expliquerait tout simplement par des réalités politiques et militaires propres à la région où il a été commis.

Propagande, quand tu nous tiens

Par Ariel Zirulnick, Christian Science Monitor 13 mai 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les Talibans Pakistanais ont revendiqué le double attentat suicide de vendredi matin au nord-ouest du Pakistan qui a cause la mort d’au moins 80 personnes, affirmant qu’ils avaient pour but de venger la mort de ben Laden.
“C’était le premier acte de vengeance pour le martyre d’Oussama; Attendez-vous à des attaques plus importantes au Pakistan et en Afghanistan,” a déclaré le porte parole des Talibans pakistanais Ensanullah Ehsan, d’après l’Agence France Presse (AFP).
Mais malgré la colère de l’opinion pour le raid des Etats Unis qui a tué ben Laden dans son compound d’Abbottābād, les attaques prétendument vengeresses des talibans ne semblent pas résonner comme telles chez les Pakistanais. 

La police locale a dit au New York Times qu’elle doutait que les Talibans soient vraiment responsables de cette action, qu’ils considèrent comme une réaction ç une attaque de l’armée pakistanaise contre des militants Talibans dans la région montagneuse voisine appelée Mohmand et a été effectuée par un groupuscule qui combat l’armée dans la région.
Sikandar Hayat Khan Sherpao, un membre de l’assemblée provinciale de Khyber-Pakhtunhwa, explique que le centre d’entrainement a été la cible fréquente d’attaques par des militants. « Fondamentalement, la menace vient de Mohmand où il existe encore des poches de militants qui restent actives, » dit-il.
“Je pense que cette attaque ne vient pas en représailles pour l’incident d’Abbottābād. C’est surtout que depuis un mois et demi, une nouvelle opération militaire a commencé à Mohmand où l’armée fait campagne contre les militants, » dit-il. « Alors on peut voir cette attaque comme une riposte à l’opération en cours à Mohmand. »

De fait, le Washington Post a annoncé qu’une source Taliban s’exprimant sous couvert d’anonymat a contesté le motif de l’attaque déclaré par son organisation, déclarant qu’elle « avait pour but de punir l’armée pour l’offensive de Mohmand, pas pour la mort de ben Laden. »
Les attentats ont eu lieu à Shabqadar Tehsil, dans le district de Charsadda au nord-ouest du Pakistan, une région tribale que le Pakistan a du mal à contrôler et est devenue un refuge pour les organisations militantes.

Selon le Washington Post, les forces spéciales US ont participé la formation de forces paramilitaires dans ces installations. Les organisations militantes pakistanaises sont farouchement opposées à la coopération entre les gouvernements et les forces de sécurité des Etats Unis et du Pakistan.
On s’attendait à des attentats vengeurs – la semaine dernière, les Talibans Pakistanais avaient menace d’attaquer les forces de sécurité du pays – mais il y a eu peu de manifestations après la mort de ben Laden. Il n’y a guère se sympathie pour lui chez la majorité es pakistanais qui ont eu plus de tués dans des attentats à la bombe ces dernières années que les Américains n’en ont eu le 11 septembre, rapporte l’AFP.

L’indignation de l’opinion a surtout découlé du fait que les Etats Unis ont réalisé le raid sans l’accord et à l’insu du Pakistan, pas du fait que le raid s’est soldé par la mort de ben Laden. Le fait qu’une attaque contre des Pakistanais ait été une réponse à des actions unilatérales des Etats Unis ne peut qu’accroître la colère de la population contre les Etats Unis, selon le Washington Post.

Le premier ministre pakistanais, Yousuf Raza Gilani, a laissé entendre cette semaine dans un entretien exclusive avec Time magazine, que la colère de plus en plus forte de l’opinion pourrait l’obliger à agir contre les intérêts des Etats unis.
« Je ne suis pas un dictateur militaire; je suis une personnalité publique, » a déclaré le premier ministre à Time, qui s’exprimait dans le palais où il réside sur les hauteurs d’Islamabad. « Si l’opinion publique est contre vous [voulant dire par là ses alliés Américains], alors je ne pas lui résister et rester de votre côté. Je dois être avec mon opinion publique. »

Le Pakistan se retrouve dans une situation difficile depuis le raid contre ben Laden – alors que les Etats Unis exigent des explications pour savoir comment ben Laden pouvait avoir vécu dans le pays pendant des années sans être repéré, l’opinion pakistanaise exige de son gouvernement qu’il pose des limites à ce que les Etats Unis peuvent faire en territoire pakistanais.

Le journal pakistanais The Nation avait rapport avant l’attentat que le chef de l’armée, le général Ashfaq Parvez Kayani allait probablement diminuer la dépendance vis-à-vis des Etats Unis pour la formation et assistance en matière de sécurité et coopérer désormais au niveau du minimum nécessaire pour garantir que le Pakistan continuera à recevoir de l’aide US. Dans le même temps, les Etats Unis exigent que l’armée rompe ses liens avec des organisations militantes – une exigence qui sera difficile à satisfaire.

La liste des demandes américaines équivaut à une transformation du jour au lendemain de la posture stratégique adoptée de longue date par le Pakistan et qui consiste à se servir d’organisations comme instruments contre ses voisins. Ces demandes interviennent au moment où le général Kayani fait face à une montée de la pression anti-américaine de la part des généraux de son haut commandement qui veulent une ligne dure, ont déclaré deux personnes que nous avons rencontrées avec lui.

Eliminer les dirigeants de ces organisations – des auxiliaires de longue date de l’armée et des services secrets pakistanais – entraînerait un tel retour de flamme de la part des militants qu’il pourrait s’en suivre une « guerre civile » au Pakistan, déclare un ancien haut responsable Pakistanais qui a été consulté par le général Kayani après le raid contre ben Laden. Dans les rangs hiérarchiques subalternes, beaucoup éprouvent plus de sympathie pour les groupes militants que pour les Etats Unis.

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