jeudi, janvier 19, 2012

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Un son de cloche différent sur la Syrie


Jonathan Steele est un grand reporter Britannique spécialiste des affaires étrangères qui écrit pour le Guardian. Ce journal offre, aussi bien à ses journalistes qu’à d’autres rédacteurs, la possibilité d’écrire dans une rubrique de commentaires libres qui ne reflètent donc pas nécessairement sa ligne éditoriale. Jonathan Steele ne s’en prive pas et c’est de cette façn qu’il nous livre son analyse sur ce qui se passe en Syrie.
Son analyse (argumentée) est que la Syrie ne fera sans doute pas l’objet d’une agression comme celle dont a été victime récemment la Libye mais qu’elles est dores et déjà sous le coup d’une agression ç visée déstabilisatrice sur le mode dont les Américains étaient coutumiers en Amérique latine au temps de la guerre froide : aider des bandes rebelles à s’organiser et à s’armer dans un territoire limitrophe, leur donner des renseignements sur l’état et les mouvements des forces gouvernementales ainsi qu’un appui propagandiste dans la presse dite libre.
Le but est au minimum d’user et d’affaiblir le pouvoir en place et, si les circonstances le permettent, d’aboutir à son renversement.


La popularité d’Assad, les observateurs de la Ligue Arabe, l’implication militaire des Etats Unis: tout cela est distordu par la propagande de guerre occidentale.
Par Jonathan Steele, The Guardian (UK) 17 janvier 2012

Supposez qu’une enquête d’opinion digne de confiance constate que la plupart des Syriens sont en faveur du maintien au pouvoir de Bachar al-Assad, ne serait-ce pas une information majeure ? Tout particulièrement du fait que cette conclusion irait à l’encontre du discours dominant sur la crise syrienne, et que les media considèrent ce qui est inattendu comme plus intéressant à rapporter que ce qui est évident ?

Pas toujours, hélas. Quand la couverture d’un drame en cours cesse d’être juste et se transforme en arme de propagande, les faits gênants doivent être occultés. Il en a été ainsi pour les résultats d’un récent sondage YouGov Siraj sur la Syrie commandé par The Doha Debates, financé par la Qatar Foundation. La famille royale du Qatar a adopté une des lignes les plus dures contre Assad – l’émir vient juste d’appeler à une intervention de troupes arabes – ça a donc été une bonne chose que Doha Debates ait publié le sondage sur son site web. Ce qui est dommage, c’est qu’il a été ignoré par presque tous les organes de presse de chaque pays occidental dont le gouvernement a appelé Assad à s’en aller.

La conclusion principale était que, alors que la plupart des Arabes ailleurs qu’en Syrie, pensent que le président devrait démissionner, les attitudes à l’intérieur du pays sont différentes. Quelque 55 % des Syriens veulent qu’Assad reste, par crainte d’une guerre civile – un spectre qui n’a pas le même caractère théorique que pour les Syriens qui résident à l’étranger. La moins bonne nouvelle pour le régime d’Assad est que le sondage a aussi observé que la moitié des Syriens qui acceptent son maintien au pouvoir considèrent qu’il doit organiser des élections libres dans un futur proche. Assad prétend qu’il est sur le point de le faire, une promesse qu’il a répétée dans ses derniers discours. Mais il est d’une importance vitale qu’il promulgue la loi électorale le plus vite possible, autorise les partis politiques et s’engage à permettre à des observateurs indépendants de contrôler le scrutin.

Le biais dans la couverture médiatique continue avec la distorsion de la mission d’observation de la Ligue Arabe en Syrie. Quand la Ligue avait soutenu une zone d’exclusion aérienne en Libye au printemps dernier, elle avait eu droit aux éloges de l’Occident pour son action. Sa décision de faire médiation en Syrie a été moins bien accueillie par les gouvernements occidentaux et par les organisations d’opposition syriennes les plus en vue qui sont de plus en plus en faveur d’une solution militaire plutôt que politique. La démarche de la Ligue a donc été rapidement mise en doute par les dirigeants Occidentaux, et la majorité des média occidentaux s’est faite l’écho de cette position. La crédibilité du président Soudanais de la mission a été attaquée. Des critiques du fonctionnement de la mission formulées par un de ses 165 membres ont fait les gros titres. Des demandes ont été faites pour que la mission se retire en faveur d’une intervention de l’ONU.

Les détracteurs semblaient craindre de voir la mission d’observateurs Arabes rapporter que la violence armée n’est plus l’apanage des forces du régime, et que l’image de manifestants pacifiques brutalement réprimés par l’armée et la police est fausse. Homs et quelques autres villes syriennes sont en train de devenir comme Beyrouth dans les années 1980 ou Sarajevo dans les années 1990, avec des affrontements entre milices qui font rage le long de lignes de faille ethniques et sectaires.

Il en va de même pour l’intervention militaire étrangère qui a déjà commence. Elle ne suit pas le modèle libyen car la Russie et la Chine sont furieuses d’avoir été bernées par l’occident au Conseil de Sécurité l’an dernier. Elles n’accepteront pas une résolution de l’ONU qui permettrait un quelconque recours à la force. Le modèle pour la Syrie est d’un type plus ancien, qui remonte à l’époque de la guerre froide, avant que les « interventions humanitaires » et la « responsabilité de protéger » soit développée et souvent utilisée à mauvais escient. Souvenez-vous du soutien de Ronald Reagan aux contras qu’il armait et entraînait pour essayer de renverser le gouvernement sandiniste du Nicaragua à partir de bases au Honduras ? Remplacez le Honduras par la Turquie, la base arrière où la soi-disant Armée Syrienne Libre s’est installée.

Là aussi, le silence des media occidentaux est remarquable. Aucun journaliste n’a rendu compte d’un article important de Philip Giradi, un ancien officier de la CIA qui écrit maintenant pour American Conservative – un magazine qui critique le complexe militaro-industriel d’un point de vue néoconservateur dans la ligné de Ron Paul, qui s’est classé deuxième dans la primaire républicaine du New Hampshire la semaine dernière. Giraldi affirme que la Turquie, un pays membre de l’OTAN, est devenue l’agent exécutant de Washington et que des avions militaires de l’OTAN dont les marques d’identification ont été retirées se sont posés à Iskenderun près de la frontière syrienne pour débarquer des volontaires Libyens et des armes saisies dans l’arsenal de feu Mouammar Kadhafi. « Des formateurs appartenant aux forces spéciales françaises et britanniques sont sur place, » écrit-il, « prêtant assistance aux rebelles tandis que la CIA et les Special Ops US fournissent du matériel de télécommunications et des informations pour aider la cause rebelle, rendant les combattants capables d’éviter les concentrations de troupes syriennes… »

Alors que le risque d’une guerre totale augmente, les ministres des affaires étrangères de la Ligue Arabe s’apprêtent à se rencontrer au Caire ce weekend pour discuter de l’avenir de leur mission en Syrie. Il y aura à coup sûr des informations des media occidentaux pour souligner les propos de ces ministres qui ont le sentiment que la mission a « perdu sa crédibilité, » « a été dupée par le régime » ou « a échoué à faire cesser la violence. » Les arguments contraires seront minimisés ou occultés.

Malgré les provocations venues de tous côtés, la Ligue devrait s’en tenir à ses constatations. Sa mission en Syrie a vu des manifestations pacifiques aussi bien pour que contre le régime. Elle a vu, et dans certains cas souffert, de la violence exercée par des forces d’opposition. Mais elle n’a pas encore eu assez de temps ni de personnel suffisamment nombreux pour parler avec un large échantillon d’acteurs en Syrie et donc pour pouvoir faire un ensemble de recommandations claires. Par-dessus tout, elle n’a même pas commencé à accomplir cette partie de son mandat qui lui demande de contribuer au lancement d’un dialogue entre le régime et ses détracteurs. La mission doit rester en Syrie et non être brusquement révoquée.

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dimanche, septembre 25, 2011

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De Truman à Obama, le poids de plus en plus insupportable du lobby sioniste

J’ai brièvement évoqué ici le discours sioniste d’Obama à la tribune des Nations Unies. En soi, le comportement d’Obama ne diffère cependant  pas fondamentalement de celui de ses prédécesseurs dans une tradition qui remonte au président Harry Truman et qui consiste à se soumettre au lobby sioniste.
Une des  différences pourtant est que cette pression est plus forte que jamais compte tenu de l’isolement croissant de l’entité sioniste attesté par les votes à l’ONU mais aussi par les récentes évolutions des diplomaties égyptienne et turque. De ce fait, l’entité sioniste tend à s’arcbouter sur son pré carré traditionnel, les Etats Unis et l’Europe pour l’essentiel.
L’autre différence est que la soumission au lobby n’est plus suffisante pour garantir une victoire électorale via les fonds de campagne et un traitement médiatique privilégié. Et ce, pour la simple raison que tous ceux qui aspirent à la magistrature suprême à Washington font dans la surenchère sioniste, affirmant que tel ou tel rival n’est pas assez favorable à l’Etat voyou et cherchent à donner des gages de leur adhésion au sionisme le plus fanatique.
Parce que leur élection dépendra effectivement des likoudniks Juifs Américains qui sont les véritables dirigeants de l’entité sioniste. Banquiers, financiers, avocats, patrons de presse, producteurs audiovisuels, patrons de loteries ou de casinos, responsables associatifs, ces ultra nationalistes suprématistes sont capables d’activer les relais qui leur appartiennent ou qui dépendent d’eux pour faire ou défaire les réputations politiques. Ils sont capables de fournir les partisans « pour » et « contre » un candidat et de décider lesquels pourront parler le plus fort en fonction du comportement des candidats à la présidentielle.
Ce qui donne une démocratie dévergondée avec le paradoxe d’une liberté individuelle qui reste vivante mais où les individus citoyens n’ont plus guère le choix qu’entre des candidats ,et donc des projets, adoubés par le lobby sioniste.
Lawrence of Cyberia nous rappelle opportunément le rôle déterminant d’un prédécesseur d’Obama dans la genèse de ce conflit du Proche Orient qui a vu pour la première fois un président US s’humilier en reniant publiquement tous les principes par lui-même affichés. (George W. Bush avait au moins laissé à Colin Powell le soin de se ridiculiser en brandissant son flacon d’urine à l’ONU)
Et que l’histoire de l’entité sioniste n’est rien d’autre que celle d’une injustice commise aux dépends su peuple palestinien au mépris des règles de droit. Du brigandage pur et simple.
NB. Les extraits des ouvrages de Quigley et Hadawi compotent des annotations qui renvoient à leurs sources. Je ne les ai pas reprises, vous les retrouverez sur le site don j’ai tiré l’article.

Sur la raison pour laquelle la Micronésie s’oppose à l’autodétermination palestinienne
Par Lawrence of Cyberia, 21 septembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
Ira Glunts a posté aujourd’hui un message dans Mondoweiss au sujet des reactions palestiniennes au discours d’Obama devant l’assemblée générale de l’ONU. Il a relevé la réaction d’Hanan Ashrawi qui citait  les efforts que les Etats Unis sont prêts à faire pour empêcher une reconnaissance internationale d’un Etat de palestine.
Ce que j’entendais était incroyable. C’était comme si les palestiniens occupaient Israël. Il n’y avait aucune empathie avec les palestiniens, il n’a parlé que des problèmes israéliens.

Il nous a dit qu’il n’était pas facile de parvenir à la paix, merci mais nous le savons. Il a parlé des droits universels – Bien, ces mêmes droits s’appliquent aux Palestiniens.

{Les Américains] exercent d’énormes pressions sur tous les membres de l’ONU, ils usent de la menace et de la coercition. J’aimerais qu’ils investissent autant d’énergie dans une démarche de promotion de la paix, pas de menaces.
Après avoir lu ce texte, la comparaison évidente qui m’est venue à l’esprit était avec la réunion de l’Assemblée générale de l’ONU du 29 novembre 1947 qui avait adopté la proposition de partition de la Palestine. Je veux parler des menaces et de la coercition exercées par les Etats Unis sur les Etats membres les plus dépendants, afin de s’assurer que l’ONU recommanderait une partition de la Palestine entre un Etat juif et un Etat arabe, en dépit des objections de la grande majorité de la population palestinienne, et malgré le fait que le comité spécial de l’ONU sur la Palestine avait déjà conclu que la création d’un foyer national juif en Palestine contre la volonté du peuple palestinien « pourrait bien être contraire » au principe d’autodétermination [note 1] en contradiction avec la propre charte de l’ONU.[2]
Extrait de John Quigley’s Palestine and Israel: A Challenge to Justice, (Duke University Press, 1990, pp.36-7, 39):
Le 25 novembre 1947, le comité ad hoc avait approuvé la recommandation de partition faite par la sous commission I par un vote de 25 voix contre 16 avec 17 abstentions. Si elle suffisait pour présenter le plan en sous commission, cette marge n’atteignait pas la majorité des deux tiers exigible pour un passage devant l’Assemblée Générale. A ce stade, les Eats Unis étaient apparus comme le plus agressif des partisans de la partition. La majorité des pays européens, dont l’Union Soviétique, la soutenaient mais la plupart des pays du Tiers Monde la voyaient comme une violation des droits des Arabes.]
Les Etats Unis obtinrent de l’Assemblé Générale que le vote soit retardé afin “d’avoir le temps de rallier certaines républiques d’Amérique latine à leurs vues.”  Les officiels US, « sur instructions directes de la Maison Blanche, » usèrent de « toutes les formes de pressions, directes et indirectes » pour “faire en sorte que la majorité nécessaire “ soit obtenue, selon l’ancien sous-secrétaire d’Etat Sumner Welles. Des membres du Congrès des Etats Unis avaient menacé plusieurs pays du tiers Monde d’une réduction de l’aide économique. Dans une ultime tentative de compromis et une concession majeure, plusieurs pays arabes avaient propose un plan de gouvernement fédéré pour la Palestine. Semblable à une proposition minoritaire du comité spécial, ce plan appelait à une fédération des composantes juive et arabe. La Colombie avait demandé de renvoyer la question devant le comité ad hoc pour de nouvelles démarches afin d’atteindre une solution acceptable aussi bien par les Arabes que par les Juifs de Palestine.

On avait peu de raisons de croire, fin 1947, que le délicat arrangement prévu par le plan de partition pourrait s’attirer un niveau de coopération suffisant de la part des parties arabe et juive. Mais l’Assemblée Générale s’engagea vers un vote sur le plan de partition. Le 29 novembre, elle adopta un projet de résolution comprenant le plan de partition, la résolution 181. La résolution obtint de justesse la majorité des deux tiers – 33 pour, 13 contre et 10 abstentions.

Parmi les pays qui changèrent leurs votes entre le 25 et le 29 novembre et qui permirent d’atteindre la majorité des deux tiers, se trouvaient le Libéria, les Philippines et Haïti. Tous fortement dépendants financièrement des Etats Unis, ils avaient subi des pressions pour modifier leurs votes. Certains délégués avaient accusé les officiels US «d’intimidation diplomatique». Sans une « pression terrible» des Etats Unis sur des “gouvernements qui ne peuvent pas courir le risque de représailles américaines” expliquait un éditorialiste anonyme, la résolution “n’aurait jamais été adoptée.”

La réalité de ces pressions est devenue un fait de notoriété publique, à tel point qu’un groupe de stratégie politique du Département d’Etat s’était inquiété que « le prestige de l’ONU » puisse en souffrir en raison du « caractère notoire et du ressentiment envers les activités des groupes de pression US, dont des membres du Congrès qui ont cherché à imposer le point de vue américain sur la partition à des délégations étrangères. »


Extrait de Sami Hadawi's, Bitter Harvest: A Modern History of Palestine, fourth edition, pp 75 & 76:
Le rôle joué par les Etats Unis – gouvernement et personnes privées – pour aboutir à in vote majoritaire à l’Assemblée générale est illustré au mieux par la citation de sources américaines:
1.L’Hon. Lawrence H. Smith a déclaré au Congrès. “Regardons le dossier, M. le président, et voyons ce qui s’est passé à la session de l’Assemblée Générale de l’ONU avant le vote sur la partition. Une majorité des deux tiers était nécessaire pour l’adoption de la résolution. A deux reprises, l’Assemblée était sur le point de voter et par deux fois le vote fut reporté. Il était évident qu’un délai était nécessaire parce que ceux qui proposaient lé résolution (les USA et l’URSS) n’avaient pas suffisamment de voix. Dans l’intervalle, des sources fiables rapportent qu’une pression intense a été exercée sur les délagués de trois petites nations par des représentants des Etats unis et par des officiels ‘aux plus hauts échelons à Washington’. C’est une accusation grave. Quand la question a finalement été soumise aux voix le 29 novembre, que s’est-il passé ? Les votes décisifs en faveur de la partition ont été apportés par Haïti, le Libéria et les Philippines. Ces voix avaient suffi pour faire une majorité des deux tiers.
Dans un premier temps, ces pays s’étaient opposes à cette proposition… la pression exercée par nos délégués, par nos officiels, et par des personnes privées de notre pays constituent une conduite répréhensible contre ces pays et contre nous. »

2. Le journaliste Drew Pearson avait expliqué dans un éditorial qu’en fin de compte, ‘beaucoup de gens avaient usé de leur influence pour forcer la main aux votants. Harvey Firestone, qui possède des plantations d’hévéa au Libéria s’est occupé du gouvernement du Libéria. Adolphe Berle, conseiller du président Haïtien a retourné son vote… L’ambassadeur de Chine, [la Chine d’avant le communisme] Wellington Koo avait averti son gouvernement… L’ambassadeur de France avait plaidé en faveur de la partition auprès de son gouvernement miné par la crise.”

“Peu de gens le savent, » avait-il écrit après la partition, ‘mais le président Truman avait pesé plus que jamais de tout son poids sur le département d’Etat avant de faire basculer le vote aux nations Unies sur le partage de la Palestine. Truman avait convoqué le Secrétaire d’Etat par intérim Lovell mercredi à la Maison Blanche, puis vendredi encore pour l’avertir qu’il exigerait de lui qu’il s’explique complètement si des nations qui s’alignent habituellement sur les Etats Unis manquaient à le faire sur la Palestine… »
Sumner Welles avait affirmé: «Sur ordre direct de la Maison Blanche, toutes les formes de pressions, directes ou indirectes, ont été exercées par des officiels Américains sur ces pays, à l’exclusion des pays musulmans, dont on savait qu’ils étaient opposés à la partition ou hésitants. Des diplomates ou des intermédiaires ont été utilisés par la Maison Blanche pour faire s’assurer de réunir au moins la majorité nécessaire »

4. Pour James Forrestal, alors Serétaire à la Défense, “Les méthodes qui avaient été utilisées … pour exercer une coercition et contraindre les autres nations de l’Assemblée Générale frôlaient le scandale’…

Sir Zafrulla Khan, ancien ministre des affaires étrangères du Pakistan et chef de la délégation de ce pays à l’ONU en novembre 1947.
En écoutant en direct le discours d’adieu de Kofi Annan sur une chaîne d’informations américaine diffuse dans le monde entier, quelqu’un a été trrès étonné d’entendre M. Annan baser ses cinq postulats pour une paix future sur ces citations de feu le président Truman. M.Truman n’avait pas grand-chose d’un Woodrow Wilson ou d’un Wendel Wilkie et encore moins d’un oracle.

Une des questions qui alimentait le désarroi de M. Annan était la Palestine. Voici un récit de première main, tire des memoires de Sir Zafrulla Khan, ancien minister des affaires étrangères du Pakistan, sur le rôle pas si visionnaire que ça que M. Truman joua dans la partition de la Palestine en 1948 à l’ONU.
“Le facteur décisif fut le rôle du président Truman qui ,en qualité de vice président assuma la présidence des Etats Unis à la mort du président Roosevelt au printemps 1945. Truman voulait être élu président à l’élection de 1948 mais il n’avait pas l’ensemble de son parti derrière lui. Les Juifs [sic] avaient une position forte dans la ville de new York, et l’Etat du même nom devait aller dans la même direction politique  que la ville.  Le vote juif dans la ville pouvait s’avérer déterminant. Le président Truman est alors devenu un partisan résolu de la partition de la Palestine. La délégation US à l’ONU ne s’en réjouissait pas vraiment. Le conseiller juridique de la délégation avait fait connaître au président ses doutes sur la compétence de l’Assemblée Générale pour décider de la partition d’un pays. Mais le président étai resté ferme sur ses positions en faveur des Juifs [sic].

“Le débat en plénière avait démarré dans une atmosphère très tendue. Il atteint son étape finale mercredi avant Thanksgiving. Un pointage soigneux avait confirmé l’impression qui ressortait des discours prononcés pendant la plénière, que la résolution n’avait pas l’appui d’une majorité des deux tiers.
Le matin, avant le début des débats à l’Assemblée, j’avais en tant que chef de la délégation pakistanaise appelé M. Dennis, le chef de la délégation du Libéria qui m’avait assuré que les instructions de son gouvernement étaient de voter contre la partition et ‘il) avait ajouté : mais nous subissons de fortes pressions des Etats Unis. Il faudrait faire que le vote ait lieu aujourd’hui, parce que je ne sais pas ce qui pourrait arriver demain. »

“Le général Romulo, ministre Philippin des affaires étrangères était allé à la tribune et avait condamné fermement la partition dans un discours d’une éloquence flamboyante. Le représentant Haïtien avait déclaré qu’il voterait contre la partition.

“Vers l’heure du déjeuner, la rumeur a circulé que le président [de l’Assemblée] n’avait pas l’intention de faire procéder au vote ce jour-là. Le Dr Fadhil Jamali ; ministre Irakien des affaires étrangères et le chef de la délégation pakistanaise appelèrent le président et découvrirent qu’il avait décidé de reporter le vote à vendredi.

Ses excuses étaient fragiles, mais il resta ferme. A la fin de la réunion de l’après-midi, il ajourna la session jusqu’à vendredi matin. Jeudi, le président Truman appela personnellement au téléphone certains chefs d’Etat et les persuada de modifier leur position sur la question de la partition de la Palestine pour passer d’une opposition à un soutien.
Entre autres, le Libéria, Haïti et les Philippines changèrent de position.

“La résolution fut adoptée, les dés étaient jetés, et les Arabes et les Juifs étaient partis pour un affrontement de plusieurs générations. Le président Truman restera dans l’histoire comme l’homme d’Etat qui prit la décision de larguer les premières bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, et dont la détermination a poussé à la partition de la Palestine par le truchement des Nations Unies.
M.J. AS’AD
Karachi
Dawn Newspaper, (Pakistan) 19 Dec 2006
Alors, pour poser les choses clairement: les Etats Unis qui, à une époque, ont contraint des membres de l’ONU à accorder à Israël sa partie de la solution à deux Etats alors qu’aucun consensus évident n’existait sur cette étape, tente aujourd’hui de forcer des membres de l’ONU à ne PAS établir la partie palestinienne de la solution à deux Etats, alors même qu’existe un large consensus en sa faveur. Et ce sont les mêmes Etats Unis qui ont été ces 20 dernières années les seuls médiateurs d’un « processus de paix » supposé chercher à aboutit à l’établissement de cette solution à deux Etats. Faut-il vraiment se poser la question de savoir pourquoi ce processus a échoué ?
Notes:
[1]  En ce qui concerne le principe de l'autodétermination, bien que la reconnaissance internationale a été renforcée à la fin de la Première Guerre mondiale et a été respecté à l'égard des autres territoires arabes, à l'époque de la création des mandats "A", il n'a pas été appliqué à la Palestine, à cause évidemment de l'intention de rendre possible la création d'un foyer national juif là-bas. En fait, on peut  dire que le foyer national juif et  Mandat sui generis sur la Palestine allaient à l'encontre de ce principe.
- UN Special Committee on Palestine (UNSCOP), Report to the General Assembly, 3 September 1947. Paragraph 176.

[2]  Les buts des Nations Unies sont les suivants :
1.    Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d'écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d'agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix;
2.    Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde;
3.    Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d'ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire, en développant et en encourageant le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinctions de race, de sexe, de langue ou de religion;
4.    Être un centre où s'harmonisent les efforts des nations vers ces fins communes.

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mercredi, octobre 27, 2010

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Les sionistes vont-ils déclencher leur guerre d'indépendance?

Je l'ai rappelé récemment, mon point de vue est que les Etats unis sont la métropole coloniale de l'entité sioniste comme hier, la France était la métropole de l'Algérie ou d'autres colonies.
Un événement tout récent vient encore renforcer ce qui est pour moi plus qu'une conviction. C'est tout simplement que l'entité sioniste vient d'inaugurer son propre mouvement Tea-Party. La Tea-Party est ce mouvement ultra conservateur qui a pris corps aux Etats Unis et qui cherche à remobiliser l'électorat populaire en faveur d'un parti Républicain qui se repositionnerait résolument à droite. Compte tenu du fait que le parti Républicain est un parti de droite, il s'agit tout simplement d'une dérive vers l'extrême droite.
Le fait qu'un mouvement Tea-party s'organise également dans l'entité sioniste est tout  à fait significatif car l'appellation même de ce mouvement renvoie à un moment singulier et fondateur de l'histoire des Etats Unis. En France, comme dans n'importe quel pays, tout le monde trouverait parfaitement incongru d'appeler Tea-party un mouvement politique.
Pas dans l'entité sioniste. Et on peut lire dans le Jerusalem Post que:
Le nouveau mouvement tiendra sa cérémonie d'inauguration dimanche soir, dans les locaux de l'organisation sioniste d'Amérique à Tel-Aviv, sous la bannière "Dire non à Obama".
Premier objectif : empêcher le Premier ministre Binyamin Netanyahou de céder aux pressions de l'administration américaine qui appelle à la reconduction du moratoire sur les constructions en Judée-Samarie (Cisjordanie occupée, NdT).
Cette Tea-party sioniste a bel et bien des points communs avec son modèle  des Etats Unis puisqu'il est question de dire "non à Obama". Mais enfin, le Likoud, le parti Shass et d'autres disent généralement non à Obama sans pour autant s'être transformés en Tea-party.
La solution à ce problème nous est fournie par le Daily Telegraph de Londres:
Selon Michael Kleiner, un ancien député du Likoud qui est un des éléments moteurs derrière ce mouvement, les politiques de M. Obama à l'égard d'Israël ressemblent aux attitudes des Britanniques dans l'Amérique du 18ème siècle qui ont causé la Boston Tea-Party originale.
La Boston Tea-party marque le point de départ de la guerre d'indépendance de cette colonie britannique qui deviendra les Etats Unis d'Amérique.

L'entité sioniste est donc bel et bien une colonie des Etats Unis. Va-t-elle enfin mener sa guerre d'indépendance?
Mon avis: ça m'étonnerait, elle a trop besoin du fric des contribuables Américains.

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mardi, août 18, 2009

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Hitler a-t-il serré la main de Jesse Owens?

Berlin 1936, Jesse Owens et son concurrent (et néanmoins ami) Lutz Long
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Je ne sais pas trop comment introduire ce texte alors je dirais d’abord que c’est un article intéressant dont les informations, si elles sont avérées, nous en apprennent un peu plus sur la façon dont l’histoire de la seconde guerre mondiale a été mise en scène par les ennemis puis les vainqueurs d’Adolf Hitler.
Mais qu’on ne s’y méprenne pas, il est hors de mon propos de réhabiliter peu ou prou le chef de l’Allemagne nazie : le caractère hautement nocif de son idéologie et des actes qui en ont découlé est une certitude.
Ce que je veux dire, c’est que nous attendons toujours une histoire réelle de la formation puis de l’accession au pouvoir de l’idéologie nazie ainsi que du déclenchement de la guerre et des événements qui s’en sont ensuivis.
En fait cette historiographie existe et évolue au fil du travail des historiens. Cependant elle reste le domaine des spécialistes à l’université, dans les laboratoires de recherche, les éditions spécialisées. Je ne parle donc pas là de publications réputées apocryphes telles celles du professeur Faurisson par exemple, mais d’ouvrages connus et reconnus des institutions académiques. Les travaux de
Robert O. Paxton sur la France de Vichy sont un bon exemple du genre d’œuvres dont je parle.
Au lieu de quoi, l’histoire véhiculée par la presse écrite ou audio-visuelle tend à être dominée par un ensemble de mythes, de schémas réducteurs où les notions de bien et de mal (le nazisme étant le mal absolu) sont monnaie courante. De cet ensemble de mythes et de schémas, nulle rationalité ne saurait être dégagée et nous ne saurions en tirer aucun élément de compréhension du fait qu’un peuple éduqué a pu se laisser entraîner par quelqu’un généralement décrit comme fou.
Et ce n’est donc pas un hasard si l’historiographie grand public de cette période tend de plus en plus à se restreindre à ce qu’on appelle l’holocauste, c’est-à-dire la persécution et la tentative d’élimination des Juifs européens. C’est cette histoire mythifiée qui se prête à l’instrumentalisation idéologique notamment par le sionisme.
Pourtant, si on veut bien situer Hitler dans le contexte de son époque, on s’aperçoit que son discours sur la supériorité raciale n’avait rien d’aberrant ni d’original en son temps.
Sur ce site internet, vous trouverez un échantillon de l’iconographie raciste utilisée par la plupart des parties au conflit, que ce soient les «bons» ou les « méchants.» La théorie de la supériorité de l’homme blanc était au minimum une idée reçue et partagée dans les sphères dirigeantes si ce n’est dans le petit peuple. Winston Churchill avait par exemple synthétisé au mieux les idées islamophobes de l’époque et, deuxième guerre mondiale ou pas, nous voyons que ces thématiques islamophobes ressurgissent aujourd’hui.
Preuve s’il en est que si les leçons de l’histoire coloniale n’ont pas été tirées, celles de la seconde guerre mondiale ne l’ont pas été non plus en dépit d’une inflation de films, documents, documentaires et autres supports pédagogiques.
J’en reviens maintenant au sujet de l’article, c’est-à-dire l’immense champion que fut Jesse Owens et sa poignée de mains avec Hitler. Cette poignée de mains est en réalité en plein dans l’actualité.

En effet l’athlète Jamaïcain Usayn (tiens, un prénom musulman) Bolt vient de s’illustrer dans le même stade et sur le même type d'épreuve que Jesse Owens il y a 73 ans. L’occasion pour le Figaro (et probablement d’autres journaux) de nous rappeler que en remportant la compétition,
«L'icône noire narguait ainsi l'Allemagne nazie et ses revendications aryennes, au point que le Führer préféra quitter la tribune lorsque l'Allemand Lutz Long céda devant la légende en finale du saut en longueur ».
Assez curieux, dirons-nous que le Figaro considère que l’icône noire, ainsi qu’il désigne Owens, ait « nargué ainsi l’Allemagne nazie,» lui qui subissait la ségrégation aux Etats Unis, une pratique pas franchement reluisante. Or si malgré cet article le doute subsiste encore sur la réalité de la poignée de mains entre le dirigeant nazi et Jesse Owens, ce qui est avéré par contre est que ce dernier affirmera plus tard avoir été mieux traité dans l’Allemagne nazie que dans les USA de la ségrégation.

Hitler a-t-il serré la main de Jesse Owens, le héros des olympiades de 1936 ?
Par Allan Hall, Daily Mail (UK) 11 août 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri


L’incident fut longtemps considéré comme un des plus grands camouflets sportifs de l’histoire – quand Hitler avait quitté précipitamment le stade olympique de Berlin parce que l’Allemagne avait été humiliée par un homme noir.
C’était en 1936 et Jesse Owens, un incroyable athlète Américain venait juste de remporter sur 100 mètres la première de ses quatre médailles d’or.
Hitler, qui la veille, avait serré la main de tous les vainqueurs Allemands de l’olympiade, avait quitté le stade furieux de voir ses supermen aryens battus par leurs supposés racialement inférieurs.
C’est ce qu’on raconte.
Mais aujourd’hui, un journaliste sportif Allemand de l’époque se manifeste pour affirmer que, même si Hitler avait effectivement quitté le stade après la course, ce ne fut pas avant d’avoir serré la main d’Owens.
Siegfried Mischner, 83 ans, affirme qu’Owens avait dans son portefeuille une photo du Führer faisant précisément ce geste.
Owens, qui trouvait que les éditions du jour des journaux rendaient compte de manière ‘injuste’ de l’attitude d’Hitler envers lui avait essayé dans les années 1960 d’obtenir de Mischner et de ses collègues journalistes une modification de la version admise de cette histoire.
Mischner affirme qu’Owens lui avait montré une photographie et lui avait dit : «C’était un de mes plus grands moments.».
Mischner explique : «Elle avait été prise derrière la tribune d’honneur et donc hors de portée des objectifs de la presse mondiale. Mais je l’ai vue, je l’ai vu en train de serrer la main d’Hitler.
L’opinion prédominante dans l’Allemagne d’après-guerre était qu’Hitler avait ignoré Owens.

‘Nous avons alors décidé de ne pas faire état de la photo. Le consensus voulait qu’Hitler devait continuer à être décrit sous un mauvais jour dans sa relation avec Owens.’
Mischner, qui a décidé d’écrire un livre sur les olympiades de 1936, indique que d’autres journalistes étaient avec lui le jour où Owens a montré la photographie et qu’ils n’en ont pas fait état non plus.
‘Owens était déçu,’ dit-il. ‘Il secouait la tête en réprobation. La presse d’alors était très soumise. Ce n’est pas une excuse, mais personne ne voulait être celui qui donnerait une bonne apparence au monstre Hitler.
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‘Tous mes collègues sont morts, Owens est mort. J’ai pensé que c’était la dernière possibilité pour mettre les choses au clair. J’ignore où se trouve la photo où même si elle existe encore.’
Owens, décédé en 1980, était le fils de métayers et il s’adjugea quatre records et quatre médailles d’or (sur 100 mètres, 200 mètres, en relais et au saut en longueur) à Berlin.
Il avait affirmé avec insistance ne pas avoir été snobé par Hitler mais n’avait jamais évoqué une rencontre et une poignée de mains avec lui. ‘On avait probablement fait en sorte qu’il accepte le mythe comme nous l’avons fait,’ ajoute Mischner.
Owens dira plus tard avoir été mieux traité en Allemagne qu’aux Etats Unis où les Noirs subissaient la ségrégation.

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mercredi, avril 02, 2008

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Khaled Meshaal, leader du Hamas : "Un chef est celui qui se sacrifie, pour sa cause et pour son peuple, et non l’inverse."

A ma connaissance, on trouve peu d'interview de Khaled Meshaal, le leader du Hamas palestinien en exil, dans la presse française. Tout au plus des extraits de ses propos quand ils sont relatifs au sujet qui intéressent cette presse, comme le sort de Gilad Shalit, ce bandit sioniste capturé par la résistance palestinienne, ou encore la position du Hamas sur le sacro-saint droit à l'existence de l'entité sioniste.
Dans cette interview accordée au quotidien espagnol El Pais, K. Meshaal nous donne des éléments de la stratégie de son mouvement dans la confrontation avec l'entité sioniste.
On n'y trouvera pratiquement aucune référence religieuse, en dehors de celle qui tient aux valeurs qui animent le mouvement Hamas et lui commandent de traiter correctement son unique prisonnier sioniste. On trouvera bien entendu une référence aux martyrs (Chahid, plur. chouhada). Cette référence est aujourd'hui bien galvaudée en Europe comme en France et tend à entrer dans le champ sémantique du fanatisme. Peut-être est-il venu le temps de débaptiser toutes les rues et avenues de France dui rappellent le souvenir des martyrs de la résistance française à l'occupation nazie.
Et il est vrai que, en lisant les propos de Khaled Meshaal, j'avait l'impresion de lire ceux que pourraient tenir les responsables de n'importe quel mouvement de résistance. Et personnellement, ils m'ont beaucoup fait penser à la démarche du F.L.N. algérien qui a abouti aux négociations avec le gouvernement français puis aux accords d'Evian.
Rien de nouveau donc, sauf le contexte qui, comme toujours, appelle les résistants à faire preuve d'imagination, d'abnégation et d'endurance.
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Interview: Khaled Meshaal - Leader du Hamas en exil
«La politique des Etats-Unis a échoué en Irak, en Palestine et au Liban.»

EL PAÍS (Esp) 1er avril 2008, traduit de l’espagnol par Djazaïri

ÁNGELES ESPINOSA, ENVOYEE SPECIALE - Damas - 31/03/2008
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« Israël ne veut pas payer le prix pour la paix,» assure Khaled Meshaal, leader du Hamas en exil. Mais cet activiste reconverti en politique ne s’attend pas à ce qu’on le croie et il s’efforce d’argumenter ses déclarations. Il cite le rejet par Israël de tous les plans de paix qu’ils fussent arabes ou internationaux, le fait qu’elle [l’entité sioniste, NDT] a ignoré la trêve unilatérale que le Mouvement de Résistance Islamique avait décrété en 2005, ou le blocus contre son gouvernement élu en 2005. Mais il fait porter également la responsabilité aux Etats-Unis dont il considère que la politique « a échoué en Irak, en Palestine et au Liban. » On ne peut parvenir à la paix dans la région sans le Hamas, » conclut-il.
Meshaal (né à Ramallah en 1956) reçoit EL PAÍS dans son bureau de Mezzeh, un quartier résidentielle de Damas, où il a trouvé refuge après avoir été victime en 1997 d’une tentative d’assassinat en Jordanie par deux agents du Mossad. Cette histoire et comment ils lui injectèrent un poison puis l’intervention du roi Hussein afin que le gouvernement israélien fournisse l’antidote en échange de la libération de ses deux espions semble sortie d’un film d’action. Cependant, malgré l'attentat récent contre un membre du Hezbollah dans la capitale syrienne, les mesures de sécurité sont discrètes et celui qui est peut-être l'un des hommes plus détestés d'Israël assure ne pas avoir de peur de la mort.
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Question. Que pensez-vous des résultats du récent sommet arabe en ce qui concerne la Palestine ?
Réponse. Les résolutions sont positives parce qu'elles soulignent la condamnation de l'occupation israélienne, reconnaissent le droit du peuple palestinien à la résistance et demandent la fin du blocus de Gaza. Mais les sommets arabes manquent de la capacité à mettre en pratique leurs résolutions. Je ne pense pas seulement à celui de Damas. Dans ce moment de divergences et de divisions entre les Arabes, ce qui a été obtenu nous apparait comme un succès.
Q. Considérez-vous toujours comme valable l’initiative de paix arabe de 2002 dont il a été également fait mention ?
R. Nous avions déjà dit à l’époque qu’elle n’aboutirait pas parce qu’Israël allait la repousser et que l’administration américaine ne la prendrait pas au sérieux. Et c’est ce qui s’est passé depuis 2002. Israël ne veut pas la paix. Elle veut conserver la terre, continuer à ignorer les droits arabes et palestiniens et en même temps obtenir la sécurité. Elle ne veut payer le prix de la paix. Pour preuve, Israël a rejeté toutes les initiatives arabes, palestiniennes et internationales. Aussi, six ans après avoir lancé leur initiative de paix, les leaders arabes doivent reconsidérer leur offre. Selon la loi du marché, si quelqu’un présente sa marchandise pendant longtemps et que personne ne l’achète, son prix baisse. Israël doit savoir que les Arabes ont d’autres alternatives. Ce qui ne signifie pas déclencher une guerre contre Israël. Mais l’alternative existe qui consiste à nous respecter nous-mêmes, de soutenir la résistance, de faire sentir à Israël qu’elle ne peur obtenir la sécurité sans donner leurs droits aux Arabes.
Q. Voulez-vous dire qu’il n’y a pas de solution négociée au problème palestinien ?
R. Aucun occupant ne recule de son propre gré, ils ne le font que contraints par la force. Il en découle que les négociations avec Israël sans l’appui de la force sont dépourvues de sens. On n’obtient pas leur retrait en respectant leurs valeurs. Si l’occupant avait une éthique, il n’aurait pas pris les terres des autres. Il faut les obliger à mettre fin à l’occupation. De plus, ce sont les forts qui font la paix, et non le faible avec le fort.
Q. Et cependant vous écartez l'alternative de la guerre...
R. Cette alternative n’est pas possible actuellement à cause du déséquilibre des forces entre les Arabes et Israël. Et les Arabes doivent soutenir l’alternative de la résistance. Avec l’appui économique et matériel des pays arabes, musulmans et d’autres amis de la nation (palestinienne), la résistance est capable de faire front à l’occupation et d’obliger Israël à se retirer. C’est déjà arrivé auparavant en deux occasions : dans le sud du Liban en l’an 2000 et à Gaza en 2005.
Q. Mais les Palestiniens sont embarqués dans une lutte fratricide. Comment l’expliquer ? N’est-ce-pas un obstacle à votre objectif d’un Etat indépendant ?
R. Il est certain que nous avons un problème au niveau de la direction palestinienne. Nous savons tous que la cause de cette division est l’ingérence étrangère, israélienne et américaine pour être plus précis. Il y a également des palestiniens corrompus qui tirent bénéfice de la situation. Cette division nous affaiblit en tant que palestiniens et ne nous aide pas à parvenir à l’Etat palestinien. C’est une partie du défi que nous affrontons. Nous, au Hamas, avons tenté la réconciliation en diverses occasions, mais la présidence palestinienne l’a refusée. Nous sommes parvenus à un accord récemment à Sanaa mais elle [l’Autorité Palestinienne] a immédiatement fait volte face. Les Etats-Unis et Israël empêchent d’entamer un dialogue inter palestinien. Les USA et Israël ont fixé deux alternatives à Mahmoud Abbas : ou la relation avec le Hamas, ou la relation avec eux. Le facteur externe rend difficile et retarde la solution du problème interne, mais nous continuerons à travailler pour trouver une solution à travers le dialogue. Au final, c’est le peuple palestinien qui décidera cat il sait bien qui accepte et qui refuse le dialogue, qui est souverain et indépendant et qui dépend d’Israël et des Etats-Unis.
Q. Alors vous n’avez pas eu d’opportunité pour parler avec Mahmoud Abbas pendant le sommet arabe ?
P. Il a refusé de nous rencontrer.
Q. Cependant d’autres leaders l’ont fait…
R. Ca a posé des problèmes à certains et pas à d’autres. J’ai eu des réunions avec divers chefs d’Etat et ministres des affaires étrangères.
Q. Qu’avez-vous obtenu de ces rencontres ? Avez-vous trouvé des dispositions à vous donner plus de soutien ?
R. Certains comprennent que le problème ne vient pas de nous mais de l’Autorité palestinienne et sont conscients de l’influence négative des Etats-Unis et d’Israël sur cette dernière. Beaucoup, tant sur la scène arabe qu’internationale, sont conscients qu’on ne peut ignorer le Hamas, que la politique d’isolement et de blocus contre le Hamas a échoué, et qu’on ne peut parvenir à la paix dans la région sans le Hamas.
Q. Pensez-vous que le nouveau voyage de Condoleeza Rice dans la région contribuera à débloquer la situation ?
R. Au contraire, les efforts des Etats-Unis visent à empêcher qu’il y ait accord. Rice vient pour faire pression sur les négociateurs palestiniens afin qu’ils acceptent n’importe quel accord même s’il est vide de contenu L’administration américaine n’est pas intéressée par un règlement définitif ; elle cherche seulement un succès superficiel qui la serve pour les prochaines élections. Elle est venue au moment de la tenue du sommet [arabe] pour approfondir les divisions arabes. Et aussi pour empêcher tout accord entre les Palestiniens.
Q. Les choses changeront-elles avec un nouveau président, probablement Démocrate, à la Maison Blanche ?
R. Il y a peu de différences entre les administrations américaines. Dans l’histoire du conflit arabo-israélien, il n’y a pas eu de différences significatives. Peut-être y-a-t-il eu des différences par rapport à l’Irak, mais pas par rapport au problème palestinien. Tous les présidents rivalisent dans leur soutien à Israël. La politique des Etats-Unis dans la région a échoué et va continuer à échouer. C’est ce qui s’est passé en Irak, mais aussi en Palestine et au Liban. Elle ne réussira jamais parce qu’elle n’a rien à offrir, parce qu’elle n’est ni neutre ni objective.
Q. Vous avez mentionné les trois pays qui ont des mouvements actifs de résistance aux politiques des Etats-Unis (Hamas, Hezbollah et la milice de Moqtada al Sader). Existe-il une ligne d’action concertée ?
R. Il n’y a pas de front commun. Chaque cas est différent. En Palestine comme au Liban, la résistance contre l’occupation est très claire. La situation irakienne est plus compliquée et le mouvement de résistance ne de limite pas à un seul groupe ou une seule personne. Le seul point commun est que nous ne nous soumettons pas à l’hégémonie des Etats-Unis et d’Israël. Au contraire, la résistance grandit à l’ombre de l’échec de ces deux derniers et en l’absence d’une solution politique.
Q. Les Etats-Unis vous accusent de recevoir de l’aide de l’Iran. Quel type de relations entretenez-vous avec ce pays ?
R. En tant que mouvement de résistance, nous sommes ouverts à tous. Nos relations ne sont pas limitées à l’Iran. Nous avons des relations avec les pays arabes, les pays musulmans – dont l’Iran -, les pays européens et d’autres. Nous acceptons tout appui à notre peuple. Nous ne demandons pas de l’aide pour le Hamas mais pour le peuple palestinien. En ce moment même, ce sont 18 000 fonctionnaires que le gouvernement de Salam Fayyad ne rétribue pas, et 100 000 travailleurs qui sont au chômage à cause de la politique de sanctions. Nous voulons les aider. Pour cela, nous acceptons n’importe quelle aide qui nous est offerte sans conditions.
Q. Que vous faut-il pour coexister avec Israël. Est-ce possible avec le retrait aux frontières de 1967 ?

R. Il y a un consensus national pour l’établissement d’un Etat palestinien dans les territoires de 1967, avec Jérusalem comme capitale, le droit au retour [des réfugiés] et l’élimination de toutes les colonies. Israël l’a rejeté. Le problème n’est pas la position palestinienne ou arabe mais la position israélienne. Nous acceptons un Etat dans les frontières de 1967, mais Israël le refuse, les Etats-Unis appuient ce refus et la communauté internationale reste silencieuse. De nombreux interlocuteurs étrangers nous demandent d’arrêter de lancer des missiles et de déclarer une trêve. Nous y sommes disposés car nous sommes la victime, la partie agressée dont la terre est occupée. Israël est l’agresseur et l’occupant. Si Israël cesse son agression, nous sommes disposés à proclamer une trêve mais ce doit être une trêve globale, à Gaza et en Cisjordanie, bilatérale et simultanée, et non unilatérale. Il faut lever le blocus de Gaza et ouvrir les points de passage pour qu’il y ait une situation viable pour le peuple palestinien. L’Egypte, la Russie et quelques (médiateurs) Européens ont essayé mais Israël continue à s’y opposer. Israël veut d’abord un cessez le feu palestinien et être libre de décider de ce qu’elle fera.
Q. D’accord, mais comment justifiez-vous les attentats suicide ?
R. Nous considérons que les opérations de martyre sont une réaction aux tueries israéliennes. La preuve est qu’elles n’ont pas commencé avant le massacre de la mosquée d’Abraham à Hébron en 1994. Il y a douze ans, nous avions proposé aux Israéliens de tenir les civils hors du conflit, mais ils rejetèrent notre proposition. C’est pourquoi nous considérons que toutes les actions de la résistance palestinienne, dont celles d’immolation, sont de l’auto-défense. De plus, Israël dispose d’un arsenal très moderne alors que nous ne disposons que d’un armement élémentaire. Il en résulte que le Palestinien qui ne trouve pas de meilleure arme, se fait exploser lui même contre l'ennemi.
Q. Alors ce genre d’attentats ne sera plus justifié à la fin de l’occupation ?
R. Naturellement. Mais il a une double morale. Pourquoi n’a-t-on pas la même réaction internationale quant Israël perpètre un massacre de Palestiniens ?
Q. Vous avez dit que Gilad Shalit, le soldat Israélien capturé à gaza il y a deux ans était en vie. Sa libération ne pourrait-elle pas servir de geste de bonne volonté pour débloquer la situation ?
R. Malgré le fait que Gilad Shalit a été arrêté au combat, et non comme le fait Israël avec les hommes politiques palestiniens qu’elle séquestre et tue, nous le traitons très bien parce que nous avons une éthique et des valeurs religieuses. Israël torture pourtant les 11.000 palestiniens qu'elle détient dans ses prisons. Nous sommes prêts à le libérer pour peu qu'Israël libère les prisonniers et les prisonnières que nous lui avons demandés.
Q. Combien sont-ils ?
R. Bous avons présenté une liste de 1000 personnes. La communauté internationale doit respecter l’être humain. Si Gilad Shalit est un être humain, les prisonniers et prisonnières palestiniens le sont aussi Ce qui fait obstacle à la libération de Shalit, c’est le caprice israélien, le refus d’Olmert (le premier ministre israélien Ehud Olmert) de libérer nos prisonniers. C’est pourquoi j’impute à Olmert la responsabilité la prolongation de la détention de Gilad Shalit.
Q. Israël avait tenté de vous assassiner lorsque vous résidiez en Jordanie. Aujourd’hui, après l’attentat contre Imad Moughniye, ici à Damas, ne craignez-vous pas pour votre vie ?
R. Nous ne craignons pas la mort. Nous voulons vivre dignement. Il est de notre devoir de résister à l’occupant, de défendre nos droits et de servir notre peuple pour qu’il puisse se libérer de l’occupation. Un chef est celui qui se sacrifie, pour sa cause et pour son peuple, et non l’inverse. Le peuple palestinien n’a peur de rien car sa cause est juste. Ce sont les Israéliens qui ont peur parce que l’occupant n’est jamais tranquille.

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