mercredi, janvier 16, 2013

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Réfugiés Syriens au Liban, l'exemplarité du Hezbollah


Je ne ferai pas de commentaires

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Nord Liban: un réfugié Syrien construit une maison avec des palettes de manutention
Les actions du Hezbollah libanais pour aider les Syriens qui fuient la violence dans leur pays
par David Enders, McClatchy Newspapers (USA) 14 janvier 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri
Malgré son soutien sans faille au régime syrien ces deux dernières années, l’organisation militante chiite Hezbollah aide dans la discrétion les Syriens qui sont au Liban – même ceux qui ne soutiennent pas sa ligne politique.
“Nous aidons les réfugiés depuis le début des évènements en Syrie,’’ déclare Imad al Wahda, un représentant du Hezbollah dans cette ville du sud Liban qu’on considère comme étant un bastion du parti. 
“Nous avons donné l’accès à plus de 2 000 maisons et appartements à Nabatiyeh et les villages alentours,’’ explique al Wahda. ‘’Certaines maisons accueillent deux ou trois familles.’’
L’organisation apporte une aide semblable à des réfugiés dans d’autres régions du pays, alors même que, selon des informations, ses combattants se battraient du côté du gouvernement syrien [une accusation de l’opposition syrienne et des pro Hariri jamais étayée par aucune preuve, NdT].
Fondé au début des années 1980, le Hezbollah est aujourd’hui la première force politique libanaise, un statut qu’il doit en partie à son action sociale en faveur de la communauté chiite longtemps déshéritée, qui forme la principale communauté religieuse du pays. En Syrie et dans le monde arabe, la popularité du Hezbollah a atteint des sommets en 2006 quand la milice de l’organisation avait tenu en échec une invasion du pays par les troupes israéliennes. 
Six ans plus tard, certaines des personnes qui adulaient l’organisation auparavant la dénoncent maintenant à cause de son soutien au président Syrien Bachar al-Assad qui appartient à la secte alaouite, une branche du chiisme. Les rebelles hostiles à Assad sont presque tous issus de la majorité musulmane sunnite du pays, dont beaucoup accusent les Alaouites de pratiquer une discrimination contre les Sunnites tout au long des quarante années d’exercice du pouvoir par la famille Assad.
Le Hezbollah a certainement tiré avantage du pouvoir de Assad en Syrie, et la chute de ce dernier rendrait probablement plus difficile sa domination au Liban. Une bonne partie de l’armement lourd du Hezbollah est venu d’Iran via la Syrie, et la défaite d’Assad par les militants sunnites pourrait encourager les Sunnites du Liban à relever la tête.
Mais alors que les quelques déclarations publiques du mouvement ainsi que sa presse et sa propagande ont largement collé aux positions du gouvernement syrien pendant les 22 mois du soulèvement, l’action d’assistance humanitaire de l’organisation ne semble pas s’inscrire dans cette ligne devant les centaines de milliers de Syriens qui arrivent ici avec les quelques effets qu’ils ont pu emporter.
Le Hezbollah affirme même avoir aidé des immigrés Syriens qui travaillent au Liban dans la construction et dans d’autres secteurs des services à faire venir leurs familles. 
“Nous payons parfois la course de leur taxi pour qu’ils rentrent en Syrie pour ramenet leurs familles ici,’’ affirme al Wahda. 
Le mois dernier, dans une de ses rares déclarations sur la situation en Syrie, le chef du Hezbollah,Hassan Nasrallah a demandé au gouvernement libanais d’avoir une approche politique cohérente de la crise.
“Nous devrions nous intéresser aux réfugiés Syriens sur la base d’une responsabilité purement humanitaire, sans politiser cette question,” avait déclaré Nasrallah. ‘’Nous devrions accorder notre attention aux familles déplacées, quelles que soient leurs opinions politiques.’’
Tandis que la majorité des Syriens au Liban se sont réfugiés dans des régions dominées par la même secte que celle à laquelle ils appartiennent, le Hezbollah assiste en fait les déplacés qu’ils soient sunnites ou chiites.
“Mon mari cherche du travail,’’ explique Umm Ibrahim, une Sunnite de 22 ans, mère de trois enfants, qui se fait appeler de ce surnom qui signifie ‘’Mère d’Ibrahim’’ lorsqu’elle parle avec la presse parce qu’elle craint pour la sécurité de ses proches restés en Syrie. ‘’Il n’y a plus de travail en Syrie.’’
Umm Ibrahim partage les quatre pièces d’un appartement avec 20 personnes. Elle a récemment emmené son fils se faire vacciner dans un hôpital géré par le Hezbollah.Elle dit que quand sa famille est venue à Nabatiyeh il y a quatre mois de ça, le Hezbolah leur a aussi donné des draps et des poêles de chauffage.
‘’Nous pensions que nous n’étions ici que pour un mois,’’ dit-elle.
C’était avant que son quartile d’Alep, la plus grande ville de Syrie, se transforme en ligne de front.
 ‘’Je ne sais pas ce qui est arrivé à notre maison,’’ dit-elle. ‘’La maison de mes parents a été pillée et détruite. La maison de ma sœur a été détruite par un bombardement.’’
Umm Ibrahim n’a exprimé de soutien pour aucun des camps qui s’opposent en Syrie, mais elle a utilisé la désignation ‘’Armée Syrienne Libre’’ pour parler des rebelles. Elle n’a pas hésité non plus à le faire en présence d’un officiel du Hezbollah, alors même que les partisans du régime syrien tendent à utiliser l’expression ‘’groupes armés’’ ou ‘’terroristes’’ quand ils parlent des rebelles, reprenant ainsi la terminologie du gouvernement syrien.

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jeudi, août 30, 2012

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Syrie: montée de l'exaspération en Turquie


Nous avons d’une part les rodomontades d’Ahmet Davutoglu, le chef de la diplomatie turque, ou les propos grotesques et grossiers de François Hollande comparant les opposants armés au gouvernement syrien aux Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) dans leur lutte pour libérer Paris de l’occupation allemande (puisque le régime de Vichy ne contrôlait pas l’ex capitale française).
Et nous avons d’autre part une inquiétude qui monte en Turquie dans des segments de la population de la Turquie qui sont ouvertement hostiles à la politique syrienne menée par leurs autorités.
Ces segments de population sont tout sauf négligeables : les 500 000 alaouites arabes de la province de Hatay, les 15 à 20 millions d’alévis et les 15 millions de kurdes.
Ce n’est à mon avis pas pour rien si le gouvernement turc cherche à stopper un afflux de réfugiés syriens qui, tout en étant important certes, n’a rien à voir avec les flux colossaux engendrés par des situations de conflit en d’autres lieux (Palestine, Libye sous les bombardements amicaux de l’OTAN, Irak émancipé par les chars américains…).
Parce que les forces qui secouent la Syrie existent aussi à leur manière en Turquie et ce n’est pas un hasard si la presse turque donne de plus en plus souvent la parole à des universitaires qui mettent en garde contre une politique aventureuse.
Ces intellectuels ont d’autant plus de mérite qu’ils doivent veiller à ne pas franchir certaine limites, comme quand il s’agit de la question kurde, limites dont le dépassement leur vaudrait quelques ennuis.

Les 120 pays  Non Alignés réunis à Téhéran devraient appeler à une solution politique qui passe par une discussion impliquant les acteurs de la région, dont la Turquie. Qui disait que l’Iran était un pays isolé ?

Il n’y a à mon avis aucune chance qu’une telle démarche se concrétise dans la mesure où les puissances occidentales veulent que la Syrie continue à s’enfoncer dans une spirale destructrice et meurtrière.
Notons cependant que le mouvement des Non Alignés se caractérise par un égalitarisme qu’on aura de la peine à retrouver dans la clique des prétendus « amis de la Syrie » animée par des pétromonarchies et des puissances néocoloniales qui manient carotte et bâton pour rameuter du monde à leurs orgies de sang.



par Alexander Christie-Miller, Christian Science Monitor (USA) 28 août 2012 traduit de l'anglais par Djazaïri

Dans la ville d'Antakya à la frontière turco-syrienne, le soutien du gouvernement turc à l'opposition syrienne a déconcerté les habitants qui appartiennent à la même secte chiite que le président Assad.
Le réfugié syrien Abdulhefiz Abdulrahman se souvient qu’il avait de nombreux amis dans la ville turque d’Antakya, mais cette époque semble révolue.

Ce dissident politique avait fui la Syrie pour arriver dans cette cité frontalière plusieurs mois avant que le soulèvement contre le régime du président Bachar al-Assad éclate l’an dernier.
«J'ai eu beaucoup d'amis alaouites ici», dit M. Abdulrahman, se référant à cette branche du chiisme à laquelle une grande partie de la population d’Antakya adhère.

Les alaouites dominent le régime en Syrie, où le soulèvement de 18 mois a divisé le pays selon des lignes sectaires, opposant la minorité alaouite privilégiée contre la majorité sunnite [il est ridicule et faux d’affirmer que la minorité alaouite est privilégiée, note de Djazaïri].

À Antakya, où le soutien au régime alaouite d’Assad est profond, l’hostilité monte envers les rebelles syriens et les dissidents qui ont établi une base temporaire sur place. Et partout dans la province, le soutien apparent [évident, note de Djazaïri] de la Turquie à l'opposition syrienne met à mal un délicat équilibre ethnique.
 «Avant, quand je disais que j’étais un réfugié, ils me respectaient,» a déclaré Abdulrahman au Monitor. «Ils ne me disent même plus bonjour dans la rue.»

Désormais, la frustration locale à propos de la décision apparente du gouvernement de laisser les dissidents et les combattants syriens opérer sur le sol turc pourrait exciter de plus grandes tensions ethniques dans le pays.

Le soutien de la Turquie aux rebelles suscite la colère

Le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a fortement soutenu l'opposition syrienne, appelant au renversement du régime.

Même si la Turquie est un pays laïque, elle est de plus en plus considérée comme un acteur sunnite [dans le conflit syrien], aux côtés de l'Arabie saoudite et du Qatar», déclare Bulent Aliriza, directeur du Programme Turquie au Centre for Strategic and International Studies à Washington . «Cela affecte inévitablement le corps politique».

Le 26 août, le chef du Parti Républicain du Peuple, le principal parti d'opposition en Turquie, a accusé le gouvernement de former les combattants syriens anti-régime après qu'une délégation de son parti  se soit vue refuser l'accès à un camp de réfugiés à la frontière syrienne.

J’ai envoyé nos députés inspecter le camp dont on disait qu’il était plein d’agents et d’espions, mais les autorités leur ont dit qu’ils ne pouvaient pas entrer dans le camp,» a déclaré Kemal Kilicdaroglu aux journalistes. «maintenant, j’attends une réponse du gouvernement : Qu’est-ce qu’il y a dans ce camp ? Qui entraînez-vous dans ce camp ? Recrutez-vous des homes pour répandre du sang musulman ?»

Ankara dément offrir un soutien à l'opposition syrienne armée, ou lui permettre d’opérer librement à partir du territoire turc. Mais quand le Christian Science Monitor a visité hier le poste frontière de Reyhanli près d’Antakya, un officier rebelle qui attendait là nous a dit que les autorités lui permettaient de passer en Syrie, alors même qu'il n'avait pas de passeport. Et Reuters, citant des sources à Doha, a rapporté le mois dernier qu’Ankara a mis en place une base secrète près de la frontière syrienne, en coopération avec l'Arabie saoudite et le Qatar, pour fournir une assistance militaire et des moyens de communication aux rebelles.

'Solidarité sectaire'

Pendant ce temps, la tension monte à Antakya. La semaine dernière, certains habitants ont organisé une manifestation appelant à l’expulsion [des militants syriens] de la ville, tandis que des militants syriens ont indiqué au Monitor, qu’ils avaient été convoqués à une réunion avec des responsables militaires turcs et des officiels de la municipalité qui leur ont dit qu’ils devaient quitter la ville "pour leur propre sécurité." Les officiels turcs nient qu’une telle réunion ait eu lieu.

 «Les gens de Hatay ont vécu ensemble pendant des milliers d'années sans tenir compte de l'origine ethnique ou de la religion», explique Mehmet Ali Edipoglu, un député local du parti d'opposition de M. Kilicdaroglu. "Le fait que les tentatives de changement de régime en Syrie se sont transformées en une guerre sectaire nuit [à ce vivre ensemble]. "

 «Ce ne sont pas des réfugiés qui viennent à Antakya, mais les militants syriens qui sont armés par le gouvernement pour qu’ils retournent en Syrie", dit-il, décrivant ceux qui  vivent ici [à Antakya] comme des «assassins».
M. Edipoglu accuse le gouvernement de mener une politique étrangère sectaire. «[Le gouvernement turc] ne soutient pas un mouvement laïc, il soutient un mouvement sunnite dont même les sunnites ne veulent pas», dit-il.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, à la tête du Parti de la Justice et du Développmement au pouvoir (AKP) a déclaré à plusieurs reprises que son opposition au régime Assad est nourrie par les violations des droits de l'homme par ce régime, non par  une solidarité  avec l’opposition sunnite contre le régime . Mais cela n'a pas empêché des personnalités de haut niveau de l’AKP de lancer des accusations similaires contre l'opposition au gouvernement turc.
M. Kilicdaroglu, le chef de l'opposition, est un alévi, un membre d'une secte alaouite turque distincte de la secte alaouite arabe et qui est forte de 15 à 20 millions de personnes en Turquie. Le nombre d’alaouites est d’environ 400.000, qui vivent presque tous à Hatay.

En dépit d’origines et de rites religieux différents, les deux groupes ont tous deux des interprétations laxistes et peu orthodoxes de l'Islam, et ont ainsi en partage un historique de persécution par les musulmans sunnites au milieu desquels ils forment une minorité.

Le 6 août, M. Erdogan a mis en colère les alévis quand il a suggéré que leurs édifices religieux, connus sous le nom de cemevis , n'étaient pas de véritables lieux de culte. Se référant à la mosquée, il a dit aux journalistes que "il doit n’y avoir qu'un seul lieu de culte pour les musulmans." Le mois précédent, la Direction turque des affaires religieuses avait conclu que les cemevis n'étaient que des "centres culturels".

En Juillet, Huseyin Celik, vice-président de l'AKP, a  confondu Alaouites et Alevis quand il a suggéré qu’une «solidarité sectaire» était derrière les critiques répétées de M. Kilicdaroglu contre la position de la Turquie sur la Syrie, affirmant que le chef de l'opposition soutenait le régime Assad.

La Syrie sème-t-elle discrètement la discorde ?

Quelles que soient les motivations du soutien d'Ankara à l'opposition syrienne, certains craignent que Damas réponde à la ligne dure de la Turquie en essayant d'attiser les hostilités avec les minorités que la Turquie a eu du mal à réprimer, en particulier avec les Kurdes, qui sont au nombre d'environ 20 millions en Turquie et ont subi des décennies de persécutions par l’Etat.

Plus tôt ce mois-ci une voiture piégée a tué neuf personnes, dont un enfant de 12 ans dans la ville frontalière de Gaziantep. La Turquie a imputé l'attaque à la guérilla du Parti des Travailleurs du Kurdistan PKK), mais elle a également enquêté sur d'éventuelles connexions syriennes et iraniennes dans cet attentat.

L’attentat a provoqué des tensions entre les Turcs et une minorité kurde de plus en plus agitée.
Le mois dernier, la Turquie avait réagi avec fureur après la cession par damas du contrôle d’une grande partie du territoire syrien à population kurde à une milice liée aux rebelles kurdes qui opèrent en Turquie.

Erdogan a déclaré que le territoire syrien était utilisé pour monter des raids transfrontaliers en Turquie, « une intervention serait donc notre droit naturel.»
À Antakya aujourd'hui, le gouverneur de hatay Mehmet Celalettin Lekesiz a réfuté une récente série de reportages dans les médias turcs,et a affirmé que les Syriens dans la province n'étaient ni armés, ni aidés par l'État, ni persécutés par la population locale.

Il a déclaré aux journalistes lors d'une conférence de presse que ces allégations faisaient partie d'une campagne  «systématique» visant à ébranler la paix dans la province. "Ces tentatives pour trouver des histoires [pour la presse] ne sont ni morales, ni raisonnables. Ne contribuons pas aux tentatives de répandre l’hostilité entre les gens», a-t-il dit.

Koray Caliskan, politologue à l'Université du Bosphore à Istanbul, estime qu’avec la campagne d’Ankara pour le renversement du régime Assad, il est inévitable que Damas cherche à attiser l'instabilité chez son voisin.

"Je crois que si nous nous engageons dans des politiques dangereuses, comme un changement de régime dans les pays voisins, ils se livreront à des activités perturbatrices du même genre dans le nôtre», dit-il.

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lundi, août 06, 2012

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Retour de bâton de la crise syrienne en Turquie?


Je ne l’ai peut-être pas précisé, mais je ne suis pas forcément d’accord avec tout ce qui est dit dans les articles que je vous propose. Leur valeur porte le plus souvent pour moi sur un point particulier mais j’aime proposer des traductions intégrales autant que faire se peut pour enrichir la réflexion.

Par exemple, l’article du New York Times traduit ci-dessous semble confondre Alaouites et Alevis, deux sectes qui tout en étant apparentées ne se confondent pas.
Cet article vaut surtout en ce qu’il signale une montée de tension confessionnelle en Turquie. Si les tensions préexistaient à la crise syrienne, cette dernière n’a fait que les aiguiser au point que certains en viennent à craindre de graves conséquences sur les relations entre citoyens Turcs de diverses appartenances.
J’avais déjà évoqué les appréhensions des Alevis en les considérant comme un signe de plus de l’imprudence du gouvernement turc sur le dossier syrien avec des conséquences qui pourraient être un de ces fameux retours de bâton dont parle Pepe Escobar

Il en va des Alevis/Alaouites exactement comme des Kurdes auxquels Ankara reconnaît une quasi indépendance en Irak, tout en refusant l’autonomie des Kurdes de Syrie et en continuant sa chasse aux militants Kurdes en Turquie et au-delà.

Tiens, les Kurdes, peut-être une des raisons de l’alignement d’Ankara sur Washington ; on apprend en effet que le Congrès des Etats Unis vient de commencer l’examen d’une résolution anti-PKK (PKK = Parti des Travailleurs du Kurdistan). Cette résolution précise que le PKK est un ennemi de la Turquie et des Etats Unis. Un texte semblable a été présenté au Sénat, nous dit-on, sous l’impulsion du sénateur (indépendant) Joe Lieberman. Ce Lieberman n’est peut-être pas apparenté à son Avigdor Lieberman, le ministre des affaires étrangères de Tel Aviv, mais ils sont aussi ultrasionistes l’un que l’autre.


par Jeffrey Gettleman, New York Times (USA) 4 août 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

ANTAKYA, Turquie - A 1h du matin, dimanche dernier, dans le bourg agricole de Surgu,  à environ six heures d’ici, une foule s’était formée devant la porte de la famille Evli.

Le malaise couvait depuis plusieurs jours, depuis que la famille Evli avait  chassé un tambour qui venait réveiller les gens un peu avant l’aube d’une nouvelle journée de Ramadan. Les Evlis sont des Alaouites, une secte minoritaire de l’islam historiquement persécutée, qui est aussi la secte des dirigeants Syriens affrontés à une insurrection. De nombreux Alaouites ne suivent pas des traditions musulmanes comme jeûner pendant le mois de Ramadan.

La foule a commencé à lancer des insultes. Puis des pierres.

 «Mort aux Alaouites !» criaient-ils. «Nous allons tous vous bruler !»

Puis quelqu’un a tiré avec une arme à feu.

«Ils étaient là pour nous tuer,» affirme Servet Evli qui s’était caché dans da chambre avec sa femme enceinte et sa fille terrifiée, toutes deux si effrayées qu’elle avaient uriné dans leurs vêtements.

Avec la guerre civile en Syrie qui dégénère en affrontement sectaire sanglant entre les troupes du gouvernement à dominante alaouite et la majorité musulmane sunnite, les tensions s’accroissent de l’autre côté de la frontière entre la minorité alaouite de Turquie et la majorité sunnite de ce pays.

De nombreux Alaouites Turcs, une population estimée entre 15 et 20 millions qui forme une des plus importantes minorités du pays, semblent être résolument derrière l’homme fort menacé de Syrie, Bachar al-Assad, tandis que le gouvernement turc et de nombreux Sunnites soutiennent les rebelles.

Les Alouites craignent que la violence sectaire diffuse à travers la frontière. Déjà, les camps de réfugiés bondés et étouffants installés le long de la frontière deviennent rapidement des marmites où bouillonnent les sentiments anti-alaouites.

 «S’il en vient un par ici, nous le tuerons,» affirme Mehmed Aziz, 28 ans, un réfugié Syrien dans un camp de Ceylanpinar, en passant un doigt en travers de sa gorge.

Lui et ses amis sont sunnites et tous ont manifesté bruyamment de joie à la pensée d’exercer vengeance contre les Alaouites.

De nombreux Alaouites, particulièrement en Turquie orientale où les Alaouites tendent à être arabophones et sont étroitement liés aux Alaouites de Syrie ; soupçonnent d’énormes enjeux géopolitiques, et les spécialistes des relations internationales disent qu’ils n’ont peut-être pas tort. Le gouvernement turc est dirigé par un parti islamiste qui essaye lentement mais clairement de mettre plus de religion, l’Islam sunnite en particulier, dans la sphère publique, tournant le dos à des dizaines d’années d’un système politique délibérément laïque. Les Alaouites d’ici trouvent profondément troublant, et assez hypocrite, de voir la Turquie faire équipe avec l’Arabie Saoudite, un des pays les plus répressifs au monde, et le Qatar, une monarchie religieuse, deux pays sunnites, pour apporter la démocratie en Syrie.

Les Alaouites relèvent le nombre croissant de djihadistes étrangers qui affluent en Turquie, en chemin pour la guerre sainte sur les champs de bataille syriens. Beaucoup de djihadistes ont l’idée bien arrêtée de transformer la Syrie, qui sous la direction de la famille Assad a été un des pays les plus laïcisés du Moyen Orient, en Etat purement islamiste.

«Est-ce que vous croyez vraiment que ces gars vont construire une démocratie ? » demande Refik Eryilmaz, un député Alaouire au parlement turc. «Les Américains font une énorme erreur. Ils aident la Turquie à combattre Assad, mais ils sont en train de créer d’autres Talibans.»

Les officiels Américains ont récemment révélé qu’un petit groupe d’agents de la CIA travaillait le long de la frontière syro-turque avec leurs homologues Turcs, pour sélectionner les rebelles qui recevront des armes. Les officiels Américains ont reconnu des inquiétudes sur l’attraction que pourrait exercer la Syrie pour des djihadistes, mais ils pensent que les combattants étrangers ne représentent encore qu’une toute petite partie de la résistance syrienne.

Ali Carkoglu, professeur de relations internationales à l’université Koc d’Istanbul, explique que le gouvernement turc recourt de plus en plus à un langage sectaire et essaye de jouer le rôle du « grand frère sunnite» dans la région. Comme en Syrie, la population turque est majoritairement sunnite.

Les Alaouites de Turquie craignent d e devenir des cibles faciles. Historiquement, ils ont été vus avec suspicion dans tout e Moyen Orient par les Musulmans orthodoxes et souvent rejetés comme infidèles. La secte alaouite est née au 9ème siècle et mélange ensemble des croyances religieuses, dont la réincarnation, issues de religions différentes.

Beaucoup d’Alaouites ne vont même pas à la mosquée ; ils tendent à faire leurs dévotions à la maison ou dans un temple alaouite qui s’es vu refuser le même soutien financier que celui qui est attribué aux mosquées sunnites. Beaucoup d e femmes Alaouites ne se voilent pas le visage  et ne se couvrent même pas les cheveux. Les villes où ils dominent dans l’est de la Turquie, où les jeunes femmes portent des débardeurs et des jeans serrés, semblent totalement différentes des villes religieuses sunnites à seulement quelques heures, où on peut avoir du mal à voir seulement une femme en public.

 «Nous sommes plus modérés,» explique Turhan Sat, un Alaouite Turc qui travaille dans une station service à Bridgeport dans le Connecticut et qui était en vacances en Turquie. Il sirtait unthé l’autre jour sue la place publique ombragée de Samandag, une ville majoritairement alaouite non loin de la frontière avec la Syrie.

 «Nous sommes tous avec Assad,» dit-il.

Pas bien loin, dans la ville majoritairement alaouite de Harbiye, il y a un nouvel article qui se vend tellement bien qu’il ne semble pas pouvoir rester sur les étagères des commerces : des tapisseries bon marché avec le portrait de M. Assad.

 «Tout le monde en veut,» déclare Selahattin Eroglu, un vendeur qui vient tout juste d’écouler son dernier article. «Les gens d’ici aiment Assad.»

Ce sentiment est peut-être en partie de l’autoprotection. Les rebelles Syriens cachent à peine une violente antipathie sectaire. Khaldoun al-Rajab, un officier de l’Armée Syrienne Libre [rebelle], dit avoir vu deux Alaouites en voiture tourner dans la mauvaise direction à Homs et se retrouver dans un quartier sunnite. «Bien sûr, ils ont été arrêtés et tués par les rebelles,» dit-il.

Peu de gens en Turquie imaginent une telle folie se déclencher de si tôt dans leur pays, où le contrôle [policier] est strict et qui a échappé pour l’essentiel à la violence sectaire.

Mais la foule menaçante devant la maison des Evli à Surgu a rappelé à beaucoup d’Alaouites la mort de plus de 30 Alaouites qui avaient été brûlés vifs en 1993 par un groupe d’islamistes dans la ville turque de Sivas.

C’est seulement après que des agents de police aient rassuré la foule en lui disant que la famille Evli allait déménager, ce que les Evlis ignoraient, que les gens se sont dispersés.

Quoique les Evlis soient aussi Kurdes, un autre groupe minoritaire en Turquie, ce qui a peut-être contribué aux sentiments de haine contre eux, Songul Canpolat, directrice d’une fondation alaouite en Turquie affirme que «L’idée que les Turcs Alaouites devraient être éliminés gagne du terrain.»

Les officiels gouvernementaux Turcs rejettent tout partipris contre les Alaouites, expliquant qu’ils ont fait un surcroît d’efforts  pour être « attentifs et sensibles aux craintes des Alaouites.»

«Bien sûr, nous ne prétendons pas que tous les problèmes sont résolus, » déclare Egemen Bagis, ministre des relations avec l’Union Européenne.

Il y a quelques mois, M. Eryilmaz, le député qui appartient à un parti d’opposition, était allé voir M. Assad à Damas. Il avait dit que M. Assad était en fait assez détendu et que tout le conflit portait en réalité sur la religion.

 «Ce qui se passe en Syrie est le volet syrien d’un projet international,» avait-il dit, avec le gouvernement turc qui s’est aligné sur l’Arabie Saoudite et le Qatar pour rendre cette région du monde plus «radicale» religieusement.

Il était assis dans un café d’Antakya, une ville frontière avec une importante population alaouite, et il piochait dans un plateau de baklavas pendant ces heures ensoleillées de l’après-midi, quand les musulmans qui observent le Ramadan font habituellement le jeûne.

 «Voyez mon peuple,» dit-il en souriant, ouvrant grand les bras comme pour envelopper des familles qui mangent des glaces et un jeune couple s’étreignant sur un banc public. «Mon peuple est libre.»

Sebnem Arsu contributed reporting from Antakya, and Hwaida Saad from Beirut, Lebanon.

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dimanche, juin 10, 2012

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Syrie: la vérité sur le massacre de Houla


e vous avais mis très tôt en garde contre l’attribution de la tuerie de Houla à l’armée syrienne ou à des milices fidèles au régime de Bachar al-Assad.
On peut affirmer aujourd’hui que le régime syrien est entièrement disculpé de cet acte barbare.
Ce sont en effet des miliciens « rebelles » qui ont perpétré ce crime sauvage, n’hésitant pas à exploiter les images de leurs victimes innocentes pour servir leur ignoble propagande reprise sans examen par la presse et les politiciens occidentaux.
Des moyens de vérifications existent pourtant mais ne sont absolument pas mis à contribution, comme ce monastère de Qara en Syrie qui dénonçait le massacre à Homs de citoyens Chrétiens et Alaouites par ces mêmes rebelles retranchés dans certaines parties de la ville comme Baba Amr.
Mais rien n’y fait car comme je l’écrivais le 29 mai :
ce n'est pas la vérité qui guidera l'action des Etats Unis et de leurs amis de l'OTAN.
Même si on comprend mieux les réticences de l’Allemagne devant la perspective d’une intervention militaire des forces du « bien. »

par John Rosenthal, National Review (USA) 9 juin 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

C’était, selon les propres termes de l’envoyé spécial de l’ONU Kofi Annan, «le « point de bascule » du conflit syrien : le massacre sauvage de plus de 90 personnes, en majorité des femmes et des enfants que la presse occidentale presque unanime a imputé immédiatement au régime de Bachar al-Assad. A peine quelques jours après les premières informations sur le massacre de Houla, les Etats Unis, la Grande Bretagne, la France et plusieurs autres pays occidentaux annonçaient qu’ils expulsaient les ambassadeurs Syriens en protestation.

Mais selon de nouvelles informations parues dans un des plus grands quotidiens allemands, la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), le massacre de Houla a en fait été commis par des militants sunnites hostiles à Assad et la plus grande partie des victimes appartenaient aux minorités chiites et alaouites qui sont en majorité favorables à Assad. Dans son compte rendu du massacre, l’article du journal allemand cite des opposants à Assad qui ont cependant refusé que leurs noms soient publiés par crainte de représailles de la part des organisations d’opposition armées.

Selon les sources de l’article, le massacre est intervenu après l’attaque par des rebelles de trois barrages routiers contrôlés par l’armée à l’extérieur de Houla. Les barrages avaient été mis en place pour protéger les villages majoritairement alaouites des alentours contre les attaques de milices sunnites. Les attaques rebelles ont été suivies d’appels à des renforts par les unités de l’armée encerclées. L’armée syrienne et les rebelles se seraient alors engagés dans une bataille d’environ 90 minutes au cours de laquelle des «dizaines de soldats et de rebelles» ont été tués.

 «Selon des témoins oculaires,» poursuit la FAZ, 
le massacre a eu lieu à ce moment. Ceux qui ont été tués appartiennent presque tous à des familles des minorités alaouite et chiite de Houla. Plus de 90 % de la population de Houla est sunnite. Plusieurs dizaines de membres d’une même famille ont été massacrés étaient des convertis du sunnisme à l’Islam chiite. Des membres de la famille Shomaliya, une famille alaouite, ont aussi été assassinés  comme l’a été la famille d’un membre sunnite du parlement syrien qui est considéré comme un collaborateur. On suppose que les auteurs ont filmé leurs victimes tout de suite après le massacre et les ont présentées comme des victimes sunnites dans des vidéos postées sur internet.
L’article de la FAZ fait écho à des témoignages oculaires recueillis auprès de réfugiés de la région de Houla par des membres du monastère de Saint Jacques à Qara en Syrie. Selon des sources du monastère citées par le spécialiste Hollandais du Moyen Orient Martin Janssen, des rebelles armés ont assassiné des « familles alaouites entières » dans le village de Taldo dans la région de Houla.

Début avril déjà, Mère Agnès-Mariam du monastère de la Croix de Saint Jacques avait mis en garde contre les atrocités commises par les rebelles et reconditionnées dans les media occidentaux et arabes en tant qu’atrocités perpétrées par le régime. Elle avait cité le cas d’un massacre dans le quartier de Khalidiya à Homs. Selon un récit publié en français sur le site internet du monastère, des reblles avaient rassemblé des otages chrétiens et alaouites dans un immeuble de Khalidiya avant de faire exploser le bâtiment à la dynamite. Ils avaient ensuite attribué ce crime à l’armée régulière syrienne. « Même si cet acte a été attribué aux forces de l’armée régulière… les preuves et les témoignages sont irréfutables : c’était une opération effectuée par des groupes armés affiliés à l’opposition, » écrivait Mère Agnès-Mariam.

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mardi, avril 17, 2012

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Les Alevis de Turquie contre la politique syrienne de leur gouvernement


Je vous disais dans un post précédent que l’aventurisme en Syrie n’était pas sans risque pour les équilibres internes de la Turquie.

Soner Cagaptay donne à ce sujet un point de vue plus informé que le mien. S’il relève les problèmes posés par la présence d’une communauté arabo-turque forte de 1,5 millions d’âmes, dont un tiers d’Alaouites, qui se concentrent dans les régions limitrophes de la Syrie, il insiste beaucoup sur les Alevis.

A la différence des Alaouites ; les Alevis sont de souche turque et constitueraient entre 10 et 15 % de la population turque, c’est—dire qu’ils seraient au minimum 7,5 millions, ce qui fait quand même du monde.
Or, nous explique Soner Cagaptay, les Alevis sont une communauté très attachée à l’héritage kémaliste et se méfient du parti AKP au pouvoir qui comporte, selon eux, une tendance sunnite sectaire dont ils ont eu à souffrir par le passé.

De ce fait, les Alevis seraient très réticents devant les orientations de la politique du gouvernement actuel en Syrie dont ils craignent qu’elle traduise surtout un combat sectaire ou plus simplement qu’elle encourage un tel combat en Syrie.

D’autant que les Alevis perçoivent les Alaouites comme une minorité sœur, ce que l’auteur de l’article conteste au motif qu’Alevis et Alaouites ne sont liés ni ethniquement (les premiers sont des Turcs et les deuxièmes des Arabes), ni religieusement.
Le premier argument ne fait guère sens dans la mesure où ce qui définit Alevis et Alaouites n’est pas leur ethnicité, mais bien leur appartenance confessionnelle. Le deuxième est à peine moins problématique puisque le mot « alevi » n’est pas autre chose que le mot arabe «alaoui» prononcé à la turque, le ou de l’arabe étant transformé en v comme dans le prénom Vahid [par exemple Vahid Halilhodžić] au lieu de [Abdel] Ouahid.

Et de fait, si Alevis Turcs et Alaouites Syriens n’ont pas exactement la même conception religieuse, ils s’inscrivent tous deux dans une tradition qui les apparente au chiisme et ils sont certainement plus proches les uns des autres qu’ils ne le sont du chiisme iranien par exemple.

Mais le fond du problème n’est cependant pas religieux, mais purement politique et c’est bien ainsi que le comprennent les Alevis et le principal parti d’opposition en Turquie.

Pour finir, notez la conclusion étrange du rédacteur de l’article qui pense pouvoir résoudre les contradictions internes à la Turquie en aggravant l’interventionnisme de son pays en Syrie par sa proposition d’une démarche qui signifierait tout simplement une guerre totale entre la Turquie et la Syrie !

par Soner Cagaptay, New Republic (USA) 14 avril 2012 traduit de l’arabe par Djazaïri

Si le conflit en Syrie devait évoluer en affrontements Sunnites contre Alaouites, les Alevis Turcs pourraient se retrouver en position de s’opposer activement à toute intervention organisée par leur gouvernement.
Les observateurs de la crise humanitaire qui s’aggrave en Syrie sont de plus en plus préoccupés par la perspective de voir le conflit dériver vers une lute sectaire, et à juste raison: le régime Assad jouit d’un soutien massif auprès de la minorité alaouite de Syrie, tandis que la majorité sunnite du pays est à la pointe de la rébellion contre Assad. Mais le conflit porte un autre risque. Il pourrait exciter des tensions sectaires en Turquie qui pourraient, à leur tour, compliquer toute intervention internationale contre le régime Assad.

La principale pierre d’achoppement est le groupe Alevi, une ramification syncrétique et très sécularisée de l’islam qui existe en Turquie et qui s’est souvent définie comme une minorité persécutée par la majorité sunnite du pays.
Si le conflit en Syrie devait voir les Sunnites se dresser contre les Alaouites, les Alevis Turcs pourraient bien se trouver en empathie avec la minorité alaouite de Syrie et, par extension, avec le régime Assad. Plus encore : ils pourraient s’opposer activement à toute intervention organisée par leur propre gouvernement.

Leur attitude est enracinée en partie dans l’histoire politique de la Turquie. Le Parti de la Justice et du développement (AKP) au pouvoir, s’il s’est éloigné de ses racines islamistes dures pour se rapprocher de la plupart des secteurs de la société turque, n’a néanmoins pas réussi à obtenir beaucoup de soutien auprès des Alevis qui constituent 10 à 15 % des 75 millions de citoyens Turcs. A la différence de l’AKP, les Alaouites tendent à s’aligner que la vision laïque du fondateur de la Turquie, Kemal Ataturk, et sont favorables à une stricte séparation de la religion et de la politique. Et un conflit sectaire pendant les années 1970, qui avait vu des attaques sunnites contre des communautés alevis, a laissé en héritage un sentiment de méfiance entre Alevis et Sunnites.

Les relations se sont améliorées récemment, mais si Ankara devait intervenir en Syrie contre le régime Assad, certains dans la communauté Alevi pourraient être enclins à y voir une nouvelle « attaque sunnite » contre une minorité sœur. Cette probabilité est encore renforcée par le fait que nombreux Alevis sont convaincus d’être semblables aux Alaouites, alors qu’ils n’ont pas liés ethniquement ou religieusement (les Alaouites sont des Arabes et les Alevis sont des Turcs). Il n’est pas rare de rencontrer des Alevis qui, par manque d’éducation religieuse, considèrent qu’Alaouite est simplement un autre nom pour Alevi).

Il existe déjà des signes de divergence entre la position de l’AKP sur la Syrie et la façon dont les Alevis Turcs perçoivent le conflit. Dans un entretien accordé le 9 avril au Wall Street Journal, Selahattin Ozel, président de la fédération des associations Alevis en Turquie, a déclaré, «En tant qu’Alevis Turcs, nous ne soutenons pas un régime inhumain et antidémocratique [en Syrie], mais nous ne comprenons pas pourquoi le premier ministre [Turc] est devenu soudain l’ennemi du gouvernement syrien.»

La plupart des Alevis Turcs sont favorable au Parti Populaire républicain (CHP) d’opposition, qui a critiqué la politique de l’AKP qui consiste à entrer en confrontation avec le régime Assad. Il se trouve que l’actuel leader du CHP, Kemal Kilicdaroglu, est un Alevi et que, dans sa critique à l’égard de la position sur la Syrie de ce dernier, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a fait des insinuations de sectarisme. « N’oubliez pas que la religion d’une certaine personne, » a déclaré Erdogan à ce sujet, « est la religion de son ami.»

Il y a par ailleurs un autre motif d’inquiétudes pour Ankara quant à un risque de débordement des tensions sectaires: plus de 500 000 Arabes Alaouites vivent en Turquie – majoritairement dans la province de Hatay dont la ville principale est Antakya [Antioche] – et près d’un million d’Arabes Sunnites vivent dans le sud de la Turquie. Si le conflit en Syrie devient plus sectaire, il pourrait avoir un écho par delà la frontière chez les Arabes de Turquie, aussi bien Sunnites qu’Alaouites.

J’ai visité récemment Antakya où la Turquie a créé des camps pour héberger les réfugiés qui fuient la répression en Syrie. Sur place, j’ai pu voir une manifestation d’Arabes Alaouites Turcs qui scandaient des slogans hostiles à l’AKP et favorables à Assad. Les commerçants Aalouites de cette ville vendent et exposent fièrement des accessoires pro-Assad. Dans le même temps, la communauté Arabe Sunnite d’Antakya s’active à organiser l’aide au soulèvement anti-Assad et acheminer en contrebande  des fournitures en Syrie.

Compte tenu de tous ces éléments, il semble vraiment possible que la perspective d’une agitation sectaire dans le pays puisse lier les mains de la Turquie dans sa définition d’une politique à l’égard de la Syrie. Ceci dit, c’est un problème qu’Ankara peut encore éviter. A cet effet, il serait essentiel que la Turquie soit capable d’apaiser les inquiétudes de ceux pour qui l’approche du gouvernement en Syrie vise à servir des intérêts sectaires étroits. Pour commencer, le gouvernement devrait arrêter sa propre rhétorique qui joue sur le sectarisme, et tendre expressément la main au CHP et aux Turcs Alevis, pour les informer de la nature humanitaire de sa politique syrienne. Ankara devrait aussi envisager de se tourner vers les Alaouites Syriens pour leur signifier clairement que de hauts responsables Alaouites du régime qui feraient défection auraient la possibilité de trouver refuge en Turquie.
Il y autre chose que la Turquie peut faire. La Turquie a débattu de la mise en place d’un corridor humanitaire qui permettrait à la communauté internationale d’apporter de l’aide aux civils en Syrie. Ankara devrait plaider avec force pour ouvrir le premier corridor de la Turquie vers le cœur de la Syrie alaouite ou dans la ville multiethnique de Lattaquié. Ce qui signalerait l’intention de la Turquie de protéger tous les Syriens. Un tel corridor ne serait pas seulement un pont entre Ankara et les Alaouites, mais peut-être aussi entre les Sunnites Turcs et les Alevis. Et in pourrait permettre de réduire l’opposition interne à une intervention.

Soner Cagaptay est directeur du Turkish Research Program au Washington Institute.

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vendredi, novembre 18, 2011

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Ce que pourrait (aurait pu?) être la voie vers le changement et la paix en Syrie


Jonathan Steele est ce qu’on appelle un journaliste chevronné. C’est cependant dans une tribune libre qu’il livre son analyse de ce qui pourrait permettre une issue positive à la crise en Syrie.

Son propos est très clair et il rejoint les thèses que je vous avais présentées tantôt. Dans l’affaire syrienne, il est patent que les régimes occidentaux jouent un rôle de fermeture méthodique  de toutes les issues vers une solution pacifique et négociée et que leur but est une guerre civile.

Comme l’écrivait Ehsani sur Syria Comment, le schéma occidental passe par le constitution d’une zone sanctuarisée en territoire syrien à partir de laquelle une opposition armée pourrait agir à l’abri de représailles.

Un tel schéma serait sans doute insuffisant pour renverser le régime au pouvoir, mais suffisant pour l’affaiblir. Les puissances occidentales semblent cependant ne  pas toutes avoir le même agenda pour la Syrie. La France, ancienne puissancemandataire ne l’oublions pas, semble être la plus en pointe comme sur le dossier libyen.

Les implications stratégiques ne sont cependant pas les mêmes ici car toute intervention militaire des occidentaux aurait des conséquences immédiates sur leur protégé, à savoir l’entité sioniste.
Ces conséquences seraient même à double détente. : tout d’abord une riposte militaire syrienne et sans doute libanaise sur le territoire de l’entité sioniste puis, en cas de changement de régime à Damas, l’arrivée au pouvoir de dirigeants partisans d’une escalade avec le régime sioniste, ou tout simplement incapables d’empêcher des actions de résistance aux frontières avec l’Etat voyou.

La seule solution pour éviter un tel scénario serait une intervention militaire massive, éclair avec occupation du territoire et élimination physique de l’encadrement baathiste de la société syrienne..
On voit mal l’ONU, (ou la Chine et la Russie)  donner son feu vert à quelque chose de ce genre et je n’imagine pas non plus quels pays pourraient se lancer dans une telle aventure qui, pour avoir une chance de succès, devrait impliquer la participation de l’armée turque et surtout celle de l’armée sioniste.
Pour cette dernière, il est vrai que ce serait de fait une occasion inespérée d’assouvir en partie son aspiration d’étendre son territoire du Nil jusqu’à l’Euphrate.

On peut essayer, avec Jonathan Steele, d’être optimiste et souhaiter la réussite des tentatives de médiation menées par la Russie mais aussi par l’Iran qui a également pris langue avec les opposants au pouvoir baathiste.
Ceci dit, le chemin vers la paix en Libye était encore plus clair grâce à une Union Africaine dont les efforts avaient été consciencieusement sabotés par le France et la Grande Bretagne. Et Alain Juppé a en ce moment des accents qui rappellent furieusement ceux qui étaient les siens dans l’affaire libyenne.

Ici, pas d’Union Africaine, seulement une Ligue Arabe discréditée.



En suspendant un pays en crise, la ligue Arabe réduit les possibilités pour le régime Assad de négocier pacifiquement un virage dangereux.

Par Jonathan Steele, The Guardian (UK)17 novembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

La Syrie est au bord de la guerre civile et  la Ligue Arabe semble, de manière insensée, avoir décidé de pousser dans cette direction. Une perspective horrible au moment où le Qatar et l’Arabie Saoudite, les faucons du Golfe, sont rejoints par l’habituellement modéré roi Abdallah de Jordanie pour prendre parti en faveur des opposants au régime syrien d’Assad.

Alors que le bon sens enjoignait aux gouvernements arabes de chercher à servir de médiateurs entre le régime et ses opposants, ils ont au contraire choisi d’humilier les dirigeants de la Syrie en la suspendant de la Ligue Arabe.

Ce n’est pas un hasard si la minorité des membres de la Ligue Arabe qui a refusé de suivre cette décision comprend le Liban, l’Irak et l’Algérie. Ce sont trois pays arabes qui ont éprouvé eux-mêmes une grave violence sectaire et les horreurs de la guerre civile.  Le Liban et l’Irak en particulier, sont un intérêt direct à empêcher une effusion de sang à grande échelle en Syrie. Ils craignent à raison un énorme afflux de réfugiés à leurs frontières en cas de basculement de leur voisin dans la guerre civile.

Cette guerre a déjà commence. L’image d’un gouvernement abattant des manifestants désarmés, qui était vraie en mars et avril derniers, n’est plus d’actualité. La dénommée Armée Syrienne Libre ne dissimule plus le fait qu’elle combat et tue des membres de la police et des forces gouvernementales, et qu’elle opère depuis des bases à l’abri en dehors des frontières syriennes. Si elle monte en puissance, la guerre civile naissante prendra une tournure encore plus ouvertement sectaire avec le risque de pogroms contre des communautés rivales.

Les Sunnites modérés en Syrie sont préoccupés par le renforcement de la présence militante des Frères Musulmans et des salafistes qui se retrouvent en position dominante dans les rangs de l’opposition. Les grandes manifestations pro-gouvernementales à Alep et Damas la semaine dernière ne peuvent pas être simplement mises au compte de foules intimidées ou menacées de perdre leur emploi si elles ne descendent pas dans la rue pour le régime.

Dans le même temps, l’importante minorité chrétienne de Syrie est submergée par l’inquiétude,  craignant de subir le même sort que les Chrétiens Irakiens qui ont été contraints de fuir quand le sectarisme meurtrier a accentué la saillance de l’identité religieuse de chaque citoyen et a commencé à accabler également les non Musulmans. Dans le nord de la Syrie, les Kurdes sont aussi nerveux au sujet de leur avenir. En dépit du refus ancien et persistant par le régime de reconnaître leurs droits nationaux, la plupart d’entre eux craint encore plus les Frères Musulmans.

Le régime Assad a commis erreur sur erreur. Stupéfait par les premières manifestations du printemps dernier, il a recouru trop vite à la force. Il a empêché la présence de la presse étrangère et censuré sa propre presse et sa télévision, laissant ainsi le champ libre aux rumeurs, à l’exagération et aux distorsions de séquences vidéo diffusées au hasard sur YouTube. Ses offres de dialogue avec l’opposition ont été hésitantes et n’ont pas semblé sincères. Les attaques de ces derniers jours contre des ambassades arabes à Damas ont été stupides.

Le résultat en a été que la situation s’est de plus en plus polarisée. Le régime dénonce l’opposition basée à l’étranger, le Conseil National Syrien (CNS)) créé le mois dernier, comme étant une marionnette des gouvernements étrangers. De son côté, le CNS refuse de discuter avec le régime et insiste sur la nécessité du départ d’Assad. Il s’est lancé dans des appels à une zone d’exclusion aérienne et à une intervention étrangère sur le modèle libyen, qui sont autant d’incitations à la guerre civile. L’opposition de l’intérieur n’est pas allée aussi loin mais pourrait être poussée dans cette direction si la situation continue à se durcir.

La Syrie a aujourd’hui besoin d’une médiation internationale avant qu’il ne soit trop tard, avec un échéancier pour une transition démocratique qui comprendrait des garanties de statut pour toutes les minorités, dont pour les Alaouites à laquelle appartiennent les élites au pouvoir. Le risque d’une domination accompagnée d’une vengeance par la majorité sunnite est trop grand.

Exiger le départ de la famille Assad est contre-productif sauf si une amnistie est proposée. Pourquoi les Assad accepteraient-ils de céder le pouvoir pacifiquement au vu des précédents de Moubarak (emprisonnement et jugement) et de Kadhafi (lynchage) ?  Du moins, la Cour pénale Internationale n’est pas de la partie, ce qui aurait rendu la crise encore pire.

La réunion de la Ligue Arabe ce mercredi à Rabat a montré des signes que l’organisation commençait peut-être à avoir des doutes sur sa décision hâtive de suspendre la Syrie samedi dernier. La décision n’était pas conforme aux statuts de la Ligue qui prévoient que seul un sommet des chefs d’Etat arabes peut appeler à la suspension d’un membre, et que la décision doit être prise à l’unanimité. La Ligue Arabe vient de reporter l’application de la mesure. Elle a donné trois jours à la Syrie pour accepter des observateurs civils et militaires pour contrôler la situation sur le terrain. [cet aspect des démarches de la Ligue Arabe est présenté de manière biaisée  ou fort discrètepar vos journaux, NdT].

Si cela devait devenir un effort sérieux de médiation, tant mieux. Le meilleur modèle est l’accord qui avait mis un terme à la guerre civile au Liban, obtenu après des discussions à Taef en Arabie Saoudite en 1989. Quoique négocié par les diverses parties  et groupements d’intérêts libanais, le parrainage et le soutien saoudiens avaient été importants.

L’éventualité que l’Arabie Saoudite joue un tel rôle aujourd’hui est fort douteuse. Ardemment soutenue par l’administration Obama, la monarchie semble pencher pour une stratégie anti-iranienne dans laquelle le renversement d’un régime syrien dominé par des Chites est conçu comme un coup indirect porté contre Téhérn. Les Saoudiens et les Américains coopèrent étroitement avec les forces sunnites de Saad Hariri à Beyrouth qui n’ont toujours pas digéré d’avoir perdu leur contrôle du gouvernement libanais ce printemps.

La Turquie avait tenté une médiation pendant l’été, mais sa démarche avait été taxée de duplicité par le régime Assad parce que la Turquie aidait en même temps l’opposition syrienne à s’organiser à Istanbul. Ecartelée ente son désir d’avoir de bonnes relations avec l’Iran voisin ainsi qu’avec les régimes sunnites arabes,  la Turquie  s’est rangée entièrement du côté anti-Assad. Les pressions des Etats Unis et l’accord renouvelé  de Washington pour fermer les yeux sur les incursions de l’armée turque contre les bases de la guérilla kurde dans le nord de l’Irak ont sans doute joué un rôle.
En théorie, l’ONU pourrait assurer une médiation, mais ses démarches pour négocier un arrêt de la guerre civile en Libye n’avaient eu aucun soutien de la part des membres occidentaux du Conseil de sécurité. Avec leur attitude anti-Assad et contre une amnistie, ils semblent tout aussi peu disposés à rechercher la paix en Syrie. Seule la Russie a eu la sagesse de soutenir le dialogue et d’adresser un message fort en ce sens quand des opposants Syriens avec la visite à Moscou d’opposants Syriens.

La Ligue Arabe peut encore désigner un groupe d’éminents Arabes indépendants pour entendre toutes les parties impliquées dans la crise syrienne et rechercher un nouveau «Taef.» Cette équipe devrait comprendre des membres Chiites et Sunnites. Mais la ligue Arabe doit d’abord repousser l’hystérie anti-iranienne que les USA, Israël et l’Arabie Saoudite excitent dans le Golfe. L’abîme d’une guerre civile totale en Syrie est beaucoup plus réel. Et il est très proche.

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samedi, octobre 08, 2011

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Les opprimés et les chômeurs d'Arabie Saoudite n'ont pas le droit de se révolter


L’Arabie Saoudite connaît une certaine agitation politique. Il est ce bon ton cependant, comme dans le cas des troubles au Bahreïn de ramener les problèmes à une dimension religieuse, en l’occurrence à une fracture chiites- sunnites.


En quelques mots, le problème et son analyse. Quand on pense que le gouvernement syrien se fait tancer quand il pointe la main de l’étranger derrière les troubles qui secouent ce pays !

On évacue ainsi le politique et le social. Alors que, quand on considère la situation en Arabie Saoudite, si la minorité chiite est effectivement particulièrement mal lotie, il convient de ne pas oublier que l’Arabie est un pays où il n’existe aucune liberté publique, pas même celle, peut-être superflue mais hautement symbolique, d’avoir un téléphone capable de prendre des photos/vidéos, que les femmes n’ont pas le droit de conduire une voiture et que le taux de chômage des personnes âgées entre 18 et 40 ans tourne autour de 50 %.

Le royaume a donc lui aussi ses «hittistes» (teneurs de murs forcés à l’oisiveté), un échec d’autant plus criant que le pays croule sous les pétrodollars et qui aide à comprendre le mécontentement d’une partie de la population qui déborde la composante chiite.

Mais l’Arabie est la clef pas seulement des approvisionnements en pétrole des Etats Unis et d’autres pays, mais surtout de la régulation des prix de cette matière première.

C’est pourquoi, vous ne verrez pas un ambassadeur des Etats Unis (ou de France) s’embarquer dans une démarche de prise de contact et d’encouragement des opposants à la monarchie saoudienne. Angry Arab fait un lien vers un article d’opinion de David Ignatius publié par le Washington Post où ce dernier fait l’éloge de Robert Ford,  l’ambassadeur US à Damas, pour son rôle de conseil auprès de l’opposition syrienne.

Angry Arab se pose à bon droit la question de savoir si l’ambassadeur des Etats Unis à Ryad va lui aussi avoir l’ordre de ses supérieurs d’aller conseiller ceux qui manifestent contre la monarchie absolue qui gouverne l’Arabie Saoudite ?
Au risque, comme Robert Ford de se fairebombarder de tomates et d’œufs par des terroristes stipendiés par le gouvernement ?
Il ne le fera pas car, comme le Parisien Libéré l’é écrit, c’est une agitation chiite manipulée par l’Iran.

Une question qu'Angry Arab ne pose pas est celle de savoir pourquoi le gouvernement syrien n'a pas demandé le rappel de l'ambassadeur par Washington ou ne l'a pas simplement expulsé?
Or, c'est peut-être la seule question qui vaille.

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