jeudi, décembre 20, 2012

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L'Armée Syrienne "Libre" affame le peuple syrien


On connaît bien As’ad AbuKhalil, alias Angry Arab sur ce blog. Ce professeur d’université qui intervient souvent dans les médias occidentaux ou arabes est résolument hostile au pouvoir en place en Syrie. Et il est également hostile aux prétendus opposants démocrates qui ont pris les armes en Syrie avec l’appui de l’OTAN et des monarchies pétrolières.

Ce qui lui vaut d’être vilipendé des deux côtés.

Mais aussi d’avoir accès à des sources d’information de première main, tel ce journaliste turc qui évoque un aspect inédit du comportement des miliciens de l’Armée Syrienne Libre, à savoir des vols de machines, de voitures mais surtout de quantités de grain, ce qui a provoqué une grave crise de l’approvisionnement en nourriture dans Alep, cette ville qu’ils prétendent libérer.

Des activités de l’Armée Syrienne Libre qui ne sont pas rapportées par la presse occidentale

Par As'ad AbuKhalil, The Angry Arab, 20 décembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un journaliste turc qui travaille dans la région proche de la frontière avec la Syrie m’a envoyé des informations sur certaines activités de  l'Armée syrienne Libre (ASL) non rapportées dans la presse. Il écrit:

 «A peine deux jours avant la «crise de la nourriture» à Alep, j'ai entendu beaucoup de mes amis du Hatay dire qu'ils commençaient à voir certains Syriens vendre du  pain en  ville. Les pains turcs ne sont pas les mêmes que ceux de Syrie, même au Hatay.

 Et je dois vous donner un nom. Abdulqader As Salah, un commandant des brigades Tawhid [Unicité] qui a des liens très étroits avec les services secrets turc. Il vend en ce moment du "blé" à Gaziantep, une province de la Turquie. Je suis un journaliste turc qui suit cette crise depuis le début, j'ai entendu la même chose de la part de Kurdes à Ceylanpinar (une ville frontalière près de Ras Al Ayn) . Les Kurdes qui ont fui les affrontements entre l’ASL et les milices kurdes m'ont dit avoir vu certains membres de l’ASL piller les silos à blé.

Mais je n’y avais pas accordé d’attention jusqu’à ce que je voie ces informations. C’est peut-être pourquoi les gens à Alep protestent en ce moment contre l’ASL en la qualifiant «d’armée de Harami (voleurs).» J’essaye maintenant de comprendre ce qui se passe et pourquoi les habitants du Hatay ont commencé à voir des pains syriens dans la province. Quand j’aurai fait mon reportage, je vous l’enverrai aussi. Au Hatay les gens ont une apparence très proche de celle des syriens et sont accoutumés à la culture syrienne…
Pillage du blé à Alep
Pillage du blé par l'ASL à Alep
J’ai vu quelques photos de Reuters qui montrent des membres de l’ASL sur les silos à grain à Alep.  Mais comme d’habitude, elles sont légendées « Des forces fidèles à Assad bombardent les silos et les membres de l’ASL », quelque chose comme ça. Je vais essayer de vous envoyer la photo. J’ai entendu pour la première fois des rumeurs à ce sujet à Ceylanpinar/Sanliurfa. Des kurdes m’avaient dit que… Mais je n’y avais malheureusement pas fait attention. Puis j’ai vu cette photo. Puis j’ai vu les informations sur la famine en Syrie. Maintenant je me renseigne. Et un de mes amis journalistes m’a informé sur ce "Abdulqader As Salah". Je n’ai pas rassemblé toutes les infos sur lui mais on dit qu’il est le chef de la brigade Tawheed, qu’il habite à Gaziantep et qu’il vend actuellement du blé et des voitures d’occasion.

Tawheed est une des organisations les plus étroitement liées aux services secrets turcs. Tout le monde le sait. Je travaille là-dessus en ce moment, quand j’aurai fini, je vous enverrai un exemplaire de mon travail…

Ils volent même des engins de forage pétrolier en Syrie et ils les amènent en Turquie… C’est vrai… Les militants de l’ASL volent du blé en Syrie et ils l’amènent en Turquie pour le vendre.
J’ai contrôlé mes sources et j’ai parlé avec beaucoup de gens dans les provinces du Hatay et de Sanliurfa. Ils m’ont dit que certains membres de l’ASL (qui parlent l’arabe syrien) vendent maintenant des pièces détachées automobiles et qu’à Gaziantep ils ont un dépôt de grain.

Un de mes amis dignes de foi m’a dit que les choses ont commencé en septembre… Un journaliste pro Assad à Hatay m’a dit que tout se faisait en accord avec les autorités turques. Les rebelles ramènent du blé, des voitures et même du mobilier de Syrie par le poste frontière de Bab al Haya qui se trouve de l’autre côté de la porte du Hatay-Cilvegozu…  Les militants de l’ASL ont pris le contrôle de ce poste frontière en juin.

Ils pillent aussi les villages kurdes quand ils les attaquent à partir du côté turc ainsi qu’ils l’ont fait à Ras Al Ayn… C’est pourquoi les kurdes ne veulent pas qu’ils viennent dans leurs régions.»

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mardi, octobre 23, 2012

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L'armée turque va-t-elle bombarder les "rebelles" syriens?


Quand un obus venu de Syrie s’abat en Turquie, la presse est prompte à le signaler, d’autant que le gouvernement turc a décidé de riposter à tout bombardement syrien sur son territoire.
Ce qui n’est pourtant pas le cas du dernier obus tiré depuis la Syrie qui vient de toucher un centre de soins médicaux. 
Istanbul, Hürriyet (Turquie) 23 octobre 2012
 
Un obus anti-aérien tiré depuis le territoire syrien a touché aujourd’hui un dispensaire dans la province méridionale de Hatay, rapporte le journal Hürriyet.
On ignore toujours si l’obus a été tiré par l’armée syrienne ou par les forces d’opposition.
Il n’a été fait état d’aucune victime dans cet incident.
Comme l’Armée Syrienne Libre ou les autres composantes de l’opposition armée ne disposent pas encore d’avions ou d’hélicoptères, la logique voudrait que cet obus de DCA ait été tiré par ces forces d’opposition contre un aéronef de l’armée syrienne.

L’artillerie de l’armée gouvernementale syrienne a une dotation en matériel qui lui permet d’utiliser tous ses équipements de manière adéquate en fonction des contraintes du terrain, et on peut dire que, compte tenu de sa puissance de feu, elle en a fait en réalité un usage modéré.

Si le chef du gouvernement turc, Recep Tayyip Erdogan est logique, il devrait donc demander à son armée d’exercer des représailles contre les opposants Syriens qu’il s’obstine à héberger, à encourager et à armer.

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mardi, septembre 25, 2012

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Les bienfaiteurs Turcs et le démon de Damas


Il était une fois un premier ministre et un ministre des affaires étrangères Turcs qui s’étaient épris du peuple syrien dont ils se firent les bienfaiteurs bénévoles..

Ce peuple arabe, abondamment massacré par un dictateur sanguinaire répondant au nom de Bachar al-Assad, n’avait pu trouver de salut qu’en franchissant la frontière pour se réfugier dans les bras de la nation turque accueillante.

Les hautes autorités de l’Etat turc s’étaient mises en quatre pour veiller aux besoins de cette masse de réfugiés venue demander asile.

Cet amour des gouvernants Turcs pour le peuple syrien était si fort que, ne pouvant se résoudre à se passer du moindre de leurs hôtes, ils faisaient tout leur possible pour les retenir dans leur giron bienveillant, les dissuadant par toutes sortes de moyens fraternels de retourner se jeter sous les griffes du démon de Damas.

Bon, ça c’est la légende (sauf pour la rétention plus ou moins amicale).

Parce qu’en réalité, le gouvernement turc qui pensait rapidement être débarrassé d’un voisin devenu brusquement infréquentable se retrouve maintenant face à un flot de réfugiés qu’il estime presque insupportable tandis que l'ophtalmologue diabolique refuse obstinément de céder à ceux qui lui enjoignent de partir (ou de mourir comme le lui suggère Laurent Fabius, travailleur humanitaire bien connu).

Le plus beau étant que, par son attitude, le gouvernement turc a contribué grandement à faire grossir le flux de réfugiés.

Les autorités d’Ankara souhaitent donc partager ce fardeau avec la «communauté internationale,» bien souvent la même qui l’a encouragé à mettre de l’huile sur le feu dans le pays voisin.

Et surprise, la dite «communauté internationale» ne répond que mollement à ces appels à l’aide d’Ahmet Davutoğlu, le chef de la diplomatie turque.

Cette réticence a plusieurs raisons.

La première est que le gouvernement turc réclame avant tout de l’argent, ce qui n’est pas tout à fait dans les normes de l’assistance internationale qui passe par le truchement d’ONG reconnues et d’institutions de l’ONU.
Ensuite, donner de l’argent au gouvernement turc, revient d’une manière ou d’une autre à abonder son budget, ce qui n’est certes pas la mission de l’aide internationale.
Enfin, le gouvernement turc refuse de confier la gestion des camps de réfugiés présents sur son sol aux institutions de l’ONU pour des raisons de souveraineté nationale. Pour les mêmes raisons, la Turquie s’oppose à la simple présence des ONG et de l’ONU.

Il est cependant assez clair que, comme le soutient l’opposition turque, ces camps de réfugiés sont confiés à l’opposition syrienne, du moins celle qui est en cheville avec l’Etat turc, qui encadre politiquement les réfugiés et se livre à des entraînements militaires.

C’est une raison de plus d’ailleurs des réticences des donateurs qui ne veulent pas que leur argent aille à des milices à la botte de la Turquie alors qu’eux-mêmes ont parfois leurs propres opposants Syriens à promouvoir.


Par Barçın Yinanç- Hürriyet (Turquie) 25 septembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Malgré une charge croissante sur ses épaules à cause de l’afflux de réfugiés Syriens, le gouvernement a du mal à convaincre les puissances mondiales de donner de l’aide. Ankara a sollicité une aide financière, mais l’Occident semble réticent.
Ayant refusé l’assistance internationale quand les Syriens en fuite ont commencé à arriver en Turquie il y a un an et demi, le gouvernement turc a maintenant du mal à convaincre les membres de la communauté internationale d’aider avec ce problème toujours plus important, au moment où l’afflux de réfugiés est sur le point de dépasser la capacité d’accueil des réfugiés par la Turquie.

La demande de la Turquie pour une assistance financière et son degré de coopération avec le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR de l’ONU), que les tierces parties jugent insuffisant, sont perçus comme étant les principales raisons de la réticence de la communauté internationale à apporter son aide, selon des sources diplomatiques occidentales.
«On nous demande de faire un chèque pur le gouvernement turc. Mais les choses ne se passent pas comme ça. Nous préférons élargir l’aide par l’intermédiaire d’institutions de l’ONU,  a déclaré un officiel de l’Union Européenne à Hürriyet Daily News.
 «Nous coopérons avec le HCR, mais nous ne permettrons certainement pas que les camps passent sous le contrôle du HCR. Nous n’abandonnerons pas nos droits souverains. Et à notre connaissance, le HCR est complètement satisfait de notre coopération,» a affirmé un officiel Turc proche de ce dossier, ajoutant que ces tierces parties qui rechignent à mettre la main à la poche se cachent derrière des arguments «sans fondements.»  

Le même officiel a relevé que l’appel du HCR à une aide pour les réfugiés Syriens a eu un écho limité. Le HCR a conçu deux programmes pour faire face au problème, l’un prévu pour être appliqué à l’intérieur de la Syrie et l’autre pour aider les pays voisins, et il a exhorté les pays membres à financer ces programmes. Seulement 104 millions de dollars sur les 193 millions demandés pour le programme régional, et 94 millions sur les 180 millions attendus pour le programme destiné aux populations à l’intérieur de la Syrie, ont pu être collectés. La Turquie à elle seule a dépensé presque le double de cette somme apportée par la communauté internationale pour les deux programmes combinés, le ministre des affaires étrangères Ahmet Davutoğlu ayant évoqué récemment un chiffre de plus de 300 millions de dollars dépensés à ce jour.

Il semble que la Turquie pâtisse de son choix initial de ne pas faire appel à la solidarité internationale et de ne pas partager le fardeau de l’aide dès le début quand les premiers Syriens commencèrent à arriver en avril 2010 quand la vague du printemps arabe a atteint la Syrie.

La déception du ministre des affaires étrangères

A l’époque, les autorités turques avaient indiqué être capables de faire face à l’afflux et n’avoir pas besoin pour le moment d’un soutien international. Cependant, la déception de Davutoğlu devant la faiblesse de la réaction de la communauté internationale une fois que la Turquie a demandé l’assistance internationale est apparue clairement dans le discours qu’il a prononcé lors de la réunion de l’ONU sur la Syrie en août dernier. « On a de plus en plus le sentiment en Turquie qu’en faisant de tels sacrifices et en prenant en charge un problème énorme par nous-mêmes, nous incitaons la communauté internationale à la complaisance et à l’inaction,» avait-il dit.

En avril dernier, la Turquie a fait savoir au HCR qu’elle accepterait des propositions de la communauté internationale pour partager le fardeau. C’est d’abord et avant tout une aide financière qui est demandée, a déclaré un officiel Turc au HCR. Pour l’aide en nature, la Turquie a transmis une liste de produites qu’elle accepterait et a créé des centres de réception de l’aide internationale à l’aéroport d’Adana et au port de Mersin.

Coopération avec les ONG

Récemment, la Turquie a commencé à s’intéresser à des actions qu’il fallait entreprendre à l’intérieur du territoire syrien. Ce mois ci, la Turquie a commencé à fournir de l’aide humanitaire au kilomètre zéro de la frontière et a créé des centres de réception de l’aide humanitaire à Kilis, Gaziantep et Hatay à cette fin.

Dans le même temps, des sources occidentales affirment qu’une coopération accrue avec le HCR ainsi qu’avec des Organisations Non Gouvernementales (ONG) internationales contribuera à la recherche par la Turquie d’une aide internationale plus importante car elle donnera de la légitimité aux camps qui ont été une source de controverse entre le gouvernement et les partis d’opposition qui ont affirmé qu’ils servaient pour l’entraînement militaire des opposants Syriens. La Turquie a refusé d’accepter l’assistance d’une dizaine d’ONG, soutenant que cela provoquerait des problèmes de sécurité et de maintien de l’ordre. «Nous n’accepterons de faire exception pour aucune ONG parce que si nous ouvrons les portes à l’une, nous finirons par avoir plus de 100 ONG qui demanderont à venir,» a déclaré à Hürriyet un officiel Turc.

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mercredi, septembre 05, 2012

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Syrie - Turquie, les affaires reprennent!


Au moment où le premier ministre Turc déclare que «la Syrie est devenue un Etat terroriste,» on apprend qu’une société de transport maritime turque s’apprête à lancer une ligne maritime régulière entre le port turc d’Iskenderun et le port syrien de Tartous.
Le patron de la société explique en détail pourquoi il ouvre cette ligne et comment vont ensuite être transportées depuis Tartous les marchandises débarquées du bateau.

Et tenez-vous bien, ces marchandises, essentiellement des fruits et légumes, seront transbordées sur des camions qui traverseront la Syrie pour les livrer aux clients qui se trouvent en Jordanie, au Koweit, en Arabie Saoudite et au Qatar.
Les camions partis de Tartous doivent passer par la région de Homs, celle de Damas puis de Dar'a
Apparemment, ce transporteur et les autres, ceux qui possèdent les camions, ignorent que la Syrie est à feu et à sang, contrôlée pour sa plus grande partie par l’Armée Syrienne «Libre» et qu’on ne peut y circuler qu’en véhicule blindé ! Et encore.

Où alors nous aurait-on menti ?

J’apprends par ailleurs de source sûre que des Algériens continuent à se rendre normalement, comme avant, à Damas pour y faire des affaires. Ils ignorent aussi que le pays est à feu et à sang.


Par Ipek Yezdani, Hürriyet (Turquie) 5 septembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

La compagnie de navigation Sabay Shipping devrait commencer un service de transport roulier (Roll-on Roll-off, Ro-Ro)  entre le port d’iskenderun au sud du pays et le port syrien de Tartous pour transporter les exportations turques vers les pays arabes et du Golfe dans un effort pour ranimer les économies des villes frontalières.

«Les chefs d’entreprises Turcs de Hatay [province du sud-est] qui avaient l’habitude de commercer en Syrie et dans la région environnante en empruntant les routes syriennes ont beaucoup souffert à cause de l’actuelle crise en Syrie. L’économie de la province de Hatay est presque à l’arrêt. Nous essayons de faciliter les efforts de ces chefs d’entreprises Turcs pour relancer le commerce, notamment leurs relations commerciales avec les pays du Golfe, avec un service de transport en ferry,» a déclaré Bülent Aymen, le propriétaire de Sabay Shipping dans un récent entretien avec Hürriyet Daily News.
Bülent Aymen

Le service roulier commencera le 5 septembre avec un bateau immatriculé en Egypte qui fera quatre voyages par semaine.

Comparés à la même période en 2011, les huit derniers mois ont vu une baisse de 12 % des exportations de fruits et de légumes frais, affirme Aymen.

 «presque tout le trafic TIR de la Turquie passait par le Hatay pour rejoindre la Syrie et d’autres pays arabes avant le début de la crise syrienne. Cependant, particulièrement après la dégradationdes relations entre la Turquie et la Syrie et après l’embargo, les chefs d’entreprises turcs qui travaillent dans le sud-est méditerranéen de la Turquie se sont retrouvés dans une position très difficile quand tout le trafic commercial avec la Syrie a été stoppé» explique Aymen.

Aymen précise que les productions turques, notamment les fruits et légumes frais qui doivent être expédiés immédiatement pour être mis en vente, seront transportées par ce ferry vers le port de Tartous où elles seront chargées sur des camions TIR porteurs de plaques d’immatriculation arabes pour être acheminées vers des pays comme la Jordanie, le Koweit, Qatar ou l’Arabie Saoudite.

Le projet de mise en place d’un service de roulage a été établi suite à des demandes de chefs d’entreprises du sud de la Turquie, explique Aymen. Les demandes les plus pressantes viennent de Hatay et de Gaziantep, deux villes situées près de la frontière avec la Syrie dont les économies ont souffert à cause de la crise syrienne.
«Ily a déjà des services maritimes partant de Turquie via le port égyptien d’Alexandrie pour le transport de marchandises turques mais le délai d’acheminement des fruits et légumes frais vers leur destination est beaucoup trop long par cet itinéraire. Ce nouveau service de transport maritime permettra de transporter ce genre de marchandises plus rapidement et moins cher,» déclare Aymen.

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lundi, septembre 03, 2012

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Une manifestation pro-Assad qui crée le choc en Turquie


Le gouvernement turc n’en peut mais.

Après avoir contribué à organiser la sédition en Syrie, il commence à réaliser qu’il a semé des germes qui sont potentiellement destructeurs pour l’Etat turc lui-même, germes qui sont loin de se limiter au problème kurde.

Un évènement s’est en effet produit samedi dernier en Turquie qui s’il n’a guère eu d’écho dans nos journaux n’en finit pas de susciter des remous là-bas.
Je veux parler d’une manifestation de soutien au président Syrien Bachar al-Assad qui s’est déroulée dans la province turque de Hatay limitrophe avec la Syrie.
Manifestation de soutien à Assad en Turquie
Cette manifestation a créé un choc en Turquie parce qu’elle rappelle aux élites de ce pays que la province de Hatay est historiquement syrienne et que la politique actuelle d’Ankara à l’égard de la Syrie est lourde de menaces pour l’intégrité territoriale turque.

Comme l’explique le journal turc Sabah,
Une manifestation tenue au Hatay ce samedi dans le cadre de la Journée Mondiale de la paix s’est rapidement transformée en manifestation de soutien à Bachar al-Assad.

Emmenées par des individus qui se présentaient eux-mêmes comme des membres de la «plateforme Anti-Impérialiste contre l’Intervention en Syrie ,» environ 2 000 personnes se sont rassemblées samedi dans une manifestation de soutien à Assad et contre la parti AKP (au pouvoir en Turquie). Les manifestants agitaient des portraits de Bachar al-Assad et scandaient des slogans en arabe comme «Nous sacrifierons notre sang et nos âmes pour Assad» et d’autres exaltant Bachar, maher et Bassel Assad.

De fait, la popularité du président Syrien dans la province en question n’est un secret pour personne. Sauf apparemment pour le gouvernement turc et les pseudo-rebelles Syriens.

La manifestation était bien entendu organisée par la dite plateforme qui refuse les agissements délétères du gouvernement turc contre la Syrie. Ces gens qui manifestent rappellent aussi qu’à la base ils sont Syriens et que, si on veut bien se donner la peine de comprendre les minorités, ils pourraient bien un jour prochain signifier aux autorités turques qu’ils ne sont plus intéressés par l’appartenance à la Turquie.
Et si le gouvernement turc veut bien prêter attention à leur voix, il devrait aussi comprendre que la Syrie de demain, avec ou sans Assad, pourrait bien réactiver sa revendication sur cette province en arguant du désenchantement des habitants du Hatay.

Pour l’instant, les Turcs n’en sont pas à la phase d’élaboration de leur réflexion sur le désastre qui leur pend peut-être au nez. Ils ont illico presto trouvé des explications à cette manifestation en faveur du président Syrien :
Le Dr. Muhammed Rahhal, un miltant bien connu de l’opposition syrienne qui réside actuellement en Turquie affirme, «Cette manifestation a été complètement organisée par les moukhabarat (services secrets syriens) et les shabiha. ».
Oui, parce que, au cas où vous ne le sauriez pas, les shabiha font un peu comme chez eux en Turquie et ils tiennent réunion sur réunion dans les provinces de Adana, Mersin, Iskenderun et Hatay.

Et ces réunions sont co-organisées avec Mihraç Ural un militant Turc «néo-nationaliste» recherché par la police turque et qui vivrait en Syrie où il est pote avec le président (ça sent la théorie du complot).

Le Dr Rahhal nous explique :
La manifestation au Hatay a été organisée par des groupes venus de Syrie. Ces gens ont même amené les pancartes et les drapeaux utilisés dans la manifestation et les ont distribués aux Nusayris [Alaouites] pour essayer d’obtenir du soutien. Tout a été organisé par les moukhabarat et les shabiha,» affirme Rahhal.
Un peu sectaire le docteur…

Tout comme ces deux là :
S’exprimant au nom de l’opposition arabe [opposition arabe syrienne parce que le journal Sabah donne aussi la parole à un opposant syrien turkmène!], Şihab et Ebu Ahmed ont commenté en affirmant, «Les manifestations étaient le résultat de l’action des miliciens shabiha fidèles à Assad qui manipulent les Alevis et les Nusayris dans la région. Les militants shabiha sont envoyés ici per le régime Assad pour causer des problèmes entre les habitants d’Antakya et les réfugiés Syriens. »

Il est effectivement clair que beaucoup d’habitants d’Antakya sont excédés par une catégorie de Syriens présents en Turquie, ceux qui se présentent comme des opposants au régime.

J’ai quand même du mal  à imaginer les services syriens et les shabiha, qui sont des miliciens à action surtout locale, se lancer dans une telle entreprise non seulement risquée mais inutile puisque le soutien d’une bonne partie des habitants de la province au président Syrien est un fait avéré.

  




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jeudi, août 30, 2012

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Syrie: montée de l'exaspération en Turquie


Nous avons d’une part les rodomontades d’Ahmet Davutoglu, le chef de la diplomatie turque, ou les propos grotesques et grossiers de François Hollande comparant les opposants armés au gouvernement syrien aux Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) dans leur lutte pour libérer Paris de l’occupation allemande (puisque le régime de Vichy ne contrôlait pas l’ex capitale française).
Et nous avons d’autre part une inquiétude qui monte en Turquie dans des segments de la population de la Turquie qui sont ouvertement hostiles à la politique syrienne menée par leurs autorités.
Ces segments de population sont tout sauf négligeables : les 500 000 alaouites arabes de la province de Hatay, les 15 à 20 millions d’alévis et les 15 millions de kurdes.
Ce n’est à mon avis pas pour rien si le gouvernement turc cherche à stopper un afflux de réfugiés syriens qui, tout en étant important certes, n’a rien à voir avec les flux colossaux engendrés par des situations de conflit en d’autres lieux (Palestine, Libye sous les bombardements amicaux de l’OTAN, Irak émancipé par les chars américains…).
Parce que les forces qui secouent la Syrie existent aussi à leur manière en Turquie et ce n’est pas un hasard si la presse turque donne de plus en plus souvent la parole à des universitaires qui mettent en garde contre une politique aventureuse.
Ces intellectuels ont d’autant plus de mérite qu’ils doivent veiller à ne pas franchir certaine limites, comme quand il s’agit de la question kurde, limites dont le dépassement leur vaudrait quelques ennuis.

Les 120 pays  Non Alignés réunis à Téhéran devraient appeler à une solution politique qui passe par une discussion impliquant les acteurs de la région, dont la Turquie. Qui disait que l’Iran était un pays isolé ?

Il n’y a à mon avis aucune chance qu’une telle démarche se concrétise dans la mesure où les puissances occidentales veulent que la Syrie continue à s’enfoncer dans une spirale destructrice et meurtrière.
Notons cependant que le mouvement des Non Alignés se caractérise par un égalitarisme qu’on aura de la peine à retrouver dans la clique des prétendus « amis de la Syrie » animée par des pétromonarchies et des puissances néocoloniales qui manient carotte et bâton pour rameuter du monde à leurs orgies de sang.



par Alexander Christie-Miller, Christian Science Monitor (USA) 28 août 2012 traduit de l'anglais par Djazaïri

Dans la ville d'Antakya à la frontière turco-syrienne, le soutien du gouvernement turc à l'opposition syrienne a déconcerté les habitants qui appartiennent à la même secte chiite que le président Assad.
Le réfugié syrien Abdulhefiz Abdulrahman se souvient qu’il avait de nombreux amis dans la ville turque d’Antakya, mais cette époque semble révolue.

Ce dissident politique avait fui la Syrie pour arriver dans cette cité frontalière plusieurs mois avant que le soulèvement contre le régime du président Bachar al-Assad éclate l’an dernier.
«J'ai eu beaucoup d'amis alaouites ici», dit M. Abdulrahman, se référant à cette branche du chiisme à laquelle une grande partie de la population d’Antakya adhère.

Les alaouites dominent le régime en Syrie, où le soulèvement de 18 mois a divisé le pays selon des lignes sectaires, opposant la minorité alaouite privilégiée contre la majorité sunnite [il est ridicule et faux d’affirmer que la minorité alaouite est privilégiée, note de Djazaïri].

À Antakya, où le soutien au régime alaouite d’Assad est profond, l’hostilité monte envers les rebelles syriens et les dissidents qui ont établi une base temporaire sur place. Et partout dans la province, le soutien apparent [évident, note de Djazaïri] de la Turquie à l'opposition syrienne met à mal un délicat équilibre ethnique.
 «Avant, quand je disais que j’étais un réfugié, ils me respectaient,» a déclaré Abdulrahman au Monitor. «Ils ne me disent même plus bonjour dans la rue.»

Désormais, la frustration locale à propos de la décision apparente du gouvernement de laisser les dissidents et les combattants syriens opérer sur le sol turc pourrait exciter de plus grandes tensions ethniques dans le pays.

Le soutien de la Turquie aux rebelles suscite la colère

Le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a fortement soutenu l'opposition syrienne, appelant au renversement du régime.

Même si la Turquie est un pays laïque, elle est de plus en plus considérée comme un acteur sunnite [dans le conflit syrien], aux côtés de l'Arabie saoudite et du Qatar», déclare Bulent Aliriza, directeur du Programme Turquie au Centre for Strategic and International Studies à Washington . «Cela affecte inévitablement le corps politique».

Le 26 août, le chef du Parti Républicain du Peuple, le principal parti d'opposition en Turquie, a accusé le gouvernement de former les combattants syriens anti-régime après qu'une délégation de son parti  se soit vue refuser l'accès à un camp de réfugiés à la frontière syrienne.

J’ai envoyé nos députés inspecter le camp dont on disait qu’il était plein d’agents et d’espions, mais les autorités leur ont dit qu’ils ne pouvaient pas entrer dans le camp,» a déclaré Kemal Kilicdaroglu aux journalistes. «maintenant, j’attends une réponse du gouvernement : Qu’est-ce qu’il y a dans ce camp ? Qui entraînez-vous dans ce camp ? Recrutez-vous des homes pour répandre du sang musulman ?»

Ankara dément offrir un soutien à l'opposition syrienne armée, ou lui permettre d’opérer librement à partir du territoire turc. Mais quand le Christian Science Monitor a visité hier le poste frontière de Reyhanli près d’Antakya, un officier rebelle qui attendait là nous a dit que les autorités lui permettaient de passer en Syrie, alors même qu'il n'avait pas de passeport. Et Reuters, citant des sources à Doha, a rapporté le mois dernier qu’Ankara a mis en place une base secrète près de la frontière syrienne, en coopération avec l'Arabie saoudite et le Qatar, pour fournir une assistance militaire et des moyens de communication aux rebelles.

'Solidarité sectaire'

Pendant ce temps, la tension monte à Antakya. La semaine dernière, certains habitants ont organisé une manifestation appelant à l’expulsion [des militants syriens] de la ville, tandis que des militants syriens ont indiqué au Monitor, qu’ils avaient été convoqués à une réunion avec des responsables militaires turcs et des officiels de la municipalité qui leur ont dit qu’ils devaient quitter la ville "pour leur propre sécurité." Les officiels turcs nient qu’une telle réunion ait eu lieu.

 «Les gens de Hatay ont vécu ensemble pendant des milliers d'années sans tenir compte de l'origine ethnique ou de la religion», explique Mehmet Ali Edipoglu, un député local du parti d'opposition de M. Kilicdaroglu. "Le fait que les tentatives de changement de régime en Syrie se sont transformées en une guerre sectaire nuit [à ce vivre ensemble]. "

 «Ce ne sont pas des réfugiés qui viennent à Antakya, mais les militants syriens qui sont armés par le gouvernement pour qu’ils retournent en Syrie", dit-il, décrivant ceux qui  vivent ici [à Antakya] comme des «assassins».
M. Edipoglu accuse le gouvernement de mener une politique étrangère sectaire. «[Le gouvernement turc] ne soutient pas un mouvement laïc, il soutient un mouvement sunnite dont même les sunnites ne veulent pas», dit-il.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, à la tête du Parti de la Justice et du Développmement au pouvoir (AKP) a déclaré à plusieurs reprises que son opposition au régime Assad est nourrie par les violations des droits de l'homme par ce régime, non par  une solidarité  avec l’opposition sunnite contre le régime . Mais cela n'a pas empêché des personnalités de haut niveau de l’AKP de lancer des accusations similaires contre l'opposition au gouvernement turc.
M. Kilicdaroglu, le chef de l'opposition, est un alévi, un membre d'une secte alaouite turque distincte de la secte alaouite arabe et qui est forte de 15 à 20 millions de personnes en Turquie. Le nombre d’alaouites est d’environ 400.000, qui vivent presque tous à Hatay.

En dépit d’origines et de rites religieux différents, les deux groupes ont tous deux des interprétations laxistes et peu orthodoxes de l'Islam, et ont ainsi en partage un historique de persécution par les musulmans sunnites au milieu desquels ils forment une minorité.

Le 6 août, M. Erdogan a mis en colère les alévis quand il a suggéré que leurs édifices religieux, connus sous le nom de cemevis , n'étaient pas de véritables lieux de culte. Se référant à la mosquée, il a dit aux journalistes que "il doit n’y avoir qu'un seul lieu de culte pour les musulmans." Le mois précédent, la Direction turque des affaires religieuses avait conclu que les cemevis n'étaient que des "centres culturels".

En Juillet, Huseyin Celik, vice-président de l'AKP, a  confondu Alaouites et Alevis quand il a suggéré qu’une «solidarité sectaire» était derrière les critiques répétées de M. Kilicdaroglu contre la position de la Turquie sur la Syrie, affirmant que le chef de l'opposition soutenait le régime Assad.

La Syrie sème-t-elle discrètement la discorde ?

Quelles que soient les motivations du soutien d'Ankara à l'opposition syrienne, certains craignent que Damas réponde à la ligne dure de la Turquie en essayant d'attiser les hostilités avec les minorités que la Turquie a eu du mal à réprimer, en particulier avec les Kurdes, qui sont au nombre d'environ 20 millions en Turquie et ont subi des décennies de persécutions par l’Etat.

Plus tôt ce mois-ci une voiture piégée a tué neuf personnes, dont un enfant de 12 ans dans la ville frontalière de Gaziantep. La Turquie a imputé l'attaque à la guérilla du Parti des Travailleurs du Kurdistan PKK), mais elle a également enquêté sur d'éventuelles connexions syriennes et iraniennes dans cet attentat.

L’attentat a provoqué des tensions entre les Turcs et une minorité kurde de plus en plus agitée.
Le mois dernier, la Turquie avait réagi avec fureur après la cession par damas du contrôle d’une grande partie du territoire syrien à population kurde à une milice liée aux rebelles kurdes qui opèrent en Turquie.

Erdogan a déclaré que le territoire syrien était utilisé pour monter des raids transfrontaliers en Turquie, « une intervention serait donc notre droit naturel.»
À Antakya aujourd'hui, le gouverneur de hatay Mehmet Celalettin Lekesiz a réfuté une récente série de reportages dans les médias turcs,et a affirmé que les Syriens dans la province n'étaient ni armés, ni aidés par l'État, ni persécutés par la population locale.

Il a déclaré aux journalistes lors d'une conférence de presse que ces allégations faisaient partie d'une campagne  «systématique» visant à ébranler la paix dans la province. "Ces tentatives pour trouver des histoires [pour la presse] ne sont ni morales, ni raisonnables. Ne contribuons pas aux tentatives de répandre l’hostilité entre les gens», a-t-il dit.

Koray Caliskan, politologue à l'Université du Bosphore à Istanbul, estime qu’avec la campagne d’Ankara pour le renversement du régime Assad, il est inévitable que Damas cherche à attiser l'instabilité chez son voisin.

"Je crois que si nous nous engageons dans des politiques dangereuses, comme un changement de régime dans les pays voisins, ils se livreront à des activités perturbatrices du même genre dans le nôtre», dit-il.

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lundi, juillet 30, 2012

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La Turquie paye déjà le prix fort pour son alignement sur l'OTAN en Syrie.

La question est maintenant de savoir si elle est prête à courir le risque d'aller au désastre.


La crise syrienne doit donner  en effet plus que des migraines au gouvernement turc. Non seulement le soutien apporté aux « rebelles » (comment des combattants étrangers peuvent-ils être qualifiés de rebelles, il faut le demander à la presse aux ordres de Rothschild et de Lagardère) par la Turquie et ses amis de l’OTAN et des monarchies pétrolières (démocratiques) a précipité l’accès à l’autonomie des Kurdes de Syrie, mais la Turquie se trouve peut-être à la veille d’entrer en guerre si on en croit le dispositif militaire qu’elle met en place à la frontière avec son voisin du sud-est.

Blindés de l'armée turque se préparant à faire mouvement vers la frontière avec la Syrie

Il s’agit peut-être d’une gesticulation de plus de la part du gouvernement turc qui a semblé toujours vouloir éviter d’entrer directement dans le conflit syrien, mais une gesticulation qui pourrait déboucher sur une véritable entrée en guerre, soit du fait d’une erreur de jugement d’une des parties, ou de provocations soigneusement organisées.

Reste que l’opinion publique turque campe dans une posture isolationniste au plan politique et, comme la plupart des opinions publiques, est plutôt hostile à la guerre. Mais il est vrai qu’il existe divers moyens pour faire accepter un conflit armé à des populations qui n’en voulaient pas…

Une telle guerre, quelle que soit son issue, aura nécessairement des conséquences sur l’ensemble de la région, donc sur la Turquie.
Parce que, au risque de me répéter, la Turquie aurait pu jouer un rôle d’apaisement en Syrie, en facilitant le dialogue. Mais elle a choisi de faire le jeu de l’OTAN et des monarchies en offrant, entre autres, un sanctuaire aux «rebelles» et en permettant le passage de combattants étrangers.

En dehors de la Turquie, aucun pays de l’OTAN n’a de frontière commune avec la Syrie. Aucun pays de l’OTAN n’abrite une importante population kurde, répartie comme on sait sur quatre pays de la région.
L’Arabie Saoudite quant à elle n'a pas de frontière avec la Syrie, et ce sont deux pays qui économiquement se tournent le dos.

Ce qui n’était pas le cas avec la Turquie avant le début de la crise. En effet, les échanges commerciaux avec la Syrie atteignaient 2 milliards de dollars en 2010, avec 1 milliard d’excédent pour la Turquie ! Ce volume devait atteindre les cinq milliards de dollars à court terme, une évolution favorisée par un accord de libre-échange signé en 2004.

Il va sans dire que cet accord ne s’applique plus et les échanges entre les deux pays sont descendus à presque rien.
Ce qui ne va pas sans poser de gros problèmes aux régions du sud-est de la Turquie qui ne sont déjà pas les plus riches du pays et qui connaissent maintenant une crise sans précédent.

Par Mehmet Ezer, Hürriyet (Turquie) 30 juillet 2012 traduit de l'anglais par Djazaïri

Hatay, à la frontière entre la Turquie et la Syrie, subit tout le poids ses troubles dans le pays voisin avec de nombreuses entreprises locales au bord de la faillite. Certaines entreprises sont incapables de payer leurs dettes, le tourisme est quasi inexistant

La province méridionale de Hatay, à la frontière nord de la Syrie, n’a jamais connu de crise comme celle qui se produit en ce moment, a déclaré Gülay Gül, la présidente de l’Association des Industriels et des Entrepreneurs de Hatay (HASIAD) au cours d’un entretien accordé au journal Hürriyet.

Gûl a expliqué que de nombreuses entreprises de la province étaient au bord de la faillite à cause de la crise en Syrie et de son impact sur l’économie. Il y a deux ans, 2,5 millions de touristes passaient par les deux postes frontaliers de Hatay, mais ce chiffre est aujourd’hui tombé à zéro, dit-elle.

«Industriels, sociétés de transport, exportateurs, importateurs, les secteurs du tourisme et de l’agriculture, tous ont été touchés très sévèrement. Les négociants locaux, les marchands et les hommes d’affaires ont tous été rudement affectés économiquement. Elle observe aussi que les entreprises qui avaient contracté des emprunts pour développer leur activité souffrent beaucoup et que celles qui sont endettées auprès des banques sont au bord de la faillite.

Une aide des pouvoirs publics est nécessaire

« Le gouvernement doit en tenir compte et prendre des mesures de sauvegarde. Les commerçants et hommes d’affaires qui ont été touchés ont besoin du soutien de l’Etat. Les remboursements d’emprunt devraient être rééchelonnés et le gouvernement devrait faire en sorte que les banques proposent des prêts à long terme avec de faibles taux d’intérêt, » dit-elle.
Gül explique que le poste frontalier de la province à Civegözü était la plus importante porte d’entrée vers le Moyen Orient, et qu’avec sa fermeture les partenaires du Moyen Orient sont en train de perdre confiance en la Turquie et se tournent à la place vers l’Allemagne et la Chine.

Gül explique que l’HASIAD cherche des solutions pour le tourisme et qu’elle tourne son attention vers le Liban, où d’importantes réunions et négociations ont eu lieu. Gül indique que les chefs d’entreprises veulent lancer des vols aériens réciproques de et vers le Liban, ainsi que des  traversées en ferry afin de relancer le tourisme dans le Hatay.
Hikmet Çinçin, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie (ASTO) confirme que la situation en Syrie vait un impact négatif sur le Hatay, précisant que le commerce entre les deux pays était maintenant presque inexistant.

« En 2008, nos exportations à partir du Hatay vers la Syrie étaient de 123 millions de dollars, elles étaient de 186 millions en 2009, 250 millions en 2010, 150 millions en 2011, mais maintenant elles sont presque à zéro en 2012. Selon Çinçin, le trafic de poids lourds du Hatay venait au deuxième rang après Istanbul, mais depuis mai 2011, le trafic de poids lourds avec la Syrie a diminué e 41 %, ce qui est la preuve des difficultés économiques du Hatay.

Par ailleurs, Mehmet Ali Kuseyri, président de la bourse des matières premières d’Antakya a déclaré que les relations commerciales des 800 kilomètres de la zone frontalière, qui comprend Hatay, Gaziantep, Mersin, Adana, Kilis et Mardin on subi des coups sévères. Kuseyri a aussi indiqué qu’il y avait une augmentation du chômage, une perte de parts de marché, moins de production et d’exportations, et une hausse du coût du transport.

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mercredi, juin 27, 2012

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Le F4-Phantom turc abattu par la DCA syrienne n'était pas seul

L’épisode de la destruction d’un avion de l’armée de l’air turque par la DCA syrienne n’en finit pas de susciter des gesticulations de la part des autorités d’Ankara.

Inconséquent comme à son habitude, le gouvernement turc a d’abord joué l’apaisement avant de virer de bord pour prendre une posture agressive, sans doute sous l’influence de con maître américain. Et c’est pour cette raison que la Turquie a saisi l’OTAN comme si cet incident était de nature à faire jouer les clauses prévues par cette alliance militaire.

C’est sans doute pour justifier sa volte face que le gouvernement turc a inventé l’affaire de cet avion de type CASA, un avion de transport conçu en Espagne utilisé également pour les opérations de recherche et secours en mer, qui aurait été lui aussi pris pour cible par la DCA syrienne.
Du fait de sa forme, de son volume de sa motorisation et de sa faible vitesse de déplacement, le CASA ne peut absolument pas être confondu avec un avion de combat tel que le F4-Phantom abattu par un système antiaérien de fabrication russe..

F4-Phantom et CASA CN-235 de l'armée turque

En fait, si le  F4 avait quelques chances d’échapper aux tirs syriens, le CASA n'en avait sans doute aucune.

Maintenant, si on revient aux circonstances de la destruction de l’appareil turc, il faut d’abord observer que les autorités d’Ankaea ont admis que leur avion avait bel et bien violé l’espace aérien syrien.

Une chose que le président Turc semble trouver très banale !
« Quand vous pensez à la vitesse des jets lorsqu'ils volent au-dessus de la mer, il est courant qu'ils passent et repassent les frontières pour un court laps de temps », a déclaré le président turc, cité par l'agence de presse Anatolie.
Pourtant, même dans des circonstances ordinaires, cette situation est tout sauf banale et source d’incidents au minimum diplomatiques. Or , le contexte actuel en Syrie est tout sauf ordinaire. Outre que ce pays est à la merci de nouvelles incursions aériennes sionistes, ce pays est aujourd’hui ouvertement menacé par diverses puissances dont la Turquie.
Alors dans ce genre de circonstances, les exercices d’entraînement se doivent d’être réalisés à bonne distance du pays que vous menacez et où vous encouragez la sédition armée.

C’est franchement un minimum.

Surtout que le premier ministre Turc vient d’annoncer que
la Turquie ripostera à toute violation de sa frontière par la Syrie
M. Erdogan précise même qu’il s’agit là d’un changement des règles d’engagement de l’armée turque. Cette armée qui viole presque chaque jour les frontières de l’Irak et continue à occuper une partie de Chypre !
A mon avis Erdogan ne connaît pas bien son armée et la Turquie est décidément empêtrée dans ses contradictions…

Ceci dit, il semble assez évident que l’avion de l’armée de l’air turque avait précisément pour mission de tester la défense anti-aérienne syrienne car une éventuelle intervention militaire étrangère tentera probablement de s’appuyer, comme en Libye ou en Serbie, sur d’intenses raids aériens.
De ce côté-là, l’armée turque a pu voir qu’il y avait du répondant et que les choses ne seraient pas aussi simples qu’avec Kadhafi ou avec Milosevic.
Batterie antiaérienne ZSU 23-4 Tchilka des forces syriennes
Sans doute en partie parce que l’équipement défensif syrien a été récemment modernisé et que ce matériel est peut-être directement manipulé par des spécialistes venus de Russie.

En même temps qu’il faisait  des démarches pour se rallier l’OTAN (démarches en fait sollicitées par Washington), Recep Tayyip Erdogan a voulu faire appel à l’unité nationale en présentant le dossier à charge contre la Syrie à son opposition.
Sans cependant la convaincre, alors même qu’aucun Turc n’est satisfait de la destruction d’un avion de son armée et surtout de la mort probable des deux membres d’équipage.

Non seulement le CHP, le principal parti d’opposition, n’a pas été convaincu par la posture de son gouvernement, mais  un de ses leaders, Orhan Düzgün affirme qu’un deuxième avion se trouvait avec  le F4 de l’armée turque et que cet avion qui a « disparu » ou a été également abattu appartenait à un Autre pays de l’OTAN.

Le CHP et l'opposition turque sont en général bien informés sur les développements militaires et sécuritaires en Syrie. Le propos d’Orhan Düzgün doit être donc pris très au sérieux.


Hurriyet (Turquie) 27 juin 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un avion turc abattu le 22 juin volait en tandem avec un autre appareil quand les forces syriennes l’ont descendu, selon Orhan Düzgün, vice-président du CHP (Parti Populaire Républicain).

Düzgün a exigé que le gouvernement révèle la nationalité de l’avion accompagnateur que «les habitants du Hatay ont pu voir à l’œil nu.»
 « Il y avait deux avions en vol. Le sort du deuxième avion demeure inconnu. Le gouvernement nie maintenant l’existence d’un avion vu clairement par les habitants du Hatay, » a déclaré Düzgün.
 «La clef pour résoudre ce problème est [le deuxième avion]. A qui appartenait-il et que faisit-il par là ? » a demandé Düzgün.
Le deuxième avion appartenait à un membre de l’OTAN, mais d’autres informations sur son pays d’origine n’ont pas été données par les sources officielles, a déclaré Düzgün.






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