samedi, mars 23, 2013

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Le Hezbollah et les enjeux libanais et régionaux de la guerre contre la Syrie


La crise syrienne a sans doute connu un tournant avec l’élection du premier ministre d’un gouvernement provisoire d’opposition.
Cette élection a été le moment d’un bras de fer entre l’Arabie Saoudite et le Qatar, ce dernier émirat l’ayant emporté, obtenant l’élection de son candidat, le syro-américain Ghassan Hitto (plus Texan que Frère Musulman selon l'ex ambassadeur US en Syrie, Robert Ford).
Cette victoire du Qatar est aussi celle de la Turquie, proche de cette pétromonarchie et sonne peut-être la fin de tout espoir d’une issue négociée du conflit, et même de tout espoir de sortie du conflit à bref ou moyen terme.
Comme vous l’aurez compris, il ne faut pas se laisser abuser par le mot élection : les [grands] électeurs qui ont choisi le premier ministre n’ont eux-mêmes aucune légitimité élective et le résultat du scrutin est avant tout celui des pressions exercées par des puissances étrangères, la «mieux disante» étant la monarchie du Qatar.
Ce qui se passe aujourd’hui en Syrie n’a rien à voir avec une lutte pour la démocratie : dans leurs paroles, comme dans leurs actes les mouvements réunis dans le Conseil National Syrie et la Coalition Nationale des forces de l'opposition et de la révolution, sont en réalité encore mois démocratiques que le régime en place. Ce qui les distingue vraiment du régime est la tonalité sectaire de leur discours et leur agressivité vis-à-vis de ceux qu’ils considèrent comme des hérétiques.
Il y a eu certes une vraie exigence de démocratisation du système politique en Syrie, mais les porteurs de cette revendication ont été contraints au quasi mutisme, pas par la répression des autorités mais par la situation de guerre étrangère imposée au pays.
Alors, si l’objet des affrontements n’est pas la démocratie, de quoi s’agit-il ? 
L’objet du conflit est en réalité d’en finir avec non seulement le régime syrien, mais surtout avec une Syrie qui reste le dernier obstacle avec le Hezbollah libanais à une normalisation avec l’entité sioniste.Ne vient-on pas en effet de voir que, après bien des rodomontades, le gouvernement turc est rentré dans le rang suite aux excuses de Benjamin Netanyahou pour les victimes  turques du Mavi Marmara. Mieux, Recep Tayyip Erdogan, le premier ministre Turc a
souligné son attachement à "l'amitié solide et à la coopération vieilles de plusieurs siècles entre les peuples turc et juif".

N'a-t-on a pas vu qu’un autre «islamiste» fort en paroles, l’Egyptien Mohamed Morsi, membres des Fréres Musulmans de son état, a choisi d’appliquer scrupuleusement ce qui est exigé de lui par Barack Obama et continuer donc à participer au blocus de la bande de Gaza?
Liquider le régime syrien, c’est aussi préparer l’élimination du Hezbollah, une élimination que d’aucuns voudraient précipiter en étendant le conflit syrien au Liban au prétexte de l’implication des miliciens du Hezbollah aux côtés des forces régulières syriennes. 
C’est cet aspect de la crise en Syrie qu’examine Ibrahim al-Amin dans les colonnes d’al Akhbar, un organe de presse libanais.
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Ibrahim al Amin, rédacteur en chef d'Al-Akhbar
Al Akhbar se situe politiquement à gauche et ne peut en aucun cas être considéré comme proche idéologiquement du Hezbollah. 
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Ernest Khoury dans son bureau d'Al Akhbar, sous le regard vigilant de Lénine et Karl Marx
 Le rôle du Hezbollah en Syrie
Par Ibrahim al-Amin, Al Akhbar (Liban) 22 mars 2013, traduit de l’anglais par Djazaïri
On parle et on spécule beaucoup depuis un certain temps au Liban, en Syrie et dans le monde arabe et en Occident sur le véritable rôle du Hezbollah dans la crise syrienne. La machine de propagande anti-Hezbollah est, comme d’habitude, particulièrement active, offrant au quotidien un flot d’informations et d’articles sur l’implication supposée de ce parti dans le conflit. 
Cette machine de propagande – avec ses opérateurs Libanais, Syriens et autres – a annoncé la mort de centaines de miliciens du Hezbollah en Syrie et la capture de dizaines d’entre eux par les rebelles Syriens. Un service de sécurité officiel de Beyrouth joue un rôle central sur ce front en assurant la fuite d’informations factuelles sur lesquelles on brode ensuite. Ces gens croient qu’un tel déluge est un moyen efficace de susciter autant de rancœur que possible contre le Hezbollah dans l’opinion publique. 
Le Hezbollah n’a, pour sa part, pas propose plus de précisions que ce qu’a déclaré son secrétaire général Nasrallah sur l’assistance apportée par le parti à ses sympathisants Libanais qui résident dans des villages à l’intérieur de la Syrie, mais a cependant répété que le Hezbollah n’avait pas pour l’instant participé aux combats en Syrie.
Une stratégie délibérée de provocation et d’exagération est employée contre le Hezbollah par des services de renseignements de la région et de l’étranger, y compris ceux d’Israël. Maisl a question centrale était, et demeure, est de comprendre la place du Hezbollah dans une crise syrienne qui entre dans sa troisième année. Ces services savent beaucoup de choses sur ce qui se passe sur le terrain en ce qui concerne les combats entre les forces du régime et celles de l’opposition. Ils connaissent les capacités des deux camps et exercent une surveillance continue de toutes les actions de soutien au régime, y compris par le Hezbollah. 
Mais pour les autres, il est sans doute nécessaire de clarifier la perspective à partir de laquelle le Hezbollah fonde son attitude par rapport à la crise syrienne. Ce qui pourrait en aider beaucoup à comprendre les soubassements idéologiques, politiques et opérationnels de sa position. 
Le Hezbollah continue à voir les choses à partir de la perspective de son rôle central dans la confrontation avec Israël. Il ne donne sans doute pas souvent de détails sur l‘objectif ultime de cette lutte, mais le parti se comporte comme s’il était partie prenante d’une campagne au long cours pour se débarrasser d’Israël, une bataille qui nécessite beaucoup de préparation. Si l’idée d’être débarrassé d’Israël ne dérangerait pas une majorité des peuples arabes et islamiques, seule une minorité est prête à mener ce combat jusqu’au bout. 
Une minorité parmi les réticents pense qu’un tel discours est fou ou illusoire et ne peut en aucun cas influer sur le cours de l’histoire. Cette minorité influente ne voit aucune nécessité pour une lutte de ce genre. Elle perçoit en conséquence le Hezbollah comme une bande de cinglés qui non seulement mettent en danger leur peuple et eux-mêmes mais aussi les intérêts des peuples de la région. Cette minorité se retrouve donc dans une alliance, formalisée ou non, avec les véritables ennemis du Hezbollah, à savoir Israël, les Etats Unis et certaines capitales arabes et occidentales. 
L’engagement du Hezbollah dans la résistance contre l’occupation l’oblige à faire beaucoup de choses comme éviter de se faire d’autres ennemis. Sa position sur la Syrie est cohérente avec son attitude à l’égard des mouvements de contestation dans l’ensemble du monde arabe. 
Dès le début, personne n’aurait pu imaginer voir le Hezbollah prendre position contre le régime syrien. Si le parti n’ignore pas les causes internes de la crise, il n’admet pas les affrontements en cours. Son regard sur la situation d’ensemble l’empêche d’adopter une position de neutralité, tout comme le fait qu’il a un suivi plus clair et fiable de ce qui se passe en Syrie comparativement à beaucoup des organisations impliquées dans les combats.
Le Hezbollah a averti très tôt sur les liens avec l’étranger et les agendas des organisations à la tête de la contestation. Il avait des preuves claires sur les tendances idéologiques de certaines des plus influentes de ces organisations. Il avait observé comment, dès le début de la contestation, des manifestants à Deraa et à Homs avaient brûlé des portraits de Nasrallah et des drapeaux du Hezbollah, et comment la campagne d’incitation à la haine religieuse contre le parti avait été lancée à fond. 
C’était avant que le parti ait dit quoi que ce soit sur les développements en Syrie – en fait, alors même qu’il était en train d’œuvrer avec divers mouvements islamistes arabes, dont le Hamas, à essayer de nouer des contacts dans le but d’éviter d’arriver à la catastrophe actuelle. 
Le point de vue du Hezbollah, pour dire les choses simplement, est que la guerre en Syrie a pour but de faire évoluer politiquement et stratégiquement ce pays vers une position d’opposition à l’existence du Hezbollah. Ce qui lui fait voir le régime actuel dirigé par Bachar al-Assad comme une ligne avancée de défense du mouvement de résistance au Liban et en Palestine. Ce qui, à soi seul, place le parti au cœur de la crise. 
On s’est pose beaucoup de questions et on a dit beaucoup de choses sur le rôle que joue le Hezbollah en Syrie. Ses détracteurs disent qu’il est fortement engagé dans les opérations militaires en cours. Les données du problème n’ont pas besoin de longues explications : 
- le Hezbollah entraîne, arme et apporte un soutien logistique conséquent aux Libanais qui vivent dans les villages frontaliers. 
- Le Hezbollah est chargé de la protection du mausolée de Sayida Zeinab dans le secteur sud de Damas depuis le départ de ses gardiens Irakiens. Sur place, les membres du parti sont déployés selon un plan qui limite leur responsabilité aux abords immédiats du sanctuaire.
- le Hezbollah a reçu des délégations de nombreuses organisations druzes, chrétiennes, chiites et ismaéliennes qui avaient le sentiment que leurs communautés minoritaires étaient gravement menacées. Il n’a pas satisfait à leurs demandes d’armement et de formation militaire, mais leur a donné les moyens d’éviter d’être déplacés.
- Le Hezbollah, qui a des liens sécuritaires et militaires avec le régime, aide les forces syriennes en protégeant les institutions scientifiques et les usines de missiles qui ont été construites ces dix dernières années en grande partie avec l’aide de l’Iran.
- Le Hezbollah a un important programme, peut-être le plus important, d’aide aux réfugiés Syriens au Liban et même à l’intérieur de la Syrie. Ce programme n’a pas pour but de remercier les Syriens pour avoir accueilli des réfugiés du Liban en 2006. Ce programme est exécuté dans la discrétion sur la base de la conviction que les réfugiés et les personnes déplacées ont droit à toute l’aide humanitaire possible quelles que soient leurs opinions politiques.
Les attitudes à l’égard du Hezbollah sont liées à toutes sortes de calculs. Certains font cependant tout ce qu’ils peuvent non seulement pour entraîner le parti dans la crise syrienne mais aussi dans un affrontement semblable au Liban. Le parti en est conscient. Il semble être en train de discuter des modalités d’une action visant à apaiser les tensions sectaires, même si ses dirigeants craignent de nouvelles effusions de sang avant l’aboutissement de ces discussions.

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mercredi, janvier 30, 2013

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Réalité politique de l'opposition armée au régime syrien


Comme on l’a vu dans mon post précédent, le chef de l’Etat syrien Bachar al-Assad soutient que l’armée gouvernementale a repris l’initiative et qu’elle a porté des coups sévères à l’opposition armée, créant ainsi une nouvelle réalité sur le terrain qui deviendra bientôt claire aux yeux de tous.

On saura donc assez rapidement si le dirigeant Syrien pèche par excès d’optimisme ou si l’opposition armée va prendre ou reprendre l’initiative.

Si cette opposition est peut-être en reflux sur le terrain militaire, elle l’est assurément sur le plan politique et la dernière réunion des «amis» de la Syrie qui s’est tenue en France tend à le confirmer tant elle semble se résumer à un aveu d’impuissance et à une quête d’argent.
Notre amitié pour la Syrie est scellée par le sang.
Trois amis sincères de la Syrie
 M. Laurent Fabius n’a cependant toujours pas renoncé à faire couler le sang en Syrie tant que l’actuel président n’aura pas été éliminé par un moyen quelconque puisqu’il ne «mériterait pas d’être sur la Terre» selon ses propres termes. Un appel au meurtre, ni plus, ni moins. 

Quant au terrain militaire, il est surtout occupé par des milices qui ne sont jamais invités aux réunions des «amis » de la Syrie, au grand dam de Cheikh Mouaz Alkhatib, le leader de la Coalition Nationale Syrienne des Forces Révolutionnaires et d’Opposition. 
L’article que je vous propose montre tous simplement que cette  Coalition Nationale Syrienne des Forces Révolutionnaires et d’Opposition portée à bout de bras par Laurent Fabius et William Hague n’est qu’une coquille vide supposée envelopper cette autre coquille vide qu’est l’Armée Syrienne Libre. 

Ce constat avait déjà été fait par le gouvernement britannique qui se proposait justement, après avoir favorisé l’afflux en Syrie de ceux qui forment maintenant l’armature de la rébellion armée, de remplir cette coquille et de la rendre populaire auprès de la population syrienne.

 Les efforts des Etats Unis pour affaiblir les rebelles islamistes en Syrie semblent avoir échoué

par David Enders, McClatchy Newspapers (USA) 28 janvier 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Beyrouth - Soutenu par les Etats Unis, un effort pour mettre en place des conseils militaires dans toute la Syrie pour unifier les centaines de groups qui combattent pour renverser le président Bachar al-Assad et coordonner la fourniture d’aide aux groupes rebelles laïques semble avoir largement échoué.

Les rebelles expliquent que les officiels US ont poussé à la création de ces conseils dans chacune des 14 provinces syriennes en réponse aux demandes des rebelles de fourniture d’armes et d’autres soutiens. En décembre, les représentants de plusieurs organisations rebelles se sont réunis en Turquie et ont élu un Conseil Militaire Suprême de 30 membres qui a ensuite désigné à sa tête le général Syrien déserteur Salim Idriss

Mais des militants Syriens affirment que les conseils sont devenus un sujet de dérision et de moquerie en Syrie dans les semaines qui ont suivi et que d’autres organisations, dont le Front al-Nusra lié à al Qaïda ont assumé le rôle de coordination centrale que les officiels US espéraient voir revenir aux conseils militaires.

“Je n’ai pas beaucoup entendu parler des conseils militaires,” déclare Jeff White, un analyste militaire du Washington Institute for Near East Policy.  «Je n’ai pour l’instant vu aucun signe que le Conseil Militaire Suprême ou les commandements régionaux aient entrepris une action quelconque.»

Des membres des conseils militaires ont accusé les Etats Unis et d’autres pays pour leur absence d’assistance, affirmant que sans aide, les conseils étaient incapables d’acquérir une influence sur les combats à l’intérieur de la Syrie.

“Ils avaient ce plan, mais personne n’a reçu aucun soutien,” affirme Mahmoud, un Syro-américain qui a mis en place un petit camp d’entraînement rebelle en Syrie de nord et dit recevoir de l’aide de donateurs individuels. Il a demandé que sont identité complète ne soit pas divulguée pour des raisons de sécurité.

Ce lundi, des responsables américains à Washington continuaient à exprimer leur appui à l'opposition anti-Assad.
“Je pense que nous avons vu l’opposition en Syrie faire des progrès continus,” a déclaré à la presse Jay Carney, le porte parole de la Maison Blanche. «Je pense que nous avons vu l’emprise d’Assad sur le pouvoir en Syrie continuer à diminuer. Nous continuons à faire des démarches avec nos partenaires pour fournir à la fois de l’aide humanitaire et de l’assistance non létale [terme de la novlangue américaine supposé désigner des armes qui ne tuent pas, NdT] à l’opposition et à travailler avec nos partenaires pour contribuer à parvenir à une Syrie post-Assas qui reflète la volonté du peuple syrien, parce que le bon résultat ici sera que les Syriens décident de leur propre avenir.»

L’échec des conseils militaires à s’organiser rapidement et à gagner en influence a court-circuité ce que les officiels US espéraient être un système qui aurait permis aux Etats Unis et à leurs alliés de diriger l’aide vers les organisations rebelles qui prônent une Syrie post-Assad démocratique, où les droits des minorités ethniques et religieuses seraient respectés, et non vers des groupes comme Nosra qui veulent un régime basé sur la loi islamique.
Mais les organisations islamistes restent en pointe dans les récents combats, alors que les conseils militaires fonctionnent à peine. Ce constat se vérifie dans tout le pays, y compris le sud où plus de 20 000 personnes ont fui les combats vers la Jordanie rien que la semaine dernière.

Le présumé gouvernement syrien en exil, la Coalition Nationale Syrienne des Forces Révolutionnaires et d’Opposition, a également échoué à s’imposer – un autre important revers pour la politique américaine. La Secrétaire d’Etat US Hillary Clinton était le principal promoteur de la coalition qui s’était constituée après que Mme Clinton avait annoncé publiquement que les Etats Unis ne pouvaient plus soutenir la structure qui l’avait précédée, le Conseil National Syrien.

Mais après que des dizaines de pays eurent reconnu cette nouvelle structure comme étant le successeur du régime Assad, elle a également échoué à avoir de l’influence. Elle n’a pas respecté la date butoir qu’elle s’était elle-même fixée pour désigner un premier ministre par intérim et l’engagement des Etats Unis auprès de cette organisation, qui avait atteint son apogée avant l’élection présidentielle américaine de novembre, a décliné après que le leader de la coalition, Cheikh Mouaz Alkhatib, a critiqué la désignation par les Etats Unis du Front al Nosra comme organisation terroriste qui se confond avec al Qaïda en Irak.
Les militants Syriens dissent que le plan américain pour réduire le rôle des groupes islamistes dans la lutte anti-Assad a au contraire abouti à un renforcement de la puissance des islamistes.

“Les bataillons islamistes sont les seuls bataillons qui agissent sur le terrain,” déclare Omar Shakir, un militant antigouvernemental d’Homs, la troisième plus grande ville du pays.

Il explique que les efforts des Etats Unis pour aider le conseil militaire à Homs ont cessé quand les commandants de cette ville ont refusé de couper les ponts avec les groupes islamistes, ainsi que les Etats Unis l’avaient exigé.
“Les bataillons islamistes ont leurs propres sources pour les armes et l’argent, ils se battent vraiment bien contre le régime,” déclare Shakir. «Donc, après que les Etats Unis ont interrompu leur aide, le conseil militaire est devenu impuissant et la plupart des combattants rejoignent les bataillons islamistes.»

Ces bataillons, qui comprennent Nosra et une autre brigade islamiste, Ahrar al Sham, ont été à la pointe du combat dans toute la Syrie. Des groupes islamistes plus modérés comme les Brigades Farouq et Liwa Tawhid, qu’on considère toutes eux comme affiliées aux Frères Musulmans syriens, opèrent également dans tout le pays.

On considère que Nosra dispose d’environ 5 000 hommes en armes, et on pense que Sham est encore plus importante, ce qui fait des groupes d’obédiences islamiste les plus importantes organisations combattantes d’une opposition syrienne aux multiples facettes.

Selon les Nations Unies, plus de 60 000 personnes ont péri dans les violences depuis que le soulèvement anti-Assad a commence en mars 2011.

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mardi, novembre 13, 2012

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Les Frères Musulmans et "l'unité" de l'opposition syrienne


Il y a quelques jours, la presse pouvait titrer :
Georges Sabra, ancien communiste de confession chrétienne, président du Conseil national syrien (CNS)
ou
Georges Sabra, un chrétien pour unifier les opposants syriens
L’appartenance chrétienne de Georges Sabra est un fait souligné par la plupart des  journaux, exactement comme l’appartenance kurde de son prédécesseur, Abdel Basset Seyda, à la tête de ce même CNS. 

Le journal La Croix nous expliquait en effet que :
L’élection d’un chrétien est tout sauf un hasard. C’est un message fort à cette communauté, face au régime syrien qui se pose en défenseur des chrétiens contre l’islamisme. Elle montre également la volonté du CNS de se poser en coalition représentative de l’ensemble des composantes du peuple syrien.
Georges Sabra: "Avant, j'étais communiste. Mais ça, c'était avant!"
Il se trouve que ce n’est pas vraiment le CNS, dirigé de facto par les Frères Musulmans, qui a «unifié,» très partiellement en fait, les composantes de l’opposition syrienne mais le Qatar, et que la coalition qui coiffe cette opposition désormais «unie» est en réalité très hétéroclite et est donc dominée  par les Frères Musulmans qui sont la seule force vraiment cohérente.

Et que cette nouvelle organisation, dont le nom à rallonge a dû faire l’objet de moult tractations, est présidée par un ancien imam proche de la confrérie.

On nous dit certes qu’il est modéré.

Cela veut peut-être dire qu’il croit en Dieu avec modération...

Quoi qu’il en soit, déjà Laurent Fabius qui ne se donne même pas la peine de prononcer intégralement le nom de cette structure politique (Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution) annonce que la France apporte son soutien à la «coalition nationale».

Mais en matière de soutien, la France est devancée par d’autres démocraties puisque les pays membres du Conseil de Coopération du Golfe, qui sont les tuteurs de cette coalition de l’opposition syrienne, viennent d’annoncer qu’ils la reconnaissaient comme représentante légitime du peuple syrien. 

Dans le Los Angeles Times du 11 novembre (signalé par Angry Arab), Patrick J. McDonnell et Rima Marrouch rappellent qu’un des objectifs premiers de cette nouvelle coalition est d’imposer un commandement central aux dizaines de milices qui combattent le régime de Bachar al-Assad. Une tâche qui ne s’annonce pas aisée car de nombreuses unités refusent toute autorité autre que celle de leur commandement local.

L’autre problème étant que si la Coalition est populaire dans les palais des émirs ou dans celui de l’Elysée :
En Syrie, le soutien à Assad reste considérable malgré près de 20 mois d’une rébellion qui a fait des milliers de morts et privé le gouvernement du contrôle de larges pans du territoire. De nombreux Syriens craignent que la chute d’Assad puisse déclencher le chaos et l’effusion de sang sectaire qui secouent l’Irak voisin depuis que l’invasion emmenée par les Etats Unis en 2003 a éliminé Saddam Hussein, l’homme fort de l’Irak.
Bien sûr, ce n'est pas parole d'Evangile. Mais comment ne pas être ne serait-ce qu'intrigué de voir un journal occidental se permettre aujourd'hui d'écrire qu'Assad a encore un soutien populaire considérable dans son pays? 

Une forme de résistance aux lieux communs, peut-être.

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mardi, novembre 06, 2012

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Vers des négociations en Syrie?


On a déjà croisé Joshua Landis sur ce blog. Landis est un universitaire Américain spécialiste de la Syrie : il intervient régulièrement dans les médias (BBC, al Jazeera, Time Magazine etc.) et il anime le blog Syria Comment.

Son attitude vis-à-vis des évènements en cours dans ce pays a connu une évolution tous à fait saisissante. Son approche au départ était empreinte de neutralité, même s’il considérait que le régime en place ne pourrait pas tenir face aux troubles qui commençaient à s’emparer du pays. Il n’hésitait pas cependant à signaler deux aspects largement ignorés par les médias occidentaux : le premier était l’intervention dès le début d’éléments armés dont l’action ne relevait pas de l’amateurisme ou de l’improvisation, et le deuxième était la manipulation de l’information, notamment par le truchement de vidéos.

Landis n’a jamais pensé que la Syrie pouvait passer rapidement à la démocratie et certainement pas par le biais d’un mouvement violent. C’est pourquoi, tout en essayant de rester neutre, il s’était montré (prudemment) favorable aux réformes proposées par le régime syrien. Joshua Landis a progressivement abandonné sa position neutre (souvent interprétée  comme favorable au régime) pour appeler ouvertement à l’armement des milices rebelles et à leur dotation notamment en missiles sol-air.

Difficile de comprendre les raisons de cette évolution. Peut-être tiennent-elles à l’influence de sa belle famille syrienne (Landis est mariée avec une Syrienne, fille d’un officier supérieur en retraite), ou à la conviction qu’il faut en finir le plus vite possible parce que la chute du régime est inévitable ou encore pour prétendre jouer un rôle dans l’ingénierie politique et sociale que les Etats Unis mettraient en application en cas de renversement du régime.
Joshua Landis (assis) en famille à la résidence d'Imad Mustafa, ambassadeur de Syrie à Washington
Ce ne sont bien sûr que des conjectures.

Dans un article tout récent, Landis s’intéresse à la dernière tentative de Washington pour organiser l’opposition syrienne et obtenir la constitution d’un gouvernement en exil. Hillary Clinton s’est en effet aperçue qu’en matière de putsch et autres coups d’Etat, on était jamais mieux servi que par soi-même et qu’il était temps de mettre un terme à la fiction d’une opposition syrienne qui aurait une volonté de conduire son pays vers la démocratie.

Nous savons pourtant, et Landis le dit ici subrepticement, que la première mouture de l’opposition syrienne était déjà made in Washington. Le problème étant que cette opposition dûment salariée par les Occidentaux n’ayant aucune prise sur la réalité du terrain, il a bien fallu qu’elle accepte d’autres opposants dans ses rangs. D’où une cacophonie et des rivalités qui font la part belle à ce qu’on appelle salafistes et djihadistes qui dominent politiquement et sur le terrain de la lutte armée.

Les motifs des réserves de Washington ne sont pas forcément ceux qu’avance Joshua Landis qui s’imagine que Hillary Clinton a quelque chose à faire des droits de l’homme, comme si elle s’en souciait  en Libye, en Afghanistan ou au Pakistan pour ne citer que quelques pays où l’armée des Etats Unis intervient.

Landis pense que la démarche de Mme Clinton est vouée à l’échec. Il est vrai qu’on peut se demander pourquoi elle a lancé cette initiative à quelques jours de l’élection présidentielle américaine en n’ayant aucune garantie que ce travail sera poursuivi en cas de changement d’administration.

Parce que seule la proximité de l’élection semble donner un caractère d’urgence à un processus qui prend nécessairement un peu de temps. D'autant que l'affaiblissement progressif de la Syrie n'est pas pour déranger les Etats Unis.  Et le processus dont on parle  fait peut-être partie d’une démarche qui admettrait que la sortie de crise doit être négociée et qu’à cette fin il conviendrait d’avoir un partenaire crédible et présentable à mettre en face du gouvernement syrien. Sami Moubayed, dans Asia Times, avance que la prochaine administration américaine, quelle qu’elle soit, poursuivra la même politique en Syrie qui se fonde sur une approche proposée par Riad Seif, un ancien député au parlement syrien.

Ou, tout simplement, que c’est la dernière tentative des Etats Unis avant jet de l’éponge comme ils avaient dû le faire à deux reprises en Syrie dans les années 1950.

Les efforts de Clinton pour constituer un gouvernement syrien en exil semblent voués à l’échec

par Joshua Landis, Syria Comment (USA) 3 novembre 2012 traduit de l'anglais par Djazaïri

L’opposition syrienne a déjà commencé à renvoyer des piques et ses factions jalouses semblent décidées à couler la dernière initiative de Washington. Hillary Clinton fait une ultime tentative pour réunir des personnes issues des couches sociales supérieures dans un leadership «laïcard» [secularish] pour la rébellion syrienne. Un chant du cygne ?

Le plan A de Washington qui était la création du Conseil National Syrien (CNS) a mordu la poussière. Tout le monde s’accorde à dire que Mme Clinton ne peut même plus supporter d’entendre prononcer le nom du CNS.

Le plan B était la mise en place à Istanbul d’un bureau de liaison US pour rencontrer et établir le profil des chefs des milices syriennes et des directeurs des comités locaux de coordination. Les chefs de milices ont provoqué l’inquiétude de Washington et de la CIA. Ce qui en est ressorti, c’est qu’ils étaient «infiltrés» par des hommes du type salafiste et al Qaïda.

Le plan C est actuellement en cours. Il s’agit de retourner vers le Syriens éduqués dans l’espoir d’en tirer rapidement quelque chose qui fonctionne. Clinton est en train de reconstituer une sorte de leadership pro-américain à partir d’éléments du vieux CNS en ajoutant force membres des Comités de Coordination, certains transfuges du gouvernement et d’autres qui viendront les rejoindre. On a comme l’impression que le CNS boycotte cette démarche. Michel Kilo a dit qu’il ne s’y associerait pas. D’autres ont choisi une attitude attentiste.

L’objet de cet exercice semble d’obtenir qu’une sorte d’élite éduqué pro-américaine adhère à un effort militaire qui semble trop islamiste au goût de Washington et pas trop respectueux des droits de l’homme.

Mais cette correction de trajectoire de dernière minute peut-elle marcher ?

Cette démarche est presque identique à celle de la Grande Bretagne et des Etats Unis dans les années 1950 pour empêcher la Syrie de tomber entre les mains de l’URSS, de Nasser et de la gauche baathiste.

Eisenhower et Anthony Eden avaient fait tout ce qu’ils pouvaient en 1956 pour pousser les élites citadines syriennes à coopérer dans un coup d’Etat pro-occidental, mais en vain. Les deux plus grands partis représentés au parlement – le Parti Populaire d’Alep et le Parti National de Damas avaient refusé de coopérer ensemble afin d’éviter une révolution. Les politiciens Syriens pro-occidentaux d’étaient insultés et s’étaient combattus avec une telle virulence que les diplomates Occidentaux s’arrachaient les cheveux de désespoir alors qu’ils essayaient d’empêcher la Syrie d’aller bers les «cocos.»

 Quand le coup de force  échoua, beaucoup de grands notables Syriens pro occidentaux furent accusés de trahison et fuirent le pays. En 1957, les Etats Unis tentèrent de réaliser un autre putsch. «Le « coup américain », ainsi qu’il avait été désigné, n’avait pas eu plus de succès. Certains des agents de la CIA qui étaient chargés de gérer les Syriens sont encore vivants. D’autres politiciens Syriens favorables à l’occident avaient été obligé de fuir le pays. Déstabilisée par la tentative ratée de coup d’Etat par Washington, la Syrie annonça la création de la république Arabe Unie à peine quelques mois après. Nasser en devint le président et entreprit une vaste réforme agraire afin de détruire la base économique des notables des villes qui avaient fait alliance avec l’Occident.

Aujourd’hui, Washington tente à nouveau de rallier les élites pro-occidentales de Syrie pour qu’elles travaillent avec l’Amérique. En 1957, la Turquie, l’Arabie Saoudite et l’Irak avaient coopéré aux efforts américains pour un changement de régime. Aujourd’hui, le Qatar remplace l’Irak mais l’axe qui soutient les Etats Unis dans leur « lutte pour la Syrie » a à peine changé. 

Autres aspects qui n’ont pas changé, les luttes intestines parmi les élites syriennes et le ressentiment et la méfiance que les Syriens partagent à l’égard des Etats Unis. Difficile d’être optimiste.

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samedi, octobre 06, 2012

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Le gouvernement turc en pleine névrose syrienne


Difficile de savoir ce que cherche le gouvernement turc. 

On peut le comparer à un chien enragé  ou mieux au chien chez qui on induit ce qu'on appelle une névrose expérimentale. Confronté à des  injonctions contradictoires de ses maîtres, le premier ministre turc est en effet en proie à une agitation incoercible dont on verra bien si elle débouchera sur une montée d'excitation ou sur l'apathie comme chez le chien de Pavlov..

Selon le journal libanais L’orient le Jour,
Ankara se pose en patron et Damas se répand en excuses
L’orient le Jour parle bien sûr des tirs de mortiers qui ont coûté la vie à cinq habitants d’un village turc frontalier, dont une mère et ses trois enfants.

Comme on le sait, l’armée turque a effectué des tirs de représailles qui ont été renouvelés ce vendredi 5 octobre suite à la chute d’un autre obus en territoire turc.

On peut lire dans ce même article de L’Orient le Jour que
Le chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition syrienne, a accusé vendredi le régime de Damas d'avoir voulu "exporter la crise syrienne" en bombardant cette semaine le village turc d'Akçakale.

Après ces tirs, à Akçakale, plusieurs chars et pièces d'artillerie, dont les canons visent ostensiblement le territoire syrien, ont été déployés.
Décidément, ces gens là du Conseil national Syrien ont tous les culots. Ils accusent en effet le gouvernement syrien de vouloir exporter la crise, eux qui sont structurés à l’étranger, en Turquie notamment où les éléments armés avec lesquels ils sont en lien (sans qu’on sache vraiment comment) ont établi leurs bases arrières et se replient après avoir fait le coup de feu avec des armes fournies par le gouvernement turc et ses associés qataris et saoudiens entre autres.

La Syrie a précisé qu’elle regrettait la mort de civils innocents dans l’incident du tir de mortier transfrontalier de mercredi mais qu’elle n’avait pas présenté d’excuses à la Turquie car il restait encore à s’assurer de l’identité de ceux qui ont mené les attaques.
Le gouvernement syrien ne s’est donc pas excusé contrairement à ce qu'a rapporté la presse et n’a pas reconnu sa responsabilité dans les tirs meurtriers.

La tactique de l’opposition armée au régime syrien consiste depuis le début à solliciter une intervention étrangère, c’est-à-dire des bombardements humanitaires sur le modèle libyen. De là à essayer de la provoquer en fabriquant des incidents frontaliers de ce genre, il n’y a qu’un pas que le n’hésite pas à franchir tant nous sommes devant des gens dépourvus de principes. D’autant que les populations des régions limitrophes de la Syrie sont largement hostiles à l’opposition syrienne.

Bachar al-Assad est peut-être un autocrate, mais aucune de ces prétendus démocrates ne lui arrive à la cheville, exactement comme les membres de la clique qui est maintenant au pouvoir en Libye.

Recep Tayyip Erdogan, le premier ministre Turc, est en campagne électorale et tout ce qui lui reste à faire, devant l’impasse dans laquelle il a placé son pays, c’est de montrer ses muscles et de taper sur le régime syrien en respectant certaines lignes rouges parce que ses amis et patrons de l’OTAN ne sont pas intéressés par un conflit à grande échelle.

Pas plus que les Turcs eux-mêmes ainsi que viennent de le rappeler des citoyens à Istanbul :
des milliers de personnes ont convergé vers la fameuse place Taksim d’Istanbul pour participer à une puissante manifestation anti-guerre. Les militants de la paix scandaient : «Non à la guerre§ La paix maintenant ! Nous ne serons pas les soldats de l’impérialisme !»
Bien sûr, ce sont là des sympathisants de l’opposition au gouvernement turc, mais au delà de l'opposition l’opinion turque est majoritairement contre un conflit armé avec le voisin syrien. Et à mon avis, ils étaient plus de 5 000 contrairement à ce que disent nos journaux:

Manifestation contre la guerre le 4 octobre à Istanbul
Sans préjuger des aspects purement militaires, un tel conflit aurait des conséquences à court et à moyen terme considérables pour la Turquie où, comme on l’a dit, les forces qui pourraient se mobiliser contre le pouvoir actuel sont considérables, entre les Arabes Alaouites du Hatay, les Alévis et bien sûr les Kurdes.

Pa sûr donc que le jeu en vaille la chandelle, même pour Erdogan.

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lundi, août 20, 2012

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Un mauvais présage? Le torchon brûle déjà entre Lakhdar Brahimi et le Conseil National Syrien


Si on en croit une dépêche de Reuters reprise par 20 Minutes (et plusieurs autres médias), le diplomate Algérien Lakhdar Brahimi qui vient d’être désigné par l’ONU pour succéder à Kofi Annan comme médiateur dans la crise syrienne risque d’avoir une tâche aussi ardue que son prédécesseur.
Lakhdar Brahimi

En effet, M. Brahimi n’a pas même engagé de consultations que déjà le Conseil National Syrien exige des excuses : 

Mis à jour le 19.08.12 à 18h39

Le Conseil national syrien, principal groupe d'opposition, a exigé dimanche du nouveau médiateur international, Lakhdar Brahimi, qu'il s'excuse pour avoir affirmé aux médias qu'il était pour lui prématuré de dire si le président Bachar al Assad devait se retirer. 
Brahimi avait refusé de prendre position 
Le diplomate algérien a confirmé vendredi qu'il accepterait de remplacer à ce poste le Ghanéen Kofi Annan, démissionnaire à la fin du mois.
Dans une interview samedi à Reuters, Lakhdar Brahimi avait cependant refusé de prendre position sur la nécessité d'un départ de Bachar al Assad, contrairement à Kofi Annan qui avait déclaré dès son arrivée au poste de médiateur que le président syrien devait «quitter le pouvoir».
«Il est bien trop tôt pour que je puisse prendre position sur ce sujet. Je n'en sais pas assez sur ce qu'il se passe», avait-il dit.
Dimanche, le nouveau médiateur a paru faire machine arrière, expliquant sur la chaîne de télévision qatarie Al Djazira qu'il avait déclaré qu'il était trop tôt pour lui de dire quoi que ce soit sur «le contenu» de sa mission.
Une attitude jugée méprisante
«J'ai été nommé il y a seulement deux jours et je ne suis pas encore allé aux Nations unies ou au Caire. Il est prématuré de dire quoi que ce soit sur le contenu du dossier», a-t-il explicité en se référant aux sièges de l'Onu et de la Ligue arabe.
Pour le CNS, créé en Turquie en 2011, Lakhdar Brahimi a fait preuve de «mépris envers le sang versé par le peuple syrien et son droit à l'autodétermination». «Quiconque donne à ce régime criminel l'occasion de tuer des dizaines de milliers de Syriens supplémentaires et de détruire ce qu'il reste de la Syrie ne veut pas reconnaître l'ampleur de la tragédie», a ajouté le CNS dans un communiqué.
«Donner à Bachar al Assad le temps dont il a besoin pour détruire les fondements de la société syrienne est contraire à l'humanité et à la paix (...) Nous exigeons que l'émissaire, qui n'a pas consulté de Syriens à propos de sa mission, présente des excuses à notre peuple», lit-on dans son communiqué.
Avec Reuters

Maintenant, faisons un petit point en matière de propagande.

Par exemple, quand 20 Minutes (ou Reuters ?) écrit que :
Dimanche, le nouveau médiateur a paru faire machine arrière
Lisez attentivement le paragraphe dont fait partie ce segment de phrase et ce qui l’a précédé et dites moi où vous voyez que Lakhdar Brahimi a «paru faire machine arrière.»

Il n’a en fait pris aucune position sur la question de l’avenir à court, moyen ou long terme de Bachar al-Assad, attendant d’en savoir plus sur la situation et le résultat de ses consultations.

Or, pour le CNS, le départ du président Syrien est une condition préalable non négociable.
Ce qui signifie en langage clair un refus de toute médiation/négociation et que toute personne qui ne se rangera pas explicitement à ce point de vue sera sommée de présenter des excuses.

D’ailleurs, le CNS exige 
que l'émissaire, qui n'a pas consulté de Syriens à propos de sa mission, présente des excuses à notre peuple
Le CNS devrait pourtant savoir que le cadre de la mission de M. Brahimi lui est fixé par l’ONU et la Ligue Arabe et non par telle ou telle partie syrienne, y compris celle qui prétend parler au nom du peuple syrien alors qu’elle est constituée pour l’essentiel de gens qui émargent auprès des pétromonarchies ou de la CIA. 

Et c’est précisément ce même CNS qui a fait des pieds et des mains pour que des organisations internationales, OTAN y compris, s’emparent du dossier syrien.

Mais Lakhdar Brahimi est un de ces diplomates Algériens de la vieille école, et les gens appointés par la CIA devraient s’en souvenir.

Sur le même sujet, Une dépêche AFP reproduite comme il se doit tronquée dans le journal libanais L’orient le Jour, mais semble-t-il in extenso sur Afreeknews nous apprend que suite aux propos tenus par le CNS à son égard, Lakhdar Brahimi a déclaré sur al Jazeera que c’était plutôt au CNS de lui adresser des excuses :
M. Brahimi a estimé dimanche que c'était plutôt au CNS de lui adresser des excuses "car ils pouvaient m'appeler et me poser la question", assurant qu'un membre du CNS l'avait contacté samedi sans faire état de reproches de la part de l'organisation. 

Le diplomate algérien a invité l'organisation à discuter avec lui, tout en insistant: "Cette affaire est très importante, trop importante pour que j'en parle sur Al-Jazeera ou sur d'autres médias".
Des propos qui ne sont répercutés nulle part ailleurs en langue française, et pour cause !

Une dépêche de l’AFP publiée dans The Hindustan Times cite directement la phrase du diplomate qui a dû se demander avec quelle bande d’abrutis il allait devoir discuter :
«Je (lui) demande de me faire des excuses, » a déclaré l’émissaire international, en faisant allusion au porte parole du CNS George Sabra qui avait réitéré auparavant sur al Jazeera la demande d’excuses.
Comme vous l’aurez sans doute compris, le CNS a reçu les ordres de ses maîtres, David Cameron, Laurent Fabius et Hillary Clinton.

Et les ordres sont de faire échouer la mission du nouvel émissaire désigné par la Ligue Arabe et l'ONU.


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jeudi, août 09, 2012

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La responsabilité de l'occident en Syrie avec la France qui passe à l'offensive


Quand on évoque les victimes, notamment civiles, d’un conflit comme celui qui est en cours en Syrie, certains disent qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.
Passons sur le fait que ces gens là pleurent quand même les victimes quand elles sont causées par le camp auquel ils sont hostiles, et indifférents aux victimes du camp qui a leurs faveurs.

On peut donner l’exemple de Bassam Mohieddine ce cinéaste Syrien âgé de 57 ans qui vient d’être assassiné près de chez lui à Damas..
Figurez-vous que dans l’annonce de sa mort, Le Nouvel Observateur a déjà pris acte du fait que la Syrie n’existait plus :
Un cinéaste alaouite assassiné près de Damas
Eh oui, c’était un cinéaste alaouite, pas Syrien. Demain, le nouvel Observateur nous parlera de tel cinéaste en nous disant qu’il est catholique, de tel autre qu’il est musulman , bouddhiste ou encore juif.

Il y a quelque chose de décidément pourri dans la presse française.

Notre ministre de la culture (kicédéja) n’a pas eu un mot sur l'assassinat de ce confrère (elle prétend être cinéaste) .

Pour en revenir aux omelettes, il y a omelette et omelette et celle que concoctent les prétendus rebelles en Syrie est déjà avariée tant elle regorge d’ingrédients apportés par les monarchies du Golfe et les puissances occidentales emmenées par les Etats Unis.

Je vous propose un article de Seumas Milne qui explique bien tout ça et notamment les manœuvres occidentales pour faire en sorte que les Syriens s’entretuent.

Tous ces gens là,ces monarques et même le premier ministre Turc, dépourvus finalement de vision historique, ne semblent pas comprendre que la destruction de la Syrie ne pourra pas être sans graves conséquences pour leurs pays respectifs.

Les Etats Unis s’en contrefichent, tant que l’exploitation et la commercialisation du pétrole et du gaz restent assurées. Ils sauront très bien gérer des micro-Etats qui passeront leur temps à s’entre déchirer entre deux trêves obtenues par la médiation de l’Oncle Sam.

Pour comprendre ce qui se passe en Syrie je ne peux que recommander la lecture d’un papier de Seymour Hersh paru dans le New Yorker en 2007 et disponible en français ici.  Il y a là de quoi rendre la vue à bien des aveugles.

Sur le terrain, la situation semble évoluer en faveur des troupes gouvernementale sans qu’on puisse dire qu’il s’agit là d’un pas décisif vers un retour au calme en Syrie. Car comme le dit Seumas Milne, la paix dépend pour beaucoup de l’attitude des gouvernements occidentaux et des monarchies arabes.

Il n’est pas du tout acquis que ces derniers vont jeter l’éponge, au contraire. J’espère me tromper, mais je pense qu’il faut s’attendre à plus d’ingérence de la part de l’Occident. Avec des prétextes humanitaires, comme d’habitude.

Tenez, la France va dépêcher des équipes médicales en Jordanie auprès des réfugiés Syriens. Louable attention, il est vrai.

Mais pourquoi envoyer des médecins militaires et ne pas s’appuyer d'abord sur des organisations bien connues, comme la Croix Rouge, Médecins du Monde ou Médecins Sans frontières ?
Mon petit doigt me dit que c’est le subterfuge choisi par Laurent Fabius et le gouvernement français pour se livrer à des activités d’espionnage et d’encadrement des combattants antigouvernementaux sur le  flanc sud de la Syrie. 

Finalement, ce n’est peut-être pas anodin si Le Point titre ainsi son papier sur cette mission médicale :
Syrie : la France passe à l'offensive
  
Le soutien des régimes occidentaux et du Golfe aux combattants rebelles n’apporte pas la libération aux Syriens mais une escalade des conflits sectaires et de la guerre.
par Seumas Milne, The Guardian (UK) 7 août 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

La destruction de la Syrie bat maintenant son plein. Ce qui avait commencé comme un soulèvement populaire il y a 17 mois est maintenant une guerre civile totale alimentée par des puissances régionales et mondiales et qui menace d’engloutir l’ensemble du Moyen Orient. Alors que la bataille pour l’antique cité d’Alep continue à détruire et que les atrocités se multiplient des deux côtés, le danger que le conflit déborde par delà les frontières de la Syrie s’accroît.

La défection du premier ministre Syrien est le coup le plus spectaculaire marqué pour l’instant dpar un programme bien financé même s’il est peu probable qu’il signale un effondrement imminent du régime. Mais la capture de 48 pèlerins Iraniens – ou Gardiens de la révolution sous cette couverture selon qui vous croyez – ainsi que le risque de plus en plus élevé d’une attaque turque dans les régions kurdes de Syrie et un afflux de combattants djihadistes donnent une idée de ce qui est en jeu aujourd’hui.

L’interventionnisme régional et occidental est à la base de l’escalade du conflit. Ce n’est pas l’Irak, bien sûr, avec des centaines de milliers de soldats au sol, ou la Libye avec des bombardements aériens dévastateurs. Mais la forte augmentation des livraisons d’armes, des financements et du soutien technique fournis pas les Etats Unis, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Turquie et d’autres ces derniers mois a donné un coup de fouet considérable aux moyens d’action des rebelles, ainsi qu’au bilan des victimes.

Barack Obama a jusqu'ici résisté aux demandes des faucons néo-conservateurs  et libéraux pour une intervention militaire directe. Au lieu de cela, il a autorisé des formes plus traditionnelles de soutien militaire clandestin, dans le style du Nicaragua, apporté par la CIA aux rebelles syriens.

Les Etats-Unis, qui avaient soutenu le premier coup d'Etat en Syrie en 1949 , financent depuis longtemps des organisations d'opposition. Mais il y a quelques mois,  Obama a donné un ordre secret autorisant (ainsi qu’un soutien ouvert, financier et diplomatique) un soutien clandestin à l'opposition armée. Ce qui comprend les paramilitaires de la CIA sur le terrain, le «commandement et le contrôle»ainsi que l'assistance en matière de  télécommunications, et l'acheminement des livraisons d'armes du Golfe via la Turquie pour des groupes de combattants syriens partenaires. Après le blocage le mois dernier par la Russie et la Chine de sa dernière tentative pour obtenir l'appui des Nations Unies pour un changement de régime par la force, l'administration américaine a fait savoir qu'elle allait maintenant intensifier le soutien aux rebelles et coordonner avec Israël et la Turquie des plans de «transition» pour la Syrie.

"Vous remarquerez que ces deux derniers mois, l'opposition a été renforcée," a déclaré un haut fonctionnaire américain au New York Times vendredi dernier. "Maintenant nous sommes prêts à accélérer." Ne voulant pas être en reste, William Hague, se vantait que la Grande-Bretagne était aussi en train d’accroître sont soutien "non-létal" spour les rebelles. Les Etats autocratiques d’Arabie Saoudite et du Qatar apportent l'argent et des armes , comme l'a reconnu cette semaine le Conseil National Syrien (CNS) soutenu par l’Occident, tandis que la Turquie, membre de l'OTAN, a mis en place la logistique et la formation de base pour l'Armée Syrienne Libre (ASL) dans ou près de la base aérienne américaine d'Incirlik.
  
Pour les Syriens qui veulent la dignité et la démocratie dans un pays libre, la dépendance rapide et multiforme de leur soulèvement vis-à-vis de l'aide étrangère est un désastre - plus encore que ce ne fut le cas en Libye. Après tout ce sont désormais des officiels du régime dictatorial et sectaire d’Arabie Saoudite qui choisit quels groupes armés obtiendront de l’argent, et non pas des Syriens. Et ce sont des agents secrets des États-Unis, le pays qui parraine l'occupation israélienne du territoire syrien et des dictatures dans la région, qui décident quelles unités rebelles auront des armes.

Les militants de l'opposition insistent pour affirmer qu'ils vont préserver leur autonomie, fondée sur un soutien populaire profondément enraciné. Mais il est clair que la dynamique du soutien externe risque de transformer les organisations qui en dépendent en instruments de leurs commanditaires, plutôt que les personnes qu'ils cherchent à représenter. Les financements du Golfe ont déjà aiguisé le sectarisme religieux dans le camp des rebelles, tandis que les informations de cette semaine sur la désaffection de l’opinion vis-à-vis des combattants rebelles à Alep illustrent les dangers de groupes armés étrangers qui s’appuient sur des gens d’ailleurs plutôt qie sur leurs propres communautés.

Le régime syrien est bien entendu soutenu par l’Iran et la Russie, comme il l’est depuis des dizaines d’années. Mais une meilleure analogie pour comprendre l’implication des pays occidentaux et du Golfe dans l’insurrection syrienne serait si l’Iran et la Russie  sponsorisaient une révolte armée, disons, en Arabie Saoudite. Pour les médias occidentaux, qui ont largement traité du soulèvement syrien comme d’une lutte unidimensionnelle pour la liberté, les preuves aujourd’hui inévitables de tortures et d’exécutions de prisonniers ar les rebelles – ainsi que de kidnappings par des organisations du genre al Qaïda, qui une fois de plus se retrouvent dans une alliance avec les Etats Unis – semblent avoir été comme un choc.
En réalité, la crise syrienne a toujours eu plusieurs dimensions correspondant aux lignes de faille les plus sensibles de la région. C’était au début un authentique soulèvement contre un régime autoritaire. Mais il a écolué de plus en plus vers un conflit sectaire dans lequel le régime Assad dominé par les Alaouites a pu se présenter lui-même comme le protecteur des minorités – alaouite, chrétienne et kurde – contre une marée d’opposition dominée par les sunnites.

L'intervention de l'Arabie saoudite et d'autres autocraties du Golfe, qui ont essayé de se protéger d’un bouleversement arabe plus large en jouant la carte anti-chiite, a pour objectif transparent une société sectaire, pas une société démocratique. Mais c'est la troisième dimension - alliance de la Syrie avec Téhéran et le mouvement résistance chiite libanais, le Hezbollah - qui a transformé la lutte en Syrie en guerre par procuration contre l'Iran et en un conflit global.

Beaucoup d’opposants Syriens opposeront qu’ils n’avaient d’autre choix que d’accepter le soutien de l’étranger s’ils devaient se défendre eux-mêmes contre la brutalité du régime. Mais comme le soutient le leader de l’opposition indépendante Haytham Manna, la militarisation du soulèvement a réduit sa base populaire et démocratique – tout en aggravant considérablement le bilan des victimes.

Il y a toutes les chances que la guerre puisse se répandre hors de Syrie. La Turquie, qui a une importante population alaouite chez elle ainsi qu’une minorité kurde réprimée depuis longtemps, a revendiqué le droit d’intervenir contre les rebelles Kurdes en Syrie après le retrait par Damas de ses troupes dans les villes kurdes. Des affrontements provoqués par la guerr en Syrie se sont intensifiés au Liban. Si la Syrie devait de fragmenter, tout le système post-ottoman des frontières et des Etats du Moyen Orient pourrait être remis en question avec elle.

Cela pourrait se produire aujourd'hui indépendamment de la durée de survie d’ Assad et de son régime. Mais l'intervention en Syrie revient à prolonger le conflit, plutôt que de donner un coup fatal au pouvoir. Seule la pression pour un règlement négocié, que l'Occident et ses amis ont si vigoureusement bloqué, peut maintenant donner aux  Syriens la possibilité de déterminer leur propre destin - et de stopper la descente du pays aux enfers.

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