dimanche, octobre 30, 2011

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Prétexte pour parler (un peu) de "The Wandering Who" de Gilad Atzmon


Un texte de Gilad Atzmon dans lequel il nous fait part de son inquiétude quant au risque d’une guerre totale au Moyen orient, voire d’un conflit mondial par la faute du bellicisme des dirigeants sionistes, qu’ils se trouvent à Tel Aviv, à Londres ou ailleurs.
Il est vrai que les sionistes comptent sur le parapluie américain, un peu comme le roque qui compte sur le secours de son maître après avoir mordu un berger allemand.
J’ai remplacé l’expression « lobby juif » par « lobby sioniste ». Je comprends parfaitement pourquoi Atzmon a fait le choix de cette expression mais je préfère éviter des simplifications excessives qui ne sont pas du tout dans son esprit.

A propos d’esprit, je suis en train de terminer la lecture du livre d’Atzmon, « The Wandering Who», une approche assez limpide et éclairante de la problématique qui est au cœur du drame du Proche Orient.
Sauf erreur de ma part, Atzmon ne cite pas Israel Shahak dans son livre qui donne pourtant nettement l’impression d’être dans la même logique que « Histoire Juive, Religion Juive » de Shahak.

Dans un entretien accordé à Sylvia Cattori, Atzmon déclare d’ailleurs s’inscrire explicitement dans les traces d’Israel Shahak.
Comme pour  ce dernier, choqué par une scène à laquelle il assiste dans la rue, le cheminement d’Atzmon commence par une expérience vécue alors qu’il était dans l’armée sioniste.
Gilad Atzmon ne s’étend pas tant sur les ressorts religieux du sionisme, ces derniers ayant été exposés longuement dans le livre de Shahak, mais il offre par contre une analyse sociale et psychologique du sionisme avec une méthodologie dont l’application n’est pas réservée aux Juifs en tant que groupe minoritaire mais peut intéresser tous les groupes sociaux ou ethniques minoritaires.
C’est là sans doute à mon avis l’originalité et la puissance de ce travail qui ouvre de nouveaux horizons pour la compréhension non seulement du sionisme mais aussi de la dynamique des minorités.

Le livre d’Atzmon semble bien se vendre puisque j’ai dû m’adresser à trois librairies différentes pour en trouver une qui n’avait pas épuisé son stock.

Gilad Atzmon (désolé, je préfère l'accordéon au saxophone)

Par Gilad Atzmon, 29 octobre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Selon Ynet, le premier ministre Benjamin Netanyahou et le minister de la defense Ehud Barak sont très préoccupés par la «menace iranienne ». Le yediot Aharont, le plus fort tirage de la presse israélienne, a rapporté cette semaine que Barak et Netanyahou poussent pour une action contre l’Iran.
Selon le chroniqueur Israélien bien connu Nahum Barnea, les hiérarques des forces armées et du Mossad sont opposées à une action contre l’Iran pour le moment.

L’ancien chef du Mossad,, Meir Dagan, avait déclaré auparavant qu’une attaque aérienne contre l’Iran était une “idée stupide” et averti des conséquences désastreuses qui résulteraient d’une telle action – une guerre régionale totale. A ce qu’il semble, Dagan a perdu son poste pour avoir exprimé son point de vue sur cette question.

On a l’impression qu’Israël prépare le terrain pour une attaque contre l’Iran qui dégénèrerait probablement dans un atroce conflit mondial. Les dirigeants israéliens semblent avoir du mal à saisir le sens de tout cela. Ces dirigeants ont réussi à se tailler la réputation d’être imperméables aux notions de culpabilité et de responsabilité. Ils sont fondamentalement incapables de comprendre les conséquences de leurs actes.

Mais bien plus pénible encore, est l’idée que les lobbies sionistes dans le monde sont aussi loin d’être responsables de leurs actes. Liam Fox, qui a démissionné la semaine dernière du poste de ministre de la défense, était fortement soutenu par le lobby sioniste. Il s’était fait aussi l’avocat enthousiaste d’une attaque contre l’Iran. La question de savoir si Fox était un ‘agent du Mossad’, une « marionnette du lobby sioniste ou même seulement un ‘idiot utile’ n’est pas encore tranchée. Il est par contre évident qu’il servait les intérêts israéliens chez nous.

Mais il n’était pas seul, actuellement 80 % des parlementaires du parti au pouvoir sont membres de Conservative Friends of Israel [Conservateurs amis de l’entité sioniste].

Le moment n’est-il pas venu de de s’éloigner autant que possible de Jérusalem et de ses larbins ? 

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jeudi, février 02, 2012

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Gilad Atzmon bientôt en concert à Vaulx-en-Velin

Gilad Atzmon a été invité à se produire dans le cadre du festival A VAULX JAZZ qui accueillera aussi, entre autres artistes bien connus, Eddie Palmieri et Louis Sclavis.


Gilad Atzmon, un artiste engagé
Gilad Atzmon et l'Orient Ensemble se produiront le 21 mars sur la scène du centre culturel Charlie Chaplin de Vaulx-en-Velin, dans la banlieue de Lyon.

Un concert à ne pas manquer, pour des raisons musicales bien sûr, mais également politiques.

Gilad Atzmon et The Orient Ensemble

Gilad Atzmon (saxophones)Frank Harris (piano) Eddie Hicks (batterie)  Yaron Stavi (contrebasse)
The Orient House Ensemble explorait dès 2005 le répertoire populaire du XX éme siècle, entre tango, chanson, jazz, musiques orientales et cabaret. Qualifié par Robert Wyatt de «plus grand artiste vivant», le saxophoniste de jazz britannique n’est pas seulement un musicien reconnu. Il est également un brillant écrivain et un commentateur politique engagé. "J’adore vraiment le jazz, mais j’aime aussi Astor Piazzola, la musique arabe, iranienne... Et je fais une salade de tout ça. Wagner disait des juifs qu’ils empruntent toujours à leurs pays d’accueil ! Après tout, je suis peut-être un juif wagnérien. En fait, je suis un chef yiddish !".

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dimanche, octobre 16, 2011

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Gilad Atzmon sur Adam Werritty, taupe du Mossad à Londres


Gilad Atzmon s’est intéressé lui aussi à l’affaire Liam Fox – Adam Werritty. Il nous fait un papier dans lequel il dit les choses très précisément.
Il le dit aujourd’hui, je l’avais dit aussi (non, je ne me compare pas à Atzmon), les temps changent pour le régime sioniste et ses amis. 
Voyez simplement l’échange de prisonniers qui va intervenir à Gaza où plus d’un millier de prisonniers palestiniens dont au moins une vingtaine de femmes vont être échangés contre le soldat prétendument Français Gilad Shalit.
La propagande nous a tellement assommés avec le sort de ce pauvre prisonnier franco-sioniste que personne en France ne pouvait ignorer son triste sort. Et contrecoup de cet intérêt démesuré et malsain (car c’est un soldat d’une armée d’occupation étrangère), personne en France ne pourra plus ignorer l’existence de milliers de prisonniers palestiniens qui sont loin d’être tous des combattants, ce que Shalit est soit dit en passant puisque c’est un soldat. Un retour de flamme de la propagande auquel les manipulateurs de la hasbara ne s'attendaient sans doute pas.

Gilad Atzmon se réfère à un article de Craig Murray publié dans le Daily Mail. Je vous invite à lire cet article mais aussi les commentaires des lecteurs, en particuliers les mieux «notés» qui laissent poindre une irritation certaine vis-à-vis de l’entité sioniste et de ses larbins.
Comment identifier un politicien larbin de l’entité sioniste ?
Pas difficile, c’est quelqu’un qui, comme Liam Fox dit des choses du genre : « Les ennemis [de l’entité sioniste] sont nos ennemis ».
Aucun politicien français n’a jamais dit ce genre de choses, n’est-ce pas ?

Gilad Atzmon (UK) 16 ocyobre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Une taupe assez puante des services secrets israéliens vient juste d’être démasquée en Grande Bretagne. Hier, le ministre de la défense Liam Fox a démissionné suite à des révélations sur ses relations douteuses avec Adam Werritty, 17 ans de moins que Fox. Werritty était en relation ave Fox aussi bien pour les affaires que dans le think-tank conservateur et atlantiste ‘The Atlantic Bridge.’  Quand Fox était ministre de la défense, Werritty lui a rendu visite au ministère à maintes occasions, a accompagné Fox dans de nombreux voyages officiels, a assisté à certaines de ses réunions avec des dignitaires étrangers et s’est servi de cartes de visite professionnelles à l’allure officielle où il se présentait comme un ‘conseiller’ de Fox – le tout sans avoir absolument aucune fonction officielle. On a cependant appris également que Fox et Werritty étaient abondamment financé par le lobby israélien et ‘au-delà’.

Dans le Daily Mail, Craig Murray se demande si le Mossad se servait de Fox et Werritty comme “d’idiots utiles.”

“Non seulement Werritty était payé pour agir comme membre non official de l’entourage du ministre de la défense, mais l’argent provenait de personnes qui étaient peut-être prêtes à promouvoir les intérêts de certains gouvernements étrangers, en particulier ceux des Etats Unis, d’Israël et du Sri Lanka, » écrit Murray. « Alors que les Etats Unis sont un très proche allié, ses intérêts commerciaux et autres ne sont pas toujours identiques à ceux de la Grande Bretagne. Israël ‘est pas un allié militaire du Royaume Uni. Il y a souvent des tensions entre ses intérêts au Moyen Orient et les intérêts britanniques, comme dans le cas de l’attaque du convoi maritime d’aide pour Gaza qui s’était soldée par la mort de neuf citoyens Turcs. La Turquie est un allié de la Grande Bretagne en sa qualité de membre très vital de l’OTAN.’

Murray laisse entendre que “Des sources essentielles de financement pour Werritty venaient du lobby israélien et d’une agence privée de renseignements plutôt obscure, » puis se demande, « le Mossad tirait-il les ficelles de Werritty, qu’il en ait été conscient ou pas ? »

Je crains que la réponse ne soit que trop évidente. Je soutiens depuis longtemps qu’il n’y a pas de conspirations juives. Fox et Werritty n’étaient pas des ‘idiots utiles’ – des personnes qui semblent naïvement soutenir une idéologie ou une pensée étrangère mais sont en fait utilisés cyniquement par une puissance étrangère. Ils savaient exactement ce qu’ils faisaient et qui ils aidaient. Fox, qui disait en 2006, «Les ennemis d’Israël sont nos ennemis et c’est une bataille dans laquelle nous resterons rassemblés, car nous perdrons dans la division» est un chaud partisan d’Israël et est membre des Conservative Friends of Israel (Amis Conservateurs d’Israël). Fox était aussi favorable à la guerre illégale contre l’Irak, une guerre que beaucoup ont considéré comme étant simplement une guerre israélienne de plus mais faite par des soldats britanniques et Américains et, en 2003, il avait voté pour l’invasion de l’Irak. Il soutient aussi une action contre l’Iran.

Donc Fox et Werritty n’étaient pas des naïfs. Ils savaient exactement ce qu’ils faisaient et qui étaient leurs donateurs. Ils comprenaient  parfaitement leur rôle et ont fait de leur plein gré ce qu’on leur demandait. Et je suis tout aussi convaincu que le premier ministre David Cameron et son cabinet savaient très bien ce qu’ils faisaient quand ils ont amendé le droit pénal britannique il y a deux semaines pour faire en sorte juste à temps pour que des criminels de guerre Israéliens puissent profiter de leur séjour.

Mais le vent a tourné. La duplicité de nos politiciens élus et leurs liens avec le lobby juif est désormais observé à la loupe. Le temps est venu pour que chacun de nous dans ce pays mette autant de distance que possible entre lui-même et Jérusalem.

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dimanche, janvier 04, 2009

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Gilad Atzmon : La fin inéluctable de l’entité sioniste

Un texte intéressant de Gilad Atzmon qui nous apporte son éclairage sur la psychologie homicide des sionistes et surtout appréhende les événements actuellement en cours en Palestine occupée sous un angle stratégique.


Gilad Atzmon considère la victoire des Palestiniens comme inéluctable et déjà inscrite dans la réalité des rapports de forces dans la région et que chaque roquette tirée par les Palestiniens est aussi un message venant rappeler que les indigènes n'ont pas renoncé, et ne renonceront pas à recouvrer leur patrie.



Vivre en attendant l'inéluctable sur une terre volée


Par Gilad Atzmon, Palestine Think-Tank 3 janvier 2009 traduit de l'anglais par Djazaïri



Discuter avec des Israéliens a de quoi laisser pantois. Même en ce moment, alors que l'Armée de l'air israélienne assassine au grand jour des centaines des civils, des personnes âgées, des femmes et des enfants, le peuple israélien parvient à se convaincre qu'il est la véritable victime de cette saga violente.


Ceux qui sont intimement familiers du peuple israélien réalisent que ce dernier n'est absolument pas informé des racines du conflit qui domine son existence. Assez souvent, les Israéliens en viennent à des arguments d'un genre bizarre qui ont tout leur sens dans le discours israélien, mais sont dénués de toute signification hors la rue juive. Un de ces arguments est le suivant : 'ces Palestiniens, pourquoi insistent-ils pour vivre sur notre terre (Israël), pourquoi ne s'installent-ils pas tout simplement en Egypte, en Syrie, au Liban ou dans n'importe quel autre pays arabe ?' Une autre perle de sagesse hébraïque est du genre : qu'est-ce-qui ne va pas avec les Palestiniens ? Nous leurs avons apporté l'eau, l'électricité, l'éducation et tout ce qu'ils trouvent à faire c'est d'essayer de nous jeter à la mer. '


De manière assez étonnante, les Israéliens même ceux de la soi-disant 'gauche' et même ceux de la 'gauche' intellectuelle sont incapables de comprendre qui sont les Palestiniens, d'où ils viennent et le pourquoi de leur résistance. Ils n'arrivent pas à comprendre qu'Israël a été créé aux dépends du peuple Palestinien, de la terre palestinienne, des villages, des villes, des champs et des vergers palestiniens. Les Israéliens ne réalisent pas que les Palestiniens de gaza et des camps de réfugiés de la région sont en réalité les populations dépossédées de Ber Shive, Jaffa, Tel Kabir, Shekh Munis, Lod, Haïfa, Jérusalem et de bien d'autres villes et villages. Si vous vous demandez comment il se fait que les Israéliens ignorent leur histoire, la réponse est très simple, on ne la leur a jamais racontée. Les circonstances qui ont conduit au conflit israélo palestinien sont bien cachées à l'intérieur de leur culture. Dans le paysage, les traces de la civilisation palestinienne d'avant 1948 ont été effacées. Non seulement la Nakba, le nettoyage ethnique en 1948 des indigènes Palestiniens, ne fait pas partie des programmes scolaires israéliens, elle n'est pas même mentionnée ni discutée par aucun officiel israélien ni dans aucun forum universitaire.


Dans le centre de presque chaque ville israélienne on peut trouver une statue commémorative en forme bizarre, presque abstraite, de tuyauterie. Cette tuyauterie est appelée Davidka et est en réalité un canon mortier israélien de 1948. Il est intéressant de savoir que le Davidka était une arme particulièrement inefficace. Ses obus n'avaient pas une portée supérieure à 300 mètres et causait peu de dégâts. Mais si le Davidka causait un minimum de dommages, il était par contre très bruyant. Selon l'histoire israélienne officielle, les Arabes, c.à.d. les Palestiniens, s'enfuyaient tout simplement pour sauver leurs vies dès qu'ils entendaient le Davidka au loin. Selon le discours israélien, les Juifs, c.à.d. les 'récents Israéliens' faisaient quelques feux d'artifices et les 'Arabes poltrons' couraient tout simplement comme des idiots. Dans la version israélienne officielle, on ne trouve aucune mention des nombreux massacres planifiés et perpétrés par la jeune armée israélienne et les unités paramilitaires qui l'ont précédée. Il n'y a aucune mention non plus des lois racistes qui interdisent aux Palestiniens de revenir sur leurs terres et dans leurs maisons.


La signification de ce qui précède est assez simple. Les Israéliens ne sont absolument pas familiers avec la cause palestinienne. Dès lors, ils ne peuvent interpréter la lutte palestinienne que comme une lubie meurtrière irrationnelle. A l'intérieur de l'univers israélien avec son caractère judéo centré et de seule réalité existante, l'israélien est une innocente victime et le Palestinien rien moins qu'un meurtrier barbare.

Cette grave situation qui laisse l'israélien dans l'ignorance totale de son passé mine toute possibilité de réconciliation future. Dès lors que l'Israélien n'a pas un minimum de compréhension du conflit, il est incapable d'envisager la possibilité d'une solution qui ne serait pas l'extermination ou le nettoyage de 'l'ennemi.' Tout ce que l'israélien a la possibilité de savoir sont des variations du récit de la souffrance juive. La souffrance des palestiniens leur est complètement étrangère. 'Le droit au retour des palestiniens' lui semble une idée farfelue. Même les 'humanistes Israéliens' les plus en pointe ne sont pas prêts à partager le territoire avec ses habitants indigènes. Ce qui ne laisse guère d'autre possibilité aux Palestiniens que de se libérer eux-mêmes. A l'évidence, il n'y a pas de partenaire pour la paix du côté israélien.


Cette semaine, nous en avons appris un peu plus sur l'arsenal balistique du Hamas. Il est évident que le Hamas a fait preuve d'une certaine retenue avec Israël depuis trop longtemps. Le Hamas s'est retenu d'étendre le conflit à l'ensemble su sud d'Israël. Il m'est venu à l'esprit que les volées de roquettes qui se sont abattues sporadiquement sur Sderot et Ashkelon n'étaient en réalité rien d'autre qu'un message des Palestiniens emprisonnés. C'était d'abord un message à la terre, aux champs et aux vergers volés : 'Notre terre adorée, nous ne t'avons pas oubliée, nous combattons encore pour toi, au plus vite nous reviendrons, nous reprendrons là où nous avons été arrêtés'. Mais c'était aussi un message clair aux Israéliens. 'Vous là bas, à Sderot, à Beer Sheva, Ashkelon, Tel Aviv et Haïfa, que vous le sachiez ou pas, vous vivez en réalité sur la terre qui nous a été volée.


Voyons les choses en face, en réalité la situation en Israël est assez grave. Il y a deux ans, c'était le Hezbollah qui bombardait à la roquette le nord d'Israël. Cette semaine, le Hamas a prouvé sans doute possible sa capacité à distribuer au sud d'Israël quelques cocktails de missiles vengeurs. Dans le cas du Hezbollah comme dans celui du Hamas, Israël n'a pas trouvé de réponse militaire. Il peut certes tuer des civils mais ne parvient pas à enrayer les tirs de roquettes. L'armée israélienne n'a pas les moyens de protéger Israël sauf si recouvrit Israël d'une toiture en béton peut être vu comme une solution viable. Au bout du compte, c'est peut être ce que les responsables israéliens essaieront de faire.


Mais nous ne sommes pas à la fin de l'histoire. En fait ce n'est que le début. Tous les experts du Moyen Orient savent que l' Hamas peut prendre le contrôle de la Cisjordanie en quelques heures. En fait, le contrôle de l'Autorité Palestinienne et du Fatah sur la Cisjordanie est maintenu par l'armée israélienne. Dès que le Hamas se sera emparé de la Cisjordanie, les plus grands centres urbains israéliens seront à sa merci. Pour ceux qui ne parviennent pas à le vois, ce serait la fin de l'Israël juif. Ca peut arriver dès ce soir, dans trois mois ou dans cinq ans, la question n'est pas de savoir 'si ça se produira', mais 'quand.' A ce moment là, l'ensemble d'Israël sera à portée de tir du Hamas et du Hezbollah et la société israélienne s'effondrera, son économie sera ruinée. Le prix d'une maison individuelle de Tel Aviv nord équivaudra à celui d'un cabanon à Kiryat Shmone ou à Sderot. Au moment où une seule roquette touchera Tel Aviv, c'en sera terminé du rêve sioniste.


Les généraux Israéliens le savent, les dirigeants Israéliens le savent. C'est pourquoi ils intensifient la guerre d'extermination contre les Palestiniens. Les Israéliens n'envisagent pas d'occuper Gaza. Ils n'ont rien perdu là bas. Tout ce qu'ils veulent c'est terminer la Nakba. Ils larguent des bombes sur les Palestiniens dans le but de les anéantir. Ils veulent les Palestiniens hors de la région. Il est évident que ça ne marchera pas et que les Palestiniens resteront. Non seulement ils resteront, mais le jour de leur retour chez eux ne fait que se rapprocher vu qu'Israël a épuisé ses tactiques les plus meurtrières.


C'est précisément à ce moment que le déni israélien de la réalité entre en jeu. Israël a dépassé le 'point de non retour'. So destin funeste est gravé au creux de chaque bombe qu'il largue sur les civils Palestiniens. Il n'y a rien qu'Israël puisse faire pour se sauver lui-même. Il n'y a pas de stratégie de sortie. Il ne peut pas négocier une issue à ce conflit car ni les Israéliens ni leurs dirigeants n'en comprennent les paramètres fondamentaux. Israël n'a pas les moyens militaires d'achever cette bataille. Il peut réussir à tuer les leaders de la base palestinienne comme il le fait depuis des années, pourtant la résistance et l'opiniâtreté des Palestiniens ne font que se renforcer au lieu de faiblir. Ainsi que l'avait prédit un général des services de renseignements israéliens pendant la première Intifada, 'pour vaincre, tout ce que les Palestiniens ont à faire est de survivre. » Ils survivent et ils sont en fait en train de vaincre.


Les dirigeants Israéliens comprennent tout ça. Israël a déjà tout essayé, retrait unilatéral, famine et maintenant extermination. Ils ont cru se débarrasser du problème démographique en se recroquevillant dans un ghetto juif intime et douillet. Rien n'a marché. C'est la ténacité palestinienne incarnée par la politique du Hamas qui définit l'avenir de la région.


Tout ce qui reste aux Israéliens c'est de s'accrocher à leurs oeillères et à leur déni de la réalité pour fuir leur le triste destin qui leur est déjà fixé. Tout au long de leur déchéance, les Israéliens entonneront les divers chants de victimisation dont ils sont coutumiers. Imprégnés d'une réalité faite de suprématie égocentrée, ils seront hypersensibles à leurs propres souffrances tout en restant aveugles à celles qu'ils infligent aux autres. De façon assez singulière, les Israéliens se comportent comme un collectif uni quand ils bombardent les autres mais, s'ils sont légèrement blessés, ils deviennent des monades de vulnérabilité innocente. C'est cet écart entre la façon dont les Israéliens se voient et celle dont les autres les voient qui transforme les Israéliens en monstrueux exterminateurs. C'est cet écart qui les empêche de comprendre les tentatives nombreuses et répétées de détruire leur Etat. C'est cet écart qui empêche les Israéliens de comprendre la signification de la Shoah et d'être capable d'éviter la prochaine. C'est cet écart qui empêche les Israéliens de faire partie de l'humanité.


Une fois encore, les Juifs devront errer vers une destinée inconnue. D'une certaine manière, j'ai personnellement commencé mon voyage depuis un moment.



Texte trouvé initialement (en anglais) sur Alterinfo

posted by Djazaïri at 6:59 PM 6 comments

mercredi, janvier 23, 2013

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L'équation politique sioniste: de la surprise laïque au cauchemar laïque


J’écoutais tout à l’heure «Le téléphone sonne» une émission de France Inter consacrée au résultat des élections qui viennent de se tenir dans l’entité sioniste.
Des interlocuteurs, notamment un professeur d’université, étaient en duplex depuis l’entité sioniste pour répondre aux questions des journalistes et des auditeurs Français.
Ce qui m’a frappé tout d’abord dans les échanges, c’est une espèce de consensus non dit entre la rédaction parisienne et ses interlocuteurs sionistes : l’entité sioniste est un pays «normal» et si elle est traité de manière privilégiée par des puissances occidentales qu’elle tend de plus en plus à exaspérer, c’est du fait des menaces incessantes dont elle fait l’objet : le nucléaire iranien, l’hostilité de l’environnement immédiat sans oublier ces foutus Palestiniens qui, non contents de ne pas renoncer au droit au retour des réfugiés, s’entêtent à ne pas vouloir reconnaître l’entité comme un Etat « juif».
Le tout sans rencontrer aucune objection, ni appel à la nuance de la part de journalistes complaisants qui étaient surtout intéressés par la nouvelle étoile montante de la classe politique sioniste, le journaliste Yaïr Lapid.
Le plus curieux étant d’entendre décrire Yaïr Lapid comme une espèce de laïque (Le Nouvel Observateur écrit même une «surprise laïque») qui a su cependant s’entourer de rabbins pour ratisser plus large au niveau électoral.
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Yaïr Lapid est la" surprise laïque" de ce scrutin
Et Avigdor Lieberman, ne serait-il pas pour sa part un «cauchemar laïque» ?
Je demande quand même ce que peut bien être un Juif «laïque» quand son action, son idéologie et ses buts politiques reposent sur le principe d’appartenance à un peuple élu qui est revenu vivre dans la terre à lui promise par Dieu.
Je vous laisse cogiter tranquillement.
D’autant que la «surprise laïque» va dès maintenant pactiser avec Benjamin Netanyahou que le Nouvel Observateur aurait pu qualifier de «cheval de retour laïque» ou quelque chose d’approchant vu que je n’ai jamais entendu dire que le premier ministre était également rabbin.
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Avigdor, je suis laïque, tu es laïque, n'est-ce pas merveilleux? Oui, Chéri-Bibi, mais nous sommes surtout laids.
De fait, l’essence du système idéologique et politique sioniste est bien différente de ce qui peut s’observer dans des pays comme la France, l’Italie, le Royaume Uni etc. avec les notions d’élection divine et de supériorité raciale (de fait, même quand vous ne lui avez rien demandé, n’importe quel crétin sioniste vous donnera une liste de Juifs lauréats du prix Nobel.
Eh oui, les seules autres personnes à se livrer à ce genre de pratique sont les antisémites!
Gilad Atzmon nous explique pourquoi il faut renoncer à analyser les scrutins dans l’entité sioniste à l’aune de catégories non opératoires comme celles de Droite et de Gauche, faucons ou colombes.

Les élections israéliennes: il est temps de mettre au placard la terminologie droite - gauche

par Gilad Atzmon, gilad.co.uk 23 janvier 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
La plupart des commentateurs de la scène politique israélienne est incapable de s’apercevoir que les notions de Droite et de Gauche n’ont à peu près aucune pertinence pour comprendre la vie politique israélienne. Israël se définit lui-même en tant que l’Etat juif et, les années passant, Israël devient en fait de plus en plus juif. Naftali Bennett qui, pendant un temps, était apparu comme l’étoile montante du scrutin qui vient d’avoir lieu, ne l’a compris que trop bien. Il a réinventé le Foyer National Juif, un parti politique qui célèbre l’aspiration d’Israël à accomplir son véritable destin juif. Il promettait à ses partisans de pouvoir vivre en tant qu’élus dans leur Etat exclusivement juif, en faisant abstraction de préoccupations morales ou éthiques.
Pourtant, la grande majorité, si ce n’est l’ensemble, des participants Juifs au jeu politique israélien sont engagés par le rêve de ‘l’Etat juif.’ Ils diffèrent certes sur quelques aspects  pratiques mineurs ou en matière de pragmatisme, mais ils sont clairement d’accord sur le fond. Voici une vieille blague israélienne : ‘Un colon Israélien propose à son ami aux idées de gauche que «l’été prochain, nous mettions tous les Arabes dans des bus et le fassions partir de notre terre.» L’homme de gauche : «OK, mais on s’assurera que les bus sont climatisés.»
En Israël, il n’y a pas des colombes ou des faucons. Au contraire, tout ce que nous avons est un débat feutré entre quelques interprétations du tribalisme, du nationalisme et du suprématisme juifs. Certains Juifs veulent être entourés par les murs imposants du ghetto – ils aiment ça, c’est confortable, on se sent en sécurité – d’autres préfèrent s’appuyer sur la capacité de dissuasion de l’armée israélienne. Certains seraient favorables à un large usage du phosphore blanc, d’autres voudraient que l’Iran soit rayé de la carte.
L’hypothèse d’une division politique en Israël n’est qu’un mythe auquel les goyim sont contents de croire parce qu’il donne l’impression de la possibilité d’un changement politique et même d’une transformation spirituelle. Mais la triste vérité est que, quand on en vient aux vrais fondamentaux, les Israéliens sont à peu près unis : la présidente du parti travailliste Shelly Yachimovich et la criminelle de guerre Tzipi Livni ont toutes deux été de ceux qui s’étaient empressés de soutenir l’opération Pilier de défense décidée par Benjamin Netanyahou. Yaïr Lapid, le chef du deuxième plus gros parti politique israélien, considéré aussi comme étant de centre gauche, ne refuserait pas un poste ministériel dans un gouvernement Netanyahou. Même s’il reste un parti sioniste, Meretz qui est le seul parti juif en Israël à avoir ne serait-ce qu’une trace d’éthique, de pensée universelle et de valeurs d’égalité ne représente toujours qu’à peine 6 membres du parlement sur 110 députés Juifs.
Donc, si nous voulons comprendre la scène politique israélienne, nous devons mettre au placard notre terminologie archaïque du 19ème siècle sur une Gauche et une Droite et commencer à fouiller dans la véritable culture et idéologie qui anime l’Etat juif. Israël, avec pas un seul parti juif pour inclure une empathie envers les Palestiniens dans son agenda politique défie la notion même d’égalité universelle. Israël se soucie uniquement des intérêts du peuple élu et les résultats des élections israéliennes le confirment. Tout ce à quoi nous assistons, c’est à une compétition entre différents discours judéocentriques.

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dimanche, janvier 28, 2007

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Un holocauste peut en cacher un autre (passé, présent ou à venir)

Quelques jours avant l'adoption consensuelle, sans vote, par l'Assemblée Générale de l'ONU d'une résolution non cnotraignante condamnant la négation de "l'holocauste," Gilad Atzmon nous avait fait part d'une réflexion intéressante dans laquelle il semble avoir visé juste.
C'est en tout cas ma perception après la lecture de cet article qui rend compte de l'adoption de cette résolution et retranscrit les propos suivants du représentant Américain au Conseil de sécurité : "L'Iran se retrouve seul, isolé, contre la communauté internationale » utilement complétés par ceux du plénipotentiaire sioniste : "Au moment où les nations du monde se retrouvent ici pour affirmer le caractère historique de l'Holocauste avec l'intention de ne plus jamais autoriser un génocide, un membre de cette assemblée est en train d'acquérir des capacités [nucléaires, NDLR] pour en perpétrer un lui-même .»
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La guerre du meilleur des mondes
par Gilad Atzmon – Peace Palestine Blogspot 25 janvier 2007 traduit de l'anglais par Djazaïri
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Les USA espèrent que l'assemblée générale de l'ONU votera à la fin de cette semaine une résolution condamnant « toute négation de l'Holocauste. » (CNSNews.com)« Nous enjoignons respectueusement notre pays de co-parrainer et de soutenir la résolution sur la négation de l'Holocauste qui doit être votée par l'assemblée générale ce vendredi. » (extrait d'une lettre aux ambassadeurs auprès de l'ONU signée par Glen S. Lewy, membre du bureau national de l'ADL, l'Anti Defamation League, et Abraham H. Foxman, directeur national de l'ADL, 23 janvier 2007).
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Le projet de résolution déposé par les USA « condamne sans réserves toute négation de l'Holocauste, » sans cependant pointer du doigt un pays en particulier. Nul besoin d'être un génie pour se rendre compte que c'est l'Iran d'Ahmadinedjad qui est visé. Il est évident que la nouvelle initiative onusienne des USA, dont le but est de transformer le monde en une « Zone Libérée du Négationnisme » a fort peu à voir avec une réelle recherche de la vérité ou un intérêt authentique pour la recherche historique. Les Américains agissent ainsi pour nous fourguer à tous le cauchemar sans avenir du capitalisme sauvage. Ils croient à tort qu'ils pourront le faire tant qu'ils seront capables de baliser notre vision du passé.
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Mais pour être honnête, ce n'est pas Abe Foxman et l'ADL qui intéressent réellement l'administration Bush. Et il devrait tomber sous le sens que les décideurs Américains ne se sont jamais moins souciés qu'aujourd'hui de l'Histoire et de la réalité du judéocide européen. De quoi s'agit-il alors? L'Amérique veut le pétrole et Ahmadinedjad en a beaucoup. Et ce n'est pas tout, l'Amérique a aussi comme priorité d'empêcher l'Iran de rejoindre le club nucléaire dont elle est le leader. Il est d'ailleurs plutôt amusant de voir l'Amérique - avec toutes sa puissance navale, ses porte-avions, ses missiles de croisière, sa suprématie aérienne et nucléaire - ait besoin de l'Holocauste pour gagner ce qui semble devoir être sa prochaine guerre.
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Je ne suis ni un spécialiste de l'Holocauste ni un historien. Mes centres d'intérêts initiaux ne sont ni l'histoire d'Auschwitz ni la destruction des Juifs d'Europe. Mais je suis très intéressé par l'utilisation politique de l'Holocauste, dans le genre des argumentaires qui utilisent Auschwitz. J'en arrive à poser la question suivante : comment l'Amérique, autrefois championne du « monde libre » en est-elle venue à se retrouver engagée dans la «politique globale de contrôle de la pensée. »
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Il ne fait aucun doute que la politique extérieure américaine a besoin d'une nouvelle bonne dose de popularité. L'hégémonie idéologique de l'Amérique est en faillite complète. L'administration Bush cherche désespérément un soutien de l'Union Européenne. Ce n'est un secret pour personne que l'Europe continentale, elle-même multi-ethnique ne succombent pas de la même manière aux sirènes de la notion anglo-saxonne de choc des civilisations. Jusqu'ici, les Européens ont avec une réelle détermination refusé de rejoindre Blair et Bush dans leur guerre contre l'Islam. Cependant, avec la nouvelle résolution sur le déni de l'Holocauste, l'Amérique espère faire émerger un nouvel état d'esprit. Au lieu de ressasser l'image fausse du judéo-christianisme contre l'islam, on répétera cette fois celle de « l'Holocauste » opposée à ses « négateurs ». De manière plutôt fortuite, les conformistes de l'Holocauste (nous) ont besoin de pétrole, et il se trouve que les « négationnistes » (eux) en possèdent.
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Aussi idiot que cela puisse sembler, l'Amérique est en train de tomber dans le piège intelligemment tendu par le Président iranien Ahmadinedjad. L'administration américaine s'est sottement débrouillée pour considérer que l'holocauste est la ligne de démarcation réelle entre l'Occident et l'orient. Cependant, la définition de cette démarcation peut être vue comme la ligne située entre « l'Occident de la liberté de pensée » qui enferme avec enthousiasme son passé dans une boîte noire et « l'orient ouvert d'esprit » qui ose mettre en questions ce passé. La résolution sur l'Holocauste dessine le futur champ de bataille entre l'Esclave (d'hier) qui se soulève et la déchéance du Maître (actuel). Ahmadinedjad a lancé l'appât, et l'administration Bush a été assez stupide pour s'en saisir. L'Holocauste est le nouveau moyen de la résistance.
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Dans le cadre de la nouvelle résolution américaine sur l'Holocauste, c'est « nous » - l'Occident – ceux qui connaissent la vérité et « eux » - les pays qui ne font pas partie de ce groupe hégémonique, qui ne parvenons pas à le voir. Pourtant, c'est « nous » qui mettons ce passé dans un cimetière et c'est « eux » qui comprennent que ce sont les dynamiques du passé qui structurent le futur.
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Sans entrer dans le débat qui concerne la réalité de l'Holocauste, le visage hideux des politiques de l'Holocauste ne peut pas être dissimulé plus longtemps. L'Holocauste devient maintenant officiellement une arme idéologique contre l'Islam et contre la résistance arabe. Elles visent à établir une identité collective occidentale bidon basée sur un conformisme aveugle et la marginalisation complète des autres.
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A court terme, la nouvelle initiative politique américaine sur l'Holocauste s'avérera peut-être efficace. La reconnaissance de la destruction des « Juifs Européens » rassemble d'importantes puissances. Elle rassemble de la gauche parlementaire jusqu'aux libéraux en Europe jusqu'aux forces radicales les plus expansionnistes des USA. Tous ont besoin de l'holocauste pour différentes raisons. En Europe, l'Holocauste sert à contrer l'émergence de l'extrême droite. En Allemagne et en Autriche, l'Holocauste est au coeur de l'ordre symbolique d'après-guerre. Pour les Anglo-Américains, l'Holocauste permet d'écarter tout vrai questionnement éthique sur Dresde, Hiroshima, le Vietnam, la Palestine et l'Irak. Plus important, la nouvelle résolution sur la négation de l'Holocauste donne aux Américains le prétexte pour le prochain génocide. Dit autrement, le prochain Holocauste sera en réalité le châtiment collectif pour déni de l'Holocauste.
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Indépendamment de ce qu'est la réalité de l'Holocauste et des conséquences liées à sa négation, mettre le passé sous scellés revient à mettre en cause la vision d'un avenir meilleur. La fin de l'histoire est la fin de l'Occident. L'Amérique ne veut peut-être pas conduire dans cette direction. Avec un bilan des pertes civiles en Irak s'élevant à 650 000 morts et 3 millions de réfugiés, avec des millions de Palestiniens bouclés dans des camps de concentration depuis près de 40 ans, ni Bush ni Blair, ni aucun autre responsable politique Occidental ne peut nous proposer une conception engageante des jours à venir. Au lieu de quoi, ils nous encouragent à cesser d'examiner le passé.

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samedi, novembre 05, 2011

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Parole d'expert: le sionisme a fait son temps

Dans l’article que je vous propose, Rula Jebreal, qui est palestinienne, a eu une longue conversation avec Ruth Dayan, l’ex-femme du général Moshe Dayan dont elle était divorcée. Elle n’est donc pas la « veuve » de cet officier sioniste contrairement à ce qu'indique le titre de l'article.
La tonalité de l’entretien a été à l’évidence cordiale et les deux femmes, bien que séparées par une importante différence d’âge (Ruth Dayan a 95 ans) sont amies.
Mme Dayan a été, et reste une personne active et engagée dans la fidélité à ses engagements initiaux sionistes et socialistes. Elle déplore fortement la politique menée par le gouvernement de Benjamin Netanyahou et par Avigdor Liberman, le ministre des affaires étrangères qu’elle surnomme Doberman.
D’une certaine manière, cette personne au charme indéniable et aux valeurs humanistes mais qui n’a pas renoncé au sionisme va aussi loin qu’il est possible à un tenant de cette idéologie dans l’ouverture aux Palestiniens et dans la recherche de la justice.
C’est dire que ça na va finalement pas très loin politiquement parlant tant il y a contradiction entre l’objectif qu’elle affiche et celui qu'a toujours poursuivi le sionisme, c’est-à-dire une mainmise sur toute la Palestine et non un partage de cette dernière entre deux Etats.
Sur les plans émotionnel et affectif, l’investissement est par contre énorme et rappelle celui de certains Pieds Noirs d’Algérie, humanistes sincères qui versaient dans un paternalisme qu’il serait injuste de qualifier de méprisant, ou alors de manière non consciente.
Cette dualité explique sans doute pourquoi cette dame âgée, représentative d’une partie du sionisme pionnier, a des mots très durs pour l’actuel gouvernement de Tel Aviv qu’elle accuse en fin de compte de trahir les principes fondateurs de l’Etat sioniste. Alors que Netanyahou, Liberman et consorts ne sont rien d’autre que des sionistes cohérents.
L’incohérence du discours de Mme Dayan est patente et on ne saurait lui en vouloir d’avoir aimé Moshe Dayan. C’est cette incohérence qui l’amène à scotomiser certains aspects des relations de l’entité sioniste avec l’Egypte et les Palestiniens mais aussi à souhaiter le retour à la tête de la diplomatie sioniste de Tzipora Livni, celle là même qui avait été la VRP de l’opération « plomb durci. » contre Gaza fin 2008, début 2009.
Elle est finalement assez typique de ces Juifs qui avaient adhéré au sionisme dans l’espoir de devenir des gens comme tout le monde, c’est-à-dire de devenir un peuple doté d’un territoire et ne se concevant pas comme en exil. C’était, ainsi que l’explique Gilad Atzmon dans son livre «The Wandering Who», une des motivations du sionisme politique sauf que ce dernier a satisfait cette aspiration au détriment du peuple palestinien, d’où l’idée d’une « terre sans peuple » (et pour le sionisme, le peuple palestinien n’existait et n’existe toujours pas). Cette idéologie d’un peuple prétendument comme les autres n’a cependant pas renoncé à son ’exceptionnalisme.
Il est d’ailleurs curieux de voir  Ruth Dayan affirmer, comme Gilad Atzmon, que le sionisme a «fait son temps.  A 95 ans, elle a certainement le recul nécessaire pour en juger avec sûreté.
Ruth Dayan et Rula Jebreal

Ces propos surprenants ont été tenus la semaine dernière à Tel Aviv par Ruth Dayan, 95 ans, veuve d’un des pères fondateurs d’Israël.
par Rula Jebreal, The Daily Beast (USA) 30 octobre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Vêtue avec élégance et maquillée à la perfection, Ruth Dayan, 95 ans, me reçoit avec un grand sourire à son domicile de Tel Aviv qui surplombe la mer Méditerranée. La charismatique, alerte et extrêmement intelligente Mme Dayan est la veuve de Moshe Dayan, le légendaire chef d’état major de l’armée israélienne et un des acteurs principaux de la guerre d’indépendance de 1948. De fait Moshe Dayan avait acquis le statut de symbole de la puissance du pays pendant la guerre des six jours en 1967, quand Israël prit le contrôle de Gaza, de la Cisjordanie, de Jérusalem Est et du plateau du Golan [l’auteur a curieusement omis le Sinaï]. Les Israéliens se sentaient invincibles avec ce personnage imposant à la barre. Ayant perdu un œil au combat, il avait choisi de porter un cache-œil noir qui devint sa marque de fabrique. Dans les années qui ont suivi son décès, Ruth a conservé un franc parler peu commun parmi les personnages politiques de sa génération.

Soixante trois ans après que les fondateurs ont commencé à bâtir un Etat démocratique, prospère et sûr, Israël vit toujours dans la tension : il n’y a pas d’accord de paix avec les Palestiniens, les tensions entre Israéliens et Arabes s’aggravent de jour en jour, et la violence perdure. Sous la direction de Benjamin Netanyahou et du parti Likoud, Israël s’est trouvée en proie à des divisions politiques. Le gouvernement s’est positionné politiquement plus à droite afin de conserver une majorité au parlement. Cet été pourtant, des Israéliens de gauche [liberal] ont installé des villages de tentes pour protester contre les énormes inégalités de revenus et la coût élevé de la vie dont souffre la nation. Moshe Dayan est considéré comme étant un des «pères fondateur» d’Israël et il existe une certaine nostalgie aujourd’hui, surtout chez les Ashkénazes de la classe moyenne qui le voient comme une figure fraternelle et un symbole du sacrifice collectif et des liens communautaires.

Mme Dayan

Elle soupire et se rajuste avant de poursuivre. «L’ancienne Israël me manque, on pouvait voyager seul jusqu’à Gaza au lendemain de notre victoire dans la guerre de 1956. Moshe était déjà un héros de la guerre, connu aussi bien des Israéliens que des Arabes. Quand j’ai rencontré le maire Palestinien [de quelle ville ?], je me suis présentée comme étant Ruth Dayan. Le maire a failli faire un malaise cardiaque, » dit-elle en riant. « Ses collaborateurs avaient promptement quitté les lieux. Il m’a demandé prudemment ce que je venais faire, et j’ai répondu que je voulais voir leurs tapis. Il s’est étonné et m’a demandé « Des tapis ? » Je dirigeais Maskit à cette époque, une chaîne de magasins d’artisanat et d’arts traditionnels. Nous employions des immigrants Bulgares, et je voulais aussi embaucher des Arabes. J’ai embauché des Arabes dans tout le pays pour fabriquer des tapis et d’autres articles. Il s’agissait de vivre ensemble, de travailler ensemble, de jeter un pont. Aujourd’hui, nous utilisons de la main d’œuvre étrangère en Israël parce que les palestiniens n’ont plus le droit de venir travailler. Et cette expansion continue des colonies partout – je ne peux l’accepter. Je ne peux tolérer cette dégradation dans les territoires [occupés] et blocs de béton pour barrer partout les routes.  Et cet horrible mur ! Ce n’est pas juste. »

Les tensions entre Juifs et Arabes en Israël sont particulièrement fortes depuis la seconde intifada qui avait commencé en 2000. Le mur élevé pour protéger la nation d’attaques terroristes enserre la bande de Gaza et la Cisjordanie, mais il coupe aussi les contacts entre les deux populations. Ruth Dayan est connue pour sa liberté de pensée dans la société israélienne. Et son dévouement comme ses efforts continuels pour rapprocher israéliens et Palestiniens sont légendaires. «Moshe avait une politique à double détente : des raids punitifs transfrontaliers brutaux en représailles contre les Arabes, et dans le même temps, il prenait la tête d’une délégation pour les négociations de cessez-le-feu avec le roi Abdallah de Jordanie. Il était un combattant et un négociateur. C’était un tacticien et un réaliste – il ne voyait jamais les choses tout en noir ou tout en blanc. Après la mort de son frère Zorik, dans les combats de 1948, Moshe avait tendu la main à la communauté druze qui avait été responsable de la mort de son frère et avait passé un accord de paix avec elle. Le père de Moshe ne le lui avait jamais pardonné.»

En fait, la famille Dayan a été rudement mise à l’épreuve par les événements historiques lies à la création de l’Etat d’Israël. « Vous savez, Moshe est décédé il a 30 ans ce mois-ci [octobre]. Son courage et sa bravoure ont façonné l’histoire d’Israël.» Pour le 30ème anniversaire de sa mort, Ruth Dayan a écrit une lettre d’amour à Moshe  qui a été publiée dans un des plus grands journaux israéliens. Mais Ruth se plaint que le journal ait parlé longuement des nombreuses aventures sentimentales de Moshe plutôt que de sa contribution au service de l’Etat. « Les femmes tombaient comme des mouches aux pieds de Moshe, mais je m’enfichais. Le magnétisme disparaissait à la table du repas.» Indépendamment  de ses sentiments réels par rapport aux infidélités de son mari, Dayan tient à défendre sa mémoire. « On peut divorcer d’un mari, mais on ne peut pas divorcer d’avec une légende. » Leur plus jeune fils, Assi, a parlé publiquement de ses conflits avec son père. Comme l’explique Ruth, « C’était une sensation de ressentiment et d’abandon » du côté de son fils. Pour Moshe, « les missions militaires étaient la priorité absolue… Nous avions dû abandonner une vie que nous adorions à la ferme. Nous avons déménagé souvent dans tant d’endroits. C’était devenu une gageure que d’avoir une ambiance familiale adéquate au moment où Moshe avançait dans sa carrière. Les problèmes du pays nécessitaient des solutions immédiates. » Ruth ajoute, « J’avais visité Naplouse dans ce qu’on appelle maintenant la Cisjordanie. Le gouverneur militaire m’avait demandé si je pouvais aller rencontrer des femmes Arabes en prison pour voir si je ne pourrais pas les amener à broder. Plus tard dans la journée, quand je suis rentrée à la maison, Moshe m’a critiqué en me disant : « J’ai mis ces femmes en prison et tu vas leur rendre visite. Qu’est-ce que tu fais ?!? J’avais alors décidé qu’il était temps pour nous de divorcer. »

Ruth Dayan est issue d’une famille «laïque» aisée. Son grand-père était diplômé de la Sorbonne et sont père avait étudié à la London School of Economics. A l’âge de 17 ans, elle a abandonné l’école, quitté la maison confortable de ses parents à Jérusalem pour aller dans un centre de formation agricole à Nahalal, un village coopératif dans la vallée de Jezreel en basse Galilée. Son rêve était de construire des kibboutzim, des fermes et de travailler la terre. C’est là qu’elle rencontra Moshe qui était né dans la dure réalité du travail éreintant, de la boue et des odeurs de la vie en kibboutz à Degania. «Il savait faire pousser les récoltes et les arbres fruitiers. Il s’occupait des arbres comme si c’étaient ses propres enfants.» Ruth et Moshe se marièrent en 1935, un an après leur rencontre et ils aspiraient tous deux à un pays basé sur des idéaux socialistes. « Le travail était au centre de nos vies. Je trayais les vaches même le jour de mon mariage, » dit-elle. « Avant le lever du jour, chaque matin je faisais du pain, du fromage et j’e m’occupais des animaux pendant que Moshe travaillait la terre, alors je comprends parfaitement les Arabes et leur attachement à la terre. La vie à la ferme me manque, les vaches, les chiens, même la crasse.»

 [ici, c’est Rula Jebreal qui parle]
J’étais une adolescente Arabe de Jérusalem Est pendant la première intifada. J’ai vu les multiples visages d’Israël, surtout ceux de soldats Israéliens qui imposaient la loi martiale à ma communauté, mais je me suis aussi liée d’amitié avec des gens de gauche comme Rula dont les convictions en faveur de la coexistence et de la réconciliation ont élargi ma façon de voir. Les échos d’années de violences ont diminué le nombre de modérés. Je crains que sans plus de personnes comme Ruth Dayan, les enfants de ce pays ne grandissent en s’accoutumant à la haine et à une profonde division raciale qui devient insurmontable.

Ruth me fait partager ses liens profonds avec la communauté arabe sous la forme d’une lettre écrite en 1924 à sa grand-mère, Mme Clinker, par Nazira Zananiri. Zananiri remercie sa chère amie israélienne pour une carte de Noël qu’elle a reçue de sa part. L’affection entre les deux femmes est évidente. « Ma mère parlait arabe et nous accueillions souvent des palestiniens à la maison. Nous vivions parmi eux, même en temps de guerre. Pour le double mariage de nos enfants Assi et Yael en 1967, nous avions invité des Israéliens, des Druzes [les Druzes sont des Arabes, NdT], des Arabes, c’était une fête magnifique.»

L’opinion commune en Israël, avant la demande d’admission d’un Etat palestinien à l’ONU en septembre dernier, était qu’en érigeant un mur, le gouvernement n’aurait plus à s’occuper du problème palestinien. La sécurité serait garantie. Une défense matérialisée physiquement était construite pour faire rempart contre les journées sanglantes du terrorisme impulsé par le Hamas.
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Mais il n’a pas mis fin à la guerre intestine. Les derniers gouvernements israéliens ont été pris en otage par les partis politiques ultra-orthodoxes qui dictent les orientations nationales en demandant d’importantes subventions et des prix modérés pour les logements dans les colonies en échange de leur soutien au parlement.
Ces partis politiques et leur électorat, les ultra-orthodoxes, sont en train de transformer le visage de la nation en promouvant une intransigeance idéologique qui s’oppose à tout accord de paix avec les Palestiniens. Ce qui a créé d’énormes tensions avec l’administration Obama et est à rebours de la vision de personnes comme Moshe Dayan qui, après avoir subi une défaite psychologique avec la guerre d’octobre 1973, avait initié un dialogue d’un nouveau genre avec l’Egypte. Moshe Dayan était passé du discours « Jamais de paix sans Sharm el Cheikh et jamais de Sharm el Cheikh sans la paix » à une entrée en négociations avec Anouar Sadate sous l’égide de l’administration Carter. Cette transformation politique ne s’est pas perdue avec Ruth.

“Pour Netanyahou, la paix n’est qu’un mot et ce [l’actuel ministre des affaires étrangères] Lieberman ?... c’est l’homme le plus affreux de tout le pays. La façon dont il parle de nos Arabes, nos Arabes israéliens est inacceptable. J’appelle Liberman « Doberman », comment un tel homme peut-il représenter notre pays ? » Ruth soutient par contre le prochain leader potentiel d’Israël, Avishay Braverman, un député au parlement. « J’ai été impressionné par son travail à l’université Ben Gourion. J’aimerais aussi voir quelqu’un comme Tzipi Livni au poste de ministre des affaires étrangères. Elle a été une grande représentante d’Israël quand elle était ministre des affaires étrangères. Elle comprend la diplomatie et, par-dessus tout, elle est bien élevée, pas comme Avigdor Liberman. Je l’ai même dit à la télévision – ce Doberman est dérangé. »  Liberman a plaidé pour un transfert forcé des citoyens arabo-israéliens dans un futur Etat palestinien en échange de la conservation des blocs de colonies juives en Cisjordanie, et il a proposé une série de lois anti-arabes.

A l’opposé, Moshe Dayan était capable de faire évoluer ses points de vue politiques. Dans ses premiers discours, il niait l’existence de la Palestine alors que plus tard, devenu ministre des affaires étrangères, il acceptera l’autonomie palestinienne et négociera les accords de Camp David avec l’Egypte. Dans le cadre de ces accords, les Israéliens accepteront de se retirer de la péninsule du Sinaï en échange de la paix avec Le Caire, le tout malgré que les vues de Dayan étaient en conflit avec celles du premier ministre Menahem Begin. « [Feu le dirigeant palestinien Yasser Arafat qui m’embrassait toujours quand nous rencontrions avait du respect pour lui. Tout comme le roi Abdallah de Jordanie. «Quel plaisir d’avoir votre mari pour ennemi,» disait-il. Moshe a toujours traité les Arabes avec respect Même après la guerre des six jours, il se rendait à titre personnel en Cisjordanie. Il aimais passer du temps avec les Arabes et il allait à Naplouse sans escorte.. Il pensait que e travail nous rapprocherait. Il dialoguait avec les Arabes. Comme le faisait mon beau-frère Ezer Weizman qui était pilote et devint ensuite président d’Israël. Il croyait aussi vraiment en la paix. Il connaissait Le Caire comme sa poche pour s’y être rendu très souvent en mission. Il riait et plaisantait souvent avec le président Sadate. Les relations étaient différentes à l’époque. «Qui parle avec les Palestiniens aujourd’hui?» demande-t-elle.

Pour évoquer la position conservatrice de l’actuel premier ministre, Ruth Dayan s’efforce d’être claire. «Je rejette la politique de Netanyahou, c’est la recette pour le désastre. Il n’a pas la volonté de traiter le problème. C’est une mentalité de bunker [de ghetto, NdT]. Nous avons eu les accords d’Oslo, qui ont établi un contrôle palestiniens sur certains secteurs de la Cisjordanie et de Gaza, tandis que d’autres zones restaient sous contrôle mixte. Les accords avaient institué une force de police palestinienne, mais rien n’a changé. Le nombre de colonies a augmenté pour passer de 60 à 200, les checkpoints de l’armée sont partout et la liberté de circulation presque inexistante. La violence reste le seul langage. Je n’essaye pas d’instiller de l’optimisme à mes amis Palestiniens. Par politesse, je leur dis que j’espère que quelque chose va changer. Mais je ne parle plus du tout de paix. Je n’en ai pas le courage. J’ai tant d’amis Arabes. Mon âme soeur est Raymonda Tawill, la belle-mère d’Arafat. Ce gouvernement ne représente pas mes valeurs. Il est allé trop loi. Les deux côtés pensent être des combattants de la liberté.»

Ruth Dayan s’exprime comme un leader né. Quand je la provoque avec la question de savoir si les mesures de sécurité sont justifiées par le terrorisme, elle m’interrompt pour dire : « Oh, je vous en prie, rein n’arrêtera le terrorisme sauf e dialogue. [Yitzhak] Rabin aurait abouti à la paix. Il combattait le terrorisme comme s’il n’y avait pas de négociations et il négociait comme s’il n’y avait pas de terrorisme. Aujourd’hui, il faut appliquer la solution à deux Etats parce que nous avons évolué séparément et ce serait mieux si chacun s’occupait de ses affaires. Nous ne sommes déjà pas capables de nous entendre entre nous.»

Ayant prévu d’aller voir un ami, elle me ramène chez moi et nous continuons notre conversation dans la voiture. La radio rapporte la nouvelle de la mort de Mouammar Kadhafi. Dayan est indignée. « Pourquoi ne pas l’avoir jugé ? C’est barbare. Même les pires criminels ont droit à un procès équitable. C’est le prix de la démocratie ! Pourquoi faire démarrer la Libye nouvelle par le sang versé, » Kadhafi, me dit-elle, lui avait envoyé un livre en 2008 dans lequel il décrivait son plan de paix. Il écrivait que tout le monde devait vivre ensemble et tirer parti des ressources des uns et des autres. Je lui avais envoyé un mot de remerciement et donné le livre à Shimon Peres.»

Dayan poursuit : «Israël n’est pas un rêve aujourd’hui, c’est un pays avec beaucoup de problèmes. C’est une société high-tech qui communique via ’iPad, iPhone et Facebook au lien d’avoir des enfants qui se parlent. Notre jeunesse vit partout dans le monde, là où elle peut trouver du travail. Il y a une fuite des cerveaux. Je suis très inquiète au sujet de où tout cela nous mènera. Je suis vraiment fière des 300 000 manifestants qui exigent la justice sociale. Je dis continuez et ajoutez la question palestinienne à vos revendications ! C’est aussi une question de justice et liée à notre avenir.» Ruth Dayan ne fait pas que parler, elle agit aussi : il y a quelques mois, elle invité 300 personnes de Kharbata, un village arabe de Cisjordanie, à faire un séjour en Israël. « je leur ai obtenu des permis d’entrée et ils ont été magnifiquement bien traités. Je les ai emmenés à la plage où ils ont nagé et les enfants se sont si bien amusés qu’il semble que pendant un jour au moins, ils ont eu une vie normale. C’est mon but ultime.»


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