vendredi, octobre 07, 2011

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Les mauvaises surprises d'un infirmier "rebelle" Libyen


Comme l’écrit Au Fait Maroc, l’heure de la « revanche » a sonné pour les prétendus rebelles qui ont pu s’emparer du village de Qasr Abou Hadi, non loin de Syrte, et qui serait réputé pour être un fief des sympathisants et même de la famille de Kadhafi. En effet selon une version de la biographie du colonel, ce dernier serait né non à Syrte, mais sous une tente dans ce village.
Selon le Figaro, tous les habitants de Qasr Abou Hadi ont fui et c’est dans un village désert que les « rebelles » se livrent à des déprédations contre les maisons des ‘caciques » du régime déchu, Kadhafi étant affublé au passage de l’étiquette de « roi des rois d’Afrique. » Un titre sans doute inventé par le journal Le Figaro, mais après tout, après « fou » ou « chien fou », roi des rois semble assez bénin.

Pourtant, si on revient à l’article d’Au Fait Maroc, le village n’est pas tout à fait vide et c’est sous les yeux d’au moins certains habitants que les « révolutionnaires » révolutionnent l’agencement des maisons qui ne semblent pas être celles de quelques caciques comme le prétend le journal français. Et les exactions qu’ils commettent sont du même ordre que celles commises partout où ils sont passés.

Et non seulement Qasr Abou Hadi n’est pas tout à fait vidée de ses habitants mais certains d’entre eux sont même revenus dans les rangs des «rebelles » pour découvrir ce qu’est vraiment le nouvel ordre "révolutionnaire comme" cet infirmier dont nous parle le Los Angeles Times :
“Les brigades de Misurata assouvissent leur vengeance pour ce que des soldats originaires de ce village leur ont fait,” explique Fatih Shobash, 22 ans, un combattant d’une brigade basée à l’est qui participe aussi à l’offensive contre Syrte. « Ils brûlent des maisons, volent de l’or et tirent sur les animaux.”
La prise d’Abou Hadi, un village dans une garrigue désertique à environ une vingtaine de kilomètres de Syrte qui a été investi ces derniers jours après de rudes combats, a été une victoire symbolique pour les forces du gouvernement de transition. Le village est le lieu où Kadhafi serait né sous une tente bédouine en 1942, quoique Syrte a souvent été présentée  comme étant sa ville natale.
Certains combattants dissent avoir recherché des armes.
Un infirmier qui travaille pour les révolutionnaires est rentré chez lui pour découvrir que sa maison à Abou Hadi avait été pillée et que son père, un ancien officier de l’armée de Kadhafi, avait disparu, probablement arrêté par les forces anti-Kadhafi.
L’infirmier, qui a refusé de donner son nom par crainte d’être accusé, a indiqué s’être rendu d’un site de détention à un autre à la recherché de son père, sans succès pour l’instant.Il déclare être arrivé dans la zone nouvellement “libérée” et avoir trouvé sa maison sens dessus dessous.
“C’est ma chambre,” dit-il, en montrant un lit renversé. La télévision a été fracassée, et au milieu des vêtements qui jonchent le sol, s’étalent des photos de famille déchirées.Des dizaines de maisons ont été saccagées, les biens personnels éparpillés par terre.

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posted by Djazaïri at 7:09 PM 0 comments

dimanche, septembre 11, 2011

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Libye: la ville de Tawergha enfin libérée de ses habitants par les "rebelles" de Sarkozy


Il y a un mot de la langue française qui est fichtrement mal employé depuis quelques temps, c’’est le mot « révolutionnaire » appliqué aux prétendus rebelles qui sont entrés dans la capitale libyenne sous les auspices de l’OTAN et qui assiègent en ce moment certaines villes irrédentistes comme Beni Walid ou Syrte. Villes que l’OTAN bombarde d’ailleurs copieusement car les fameux « rebelles » n’ont jamais emporté le moindre succès militaire sans que l’OTAN mette sérieusement la main à la pâte.
Et force est de dire que plus on en apprend sur ces révolutionnaires, plus on les trouve abjects. Ce qui n’a rien d’étonnant quand on voit qui les soutient : les militants tiers-mondistes «Fidel» Sarkozy et  «Che» Cameron, les princes « rouges » du Qatar et d’Arabie Saoudite, sans oublier  le grand émancipateur, « Nelson Botula » Henri-Lévy.

L’article que je vous propose s’inscrit dans le sillage d’autres  informations qui émergent sur la mentalité des cinglés que l’OTAN a chargé d’apporter la démocratie en Libye.
Vous me direz que c’est une preuve de la liberté d’informer. Certes, il est difficile dans un monde « globalisé » comme on dit de tout mettre sous le boisseau et les journalistes n’ont pas forcément tous perdu leur professionnalisme.
Mais pour que des informations comme celles-ci puissent paraître, il faut le plus souvent respecter certaines conditions : la première est qu’il faut donner la raison des agissements des criminels, en faisant éventuellement comprendre que ce n’est pas une bonne raison, mais  sans souligner ce fait que ce n’est pas une bonne raison. Un lecteur peu attentif retiendra qu’il y a une rationalité compréhensible dans la démarche des « rebelles ».
La deuxième condition est de charger l’autre camp de crimes encore plus abjects ; des crimes dont on attend bien entendu les preuves.
Et puis admirez le procédé : une ville qui était comme toute autre ville la ville de ses habitants est devenue par la magie d’un titre « la ville de Kadhafi. » Après tout, si c’était la ville de Kadhafi, tout est donc permis…

Personnellement, je ne peux que souhaiter la défaite de ces prétendus rebelles. De la même manière, je ne peux que souhaiter la comparution devant un tribunal des dirigeants politiques qui leur ont permis de commettre leurs exactions et dont les armes, avions, navires de guerre, ont semé mort et destruction en Libye.
Un de ces dirigeants vient de commémorer en son palais présidentiel les attentats du 11 septembre 2001 à New York. Il n’a vraiment honte de rien, lui dont les armes ont tué et continuent à tuer  bien plus de personnes en Libye.
D’ailleurs, vous ne trouverez rien dans la presse française sur ce crime de guerre commis à Tawergha.



Andrew Gilligan visite les lieux  qui semblent être ceux des premières grandes représailles contre les partisans du régime de Kadhafi
Par Andreew Gilligan à Tawergha, The Telegraph (UK) 11 septembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
Jusqu’au  mois dernier, la ville de Tawergha abritait 10 000 civils.
Mais à l’heure du crépuscule la semaine dernière, les immeubles d’habitation s’étirent noirs et morts, au loin, et les seuls êtres à se mouvoir sont des moutons.

Ce secteur pro Kadhafi a été vide de sa population, vandalisé et partiellement incendié par les forces rebelles. Le Sunday Telegraph a été le premier à visiter les lieux de ce qui semble avoir été les premières représailles majeures contre des partisans de l’ancien régime.
“Nous leur avions donné trente jours pour partir,” explique Abdul el-Mutalib Fatateth, l’officier qui commande la garnison rebelle à Tawergha, tandis que ses soldats jouent au baby-foot devant un immeuble d’habitation vide. « Nous avions dit que s’ils ne partaient pas, ils seraient pris par la force et emprisonnés. Tous sans exception sont partis et nous ne leur permettrons jamais de revenir. »
Les habitants de Tawergha et leurs voisins de Misurata, à une trentaine de kilometers plus loin, étaient dans des camps opposes pendant la révolution libyenne. Tandis que les habitants de Misurata assiégée luttaient courageusement pour sauver leur ville des forces e Kadhafi qui l’encerclaient, certains des obus d’artillerie qui leur tombaient dessus venaient de Tawergha.

“Nous leur avions demandé de ne pas nous combattre, parce qu’ils sont nos frères mais ils avaient continué à le faire, » affirme M. Fatateth. Mais il semble reconnaître que les habitants de la ville avaient été pris entre deux feux puisqu’il explique que « Kadhafi prenait les gens de Tawergha et s’en servait comme boucliers humains quand ses troupes approchaient de Misurata. »
Les rebelles disent que des civils volontaires de Tawergha étaient avec les soldats de Kadhafi quand ils ont pillé des dizaines de maisons à Misurata en mars. Il y a aussi des allégations, impossibles à vérifier, de viols et d’autres exactions commis par des gens de Tawergha.
Quelle que soit la vérité, il n’y aura sans doute guère de place pour la réconciliation dans ce coin de la nouvelle Libye. Pour la première fois dans [la couverture médiatique de] la révolution libyenne, nous avons pu voir un grand nombre de maisons et pratiquement chaque boutique, systématiquement saccagés, pillés ou incendiés.
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Même l’hôpital local a été saccagé. Les lits ont été tirés hors des chambres et lacérés. Les vitres des fenêtres et des portes ont été cassées. Les médicaments, les ordonnanciers et les feuilles d’imprimante ont été éparpillés dans les couloirs, et les médecins et les infirmières ont disparu avec tous les autres.
A l’extérieur, il faut faire attention à ne pas marcher sur une des mines anti-personnel qui jonchent le trottoir.
L’explication de tout ça se trouve dans les drapeaux verts de Kadhafi qui flottent encore devant de nombreux  appartements. Il est hors de doute que cette ville était un soutien du régime. Mais ce soutien semble s’être exprimé à différents niveaux.
Certaines des maisons ont apparemment servi à combattre, et ont des impacts de balles sur les murs. Par contre, la majorité des propriétés pillées ou vandalisées n’en avaient aucun.
M. Fatateth assure que certaines avaient été investies par des miliciens pro Kadhafi après la fuite des civils et que deux jours de bataille avaient suivi avec les forces rebelles les 10 et 11 août.

Et comme souvent en Libye, il y a aussi un soubassement raciste. Beaucoup d’habitants de Tawergha, quoique n’étant pas des immigrés ni de ces mercenaires Africains de Kadhafi dont on parle tant, sont des descendants d’esclaves, et ont la peau plus foncée que beaucoup de Libyens.
Au bord de la route qui mène à Tawergha, la brigade de Misurata a peint un slogan qui dit " la brigade de nettoyage des esclaves [et] des peaux noires".

“Nous avons rencontré des habitants de Tawergha en détention, emmenés de chez eux simplement pour être de Tawergha, » explique Diana Eltahawy, une enquêtrice d’Amnesty International qui se trouve actuellement en Libye. « Ils nous ont dit avoir été forcés de s’agenouiller et avoir été frappé avec des bâtons. »

Même la fuite n’est, semble-t-il, pas suffisante pour se sauver. Des gens de Tawergha ont été arrêtés à des barrages routiers, pris dans des hôpitaux ou arrêtés dans la rue. « Ils ont vraiment peur. Ils n’ont nulle part où aller, » déclare Mme Eltahawy.
Amnesty dit avoir vu le 29 août un patient originaire de Tawergha emmené de l’hôpital central de Tripoli par trois hommes, dont un armé, pour « interrogatoire à Misurata ». Amnnesty a aussi appris qu’au moins deux personnes originaires de Tawergha avaient disparu après avoir été emmenés d’hôpitaux de Tripoli pour interrogatoire. Un contrôleur aérien de 45 ans et son oncle ont été arrêtés par des rebelles armés alors qu’ils faisaient des courses dans le quartier Firnaj de Tripoli le 28 août.
Ils avaient été emmenés dans les quartiers du Conseil Militaire à l’aéroport de Mitiga, tout près de la capitale à l’est.. Ces hommes ont déclaré à Amnesty avoir été frappés à coups de crosse de fusil et reçu des menaces de mort. Tous deux ont été détenus plusieurs jours à Mitiga et sont toujours prisonniers à Tripoli.

Beaucoup d’habitants de Tawergha se terrent maintenant dans des campements de fortune près de Tripoli. Mais même là-bas, ils ne sont pas en sûreté. Dans un camp, un groupe d’hommes armés a fait irruption et a arrêté une dizaine d’habitants de Tawergha. Leur sort reste inconnu. Une autre femme du camp dit que son mari a quitté le camp pour aller faire une course au centre de la capitale il y a une semaine. Elle ne l’a pas revu depuis.
“Si nous retournons à Tawergha, nous serons à la merci de la brigade de Misurata,” explique un des réfugiés qui refuse qu’on donne son nom. « Quand ils sont entrés dans notre ville à mi-Ramadan [mi-août] et l’ont bombardée, nous nous sommes enfuis avec seulement nos vêtements sur le dos. Je ne sais pas ce qu’il est advenu de nos maisons et nos biens. Je suis maintenant ici dans ce camp, mon fils est malade et j’ai trop peur pour aller à l’hôpital en ville. Je ne sais pas ce qui va nous arriver maintenant. »

Les exactions des rebelles ne sont rien en comparaison de celles du régime. Les gens qui ont vu les squelettes calcinés de prisonniers, massacrés à la mitrailleuse pendant la retraite de la brigade Khamis de Kadhafi ou qui ont assisté aux bombardements indiscriminés sur Misurata n’oublieront pas ces scènes de si tôt.
Mais les vieilles habitudes répressives des Libyens pourraient bien se réveiller spontanément..

Et ce n’est pas la première fois que des civils pro Kadhafi ont souffert de représailles. En juillet, alors que les rebelles quadrillaient les montagnes du Nefousa, le village de Gawalish a subi un sort tout à fait similaire. Beaucoup de ses habitants, des retraités et de jeunes enfants ne pouvaient tout simplement pas avoir participé à une quelconque action militaire pour le régime.
Dans la ville fantôme de Tawergha, on éprouve peu de sympathie pour la situation critique des victimes.

Selon M. Fatateth, “Le conseil militaire va decider de ce qui se passera pour les habitations. Mais les habitants de Tawergha devront passer sur nos cadavres pour revenir."
Ibrahim al-Halbous,, un aute chef rebelle local, le dit encore plus simplement.
«Tawergha n’existe plus,» dit-il.

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posted by Djazaïri at 8:49 PM 0 comments

vendredi, avril 15, 2011

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Libye: Kuperman démonte les arguments de Bernard-Botul-Henri Lévy et de Barack Obama


Un très bon article, à lire avec attention, paru dans un journal tout ce qu’il y a de « respectable » aux Etats-Unis. Je veux dire par là qu’il ne s’agit pas d’un de ces organes  de presse de type militant et souvent de gauche qui s’évertuent à prôner les vertus de la justice et de l’équité pour une paix durable.
Ce journal, c’est le Boston Globe et l’auteur du papier est un certain Alan J. Kuperman qui débusque toutes les balivernes qui ont servi à lancer une attaque contre la Libye qui outrepasse maintenant sans ambiguïté les limites imparties par la résolution 1973. C’est-à-dire que MM. Nicolas Sarkozy, Barack Obama et David Cameron assument désormais ouvertement leurs rôles de délinquants et de criminels en se retranchant simplement derrière le droit du plus fort.

Un faux prétexte pour la guerre en Libye ?

par Alan J. Kuperman, Boston Globe (USA) 14 avril 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Il est désormais évident que le président Obama a grossièrement exagéré la menace humanitaire pour justifier une action militaire en Libye. Le président avait affirmé que l’intervention était nécessaire pour empêcher un « bain de sang » à Benghazi, la deuxième pus grande ville de Libye et ultime bastion rebelle.

Mais Human Rights Watch a diffusé des informations sur la ville nouvelle de Misurata où les combats se prolongent, qui révèlent que Mouammar Kadhafi ne massacre pas délibérément des civils mais cible au contraire de manière assez précise les rebelles armés qui luttent contre son gouvernement.
La population de Misurata est d’environ 400 000 habitants. En près de deux mois de guerre, seulement 257 personnes – dont des combattants – y ont été tuées. Sur les 949 blessés, on ne compte que 22 femmes, soit moins de 3 % du total. Si Kadhafi s’en prenait de manière indiscriminée aux civils, les femmes devraient représenter environ la moitié des victimes.

Obama avait insisté pour dire que les perspectives étaient sombres en l’absence d’intervention. « Si nous avions attendu un jour de plus ; Benghazi… aurait enduré un massacre dont l’écho se serait répercuté dans toute la région et entaché la conscience mondiale. » Donc, avait conclu le président, « empêcher le génocide » justifiait l’intervention militaire des Etats-Unis.

Mais l’intervention n’a pas empêché un génocide, parce qu’aucun bain de sang n’était en vue. Au contraire, en encourageant la rébellion, l’interférence des Etats-Unis a prolongé la guerre civile libyenne et les souffrances qui en résultent pour des innocents.
La meilleure indication que Kadhafi n’envisageait pas de commettre un génocide à Benghazi, c’est qu’il n’a pas pénétré dans les autres villes qu’il a reprises soit complètement, soit partiellement – dont Zawiya, Misurata et Ajdabiya qui, ensemble, ont une population plus importante que Benghazi.

Les forces libyennes ont tué des centaines de personnes en reprenant le contrôle d’agglomérations. Des dommages collatéraux sont inévitables dans une guerre contre insurrectionnelle. Et le strict respect des lois de la guerre a pu être enfreint.

Mais les actions de Kadhafi n’ont rien à voir avec le Rwanda, le Darfour, le Congo, la Bosnie et d’autres régions où ont été commis des massacres. L’armée de l’air libyenne, avant l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne sur mandat de l’ONU, visait les positions rebelles, pas les concentrations de civils. Malgré l’omniprésence de téléphones équipés de caméras et d’appareils photo, on n’a aucune preuve tangible de massacres délibérés. On a beaucoup d’images de victimes tuées ou blessées dans des échanges de tirs – à chaque fois une tragédie – mais c’est la guerre en milieu urbain, pas un génocide.

Si le bain de sang était peu probable, comment cette idée a-t-elle pu impulser l’intervention des Etats-Unis ? Ce qui se profilait réellement à Benghazi, était la défaite finale des rebelles. Pour éviter cette issue, ils ont concocté dans l’urgence un génocide imminent afin d’obtenir un soutien international en faveur d’une intervention « humanitaire » qui pourrait sauver leur rébellion.

Le 15 mars, Reuters citait un chef de l’opposition libyenne à Genève qui prétendait que si Kadhafi attaquait Benghazi, il y aurait un « vrai bain de sang, un massacre comme on en a vu au Rwanda. » Qautre jours après, des avions militaires US commençaient les bombardements. Dans le même temps, Obama affirmait que l’intervention avait empêché un bain de sang. Le New York Times avait déjà signalé que « les rebelles  ne se sentaient pas tenus à une obligation de vérité dans l’élaboration de leur propagande » contre Kadhafi et « faisaient des annonces qui  en rajoutaient énormément dans les déclarations sur ses agissements barbares. »

Il est difficile de savoir si la Maison Blanche a été dupée par les rebelles ou a conspiré avec eux pour aller vers un changement de régime sur de fausses bases humanitaires. Dans les deux cas, l’intervention a vite outrepassé le mandat onusien de protection des civils par le bombardement de forces libyennes en retraite ou basées  dans des bastions du soutien à Kadhafi comme Syrte où elles ne menaçaient aucun civil.

Les effets sont incertains. L’intervention a empêché les troupes de Kadhafi de s’emparer de Benghazi, ce qui a sauvé des vies. Mais il a intensifié sa répression dans l’ouest de la Libye pour consolider rapidement le territoire qu’il contrôle. L’intervention a aussi encouragé les rebelles à reprendre leurs attaques, à reprendre provisoirement ces villes de la côte orientale et centrale, comme Ajdabiya, Brega et Ras Lanouf, jusqu’à excéder leurs capacités logistiques et à s’en retirer.

Chaque fois que ces villes changent de mains, elles sont bombardées par les deux camps – tuant, blessant et forçant à se déplacer des innocents. Le 31 mars, l’OTAN a averti formellement les rebelles de cesser d’attaquer les civils. Il y a quelque chose de poignant à rappeler que, sans cette intervention, la guerre se serait sûrement terminée le mois dernier.

Dans son discours pour expliquer l’action militaire en Libye, Obama a fait sien le noble principe de la responsabilité de protéger – ce que certains ont cite baptisé comme étant la doctrine Obama – appelant à une intervention quand c’est possible pour empêcher un génocide. La Libye montre comment cette approche, appliquée de manière réflexe, peut avoir l’effet inverse en encourageant des rebelles à provoquer et à exagérer des atrocités pour inciter à une intervention qui, en fin de compte, perpétue la guerre civile et les souffrances des populations.

Alan J. Kuperman,  professeur de science politique à l’université du Texas est l’auteur de “The Limits of Humanitarian Intervention’’ [les limites de l’intervention humanitaire] et co-responsable d’adition de “Gambling on Humanitarian Intervention.’’[le pari de l’intervention humanitaire]

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posted by Djazaïri at 6:58 PM 0 comments

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