dimanche, décembre 02, 2012

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Palestine, Gaza, ONU, la nouvelle donne


J’ai un peu de temps, alors j’en profite pour sortir un peu le blog de sa léthargie.
La dernière agression sioniste contre Gaza a montré comme les agressions précédentes la capacité destructrice du terrorisme sioniste.

Si les conflits politiques se résumaient à une simple arithmétique de la force militaire, l’entité sioniste aurait dû poursuivre son offensive et lancer à l’assaut les dizaines de milliers de réservistes qu’elle avait commencé à mobiliser.

Il n’en a rien été parce que la guerre  est autre chose qu’une bagarre de gamins dans un bac à sable ou un combat de boxe qui s’achève par le K.O. d’un des adversaires.

En effet, le conflit palestino-sioniste n’engage pas seulement l’Etat prétendu juif et le peuple palestinien, mais toute la région arabe et proche orientale ainsi que les Etats Unis et l’Europe.

La récente agression a permis de vérifier une fois de plus la détermination du peuple palestinien à résister et à recouvrer ses droits. Et les autorités sionistes médusées ont pu constater que les combattants palestiniens étaient désormais en mesure de toucher des villes aussi éloignées de Gaza que Beersheba et surtout Tel Aviv.

En ce sens le Hamas et les autres organisations de la résistance palestinienne ont remporté une victoire stratégique en faisant échouer la tentative sioniste de leur administrer une raclée et en signifiant qu’un jour peut-être pas si éloigné, c’est un déluge de feu qui pourrait s’abattre sur Tel Aviv.

Et Tel Aviv, c’est le véritable cœur de l’entité sioniste qui se résume en pratique à cette cité Etat.

Ensuite, comme je l’écrivais précédemment, l’entité sioniste est en quelque sorte passée sous la tutelle de l’Egypte qui a assuré, en coordination avec les Etats Unis, la gestion des tractations en vue d’un cessez-le-feu.

 C’est un point de vue très proche du mien que développe Alex Callinicos et je suis donc ravi de vous proposer une traduction d’un article qu’il vient de publier dans The Socialist Worker.
Alex Callinicos à la 5ème conférence anti-guerre du Caire en 2007
Alex Callinicos à la 5ème conférence anti-guerre du Caire en 2007
L’autre grand évènement stratégique est bien sûr l’octroi à la Palestine du statut d’Etat observateur à l’Organisation des Nations Unies.

Certains considèrent que cette reconnaissance porte en elle l’abandon par les Palestiniens d’une partie de leurs droits fondamentaux sur leur patrie. C’est vrai en théorie et en faisant abstraction du contexte réel. Ceux qui pensent ainsi supposent en effet que l’entité sioniste pourrait admettre un jour ou l’autre la restitution des territoires qu’elle occupe depuis 1967, permettant ainsi à un gouvernement palestinien d’exercer une autorité souveraine sur la Cisjordanie et la bande de Gaza.

Cette hypothèse relève de la chimère car jamais les sionistes n’accepteront de rétrocéder des territoires qu’ils estiment avoir vocation à contrôler et à coloniser totalement. Le nouveau statut politique reconnu à la Palestine est donc un acquis précieux qui  ne remet nullement en cause la pertinence de la résistance sous tous ses aspects, y compris militaires.


Gaza témoigne de l’impact des révoltes arabes
Les révolutions font trembler tous les régimes – les régimes arabes, ainsi que celui d'Israël,
Par Alex Callinicos, Socialist Worker (UK) 1er décembre 2012 traduit de ‘anglais par Djazaïri

Friedrich Engels écrivait en 1854: «Nous ne devons pas oublier qu'il y a une sixième puissance en Europe, qui à certains moments affirme sa suprématie sur l'ensemble des cinq soi-disant« grandes puissances »et fait trembler chacun d'entre eux. Cette puissance est la Révolution. "

Il en va de même dans le Moyen-Orient aujourd'hui. Si vous ne vous intéressez qu’à l'équilibre militaire des forces, vous conclurez que rien n'a vraiment changé depuis la dernière guerre d'Israël contre Gaza.

Le Hamas dispose désormais de missiles Fajr-5 de plus longue portée qui peuvent frapper Tel-Aviv. Mais l’armée israélienne conserve une écrasante supériorité matérielle. Mais ne prendre en compte que le matériel et les troupes serait superficiel. En réalité, tout a changé.
Le quotidien libéral israélien Haaretz a publié un article fascinant sur les débats de la semaine dernière entre les hauts responsables du gouvernement- le premier ministre Benjamin Netanyahou, le ministre de la Défense Ehud Barak et le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman –au sujet de la trêve proposée par le président égyptien, Mohamed Morsi:
"Lors de la réunion de mardi, juste avant l’arrivée de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, il est apparu clairement à Israël que les principes du cessez-le feu proposé par l'Egypte étaient beaucoup plus proches des positions du Hamas que des siennes.

"L'hypothèse formulée par les responsables du renseignement lors de la réunion triumvirat était que, contrairement à la situation à l’époque de Moubarak, les Egyptiens s'alignant sur le Hamas et essayent de lui permettre d’obtenir des succès."

Cessez-le-feu

Barak voulait accepter le cessez le feu sur la base du fait que l'armée israélienne avait donné une leçon au Hamas. Lieberman plaidait pour une offensive terrestre et Netanyahou se situait entre les deux points de vue.

Les trois ministres israéliens avaient demandé à Clinton de «faire pression sur l'Egypte pour qu’elle présente un accord de cessez-plus équilibré». Au lieu de quoi, soutenue par des appels téléphoniques de Barack Obama, elle les a poussés à accepter les termes de l'Egypte.
Et ils les ont acceptés. Même l'extrémiste de droite Lieberman s'est soumis, expliquant à d’autres ministres, «La décision est simple. Rabin [le Premier ministre israélien assassiné pour avoir enclenché le «processus de paix»] avait dit que s’ils nous tirent dessus depuis le bande de Gaza, nous la réoccuperons, mais c’est à l’évidence difficile. " 

Les révolutions arabes sont derrière le rôle joué par Morsi pour obtenir un cessez-le-feu que le Hamas pourrait proclamer comme une victoire. La dernière guerre contre gaza a montré comment ces révolutions commencent à transformer la géopolitique régionale.
Netanyahu s’est servi de la supériorité militaire d'Israël pour reprendre l'initiative. Ses exigences pour une guerre contre l'Iran, techniquement très difficile à faire sans le soutien des Etats Unis - étaient son stratagème initial. Mais il s’est retrouvé bloqué à la fois pas sa propre hiérarchie militaire et par Obama

L'assassinat du chef militaire du Hamas, Ahmad al-Jaabri au moment où un nouveau cessez-le feu de Gaza était en discussion [avec précisément al-Jaabri, NdT] était le stratagème suivant de Netanyahou. 

Agenda

Netanyahu a soutenu Mitt Romney lors des dernières élections américaines. Le journaliste américano- palestinien Ramzy Baroud avance que le but de la guerre était de "pousser le thème de la sécurité d'Israël dans les priorités de l'agenda de la nouvelle administration"
Mais les yeux Etats Unis se sont tournés plus loin à l’est. Ce qui a été symbolisé par le fait qu’Obama s'est rendu en Birmanie, dans une démarche visant à l’éloigner de la Chine au moment de l'attaque israélienne contre Gaza. Une nouvelle guerre au Moyen Orient est donc la dernière chose que veulent les Etats Unis.

Et, à dans la région, M. Netanyahou a perdu des amis très puissants. La Turquie, qui avait fait signé un pacte militaire avec Israël, s'est retournée contre lui. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé la semaine dernière Israël comme un "Etat terroriste".

Mais Morsi et Erdogan ont un problème. Ils veulent nuire symboliquement et diplomatiquement à Israël, mais ils n'ont pas l'intention de reprendre la lutte armée contre Israël.
Morsi en particulier,est le président d’un peuple pour qui trouve insuffisantes les dénonciations rhétoriques et les manoeuvres en coulisses.

Ainsi qu’il l’a découvert le weekend dernier, la révolution arabe est une force dynamique qui ne peut pas être simplement exploitée à des fins d’intrigue de parti. Comme le disait Engels, elle fait trembler chaque régime, arabe comme israélien, même ceux qui prétendent être le produit de la révolution.

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mercredi, octobre 03, 2012

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Syrie: les choses bougent sur le plan diplomatique


On peut lire dans la presse, ici Le Nouvel Observateur, que
L'Egypte et la Turquie ont dénoncé dimanche le régime "cruel" de Bachar el-Assad en Syrie, à l'occasion de la visite à Ankara du nouveau président égyptien Mohammed Morsi, venu renforcer les liens entre les deux pays.
 Une dénonciation qui en elle-même n’apporte aucun élément nouveau, tant on sait que depuis le début les autorités turques ont encouragé la sédition armée en Syrie et que le nouveau président Egyptien a des affinités idéologiques avec une partie de l’opposition au régime de Damas, celle qui est organisée dans la branche syrienne des Frères Musulmans.
Il n’y a là donc aucune information à proprement parler.
Là où il y a de l’information, par contre, c’est quand on lit :
Assad doit partir mais pas par la force. Le président égyptien, Mohamed Morsi, a accordé une interview à la chaine américaine PBS, ce mardi 25 septembre, la veille de l’Assemblée générale des Nations unies à son siège, à New-York. Au cours de cet entretien, le premier président civil d’Egypte, élu en juin 2012, s’est dit opposé à l’intervention d’une force militaire étrangère en Syrie, préférant la diplomatie quartette -l’Egypte, l’Iran, l’Arabie Saoudite et la Turquie - pour pousser Bachar al-Assad vers la sortie.
Nous avons là un discours clair qui est assez mal relayé et obscurci par des déclarations tonitruantes mais creuses comme celles tenues à Ankara.

De fait, les deux gouvernements, égyptien et turc sont engagés dans une démarche de recherche de solution négociée aux côtés de l’Arabie Saoudite et de l’Iran.

Ce quartette est le fruit à la fois des efforts des autorités iraniennes et du sommet des Non Alignés qui a eu lieu récemment à Téhéran.
Et justement ce quartette vient de se réunir, mais réduit à un trio car l’Arabie Saoudite a boudé pour la troisième fois consécutive la réunion du quartette.

La presse a aussi boudé cette réunion puisqu’on a quand même un peu de mal à trouver des infos à ce sujet.

Dans la vie, comme dans la démarche de connaissance, l’important est de se poser les bonnes questions.

Et présentement, les bonnes questions consistent à se demander pourquoi l’Arabie Saoudite et la presse boudent ces rencontres qui oeuvrent pour une sortie de crise pacifique en Syrie.

D’autant que les choses semblent bouger en ce qui concerne la Syrie et pas seulement sur le terrain militaire.
On apprend ainsi que :
Une délégation de responsables sécuritaires Egyptiens de haut niveau est partie lundi pour la Syrie, ont annoncé des officiels de l’aéroport du Caire. La mission de la délégation n’est pas connue pour le moment.
Les officiels de l’aéroport ont indiqué que la délégation allait rester deux jours en Syrie. Tous les officiels se sont exprimés sous condition d’anonymat parce qu’ils ne sont pas autorisés à parler aux médias. 
Si Yasser Ali, le porte-parole de Mohamed Morsi a démenti cette information, un haut responsable militaire, sans démentir, a simplement dit ne pas être au courant.

On peut donc espérer une évolution positive en Syrie, que cette dernière implique ou pas le maintien, même provisoire, de l’actuel chef de l’Etat dans ses fonctions.

Cette évolution dépendra aussi bien sûr de l’attitude des puissances occidentales qui n’ont cessé depuis le début de mettre de l’huile sur le feu. Et l'attitude de l'Arabie Saoudite témoigne peut-être de la volonté persistante de l'Occident de plonger la Syrie complètement dans le chaos.





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dimanche, septembre 30, 2012

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Le président Egyptien Mohamed Morsi bande pour Julia Gillard

Julia Gillard est premier ministre d'Australie (et accessoirement une sioniste convaincue). Apparemment, le chef de l'Etat égyptien a une idée assez claire de ce que devraient être ses relations avec elle.



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vendredi, août 31, 2012

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Non Alignés à Téhéran, le sommet qui enrage l'Occident


Le sommet des pays Non Alignés vient de s’achever dans la capitale iranienne où il a réuni 120 Etats représentés par des délégations de haut niveau.
Pour prendre la mesure de l’irritation suscitée par cette réunion de Téhéran, il suffit de parcourir quelques titres de la presse hexagonale (dans d’autres pays occidentaux le ton est souvent identique).

Ainsi, Le Nouvel Observateur annonce :
L'Iran contesté sur le nucléaire et la Syrie à l'ouverture du sommet des Non-Alignés
Certes, mais contesté par Ban Ki-Moon qui croit toujours que l’ONU existe pour exécuter les desiderata des Etats unis et du régime sioniste.
toute honte bue, le Secrétaire général de l'ONU a déclaré:
"Nier des faits historiques comme l'Holocauste" et "affirmer qu'un autre Etat membre de l'ONU n'a pas le droit d'exister ou le décrire en des termes racistes est non seulement totalement mal mais menace également les principes mêmes" de l'ONU,
j'ignore ce que vient faire "l'holocauste" dans cette affaire, mais l'inepte Ban Ki-Moon devrait savoir que l'entité sioniste n'a été acceptée à siéger à l'ONU que sous conditions, des conditions qu'elle n'a jamais respectées.

A bon entendeur...

Et  la position exposée par le président Egyptien Mohamed Morsi, dont Le Nouvel Observateur n’omet pas de nous préciser qu’il est «islamiste» (il y a les islamistes que ce magazine aime et ceux qu’il n’aime pas) sur la Syrie, si elle n’est pas en phase avec la position officielle iranienne, n’est nullement une contestation de la position de l’Iran mais une affirmation de celle de l’Egypte.

Tout le monde n’est pas obligé de faire le godillot à Téhéran comme François Hollande le fait avec enthousiasme à l’égard des Etats Unis.

Le Nouvel Observateur est cependant obligé de préciser la suite,, qui revient peut-être à une contestation de la position des Etats Unis et de la France sur le dossier syrien :
Le président égyptien a toutefois fait un geste en direction de Téhéran en réaffirmant que l'Egypte était prête à travailler avec "toutes les parties" pour résoudre la crise syrienne, y compris l'Iran dont les Etats-Unis et l'opposition syrienne refusent toute présence à la table de négociations.
Bah oui…

20 minutes titre quant à lui :
Non-Alignés: dossier nucléaire et Syrie, trouble-fête du sommet
On fera les mêmes remarques que pour le papier précédent.


En effet, aucun intervenant représentant un des pays présents n’a joint sa voix à celle du Secrétaire Général de l’ONU sur le dossier du nucléaire.

Il faut le lire pour le croire, mais Ban Ki-Moon qui n'a fait que dénoncer les menaces d'attaques proférées par l'entité sioniste a par contre condamné
la rhétorique belliqueuse "inacceptable" de l'Iran qui a menacé de détruire l'Etat hébreu s'il était attaqué.
Vous avez bien lu: si vous annoncez votre intention de vous défendre contre une attaque, vous tenez des propos belliqueux et inacceptables.

On a l'impression que tout le monde a peur que le régime sioniste engage les hostilités contre l’Iran. Mais au lieu de  condamner  fermement ce régime et de prendre des mesures contre les dingos de Tel Aviv, on s’en prend à celui ou à ceux que ces derniers ont désignés comme étant l’ennemi à abattre.

Un régime qui fait marcher le monde sur la tête parce que cet Etat voyou contrôle les politiciens des Etats Unis.

Pour sa part, TV5 feint de poser innocemment la question :
Le Mouvement des non-alignés a-t-il un avenir ?
La réponse est bien entendu négative et c’est Didier Billion, Directeur des publications de l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) et rédacteur en chef de La Revue internationale et stratégique qui est chargé de la formuler.
Son exposé n'est pas dénué d'intérêt, mais il ne permet pas de répondre à la question de savoir pourquoi ces 120 pays ont accepté de se réunir à haut niveau pour quelque chose qui est inutile et sans aucun avenir.

Peut-être faudrait-il aussi poser la question à quelques unes des délégations qui ont fait le déplacement.

Parmi ces délégations venues à ce sommet inutile, nous avions la délégation indienne conduite par le premier ministre Manmohan Singh.

La presse indienne nous précise que si le premier ministre ne s’est pas exprimé sur le dossier nucléaire iranien (mais n’a pas non plus joint sa voix à celle de Ban Ki-Moon), il s’est par contre exprimé clairement contre une intervention militaire étrangère en Syrie :
 «En tant que plus grande démocratie au monde, l’Inde soutient les aspirations populaires à un ordre pluraliste et démocratique. Néanmoins, une telle transformation ne peut pas résulter d’une intervention extérieure qui exacerbe la souffrance des citoyens ordinaires. Le Mouvement des Non Alignés devrait exhorter toutes les parties à s’engager à nouveau à résoudre la crise pacifiquement par un processus politique inclusif accompli par les Syriens eux-mêmes. »
Non seulement le premier ministre Indien énonce une position très proche de celle que prônent l’Iran et l’Egypte elle-même en fait (la différence étant que l’Iran soutient le régime de Damas tandis que l’Egypte est favorable à l’opposition sans qu’on sache bien laquelle d’ailleurs), mais Manmohan Singh montre du doigt l’intervention étrangère en cours qui «exacerbe les souffrances.» En passant, le ministre rappelle que l'inde n'a pas de leçon à recevoir en matière de démocratie...

Je ne sais pas vous, mais moi j’ai quelque peine à concevoir un premier ministre indien et un chef de l’Etat Egyptien perdre leur temps dans une escapade à Téhéran pour quelque chose qui n’a pas d’avenir.

Et ce n’est pas pour rien que l’OTAN a interdit à la Turquie de participer à ce sommet où elle était invitée.

Que les Non Alignés ne soient pas forcément en mesure de faire échouer les projets mortifères de Laurent Fabius, Hillary Clinton et William Hague, c’est autre chose



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