lundi, novembre 23, 2009

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Il faut avoir du culot pour le faire: du profilage racial en Afrique du Sud!

Une affaire qui aurait pu être un simple conflit ordinaire du travail se solde par une affaire d’Etat qui avive la tension entre le régime sioniste et l’Afrique du Sud.
C’est que les agents qui travaillent pour la sécurité des vols de la compagnie aérienne El Al au départ de l’étranger ont pris la fâcheuse habitude de se comporter comme s’ils étaient chez eux, soumettant passagers et simples badauds à leurs méthodes de contrôle orthodoxes du point de vue sioniste mais rarement conforme aux législations de pays où ils exercent, parfois sous la protection d’un passeport diplomatique.
De nombreux pays l’acceptent, mais apparemment pas l’Afrique du Sud où le profilage selon certains critères rappelle certains fâcheux souvenirs.
Ce que ne nous dit pas l’article, c’est que les accusations de l’ex employé vont au-delà du profilage des passagers mais touche également à l’espionnage.

Un responsable de la sécurité d’El Al expulsé d’Afrique du Sud

Le ministère des affaires étrangères essaye de résoudre la crise diplomatique qui a suivi une émission télévisée qui a révélé la politique raciste de la compagnie aérienne israélienne
Par Itamar Eichner, Yediot Aharonot (Sionistan) 23 novembre 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les autorités sud-africaines ont expulsé il y a quelques jours un responsable de la sécurité qui travaille pour la compagnie aérienne israélienne El Al, qui est un employé de l’ambassade israélienne et dispose d’un passeport diplomatique.

 Les autorités ont lancé un ultimatum à Israël, disant que si un arrangement n’était pas trouvé à la fin du mois sur le travail des personnels de sécurité d’El Al, ils seraient tous expulsés d’Afrique du Sud.

Le quotidien Yediot Aharonot a appris que le ministère des affaires étrangères a immédiatement dépêché une équipe de diplomates pour négocier ce problème, avec pour objectif le maintien des agents de sécurité dans le pays au profit des vols Johannesbourg – Tel Aviv.
L’affaire a commencé il y a environ deux mois quand Jonathan Garb, qui avait travaillé comme agent de sécurité pour EL Al pendant 19 ans avant d’être licencié a, par vengeance, révélé les méthodes sécuritaires de la compagnie aérienne israélienne à une prestigieuse émission d’investigations de la télévision sud-africaine.
 «Nous classons les gens sur une base raciste, ethnique et même religieuse, » a-t-il affirmé. Garb a expliqué que pendant sa formation, il avait été envoyé en Israël pour un approfondissement et avait été recruté par les services de sécurité israéliens. « Nous nous entraînions avec des armes dans une base secrète où s’entraînent les forces spéciales israéliennes. Nous utilisions des fusils et des mitraillettes en combat rapproché.»

L’émission a également envoyé un enquêteur Musulman avec une caméra cachée au point de contrôle de sécurité d’El Al dans un aéroport du pays. En l’espace de quelques secondes, l’homme a été arrêté par un agent de sécurité d’El Al qui sera par la suite expulsé du pays. Le journaliste de l’émission a accusé El Al d’avoir une politique raciste, de tromper les autorités sud-africaines et de violer gravement la constitution.

 Ce mardi, les responsables d’El Al ont exprimé leurs espoirs que le ministère des affaires étrangères parviendra à résoudre la crise. Selon les sources, les vols d’Afrique du Sud en direction d’Israël ne courent pas d risque d’être annulés.

 Yossi Levy, un porte parole du ministère des affaires étrangères a déclaré, en réponse, que « le ministère ne pouvait pas s’exprimer sur des affaires touchant à la sécurité. »

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samedi, novembre 21, 2009

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Matchs de Foot Algérie - Egypte: hooliganisme, chauvinisme, politique et bizness

Les incidents autour des matchs de football Algérie-Egypte au Caire puis à Khartoum ont dégénéré en farce grotesque dont aucun des deux peuples ne sortira grandi.
Certes, on dira que ce sont les Egyptiens, surexcités par une propagande chauvine orchestrée par le régime de M. Moubarak, qui ont commencé avec le caillassage des joueurs de l’équipe d’Algérie puis les agressions contre des supporters des verts.
C'est vrain mais la réaction correcte aurait été, non pas de s’en prendre aux intérêts égyptiens en Algérie, voire à des ressortissants Egyptiens qui résident en Algérie mais d’exiger que justice soit faite: arrestation et traduction devant un tribunal des présumés responsables.
Au lieu de quoi nous avons eu droit des deux côtés à un débordement de chauvinisme abject; le même pour parler de l’Algérie que celui qui s’exprime trop souvent lors de matchs entre clubs de villes différentes.
On me dit, et c’est sans doute vrai, qu’un des problèmes que pose l’entreprise de téléphonie Djezzy, victime de déprédations en Algérie, est que sa maison mère égyptienne fait des affaires avec l’entité sioniste.
Je dirais alors qu’il faut d’abord s’en prendre au gouvernement algérien qui a accepté leur plan d’investissement; gouvernement qui d’ailleurs s’il respecte le boycott des produits de l’entité sioniste ne se gêne pas pour signer des contrats avec des entreprises européennes qui activent jusque dans les territoires occupés.
La vérité, et je pense que les choses apparaîtront clairement une fois tous les torrents de haine (provisoirement?) asséchés, c’est que la réussite du groupe égyptien Orascom en Algérie a fait des envieux chez les nantis de notre pays qui sont intéressés pour récupérer la poule aux œufs d’or que représente Djezzy.
La filiale ciment d’Orascom, cédée au groupe Lafarge, leur a échappé mais ils veilleront à ce que l’opérateur de téléphonie mobile ne leur échappe pas; où alors à le faire disparaître victime des trucs du pouvoir laissant toute la place aux autres opérateurs.
Djezzy ira entre les mains de potentats-bourgeois Algériens (au leu de bourgeois Egyptiens), ce qui fera une belle jambe aux petits paysans, aux chômeurs et aux smicards.

En attendant, je vous propose ce texte d’un correspondant Egyptien du blogueur Libanais Angry Arab, qui fait part de son écœurement devant ce qui se passe autour de cette phase qualificatoire pour la coupe du monde 2010.



Aly, un scientifique Egyptien m’a envoyé ce qui suit: «Avez-vous une idée de l’amlpleur du problème en ce moment? La presse égyptienne affirme que des Egyptiens ont été agressés au Soudan par des hooligans Algériens, tandis que deux jours plus tôt, des journaux algériens (notamment le journal algérien Shorouq) affirmaient que plusieurs Algériens avaient été tués au Caire, ce qui n’a pas été le cas.

Je ne peux pas parler au nom de nos camarades de folie Algériens (un petit aperçu ici cependant) mais je peux vous donner les dernièrs nouvelles sur l’Egypte.

Hier, Anas El Feggy (ministre de l’information) a menacé dans l’émission télévisée d’Amr Adib (la personnalité la plus provocatrice, belliciste, pro-féodale et réactionnaire des télévisions arabes), après que plusieurs Egyptiens aient appelé du Soudan et, affirmant être agressés, d’envoyer des troupes égyptiennes au Soudan (je ne blague pas) pour protéger les citoyens Egyptiens.
Mubarak a convoqué une réunion du conseil national de sécurité pour discuter  de représailles non officielles contre l’Algérie. Le plus surréaliste là-dedans est la réaction des Egyptiens rentrés au pays.
Ils sont royalement offensés, et veulent une action contre l’Algérie qui comprenne un retrait d’investissements (le capital égyptien est abondant comme nous le savons tous) et toutes sortes de choses ridicules. Mais le niveau de la haine contre d’autres Arabes est complètement dingue. Voyez par exemple que les Egyptiens ont réussi à redéfinir le nationalisme égyptien autour de la fiction de l’Egypte Oum ed Dounia (la mère du monde), les Palestiniens devenant des voleurs qui cherchent à voler le Sinaï, les Soudanais sentant mauvais et donc méritant d’être tués en masse et le fait découvert récemment que le Maghreb arabe n’est qu’une bande de barbares. Je me demandais si je pouvais avoir votre aude pour vendre mon passeport.

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vendredi, novembre 20, 2009

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Chats et matous pour la Palestine!

J'aime les chats et apparemment les chats aiment la Palestine et n'aiment pas le sionisme. Peut-être nos amis félins sont-ils des antisémites?
Après tout ne sont-ils pas moustachus comme Adolf Hitler, le colonel Nasser ou encore Saddam Hussein?




Dans une prison israélienne du Nakab (Negev), ce désert non loin de l'Egypte, un chat a été placé en confinement solitaire comme punition pour les services et l'aide qu'il a apportés à des prisonniers sanctionnés par un placement à l'isolement.  
Selon les fonctionnaires Israéliens, le chat aidait les prisonniers en transportant de petits objets (par ex. des lettres, du pain, etc.) d'une cellule à l'autre. 
Il s'avère que ce chat apportait ses services aux détenus depuis plusieurs mois avant d'être récemment repéré et l'administration pénitentiaire a donc décidé de placer le chat en confinement solitaire - comme elle le fait avec les prisonniers. 

Des dizaines de chats vivent dans les cellules et les locaux occupés par des prisonniers Palestiniens dans plusieurs prisons israélienneqs et, apparemment, les chats essayent de les aider.

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jeudi, novembre 19, 2009

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Résoudre les problèmes d'affichage de ce blog sur internet explorer 8

Pour résoudre ces problèmes: à l'extrême droite de la barre d'onglets d'internet explorer, clic sur "outils" puis clic sur "affichage de compatiblité" dans le menu déroulant.
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Canada: organisation d'un concours du parti le plus pro-sioniste

Une affaire fait grand bruit au Canada. Le parti Conservateur au pouvoir vient en effet de distibuer à des électeurs des prospectus de nature électorale aux frais du parlement.
Cette pratique est légale et ne doit pas toucher plus de 10 % du corps électoral d'une circonscription.
Les conservateurs disposant de plus de parlementaires, majorité oblige, ont donc une plus grande latitude que les autres formations politiques pour remplir les boîtes à lettres de leurs électeurs potentiels.
Ceci est un premier motif de mécontentement des élus de l'opposition qui demandent une réforme, et non une abolition, de ce dispositif.

Les conservateurs viennent tout juste d'utiliser cette procédure pour envoyer des prospectus à une fraction de l'électorat, en l'espèce l'électorat juif.

Ne me demandez pas comment ils savent que tel électeur est juif et l'autre non; probablement en utilisant les bonnes vieilles méthodes inspirées des lois de Nuremberg.

Mais ce n'est pas ça que dénoncent les opposants libéraux de M. Harper, le premier ministre.
Non, ce qu'ils reprochent à ces prospectus, c'est leur contenu:
Le document, qui fait l'éloge des actions entreprises par le gouvernement Harper pour défendre les intérêts de la communauté juive et d'Israël, dénonce certaines actions ou déclarations du Parti libéral à cet égard. On peut notamment y lire que le Parti libéral a «volontairement participé à la réunion antisémite de Durban I», qu'il a tenté de retirer le Hezbollah de la liste des organisations terroristes et que Michael Ignatieff a accusé Israël de crimes de guerre lors du conflit avec le Liban en 2006.


Notez que, sur le tract, la question porte sur qui est apte à représenter et à défendre lesvaleurs de la communauté juive du canada (et non les valeurs du Canada).


Pour les libéraux, il s'agit tout simplement d'une accusation d'antisémitisme qu'ils récusent en essayant de montrer qu'eux aussi sont des prosionistes patentés.
Non seulement ils rappellent que ce sont les Libéraux qui ont inscrit au Canada le hamas et le Hezbolla sur la liste des organisations terroristes et que,
Quant à la déclaration de Michael Ignatieff à l'émission Tout le monde en parle, selon laquelle le massacre de Cana était un crime de guerre, «il s'est par la suite excusé publiquement», a insisté M. Cotler. À noter que cette déclaration de M. Ignatieff en 2006 avait fait des vagues au sein de la communauté juive du Parti libéral, au point où la femme de M. Cotler avait déchiré sa carte de membre.
 Michael Ignatieff, c'est ce politicien, juriste spécialiste du droit de la guerre, dont l'humanité parvient parfois à ressurgir avant d'être réprimée par l'esprit tribal.

Voilà donc où en sont les politiciens Occidentaux: à rivaliser ouvertement  dans leurs proclamations d'amour envers un régime de voleurs et d'assassins.

Jusqu'à nier que le massacre commis à Qana au Liban fut purement et simplement un crime de guerre.

S'il existe un terrorisme en armes, il existe aussi un terrorisme de la pensée tel celui dont font preuve ces politiciens Canadiens.

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L'Union Européenne sanctionne enfin l'entité sioniste!

C'est une blague, bien entendu car si officiellement les pays de l'Union Européenne sont préoccupés, déplorent ou regrettent la poursuite de la colonisation des territoires palestiniens occupés par l'entité sioniste. Il parait même qu'ils la considèrent comme illégale.
Ils ont cependant trouvé un moyen efficace de sanctionner ces agissements de l'entité sioniste puisque, lit-on dans le Yediot Aharonot du 18 novembre.


A partir de 2010: pas de taxation des produits alimentaires israéliens vendus en Europe 



Bonne nouvelle pour l'industrie agro-alimentaire israélienne: dès le 1er janvier 2010, les produits alimentaires exportés vers l'Europe bénéficieront d'exemptions de taxes. Ces produits comprennent le chocolat, les pâtisseries, les gaufres, les salades fraîches, les pâtes, le café, les jus de fruits concentrés etc.

En conséquence, les prix des produits israéliens sur les marchés européens pourraient baisser, augmentant leur compétitivité.

Jusqu'à présent, les exportations de produits alimentaires transformés en Israël étaient exportés vers l'Europe sous la restriction de fortes taxes douanières, empêchant parfois l'exportation.





Cette exonération, nous informe le Yediot, entre dans le cadre d'un nouvel accord sur le commerce agricole entre l'entité sioniste et l'Union Européenne signé le week-end dernier à Bruxelles.



Maintenant, reste à souhaiter que M. Nicolas Sarkzy plaidera pour que l'Union Européenne adopte un train de sanctions identiques à l'encontre de l'Iran qui, comme on le sait, passe son temps ) enfreindre le droit international en respectant les traités qu'il a signés et en n'agressant pas ses voisins.

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mercredi, novembre 18, 2009

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Une lecture des incidents qui ont émaillé les rencontres de football entre l'Algérie et l'Egypte

L’équipe nationale d’Algérie de football vient d’arracher son ticket pour la coupe du monde 2010 par une victoire 1 à 0 contre son homologue égyptienne.
Comme beaucoup d’Algériens, je suis heureux, bien sûr de cette qualification et du comportement des joueurs sur le terrain qui, dans l’ensemble, a été régulier en dépit de l’enjeu et de tous les événements qui ont précédé le match, d’abord en Egypte puis en Algérie.

Ces événements, je persiste à les déplorer. Certes, de graves incidents avaient d’abord eu lieu en Egypte, au moment de l’arrivée de l’équipe d’Algérie au Caire.
Des pseudo supporters Egyptiens, endoctrinés par une presse honteuse, aux ordres d’un régime lui-même honteux, s’étaient livrés au caillassage des footballeurs Algériens, causant des blessures qui auraient pu être très graves.
L’après-match au Caire ne fut pas non plus très digne, c’est le moins qu’on puisse dire.
Ceci dit, je persiste à déplorer les réactions excessives qui ont eu lieu en Algérie à l’encontre d’intérêts égyptiens, sans parler de l’attaque contre une maison hébergeant une famille égyptienne qui n'a peut-être dû son salut qu'à l'intervention des forces de l’ordre.
Tout cela est indigne et n’augure rien de bon, ni pour l’Algérie, ni pour l’Egypte et je ne parle même pas des relations entre ces deux pays.
Ces événements nous interrogent et suscitent des commentaires tels ceux d’As’ad Abu Khalil, cet universitaire Libanais qui exerce aux USA et anime le blog Angry Arab que je vous recommande en passant.
Son article, paru dans la rubrique Opinion d’Al Jazeera, a l’intérêt de remettre ces événements footballistique dans une perspective historique qui est celle du nationalisme arabe, de son échec et des régimes plus ou moins chauvins qui dominent maintenant la politique dans les Etats arabes.
As’ad Abu Khalil situe à juste titre, à mon avis, le grand tournant vers le chauvinisme avec l’accession au pouvoir de Sadate en Egypte et la signature du traité de paix entre l’Egypte et l’entité sioniste.
Sadate fit la promotion d’une idéologie chauvine en complète rupture, sur ce plan comme sur les autres avec le panarabisme populaire du colonel Nasser. Comme le signale justement As’ad Abu Khalil, la notion d’une Egypte arabe n’a pas toujours été quelque chose qui allait de soi en Egypte et cette idée ne s’est imposée que relativement tardivement avant d’être patiemment mise sous le boisseau par Anouar Sadate puis Moubarak.
Ceci dit, j’observe toutefois que les phénomènes chauvins liés au sport, surtout au football en réalité ne sont pas propres aux Etats arabes pas plus que la surmédiatisation du sport. Chacun, dans le pays où il vit, peur constater les problèmes de comportement liés au football aussi bien dans les tribunes, que dans la rue ou sur la pelouse (je parle du comportement des joueurs).  Ces problèmes, parfois graves, peuvent même s’observer dans des compétitions d’un niveau insignifiant comme des championnats locaux.
Ces faits sont autant liés à des intérêts politiciens qu’à l’entrée presque complète du sport dans la sphère marchande. Le football est en réalité le plus globalisé des sports mais aussi le plus inséré dans l’univers marchand.
Dans la sphère marchande dans un contexte libéral, les principes sont profit et compétitions. L’important n’est pas que de participer et l’abrutissement par le spectacle du sport ou les concours de chanteurs de variété n’est en rien le monopole des pays arabes. Et il ne faut pas non plus oublier qu’une fois passées les émotions liées à telle ou telle compétition, chacun revient à ses difficultés quotidiennes. Et que la victoire en coupe du monde d’une équipe de France « Black Blanc Beur » n’a pas empêché la montée en France d’un racisme qui présente une composante islamophobe initié par les élites politiques et intellectuelles.

Sur la question du panarabisme opposé aux nationalismes étroits, il faut remarquer que l’unité arabe est autant un fait qu’on a souvent l’occasion de vérifier qu’une utopie à construire. Certes la langue est commune dans sa forme littéraire, certes il y a de nombreuses convergences dans les coutumes, la religion, l’imaginaire et une histoire en partie commune.
Mais tout cela ne suffit pas à créer une nation ou un Etat supranational.
L’objectif unitaire est certes louable, mais pour être réalisé, il faut outre une volonté, une convergence des systèmes politiques et économiques.
On le voit bien dans le processus de construction européenne qui n’a pu se faire que sous ces deux conditions que des mécanismes institutionnels veillent à maintenir en l’état, que les peuples le veuillent ou non.
Les régimes en place dans les pays arabes n’y sont pas disposés tout simplement parce que leur pouvoir, qu’ils ne veulent effectivement pas partager et qu’ils tiennent rarement d’élections dignes de ce nom, leur permet d’accaparer les ressources des pays qu’ils dirigent.
Si on prend l’exemple du Maghreb qui à priori réunit des conditions importantes pour réaliser l’unité (un arabe littéraire mais aussi dialectal communs, un fond anthropologique commun, des complémentarités économiques actuelles ou potentielles), nous voyons bien que l’unité n’est pas pour demain et que l’Union du Maghreb Arabe est surtout une coquille vide.
Une première étape pourrait consister en l’accroissement de l’interdépendance économique de ces pays ou d’autres plus éloignés du Maghreb. Ceci bute encore sur l’écueil politique opposé par des élites rentières qui dépendent de quelques produits destinés à la consommation étrangère.
On voit donc bien que l’unité arabe, qui n’était pas pour hier, n’est pas tout à fait non plus pour demain alors que l’heure est à la constitution de grands ensembles géopolitiques.

Pour conclure et revenir au football, je remarquerai qu’un des joueurs de l’équipe nationale égyptienne s’appelle Zidan(e) comme un certain Zineddine et que le Lusitano-Algérien Mourad Meghni avait sur le stade une allure qui me rappelait furieusement Tariq Ramadan en moins mat.

Politique de la rivalité sportive
par As'ad Abu Khalil
Al Jazeera (Qatar) 18 novembre 2009 traduit de l'anglais par Djazaïri

Le hooliganisme et la violence qui ont marqué les matchs de football entre l’Egypte et l’Algérie qui cherchent toutes deux à se qualifier pour la Coupe du Monde 2010 sont un fait nouveau dans les cultures sportive et politique arabes.

La véhémence, le fanatisme et les récriminations qui se sont ouvertement exprimés dans les médiats et dans les rues en Algérie, en Egypte et au Soudan [le pays hôte où se jouera le match décisif] révèlent tous la même tendance. C’est l’aboutissement logique du nationalisme étriqué qui prévaut dans la politique arabe depuis la mort de Gamal Abdel Nasser, l’ancien président Egyptien.

Il existe deux formes de nationalisme dans le monde arabe. Le premier est le nationalisme arabe au sens large (souvent appelé panarabisme en Occident) qui vise à unir les Arabes dans un seul Etat.

C’était la vision de Nasser; il avait mobilisé les Egyptiens et les Arabes derrière les slogans de l’unité et de la fraternité arabes. Son projet, cependant, représentait une menace pour tous les régimes arabes; même le parti nationaliste arabe Baas s’inquiétait des plans de Nasser parce qu’ils signifiaient leur perte du pouvoir en Syrie et en Irak.

Ce parti était plus intéressé par la préservation de son pouvoir dans des régimes confinés à la Syrie et à l’Irak que par servir les objectifs de sa propre idéologie.

La rhétorique nationaliste


La rhétorique nationaliste arabe touchait une corde sensible: Nasser devint le seul et indiscuté leader du peuple arabe, prêchant par-dessus la tête de la plupart des dirigeants Arabes. Mais son projet n’était pas le seul à exister dans la région: l’Arabie Séoudite et ses alliés proposaient une alternative dans laquelle les Arabes vivaient installés dans les limites de leurs propres petits (ou grands) Etats.

On parle de ce modèle comme de celui d’un nationalisme étroit (nationalisme qutri en arabe). Il était, bien sûr, plus séduisant pour les régimes parce qu’il signifiait la préservation des frontières à l’intérieurs desquelles ils gouvernaient.

La mort de Nasser avait créé une occasion en or pour les partisans du nationalisme qutri. La parti Baas, qui n’était pas sérieux sur l’unité arabe, se scinda en branches syrienne et irakienne, et la querelle qui s’ensuivit entre les deux factions devins une des plus âpres et des plus violentes de l’histoire politique arabe contemporaine.

Anouar Sadate, le successeur de Nasser, voulait écarter l’Egypte de toute préoccupation arabe et souhaitait parvenir à un accord de paix avec Israël. C’était un accord qui permettrait d’aligner son pays avec les Etats Unis et dégagerait l’Egypte des responsabilités arabes dans le conflit avec Israël.
Il revint à une forme de nationalisme étroit et chauvin basé sur l’identité pharaonique. Ce genre d’idées existait en Egypte avant la révolution de 1952 et il leur insuffla une nouvelle vie lors de son arrivée au pouvoir.
Elles cadraient avec ses plans de paix avec Israël; l’idée de la supériorité égyptienne vis-à-vis des tous les Arabes lui étaient assez utiles pour expliquer l’isolement enduré par l’Egypte après son voyage en Israël.

Pour rompre franchement avec le passé, Sadate attaqua la Libye sans sommation et ce sont les pressions des Etats Unis qui lui firent cesser son agression avant qu’elle ne dégénère en guerre régionale.

Retour à l’antiquité


Mais il serait injuste d’imputer au seul Sadate ce nationalisme étriqué – tous les gouvernements arabes lui ont emboîté le pas en se référant à la période antique pour instiller un sentiment de supériorité chez leurs populations.

Au Liban, la parti phalangiste avait été complètement vaincu pendant la guerre civile, mais ses idées nationalistes ont essaimé dans diverses sectes libanaises. Dans le même temps, le nationaliste arabe Saddam Hussein invoquait des images, des symboles et des événements de l’histoire ancienne et préislamique de l’Irak.

L’explosion toute récente des télévisions arabes par satellite n’a pas servi à unifier les Arabes mais à les enfoncer encore plus dans leurs retranchements. Les points de différence ont été renforcées tandis que les points communs entre Arabes ont été rejetés avec constance, tout particulièrement dans les médiats arabes contrôlés par les Séoudiens (la majeure partie des médiats arabes est contrôlée directement ou indirectement par la famille royale séoudienne et ses affiliés dans le monde des affaires).

Les spectacles sportifs et la pléthore de concours musicaux ont été conçus pour mettre en relief les différences entre Arabes et inciter les spectateurs à se rallier derrière le drapeau de leurs pays. Les médiats séoudiens mènent toujours une bataille contre Nasse; l’humiliation subie par la famille royale séoudienne suite à sa politique n’a jamais été oubliée ni pardonnée.

Un document  qui avait divulgué à la presse états-unienne montrait que le Pentagone prévoyait de lancer une version irakienne du célèbre programme télévisé American Idol en vue de contribuer à instiller un sentiment de nationalisme irakien. Il est clair que ces rivalités sportives et artistiques ne sont pas aussi spontanées qu’on veut bien le croire.

Au contraire, elles résultent de décennies de mobilisation et d’agitation encouragée par les Etats derrière le drapeau de chaque pays arabe. Qu’elle se soit traduite elle-même en violence est à vrai dire une indication que le nationalisme qutri a fonctionné, jusqu’à un certain point.

Le culte du sport dans les médiats arabes est un autre facteur dans ce phénomène. Les sports sont une distraction inoffensive pour le peuple; les régimes aiment mieux que leurs peuplent regardent des spectacles sportifs plutôt que les scènes quotidiennes d’oppression et de carnage en Palestine, par exemple.

Une moindre attention à la politique

Cette culture des « arts » et du sport a été créée pour réduire la vigilance politique de l’opinion. Les médiats arabes consacrent énormément de temps et de ressources à la couverture du sport, singulièrement aux performances des équipes nationales.

Ce chauvinisme étroit qui associe la fierté nationale à la victoire des équipes nationales est devenu un élément de base des politiques de ces régimes.

La bataille sur Facebook entre amateurs de football Algériens et Egyptiens révèle à quel point la jeunesse arabe est réceptive au paradigme nationaliste. La performance des équipes a un effet d’image sur la réputation des régimes eux-mêmes.

Cela participe à expliquer pourquoi des princes de haut rang dirigent des équipes de football dans certains pays arabes. Saddam [Hussein] avait installé son propre fils à la tête du Comité Olympique Irakien. Et Jibril Rajub, un des anciens responsables de la sécurité de Yasser Arafat, dirige actuellement le comité palestinien du football.

Tout ce qui touche au sport est politique dans le monde arabe, ce qui rend le sport dangereux et potentiellement violent.

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