mardi, mai 29, 2012

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Sang, larmes et propagande en Syrie

La récente tuerie de Houla en Syrie a légitimement suscité une très forte émotion dans le monde compte tenu du nombre et de la nature des victimes: des civils dont de nombreux enfants.
Comme l'indique le journal L'Humanité, "Houla pourrait changer la donne diplomatique".
De fait la France par exemple, vient de décider l'expulsion de l'ambassadrice de Syrie à Paris, et l'Australie a pris une décision semblable.

Il est pourtant de plus en plus clair que cette tuerie n'est pas l'oeuvre du gouvernement syrien mais très probablement des tueurs qui se sont engagés dans une lutte sans merci contre les autorités, appelant même des forces étrangères à venir bombarder leur pays.

Le massacre intervient à un moment des plus opportuns, à la veille d'une visite de Kofi Annan, envoyé spécial pour la Syrie de l'ONU et de la Ligue Arabe et au lendemain de l'investiture de François Hollande à la tête de l'Etat français.Si ce dernier hésitait à rejoindre le camp atlantiste et a imposé ses vues sur l'Afghanistan, ce n'aura été que pour sauter à pieds joints dans le piège syrien.
Pour emporter la conviction, la BBC a par exemple cru utile de présenter une photo de victimes d'un massacre perpétré en Irak occupé par les Etats Unis. Que je sache, le gouvernement français n'en a pas pour autant expulsé l'ambassadeur US à Paris. La BBC aurait publié cette photo par ...méprise, bernée par "l'opposition "syrienne.
On nous a dit dans un premier temps que les victimes de Houla avaient été tuées par des tirs d'armes lourdes, ce qui impliquait quasi obligatoirement les troupes syriennes qui sont les seules à en disposer.
On apprend pourtant que, loin d'avoir été victimes de tirs indiscriminés d'artillerie ou de blindés, la plupart des civils de Houla ont été assassinées de sang froid dans leurs maisons.

La vérité complète se fera peut-être jour, mais comme en Libye ou ailleurs, ce n'est pas la vérité qui guidera l'action des Etats Unis et de laurs amis de l'OTAN.

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lundi, mai 28, 2012

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Le justice turque engage les poursuites contre le commandement militaire sioniste


C'est peut-être à cause du lundi de Pentecôte mais la dépêche AFP ci-dessous n'a pu semble-t-il se frayer un chemin que dans la presse suisse de ce jour.

La presse française en est restée à la préparation de l'acte d'inculpation. des terroristes sionistes qui avaient commandé l'assaut contre le Mavi Marmara, le vaisseau "amiral" de la flottille humanitaire qui faisait route vers Gaza fin 2010. Neuf militants humanitaires dont huit Turcs et un Américano-Turc avaient été assassinés par les commandos sionistes.
Maintenant, c'est fait, un tribunal d'Istanbul va engager une procédure sur requête du procureur contre des officiers supérieurs de l'entité sioniste.
On notera que pour l'AFP, la procédure est symbolique parce que le criminel (le régime sioniste) refuse que ses hommes de main soient jugés à l'étranger. Franchement, la justice turque le sait fort bien et elle sait aussi bien que les sionistes qu'il existe des procédures par contumace et des mandats d'arrêt internationaux. Parce que le tribunal d'Istanbul n'est pas une instance symbolique comme le tribunal Russell par exemple, mais une instance judiciaire d'un Etat.
De même, l'AFP n'évoque que le rapport Palmer dont l'objectif était d'offrir une issue au régime sioniste. Or, tout un chacun a pu lire le rapport du juge Goldstone qui a valu à ce dernier bien des ennuis avec ses coreligionnaires.


ISTANBUL - Un tribunal stambouliote a accepté lundi de juger quatre ex-dirigeants de l'armée israélienne accusés d'implication dans la mort de neuf Turcs tués en 2010 par des commandos israéliens lors de l'assaut de leur navire d'aide humanitaire, a rapporté l'agence de presse Anatolie.
La cour a accepté un acte d'accusation présenté la semaine dernière par un procureur qui réclame la prison à vie pour l'ex-chef d'état-major de l'armée israélienne, Gabi Ashkenazi, les ex-chefs de la marine et de l'aviation, Eliezer Alfred Marom et Avishai Levi, et l'ex-chef des services secrets Amos Yadlin, selon Anatolie.
Cette décision implique l'ouverture d'un procès, dont la date de la première audience doit être fixée par le tribunal dans les prochaines semaines. Selon toute vraisemblance, ce procès restera symbolique, Israël excluant que ses militaires soient jugés, a fortiori de les extrader.
Le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Danny Ayalon, a qualifié de très grave la procédure de la justice turque. 
Nous allons faire en sorte que nos concitoyens soient protégés du mieux possible d'un point de vue légal, a déclaré M. Ayalon à la télévision, en espérant qu'une pression diplomatique étrangère forcera la Turquie à revenir sur son action.
La décision d'Ankara pourrait avoir des implications lourdes de conséquences pour l'OTAN et les forces américaines en Afghanistan, l'Irak et ailleurs, a-t-il déploré.
Les poursuites concernent l'assaut donné le 31 mai 2010 dans les eaux internationales par des commandos israéliens contre le Mavi Marmara, navire amiral d'une flottille d'aide humanitaire qui tentait de rallier Gaza, sous blocus israélien.
L'acte d'accusation s'appuie sur les témoignages de près de 600 personnes, dont 490 passagers de la flottille, qui comptait six bateaux, et des proches des victimes.
Selon ce document de 144 pages, les soldats israéliens ont fait un usage largement disproportionné de la force contre les militants pro-Palestiniens.
On ne peut parler de défense légitime en utilisant des armes perfectionnées et en mitraillant des gens qui brandissaient des fourchettes, des cuillères ou des hampes de drapeau, souligne-t-il.
En septembre dernier, le rapport Palmer de l'ONU avait jugé excessive et déraisonnable cette intervention militaire, mais avait considéré comme étant légal le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza.
Cette affaire avait provoqué une grave crise diplomatique entre la Turquie et Israël, autrefois alliés. Ankara a abaissé sa représentation diplomatique dans l'Etat hébreu, suspendu la coopération militaire et expulsé l'ambassadeur d'Israël.

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dimanche, mai 27, 2012

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C'est où Jendouba?


Le changement politique en Tunisie, s’il a eu le mérite insigne de délier les langues et d’instituer un véritable multipartisme, a cependant pour revers des difficultés économiques liées à la méfiance des investisseurs étrangers et surtout, à un net recul de l’activité touristique.
Or, le tourisme de masse est, comme chacun le sait, un des piliers de l’économie tunisienne, pourvoyeur de nombreux emplois qualifiés ou non qui se concentrent essentiellement sur la façade maritime.

On se souviendra que ce littoral touristique a en fin de compte peu contribué aux troubles qui se sont soldés par l’éviction de  Zine el-Abidine Ben Ali .

Au risque de choquer certains lecteurs, je dirais qu’un tel tourisme de masse dans un pays où le revenu moyen reste bien inférieur à celui des pays dont sont originaires la grande majorité des touristes ne peut se passer d’un régime autoritaire et policier pour discipliner les locaux. Ce tourisme a notamment besoin de la paix civile dans ses aspects même les moins politiques.
C’est l’idée qu’on peut retenir de cet article de Lotfi Larguet qui considère comme probable la fin de la reprise touristique en raison des troubles politiques et sociaux qui affectent encore (de plus en plus ?) le pays et débouchent sur des mises en garde adressées par les gouvernements occidentaux à leurs ressortissants.

Lotfi Larguet, chez qui on relève une pointe de nostalgie pour le régime précédent conclut ainsi son papier :
Déjà, le rassemblement de Kairouan avait dissuadé des milliers de touristes de venir. Si on ajoute les incidents et les actes de violence de Jendouba, du Kef et ailleurs, il faudrait s’attendre à une saison touristique catastrophique qui ne peut mener le pays qu’à la ruine.
Le laxisme du gouvernement et l’absence de réaction des partis politiques notamment ceux qui gouvernent actuellement et qui n’ont pris jusque-là aucune position claire sur cette question sont autant de signes inquiétants pour l’avenir immédiat et futur de notre pays.
On ne peut pas dire que la presse hexagonale accorde beaucoup de place à cette agitation. Il est vrai que le secteur touristique français possède des intérêts importants.en Tunisie. Pourtant si l’activité touristique existe, notamment sur le littoral du gouvernorat de Jendouba, on ne se trouve pas là devant du tourisme de masse..

Le Nouvel Observateur est un des rares organes de presse français à vous parler de ce qui se passe à Jendouba, même s’il s’intéresse exclusivement à l’action de quelque 500 «salafistes» qui ont « terrorisé » la population, incendiant notamment un poste de police.

Poste de police incendié à Jendouba
Vous ne trouverez rien par contre sur cet appel  à une grève générale dans la région de Jendouba lancé par l’instance régionale de l’UGTT, la centrale syndicale tunisienne.
Le fait de voir les salafistes occuper le terrain là où un syndicat prévoit une action de masse ne doit selon moi rien au hasard.

Au fait, le gouvernorat de Jendouba se trouve au nord-est du pays et est limitrophe de l’Algérie. Son chef lieu est la ville du même nom, mais l’agglomération la plus connue est le port de Tabarka.
  

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lundi, mai 21, 2012

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Selon le rabbin, mis à part les "Justes", les huit milliards d'habitants qui peuplent la terre sont des assassins et des voleurs


Pour clarifier la lecture :
- les Nations, ce sont les non Juifs,
- les Justes, ce sont les Juifs, à l’exception insignifiante des « Justes parmi les nations », c’est-à-dire les non Juifs qui ont sauvé des Juifs pendant la seconde guerre mondiale.
- la Torah, c’est l’Ancien Testament et, surtout, le Talmud 

Le rabbin Shteinman, chef de la branche lituanienne de du judaïsme ultra-orthodoxe soutient que le monde a été créé pour les justes, affirme que les nations sont dépourvues de principes.
Yediot Ahronoth (Sionistan) 21 mai 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

S’exprimant à Beit Shemesh avant les fêtes de Shavuot, le rabbin Aharon Yehuda Leib Shteinman, un des chefs de la branche lituanienne du judaïsme ultra-orthodoxe a discuté de l’importance de la Torah et déclaré que le monde a été créé pour les Justes qui apprennent et suivent ses enseignements.

Il a cependant fait quelques déclarations prêtant plus à controverse. Le discours du rabbin qui a été publié dans son intégralité pat le journal ultra-orthodoxe Yated Ne'eman, comprenait des propos sur les non Juifs.

«Il y a huit milliards d’habitants dans le monde. Et que sont-ils ? Des assassins, des voleurs, des gens sans cervelle… Mais qui est l’essence même de ce monde ? Dieu a-t-il créé le monde pour ces assassins ? Pour ces méchants ?»

Christophe Bigot, ambassadeur de France à Tel Aviv attentif aux préceptes du rabbin Shteinman (juin 2011). Photo ambassade de France

Le rabbin, qui a succédé au rabbin Yosef Shalom Elyashiv à la direction spirituelle de la branche lituanienne du judaïsme, a réitéré ses affirmations [celles de son prédécesseur] et a poursuivi en disant : « Les non Juifs n’ont aucun lien avec la Torah. Les nations n’ont rien, n’ont pas la foi et pas de bons principes.»

Le propos du rabbin Shteinman portait surtout sur l’importance de la Torah et son influence sur la vie quotidienne et sur l’éducation de la génération montante. Le rabbin a souligné que « ceux qui n’étudient pas la Torah n’accomplissent pas les mitzvot (prescriptions divines). S’il n’étudie pas la Torah, il va à la dévastation, sa dévastation et la dévastation du monde.»

.«C’est ce à quoi nous devons aspirer, voir tous les enfants, toutes nos générations s’assurer que les enfants mâles [sons] étudient la Torah… tout un chacun qui veut être empli de joie par ses enfants doit s’assurer qu’ils étudient la Torah.

«Sans la Torah, ils seront illettrés et ils ne vous apporteront aucune joie. Même s’il a de l’argent, est-ce que c’est un but (dans la vie) ? Pouvez-vous emporter l’argent dans la tombe avec vous ? C’est impossible. Qu’avez-vous dans la tombe (l’au-delà) ? La Torah.»

Le président de Hiddush (pour la liberté religieuse et l’égalité), le rabbin Uri Regev, a dit en réponse aux propos di rabbin Shteinman : «C’est incroyable et scandaleux d’entendre ces déclarations pleines de haine contre presque toute la race humaine.

 «Le rabbin Shteinman montre une fois de plus que sa fable sur sa modération était au mieux  dépourvue de fondement et au pire un acte de tromperie.»

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Manuel Valls à Marseille aujourd'hui, les raisons du choix d'une date

Manuel Valls, ministre de l'intérieur du tout nouveau gouvernement socialiste, vient de faire son premier déplacement en province en se rendant à Marseille.

M. Valls a justifié ainsi cette attention portée à la cité phocéenne:
"C'est une ville qui est chère à mon coeur, qui doit bénéficier du soutien et de l'attention de l'Etat", a-t-il dit à la presse à son arrivée en gare Saint-Charles.
Bon, ça c'est pour le choix de la ville.

Quant au choix de la date il s'explique ainsi:
A 19H30, il est attendu au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) de Marseille-Provence
Il allait quand même pas attendre l'année prochaine pour se rendre à Marseille!

C'est ce qu'on appelle un vigoureux signe de refus du communautarisme.

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La menace existentielle contre l'Etat juif [et démocratique, ça va de soi]...


... n'est plus l'Iran!

La presse française disponible sur le net n’en parle pas ou pratiquement pas. Ou alors les moteurs de recherche ont fait en sorte que cette information bénéficie d'une redondance minimale.

Il existe pourtant un Etat (la seule démocratie du Proche Orient) ou le racisme institutionnel à l’égard des Palestiniens s’exprime aujourd’hui à l’égard d’autres non Juifs, à savoir des migrants venus d’Afrique, le plus souvent du Soudan.

Et ce racisme n’est pas exprimé par un ouvrier aigri ou un politicien d’opposition voué à rester dans la marge mais par le ministre de l’intérieur, Elie Yishai, et le premier ministre Benjamin Netanyahou.
Et souvenez-vous que c’est pour ces gens et ceux qui votent pour eux que l’Europe est sommée d’appliquer un embargo sur l’Iran, que l’Allemagne consent des prix d’amis sur des sous-marins capables d’emporter des  missiles nucléaires etc.

Notez qu’on semble bien apprécier les nombres en 6 dans cet Etat. En effet, après les 6 millions de tués de la seconde guerre mondiale, nous avons maintenant les 60 000 migrants présents en ce moment dans le pays et les 600 000 qui se profilent à l’horizon (en multipliant encore par dix, on arrivera effectivement à 6 millions). 
 «Si nous ne stoppons pas leur arrivée, le problème qui se situe à 60 000 pourrait grossir jusqu’à 600 000, et cela menace notre existence en tant qu’Etat juif et démocratique, » a déclaré Benjamin Netanyahou au conseil des ministres de dimanche. « Ce phénomène est très grave et menace la structure de notre société, notre sécurité nationale et notre identité nationale. » Israël compte 7,8 millions d’habitants.
A une suggestion du chef de la police de permettre aux migrants de s’employer régulièrement pour ne pas avoir à verser dans la délinquance, le ministre de l’intérieur Eli Yishai a objecté 
“Pourquoi devrions-nous leur donner des emplois ? J’ean ai assez de ces bonnes âmes, y compris chez les politiques. Des emplois les installeront définitivement ici, ils feront des bébés et cette proposition  [d’accès à l’emploi] aura pour seul résultat de faire venir ici des centaines de milliers d’autres [immigrés] ".

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dimanche, mai 20, 2012

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Mehdi Mohammadi explique le bluff perdant d'Obama


Depuis la révolution islamique, l’Iran é toujours été un pays déroutant pour les observateurs,  réussissant à déjouer les calculs les plus subtils de ses adversaires. Après avoir spéculé sans fin sur les divisions internes du régime, puis avoir tenté de fomenter sans succès une révolution dite «verte», les ennemis de la république islamique lui infligent un embargo économique et la menacent d’une guerre.

Devant ces agissements et menaces, il semble que le gouvernement iranien garde la tête froide (plus que votre serviteur en tout cas) et analyse la situation comme étant en fait plus délicate pour ses adversaires que pour lui-même.
C’est en tout cas ce qu’on peut comprendre du propos de Mehdi Mohammadi qui, fait intéressant, est avant tout un spécialiste de la politique interne de son pays et non de sa diplomatie. M. Mohammadi collabore avec le journal iranien Kayhan, de tendance «conservatrice.»

Selon M. Mohammadi, les Etats Unis ne veulent pas d’une guerre et il est hors de question que le régime sioniste se lance seul dans une telle opération.

L’analyse de M. Mohammadi est que la menace de guerre est avant tout un moyen de pression sur… l’Union Européenne afin qu’elle décide et applique des sanctions économiques contre l’Iran.

De fait l’Iran ne croit pas à la menace militaire américaine et a, de toute façon, procédé à quelques démonstrations de force pour faire comprendre à Barack Obama et à son équipe que le prix d’une guerre, même victorieuse pour les USA, pourrait être exorbitant.
D’où des signaux d’apaisement très clairs adressés par le gouvernement des Etats Unis à l’Iran même si publiquement des menaces continuent d’être agitées pour satisfaire le lobby sioniste. N’oublions pas que M. Obama brigue un deuxième mandat…

Selon M. Mohammadi, Européens et Américains, après toutes ces vaines menaces, se retrouvent dans une position de faiblesse devant l’Iran. Pas seulement parce que, du point de vue iranien, le risque d’agression militaire est écarté mais parce que les pays occidentaux sont désireux d’enrayer une hausse de coût de l’énergie qui plombe un peu plus  l’économie mondiale alors que, comme l’observe judicieusement l’auteur, le boycott du pétrole iranien par l’Union Européenne n’est pas encore effectif.

Patrick Seale dit, d’une manière différente, des choses assez semblables.



par Mehdi Mohammadi,  analyste politique et collaborateur de Kayhan
The Race for Iran (USA) 19 mai 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Une méthode utile pour comprendre vraiment ce qui s'est passé dans les pourparlers d’Istanbul [an avril] dernier est d'analyser ces entretiens à travers le prisme de «ce qui n'a pas eu lieu."

Dans les six mois qui ont précédé ces négociations et avec le souvenir des discussions d’Istanbul I encore dans les esprits des Occidentaux, la principale préoccupation des P5+1 portait sur la manière de forcer l’Iran à renoncer à sa persévérer et à ajuster ses calculs stratégiques.

Le problème immédiat pour les Etats Unis et Israël était avant tout d’empêcher le programme iranien d’enrichissement de l’uranium de franchir une nouvelle étape de sa progression. En conséquence, une vague d’opérations de « semi-hard power » sous la forme de cyber attaques, de l’assassinat de scientifiques nucléaires, de restrictions sur l’importation par l’Iran de certains composants et, élément le plus important, la fermeture  ce que les Américains appellent la « source de financement » du programme nucléaire a été entreprise.

Cependant, si nous nous servons du critère de l’expansion des installations et de la quantité de matériaux nucléaires produits par l’Iran comme mesure de l’accélération ou du ralentissement du programme nucléaire iranien, ces actions [occidentales] n’ont atteint aucun de leurs objectifs. Des scientifiques ont été assassinés, mais ces crimes n’ont fait que convaincre d’autres scientifiques qu’ils doivent travailler plus dur et venger leurs martyrs. Les cyber attaques ont visé des installations nucléaires mais leur seul résultat a été que non seulement les spécialistes Iraniens ont développé des compétences dans la technologie de défense des systèmes, mais ils sont rapidement devenus capables de lancer des cyber attaques généralisées en territoire ennemi. Les sanctions ont incité les producteurs Iraniens à chercher de nouvelles méthodes, ce qui a permis dans un court laps de temps à atteindre l’autosuffisance dans certains domaines qui dépendaient des importations avant l’imposition des sanctions. Les ressources financières pour le programme nucléaire iranien ne se sont pas taries, du fait que l’augmentation des revenus pétroliers causée par l’effet psychologique des sanctions – et gardons à l’esprit que les sanctions pétrolières n’ont pour l’instant été appliquées ni par l’Europe, ni par l’Amérique et qu’elles ne sont encore que virtuelles – a été bien plus forte que la réduction minime subie par les exportations pétrolières iraniennes.

Il s’ensuit que l’Iran n’était pas suppose aller aux négociations d’Istanbul 2 avec son programme nucléaire au bord de la faillite. L’Iran est en fait entré dans les négociations avec l’usine de Fordo sur le point d’entrer en activité et après avoir produit plus de 100 kilos d’uranium enrichi à 20 %et quelques centaines de kilos de réserves d’uranium enrichi à 5 %.  Ce combustible produit localement a été chargé dans le réacteur de Téhéran et testé aves succès, tandis que le choix de nouveaux sites nucléaires a été arrêté et que des programmes de développement de la production nucléaire ont été annoncés.

Les opérations de “semi-soft power” de l’occident n’ont ni stoppé, ni ralenti les avancées nucléaires iraniennes. Elles ont eu au contraire pour conséquences l’approfondissement, l’accélération et la sanctuarisation du programme, ce qui constitue le premier pilier sur lequel s’est basé la stratégie de négociation de l’Iran à Istanbul.

Deuxièmement, avant les discussions d’Istanbul, tous les efforts de l’Occident visaient à convaincre l’Iran que si les négociations n’avançaient pas dans le sens souhaité par certains membres du p+1, l’option militaire était fermement mise sur la table. Sur la base d’une division du travail entre les Etats Unis et Israël, Israël était censé menacer l’Iran de l’attaquer militairement s’il ne renonçait pas à son programme nucléaire et l’Amérique était supposée soutenir ces menaces. La théorie israélienne était que si l’Amérique n’approuvait pas ces menaces, l’Iran ne les considérerait pas comme crédibles et ne les prendrait pas au sérieux. Mais est-ce que quelqu’un a vraiment eu l’intention d’attaquer l’Iran ? Il a été en fait révélé qu’un tel plan n’a à aucun moment été envisagé.

Les objectifs de la menace militaire américaine et israélienne étaient de deux ordres.

Premièrement, le consensus des experts Israéliens et Américains était que l’Iran ne stopperait son programme nucléaire que s’il sentait que la pression à ce sujet  évoluait vers une menace pour l’existence de la république islamique. Le résultat de ce calcul israélien était que pour que l’Iran stoppe son programme nucléaire, l’Iran doit percevoir la menace pour sa propre existence, ce qui n’est pas possible sauf si l’Iran sent que l’occident a la volonté d’aller aussi loin qu’attaquer l’Iran militairement pour empêcher sa nucléarisation. La raison affichée par Barack Obama au cours de son discours à la dernière conférence de l’AIPAC [le lobby sioniste], que la politique de son gouvernement à l’égard de l’Iran n’était pas une politique de confinement [containment] ou de prévention mais visait plutôt à stopper le programme nucléaire iranien, cherchait précisément à adresser à l’Iran le message que pour l’Amérique, le risque inhérent à une confrontation militaire était moindre que celui d’un Iran nucléarisé. En somme, Israël voulait que l’Amérique annonce explicitement que toutes les options, militaire notamment, étaient sur la table et de rendre très clair pour l’Iran le critère du recours à ces options.

Deuxièmement, les Israéliens pensent que le monde n’accepterait pas un allègement des sanctions contre l’Iran sauf si ce pays sentait que la résistance à ces sanctions pourrait déboucher sur le déclenchement d’une nouvelle guerre dans la région. La menace d’agression est par essence un moyen de forcer des pays comme les membres de l’Union Européenne à renforcer les sanctions, et de ce fait, l’analyse tout à fait correcte de certains spécialistes Occidentaux de stratégie est que l’option la plus extrême dont disposent l’Amérique et Israël est celle des sanctions. Leur évaluation est qu’une attaque n’est fondamentalement pas une des options possibles et n’est purement et simplement qu’un instrument qui sert à rendre plus efficace l’option des sanctions, un instrument dont ils imaginent qu’il renforce les effets des sanctions et force également divers pays à prendre plus au sérieux l’application des sanctions.

Fort bien, alors qu’est-il advenu de ce grand projet de guerre psychologique et les occidentaux ont-ils été capable de tirer quelque chose de cette machinerie qu’ils ont construite pour les discussions d’Istanbul ? Le destin de ce projet de création d’une menace  crédible regorge vraiment de leçons. Au début, les Américains avaient accepté l’argument selon lequel si l’Iran percevait la présence d’une menace militaire crédible – de la part des Etats Unis, pas d’Israël – il aurait une raison pour céder. Les dirigeants Américains ont donc commencé à menacer l’Iran en affirmant que leur potentiel militaire était suffisant pour traiter les installations nucléaires iraniennes, que leurs plans d’attaque étaient pratiquement ficelés et qu’aucune option n’avait été exclue. Cependant, de manière étonnante, les effets de cette rhétorique n’ont pas du tout été ceux qu’envisageait l’Amérique ni ceux qu’Israël avait prévus.

En tout premier lieu, l’Iran a rapidement réagi et a conduit des opérations militaires spéciales qui ont démontré que non seulement le pays pouvait se défendre devant toute attaque mais que, si nécessaire, il pouvait réaliser des opérations préventives avant le passage à l’action de l’ennemi et dans une phase au cours de laquelle des menaces sont encore proférées. Les Américains ont ainsi pu voir que leurs activités dont l’intention était de maintenir la tension avec l’Iran à un niveau contrôlé pouvaient leur échapper des mains et qu’à tout moment, existait la possibilité  qu’un Iran sûr de lui puisse entraîner les Etats Unis dans un conflit meurtrier, quoique non souhaité. La raison pour laquelle Barack Obama, dans une lettre adressée à l’Iran l’hiver dernier, a annoncé ouvertement que l’option militaire n’était, en ce qui concerne son pays, pas sur la table, était que les Américains avaient constaté que l’Iran n’avait pas peur mais se préparait au contraire à la guerre.

Ensuite, les menaces répétées contre l’Iran ont poussé fortement les prix du pétrole à la hausse (et par conséquent les revenus de l’Iran), aggravant la stagnation d’une économie mondiale à demi-morte et, avec l’augmentation sans précédent des prix de l’essence, ont été la cause de graves problèmes politiques intérieurs en Amérique et en Europe. En fait, les Américains ont senti que cette rhétorique ridicule produit l’effet opposé, elle n’a pas vraiment nui à l’Iran mais pourrait au contraire à tout moment provoquer leur propre chute et c’est pour cette raison que Barack Obama a visiblement déclaré en mars dernier que quiconque parle d’attaquer l’Iran est un imbécile dépourvu de sens qui ment au peuple américain sur le coût potentiel d’une telle action.

Le résultat délectable est le suivant: alors que le projet de création d’une « menace militaire crédible » avait été conçu pour paralyser l’Iran de peur, il a de manière inattendue et en un bref laps de temps, révélé le secret que le principal opposant à cette option est le gouvernement des Etats Unis lui-même, c’est-à-dire ce même gouvernement qui était supposé rendre les menaces crédibles en faisant son show ! Non seulement la menace militaire était dénué de crédit, mais elle a été retirée de la table non par les Iraniens mais par les Américains avec une clarté sans précédent, et la délégation américaine est venue à Istanbul sachant que les menaces d’attaque contre l’Iran étaient perçues par ce pays comme rien d’autre qu’une mauvaise plaisanterie et c’est pour cette raison que ni les Américains, ni les autres membres du P5+1n’ont à aucun moment formulé ce qui aurait pu ressembler à de telles menaces [pendant les négociations].

Je n’ai discuté pour l’instant que de deux des facteurs qui étaient censés intervenir à Istanbul sans que ce fut le cas. Il y a au moins trois autres facteurs qui peuvent être discutés mais nous n’aurons pas l’occasion de le faire à ce stade. Quand ces trois facteurs sont débattus correctement et que les arguments pour comprendre pourquoi ces trois facteurs que les Américains voulaient aborder ne l’ont pas étés, auront été examinés, on pourra alors comprendre clairement pourquoi les P5+1 ont participé aux discussions d’Istanbul 2 en position de faiblesse.


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