jeudi, janvier 03, 2008

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Après les chemins de Katmandou, la route du Karma casher

J'ai trouvé cet article par le biais du site de Xymphora, un blogueur Canadien que je recommande à tous ceux qui lisent l'anglais. Je vous propose d'ailleurs cet extrait du commentaire qu'il fait au sujet de cet article :
Les bandes criminelles obligent souvent une nouvelle recrue à tuer quelqu'un, devenant par là "un des leurs," ce qui en fait en même temps un hors la loi qui a dès lors besoin de la protection de la bande. Israël fait la même chose en faisant servir pratiquement tout le monde dans l'armée, impliquant ainsi le pays entier dans l'immoralité violente du sionisme.
Des conscrits karma casher d’une diaspora New Age cherchent refuge à Goa
Par A. Craig Copetas Bloomberg, 20 décembre 2007 traduit de l’anglais par Djazaïri
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Dec. 20 (Bloomberg) - Gupta, le marchand de svastikas arrive au coucher du soleil, allume une lampe à pétrole et étale ses bibelots dorés sur une plage indienne où des centaines de jeunes Israéliens dansent dans un nuage de fumée de haschich.
Drapés de guirlandes de fleurs de jasmin, ces Israéliens qui vibrent viennent de terminer leur service militaire et cherchent un refuge bon marché pour se détendre après leurs deux ou trois années de service militaire obligatoire dans l’Etat juif. Les conscrits ont trouvé leur sanctuaire dans les milliers de cabanes en osier délabrées du bord de mer et dans des dizaines de ghettos isolés le long des pistes précaires qui mènent aux villages pauvres dans la jungle qui s’étend le long des 78 miles de côte dans les monts de Goa.
Selon des officiels Israéliens et Indiens, entre 40 000 et 60 000 jeunes Israéliens se sont soit définitivement installés soit établis à long terme en Inde. Ils se sont créés une vie nouvelle auprès de 900 millions d’Hindous et des 150 millions de Musulmans de ce pays où ils sont source de tensions en raison d’usage massif de drogues à finalité festive.
« Nos âmes ont besoin d’une rupture permanente avec Israël, » explique le vétéran de l’armée Tomy Basel, 24 ans, tout en empochant un des talismans à 10 cents de Gupta, l’antique croix gammée que les Hindous vénèrent comme porte bonheur.
« Nous sommes tous des fuyards, » poursuit Basel avant d’aspirer une grosse bouffée [de haschich] et d’exhaler son monde à part dans la plage sordide d’Anjuna. « Il n’y a rien pour nous en Israël. »
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La route du karma casher
Ce qui avait débuté en 1994 comme la grande évasion d’après le service militaire vers l’Inde s’est transformé en diaspora New Age de jeunes hommes et femmes aigris cherchant à fuir selon eux le conflit armé de leur pays avec les Palestiniens et la vacuité spirituelle du judaïsme.
Beaucoup de ceux qui font la fête sur le sable de la plage d’Anjuna et ailleurs tout au long de ce qu’on appelle la Route du Karma casher disent n’avoir aucune intention de rentre en Israël malgré les efforts de quatre rabbins locaux et une campagne publique et privée financée par Nochi Dankner, le magnat israélien de la banque et des télécommunications, un adepte fervent du Dalaï Lama et patron d’IDB Holding Corp.
Pour Shlomo Breznitz, un des directeurs de cette campagne et fondateur du groupe parlementaire d’amitié indo-israélien en Israël, cet exode est inquiétant et potentiellement tragique. « Karma casher est un phénomène bien plus étendu que les Israéliens veulent l’admettre, » explique Breznitz, 71 ans, retraité du parlement israélien et ancien doyen et président de l’université d’Haïfa.
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Commerce avec l’Inde
« L’Inde est sur le point de devenir un des plus importants partenaires commerciaux d’Israël, » ajoute Breznitz. Et nous avons 40 000 jeunes là bas qui n’ont aucune idée de s’ils rentreront et quand. Leur attitude a déjà donné des arguments à des éléments très anti israéliens à l’intérieur du gouvernement indien et entraîné suffisamment de mobilisation chez des gens en Israël et en Inde pour nuire à nos accords commerciaux bilatéraux. »
Entre 1992 et 2006, les échanges entre l’Inde et Israël sont passés de 200 millions de dollars à 2,7 milliards et devraient dépasser les 3 milliards par an.
« Ce ne sont pas 40 000 Israéliens un peu trop enthousiastes qui vont gêner des échanges bilatéraux qui portent sur plus de 3 milliards de dollars, » déclare Kamal Nath, ministre Indien de l’industrie et du commerce. « Et les perspectives d’accroissement de ces échanges sont énormes. »
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Laisser tomber l’armée
« L’enjeu est trop important, » explique Breznitz. « L’Inde a la deuxième plus importante population musulmane du monde. Ces jeunes sont un élément symbolique très important alors la question n’est pas de savoir si quelque chose va arriver mais quand ça va arriver. Je lis les rapports sur la sécurité. »
Leana Peled-Rosen n’en a cure. Elle a ôté ses galons de sergent de ses manches en 2000, abandonné une carrière prometteuse d’instructeur de self défense et de spécialiste de l’anti terrorisme pour devenir danseuse de ballet et vivre à la manière hindoue en Israël.
Elle est à Tel Aviv et économise pour un voyage probable en Inde et est au courant du développement des relations économiques entre Israël et l’Inde dans les domaines des télécommunications, des médicaments, de la construction, de l’immobilier et du matériel militaire.
« Le commerce ne fera qu’accélérer encore le processus d’intégration de la culture indienne à la société israélienne, » affirme Peled-Rosen au restaurant indien Sub Kuchmilga (Tout est possible). L’écriteau sur la porte mentionne « Entrée interdite aux éléphants. » Il y a une bouteille de bourbon sur le bar et dans le jukebox, Bob Dylan chante « Changing of the guards. »
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« Aucune notion »
« Le gouvernement n’a aucune notion des raisons pour lesquelles nous allons en inde, » s’esclaffe Peled-Rosen en montrant un groupe de soldats Israéliens rassemblés dans un coin. « Les politiciens vous diront que nous vivons dans une bulle, mais cette bulle n’éclatera pas. Nos vies spirituelles sont au-delà des politiques et de la religion d’Israël. »
Peled-Rosen désigne d’un geste une image de Ganesh, un des Dieux Hindous qui orne le restaurant. « Ceux qui ont été obligés de rentrer de Goa parce qu’ils étaient à court d’argent critiquent avec force le statu quo politique et religieux, » explique Peled-Rosen. « Nous ne cèderons pas. »
A deux heures au sud de Tel Aviv, en bordure de la frontière aride du désert du Néguev, Rachamin Efraim, un horticulteur à la retraite, sert une boisson douce à la ferme Moshav Nevatim et sourit à la pensée que de jeunes Israéliens sillonnent la terre de ses aïeux.
« L’Inde est paisible, un bon endroit pour des jeunes gens qui ont grandi dans un pays où tout le monde devient fou, » déclare ce juif de 71 ans originaire de Cochin, un des quelques 70 000 juifs Indiens que Breznitz a aidé à rapatrier dans les années 50, plus de 2000 ans après l’arrivée de la première tribu venue de Jérusalem dans le sud-est de l’Inde.
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« Un paradis sur terre »
Parmi les compagnons d’ Efraim dans le voyage de retour en Israël en 1954, se trouvait Esther Atraham alors âgée de 18 ans. Agée aujourd’hui de 71 ans, elle vit dans la maison de retraite du Moshav. Pour Atraham, il est stupide d’en vouloir aux jeunes Juifs qui se sont installés à Goa.
« L’Inde du sud est un paradis sur terre, » explique Atraham en remontant la manche de son sari. « Je comprends pourquoi les gosses partent. Ils ont passé un moment difficile dans l’armée. Ils veulent être heureux. »
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Comment au juste un groupe disparate d’anciens soldats israéliens s’est-il débrouillé ces 13 dernières années pour édifier un bastion en inde sans contrôle gouvernemental reste un mystère. Le motif de leur départ d’Israël est tout sauf un secret pour ceux qui se préparent à se rendre au sud depuis le restaurant 26 Rupee situé sur le toit d’un entrepôt de Tel Aviv.
« La guerre avec les palestiniens est interminable, » déclare Smadar Waisman, un analyste de la sécurité militaire israélienne qui a abandonné les casernes pour rejoindre un ashram en Israël.
« Le service militaire transforme de braves jeunes Israéliens en personnes corrompues et insensibles, » poursuit Waisman. « «Nous sommes forcés de suivre les ordres et de faire et voir des choses horribles auxquelles aucune jeune personne ne devrait être mêlée. Si vous voulez que votre âme survive à la dépression et à l’anxiété d’Israël, vous partez pour Goa.
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De Jérusalem à Goa
La longue marche depuis le mur des lamentations à Jérusalem au bar de Curlie dans les rochers qui surplombent la plage d’Anjuna aurait probablement découragé Moïse. Des israéliens épuisés disent qu’il faut franchir l’obstacle du visa indien, des permis de résidence et faire des détours par des consulats « amis » à Pékin et à Chiang Mai en Thaïlande. Certains s’envolent pour le Sri Lanka et sautent dans un bateau pour la brève traversée du détroit de Pamban en se mêlant aux habitants qui sont généralement dispensés des contrôles douaniers indiens.
« C’est facile d’y arriver, » déclare Anjuna Christian, un Français âgé de 66 ans qui s’est rebaptisé du nom de la plage où il a vécu depuis son installation ici en 1977. « Les israéliens sont la prochaine vague générationnelle de Goa. Ils viennent, que ça plaise ou pas. »
Ceux qui sont parvenus à obtenir un visa en bonne et due forme au consulat indien à Tel Aviv paient 629$ pour un voyage qui commence par un trajet dans un vieil autobus jusqu’à Amman pour continuer par un vol Gulf Air pour Bahreïn puis Mumbai. De là bas, il reste un trajet étouffant de 9 heures à faire dans un train bondé pour Panaji, la capitale de l’Etat de Goa.
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« Un endroit vide »
Le prix de la délivrance est au initialement assuré par l’armée israélienne. Les combattants vétérans quittent l’armée avec une prime maximale de 2100$. Les personnels de la logistique partent avec 1900$. Les autres empochent 1452$.
Sur la plage, la vie est facile à part les puces.
Une pièce avec un lit de planches et une moustiquaire rose coûte 5$ la nuit ou 11$ pur trois personnes. Dormir sous un arbre à cachou parfumé est gratuit. Des gargotes avec des noms comme l’ Outback Indian Israeli Restaurant sont tenues par des Hindous qui parlent hébreu et proposent des menus végétariens pour quelques cents.
« Beaucoup d’entre nous n’ont jamais servi dans l’armée ou l’ont quittée il y a plus de dix ans, » explique Asaf Rottenberg, un serveur âgé de 30 ans qui a quitté son emploi au restaurant LaLa Land de Tel Aviv. « Les gens de mon âge viennent ici parce qu’Israël est un endroit vide. »
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Consommation de drogue
Historiquement, les étrangers cherchant à assouvir leurs appétits spirituels commencent à STARCO, un hôtel restaurant d’Anjuna qui est considéré depuis 30 ans comme le quartier général des hippies. L’enseigne sur le toit indique « Boissons, nourriture & abri, » présenté dans cet ordre par Maggie la Suédoise qui a quitté Stockholm pour Anjuna il y a 24 ans pour ne jamais repartir.
« On doit respecter les gens du pays où on va, » déclare Maggie pendant qu’un jeune Indien lui masse les pieds dans le jardin. » Les Israéliens ne le font pas. Ils sont vraiment mauvais, causent des désordres et commencent à prendre trop d’importance dans le trafic de drogue. »
« Je ne suis pas inquiet de la consommation de drogue, » affirme Nath, le ministre Indien de l’industrie. « La présence de Musulmans en Inde n’est pas non plus un motif d’inquiétude. L’Inde n’est pas seulement la plus grande démocratie du monde, c’est aussi la démocratie du monde la plus vivante. »
Pour Breznitz, un psychologue qui a travaillé à une époque avec l’Institut national de la Santé américain, lerma casher est plus qu’une excentricité nationale entretenant un parallèle saisissant avec les hippies Américains et Européens qui ont précédé les Israéliens à Goa dans les années 60 et au début des années 70.
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Brooklyn Connection
« Il y a danger, » affirme Breznitz. « Des hordes de jeunes Israéliens se déplacent à travers l’Inde et trop parmi eux évitent le contact et considèrent de haut les habitants. »
On peut entendre un écho des appréhensions de Breznitz au cours des conversations sous le porche d’une villa en pierres délabrée d’Anjuna. C’est depuis cette vieille demeure portugaise que le rabbin Meir Alfasi, 22 ans, émissaire de Chabad-Lubavitch, la puissante organisation hassidique de Brooklyn, passe des journées enthousiastes à s’occuper de deux chèvres er trois poules et à tourner en scooter dans les environs de Goa pour essayer de ramener des Juifs au judaïsme.
A la façon dont Alfasi voit les choses, les 40 000 Juifs en vadrouille à travers l’Inde sont prisonniers d’une nouvelle Captivité Babylonienne.
« L’inde est le dernier des derniers des endroits sur terre, un lieu impur au milieu de l’idolâtrie, » déclare Alfasi. « Beaucoup d’idoles et des Juifs qui veulent s’assimiler à la culture locale. Notre mission est de l’empêcher. »
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« Grosse attraction »
Le poste avancé de Chabad, qui comprend une cuisine casher et une piève à vocation de synagogue qui renferme la seule torah de Goa, a ouvert ses portes en 2000. Une dizaine de juifs pour le service de samedi est considérée comme une grosse affluence. Le gâteau au chocolat est délicieux.
« C’est une grosse attraction, » sourit Alfasi.
Selon Alfasi, les Israéliens restent généralement en Inde entre cinq et dix ans et le gouvernement indien essaye discrètement de l’aider à réduire cette durée en restreignant le nombre de visas qu’il délivre aux Israéliens ainsi que la durée de leur période de séjour légal dans le pays.
Ce sera difficile pour eux de nous trouver ici, Meir, » affirme Yomtov Yoni, 23 ans, technicien en climatisation et pompier de l’aviation israélienne qu’Alfasi tente de ramener au bercail.
« L’Inde est vaste, » ajoute Yoni en enfourchant une motocyclette. « Israël est de la taille d’Anjuna Beach. Nous sommes libres ici, Meir. » « Vous voyez que la situation n’est pas très bonne, » poursuit Alfasi tout en plaçant des guirlandes de fleurs autour d’une menora haute d’un peu plus de trois mètres avant de préparer le repas du sabbat de vendredi à la belle étoile.

Goa Gil
Dansant tout seul au sommet d’une colline derrière le village voisin d’Arambol, 4022 kilomètres au sud du Mont Sinaï, un jeune homme Israélien arborant une crinière de cheveux frisés, cite les écritures selon Goa Gil, un roadie du groupe musical de San Francisco, the Sons of Champlain, qui a atterri ici en 1969 et s’est transformé en gourou.
« La révolution psychédélique n’a jamais vraiment cessé, » proclame le gospel selon Goa Gil. « Elle n’a eu qu’à faire la moitié du tour du monde jusqu’à la fin d’une route poussiéreuse au bout d’une plage déserte, et là elle a pu évoluer et se transformer en dehors des pressions gouvernementales. »
Dès l’aube ce samedi, les vaches sacrées, les taxis Toyota et les éléphants sacrés encombrent le chemin crasseux et boueux à travers les taudis d’Arambol, les cabanes du marché et d’authentiques salons de massage indiens. Les effluves de bière, de safran et du haschich matinal enveloppent le chaos humain dans cette chaude matinée.
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Guérisseur Indien
Près du bas de la route de la plage, quelques ruelles après un salon israélien de tatouage, se trouve l’impeccable tente blanche qui sert de cabinet à Ashok Kumar, un ayurvedic, ou guérisseur Indien, de la cinquième génération.
Le chapiteau au dessus de la tête enturbannée de Kumar garantit la guérison d’une longue liste d’afflictions de la « lèpre » à la « typhoïde. » Des potions remédient aux « dysfonctionnements sexuels » et des épices soignent la « démence. » La file de patients est longue.
« Je vois deux ou trois Israéliens par semaine, » déclare Kumar qui a 28 ans. « Ils ont tous le même problème : la démence. Leurs systèmes nerveux sont usés et leurs cerveaux ont besoin d’être rééquilibrés. »
Le tarif pour la santé va de 16 à 35$ en fonction de la sévérité des troubles.
De retour dans la fraîcheur de son domicile de Haïfa, Breznitz compare le traitement à une émancipation.
« Ils se sentent autorisés à sortir Israël de leurs têtes, » explique Breznitz. « J’espère que ceux qui rentreront le feront avec le désir de changer Israël mais beaucoup de gens n’aiment pas les idées nouvelles et ont peur de ce que ces jeunes représentent pour l’avenir. »

posted by Djazaïri at 10:08 PM

2 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Vous allez voir,ils vont foutre la merde et creer le racisme entre les gens comme eux seuls savaient le faire "les israéliens"

4 janvier 2008 à 12:13  
Anonymous Anonyme said...

Eh bien, les indiens, y sont mal barrés !!! S'ils foutent le même bordel qu'au Moyen-Orient, ils sont pas sortis de l'auberge !!!

4 janvier 2008 à 23:18  

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