vendredi, avril 13, 2007

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Loin des mythes, la réalité de la lutte des Palestiniens contre le sionisme

Une autre face du terrorisme au Moyen-Orient
par Gary Fields, 6 avril 2007, San-Diego Union Tribune (USA), traduit de l'anglais par Djazaïri
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L'art du langage politique, ainsi que l'avait observé George Orwell, est de rendre des mensonges véridiques et de refuser la parole à ceux qui n'ont pas de pouvoir. Peu de praticiens de cet art sont aussi habiles que le gouvernement d'Israël.
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En tant qu'occupant militaire des territoires palestiniens ces quarante dernières années, Israël a fait en sorte de se présenter comme la victime assiégée par le terrorisme dans son conflit avec le peuple Palestinien. En même temps, le gouvernement israélien grâce à son influence en Amérique a discrédité et même réduit au silence ces voix qui, de l'intérieur des territoires occupés, racontent une histoire bien différente sur le terrorisme et ses victimes. La vérité, cependant, parvient parfois à prévaloir malgré les efforts de ceux qui ont le pouvoir de l'empêcher de se faire entendre.
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En août dernier, dans ces mêmes pages, je pouvais vous parler d'une histoire comme celle d'un fermier Palestinien, Mohammed Abdel Aziz Sabatin. Ce qui était arrivé à Sabatin, confronté à un harcèlement quotidien de la part des colons Israéliens de Beitar Illit, avais-je insisté, nous ramenait à l'essence du conflit entre Israël et les Palestiniens. Contrairement à la mythologie populaire, ce conflit n'est pas un choc des civilisations. C'est un conflit pour la terre – et le pouvoir d'un groupe de gens de s'emparer et de contrôler la terre d'un autre. Sabatin personnifie ce conflit, et en même temps sa situation permet une approche très différente des significations du terrorisme et de ceux qui l'alimentent.
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Sabatin possède un terrain qui jouxte la colonie juive de Bettar Illit, une cité construite sur des sols confisqués en 1989 à la famille Sabatin et à de nombreuses autres familles Palestiniennes du village de Husan. En tout, environ 625 hectares ont été pris de forces à des fermiers de Husan pour construire la colonie.
Après la construction, il n'est resté à Sabatin qu'une petite partie de son ancienne propriété dans laquelle il a depuis, essayé de cultiver des oliviers, des figuiers et des amandiers. Toutefois, pour accéder à son terrain, Sabatin doit désormais obtenir un permis des autorités militaires israéliennes qui administrent les territoires occupés de Palestine, et il doit traverser le portail de sécurité de Beitar Illit alors même que sa famille possède cette terre depuis 200 ans. En possédant de le terre à l'ombre de la colonie, Sabatin se retrouve en fâcheuse posture.
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L'an dernier, Sabatin m'a emmené visiter son terrain et m'a relaté comment les colons de Beitar Illit avaient jour après jour brûlé et vandalisé ce qui lui restait d'oliviers et d'arbres fruitiers. Comme nous marchions dans ses champs, je pouvais voir les branches d'oliviers et de figuiers découpées de leurs troncs et éparpillées par terre. Je pouvais aussi voir plusieurs tas de cendres qui couvaient encore, des oliviers brûlés le matin même. « Que puis-je faire » m'avait demandé Sabatin à plusieurs reprises. Je n'ai jamais su quoi dire.
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Les colons de Beitar Illit veulent en réalité que Sabatin fuie sa terre. Ils tentent de le forcer à « choisir » s'il vaut la peine de rester. Avec suffisamment de pression, peut-être qu'il cédera et abandonnera son terrain.
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Il s'avère que maintenant la colonie a donné un ultimatum à Sabatin. Deux semaines auparavant, des colons avaient encore mis le feu à certains de ses oliviers mais, cette fois, le feu s'était étendu de façon incontrôlée. Les pompiers de la colonie ont dû éteindre l'incendie. Ce qu'ils ont fait ensuite mérite bien le qualificatif d'orwellien.
L'administration de Beitar Illit a informé Sabatin qu'elle lui facturerait 7000 shekels israéliens (1600$) pour l'extinction de tous les incendies qui se sont produits sur son terrain. C'est une somme bien au dessus de ses moyens. Ils lui ont donné jusqu'à ce jour pour remettre l'argent et l'ont informé qu'à défaut de paiement la colonie confisquerait se qui reste de ses terres. Sabatin a désespérément essayé de trouver un moyen de conserver sa terre alors que l'ultimatum arrivait à expiration. Cependant, même s'il paye ce qu'on lui demande, qu'est-ce qui empêchera une telle pratique d'extorsion de se reproduire?
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Cette fois pourtant, après avoir été maltraité depuis des années par ces colons, Sabatin s'est juré de résister. Avec l'aide de nombreuses personnes de la région de San Diego et d'ailleurs, Sabatin a obtenu les services d'un avocat Israélien bien connu pour sa défense des droits de l'Homme et se prépare à contester l'ordre de confiscation. La date d'aujourd'hui pourrait bien marquer un tournant dans son histoire personnelle.
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A la vérité, Sabatin personnifie une campagne bien plus importante qui a démarré depuis 1947-48 alors que les palestiniens possédaient environ 90 % du sol de la Palestine historique. Actuellement les Palestiniens possèdent environ 12 % de la terre de leur patrie historique et cette proportion continue à diminuer car les politiques foncières, dont les actions de colonisation, continuent à empiéter sur leurs terres et propriétés tout en transférant les palestiniens dans des territoires encore plus petits. Ariel Sharon, l'ancien premier ministre israélien et architecte de la politique de colonisation, décrivait cette démarche comme une politique d'appropriation des terres palestiniennes « dounoum par dounoum » (1 dounoum = 1000 m2).

Ces politiques soulèvent des questions sur les vrais fourriers du terrorisme et ses victimes. L'occupation de la Palestine par Israël a privé les palestiniens de tous leurs droits sur la terre et a sapé leur capacité à subvenir à leurs besoins là où ils ont vécu pendant des siècles. Les Palestiniens ne connaissent aucune sécurité dès lors que leur terre et leurs moyens de subsistance peuvent être saisis à tout moment. Tant que l'occupant ne reconnaîtra pas ces droits, la tragédie de Mohammed Sabatin continuera – et le conflit ne cessera pas.

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Fields, auteur de “Territories of Profit: Communications, Capitalist Development and Innovation at G.F. Swift and Dell Computer” -Territoires de profit : Communications, Développement capitaliste et innovation chez G.F. Swift et Dell Computer -(Stanford University Press, Janvier 2004) rédige actuellement un livre sur « Le Mur » dans les territoires palestiniens occupés. Il enseigne au Département des science de la Communication à l'université de Californie, San Diego.

posted by Djazaïri at 10:13 PM

3 Comments:

Anonymous Anonyme said...

C'est ignoble au delà te toute expression,les occupants sionistes n'ont plus le droit d'ètre considérés comme des ètres humains à mon avis. Gilad ATZMON dénonce bien ces infamies comme un bon nombre d'intellectuels juifs, mais on peut se demander ce que valent les autres !

14 avril 2007 à 00:55  
Blogger Djazaïri said...

Ce sont pourtant des êtres humains et c'est à ce titre qu'ils sont responsables de leurs actes et qu'ils devront en répondre un jour oul'autre.

14 avril 2007 à 01:01  
Anonymous fatima said...

BRAVO mounadil , je suis contente de trouver un Algerien interesse par la cause Palestinienne . Desolee mon francais est un peu rouille car je ne le pratique plus depuis longtemps , j ecris la plupart du temps en Anglais . )

Je n ai pas eu l occasion de trouver des algeriens interesses par ce qui se passe dans les territoires Palestinians. un vraie tragedie negligee par nos Presidents et rois malheureusement .

A bientot

17 avril 2007 à 00:04  

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