mercredi, janvier 10, 2007

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Des soldats US terrorisés, ce n'est finalement drôle pour personne

Des soldats terrorisés, cet élément du titre de l'article de Dahr Jamail et Ali al-Fadhily que je vous propose peut ressembler à une provocation mais il se rapporte en fait à quelque chose de tout à fait sérieux, car la guerre n'est pas un jeu, et encore moins un jeu vidéo. La guerre, pour ceux qui ne veulent pas le savoir c'est la boue, la poussière, la destruction et surtout la souffrance et le sang. Le sang et la souffrance des autres, de leurs enfants,de leurs mamans... et puis ceux de mes camarades, les miens.
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La peur de la mort est quelque chose d'irrépressible chez la plupart d'entre nous et elle n'épargne pas les soldats. Et la mort de l'autre n'est jamais que l'occasion de me rappeler la possibilité de ma mort prochaine. Bref, la guerre est rarement une partie de plaisir et les souffrances psychologies endurées par les combattants nous sont rarement transmises dans les images d'Epinal. Les guerres dites modernes ont au contraire renforcé la représentation de guerres ou seul l'ennemi est tué grâce à ces moyens technologiques qui ont envoyé les bons vieux flippers des cafés au musée. Certes il y a des dommages collatéraux mais les prochaines avancées technologiques les réduiront encore dans les années à venir (et un dommage collatéral ne souffre pas).
Reste que les guerres modernes ont été les plus meurtrières de tous les temps reléguant les conflits armés du Moyen-Age dans la catégorie des échanges courtois. Ce n'est pas un hasard si la guerre de 14-18 notamment a été l'occasion d'un développement important de la psychiatrie et de la psychothérapie en raison de la fréquence de ce qu'on appelait alors les névroses de guerre que la psychiatrie moderne range dans la classe des stress post traumatiques.
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Les soldats US, une fois descendus de leurs avions se retrouvent à peu près dans la même situation que n'importe quel poilu des tranchées de l'Argonne ou comme n'importe quel soldat Allemand pris au piège de Stalingrad : la mort peut venir de n'importe ou, à n'importe quel moment, totalement imprévue comme elle s'est déja abattue sur des camarades de combat. Ce qui explique la réaction des GI's quand un enfant fait "bang! bang!" en les visant avec un pistolet en plastique. Ce jeu plutôt innocent renvoie les soldats aux scènes au cours desquels les leurs ont été tués et leur font vivre pour "de faux" le scénario de leur mort à venir.
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Des soldats terrorisés qui terrorisent la population
Dahr Jamail et Ali al-Fadhily – AntiWar.com 9 Janvier 2007, traduit de l'anglais par Djazaïri
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Yassir, un gosse de 10 ans, vise avec son pistolet en plastique une patrouille blindée américaine qui passe par là et crie « Bang! Bang! »Yassir n'imaginait pas ce qui allait se passer ensuite. « J'ai crié à tout le monde de courir parce que les Américains faisaient demi-tour » raconte à l'agence IPS Ahmed, 12 ans, qui se trouvait avec Yassir. Les soldats ont suivi Yassir jusque dans sa maison et ont cassé pratiquement tout ce qui se trouvait à l'intérieur. « Ils ont fait ça après avoir durement frappé Yassir et son oncle, et ils disaient les pires gros mots, » raconte Ahmed.Les enfants et la population de Falloujah ne sont pas les seuls à avoir peur.
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« Ces soldats sont terrifiés ici, » explique à IPS le Dr Salim al-Dyni, un psychothérapeute en visite à Falloujah. Le Dr Dyni dit avoir consulté des rapports médicaux sur les soldats perturbés psychologiquement « au cours de leurs missions dans des points chauds, et Falloujah est le plus chaud de ces points et le plus terrifiant pour eux.Le Dr Diny explique que les soldats perturbés sont à l'origine des pires atrocités. « La plupart des meurtres commis par des soldats Américains sont la conséquence de leurs peurs. La police locale irakienne estime que les troupes américaines font l'objet de cinq attaques par jour, à peu près autant que celles qui visent les forces de sécurité du gouvernement irakien. Cette ville de la province agitée d'Anbar, à l'ouest de Bagdad, est quasiment en état de siège depuis avril 2004.
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Ce qui signifie châtiment contre la population.
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« Des officiers Américains m'ont demandé des centaines de fois comment les combattants obtenaient des armes, » raconte à IPS un habitant âgé de 35 ans qui avait été arrêté avec des dizaines d'autres au cours d'un raid américain contre leurs maisons dans le quartier Muallimin.« Ils [les soldats Américains] me traitaient de tous les noms, dont quelques uns que je comprenais et beaucoup que je ne comprenais pas. J'entendais des prisonniers plus jeunes hurler sous la torture 'je ne sais pas, je ne sais pas' en réponse semble-t-il à la même question que celle qu'on m'avait posée. »
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Les soldats Américains ont réagi sauvagement aux attaques contre eux.Certains quartiers de Falloujah ont été récemment privés d'électricité pendant deux semaines en raison d'une attaque de la centrale électrique par des soldats Américains qui venaient d'être visés par un tireur embusqué. Les quartiers Thubbat, Muhandiseen, Muallimeen, Jughaifi et la plus grande partie du secteurs ouest de la ville avaient été affectés.
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« Ils punissent les civils de leur échec à se protéger eux-mêmes, » déclare à IPS un habitant du quartier Thubbat. « Je les mets au défi de capturer un seul des snipers qui tuent leurs soldats. »De nombreux civils figurent parmi les victimes de la violence actuelle. La population se plaint avant tout des tirs au hasard contre les civils par les forces américaines qui vengent leurs hommes tués par la Résistance.Plus de 5000 civils tués par les soldats Américains sont enterrés dans les cimetières de Falloujah et dans les fosses communes creusées aux alentours de la ville, selon le Study Center for Human Rights and Democracy, une organisation non gouvernementale basée à Falloujah.Mohamad tareq al-Deraji, co-directeur de cette ONG précise à IPS que « Au moins la moitié des morts sont des femmes, des enfants et des personnes âgées »
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Soumis à une tension insupportable, des soldats Américains semblent vouloir punir les civils et souffrir d'une forme de désordre mental lié au stress post-traumatique. IPS rapportait le 3 janvier que le Pentagone a émis de nouvelles directives le mois dernier afin d'autoriser désormais le commandement à ne plus redéployer des soldats souffrant de tels désordres [psychologiques]. Selon Stars and Stripes, le journal de l'armée américaine, les hommes dont « les désordres psychiatriques sont en rémission, ou dont les symptômes résiduels ne compromettent pas leur capacité à servir» peuvent se voir proposer un aménagement de leur service. Le journal présente les troubles liés au stress post-traumatique comme un problème « curable. »
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Steve Robinson, directeur des affaires des anciens combattants à Veterans for America a déclaré à Aaron Glantz, correspondant d'IPS que « en tant que profane et ancien soldat je pense que c'est ridicule. »
« Si j'ai un soldat qui prend de l'Ambien pour dormir , du Seroquel, du Qanapin et toutes sortes de médicaments psychotropes, je ne le veux ni avec des armes ni dans mon unité car il représente un risque pour lui-même et pour les autres, » explique-t-il. « Mais apparemment, l'armée a sa propre idée de comment un soldat peut servir dans ces conditions et fait le pari qu'il peut être efficace. »
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Ali al-Fadhily est notre correspondant à Bagdad. Dahr Jamail est notre journaliste spécialiste de l'Irak qui a passé 8 mois à couvrir l'actualité de l'intérieur de l'Irak et couvre le Moyen-Orient depuis plusieurs années.

posted by Djazaïri at 9:14 PM

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