jeudi, avril 09, 2009

Bookmark and Share

Les manuscrits volés de la Mer Morte

La résistance palestinienne est multiforme. Il y a la résistance armée, celle qui apparait avec le plus d'évidence. Mais d'autres formes de résistance toutes aussi importantes existent notamment la résistance culturelle.

Il importe en effet de faire vivre la culture palestinienne car cette dernière a également été pillée par les délinquants sionistes qui ne se sont pas contentés de s'approprier le sol.

L'article que je vous propose illustre un aspect nettement visible de ce pillage pour l'observateur étranger. Il s'agit du pillage par les sionistes des vestiges archéologiques issus des territoires palestiniens occupés après 1967.

Ici, il s'agit tout simplement des fameux manuscrits de la Mer Morte découverts par hasard en 1947. Entreposés et accessibles aux chercheurs initialement à Jérusalem Est, ces manuscrits ont été volés par les pillards sionistes qui se les sont appropriés et se permettent même de les prêter à des musées étrangers. Prêter ce qui ne leur appartient pas est certainement une caractéristique sioniste.

Pour la première fois, mieux vaut tard que jamais, des responsables palestiniens adressent une protestation officielle auprès d'un Etat et d'un musée qui accueillent une partie de ces manuscrits.

Cette démarche est intéressante car, outre qu'elle rappelle la spoliation des Palestiniens, elle participe d'un harcèlement de l'entité sur des principes de droit.

On verra maintenant si le public cultivé des Etats dits démocratiques sera sensible au fait que les objets de sa curiosité sont en réalité des biens volés.


Tempête autour des Manuscrits de la Mer Morte au Royal Ontario Museum

Par Oakland Ross, Toronto Star (Canada) 9 avril 2009 traduit de l'anglais par Djazaïri


Jérusalem – L'exposition programmée d'anciens manuscrits moyen orientaux à Toronto risque de plonger le Canada, et le Royal Ontario Museum (ROM), au milieu de l'interminable conflit entre Israéliens et Palestiniens.

À partir de Juin, le ROM accueillera pour six mois les fameux manuscrits de la Mer Morte dans une exposition organisée en coopération avec le Service des Antiquités Israéliennes.

Mais de hauts responsables Palestiniens ont affirmé que l'exposition enfreignait le droit international et ont appelé le Canada à l'annuler.

Dans des courriers adressés au premier ministre Stephen Harper et à la direction du ROM, les hauts responsables Palestiniens affirment que les rouleaux – généralement considérés comme une des plus grandes découvertes archéologiques du 20ème siècle – ont été acquis illégalement par Israël quand l'Etat juif a annexé Jérusalem Est en 1967.

«L'exposition amènerait à montrer des pièces retirées des territoires palestiniens, » explique Hamdan Taha, directeur général du département archéologique au ministère palestinien du tourisme et des antiquités.

«Je pense qu'il importe que les institutions canadiennes se comportent de façon responsable et en accord avec les obligations du Canada.»

Selon les Palestiniens, l'exposition prévue au ROM viole au moins quatre conventions ou protocoles sur le traitement des biens culturels qui ont été acquis illégalement.

Le Canada comme Israël sont signataires de tous ces accords, disent les Palestiniens.

La lettre de protestation envoyée cette semaine à Harper était signée par Salam Fayyad, premier ministre de l'Autorité Palestinienne, le deuxième personnage de l'Autorité. La lettre au ROM portait la signature de Khouloud Daibes, ministre du tourisme et des antiquités.

« C'est la première fois que j'entends parler de ce problème, » a déclaré hier William Thorsell, directeur du ROM. « Je comprends que les Palestiniens mettent sur le tapis la propriété [des manuscrits]. Mais je suis tout à fait certain que les rouleaux répondent aux critères de la loi. »

Hier, des fonctionnaires du ministère canadien des affaires étrangères n'avaient pas de réactions sur ce dossier au moment où le Star les a contactés.

Les rouleaux ont été découverts dans onze grottes de la côte nord-ouest de la Mer Morte, essentiellement en 1947 et 1956, et leur propriété a longtemps été un sujet de dispute acharnée entre les autorités israéliennes et palestiniennes.

«Nous sommes les gardiens des manuscrits de la Mer Morte, » déclare Phina Shor, chef du département de traitement et de conservation des collections du service des antiquités israéliennes. « En tant que tels, nous avons le droit de les exposer et de les conserver. »

Ecrits essentiellement sur du parchemin et en partie sur du papyrus, les rouleaux renferment environ 900 manuscrits en tout et se sont décomposés tranquillement pendant une vingtaine de siècles jusqu'à leur découverte accidentelle en 1947 par un jeune bédouin Arabe.

Le moment de la découverte coïncidait avec la créaton d'Israël comme Etat indépendant et rencontra un profond écho chez les Juifs, pour les rouleaux en eux-mêmes et aussi pour leur contenu et leurs origines qui semblaient confirmer un lien ancien avec la Terre Sainte qui remonte à la destrucion du second temple juif en 70 après JC – et au delà.

«La découverte des manuscrits de la Mer Morte est un tournant dans l'étude de l'histoire du peuple juif dans les époques reculées, » explique un texte du site web de l'Israeli Museum qui désormais est le lieu de dépôt permanent des rouleaux, « car jamais auparavant un trésor littéraire d'une importance aussi considérable n'avait été mis en lumière. »

Les grottes contenant les rouleaux se trouvaient vers Qumran, dans ce qui est maintenant la Cisjordanie palestinienne.

A partir de 1947 et pendant près d'une décennie, des experts du Rockfeller Museum dans Jérusalem Est, le service des antiquités jordaniennes et l'Ecole biblique et archéologique française ont fouillé les grottes et sauvé les manuscrits dont seulement quelques uns ont été trouvés entiers. Le reste était dispersé en milliers de fragments.

Ecrits principalement en hébreu, et en partie en araméen et en grec, les rouleaux comprenaient environ 200 copies de parties de la Bible juive.

Au départ, les manuscrits furent accueillis au Rockfeller Museum à Jérusalem Est qui était sous contrôle jordanien à l'époque.

Cependant, après la guerre des six jours de 1967, Israël annexa unilatéralement les parties orientales de la ville, un acte que la plupart des pays occidentaux – dont le Canada – considèrent comme illégal devant le droit international. Les Israéliens ont retiré les manuscrits de Jérusalem Est pour les emporter dans la ville occidentale, où ils sont toujours.

Selon Shor, du service des antiquités israéliennes, des parties des manuscrits ont souvent été exposés dans d'autres pays – dont les Etats Unis, la Grande Bretagne, la Suisse, l'Allemagne et l'Australie – au cours des dix dernières années.


La protestation auprès du Canda est peut-être un dossier test pour les Palestiniens.

«Pour ce que j'en sais, le problème n'a jamais été soulevé dans le passé, » explique Thorsell.

Les Palestiniens affirment que les manuscrits figurent parmi les « millions » d'objets qu'Israël a retirés illégalement du territoire palestinien depuis 1967.


L'exposition prévue au ROM est intitulée Les manuscrits de la Mer Morte : des mots qui ont changé le monde. Elle doit se tenir du 27 juin au 3 juillet.


Libellés : , , , , , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 8:07 PM 3 comments

vendredi, février 22, 2008

Bookmark and Share

Les dessous gaziers du blocus de Gaza

Je vous avais déja entretenu des dessous gaziers du blocus imposé à Gaza par l'entité sioniste. L'article que je vous propose apporte des précisions sur cet aspect. On y apprend notamment que le Hamas est fermement opposé à toute vente de gaz au régime sioniste. L'article donne aussi des indications précieuses sur le rôle de Tony Blair et sur la structure capitalistique du fonds palestinien qui a négocié avec l'entreprise British Gas. Le dirigeant de ce fonds n'est autre que Salam Fayyad, un des poulains de la Banque Mondiale et des USA, et actuel premier ministre du gouvernement illégitime mis en place par Mahmoud Abbas.
On comprend ainsi mieux la complicité de l'équipe de Mahmoud Abbas avec le gouvernement d'Ehud Olmert!
s
La véritable histoire derrière le siège de Gaza
Par Mark Turner, Khaleej Times (Dubaï) 20 février 2008 Traduit de l'anglais par Djazaïri
s
Israël a intensifié de manière spectaculaire sa campagne militaire dans la bande de Gaza, augmentant le nombre de frappes aériennes et bombardant la bande côtière assiégée.
Des officiels de l’ONU et des défenseurs des droits de l’Homme ont prévenu que les habitants de Gaza étaient maintenant menacés d’un désastre humanitaire d’une ampleur sans précédent, l’extension de la famine et des maladies devenant des réalités alors que la production d’électricité, l’alimentation en eau, le traitement des eaux usées, l’approvisionnement en nourriture et les services de santé sont pratiquement interrompus en conséquence du blocus israélien plus strict que jamais auparavant.
Israël affirme que ses dernières opérations sont des représailles contre la poursuite des attaques de roquettes tirées depuis Gaza qui, en dépit de leur persistance, causent de faibles dégâts et peu de victimes. Mais les raisons d’Israël pourraient bien comprendre des motifs dont l’origine remonte à 2000, après la découverte par la firme britannique British Gas (BG) de gaz naturel dont les réserves prouvées sous les eaux territoriales de Gaza s’élèvent à au moins 130 milliards de m3 pour une valeur d’environ 4 milliards de dollars.
Le Palestinian Investment Fund (PIF), une société de holding financier détenue majoritairement par des actionnaires Palestiniens privés a investi dans ce projet et mène les négociations en coordination avec le gouvernement de Mahmoud Abbas établi en Cisjordanie. BG a obtenu une part majoritaire dans la concession pour développer le champ sous marin de Gaza, ciblant initialement l’Egypte pour la commercialisation du gaz naturel.Mais des pressions de la part de Tony Blair, premier ministre britannique à l’époque, avaient poussé la compagnie à négocier avec Israël et à dresser des plans pour un gazoduc sous marin en vue d’acheminer le gaz au terminal israélien d’Askelon. Cet accord aurait pu permettre de couvrir jusqu’à 10 % des besoins énergétiques actuels d’Israël et aurait pu rapporter environ 1 milliard de dollars au fonds palestinien d’investissement. La victoire électorale du Hamas en 2006 remettait en cause tout cet édifice.
Le Palestinian Investment Fund avait été mis en place par Salam Fayyad, un ancien de la Banque Mondiale, loué par les USA pour sa pensée pragmatique et son réformisme fiscal susceptible d’apporter de la transparence aux finances de l’Autorité Palestinienne. En 2003 ; alors qu’il était ministre des finances de l’Autorité Palestinienne, Fayyad avait restructuré tout un ensemble d’avoirs de l’Autorité dans ce fonds dont l’audit a été réalisé par Standard & Poor’s et dont la valeur est estimée à 1 ,3 milliard de dollars. Le portefeuille du fonds comprend Paltel, l’entreprise palestinienne la plus rentable et il sert de locomotive pour l’investissement privé dans l’infrastructure de base palestinienne.
Le fonds d’investissement est supposé être supervisé par l’Autorité palestinienne ; les revenus générés par le fonds pouvaient potentiellement échoir au gouvernement dirigé par le Hamas. Selon le marché conclu avec le fonds palestinien, British Gas possède 90 % des droits sur le gisement sous marin. Consolidated Contractors Company, une société de travaux publics palestinienne possède les 10 % restants. L’Autorité Palestinienne s’est réservée l’option d’acquérir une participation dans la concession à sa mise en production. Après les résultats de l’élection palestinienne de 2006, Israël a commencé à faire traîner les négociations avec British Gas. Tout accord qui aboutirait à un flux d’argent vers Gaza fragiliserait considérablement la politique du gouvernement israélien envers le Hamas. De son côté, le Hamas a assuré ne pas vouloir stopper le développement du projet mais se réservait le droit de réviser certaines parties du contrat de concession si elles lésaient les intérêts palestiniens. Lors d’une interview avec le Dow Jones Newswire, Ziad al-Zara, ministre de l’économie, a réitéré l’opposition du Hamas à toute vente de gaz à Israël.
Après le succès électoral du Hamas, Israël s’était lancé dans une vaste campagne pour éliminer le Hamas en tant qu’organisation politique viable à Gaza tout en essayant en même temps de réhabiliter le Fatah vaincu électoralement comme acteur politique dominant en Cisjordanie. En aiguisant les tensions entre les deux parties, en armant les forces fidèles à Abbas et en autorisant de manière sélective le flux d’aide financière, Israël et les Etats-Unis ont effectivement réinstallé le Fatah en Cisjordanie, relancé ce parti sur la scène internationale et remis à l’ordre du jour la possibilité d’un accord sur le gaz.
Après avoir isolé géographiquement le Hamas à gaza, la politique israélienne s’est concentrée sur son isolement politique. Israël a fait des avancées significatives vers cet obkjectif. Fayyad a été nommé premier ministre du nouveau gouvernement non élu de Cisjordanie mais reconnu par l’Occident et, en avril 2007, le gouvernement israélien a annulé une précédente décision d’interdire l’achat de gaz naturel auprès de l’Autorité Palestinienne. Mais, avec 1,5 million d’habitants dans la bande de Gaza, le Hamas garde une influence significative sur la scène politique palestinienne. Israël devra éliminer complètement ce parti pour créer un climat politique permettant de satisfaire au contrat avec British Gas. Le temps presse.
En janvier, British Gas avait annoncé la suspension de ses négociations avec Israël pour cause d’impasse prolongée et reprendre en considération l’Egypte comme client. L’option égyptienne concerne la liquéfaction d’un tiers du gaz aux fins d’exportation vers l’Europe et les Etats-Unis. British Gas a annoncé des plans de fermeture fin janvier de son bureau près de Tel Aviv et de céder ses parts dans le champ gazier sous marin israélien de Med Yavne. Depuis cette annonce, Israël a renforcé considérablement ses sanctions, stoppé complètement les livraisons de carburants et accentué sa pression militaire. La multiplication des frappes aériennes et le recours à des munitions prohibées internationalement ont provoqué une brutale augmentation des morts et blessés civils dans le but de faire baisser le soutien du Hamas à Gaza. Si on y ajoute les dangereuses pénuries d’aliments, d’eau et de produits de base, cette bande côtière se retrouve en dans une situation catastrophique. Israël et les Etats-Unis refusent de tenir compte de la réprobation internationale de plus en plus forte. Les appels lancés depuis Ramallah manquent de la mobilisation populaire nécessaire pour exiger efficacement la levée du siège israélien. Quoi qu’il en soit de l’avenir des champs gaziers sous marins de Gaza, ses habitants peuvent être certains qu’on leur refusera tout secours qu’il aurait pu leur apporter.
q
Militant international des droits de l’Homme, Mark Turner est rentré récemment d’un séjour de neuf mois au camp de réfugiés de Balata dans la ville de Naplouse en Cisjordanie. Cet article a été initialement publié dans The Electronic Intifada.

Libellés : , , , ,

posted by Djazaïri at 4:34 PM 5 comments

Palestine Blogs - The Gazette