lundi, février 11, 2013

Bookmark and Share

Relations avec l'Iran: le gouvernement argentin à la lutte avec le lobby sioniste


L’attentat  meurtrier perpétré en 1994 contre l’AMIA (Association Mutuelle Israélite) à Buenos Aires avait permis au sionisme de prendre en main fermement la communauté juive organisée en Argentine et porté un coup sévère à des relations avec l’Iran promises sinon à un bel avenir.
Il suffit pour comprendre l’ampleur du problème de signaler que la justice argentine a fini par inculper plusieurs hauts responsables Iraniens dont Ahmad Vahidi, l’actuel ministre de la défense de la république islamique.
Il n'en reste pas moins que le dossier judiciaire à charge contre l’Iran est vide et que les inculpations faites par la justice argentine résultent de pressions à la fois internes, le lobby sioniste en Argentine, et externes, l’entité sioniste et surtout le gouvernement des Etats Unis.
On l’aura compris, les accusations contre l’Iran étaient d’abord motivées politiquement pour des intérêts qui n’ont pas grand-chose à voir avec ceux de l’Etat argentin.
Depuis 1994, la situation politique a cependant évolué en Argentine, une évolution qui s’est accélérée sous la direction de l’actuelle présidente, Cristina Fernandez de Kirchner et qui se traduit par une plus grande indépendance vis-à-vis des Etats Unis.
Sur le plan international, cette évolution s’est traduite par une volonté de relance des relations avec l’Iran.
Mme Kirchner ne pouvait cependant pas ignorer la difficulté induite par la procédure judiciaire pendante même si, comme on le comprendra, elle a sans doute son opinion sur la réalité de l’implication de l’Iran dans l’attentat contre l’ AMIA.
D’où une idée ingénieuse qui va ouvrir la voie à une relance des relations entre les deux pays sans faire cependant fi du problème judiciaire : les deux diplomaties se sont en effet entendues sur un mémorandum d’entente.
Cet mémorandum qui doit être validé par le parlement argentin a pour but de permettre à la justice de suivre son cours :
L’accord avec la république Islamique annoncé par la même CFK à la fin janvier, stipule que le juge et le procureur chargés du dossier pourront se rendre, avec l’autorisation de la Cour Suprême de Justice, à Téhéran où ils soumettront à l’interrogatoire les inculpés signalés par une «note rouge» à Interpol, dans le respect des normes du code pénal argentin. Les résultats de l’enquête pourront être utilisés pour décider du statut des suspects au regard de la procédure. Il permettra aussi la constitution d’une commission de juristes de pays tiers qui veilleront à la validité de la procédure. L’accord est suspendu à l’approbation des parlements des deux pays.
Comme on le voit, les deux pays ont fait des gestes significatifs afin de surmonter un obstacle des plus épineux et faire avancer la vérité, ce dont tout le monde devrait se réjouir.
Le conditionnel est de mise car deux pays ont déjà fait connaître leur désaccord : l’entité sioniste et les Etats Unis !
A ces voix étatiques, il faut ajouter celles des organisations juives argentines dont la DAIA (équivalent de la LICRA) et l’AMIA.
Guillermo Borger (2ème à partir de la gauche) à un colloque du CRIF en 2010
Guillermo Borger (2ème à partir de la gauche) à un colloque du CRIF en 2010
Les propos de Guillermo Borger, président de cette dernière organisation, ont eu le don d’irriter Mme Kirchner. En effet, pour justifier son désaccord avec la procédure imaginée par les autorités argentines et iraniennes, M. Borger a prévenu que sa ratification par le parlement argentin ouvrirait la voie à un troisième attentat.
Je vous laisse lire la réaction courroucée de Mme Kirchner qui somme M. Borger de donner les informations en sa possession à ce sujet tout en observant qu’aucune des parties signataires ne saurait être derrière ce troisième attentat qui se profilerait selon le dirigeant associatif Juif.
Sous-entendu de la présidente : ce sont les partie hostiles à cet accord qui pourraient avoir intérêt à ce futur troisième attentat.
De là à penser que la présidente argentine a sa propre opinion sur la nature des auteurs de l’attentat contre l’AMIA, il y a un pas que je n’hésite pas à franchir.

CFK «préoccupée» par l’avertissement donné par le dirigeant de l’AMIA au sujet d’un troisième attentat

Pagina 12 (Argentine) 9 février 2013 traduit de l'espagnol par Djazaïri
 
La présidente Cristina Kirchner s’est déclarée «choquée» par le propos du président de l’AMIA, Guillermo Borger, qui a affirmé hier que le mémorandum d’entente signé par l’Argentine avec l’Iran pour faire la lumière sur l’attentat de 1994 contre l’association juive «allait ouvrir la voie à un troisième attentat.» Via Twitter, la présidente lui a demandé «Qu’est-ce que vous savez pour (pouvoir faire] une affirmation aussi terrible ?» et a considéré que «le peuple et la justice ont doivent et méritent de savoir ce dont il a connaissance.» 
Hier, quand on l’a questionné sur l’accord – qui doit être débattu à partir de mercredi par les trois commissions du Sénat-, Borger a prévenu que «aller de l’avant vers cet accord ouvre la voie à un troisième attentat parce que ce serait nous soumettre complètement.» Cette critique était dans la même ligne que celle du président de la DAIA, Julio Schlosser, qui a rejeté lui aussi le mémorandum et a considéré que le texte officiel manque de «la clarté que mérite l’affaire.»
Devant cette affirmation, la président s’est demandée : «Qui serait l’auteur intellectuel et matériel [de l’attentat] ?» parce que, a-t-elle ajouté, «il est évident que ce ne pourrait en aucun cas être un des pays signataires» de l’accord conclu en Ethiopie. «Ce seraient ceux qui s’opposent à l’accord ? Des pays, des services de renseignements. Qui ?,» a-t-elle insisté.
«Mais en plus – a-t-elle ajouté-, quel(s) sera ou seront les objectifs… ou serions-nous les objectifs ? Me viennent en tête avec une douleur lancinante les mots de Zulema Yoma affirmant que la mort de son fils fut le troisième attentat terroriste après les bombes contre l’ambassade d’Israël et l’AMIA. J’an ai la chair de poule.» 
La présidente a observé que Borger est «une personne respectable» mais elle a affirmé cependant avoir lu «avec beaucoup d’inquiétude» ses déclarations. Raison pour laquelle elle a dit que « le peuple argentin en général et la justice en particulier doivent et méritent de savoir ce dont a connaissance Guillermo Borger» qui l’a amené à faire cet avertissement. 
Incidemment, les péripéties relatives aux relations irano-argentines nous permettent de mieux comprendre la nature de l’entité sioniste
On peut en effet lire dans le journal argentin Clarin que le même Guillermo Borger, président de l’Association Mutuelle Israélite Argentine, qui est un citoyen argentin, est allé faire part de ses doléances relatives à l’accord irano-argentin à … l’ambassade des Etats Unis à Buenos Aires.
Ce fait n’est qu’une indication de plus que, contrairement à ce qu’on nous serine, le véritable Etat juif n’est pas l’entité sioniste mais les Etats Unis : non seulement le pseudo Etat juif aurait disparu depuis un certain temps sans l’appui diplomatique, militaire et économique des Etats Unis mais les organisations communautaristes juives présentes dans un certain nombre de pays de par le monde savent parfaitement à quelle porte il convient de frapper pour obtenir gain de cause.
Rien n’a vraiment changé depuis l’époque du règne de l’Empereur Guillaume II !

Libellés : , , , , , , ,

posted by Djazaïri at 2:34 PM 0 comments

mardi, avril 26, 2011

Bookmark and Share

"Où enterrer son enfant mort-né" ou "Plus jamais ça! qu'y disaient"


Pagina 12 est un quotidien argentin réputé de gauche. Compte tenu de la composition de sa rédaction, sans être un organe communautariste tant s’en faut, il s’intéresse beaucoup à la vie de la communauté juive en Argentine, que ce soit dans des aspects qui intéressent à priori l’ensemble des Argentins (par exemple les incidents antisémites) ou dans des aspects plus internes à la dite communauté.

C’est le cas avec cet article qui porte sur le refus par la principale association israélite de Buenos Aires (l’AMIA) d’autoriser l’inhumation d’un enfant mort-né dans un cimetière juif parce que la grand-mère maternelle de cet enfant n’était pas juive de naissance mais par conversion.
Peu importe si la mère et le père de cet enfant mort-né sont eux des juifs pratiquants et même impliqués dans la vie communautaire et religieuse juive en Argentine.

Des faits qui entrent en résonance  non seulement avec d’autres faits similaires ou d’une nature voisine constatés sous d’autres cieux, mais aussi avec des temps et une idéologie qu’on croyait révolus au nom du « plus jamais ça ! ».
Or, les idées de sang impur et d’utérus ou de ventre non juif (en fait d’ovule) qui apparaissent dans cet article nous informent tout simplement que le « plus jamais ça ! » est vide de sens, sauf à préciser que le « ça » ne concerne qu’une forme de racisme et pas les autres.
Ce qui est parfaitement étonnant, faut-il dire, c'est que ces thèses puissent s'étaler ouvertement sans qu'elles soient largement dénoncées et leurs tenants stigmatisés..

Je me suis personnellement amusé de la naïveté de l’auteur de l’article qui semble penser que l’évocation de l’incident du bébé va avoir une influence quelconque sur la façon dont va être dirigée l’AMIA et en particulier sur l’éventualité que les juifs orthodoxes  soient évincés de la direction. Il en est même réduit à fonder quelque espoir sur le rabbin Bergman !
L’ambassade sioniste et les organisations sionistes en Argentine ne permettront pas, c’est évident, une prise de contrôle de l’AMIA par des éléments qui pourraient à terme s’avérer être des sionistes trop tièdes. Le judaïsme orthodoxe avec sa doctrine de l’élection et ce qui en découle ainsi qu’on peut le lire dans cet article, est en effet le terreau idéologique le plus favorable au sionisme.

En pleines négociations pour définir qui dirigera l’AMIA (association mutuelle israélite argentine), ses responsables actuels ont empêché l’enterrement d’un bébé dans les cimetières de la communauté parce que sa grand-mère maternelle n’est pas juive de naissance
par Raúl Kollmann, Pagina 12 (Argentine) 26 avril 2011 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Les responsables de l’AMIA, qui sont alignées sur la ligne orthodoxe de la communauté juive, n’ont pas permis l’enterrement  dans un cimetière juif qu’un bébé décédé avant la naissance, au huitième mois de gestation, fils de la chanteuse liturgique de la synagogue de Lamroth Hakol et de son mari. La raison invoquée est que la grand-mère maternelle était une convertie au judaïsme, ou qu’il n’était pas issu d’un utérus juif. 

Cette affaire a suscité l’indignation des parents de l’enfant, Yanina et Pablo, qui ont dû se rabattre sur un enterrement dans un cimetière privé. Une forte controverse agite depuis la communauté juive parce qu’on en revient à discriminer entre ce qu’un jour l’actuel président de l’AMIA, Guillermo Borger, avait appelé les « vrais juifs et les autres. » En outre, ce débat intervient dans les semaines qui précèdent l’élection du nouveau chef de l’AMIA, par des commissions dans lesquelles le Bloc Uni Religieux (BUR) forme la minorité la plus importante, mais ou deux listes dont la vision est plus ouverte pourraient, en cas d’alliance dans l’assemblée des représentants, imposer une ligne de conduite différente de la ligne orthodoxe actuelle.

L'actuel dirigeant de l'AMIA avait déjà fait la distinction entre les "vrais juifs" et les autres

Le drame du bébé qui n’a pu être enterré dans un cimetière juif s’est produit il y a deux semaines. Pagina 12 a vérifié cette histoire auprès de personnes proches du couple qui nous ont relaté des détails ahurissants. Yanina travaille depuis huit ans à Lamroth, elle enseigne la Torah et chante pendant les cérémonies religieuses. Elle a été dans une école maternelle juive dès l’âge de deux ans, elle a suivi l’enseignement primaire à l’école Ramat Shalom et l’enseignement secondaire à Amos, où on travaille en hébreu. A l’adolescence, elle a consacré sa vie sociale au Maccabi et elle s’est mariée avec Pablo au temple de Lamroth Hakol. Son mari travaille depuis 20 ans dans des institutions juives.

Quand le couple est passé par cette épreuve douloureuse qu’est la perte d’un bébé sur le point de naître, il a décidé de l’enterrer dans un cimetière de la communauté. Mais les autorités de l’AMIA les en ont empêché parce que la mère de Yanina n’était pas née juive, mais avait été convertie au judaïsme par le séminaire rabbinique latino-américain, qui avait été fondé par Mar-shall Meyer. La ligne orthodoxe n’accepte pas les conversions réalisées par cette institution et, à la vérité, n’accepte aucune conversion effectuée en Argentine. C’est-à-dire que la raison pour laquelle on n’a pas autorisé l’enterrement du bébé est qu’on a découvert ce qu’ils [les orthodoxes] considèrent comme un « sang impur » chez la grand-mère maternelle de l’enfant. Dans un courriel poignant, le couple affirme qu’ils ont été traités comme des « juifs de deuxième catégorie. »

Les autorités de l’AMIA n’autorisent pas l’enterrement de personnes converties dans les cimetières qu’ils administrent. De plus, comme notre journal l’avait signalé à l’époque, elles avaient décidé de la construction d’une zone séparée à La Tablada [cimetière israélite à Buenos Aires], ce que n’avaient pas accepté des tendances plus progressistes qui considéraient qu’il s’agissait d’une discrimination, parce que les familles ont le droit d’être enterrées dans le même cimetière. Ce qui est ahurissant, c’est que cette situation n’existe qu’à Buenos Aires. A Santa Fe, par exemple, il n’existe aucun obstacle à l’enterrement d’une personne convertie au judaïsme dans le cimetière de la communauté. On observe la même chose dans les autres régions de l’intérieur du pays.

Le courant orthodoxe n’accepte pas non plus que des femmes exercent des fonctions sacerdotales ; ce qui a conduit à des moments de forte tension  lors de la célébration du nouvel an juif à laquelle ils étaient invités par la présidente [Mme Kirschner]. Comme dans la délégation de trouvait aussi la femme rabbin de la communauté Bet El, les dirigeants de l’AMIA avaient levé les bras au ciel et s’étaient décommandés. Dans la même veine, le rabbin orthodoxe Samuel Levin avait soutenu que le rabbin progressiste Daniel Goldman devait être condamné à une peine de prison pour avoir appuyé la loi pour l’égalité dans le mariage.

Dans ce contexte tendu et avec l’affaire du bébé de Yanina et Pablo en arrière-plan, c’est à partir de demain que commencent les négociations en vue de l’assemblée de l’AMIA qui se tiendra le 12 mai. Il y aura 90 représentants, il faudra au moins 46 voix pour élire le président. Le Bloc Uni Religieux a obtenu 37 représentants, Accion Plural (l’aile la plus progressiste et libérale en matière religieuse), 32, Frente Comunitario, 18 et la liste Iajas, 3. Les deux dernières organisations sont supposées ne pas adhérer non plus à l’orthodoxie, ce qui pourrait théoriquement permettre d’imposer un président non orthodoxe.  Toutefois, l’AMIA Pour Tous, qui intègre le Frente Comunitario, sous la houlette du rabbin Bergman, a voté avec les orthodoxes ces trois dernières années. Cela a été considéré comme une sorte de trahison et on estime que Bergman – un proche de PRO [j'ai cherché, mais pas trouvé la signification de ce PRO, NdT] – possède la clef pour au moins cinq votes décisifs.

Libellés : , , , ,

posted by Djazaïri at 7:35 PM 0 comments

Palestine Blogs - The Gazette