mardi, avril 26, 2011

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Vers la guerre civile en Syrie?


Le 17 avril, j’écrivais à propos des troubles en Syrie que L’accroissement de la répression semble donc être la seule issue pour le régime.
Les événements ont confirmé cette analyse. Si Bachar Assad a sans doute été sincère dans sa volonté de proposer des réformes, il faut bien dire que pour beaucoup de gens en Syrie, notamment pour ceux qui manifestent, c’était trop peu et trop tard. Alors que c’était par contre certainement trop et trop tôt pour certaines factions à l’intérieur du régime.
Comme l’écrit Joshua Landis dans le texte que je vous propose, le régime syrien fait désormais face à une véritable agitation révolutionnaire, quel que soit le sens qu’on attribue à  ce mot. Car ici, révolutionnaire veut surtout dire que les contestataires demandent non seulement des réformes, mais que la première réforme qu’ils exigent, c’est le départ du président Assad mais aussi la fin du régime baathiste.
Les dirigeants Syriens ont fort bien compris que c’est maintenant une lutte à mort qui est engagée et c’est pourquoi la répression s’est durcie et fait désormais appel aux grands moyens, l’armée se déployant en certains endroits comme dans un pays occupé.
Bien malin qui saurait dire comment vont évoluer les choses en Syrie. Et d’abord, si Landis parle d’une opposition, j’ai personnellement quelque peine à penser qu’il s’agisse d’une opposition unie, d’accord non seulement sur les moyens mais sur les objectifs. D’ailleurs Landis, que la situation semble finalement rendre très hésitant, considère bien que la stratégie répressive gouvernementale vise, entre autres, à empêcher toute structuration efficace de l’opposition.
Landis pense que l’opposition au régime va rapidement basculer dans la lutte armée, et il en trouve des indices dans certains incidents qui ont effectivement vu les forces armées visées par des hommes armés. Où encore dans le fait que des manifestants s’arment de bric et de broc (avec des bâtons ou des outils) traduisant ainsi leur volonté de riposter à la violence policière.
Des armes semblent donc commencer à circuler en Syrie, en provenance d’Irak et peut-être du Liban. Les « révolutionnaires » Syriens pourront compter sur le soutien [des pays] du Golfe. Comme les révolutionnaires Libyens en quelque sorte.
Parce que si la plupart des manifestants ou contestataires du régime sont animés de nobles idéaux, il n’en va pas de même de tous ceux qui vont se saisir de leurs aspirations pour faire avancer leurs propres desseins, que ce soient des anciens membres du régime ou des clients des monarchies du Golfe.
Après la lutte finale, la lutte féodale, l’Internationale Wahhabite venant succéder à l’Internationale Communiste.
Peut-être la promesse d’une guerre civile longue et sanglante en Syrie ?

Par Joshua Landis, Syria Comment (USA) 26 avril 2011

Bachar al-Assad est déterminé à mater la révolte syrienne, c’est pourquoi il a fait appel à l’armée et à ses blindés et procède maintenant à l’arrestation des réseaux de militants et de leaders de l’opposition que ses services de renseignements ont pu localiser.

Il y a un aspect “choc et effroi” dans cette opération. Les tanks ne sont à l’évidence pas utiles pour réprimer une rébellion urbaine, mais ils montrent la puissance de feu supérieure de l’Etat et la détermination du président. C’est une stratégie militaire classique – vite et fort. Dominer l’opposition  avant qu’elle ait la possibilité de se renforcer et de se structurer durablement en termes de commandement. C’est précisément ce que l’armée US avait essayé de faire en Irak. C’est ce qu’elle n’a pas fait en Libye, quand elle a permis aux forces de Kadhafi de se regrouper et de reprendre le contrôle de Tripoli et de l’ouest libyen après son état initial de faiblesse et de confusion.

Je ne pense pas que le régime parviendra à réduire l’opposition au silence. A la différence de l’opposition iranienne, qui a pu être muselée, l’opposition syrienne est plus révolutionnaire même si, peut-être, pas aussi nombreuse dans la capitale. Le mouvement Vert [en Iran] n’appelait pas à renverser le régime et à mettre fin à la république islamique, mais demandait seulement des réformes. L’opposition syrienne est révolutionnaire. Même s elle a commencé par appeler à des réformes, elle en est vite venue à exiger la fin du régime. Elle est convaincue qu’il est impossible de réformer le régime baathiste et que la Syrie doit partir sur de nouvelles bases. Elle veut la fin du régime baathiste, la fin de la dynastie Assad, la fin de la domination de la présidence et des forces de sécurité par la communauté religieuse alaouite, et la fin de la domination de l’économie par l’élite financière qui a recouru au népotisme, aux échanges entre initiés et à la corruption pour monopoliser  des pans entiers du commerce et de l’industrie. En bref, l’opposition abhorre la plupart des aspects du régime actuel et s’attelle à le déraciner. Elle est plus déterminée et révolutionnaire que ne l’était le mouvement Vert en Iran qu’Ahmadinedjad et Khamenei ont réussi à réprimer.

Il n’y a aucune raison pour qu’elle ne le fasse pas. Certains des dirigeants de l’opposition prônent des moyens pacifiques, mais cette approche ne fait pas l’unanimité. Nous avons déjà constaté le recours à la violence armée par l’opposition. A Banias, 9 soldats avaient été tués par des opposants armés alors que leur véhicule roulait sur l’autoroute principale en direction de la ville. A Jable, des manifestants s’étaient armés de bâtons, de pelles et d’autres armes [des armes de fortune, des outils… NdT]. Quoiqu’inutiles devant des armes à feu, ces armes montraient l’état d’esprit de la foule et sa volonté d’opposer sa propre violence à la violence d’Etat. Les autorités syriennes ont insisté dès le début pour dire que des éléments d’opposition avaient tiré sur des policiers et des soldats. Même si très peu d’informations de ce genre sont avérées, elles sous-entendent que l’opposition est prête à recourir à la force.
Face à la supériorité militaire de l’Etat et à sa volonté de recourir à la force, l’opposition sera elle-même contrainte de recourir à l’action armée. La direction de l’opposition a déjà pu introduire clandestinement des lots de téléphones satellitaires et de matériel électronique pour renforcer les militants à l’intérieur du pays. Faire passer des armes ne sera pas difficile. Le gouvernement syrien a déjà annoncé avoir intercepté plusieurs camions chargés d’armes en provenance d’Irak. Le Liban et l’Irak regorgent d’armes et les itinéraires de contrebande entre ces pays et la Syrie sont très fréquentés. Les pays du Golfe apporteront argent et soutien.

Des organisations militantes en Irak et ailleurs soutiennent depuis longtemps que la Syrie est un poste de pilotage du Moyen Orient et une cible adéquate pour la déstabilisation, etc.

Quelques questions d’un journaliste et mes réponses:


Journaliste: “Pensez-vous que les manifestants vont submerger la capitale ? Pensez-vous qu’ils doivent le  faire pour renverser Bachar ?  Les classes possédantes ont trop à perdre avec une instabilité prolongée, et l’opposition ne peut leur offrir aucun scénario convaincant pour une transition pacifique vers la démocratie ou un changement de régime. Elles craignent l’instabilité par-dessus tout, encore plus que la répression du régime.

Landis : L’opposition doit d’abord réussir à faire sortir dans la rue les classes moyennes et les classes moyennes supérieures.
Si l’armée et les classes moyennes restent fidèles au gouvernement, la bataille sera difficile pour l’opposition.

Une longue spirale descendante
Mais l’opposition n’a pas à faire descendre Alep et Damas dans les rues pour faire tomber le régime. S’ils peuvent faire  suffisamment pour paralyser l’économie syrienne – comme c’est le cas actuellement – le gouvernement tombera de lui-même. Si les entreprises s’arrêtent, si le tourisme s’effondre et si l’investissement étranger s’interrompt, les entreprises privées et les petits commerces feront faillite et les sources de revenus du gouvernement se tariront. A la fin, le régime ne pourra plus payer les salaires des fonctionnaires, et les services publics cesseront de fonctionner. A ce moment là, les classes moyennes abandonneront le régime. Ce sera une lente spirale descendante.

Journaliste: Compte tenu de la relative désorganisation de l’opposition  - et l’éventualité qu’elle prenne les armes – une vacance du pouvoir en cas de départ d’Assad ne risque-t-elle pas d’être très meurtrière ?
Landis : Oui

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posted by Djazaïri at 11:23 PM 0 comments

dimanche, avril 17, 2011

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A propos des troubles en Syrie


Un retour vers la situation en Syrie où les troubles semblent s’étendre. La situation en Syrie est très dangereuse, non pas parce qu’un mouvement démocratique pourrait mettre un terme à des années de régime autocratique sous la direction du parti Baath, mais plutôt par l’utilisation possible du mécontentement populaire par des forces qui ne sont pas plus démocratiques que le parti actuellement au pouvoir à Damas.
Joshua Landis revient  en détail sur un des éléments qui sert à la propagande contre le régime de Damas et qui vise avant tout à plonger le pays dans le chaos et , pourquoi pas, à légitimer une intervention étrangère sur le modèle de ce qui se passe en Libye.
Car si ce qui se passe en Syrie ressemblait beaucoup au début à la situation en Tunisie, avec des troubles débutant dans une zone périphérique et appauvrie du pays, la Syrie se trouve maintenant devant un scénario qui pourrait effectivement ressembler à celui de la Libye ou de l’Algérie de 1988. Et les incidents décrits par Landis rappellent beaucoup ce qu’a connu l’Algérie, avec l’action d’hommes armés inconnus qui tiraient tantôt sur les foules de manifestants, tantôt sur les forces de police.dans le but de provoquer le chaos. Dans le cas syrien, cependant, il faut noter le rôle joué par les opposants établis à l'étranger, notamment parmi la nombreuse et opulente diaspora syrienne à l'étranger. Et comme souvent, on notera encore l'intérêt de la manipulation de ce que Marx et Engels appelaient le "lumpen - proletariat".
C’est que le régime syrien est non seulement confronté au mécontentement populaire, mais également à une opposition structurée qui comprend entre autres d’anciens baathistes (comme par exemple le propre oncle du président Bachar al-Assad) où les Frères Musulmans qui avaient été écrasés dans le sang en 1982. Et il n’est pas sûr du tout que Bachar al-Assad fasse forcément l’unanimité dans les rangs du régime, lui qui semble avoir été sincèrement surpris par l’ampleur du mécontentement que par la dureté de la répression exercée par ses services.
Faute d’avoir voulu et pu réformer à temps, le président Syrien se voit désormais devant un casse-tête dont il est difficile de savoir s’il parviendra à le résoudre. Car aujourd’hui, la seule réforme qui vaille, c’est celle qui signifie la fin du régime et on ne voit pas comment el-Assad et ses amis pourraient s’y résoudre. Le problème étant aussi que toute réforme partielle ne pourra être jugée qu’insuffisante, tout en étant en même temps un aveu de faiblesse.et donc de nature à encourager la contestation.
L’accroissement de la répression semble donc être la seule issue pour le régime. Et si le président el-Assad ne s’y résout pas, gageons que la Syrie connaîtra un coup d’Etat. A la différence du régime libyen, celui de Syrie aura les mains libres pour réprimer. Tout d’abord parce que c’est un régime qui convient aux autorités de tel Aviv : faible militairement et politiquement, il ne représente pas une menace véritable pour l’entité sioniste. Ensuite, si le régime syrien est aujourd’hui proche de l’Iran, l’Arabie saoudite comme les Etats Unis ne désespèrent pas de parvenir à distendre cette alliance. Ce n’est pas pour rien, me semble-t-il, si Mme Clinton considère le président de la république syrienne comme un réformateur. Al-Assad est peut-être un réformateur, mais son régime gêne surtout moins les Etats Unis qu’un régime qui verrait par exemple une prise de pouvoir des Frères Musulmans.
Et n’oublions pas que dans certains moments, les Etats Unis ont trouvé le gouvernement syrien à leurs côtés, par exemple pour sous traiter des cas de torture ainsi qu’il fut fait pour Maher Arar ou encore pour participer à la première guerre contre l’Irak en 1991.

Par Joshua Landis, Syria Comment (USA) 13 avril 2011 traduit de l'anglais par Djazaïri
Un certain nombre d’articles d’information de l’AFP, du Guardian et d’autres agences ou organes de presse donnent à penser que les forces dé sécurité syriennes sont responsables des tirs qui ont tué 9 soldats Syriens dimanche à Banias. Certaines versions affirment qu’ils ont été tués pour avoir refusé les ordres de tirer sur les manifestants.
De nombreuses preuves donnent à penser que ce n’est pas vrai et que les journalistes occidentaux  transmettent des informations erronées.
- Témoignage du colonel Uday Ahmad. Ma femme a parlé ce matin avec un témoin qui a démenti cette histoire. C’st le colonel Uday Ahmed, beau-frère du lieutenant colonel Yasir Qash’ur qui a été tué par balles à Banias avec huit autres soldats Syriens le dimanche 10 avril 2011. Uday Ahmad était assis sur le siège arrière du véhicule que Yasir conduisait quand il a été tué par balles sur l’autoroute à l’extérieur de Banias. Uday affirme que les tirs provenaient de deux directions. Des tirs venaient du toit d’un bâtiment face à l’autoroute et l’autre  et d’autres de personnes cachées derrière la glissière en ciment au milieu de l’autoroute. Ils se sont levés d’un bond et ont tiré sur les deux camionnettes qui transportaient des soldats Syriens, en tuant 9. Le colonel Uday a survécu. 

Voici la vidéo de la fusillade présentée sur la télévision syrienne, envoyée par mon beau frère Firas qui réside à Lattaquié.


La vidéo d’un soldat supposé avouer  s’être fait tirer dans le dos par des membres des forces de sécurité et mise en lien par le Guardian a été interprétée de manière complètement fausse. Le Guardian répète de manière irresponsable une interprétation mensongère de la vidéo que lui a fournie un informateur.

1.     Le Guardian écrit “Une vidéo sur YouTube montre un soldat blessé qui affirme s’être fait tirer dans le dos par les forces de sécurité.

La vidéo ne “confirme” pas l’histoire que nous relate le Guardian. Le soldat dément avoir reçu l’ordre de tirer sur les gens. Il dit par contre qu’il était en route pour Banias afin de faire respecter l’ordre. Il ne dit pas qu’il s’est fait tirer dessus par des agents du gouvernement ou des soldats. Il le réfute. Celui qui l’interviewe essaye de lui suggérer ce qu’il devrait dire, mais le soldat dément nettement l’histoire que l’interviewer essaye de lui faire avouer. Dans la vidéo, le soldat blessé est entouré de personnes qui tentent de l’amener à dire qu’il s’est fait tirer dessus par un officier de l’armée. Le soldat dit clairement, « Ils [nos supérieurs] nous ont dit, « Tirez sur eux si ils vous tirent dessus. »
En demandant au soldat blessé, “Quand vous ne nous avez pas tire dessus, que s’est-il passé?” l’interviewer a essayé de lui faire dire au soldat blessé qu’il avait refusé l’ordre de tirer sur les gens. Mais le soldat ne comprend pas la question parce qu’il vient juste de dire qu’il n’a pas reçu l’ordre de tirer sur les gens.  Le soldat répond, « Rien, les tirs se partis de tous côtés. » L’interviewer répète sa question autrement en demandant, « Pourquoi tiriez-vous sur nous [alors que] nous sommes Musulmans ? Le soldat lui répond, « Je suis Musulman aussi. » L’interviewer demande, « Alors pourquoi tiriez-vous sur nous ? » Le soldat répond, « Nous n’avons pas tiré sur les gens. On nous a tiré dessus au niveau du pont. »
Alix van Buren, un journaliste chevronné de la Repubblica, le plus grand journal italien, se trouve à Damas et m’envoie les infos suivantes sur le possible rôle d’agitateurs armés de Khaddam à Banias.
Josh, la situation est extrêmement confuse et il est souvent impossible de confirmer ce qu’on trouve sur le web. L’absence de la plupart des media étrangers ici en Syrie ajoute à l’opacité. Ce que je peux dire sur cette question de « l’immixtion étrangère » est ce qui suit, des citations directes de membres importants et respectés de l’opposition.
Dimanche, deux hommes de l’ex-vice président Khaddam ont été arrêtés à Banias. Un militant des droits de l’homme a confirmé. Un militant des droits de l’homme a confirmé qu’ils semaient le désordre en distribuant de l’argent et des armes. Je ne sais pas quelle crédibilité accorder aux aveux faits par trois individus montrés à la télévision syrienne aujourd’hui. Cependant, plusieurs dissidents Syriens croient à la présence et au rôle « d’infiltrateurs ». Michel Kilo, quoiqu’il accepte cette possibilité, avertit que le problème des « infiltrés et des conspirations » ne devait pas être exploité pour faire obstacle à une rapide transition vers la démocratie.
Haytham al-Maleh a été le plus explicite en désignant l’immixtion des hommes de Khaddam à et autour de Banias. Il a aussi mentionné ces « chiens perdus » loyaux à Rifa’t al-Assad. Selon lui, ils sont particulièrement actifs le long de la côte entre Tartous et Lattaquié. Ici, un lien vers mon interview d’al-Maleh pour La Repubblica.
Le blogueur pionnier Ahmed Abu Elkheir, malheureusement en prison pour la deuxième fois en moins d’un mois, et pas encore libéré, a des attaches à Banias. Les premières manifestations pacifiques de samedi matin étaient aussi motivées par la demande qu’il soit libéré. Dans son profil Facebook, avant son arrestation, il s’en prenait lui aussi à Khaddam. Plusieurs auteurs de commentaires de cette région étaient d’accord avec lui, vilipendant Khaddam pour jouer « avec le sang de personnes  innocentes. »
Finalement, que pensez-vous des propos de Haytham al-Manna de Paris tenus sur al Jazeera?
Il y a beaucoup de buzz par ici à ce sujet, même si les media occidentaux ne semblent pas encore s’y être intéressés. Voir le texte en arabe sur Al Watan.  Manna dit en substance qu’il a été approché par un groupe d’hommes parmi lesquels se trouvait un homme d’affaires Syrien muni d’un passeport étranger, qui lui a demandé de faciliter la distribution d’argent et d’armes aux jeunes manifestants. Il est faut vaguement référence à une personne su groupe liée à un « important pays arabe du Golfe. » Al-Manna est originaire de Dera’a et si ce qu’il a dit est confirmé, son origine rend la situation encore plus significative. Il aurait diffusé un avertissement  aux habitants de Dera’a pour qu’ils n’acceptent pas des offres en argent ou en armes de quiconque.
J’essaye d’obtenir directement auprès de lui confirmation de ce qui précède.
Post scriptum pour ces notes précédentes envoyé par Alix Van Buren:
J’ai finalement pu joindre Haytham Manna à paris. Il a confirmé l’article d’Al-Watan et a ajouté quelques précisions. Il a parlé de trois groupes qui l’ont contacté pour fournir des armes et de l’argent aux rebelles en Syrie. D’abord, un homme d’affaires Syrien (l’histoire rapportée par Al-jazeera) ; ensuite il a été contacté par plusieurs opposants Syro-Américains pour employer ses propres mots (il parlait de plus d’un individu), il mentionne en troisième lieu des approches de cette même sorte de « Syriens au Liban qui sont loyaux envers un parti libanais qui est contre la Syrie. » Il veut sans doute parler du parti de Hariri. Mais c’est mon hypothèse à moi parce qu’il a tout simplement refusé de donner des noms parce que, m’a-t-il dit, il ne veut pas entrer dans « les contrastes libano-libanaises » [en français dans le texte, NdT]. Mais quand j’ai prononcé ce nom [Hariri] en lui demandant d’exprimer pleinement sa pensée, il ne m’a pas contredit. Il a évoqué aussi d’autres nationalités qui « s’immiscent » dans la rébellion syrienne. Il a affirmé que « l’intifadat karama », l’intifada de la dignité est une affaire « purement syrienne » et que personne, « ni Jordaniens, ni Libanais ou saoudiens » ne devaient interférer. « C’est une affaire que les Syriens doivent résoudre entre eux. »
Il a été aussi extrêmement ferme pour dire que quiconque donne de l’argent et des armes aux rebelles Syriens les « pousse au suicide » parce que « la confrontation avec l’appareil sécuritaire ne peut pas être gagnée par des affrontements armés. La puissance de feu tout comme les effectifs de l’armée plus des services de sécurité (qu’il évalue à 2,5 millions au total) sont écrasants. », dit-il. Selon lui, les jeunes ne peuvent gagner que par la non-violence. Il admet qu’il y a des gens proches de Khaddam et de Rifa’t le long de la côte, mais il pense qu’ils sont très peu nombreux – quelques dizaines – et que les deux exilés Syriens n’ont pas vraiment de base politique pour les soutenir. Les gens qui créent des troubles et reçoivent de l’argent ç cette fin sont, selon lui, de simples « misérables » [en français dans le texte, NdT], des « déclassés qui agissent ainsi pour de l’argent. »
Tout ce qui précède correspond au discours tenu actuellement par l’opposition syrienne.
Un document de trois pages supposé être un memo « top secret »  des Mukhabarat, instruisant les agents des services de renseignements que « il est acceptable de tirer sur certains membres des services de sécurité ou officiers  de l’armée afin de mieux tromper l’ennemi » a été publié sur internet et repris par all4Syria.  Une copie de ce memo accompagnée d’une traduction m’a été envoyée par le journaliste d’un magazine très connu qui voulait avoir mon opinion. Il est tâché de sang et c’est manifestement un faux. Après tout, quelle armée pourrait survivre si ses officiers supérieurs publiaient des ordres de tirer sur ses propres officiers ? Pas très bon pour le moral des troupes.
L’AFP et d’autres agences de presse ont cité des membres de l’opposition à Banias qui insistent pour dire que les neuf officiers et soldats de l’armée syrienne ont été tués par les forces gouvernementales à Banias.  Ils prétendent aussi que les inconnus qui ouvrent le feu sur les gens sont des agents du régime.
“Banias est cernée par des blindés. Personne ne peut y entrer ou en sortir. C’est comme une prison, » déclare Yasser, un commerçant. « Les forces de sécurité sont responsables pour avoir tué les soldats à Banias parce qu’ils avaient refusé d’attaquer la ville, » ajoute-t-il – une version très différente de la version officielle.
L’agence officielle de presse Sana avait annoncé que neuf soldats, dont deux officiers, avaient été tués lundi quand leur patrouille est tombée dans une embuscade près de la ville.
L’armée encercle Banias depuis lundi, quand de mystérieux agents du régime ont ouvert le feu sur les habitants, notamment devant des mosquées, tuant quatre personnes et en blessant 17…
Par Katherine Marsh – un pseudonyme – à Damas, The Guardian mardi 12 avril 2011
Des témoins affirment que des soldats qui ont désobéi aux ordres à Banias ont été tués par les services de sécurité alors que la répression contre la contestation s’intensifie.
Des soldats Syriens ont été tués par les services de sécurité pour avoir refuse de tirer sur les manifestants, indiquent des témoins, tandis que la répression contre les manifestations anti-gouvernementales s’intensifie.
Des témoins ont déclaré à al-Jazeera et à la BBC que certains soldats avaient refuse de tirer après l’entrée des l’armée dans Banias après les grandes manifestations de vendredi.
Les observateurs des organisations des droits de l’homme ont cité Mourad Heijo, un conscrit originaire du village de Madaya, comme étant un de ceux tombés sous les balles des tireurs des services de sécurité. 3les membres de sa famille et de son village disent qu’il; a refusé de tirer sur ses compatriotes », affirme Wassim Tarif, un observateur local des droits de l’homme.
Une vidéo sur YouTube montre un soldat blessé disant qu’iI a été touché dans le dos par les services de sécurité, tandis qu’une autre vidéo montre les funérailles de Muhammad Awad Qunbar dont des sources disent qu’il a été tué pour avoir refusé de tirer sur les manifestants. Des signes de défection ne peuvent que préoccuper le régime syrien. La presse d’Etat a rapporté une version différente des événements, affirmant que neuf soldats avaient été tués dans une embuscade tendue par un groupe armé à Banias. Des militants disent que les soldats qui ont été déclarés tués ou blessés ne l’ont pas tous été après avoir refusé de tirer sur les manifestants. « Nous enquêtons sur des informations selon lesquelles certaines personnes ont des armes et s’en sot servi pour se défendre, » déclare Tarif…

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